Tag: Musique

  • Les collégiens brisent les barrières par la musique avec Marsatac School

    Les collégiens brisent les barrières par la musique avec Marsatac School

    Sur scène, quelque 150 jeunes des collèges Stéphane-Mallarmé (13e), Henri-Barnier (16e) et Françoise-Duparc (4e) défilent devant un public de parents, d’amis et de curieux venus assister à ce grand concert. « C’est un projet d’initiation à la musique qui est né en 2018, justement au collège Françoise-Duparc », rappelle Pauline Wohlhuter, administratrice de Marsatac School.

    Pendant dix séances d’une à deux heures, des élèves de la sixième à la troisième ont été accompagnés par des artistes, lyricistes et beatmakers pour réaliser leurs propres musiques. « On leur montre comment on crée des rythmes, des rimes, des paroles. Après ils apprennent à chanter, à rapper, et ils arrivent comme des vrais artistes sur scène », sourit Loucas, qui a accompagné le projet.

    Soutenue par le Département des Bouches-du-Rhône, cette initiation à la musique a permis à trois classes, dont une classe Ulis pour enfants en situation de handicap, de créer quatre chansons chacune. « Le but c’est aussi d’être inclusif et de les aider. On a des retours sur des élèves qui sont en décrochage scolaire, et c’est un projet pour lequel ils reviennent à l’école », affirme Pauline Wohlhuter.

    Artistes en devenir

    Grâce à Marsatac School, certains se voient déjà continuer dans cette voie. « Maintenant on sait rapper et écrire. Peut-être que plus tard, on percera dans le rap et on fera un groupe », rêvent Ylias et Mehdi, élèves de troisième au collège Françoise-Duparc.

    Le projet permet aussi aux jeunes de s’affirmer. « Déjà, ça donne un accès à la culture et en plus ça joue sur leur confiance, leur sociabilité, leur empathie », admet Loucas. « Au début j’étais timide. Maintenant je me dis, autant me lancer », atteste Linoa, qui espère poursuivre dans le rap. Une volonté entendue par Pauline Wohlhuter, qui souhaite que l’accompagnement des élèves perdure. « On essaie de travailler sur une Marsatac Academy pour donner l’opportunité à ces jeunes de continuer à pratiquer. »

    Dans le public, les cris de soutiens fusent. « Ça les a vraiment rassemblés, ils créent de la coopération. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé à participer à Marsatac School », détaille la professeure d’anglais des collégiens. De quoi confirmer le pouvoir de la musique comme levier d’inclusion pour les jeunes.

  • Le terroir du Vaucluse se déguste avec Mercotte

    Le terroir du Vaucluse se déguste avec Mercotte

    Samedi et dimanche, le parc de l’Arbousière, à Châteauneuf-de-Gadagne, prend des airs de fête à l’occasion de la 9e édition de « Terroirs en fête ». Un événement organisé par le Département de Vaucluse. « C’est l’un des plus grands rendez-vous pour les agriculteurs et artisans de bouche dans le Vaucluse », explique Pierre Charline, créateur de l’événement et responsable événementiel pour le Département de Vaucluse. « Plus de 150 exposants seront présents cette année et nous avons à cœur de leur demander un stand qui soit unique pour Terroirs en fête, un stand que l’on ne retrouve pas ailleurs parce que ce n’est pas juste un grand marché. »

    Au programme, tout au long du week-end, des démonstrations culinaires, des concerts et musiques lives, mais aussi un salon des vins et spiritueux ou un espace élevage pour découvrir ce que le Vaucluse à de meilleur à offrir.

