Tag: jazz

  • [C’est l’été] Un siècle de vie musicale aixoise raconté en photos

    [C’est l’été] Un siècle de vie musicale aixoise raconté en photos

    « Avec la photographie, c’est tout l’inverse : tout reste. » En pointant le portrait de Léo Ferré et son célèbre « Avec le temps, va, tout s’en va », Jean-Éric Ely, photographe et initiateur de l’événement donne le ton de « Musiques en Aix ». Organisée par le Collectif Ely pour le patrimoine photographique et iconique d’Aix-en-Provence (Ceppia), l’exposition fait dialoguer mémoire photographique et mémoire musicale.

    Henry, Hugo, Jean et Jean-Éric Ely, quatre générations de photographes, ont immortalisé la vie musicale aixoise, retranscrite dans près de 300 clichés. « L’objectif est de faire perdurer la mémoire de vedettes passées par Aix et des lieux mythiques de la scène musicale locale », explique le photographe lors de la visite de l’exposition.

    Des orchestres du début des années 1900 aux grandes voix de Piaf, Joséphine Baker ou encore Aznavour, le parcours suit une organisation chronologique puis thématique par familles musicales. Onze appareils photo de la famille Ely montrent l’évolution des techniques. Après un an de travail, 288 photos ont été retenues sur 1 604 : « Mon père a toujours dit “choisir, c’est sacrifier”. Il a raison, cela a été un choix draconien », souligne Jean-Éric Ely.

    Au fil des salles, le photographe balaie et commente les clichés. Devant la première édition du Festival d’art lyrique d’Aix, en 1948, il s’arrête : « On est les seuls au monde à l’avoir celle-ci ! », s’exclame-t-il. Plus loin, classique, jazz, rap et reggae se mêlent. « C’est mon bébé chéri », sourit-il à propos du jazz. Avant de s’épancher longuement sur l’unique photo prise hors d’Aix, un Miles Davis photographié à Miramas : « J’étais obligé de mettre le génie des génies. »

    Pour résumer l’essence de l’exposition, Jean-Éric Ely pointe un tableau qui juxtapose une scène de Fête de la musique qu’il a captée en 2001 et un bal des Thermes photographié par son grand-père 63 ans plus tôt. « À elles seules, elles montrent l’évolution de la musique et de la photo », résume-t-il. Jusqu’au 1er novembre, le responsable de l’exposition espère susciter la curiosité des visiteurs : « Je veux qu’ils repartent en se disant “Ah ouais tout ça s’est passé ici ?” », conclut-il.

    Jusqu’au 1er novembre, Hôtel de Boadès. Du mercredi au dimanche. Tarifs : 10 euros ; réduit 7 euros ; – 12 ans gratuit.

  • [Tous dehors] Les rues aixoises transformées en scènes musicales

    [Tous dehors] Les rues aixoises transformées en scènes musicales

    Composez votre propre voyage musical », annonce le conservatoire Darius-Milhaud à l’occasion de la 13e édition du festival Musique dans la rue. Au programme, 47 rendez-vous dans quatre lieux d’exception : la cour Sainte-Catherine, la place d’Albertas, l’église du Saint-Esprit et le jardin du Pavillon de Vendôme. « L’objectif est de proposer un festival accessible, ouvert à tous, même au jeune public, et gratuit. Pour les Aixois comme pour les touristes, le but est de découvrir des lieux emblématiques de la ville et de venir écouter des répertoires très différents », explique Louisiane Toumelin, coordinatrice du festival.

    « On en a pour tous les goûts ! », se félicite-t-elle. Entre concerts et fanfares ambulantes, une large diversité d’artistes et de genres musicaux est proposée, du rock à la musique lyrique, en passant par la bossa nova, le classique et le jazz. Chaque concert dure une trentaine de minutes, afin de pouvoir « voir des choses très diversifiées », précise la coordinatrice. « Le but est de susciter la curiosité du public. Par exemple, on a un concert qui va proposer des reprises de musiques de Gainsbourg, de Rihanna, mais aussi de compositeurs classiques comme Mozart », annonce-t-elle.

    La soirée d’ouverture se déroulera au conservatoire Darius-Milhaud, ce vendredi 21 août de 20h à 21h15, pour une rencontre « placée sous le signe de l’excellence musicale et du dialogue entre les cultures ». Le violoniste franco-syrien aixois Bilal Alnemr jouera aux côtés du Jeune Ensemble de Berlin lors d’un concert symphonique.

