Category: France

  • [Entretien] « Il y a une volonté de délégitimer la mobilisation sociale »

    [Entretien] « Il y a une volonté de délégitimer la mobilisation sociale »

    La Marseillaise : Quelle analyse faites-vous des éléments de langage utilisé par le gouvernement pour parler des manifestations ?

    Alexis Lévrier : Il y a une volonté de délégitimer la mobilisation sociale en adoptant un lexique qui réduit les manifestants à des pilleurs. Alors, ces pillages, ils existent. Ce qui s’est passé le 17 octobre est extrêmement choquant mais la mobilisation, on sait qu’elle est nettement antérieure, qu’elle a commencé avec les lycéens et s’est étendue à l’université. Il y a certainement une volonté de masquer les failles du dispositif policier puisque tout le monde savait que le 17 octobre allait être une énorme mobilisation, elle était annoncée depuis des mois. On savait aussi que ce serait très hétérogène puisqu’il y aurait à la fois les lycéens et les étudiants, des syndicats traditionnels, les Gilets jaunes qui ont toujours une dimension très éruptive et puis le risque effectivement de black bloc ou de casseurs.

    Au lieu de souligner l’hétérogénéité de ce mouvement, le gouvernement a préféré ne garder que la partie la plus visible et la plus condamnable qui était les pillages. Le lexique reflète cela. On peut considérer que c’est un contre-feu médiatique qui a été créé par le gouvernement pour délégitimer ce mouvement et d’autre part pour ne pas reconnaître ses propres failles.

    Comment expliquer que certains médias reprennent parfois mot pour mot ces éléments de langage ?

    A.L. : Il y a ce qu’on appelle le journalisme de préfecture qui fonctionne très bien. Pour être plus nuancé, il y a toujours au début cette tendance-là qui est de relayer le discours dominant. Au moment des Gilets jaunes il y avait eu une fake news qui venait du ministère de l’Intérieur accusant des Gilets jaunes d’être entrés à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans les salles de réanimation pour volontairement mettre en danger la vie des patients. La presse a révélé, Le Parisien en l’occurrence le soir même, que ce n’étaient pas des gens sans foi ni loi qui voulaient tuer de pauvres patients, c’était des gens qui avaient été nassés, qui avaient été victimes de gaz lacrymogènes et cherchaient un lieu où se réfugier pour fuir les violences policières. Ça avait d’ailleurs conduit à une plainte contre Christophe Castaner, le fragilisant considérablement.

    C’est un phénomène extrêmement classique dans les médias mainstream, dans les médias audiovisuels, sur les chaînes d’information en continu qui doivent retransmettre l’événement en direct pour lesquels le discours gouvernemental est une source considérée comme fiable au départ et qu’on met à distance dans un second temps. C’est souvent la presse écrite qui, dans un second temps, a décrypté et démasqué les faux-semblants de la communication gouvernementale.

    Pourquoi les comptes rendus de manifestation se focalisent surtout sur les débordements ?

    A.L. : Une manifestation traditionnelle ça ne les intéresse absolument pas. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils ont maintenu en état de vie végétative le mouvement des Gilets jaunes qui ne représentait plus rien. Ces mouvements, ces violences sont télégéniques. La clé, c’est ça. Il y a le discours gouvernemental, la passivité, la tendance à reprendre un discours officiel, au moins dans un premier temps. Mais il y a aussi la télégénie de la violence et le fait que ça sera toujours plus vendeur et plus synonyme d’audience de filmer des feux de poubelle, des exactions, des gens qui pillent et qui cassent. Donner l’impression d’un mouvement intrinsèquement violent, alors même que ces violences sont périphériques. On ne filme pas les manifestants pacifiques. On filme les violences. C’est ce qui fait de l’audience.

    Mais n’est-ce pas un traitement anxiogène ?

    A.L. : Oui, ça fabrique de la peur, mais il faut aussi s’interroger sur le regard des téléspectateurs qui sont friands de cette violence-là. Si ça fait de l’audience, c’est bien parce qu’il y a des gens qui regardent. Il faut aussi peut-être s’interroger nous-mêmes, sur ce que nous attendons de ces images. Est-ce que nous sommes capables de regarder un cortège qui manifeste dans le calme avec des revendications parfaitement légitimes, partagées par une large partie de la population, mais qui ne génère pas de violence ?