    Un événement convivial et familial

    « Avec Terroirs en fête nous voulons montrer et faire découvrir au public la beauté et le savoir-faire dont regorge notre département. Nous accordons aussi une place importante aux activités familiales puisque cette année nous proposons par exemple des balades à poneys, des jeux en bois divers ou un jeu de piste géant », poursuit-il. « Les maîtres-mots pendant ces deux jours sont convivialité, partage et rencontre, c’est pourquoi nous voulons que chacun passe un bon moment dans un lieu exceptionnel. » Depuis 4 ans maintenant l’événement est associé à une personnalité et cette année c’est Mercotte qui en sera la marraine. « Nous en sommes ravis car elle est connue du grand public et elle a un capital sympathie qui est assez incroyable ! Elle sera donc présente samedi et dimanche et évoluera au sein de l’événement en participant à diverses animations », sourit le responsable. Parmi les temps forts, un concours de tartes aux fraises samedi mais aussi l’épreuve nationale du concours international de hamburgers dimanche où 6 chefs venus de toute la France vont s’affronter pour réaliser le meilleur burger avec des produits du terroir vauclusien.

  • [Grand entretien] Vladimir Cosma : « La culture marseillaise ne m’a jamais quitté »

    [Grand entretien] Vladimir Cosma : « La culture marseillaise ne m’a jamais quitté »

    La Marseillaise : Dans la région, le grand public a surtout gardé en mémoire vos compositions pour l’adaptation de « La gloire de mon père » et du « Château de ma mère » par Yves Robert, en 1990. Cela a-t-il été votre porte d’entrée vers la culture marseillaise et provençale ?

    Vladimir Cosma : J’ai commencé à connaître la région lorsque Roger Luccioni m’a invité dans le festival de jazz qu’il avait créé [le Marseille jazz des cinq continents, Ndlr.]. Et quelque temps avant, à travers ces films d’Yves Robert, d’après Marcel Pagnol. Ils m’ont largement ouvert la porte de la culture marseillaise et cela ne m’a jamais quitté. D’ailleurs, une partie de mon répertoire en découle et vient de là.

    Pour ces deux films, vous êtes allé à rebours des clichés autour de la culture provençale. Loin d’utiliser fifres et tambourins, vous avez plutôt livré une musique aux accents méditerranéens. Pourquoi ?

    V.C. : Je ne voulais surtout pas faire une musique telle que vous l’avez décrite. Je ne voulais pas d’une couleur trop folklorique. Pour éviter cela, je me suis plongé dans la musique de la jeunesse de Marcel Pagnol, dans les années 1930. Les inspirations folkloriques étaient alors plutôt espagnoles, il y avait aussi la habanera… C’est plutôt ceci qui m’a donné l’idée, par la suite, d’employer de réelles cigales que j’ai samplées [fait d’échantillonner un extrait sonore déjà existant pour le réutiliser ensuite dans un autre contexte]. J’ai par exemple gardé le battement de ces cigales avec lesquelles j’ai rythmé la habanera de La gloire de mon père.

    À vos yeux, Marseille, c’est davantage la Méditerranée que la Provence ?

    V.C. : Mes liens personnels avec Marseille viennent surtout par la connaissance de l’œuvre de Marcel Pagnol, qui m’est venue grâce aux films d’Yves Robert. Par le passé, j’ai d’ailleurs eu l’occasion de rencontrer Marcel Pagnol. Il m’a même écrit une lettre dans laquelle il me faisait part de son goût pour des musiques que j’avais faites, comme celle de Michel Strogoff [adaptation en feuilleton du roman éponyme de Jules Verne], et qu’il aimerait bien, un jour, que je fasse de la musique sur ses propres œuvres.

    Comment décririez-vous votre rapport à la mandoline ?

    V.C. : J’ai découvert cet instrument assez tôt, car il est similaire au violon. La seule différence est que, sur la mandoline, on pince les cordes et il n’y a pas d’archet. Le son vient donc du pincement des cordes. On joue en quelque sorte ce qu’on appelle un violon pizzicato. Car le problème de la mandoline, c’est la durée du son. Et pour prolonger la durée de la note, il faut utiliser le trémolo [répétition rapide d’une même note].