    Des musiciens

    à la rencontre du public

    Trois déambulations festives sont prévues les 27, 28 et 29 août. Entre fanfare électrique et jazz créole, Louisiane Toumelin invite le public à « se raccrocher à la déambulation quand elle passera devant les terrasses de cafés ». Après des éditions compliquées dans le contexte du Covid, la coordinatrice du festival insiste : « On est ravis de proposer une belle édition, avec autant de concerts dans des lieux en simultané. Ce qui va être difficile pour le public, c’est de choisir ce qu’il a envie de voir ! »

    Programmation complète
    sur le site de l’office de tourisme.

  • [C’est l’été] Jazz et classique en harmonie aux Accords de Cassis

    [C’est l’été] Jazz et classique en harmonie aux Accords de Cassis

    « Jai à cœur de rassembler tout le monde », déclare Nicolas Dautricourt, violoniste professionnel et directeur artistique des Accords de Cassis. « La musique classique ou le jazz, ça peut faire peur à un public non initié, mon grand challenge, c’est de réussir à parler à tout le monde », annonce-t-il. De Paul Lay, « une grosse pointure du piano jazz », à Mozart, en passant par Bach, Schumann ou encore Dvorák, le directeur artistique raconte « chercher chez les artistes, l’œuvre qui va captiver l’auditoire du début à la fin ».

    Quatre soirées d’exception

    Ayant à cœur de réunir musiciens amateurs et professionnels au sein du festival, Nicolas Dautricourt explique proposer « un format assez unique avec des concerts de prestige le soir et, en journée dans les rues de Cassis, des concerts offerts aux passants par des musiciens amateurs bénévoles ». Le soir, en attendant les artistes internationaux, des concerts « Happy Hour » seront également proposés de 19h à 20h. C’est l’Orchestre des Colibris qui ouvrira le festival sur l’esplanade Aristide-Briand, le mercredi 19 août. « C’est un petit orchestre coup de cœur, formé par des jeunes sourds ou malentendants. Ils sont appareillés pour la plupart d’entre eux. Ils jouent très bien, ça va être magnifique », s’impatiente Nicolas Dautricourt.

    « Cette première soirée est presque 100% marseillaise », se félicite le directeur artistique pour qui « c’est un effort symbolique d’ouvrir le festival international avec des ensembles de la région ». « Le but de ces quatre jours, c’est que Cassis résonne de musiques festives, c’est un festival très éclectique, très rassembleur aussi », se réjouit Nicolas Dautricourt qui se dit « heureux et fier de ces moments de partage ».

    Le violoniste professionnel explique qu’il s’entoure de musiciens rencontrés au « gré des festivals ici et là. Ce sont tous des artistes internationaux très reconnus, mais aussi des personnes qui s’adressent au public », se félicite-t-il.

    « La dernière soirée sera festive, avec un final en feu d’artifice ! », annonce Nicolas Dautricourt.

    Alors que les derniers préparatifs se mettent en place, le directeur artistique se réjouit de retrouver le public : « J’ai l’impression que les Cassidains attendent cet événement, même les jeunes. On se dit qu’on ne travaille pas pour rien, ça fait vraiment plaisir », conclut-il avec fierté.

    Andréa Goyard-de Castro

    Renseignements : 06.12.28.65.93

    Réservations : www.lesaccordsdecassis.fr

  • Les remparts d’Aigues-Mortes aux premières loges d’un festival

    Les remparts d’Aigues-Mortes aux premières loges d’un festival

    « Ouverture et métissage ». Ce sont les mots qui, selon Nadim Garfi, directeur artistique, caractérisent au mieux le festival Les Nuits des remparts, qui va se tenir les 13, 14 et 15 août, à Aigues-Mortes. Des textes très poétiques, chantés en arabe littéral par l’artiste ENEL, aux classiques réinterprétés par le quintette du Hot club de France, le tout en passant par les sonorités proposées par le Mario Calonge Trio, la programmation se veut éclectique. Musique du monde et jazz seront donc à l’honneur, au sein d’un morceau du patrimoine camarguais.

    Interrogé sur le choix de ce lieu, Nadim Garfi répond : « C’est un lieu tellement magnifique ». Violoniste de formation, le directeur artistique se souvient d’ailleurs de ses propres représentations dans la ville fortifiée, entre vestiges médiévaux et patrimoine local.