    Par ailleurs, je trouve qu’on n’a pas tiré les leçons des Gilets jaunes qui ont été une faillite des médias dans la façon de raconter les violences policières. Ils ont été victimes de manière structurelle de cette violence : ils ont été éborgnés, ils ont perdu des mains, ils ont vraiment eu des blessures extrêmement graves pour un certain nombre d’entre eux. On voit aujourd’hui que les lycéens sont concernés – ça paraît encore plus scandaleux quand il s’agit d’enfants – et qu’aucune manifestation, alors que c’est un des droits les plus fondamentaux dans une démocratie, ne se déroule dans un cadre normal. Dans ces journées de mobilisation, on relaye toujours le discours policier. Que CNews le fasse, c’est son idéologie mais que les autres chaînes aussi, c’est beaucoup plus problématique.

    L’auteur de l’attentat raciste de Trappes, Kevin T., a justifié son acte en disant avoi voulu « venger les commerçants » après les événements du 17 octobre en s’en prenant « aux Noirs et aux Arabes ». Quelle responsabilité des médias ?

    A.L. : J’attends beaucoup des jours qui vont suivre et de la campagne qui s’ouvre. Cet attentat à Trappes nous montre que « les mots sont des pistolets chargés », comme disait Jean-Paul Sartre, et que la violence de la presse d’extrême droite a des conséquences sur le terrain. Toute l’histoire de l’extrême droite médiatique le montre. Durant l’entre-deux-guerres des mouvements politiques qui dépendaient de ces médias d’extrême droite. La Fédération nationale des Camelots du roi était adossée à l’Action française, s’en prenait physiquement à des hommes politiques ou à des figures de la société civile, des universitaires, qui avaient été ciblés dans le journal. Les mots de l’extrême droite ont une traduction dans la société civile. Il était évident que le discours de CNews, qui est tenu de manière obsessionnelle à l’encontre de l’immigration et de l’islam, allait conduire à des actes de ce type. Le grand remplacement, dont il faut rappeler qu’Aurore Bergé, la ministre en charge de la lutte contre la discrimination estime que ce n’est pas une théorie raciste, a déjà conduit à des attentats dans le monde, et notamment en Nouvelle-Zélande. II était évident qu’en France aussi, il se passerait la même chose. La violence des mots a pour vocation, dans la presse extrême droite, de déboucher sur une traduction physique. Ça a été le cas à Trappes, il y en aura d’autres. On sait désormais à quoi conduisent les mots de l’extrême droite. Il serait temps d’en tirer les conséquences dans la façon dont on l’accueille sur les plateaux. Je m’inquiétais beaucoup de l’évolution de l’audiovisuel public mais j’ai été rassuré par la façon dont Sarah Knafo a été reçue dans la matinale de Franceinfo, c’est-à-dire en rappelant toutes les condamnations dont Éric Zemmour a été l’objet, et en lui demandant s’il n’y avait pas un lien entre ce discours raciste, obsessionnel de son parti, et finalement l’attentat de Trappes.

  • Nouvelle cyberattaque contre des grandes enseignes

    Nouvelle cyberattaque contre des grandes enseignes

    Quelque 15 enseignes, sur les 700 détenues par le groupe Carrefour en Belgique ont été touchées par cette attaque, similaire à celle intervenue récemment en France, qui a provoqué une remontée des températures dans les installations frigorifiques, a affirmé Mich Vergauwen, porte-parole du groupe Carrefour.

    Quelques dizaines de magasins Delhaize, une quinzaine d’Intermarché et cinq magasins du groupe belge de distribution Colruyt ont également indiqué à l’AFP avoir été concernés par des incidents similaires, dans la nuit de dimanche à lundi, sans toutefois confirmer qu’il s’agissait d’une cyberattaque.