    Vincent Beer-Demander, le directeur du Mandol’in Marseille festival, écrit à votre sujet : « Ses mélodies si populaires, qui appartiennent à la mémoire collective, nous font parfois oublier le grand compositeur classique qu’il est »…

    V.C. : Je ne me considère pas, par exemple, comme un compositeur de musiques de films. Je ne fais pas une musique spécifique par rapport à un film, je ne fais pas de musique descriptive. Même les musiques qui semblent le plus descriptives possibles, comme Le grand blond avec une chaussure noire ou La boom, ne décrivent en fait rien. C’est de la musique pure. Si on les écoute sans penser à l’image du film, elles ne dictent pas une action spécifique. Mais elles accompagnent l’image et lui apportent un surplus de beauté et d’émotion.

    L’idée, c’est de laisser libre cours
    à l’interprétation de chacun
     ?

    V.C. : Oui. Je ne vois d’ailleurs toujours pas le rapport que font les gens entre la musique du Grand blond avec une chaussure noire, réalisée avec une flûte de Pan roumaine avec une inspiration plutôt folklorique, avec le sujet du film et les aventures de ce héros. C’est surtout une musique qui a du caractère, un style, mais qui n’est pas dictée par l’image. Je n’ai jamais aimé les musiques descriptives. J’estime même que des musiques de Bach ou n’importe quel autre prélude ou fugue, ne vous décrivent ni l’aspect religieux, ni d’autres cotés qu’on veut bien leur attribuer.

    La musique est surtout un sentiment pour vous ?

    V.C. : Oui, la musique dégage des sentiments. Mais elle ne délivre ni un sens, ni une histoire…

    Des sentiments perpétués par des musiciens de tous âges qui joueront une partie de votre répertoire pendant le festival. D’autant plus que le Conservatoire d’Aubagne sera bientôt officiellement rebaptisé de votre nom…

    V.C. : Je suis très flatté de voir mon nom accolé à celui de Pagnol, un auteur que j’apprécie énormément et qui m’a beaucoup inspiré dans ma musique. Je suis très content de tout cela. Et cela me touche beaucoup de savoir que de jeunes musiciens jouent encore ma musique.

    Mandol’in Marseille festival, du 30 juin au 6 juillet. Programme complet sur le site mandolinmarseillefestival.com

  • Deux organisateurs du teknival interpellés

    Deux organisateurs du teknival interpellés

    Piégée par les festivaliers qui sont parvenus à organiser le teknival du 6 au 9 juin dans l’Hérault à la frontière avec le Gard malgré le déclenchement du plan « rave bleu », la préfecture de l’Hérault a tenté d’afficher une image de fermeté mercredi 10 juin.

    Lors d’un point presse organisé par Chantal Mauchet, la préfète, et le colonel Frédéric Schneider, commandant en second du groupe de gendarmerie, le détail de la répression de cette rave party illégale a été détaillé. Ainsi, 160 gendarmes par jour ont été mobilisés pour empêcher d’autres festivaliers d’accéder au site. 4 525 personnes et 1 812 véhicules ont été contrôlés à l’arrivée ou à la sortie du teknival. L’opération a donc coûté 105 000 euros à l’État, assure la préfète.

    457 amendes forfaitaires ont ainsi été dressées, non pour la participation à cette fête géante mais pour détention de produits stupéfiants, détention d’armes blanches ou défaut d’assurance. 1 111 infractions au code de la route ont également été recensées pour « non-respect de l’arrêté préfectoral notamment ». Deux organisateurs ont été identifiés, interpellés et entendus pour l’organisation sans déclaration préalable d’un événement festif. Une quinzaine d’enceintes ainsi qu’un groupe électrogène ont aussi été saisis mais la sonorisation principale n’a pas pu être retrouvée dans son intégralité. Les pompiers sont également intervenus une dizaine de fois pour des malaises ou pour des chutes.