    « Je garde un très bon souvenir de l’acoustique et de l’ambiance générale, qui se prête vraiment à ce type d’événements », sourit le directeur artistique, à l’évocation d’un concert qu’il a lui-même donné à la lumière des bougies dans le cadre des représentations Candlelight.

    « Un cadre très stimulant »

    Dans un souci d’adaptation au lieu emblématique que constituent les remparts et la tour de Constance, l’organisation du festival a tenu à coopérer avec le Centre des monuments nationaux, leur permettant d’aller « chercher des lieux originaux, plutôt que d’aller dans un théâtre ». Une décision qui casse volontairement les codes.

    À l’occasion de cette première édition du festival, près de 550 places ont été mises en vente pour chacune des soirées. « On a imaginé un public assis », décrit le directeur artistique, créant une réelle proximité entre les artistes et leur auditoire. « C’est un cadre très stimulant », ajoute Nadim Garfi.

    Avec une programmation issue de divers horizons, l’organisation espère que le public le sera tout autant. « L’objectif, c’est d’attirer Monsieur Tout-le-monde », lance le directeur artistique du festival, comptant également sur la présence de nombreux mélomanes. « J’espère, par le choix des spectacles, réussir cette édition », conclut-il.

    Les Nuits des remparts, place Anatole-France, à Aigues-Mortes. Du 13 au 15 août 2026. Tarifs entre 25 € et 37 €.

  • Du piano à gogo dans l’écrin du parc de l’orangerie

    Du piano à gogo dans l’écrin du parc de l’orangerie

    Pour glisser en douceur vers septembre « Un piano sous les arbres » revient, comme chaque année, adoucir la fin de l’été en musique dans le cadre fabuleux du parc de l’Orangerie, transformé pour l’occasion en scène à ciel ouvert.

    Ce festival municipal porté par la commune de Lunel-Viel fête cette année ses 18 ans, la majorité, tout en restant fidèle à son esprit de départ : « proposer une programmation à la fois exigeante et populaire », résume le directeur de la manifestation, Fabrice Fenoy. Quatre jours de spectacles et de concerts en plein air, gratuits pour beaucoup, où le piano, dénominateur commun, visite tous les styles : classique, jazz, rock, musique tzigane, électro… « On peut faire un tour du monde avec tout ce qu’il est possible de jouer au piano ! » assure Fabrice Fenoy. « En cassant les barrières entre les styles de musique, on casse aussi les barrières entre les gens », estime-t-il.

    Comme chaque année, des concerts de classique (Max Walsh, Alessio Massi et un concert à 4 mains des deux musiciens) seront proposés dans l’Orangerie. À la rubrique jazz, un coup de cœur du programmateur (2 août, 21h30) : l’étonnant hommage d’Édouard Ferlet au Köln concert de Keith Jarrett, « l’album de piano-jazz le plus vendu dans le monde. Ce qu’il y a de très original, c’est qu’il fait ça avec le concours d’un deuxième piano, piloté par IA, auquel il a appris à répondre à ses traits d’improvisation. Je l’ai vu à Marseille l’année dernière et j’ai pris une claque monumentale. Le résultat est esthétiquement bluffant ! », assure Fabrice Fenoy.

    Tankus, Magyd Cherfi, Charlie Winston…

    Autre temps fort de cette édition, qui promet une ambiance explosive : le groupe anglais Tankus (21 août, 21h30). « Des artistes qui jouent du piano, et du très bon, il y en a plein. Par contre trouver du piano énergique, c’est plus dur. Très souvent le piano va être classique, jazz, ou accompagner de la chanson, mais c’est rarement très pêchu. Là au contraire on est dans le registre bêtes de scène. C’est rock, avec une base New Orleans au départ et beaucoup de soul, parce qu’il y a des cuivres. C’est très festif : en live c’est vraiment fabuleux », promet le directeur du festival.

    Autre coup de cœur 2026, plutôt musique du monde cette fois : la chanteuse d’origine iranienne Ariana Vafadari proposera un récital qui mêle chant lyrique et musique persane, joués au oud et au piano (concert gratuit, 23 août, 16h30). « J’ai trouvé qu’il y avait quelque chose d’unique », confie Fabrice Fenoy.

