[Breaking Cup] À Port-de-Bouc, les joies et valeurs du hip-hop se transmettent aux jeunes

Il faut les voir tous ces minots se déhancher sur de la funk et du hip-hop d’un autre temps en ce samedi 12 septembre. Tandis que Dj Selma fait cracher du Chaka Khan, George Clinton et autres Busta Rhymes ou Bouga sur les enceintes, Eden et Nelya, fratrie d’à peine quelques années au compteur, ne se laissent pas inhiber par ce groove envahissant en se déhanchant en toute assurance sur le Cours Landrivon. « Quand je me mets à danser, je vois que tous les gens sont gentils autour de moi », explique la jeune fille. « Peace, love, unity and having fun », théorisait dans les années 1980 l’un des pionniers de la culture hip-hop, Afrika Bambaataa. Une bienveillance propre à l’esprit hip-hop que propage jusqu’à nos jours La Marseillaise Breaking Cup, de passage à Port-de-Bouc ce jour-là.

L’amour du partage

« Une mesure, c’est une phrase dans une œuvre. Un couplet, c’est 16 mesures et ensuite, il y a le refrain », dispense Salim à des dizaines d’adolescents captivés par son atelier d’écriture rap. Pour ce bénévole de l’association Dar Yumi [« la maison de ma mère » en arabe, ndlr], « le hip-hop, c’est avant tout le partage ». Une animation qui fait des émules auprès d’enfants encore bien plus jeunes, venus eux du centre social Mandela, quartier Tassy-Bellevue. « Le hip-hop, ça vient de la rue et c’est notre identité. Ça permet de véhiculer la solidarité, l’entraide, l’amour et la passion », rappelle quant à elle Amel Ben Messaoud, fondatrice de cette association valorisant « les mémoires populaires » de Port-de-Bouc.

Le graff aussi

L’effusion de cette culture semble contaminer tout le Cours. Un peu plus loin, la discipline du graff est elle aussi prodiguée, avec le fruit du travail des passants exposé sur une banderole affichant fièrement « Port-de-Bouc 13110 ». Un beau décor pour le Melt’in Crew, collectif de jeunes danseuses, qui fait le show. En toile de fond, une péniche navigue sur le Rhône. Comme le symbole de l’évasion et des possibilités émancipatrices offertes par la culture hip-hop.

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