    L’autre point noir de ce teknival a été l’altercation survenue entre un riverain et plusieurs festivaliers. Ceux-ci ont tambouriné à sa porte en pleine nuit, ont tenté de pénétrer chez lui et se sont même baignés dans sa piscine. Après une bousculade, ils seraient aussi partis avec sa canne. « Quand on a appris cette histoire, on a essayé de retrouver ces personnes », raconte un organisateur. « Mais c’était impossible de savoir qui c’était. On a décidé de lancer une petite cagnotte entre nous pour lui renvoyer une canne. »

    Des propriétaires ont également déposé plainte, a annoncé Chantal Mauchet. Les communes concernées pourraient également saisir la justice dans les prochains jours. La préfète a par ailleurs annoncé qu’elle se constituerait partie civile pour obtenir le remboursement des moyens engagés.

  • Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Ils sont nombreux à descendre, à pied, en voiture ou en camion, du Causse du Mas neuf, entre Claret et Ferrières-les-Verrerie, vers Pompignan en ce lundi 8 juin. Yeux fatigués mais sourire aux lèvres, certains se sont effondrés sur les bancs publics pour reprendre quelques forces. Ces fêtards ont participé au teknival « Tankarville, la riposte des chaussettes sales ». « Je suis un passionné de musique et de fête. Il faut vraiment venir sur place pour comprendre l’ambiance », explique Nicolas*, un jeune d’une vingtaine d’années qui a déjà participé à des free parties un peu partout en Europe.

    Ce rassemblement illégal a débuté au petit matin du samedi 6 juin. Dans un jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre après que la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet avait déclenché le plan « rave bleu », les festivaliers ont brouillé les pistes toute la nuit. Des centaines de voitures et camions s’étaient en effet rassemblées au nord de l’Hérault et dans le sud du Gard, avant de se rejoindre à Ferrières-les-Verreries vers 4 heures du matin. Sonos, amplis, scènes, château gonflable ont ainsi été rapidement installés. 160 gendarmes ont alors été dépêchés sur place et ont fermé les routes départementales pour empêcher l’accès au site (même aux journalistes !).

    Rassemblement antifa

    Pour accéder au teknival, il a donc fallu déposer sa voiture en bord de route et emprunter à pied les chemins dans la garrigue pendant près d’une heure. « Je l’ai fait samedi matin, à 5 heures du matin, en pleine nuit », témoigne un participant, tatoué de la tête aux pieds, une tente sur le dos, qui confirme avoir aidé d’autres festivaliers à sortir leur camion du fossé. Si la préfecture annonçait avoir contenu le rassemblement à 2 000 personnes, beaucoup estimaient plutôt le nombre de participants à 5 000.

    Guidé par la musique, il faut donc traverser des zones boisées pour apercevoir les premiers camions. Mais avant d’arriver, une voix résonne dans la forêt : « Si tu peux faire le tour, ici c’est une zone Natura 2000. » Max*, deux sacs-poubelles à la main ramassent tous les papiers toilettes de la zone. « Ce n’est pas le plus marrant mais on tient à laisser la zone propre. » Proche de l’organisation, Max s’est porté volontaire pour le bar et pour nettoyer le site. « La tuile ici c’est la zone Natura 2000. Mais on a rencontré un responsable du site avec qui on a pu échanger. Après, nous avons mis de la rubalise pour empêcher les gens de venir sur cette zone. Il y a aussi une petite fleur jaune qui est protégée donc on a essayé d’en parler, nous avons mis des photos au bar pour que les gens fassent attention. Après la fête, des équipes vont revenir sur le site pour nettoyer », explique-t-il sous le bourdonnement d’un drone qui surveille la zone.