    Deux têtes d’affiche sont également invitées cette année. Magyd Cherfi (23 août, 14h30, gratuit), le chanteur de Zebda également écrivain, proposera une lecture musicale d’extraits de ses textes (Ma part de Gaulois, La vie de ma mère !) et Charlie Winston, l’auteur du hit “Like a hobo”, clôturera quant à lui ces 4 jours de vagabondage musical (23 août, 21h30). « J’avais plutôt l’image du guitariste chanteur de folk, mais en fait c’est un très bon pianiste. Ce qu’il fait est très délicat, très mélodique », décrit le programmateur.

    À ne pas manquer non plus, parmi les nombreuses propositions, la sieste musicale sous les arbres offerte par Bojan Z (22 août, 16h, gratuit), « un des pianistes de jazz les plus pointus du moment. » On citera également les concerts sous les étoiles, à 23h (gratuit) qui permettront de découvrir Stéphanie Elbaz et ses reprises des morceaux des Beatles au piano (21 août) ainsi le crooner anglais Charlie Wood (22 août).

    Comme chaque année, les pianistes amateurs seront encouragés à s’exprimer eux aussi, avec une scène ouverte le 22 août à midi et un piano crochet le 23 août à 18h30 à la buvette. Les enfants quant à eux, pourront profiter de nombreuses activités (grimpe aux arbres, manège “à propulsion parentale”, concert jeune public le 23 août à 15h…) Enfin, des stands de restauration seront proposés en continu, pour nourrir les papilles autant que les oreilles !

    * Toute la programmation sur : www.unpianosouslesarbres.com

  • Lunel va faire jazzer le cœur de l’été !

    Lunel va faire jazzer le cœur de l’été !

    Voilà plus de 20 ans que la Ville de Lunel a décidé d’offrir un grand rendez-vous culturel gratuit au cœur de l’été, à une période où peu d’animations venaient prolonger les festivités de La Pescalune. D’un seul concert au départ, le Lunel jazz festival a peu à peu étoffé sa programmation, porté par le succès. Les grands noms du jazz ne s’y sont pas trompés : Manu Dibango, Rhoda Scott, Scott Hamilton, Marcel Azzola, David Reinhardt, Maurice Vander, Maxime Saury, Daniel Sidney Bechet, Dany Doriz, Éric Lutter, Al Colpey ou encore Sandy Patton sont venus se produire à Lunel. Aujourd’hui, la manifestation est devenue un rendez-vous attendu qui rassemble un public fidèle, composé à la fois d’habitants, d’amateurs de jazz et de touristes venus partager trois soirées de musique dans un cadre exceptionnel.

    Pour cette 23e édition, qui se déroulera du 6 au 8 août, six concerts gratuits seront proposés (deux par jour), répartis entre le « off » sur la place des Caladons (dès 19h) et le « in » au parc Jean-Hugo (à partir de 21h30).

    « Le jazz est une musique qui a plus de 100 ans d’histoire. J’ai donc voulu, sur les 3 jours, retracer un peu cette histoire. Nous partons sur une esthétique qui naît à la Nouvelle-Orléans et qui évolue dans le temps », explique Eric Serra, du Labory Jazz Club. Directeur artistique du festival depuis deux ans, il a fait le choix « de n’inviter que des artistes locaux du grand sud ».

    Les festivités s’ouvriront donc jeudi 6 août à 19h place des Caladons sur des airs de fanfare funk, avec le Royal Brass Band, un groupe de Montpellier. Ce sera le prélude au concert du pianiste marseillais Julien Brunetaud (21h30 parc Jean Hugo), « qui a vécu à la Nouvelle Orléans et a accompagné énormément d’artistes connus dans ce milieu ». Vendredi 7 août, en première partie de soirée, place aux Dixie Froggies, jazzmen venus d’Avignon qui feront revivre au public les premières heures du swing, avant un concert de Renaud Gensane, originaire de Perpignan, qui fut le dernier trompettiste de Johnny Hallyday et accompagne également Véronique Sanson, Christophe Mae, Ben l’oncle Soul ou Ibrahim Maalouf. Samedi 8, enfin, pour la soirée de clôture, les Hot jazz brothers de Nîmes replongeront dès 19h les visiteurs dans l’ambiance de la Nouvelle Orléans avant de laisser les Macadam Farmers, « 5 musiciens totalement déjantés qui cuisinent les plus grands tubes intemporels avec une saveur folk rock et swing », clore le festival en beauté !