    « En raison de cyberattaques, il n’y aura aucun produit dans les rayons réfrigérés et congélateurs », pouvait-on toutefois lire lundi matin sur une affichette apposée sur la vitrine d’un réfrigérateur d’un magasin Delhaize situé à Boortmeerbeek, à quelque 30 km dans le nord-est de Bruxelles. Le groupe Ikea a précisé de son côté que les installations de son magasin à Mons (sud de la Belgique) avaient été la cible d’une cyberattaque, mais qu’aucune autre enseigne de l’enseigne suédoise n’avait été affectée. « Vers 03h du matin, la température des congélateurs a augmenté soudainement », a précisé à l’AFP Colombine Nicolay, porte-parole du groupe Ikea. L’impact en Belgique est toutefois resté limité, tant dans les enseignes Carrefour que celles d’Intermarché, ont assuré à l’AFP leurs porte-paroles. L’ouverture des magasins concernés n’a ainsi pas été affectée par cet incident. Peu de marchandises ont été jetées, a également assuré le porte-parole d’Intermarché en Belgique, soulignant que dans certains magasins le réapprovisionnement avait pu parfois se faire avant même l’ouverture.

    En Suède, plusieurs supermarchés ont constaté une hausse spectaculaire de la température dans leurs réfrigérateurs et leurs congélateurs lundi matin, les contraignant à jeter des denrées alimentaires avariées. Ces incidents, qui se sont tous produits dans la nuit de dimanche à lundi, rappellent ceux intervenus en France dans la nuit du 12 octobre. Des centaines de supermarchés français avaient alors été victimes d’une cyberattaque « inédite » visant leurs installations frigorifiques, suscitant des craintes en matière de sécurité alimentaire. Au moins 300 points de vente Intermarché/Netto, moins d’une centaine du réseau de Coopérative U, « plusieurs magasins » du groupement E.Leclerc, 80 supermarchés Carrefour et une trentaine de Monoprix avaient été concernés par cette attaque.

  • [Entretien] « La guerre devrait être déclarée hors-la-loi »

    [Entretien] « La guerre devrait être déclarée hors-la-loi »

    La Marseillaise : Quel enseignement tirez-vous de votre expérience en tant que médecin militaire ?

    Raphaël Pitti : Je suis rentré dans l’armée en 1977 et j’ai donc couvert plusieurs conflits comme celui de l’ex-Yougoslavie, la guerre civile au Liban ou encore la première guerre du Golfe. à travers eux, j’ai compris que ceux qui en souffrent le plus ce sont les populations.

    À travers votre livre « Va où l’humanité te porte. Un médecin dans la guerre », pourquoi avez-vous ressenti le besoin de mettre votre expérience par écrit ?

    R.P. : Avec mon métier de médecin dans l’armée, j’étais principalement dans l’action. à partir de 2016, j’ai été approché par plusieurs éditeurs, mais chaque fois, je refusais l’exercice de l’écriture. Puis j’ai fini par accepter car j’y ai vu une forme d’engagement pour alerter autrui. La vie nous est donnée, mais sans mode d’emploi, donc l’engagement était un moyen de donner un sens à ma vie.

    Quand les moyens et les infrastructures sanitaires sont détruits, comment peut-on encore soigner ?

    R.P. : Malheureusement, on est amené à trier et ce tri se fait en fonction des moyens que l’on a. Auparavant, on triait entre « urgence absolue » et « urgence relative ». Le blessé très grave prévalait sur celui moins grave. Mais avec des conflits comme celui de Gaza, où même les infrastructures sanitaires sont visées, on peut être amené à faire ce que l’on appelle le « triage inverse ». C’est-à-dire qu’on abandonne les blessés les plus graves au profit des moins graves dont on est sûrs de pouvoir soigner avec le peu de moyens qui nous reste. C’est ce que j’ai vécu pour la première fois, en 2024, à l’hôpital européen de Gaza.

    Qu’est-ce que cette situation dit du droit international et des droits fondamentaux de l’Homme ?

