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  • [Grand entretien] Larusso : « Avec “Tu m’oublieras”, c’est le cœur qui parle »

    [Grand entretien] Larusso : « Avec “Tu m’oublieras”, c’est le cœur qui parle »

    La Marseillaise : Vous êtes l’une des madeleines de Proust des années 1990-2000 pour beaucoup de gens. Comment l’expliquez-vous ?

    Larusso : C’est très spécial et c’est compliqué de l’expliquer. On a grandi ensemble, la chanson « Tu m’oublieras » les a aidés à traverser des moments bien spécifiques et très marqués de leur vie. Moi, j’ai cette relation avec d’autres chanteurs, donc j’arrive à le comprendre. Ce n’est pas la tête, mais le cœur qui parle.

    Votre public est constitué de gens qui ont vécu leur jeunesse à la fin des années 1990, mais aussi de plus jeunes. Grâce à leurs parents qui leur ont transmis votre répertoire ?

    Larusso : Quand je vois ces gamins, je trouve ça incroyable. Avant toute chose, les parents transmettent l’éducation, les valeurs, mais transmettent aussi leurs goûts. On écoute donc forcément les musiques de nos parents. Puis, on se les approprie et ça devient des souvenirs qu’on crée avec nos parents. C’est très fort et ça reste.

    « Tu m’oublieras » est le sample de « You Will Forget » d’Irma Jackson (1979), elle-même reprise en français pas des chanteuses telles que Régine. Quel était le contexte de l’enregistrement de votre chanson, en 1998 ?

    Larusso : Je suis partie dans un studio d’enregistrement. J’ai fait Je survivrai en voix témoin [reprise d’ « I Will Survive » de Gloria Gaynor, Ndlr]. Puis, le propriétaire du studio me fait écouter « Tu oublieras » par Régine. Je n’aime pas. Il me dit : « Tu es complètement folle, ce titre est magnifique. » Ensuite, il me fait écouter une version de ce morceau par Jeane Manson. Je n’aime pas non plus. Ce n’est pas mon délire. Je le laisse trois mois dans un placard et le fais écouter à une copine. Elle se met à pleurer et me convainc. Et puis, ça ne me coûtait rien d’aller au studio et de l’enregistrer. Heureusement que j’y suis allée.

    « I Will Forget », « I Will Survive » sont des tubes funk et disco. À quel point cette musique vous a-t-elle bercée ?

    Larusso : C’est ma base. Je suis ce qu’on appelle une enfant Michael Jackson, mais aussi une enfant de la soul et de la funk à travers mon père. Et l’héritage de ma mère, c’est la musique française style Cloclo, Aznavour, Gilbert Montagné. J’ai baigné là-dedans.

    Ce fil funk se retrouve dans votre discographie, notamment en 2012, lorsque vous avez travaillé avec le rappeur de Cypress Hill, B Real, sur « Untouchable ». Comment une telle rencontre a pu se produire ?

    Larusso : C’est grâce à Charly, de Charly et Lulu. Je l’appelle et lui dis que je viens de terminer un album et qu’il faut que je le fasse mixer. Il me parle de Richard « Segal » Huredia qui est partant [ingénieur du son et mixeur de certains albums de Dr Dre, Eminem ou encore Outkast]. On part à Los Angeles, écoute « Untouchable » et se demande pourquoi il y a des parties vides à certains moments de la chanson. Il me dit : « Louis [le prénom de B-Real] a aimé ton morceau et veut le faire avec toi. » B-Real, quand même. Le lendemain, on était en studio. On est rentré en France, on a sorti le truc. Une bonne partie des gens, surtout du métier, ont été très méchants en disant que c’était un arrangement entre maisons de disques ou un piston. Cela m’a beaucoup déçue, alors que c’était juste une histoire d’amitié et un coup de cœur. Richard « Segal » Huredia a mixé tout l’album. Mais je ne l’ai pas sorti. Ça m’a épuisée et dégoûtée. J’ai pété un plomb.

    Même si vous avez participé ces dernières années à des émissions comme « Mask singer », vous cultivez une relative discrétion. Pourtant, votre lien avec vos fans semble indéfectible…

    Larusso : Car j’ai grandi avec les gens. Quand je suis arrivée dans l’industrie musicale, j’étais toute gamine. Ils ont donc le sentiment que je suis la bonne copine. Ensuite, mon côté authentique, dans le sens où je n’essaie pas de me donner un genre ou de plaire à tout prix, ça joue également. Les gens voient bien que je suis juste une chanteuse, que je ne me prends pas la tête.

    Vous le disiez, vous étiez très jeune quand vous avez cartonné avec « Tu m’oublieras ». Est-ce qu’à titre musical, vous êtes nostalgique de cette époque ?

    Larusso : Bien sûr. Car l’offre musicale était bien plus variée qu’aujourd’hui. À l’époque, on allumait la radio, on entendait du rap, du RnB, de la variété française, des grandes voix, des morceaux d’été, du reggae, de la pop, du rock. Aujourd’hui, il y a plutôt des couleurs, dont il faut suivre les codes.