  • Classique, jazz et rock à « Song d’une nuit d’été »

    Classique, jazz et rock à « Song d’une nuit d’été »

    Créé par l’association éponyme, le festival Song d’une nuit d’été a pour objectif de proposer des concerts de qualité, dans une région plutôt difficile d’accès : les Hauts Cantons de l’Hérault. « Depuis sa première édition en 2024, la manifestation se veut intergénérationnelle, explique Bérangère Casanova, présidente de l’association. Cette année encore, il y aura donc trois soirées sur cinq dédiées à des genres musicaux spécifiques. » Le vendredi 7 août mettra ainsi la pop et le rock à l’honneur, avec un concert du groupe Macadam Farmer à 21h, sur la scène de l’abbaye. La soirée jazz se déroulera le 8 août avec la chanteuse Sandra Mounam, qui reprendra le répertoire envoûtant de Nina Simone. Enfin, le dimanche 9 août, la soirée sera dédiée à la musique classique avec le Trio Borsalino, qui se produira toujours à 21h, sur la scène de l’abbaye.

    Le festival propose également une soirée « gastronomie et musique », sur réservation. Cette année, celle-ci aura lieu mercredi 5 août, autour du thème « Un soir en Argentine  ». Le chef du gîte de l’abbaye de Villemagne préparera donc un menu inspiré des saveurs du Nord-ouest argentin, qui sera commenté et accompagné en musique par le trio Tikismikis.

    Par ailleurs, des concerts gratuits auront lieu tous les jours à 18h30. « Le jeudi 6 août, nous assisterons par exemple à une déambulation des Mandadors : deux artistes échassiers, mi-hommes, mi-arbres, qui jouent de l’accordéon et du violon de manière très poétique », se réjouit Bérangère Casanova.

    Du 4 au 9 août, l’Hôtel des Monnaies de Villemagne-l’Argentière accueillera par ailleurs une exposition d’instruments anciens. « C’est une grande chance d’accueillir cette exposition qui tourne partout en France. Elle est recommandée pour les familles, puisque les visites ne sont pas guidées, mais jouées », précise l’organisatrice. Avant de conclure : « Ce festival est une belle aventure humaine, mais ce n’est pas toujours facile dans une économie culturelle aussi défavorable. Si nous continuons, c’est parce que nous bénéficions d’une grande solidarité, d’une grande volonté de nos bénévoles, ainsi que du soutien de nos prestataires techniques.  »

  • [Grand entretien] Erik Truffaz : « Le flamenco, c’est une sorte de blues »

    [Grand entretien] Erik Truffaz : « Le flamenco, c’est une sorte de blues »

    Erik Truffaz : Je l’ai écouté pour la première fois lorsque j’étais adolescent. (l’album est sorti en 1960, année de naissance d’Erik Truffaz, Ndlr). Ce qui m’avait frappé, étonné et séduit, c’est que c’est la première fois que j’entendais une réunion entre la musique classique folklorique et le jazz. Et tout cela, avec le son de Miles Davis.

    Outre la beauté de la rencontre entre

    la musique folklorique espagnole et le jazz, est-ce que le principal mérite de cet album est qu’il plaise au-delà des amateurs du genre ?

    E.T. : Cet album, c’est des ponts entre

    les musiques, entre le classique et le jazz. Dans Sketches of Spain, le pont est créé par l’arrangeur, Gil Evans, et par l’interprétation de Miles Davis. Ils avaient d’ailleurs déjà travaillé avant sur un album du même style, Birth of the Cool.

    établir des ponts entre

    différents styles est-il une des caractéristiques du jazz selon vous ?

    E.T. : On peut le dire car c’est une musique qui est née d’un pont entre la polka, qui venait des blancs, et du blues, qui venait des noirs. Le jazz, c’est donc une musique hybride. Et au fil de son évolution, elle a pu ensuite se mélanger avec beaucoup d’autres musiques comme la musique cubaine, brésilienne et bien d’autres. Mais bon, après, si on regarde bien, Beethoven aussi. Quand il fait une symphonie, il peut par exemple reprendre des chants folkloriques.

    Et le « New Sketches of Spain » que vous présentez le 7 août à Toulon, il est né de votre rencontre avec le saxophoniste et chanteur flamenco Antonio Lizana ?

    E.T. : On s’est rencontré à Katmandou.