    Participant à des free-parties depuis vingt ans, Max avait levé le pied ces dernières années mais a décidé de revenir face la nouvelle répression policière : « C’est un événement antifasciste et celui-ci avait un vrai message : nous nous opposons à la répression policière et à la loi que le gouvernement tente de passer parce qu’il est inconcevable que des gens aillent en prison pour avoir fait de la musique. » Pendant les trois jours de fête, la culture prônée par les organisateurs, qui se sont appuyés sur de la musique mais aussi du théâtre, des sculptures (dont l’une de 5 mètres de haut ou une autre appelée « la machine à laver les mascu ») et des feux d’artifice, arborait le message d’une opposition à la criminalisation des organisateurs portée par la loi Ripost. Tous reprenaient ainsi le slogan : « Sous les paillettes, la rage. »

    Au-delà de la répression, les teuffeurs voulaient aussi défendre un art de vivre qui s’extrait de la société consumériste et du capitalisme.

    * Les personnes interrogées souhaitaient rester anonymes.

  • Le Festival des fanfares remet le son

    Le Festival des fanfares remet le son

    Au programme : une vingtaine de fanfares venues de Montpellier, de France, mais aussi de l’étranger, pour deux jours de musique de rue. Le vendredi 12 juin, les fanfares se déploieront dès 20h dans plusieurs quartiers et communes partenaires. Des concerts sont annoncés à Port Marianne, autour du bassin Jacques-Cœur, mais aussi aux Arceaux, à Sainte-Anne, au parc Clémenceau, ainsi qu’à Clapiers, Castelnau-le-Lez et
    Saint-Georges-d’Orques.

    Le samedi 13 juin, le festival retrouvera ses quartiers historiques de Beaux-Arts et Boutonnet. La journée commencera avec des vide-greniers musicaux, notamment sur l’Esplanade de la musique et au parc Babut. À 16h, les fanfares seront présentées place Émile-Combes, avant une grande soirée de concerts de 19h à 1h. Gratuit et ouvert
    à tous, le festival des fanfares garde son esprit de fête de village : un rendez-vous sonore, joyeux et collectif.

  • Barjac m’en chante : un festival toujours plus ouvert

    Barjac m’en chante : un festival toujours plus ouvert

    Toujours soutenu par les collectivités, Barjac m’en chante porte la chanson française dans le nord du Gard. Dans un contexte où la culture est attaquée par les mairies d’extrême droite et où les subventions fondent comme neige au soleil dans de nombreux départements, le festival garde son identité et revendique sa capacité à ouvrir les consciences. « J’ai vraiment la chance d’être dans un endroit très privilégié car on est très soutenus par nos tutelles publiques. Par les temps qui courent, c’est assez rare », confirme Julie Berthon, directrice artistique du festival. « Maintenant, il faut que nous arrivions à donner envie au public de venir, de susciter la curiosité, de bien montrer que ce n’est pas un festival qu’on fait entre nous. La chanson est un vecteur populaire donc il faut franchir le premier pas pour ceux qui ne connaissent pas, et à coup sûr, ils reviendront. »

    Pour confirmer ce pari cette année, Julie Berthon s’est appuyée sur une programmation toujours aussi riche avec 30 concerts prévus tout en gardant les changements opérés ces dernières années qui ont bien fonctionné comme la dernière journée organisée exclusivement sous le chapiteau avec un concert surprise suivi d’un concert debout.

    Une édition féminine

    Côté programmation, c’est donc Vincent Dedienne qui ouvrira la première soirée samedi 25 juillet. L’acteur et humoriste, vainqueur de deux Molières de l’humour pour ses spectacles, s’est en effet essayé à la chanson en sortant un album l’an dernier intitulé Un lendemain soir de gala. « La démarche de Vincent Dedienne s’inscrit parfaitement dans l’histoire de Barjac m’en chante. Avec lui, la chanson a plein d’affinités avec le théâtre, avec l’écriture, avec la poésie. Cela montre aussi qu’il n’y a pas de frontières et que la chanson, c’est un moyen d’expression comme un autre. Vincent Dedienne parle beaucoup entre les chansons en y emmenant tout son savoir-faire d’homme de théâtre », précise Julie Berthon. Pour cette soirée d’ouverture, il sera accompagné de l’autrice compositrice et bassiste franco-québécoise, Marion Cousineau, qui allie chanson et slam.

