En fin d’après-midi, les familles affluent sur le port Renaissance. Toutes se dirigent dans la même direction : celle des tentes blanches dressées plus loin sur le quai. À Port-de-Bouc, les Sardinades sont une véritable institution populaire. Chaque année depuis 1988, de fin juin à début septembre, une dizaine de commerçants de l’association Promomer s’installent à proximité des bateaux de plaisance et proposent leurs mets aux visiteurs, qui peuvent les déguster en toute convivialité sur l’une des 150 tables mises à disposition.
Le succès des Sardinades dépasse largement les frontières de Port-de-Bouc. Avec 1 500 personnes accueillies en moyenne chaque soir, elles sont devenues un événement régional incontournable de l’été. Marie, une Marseillaise, vient immanquablement chaque année lorsque sa famille d’Orléans vient lui rendre visite. « Je les amène ici parce que l’ambiance en plein air est vraiment agréable. C’est vraiment typique du coin ! Et puis il n’y a que des bons produits, avec de la variété. » Entre pizza, paella, tajine, produits de la mer, dont, forcément, les sardines, chacun trouve son bonheur parmi les stands de la manifestation. Kris, lui, va systématiquement au même : celui de Thierry. Chaque année, ce Flamand de Gand vient passer une semaine à Port-de-Bouc et tous les soirs, il commande des moules frites chez son « copain de vacances ».
« On adore l’ambiance, explique-t-il avec enthousiasme. On n’a pas ça en Belgique, les grandes tablées, la musique, la vue sur le port… » Et puis, en France, « les produits de la mer sont deux fois moins chers ! »
Derrière les fourneaux, Thierry se réjouit de cette renommée, mais ne peut pas s’empêcher de remarquer la fréquentation en baisse. « Je crois que c’est comme tout ce qui se passe dans le pays, rien ne fonctionne comme il faut, déplore-t-il. Ça fait le plein nulle part pour la simple et bonne raison que les gens n’ont plus d’argent, donc ils réduisent les loisirs. » Mais le restaurateur reste optimiste : « Sans parler de pouvoir d’achat, même si je souhaite que ça s’améliore, il y a bien un moment où les gens vont avoir un peu plus d’envie d’être ensemble dehors. »

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