    R.P. : Il y a une perte de nos valeurs fondamentales. Les biens matériels nous rendent esclaves et on évolue dorénavant dans l’individualisme total au détriment du groupe social. Depuis plusieurs années, on met en avant la réussite personnelle qui permettrait le bonheur. Or, c’est faux ! Le bonheur, c’est de pouvoir partager avec les autres.

    Vous vous êtes engagé auprès de populations dont vous ne partagez pas forcément la langue, l’histoire… Qu’est-ce qui rend possible cette rencontre ?

    R.P. : Quand il souffre, l’être est dans toute son humanité. Il perd toute son arrogance et c’est à ce moment-là que la relation médecin-malade est la plus pure. Plus besoin de parler, en un regard, on se comprend.

    Lorsque vous revenez en France après une mission, ressentez-vous un décalage entre la réalité vécue sur le terrain et la manière dont les conflits sont perçus ici ?

    R.P. : Effectivement, les gens ne s’imaginent pas justement les horreurs vécues ailleurs, car ils sont pris par leurs propres problèmes quotidiens. Or, il n’y a pas de distinction entre la misère internationale et celle plus locale. Donc, la situation d’un sans domicile fixe fait autant appel à votre humanité que celle du blessé de guerre.

    Que souhaitez-vous que les lecteurs retiennent de votre ouvrage ?

    R.P. : Je veux que le lecteur se pose la question : « Quel monde je veux pour demain ? » Et s’il conclut qu’il souhaite un monde différent, alors il doit s’engager et donc agir concrètement. Mais pour ça, il doit accepter de prendre des risques.

    Que peut-on faire concrètement pour soutenir les populations touchées par les conflits ?

    R.P. : On ne doit plus être indifférent face à la situation actuelle. Nos dirigeants accordent un budget colossal à la défense, mais aucun pour la défense de la paix. Or, si on prenait, ne serait ce, qu’1% du budget alloué à la défense, cela représenterait déjà 500 millions d’euros. Une somme qu’on pourrait accorder alors à la sensibilisation pour la paix ou à l’éducation à l’interculturalité, par exemple.

    Comment transmettre aux jeunes générations ce sens de l’engagement et de la responsabilité collective ?

    R.P. : Les images, dorénavant retransmises en temps réel, doivent nous aider à agir. On doit vouloir autre chose, espérer autre chose. Le XXe siècle nous a donné une leçon sur ce qu’est la confrontation, avec une violence à son paroxysme. Donc le XXIe siècle doit être celui de la conciliation. Or, on est entrés dans ce XXIe siècle avec des hommes, des dirigeants, qui ont conservé la mentalité du XXe siècle. Cette situation doit alerter la jeunesse : ne vous laissez pas imposer ce discours par ces hommes de la confrontation ! On doit faire taire ces voix.

    Quelle leçon majeure retirez-vous de votre parcours dans la médecine de guerre ?

    R.P. : La guerre devrait être déclarée hors la loi. Cette interdiction devrait même être inscrite dans la Constitution. Certes, on doit conserver le droit de se défendre, mais on doit abroger celui de décider de faire la guerre.

    On a appris la semaine passée l’arrestation de Lina Attalah, rédactrice en chef du média indépendant égyptien « Mada Masr », qui devait participer aux Nouvelles rencontres d’Averroès. Selon vous, que traduit cet événement concernant la liberté d’expression ?

    R.P. : Le but, aujourd’hui, est de terrifier les populations pour ensuite mieux les museler. Avec des actions pareilles, les hommes au pouvoir conservent des états de guerre bien plus lucratifs que l’état de paix. Par exemple, pour la France, qui est un des premiers pays producteurs d’armes au monde, l’état de guerre lui ramène de nombreux acheteurs prêts à payer le prix fort pour se défendre face à l’adversaire. C’est un système révoltant.

    « Va où l’humanité te porte. Un médecin dans la guerre », 304 pages, éditions Tallandier
  • Le bénéfice record et indécent de TotalEnergies

    Le bénéfice record et indécent de TotalEnergies

    L’indécence au grand jour. Semestre après semestre. L’annonce est tombée ce jeudi matin, alors que le pays se prépare à un nouveau week-end de rassemblements contre la vie chère, suivi par un appel intersyndical à la mobilisation le 5 novembre. TotalEnergies a présenté jeudi à ses actionnaires un bénéfice net record de 8,3 milliards de dollars pour le troisième trimestre, contre 3,7 milliards de dollars sur la même période l’an passée.