    La directrice artistique du festival est aussi très fière pour cette 31e édition d’avoir pu composer une « programmation féminine » : « Il y avait la volonté d’arriver au moins à la parité concernant les artistes principaux. Mais l’équilibre homme-femme chez les musiciens est une catastrophe. Les femmes sont encore nettement minoritaires et ça va encore mettre des années avant que les musiciennes se sentent légitimes. »

    Lundi 27 juillet, Romain Didier, un habitué du festival, partagera la scène avec Alissa Wenz, « une chanteuse que j’aime beaucoup », reconnaît Julie Berthon. « Elle est aussi autrice, puisqu’elle a déjà écrit deux romans, dont un qui est paru assez récemment et que je conseille à tout le monde, qui s’appelle “Le désir dans la cage” ». La veille, Nicolas Moreau propose un spectacle original en reprenant les chansons les plus populaires du cinéma.

    Mardi 28 juillet, c’est au tour d’Hélène Piris d’occuper l’espace Jean-Ferrat, pour un spectacle engagé qui révèle l’absurdité de notre monde ultra-libéral et capitaliste. Cette critique se poursuivra avec le groupe « Les Goguettes, en trio mais à quatre », qui s’est fait connaître sur internet avec des reprises très politiques. Le 29, le double plateau accueillera l’univers musical et poétique de Louise O’sman puis le groupe Bonbon Vaudou, qui chante en français et en créole. « C’est une petite entorse mais on reste dans la francophonie. Je suis vraiment très contente qu’on ouvre tous nos oreilles à ces chansons », explique Julie Berthon.

    En plus de cette programmation d’artistes connus et reconnus, dix artistes « découverte » joueront sous le chapiteau durant les six jours du festival avec des styles éclectiques comme le slam de Lémofil ou la pop de Melba (les deux programmés le mercredi 29 juillet). Trois spectacles jeunes publics auront aussi lieu dans la salle Anne-Sylvestre de l’école municipale.

  • La note bleue voyage dans la métropole Aix-Marseille

    La note bleue voyage dans la métropole Aix-Marseille

    Si la 26e édition du Marseille Jazz des cinq continents illustre toutes les facettes de la note bleue dans différents endroits de la ville à partir du 1er juillet, ce festival propose, en parallèle de son programme phare, un « parcours métropolitain ». Sillonnant les communes alentour, une vingtaine de « rendez-vous musicaux » qui permettent « de découvrir à la fois la scène locale mais également des artistes internationaux venus partager leur propre vision du jazz et leurs inspirations multiples », indiquent les organisateurs de cette séquence dont la prochaine étape passe le samedi 13 juin par Jouques. Le Domaine de la Traconnade sera ainsi le théâtre d’un concert de l’indomptable trompettiste Daoud, « figure montante de la scène actuelle mêlant jazz, hip-hop et électronique ». Lever de rideau de la soirée prévu avec le Benoît Moreau trio. Une formation inspirée par l’esprit du grand guitariste de Baltimore, Bill Frisell, qui ne cesse d’explorer les contrées jazz, mais aussi rock et folk.

    Formations en tous genres

    Le parcours métropolitain fera également escale le 19 juin à Châteauneuf-les-Martigues pour un concert gratuit du sextet Oscarpicus dont le répertoire « mêle swing, chanson française et jazz moderne ». Le lendemain, cap sur Vauvenargues avec le Romain Morello Collective qui fera vibrer de ses cuivres l’héritage d’illustres jazzmen comme Charles Mingus ou Herbie Hancock (entrée libre). Autant de jalons mélodieux qui se poursuivront jusqu’à l’automne 2026.