    Quand j’ai vu Antonio, j’ai adoré la façon dont il chantait et jouait du flamenco. J’adore faire des ponts entre les musiques, justement. Je l’ai déjà fait avec des musiques indiennes, avec un chanteur tunisien et certainement un chanteur égyptien dans mon prochain album. J’ai parlé à Antonio et je lui ai dit que je voulais qu’on travaille ensemble. Après, François Lacharme, qui dirige une salle à Paris, a dit : « si Truffaz rencontre Lisana, il devrait refaire Sketches of Spain ». Une formidable idée car on peut le refaire, mais pas comme Miles Davis. Mais plutôt dans une identité encore plus flamenco et plus espagnole.

    Une danseuse vous accompagne

    également sur scène…

    E.T. : Au début, ça me gênait un peu car je n’aime pas tellement quand on ajoute un élément esthétique à la musique, ça porte l’attention ailleurs. Mais dans ce cas, ça apporte énormément car cette danseuse est une percussionniste de fait. Quand elle danse, elle fait de sacrés rythmes avec les pieds, c’est ça le flamenco. Elle s’appelle Sarah Sanchez et c’est une sorte d’Elvin Jones du flamenco (parmi les batteurs de jazz les plus influents du XXe siècle).

    à l’origine, le flamenco est la plainte

    du peuple andalou. Qu’est-ce que ça symbolise à vos yeux ?

    E.T. : Je suis allé en 1986 à Grenade et j’avais adoré le quartier de l’Albaicin où les Gitans jouaient et chantaient le flamenco. Pour moi, le flamenco, c’est une sorte de blues. On y trouve même des accents blues.

    Le flamenco est une culture libre et

    indomptable. Rien d’étonnant à ce qu’il ait pu inspirer Miles Davis…

    E.T. : D’ailleurs, il n’y a pas que Miles Davis dans le jazz qui a été inspiré par le flamenco. Un disque fantastique de Charles Mingus, le premier que j’ai acheté, s’appelle Tijuana Moods, et il y a pas mal de flamenco.

    2026 marque le centenaire de la

    naissance de Miles Davis. En plus de son génie musical, est-ce que son côté politique vous a aussi séduit au moment de rencontrer son œuvre ? Il a fait partie des rares artistes à avoir refusé de jouer à Sun City pour montrer son opposition au régime d’Apartheid en Afrique du Sud. Du boycott culturel avant l’heure, non ?

    E.T. : Il fait partie d’un groupe de gens qui ont défendu des idées. Il est la continuité de la libération des noirs par rapport à l’emprise des blancs. Il a vécu le racisme aux États-Unis. De fait, il était secoué. Il était une star totale, mais il y a quand même des mecs qui lui ont cassé la gueule. Il existe un bouquin où on demande à des jazzmen de formuler un souhait. Il a répondu : « être blanc ». Ça m’interpelle car tout son art tient aussi d’où il provient. Miles Davis a exacerbé et mis en avant la fierté des noirs. Après, lui venait d’une famille riche, il n’a pas autant souffert que Billie Holiday par exemple. Mais bon, ce n’est pas un sujet qui me préoccupe plus que cela.

    Vous retenez uniquement sa musique ?

    E.T. : Ses idées politiques ne sont pas mises en avant tout au long de sa vie. Son fer de lance, c’est son parcours artistique. Je ne me compare pas du tout, mais moi, par exemple, mon fer de lance, ce n’est pas mes idées politiques, même si je participe à des soirées de soutien pour le peuple iranien ou que je suis engagé contre quelconque génocide.

    établir des ponts entre les cultures et musiques, c’est aussi un peu politique…

    E.T. : J’ai tendance à dire que mon identité politique passe au travers de mon identité artistique et des projets que je propose. C’est sûr que je ne suis pas un miroir du Front National en faisant deux albums avec un chanteur tunisien ou en collaborant avec le Cri du Caire, composé d’un Égyptien, d’un Allemand et d’un Anglais. De toute façon, le jazz est une musique plurielle, qui vient de peuples différents.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • [C’est l’été] Gracieux et gracile, le jazz trouve sa place à Toulon

    [C’est l’été] Gracieux et gracile, le jazz trouve sa place à Toulon

    Après son ouverture le 26 juillet avec la venue du Spanish Harlem Orchestra, le festival Jazz à Toulon poursuit sa route mélodieuse sur les « sonorités du monde. Une odyssée sonore où les frontières s’effacent au profit de l’émotion pure », indique-t-on du côté de la municipalité.