    Comme l’Espagnol Repsol et le géant britannique Shell, la compagnie pétrolière française profite de la flambée des prix des hydrocarbures, conséquence des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, pour se remplir la panse. Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Et si, au vu du contexte social explosif en France, des réactions indignées se sont exprimées ce jeudi, pour la porte-parole du gouvernement : « On aurait tort de sombrer dans le Total bashing », estime Maud Bregeon sur le plateau de BFMTV.

    « Depuis janvier, la multinationale a engrangé 19,511 milliards de dollars de profits, soit près de deux fois plus qu’à la même période en 2025, sans que ces gains exceptionnels ne soient soumis à la moindre taxe supplémentaire. Ce manque à gagner pour l’État intervient au moment même où l’Assemblée nationale examine un projet de budget 2027 marqué par l’austérité, alors que les ménages subissent la flambée des prix de l’énergie et que la crise du pouvoir d’achat entraîne des mobilisations massives à travers tout le pays », rappellent les ONG 350.org, Action Justice Climat Paris et Attac France dans un communiqué.

    « Notre économie en souffre et les seuls à qui on demanderait pas un effort c’est Total ! Tout cela est hallucinant », a fustigé la veille Éric Coquerel, président LFI de la Commission des finances alors que des amendements visant à taxer les profits fossiles ont tous été rejetés par les députés.

    Le plafonnement des prix = six jours de bénéfice

    Les Socialistes annoncent déposer, dans le cadre de leur journée réservée à l’Assemblée nationale le 19 novembre, un projet de loi pour encadrer les marges réalisées par les entreprises de raffinage. « Moins de profits pour les actionnaires de TotalEnergies, plus de pouvoir d’achat pour les travailleuses et travailleurs », écrit le groupe dans un communiqué de presse. « Nous estimons que cela permet de faire baisser le prix à la pompe de 20 à 30 centimes par litre, sans rien coûter aux finances publiques », justifient les députés.

    Le groupe dirigé par Patrick Pouyanné rappelle qu’il plafonne le prix du gazole à 2,25 euros le litre dans ses stations-service, ce qui lui coûte 500 millions d’euros depuis le début de l’année. « Cela représente seulement six jours de bénéfice. Des miettes pour les automobilistes, des milliards pour les actionnaires », tacle le secrétaire national du PCF Fabien Roussel. Dès lors, « nous demandons la nationalisation de TotalEnergies pour reprendre la maîtrise des prix et des investissements. Les profits de l’énergie doivent servir à alléger les factures et à financer la transition écologique. C’est une question de souveraineté », appuie-t-il dans des messages sur X.

  • Marseille, rassemblement pour Cuba

    Marseille, rassemblement pour Cuba

    « Allumons les flambeaux, brisons le blocus » : à la veille d un nouveau vote à l’ONU pour la levée du blocus américain contre Cuba, France Cuba Marseille 13, avec les soutiens de la CGT 13, du PCF13 mais aussi du Mouvement de la Paix, le Secours Populaire, La ligue des droits de l’homme et d’autres syndicats, organise un rassemblement de soutien et d’informations ce lundi 26 octobre à 18 heures 30 sur le Vieux-Port.

  • [Entretien] « Il faut l’égalité des chances dans l’éducation aux maths »

    [Entretien] « Il faut l’égalité des chances dans l’éducation aux maths »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir créé Metmat ?

    Eliot Pimenta de Miranda : En France, c’est ce que j’ai observé dans mon parcours, les mathématiques sont l’outil de sélection numéro un, notamment quand on se dirige vers des voies scientifiques ou commerciales. J’ai fait ma scolarité à Toulon, je suis allé en classe préparatoire au lycée Henri IV, à HEC puis à Polytechnique. J’ai eu de la chance : mon père, était aussi passé par une classe préparatoire, et m’a transmis une méthode de travail efficace qui m’a permis d’obtenir de très bons résultats. De nombreux camarades n’avaient pas cette chance et travaillaient énormément sans succès. L’objectif derrière Metmat, c’est de rétablir une justice, une égalité des chances dans le système d’enseignement des mathématiques.