  • [Entretien] Juste Shani : « Avoir des textes engagés, c’est important et naturel pour moi »

    [Entretien] Juste Shani : « Avoir des textes engagés, c’est important et naturel pour moi »

    La Marseillaise : Vous rappez depuis 2018. Qu’est-ce qui vous a poussé vers ce style musical ?

    Juste Shani : J’ai toujours aimé la musique en général et le hip-hop en particulier. Quand j’étais petite, à la maison, avec ma famille, on écoutait ensemble plutôt de la variété, de la pop et du R’n’B. Et j’écoutais beaucoup de hip-hop US. Et à l’adolescence, j’ai commencé a écouté du rap français comme Sexion d’assaut qui a beaucoup forgé la façon dont je rappe aujourd’hui. Je me suis donc tournée vers le rap au fil des découvertes. J’ai toujours écrit et chanté plein de styles différents. Petite, j’ai d’abord écrit un peu de R’n’B en anglais et après, du rap français. Je ne sais pas ce qui s’est passé de particulier. Mais déjà, c’était en français et puis, moi, j’écoutais du rap avec des artistes assez engagés comme Youssoupha, ou Kenny Arkana. Les thématiques qui étaient abordées m’ont vraiment touchée à une époque où je commençais à comprendre aussi la société dans laquelle on évoluait. C’est vraiment un des styles de musique qui m’a le plus choquée en fait.

    Dans vos morceaux, vous parlez de la question du racisme, de la misogynie ou de sujets sociaux. C’est important pour vous d’avoir des textes engagés ?

    J.S. : Je ne sais pas si c’est important, mais c’est naturel pour moi. C’est juste que ce sont des sujets qui me tiennent à cœur, et qui ont toujours été importants pour moi. Mais c’est aussi ce que je vis aussi au quotidien, donc naturellement ça se retrouve dans mes textes.

    Dans la vie en général ou dans le monde du rap ?

    J.S. : En tant que femme et noire, on est confrontée à certaines de ces réalités. Et après, dans l’industrie ce sont les mêmes problématiques qu’on retrouve dans tous les milieux de la société. Après dans l’exemple du rap, c’est un style qui est réputé plutôt masculin. Du coup, dans les premiers événements rap où j’étais, car j’ai fait beaucoup d’open mic [scènes ouvertes], il y a un peu ce truc où tout le monde te regarde de travers. Ils se demandent ce que tu fous là. Je pense qu’on est encore aujourd’hui dans le rap, dans quelque chose où c’est encore vu comme un peu spécial d’être une femme qui rappe, alors que ça devrait être banal.

    À partir de 2025, vos morceaux Matrixée, Bonnes fêtes et Brillance ont eu une grande visibilité sur les réseaux sociaux. En quoi ça a été un tremplin pour vous ?

    J.S. : Ça m’a beaucoup aidée, les réseaux sociaux. Je pense qu’en tant qu’artiste, on a cette chance de pouvoir s’y développer de façon totalement indépendante au moins pendant un temps. À l’époque, dans les années 90, 2000, on était vraiment totalement dépendants des labels et des maisons de disques pour faire sa promo, même pour faire ce qu’on dit. Par rapport à la promo et à l’image les réseaux sociaux m’ont vraiment apporté beaucoup de visibilité. C’est vrai qu’en 2025, il y a eu vraiment énormément de visibilité qui s’est de plus en plus élargie. Je pense que ça m’a aussi rendu plus visible aux yeux de tous les professionnels de l’industrie, des maisons de disques. Et c’était pour moi un moyen d’exprimer tout ce que j’avais à dire.

    Ce qui a amené une grosse année : première partie de Aya Nakamura, tournée de festival et des dates de concerts dans toute la France.

    J.S. : C’est trop cool. C’est vraiment le fruit de plusieurs années de travail qui commencent à marcher. Je me suis entourée de plus gros partenaires professionnels, avec notamment d’autres tourneurs, société qui organise mes tournées. Et on sent qu’il y a cet accompagnement-là. Le projet rayonne et il y a un public qui est de plus en plus demandeur. Et il y a de plus en plus de programmateurs qui me font confiance.

