Les premières notes sont tombées dès jeudi 10 septembre avec le Off et les Bonbons Swingueurs au Pablo Croco Bar. Mais le grand départ sera donné vendredi 11, devant le temple de Diane, dans les Jardins de la Fontaine. Concert debout, gratuit, et une basse qui ne devrait pas laisser grand monde immobile : l’Américaine Nik West ouvrira les 20 ans avec son mélange de funk, rock et jazz. Une manière de rappeler, dès l’entrée, que le genre ne se réduit ni aux clubs feutrés ni aux initiés.
Le week-end poursuivra le voyage à ciel ouvert. Samedi 12, le château de Nages, à Caissargues, prendra des airs de Caraïbes avec le trompettiste Franck Nicolas, puis le pianiste cubain Roberto Fonseca associé au violoncelliste Vincent Ségal. Dimanche 13, direction le château de Campuget, à Manduel, pour les couleurs blues et soul de Justine Blue puis la flûte vagabonde de Jî Drû, entouré notamment de Sandra Nkaké. Deux châteaux, trois communes, des esthétiques qui débordent les cases : le décor résume bien l’esprit de la maison.
La découverte en fil rouge
Car le NMJF s’est construit loin du modèle du grand festival concentré derrière une enceinte. À Langlade, Rodilhan, Garons, La Calmette, Cabrières ou Milhaud, des salles des fêtes et foyers socioculturels deviennent, le temps d’un soir, des clubs de jazz. « Dans les villages, c’est les yeux dans les yeux », résume son directeur artistique Stéphane Kochoyan. Une proximité parfois compliquée à organiser, mais qui a permis en 20 éditions de faire passer de grandes pointures internationales dans des lieux où elles ne se seraient probablement jamais arrêtées autrement.
La suite, du 29 septembre au 17 octobre, ressemble à une traversée des frontières musicales. Le Tremplin Jazz 70 ouvrira la reprise au théâtre Christian-Liger, en donnant la scène à trois groupes émergents de la région. Thomas Enhco fera dialoguer Mozart et l’improvisation à Saint-Gilles. À Marguerittes, Paolo Fresu, Omar Sosa et Trilok Gurtu formeront un trio de haut vol, précédé par François Mardirossian autour du mythique Köln Concert de Keith Jarrett. Puis viendront Lakecia Benjamin à Rodilhan, China Moses à Garons ou encore Kyle Eastwood à La Calmette.
Le 11 octobre, Paloma fera sauter une autre frontière avec Abd Al Malik et Odeza pour une soirée « From jazz to hop ». Deux jours plus tard, Langlade virera cubaine avec Las Panteras et El Comité. Et pour refermer la boucle, le festival replongera dans l’ombre tutélaire de Miles Davis : Jowee Omicil et le Trio Zéphyr lui feront écho à Cabrières le 16 octobre, avant Kenny Garrett à Milhaud le lendemain. Le saxophoniste, qui joua avec Miles Davis dans les arènes de Nîmes en 1986, avait déjà clôturé la toute première édition du festival 20 ans plus tôt.
Ce retour des anciens ne doit pas masquer l’autre fil rouge de l’événement : la découverte. Le Off, les concerts gratuits et le tremplin régional prolongent une idée simple : le jazz peut être exigeant sans être réservé à quelques-uns. À Nîmes, où cette histoire musicale remonte au moins à 1946, le festival en fournit depuis deux décennies une démonstration concrète. Pour souffler ses 20 bougies, il n’a finalement rien trouvé de mieux que de continuer à ouvrir les portes.

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