    Ça fait écho aux revendications lycéennes qui dénoncent l’injustice
    des systèmes de sélection…

    E.P. : Le problème n’est pas la sélection mais les disparités de niveau des élèves qui résultent de disparités sociales, qui peuvent conduire au sentiment d’être abandonné par le système. Tous les élèves n’ont pas la même méthode de travail, les mêmes ambitions et les mêmes moyens transmis par leurs parents.

    Comment cela fonctionne ?

    E.P. : La méthode tient en trois étapes : maîtriser les techniques classiques, reconnaître laquelle utiliser face à un énoncé, puis résoudre des exercices complets comme au contrôle. Le but de Metmat c’est de démocratiser une méthode de travail qui fonctionne en mathématiques, accessible de façon autonome en ligne, à très bas prix et gratuite pour les étudiants boursiers des plus grands échelons, afin de rétablir l’égalité d’accès aux grandes écoles.

  • Le Grand JT des territoires du 24 octobre

    Le Grand JT des territoires du 24 octobre

    Sommaire :

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires

    Les Journées Particulières : malgré les manifestations et la crise, le groupe LVMH ouvre ses maisons au public en France et à l’étranger

    Marché de la bière en berne : le sans alcool, nouvel eldorado des brasseurs

    D’objet populaire à métier d’art : le savoir-faire préservé des fabricants de pipes

    À visionner ici.

  • L’extrême droite RN sous haute protection de l’État pour son congrès

    L’extrême droite RN sous haute protection de l’État pour son congrès

    Le ministre de l’Intérieur a raison. « On parle de la vie démocratique de notre pays, ce n’est pas rien, c’est une liberté constitutionnelle » a-t-il déclaré vendredi, à la veille de la tenue du congrès du RN qui doit lancer officiellement la campagne de la candidate de l’extrême droite à l’élection présidentielle, Marine Le Pen. Sauf que ces propos interviennent alors que la quasi-totalité des manifestations contre la vie chère et pour l’éducation ont été interdites ce samedi 24 octobre. Et que des couvre-feux, apanage des mairies RN, ont été décrétés par des préfets de la République.

    « Il y a une liberté de manifester, il y a une liberté de réunion politique, il faut savoir concilier les deux maintenant ; ça n’est pas tout à fait normal que, pour chaque meeting, on déploie des dispositifs policiers aussi importants », a déclaré le ministre, tandis qu’entre 20 000 et 30 000 opposants au congrès du RN sont attendus samedi, à six mois de l’élection présidentielle.

    Le congrès du Rassemblement national doit réunir quelque 5 000 participants samedi puis jusqu’à 10 000 personnes dimanche lors du lancement officiel de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. « Il est hors de question qu’on ne sécurise pas une réunion, une formation politique (…). Et c’est vrai pour toutes les formations politiques », a encore déclaré Laurent Nuñes. Le parcours de la manifestation organisée samedi à l’appel d’une cinquantaine d’organisations, a par ailleurs été modifié car « le préfet du Loiret, à juste titre, a considéré que, compte tenu de la montée en tension des appels à manifester contre la réunion politique du Rassemblement national, la présence d’individus d’ultragauche, d’extrême gauche radicalisés, justifiait qu’on définisse un parcours qui soit un peu plus sécurisé », a détaillé Laurent Nuñez.

    « Des moyens massifs »

    Toute manifestation est en revanche interdite à Orléans dimanche, selon le préfet du Loiret, Hugues Moutouh. « Des moyens absolument massifs ont été mobilisés par le ministère de l’Intérieur » pour assurer la sécurité à Orléans, dont « une quinzaine d’unités de forces mobiles » tout le week-end, « soit près de 2 000 CRS et gendarmes mobiles supplémentaires », a-t-il assuré jeudi. Un blindé Centaure de la gendarmerie et des engins lanceurs d’eau seront également déployés.