    On assiste actuellement à un retour en force des inspirations funk et soul. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    Larusso : J’en suis ravie. À partir du moment où les gens retournent à la source, ça ne peut que m’aller. La funk, la soul : là où on avait des musiciens qui jouaient avec nous et pas juste des machines.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

    www.lakermesse.fr/la-seyne-sur-mer

  • Nile Rodgers, légende vivante funky à Aix

    Nile Rodgers, légende vivante funky à Aix

    On l’écoute parfois même sans s’en rendre compte tant il se cache derrière un nombre de hits incommensurables. Le sceau d’un musicien qui collectionne les tubes et laisse durablement sa trace à travers les époques. We are family de Sister Sledge, Upside down de Diana Ross, Let’s dance de David Bowie, Like a virgin de Madonna, Get lucky des Daft Punk… un inventaire à la Prévert et une galaxie disco-funk au centre de laquelle trône Nile Rodgers, qui se produit vendredi 26 juin à l’Arena du Pays d’Aix dans le cadre du mini festival Rock en Aix. Une « légende vivante du groove » aux « 500 millions d’albums vendus » à travers le globe, ne s’y trompent pas les organisateurs de la manifestation.

    « Hitmaker »

    Producteur, auteur-compositeur mais avant tout guitariste hors pair, Nile Rodgers sera en concert à Aix aux côtés de son groupe de toujours, Chic. Chic, comme Le freak, c’est chic, ou encore Good times, ces morceaux ayant dès la fin des années 1970 imprimé la mémoire collective, des simples auditeurs comme des musiciens professionnels qui les ont samplés ou repris à leur sauce à l’infini. Comme son surnom l’indique, mais aussi le montant de ses droits à la Sacem, un « Hitmaker » que même les nouvelles générations ne sont pas près de finir à écouter.

    P.A.

    Places à partir de 61 euros. www.arenaaix.com

  • Brooklyn Funk Essentials embarque le groove au Cargo

    Brooklyn Funk Essentials embarque le groove au Cargo

    Brooklyn Funk Essentials est au funk ce que les Harlem Globetrotters sont au basket-ball. Pas forcément sous les projecteurs de la compétition, mais tout de même aguerri, un collectif de musiciens aux influences mondiales qui font valdinguer et vrombir les cordes de leurs guitares et basses de manière jubilatoire depuis plus de 30 ans.

    Fondé par le bassiste Lati Kronlud et le producteur Arthur Baker, ce groupe qui est en concert samedi 25 octobre au Cargo de nuit d’Arles, avait alors explosé à la face du globe avec l’album Cool and Steady and Easy, sur lequel figure le tube The Creator has a Masterplan, reprise vigoureuse du titre éponyme imaginé une vingtaine d’années plus tôt par le saxophoniste de jazz hallucinant, Pharoah Sanders. Sept opus depuis au compteur d’une carrière discontinue, les voilà de retour avec un nouveau morceau, avec la même recette du sample, cet art d’échantillonner une boucle sonore déjà existante : cette fois, à partir de Life During Wartime, que les rockers du groupe Talking Heads avaient sorti en 1979. Dopé à l’afrobeat injecté par les cuivres de Loïc Gayot, Ebba Asman et Jessica Pina, un son réarrangé qui démontre que Brooklyn Funk Essentials garde son amour du mélange des genres, en dépit d’une formation changeante au fil du temps, la chanteuse Alison Limerick ayant rempli avec succès la mission périlleuse de succéder à Shä-Kay. Comme le précisait le collectif en 2016, lors de ce changement, « une fonction qu’elle partage avec Desmond Foster, membre de longue date et guitariste du groupe ».

    « Funk cosmopolite »

    Mêlant soul, hip-hop, jazz et même musique house à leur cœur de métier, c’est-à-dire le funk, Brooklyn Funk Essentials garde la réputation de bête de scène. Une assurance parfaite depuis leurs débuts, le groupe ayant accompagné en tournée des légendes comme James Brown, Kool & the gang ou encore The Meters et Parliament-Funkadelic. « Une légende du funk cosmopolite », comme on veut bien aguicher du côté du Cargo de nuit, qui avait fait un retour remarqué en 2023 avec l’album Intuition, signe que le groove, c’est comme le vélo, on ne l’oublie jamais.

    Samedi 25 octobre à 21h30.
    22-25 euros. www.cargodenuit.com

  • Rock, funk et reggae ouvrent grand les Bouches-du-Rhône

    Rock, funk et reggae ouvrent grand les Bouches-du-Rhône

    Anciennement connu sous le nom de Tour du pays d’Aix, Terre de Provence amplifiée (TPA) revient sillonner chaque automne certaines salles de la région. Son credo, « mettre sur scène des amateurs, notamment issus du dispositif Class’EuRock, et professionnels. Nous avons choisi, outre des têtes d’affiche nationales et internationales, de mettre à l’honneur le travail des groupes du cru qui, loin d’être absents de l’actualité musicale, sont souvent relégués derrière le buzz », indique l’association Aix’Qui ?, aux manettes de ce festival dont la 27e édition s’élance ce vendredi 17 octobre au Portail Coucou, à Salon-de-Provence.

    Électrique

    Au programme de cette soirée placée sous le signe du rock, le groupe fondé à la fin des années 1970, Bijou, avec une première partie assurée au son garage des régionaux de l’étape, The needs et In a daze. Des concerts inauguraux augurant cinq autres rendez-vous autour d’autant de styles.

    Le lendemain, direction L’avant-scène à Aubagne, avec le pionnier du funk français, Juan Rozoff, dont la première partie sera assurée par les Marseillais de Rage Dogz. Le 24 octobre, place au reggae de Vanupié dans la salle des fêtes de Beaurecueil. La veille de la venue du guitariste blues Slim Paul à la MJC de Miramas. Dernière ligne droite de TPA les 31 octobre et 1er novembre aux Arcades d’Aix et à la Halle de Martigues, qui accueilleront respectivement le punk rageur de Guérilla poubelle et la chanteuse de ragga Soom T.