    Au total, une vingtaine de concerts, le prochain coïncidant avec la venue du quartet suisse Mohs, jeudi sur la place Bouzigues à 21h30. Mohs, comme le nom d’un géologue du XVIIIe siècle, connu pour avoir classé les minéraux selon leur dureté, à l’image des multiples textures sonores dont le groupe fait montre.

    Le lendemain, changement d’ambiance avec le concert d’Alfredo Rodriguez sur la place Raspail. Cette figure pianistique de la scène contemporaine cubaine aura l’occasion de présenter Take cover, album qui revisite des tubes tels que The pink panther ou Hotel California en mode afro-cubain.

    Sons en fusion

    Samedi 1er août, le public de la place de l’Équerre pourra quant à lui se régler au rythme de Solaxis. Porté par la saxophoniste Lisa Cat-Berro, un quintet de cuivres explorant « toutes les possibilités sonores » offertes par cet instrument. Autant de concerts qui « transforment Toulon en une scène de jazz à ciel ouvert », résume la Ville, qui programmera également Fabiola Mendez, le lundi 3 août, place Martin-Bidouré. Une joueuse portoricaine de cuatro, cette petite guitare très répandue en Amérique latine, qui ne lésine pas sur la musique folk. Des sons en fusion, dont l’organiste new-yorkais Cory Henry et le trompettiste suisse Erik Truffaz se sont aussi fait l’apanage, eux qui se produiront respectivement les 6 et 7 août sur les plages du Mourillon.

  • Quand le jazz est là,à La Londe-les-Maures

    Quand le jazz est là,à La Londe-les-Maures

    Nous attachons toujours autant d’importance à sortir des sentiers battus, en misant essentiellement sur des artistes français ou francophones qui ont le vent en poupe au sein de cette famille émergente du jazz contemporain et particulièrement créatif », estime le musicien et arrangeur Christophe Dal Sasso, directeur du La Londe Jazz Festival, qui se déploie jusqu’au dimanche 2 août sur la plage de l’Argentière.

    Au menu de sa 17e édition, quatre soirées gratuites sur la partie Ouest, et sous les pins, de la plus grande plage de cette station balnéaire varoise, qui s’ouvre ce jeudi au rythme des notes de ce flûtiste et compositeur avec The spirit of 3. Un projet qu’il porte avec la chanteuse et musicienne américaine Shekinah Rodz, nourri par un « répertoire aussi profond que festif, au croisement des rythmes méditerranéens, africains et indiens ». Un peu plus tôt dans la soirée, le groupe Radio Mezcal aura lancé les festivités avec ses notes latines, afro caribéennes et diablement dansantes. Car chaque soirée du festival se déroule sur le même principe : un « apéro » à 19h, mise en bouche assurée par des « talents locaux », une « scène jazz » autour d’une tête d’affiche, puis, vers 23h15, un « Jazz club » orchestré par le trio du contrebassiste Olivier Lalauze, « avant de laisser place à une jam-session réunissant musiciens amateurs et professionnels dans un esprit de liberté et de partage ».

    Les femmes ont voix

    au chapitre

    « Cette année, les voix seront le fil d’Ariane de la programmation. Puissantes et envoûtantes, incarnées par des artistes aux univers singuliers, capables de faire vibrer le public sur toutes les ondes émotionnelles, tantôt ouatées tantôt étourdissantes d’énergie communicative », qualifie-t-on du côté de Mouissaline Prod, équipe à la manœuvre du La Londe Jazz Festival. Vendredi 31 juillet, la chanteuse toulonnaise au timbre chaud, Andrea Caparros, sera quant à elle invitée par le Big Sud, projet qui « dessine un pont entre les grandes comédies musicales de Broadway et la Méditerranée provençale ». Une création signée du trompettiste Nicolas Folmer et Christophe Dal Sasso, aux côtés de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon.

    Le lendemain, au tour d’Abraham Réunion, trio aussi bien inspiré par le jazz que les musiques créoles, de prendre le relais. Charge enfin au groupe Buttshakers, porté par « la soul habitée » de la crooneuse Ciara Thompson, de clore le La Londe Jazz Festival, le dimanche 2 août. Son dernier album Lessons in love dans les cordes vocales, elle « incarne toute la force de ce groupe : une voix tour à tour brûlante, déchirante ou lumineuse digne des plus grandes divas de la soul ».

    www.lalondejazzfestival.com