  • Un homme interpellé après une fusillade meurtrière à Trappes

    Un homme interpellé après une fusillade meurtrière à Trappes

    La piste de l’attentat raciste est suivie après qu’un homme ait tiré en rafales vendredi depuis sa voiture à Trappes et La Verrière (Yvelines) tuant une personne et en blessant au moins quatre dont une enfant de 12 ans. Le Parquet national antiterroriste a annoncé avoir ouvert une enquête pour «assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée». Interpellé, l’homme aurait voulu s’en prendre à des personnes issues de l’immigration. Âgé de 39 ans et prénommé Kévin selon plusieurs sources, il est en garde à vue.

  • Les députés étrillent le gouvernement sur la Sécu

    Les députés étrillent le gouvernement sur la Sécu

    À six mois de l’élection présidentielle, dans un contexte social inflammable après un week-end de forte mobilisation dans la rue et des violences, les débats budgétaires se tiennent dans une atmosphère fort peu propice aux compromis.

    Après avoir interrompu lundi l’examen du budget de l’État, qui doit reprendre la semaine prochaine, les députés se penchent sur le financement de la Sécurité sociale, que le gouvernement souhaite diminuer prétextant faire dégonfler le déficit en 2027 en le divisant presque par deux, à 12,7 milliards, contre 21,8 milliards en 2026. Au menu : faire contribuer les retraités, ou des économies sur les dépenses de santé, dont un milliard sur les arrêts maladie. « La réduction du déficit ne se fera pas sans faire des choix. Et parfois, ces choix ne seront pas simples », a déclaré le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. Mais les critiques ont fusé de presque tous les bancs.

    « Une attaque frontale »

    C’est « une attaque frontale contre la sécurité sociale », a notamment dénoncé Yannick Monnet (communiste) « Ce budget n’est pas un budget d’austérité », a assuré la macroniste Annie Vidal, mettant en garde contre la tentation de laisser le pays sans budget, tandis que Liot et le Modem ont mis en avant leur volonté de compromis, sans épargner le gouvernement. Même les macronistes refusent toutefois la réduction des allègements patronaux censée rapporter 3,7 milliards d’euros à la Sécu, également contestée par Horizons. En face, le ministre des Comptes publics David Amiel a défendu un projet qui ne repose pas uniquement sur des économies, rappelant à la gauche qu’un tiers de l’effort vient des recettes. Les députés ont d’abord examiné une motion de rejet préalable, déposée par LFI, mais facilement repoussée (par 259 voix contre), la gauche, PS compris, étant la seule à voter pour (128 voix). Ils ont ensuite rejeté la première partie du texte, consacrée à l’actualisation des comptes de 2026. Un vote de portée limitée, qui ne revient pas sur les mesures déjà prises par décret et n’empêche pas la poursuite de l’examen du financement de 2027.

    Les députés ont en revanche approuvé des exonérations de cotisations sociales pour les entreprises et exploitants agricoles victimes des incendies de cet été, ainsi que des aides aux entreprises mahoraises frappées par le cyclone Chido. Mais le gouvernement a défendu le maintien à la charge de la Sécurité sociale du coût de ces exonérations, suscitant de vives critiques.

    3 000 amendements

    Les débats devaient reprend mercredi, avec notamment en perspective des propositions de taxes sur les produits sucrés. Quelque 3 000 amendements ont été déposés, dont environ 1 280 pour arriver au bout de la partie portant sur les « recettes » de la Sécu. Le rejet de cette partie, jugé probable, pourrait interrompre les débats dès la fin de semaine, alors que les séances sont prévues jusqu’à lundi soir, week-end compris. Le texte serait transmis au Sénat sans examen des dépenses.

    Et donc sans aborder l’un des sujets les plus explosifs : une revalorisation des pensions inférieure à l’inflation pour deux tiers des retraités, censée économiser jusqu’à 4 milliards d’euros. Alors que le budget de la Sécu avait pu être adopté l’an dernier avec les voix du Parti socialiste, en échange notamment de la suspension de la réforme des retraites, un accord similaire semble cette année improbable.