    Et samedi, Marsatac…

    J.S. : Ça me fait plaisir. C’est la première fois que je joue à Marseille. J’ai beaucoup joué dans d’autres régions, qui ne sont pas la mienne, comme à Lyon ou en Bretagne. Mais encore jamais Marseille. Je sais qu’il y a un peu de gens qui m’écoutent ici, donc ça me fait vraiment plaisir de les rencontrer.

    Quels sont les prochains projets ?

    J.S. : Pour moi, le futur, c’est un nouveau projet. Je vais continuer à bosser dans ce pays musical, à proposer des choses de qualité, parce que je suis encore dans une phase, malgré toute la visibilité dont je bénéficie, de développement de mon projet qui est émergent. Donc j’essaie de beaucoup bosser la musique, d’affirmer ma patte et ma signature.

  • Six unHun sur le toit du Fada pour la sortie de l’album « 2 »

    Six unHun sur le toit du Fada pour la sortie de l’album « 2 »

    Un vinyle avec un nom qui sonne comme une onomatopée lisible dans les deux sens quand il tourne sur la platine. Une pochette sobre, avec un célèbre tube de glue jaune et noir, logiquement intitulé « 2 ». En cinq ans d’explorations sonores et poétiques, le titre du premier opus, comme le nom du groupe, sont « les seuls points sur lesquels » ces six aventuriers musicaux se sont d’emblée mis au même diapason, avouent-ils à l’unisson. Signe d’un bon départ.

    UnHun, « dans plein de langues, ça signifie oui », précise Ahram Lee, une de ces six fantaisistes qui œuvrent entre accordés et désaccordés sur ses textes « entremêlés » avec ceux de Jérémy Laffon et d’Alexandre Gérard, murmurés ou vociférés. Une formation d’instruments peu conventionnelle qui associe yukulélé, fingerfingerphone, ayoyote (idiophone aztèque), guimbarde, contrebasse et percussions « maison » pour une musique tour à tour bruitiste et mélodique et un chant vacillant entre « spoken word et éruptions sonores », s’avance Guy André Lagesse, autre voix du groupe et fingerphoniste.

    Pour servir ces sons, « un peu fragiles, avec lesquels on a chacun un rapport personnel, donc difficile à régler », reconnaît Ahram lee, ils se sont naturellement tournés vers l’ingéniosité de Nicolas Dick, guitariste chanteur du groupe marseillais de métal indus Kill The Thrill, rodé à la navigation sur les plages sonores alternant le feu et la glace.

    Quand ça colle

    L’épopée musicale a démarré dans l’antre des 8 Pillards, laboratoire temporaire de production et de vie situé dans le 14e arrondissement, au gré des rencontres et des envies. « C’est Guy qui nous a embarqués et la seule consigne pour ceux qui voulaient venir écouter nos répétitions, c’était : personne ne fait rien », indique Ahram Lee ; alors forcément, on s’y colle. Pour la méthode, « on fonctionne à l’impro et quand ça accroche, que ça devient sympa, on enregistre, explique Francis Ruggirello, contrebassiste. On aime plaisanter, mais on bosse. On répète ensemble. On a beaucoup avancé avec des résidences d’une semaine. »

    Depuis 2001, la formation s’est confrontée au public, version petit format, notamment lors de vernissages. La sortie du premier album était l’occasion de faire un grand saut en se produisant dans un très bel espace. Un concert organisé avec l’Association des habitants de L’unité d’habitation Le Corbusier, avec qui les Pas Perdus avaient déjà travaillé lors d’un projet artistique en 2015.

    Jeudi 11 juin, 19h30-21h30. Concert unique, entrée libre,
    toit terrasse de la Cité radieuse. Réservations sur le site de l’Association Les Pas Perdus conseillée.