Tag: C’est l’été

  • [Week-end] Au camping les Auches d’Ancelle, soixante ans de tourisme alpin

    [Week-end] Au camping les Auches d’Ancelle, soixante ans de tourisme alpin

    « On vient ici parce que c’est familial et puis, on est des fans de rando, on passe la journée à la montagne ! » Pour Mme Roche, qui vient avec ses enfants puis ses petits-enfants, depuis plusieurs décennies au camping les Auches à Ancelle, les vacances d’été, c’est à la montagne. « Et puis de toute façon, à Marseille, on crame », soupire un de ses petits-enfants. Avec les chaleurs toujours plus nombreuses et plus intenses chaque été, les Hautes-Alpes, où les canicules demeurent moins sévères que sur le littoral, deviennent un véritable refuge estival. Pour les campings locaux, cela renforce une demande grandissante du public pour la saison estivale, là où, longtemps, l’hiver et ses sports de neige étaient le cœur de leur activité.

    Une évolution que Laure Pellissier, gérante du camping fondé par ses parents en 1968, a observée avec le temps. « Les quatre ou cinq premières années, le camping était seulement un caravaneige, ouvert uniquement l’hiver, puisque la station d’Ancelle était à son apogée. C’était une clientèle du littoral, de Marseille, qui venait installer la caravaneige à la Toussaint et montait tous les week-ends faire du ski jusqu’à Pâques », se remémore-t-elle. Au fil du temps, l’offre du camping s’est diversifiée, priorisant à partir de 2010 les « emplacements nus », pour les tentes, vans ou camping-car et les activités de nature. « Avant cela, il n’y avait pas la demande. Au début, les gens qui aimaient la montagne
    l’aimaient surtout solo. Aujourd’hui, ça se fait plus dans le partage et le panel d’activités possibles dans la vallée est énorme. En une semaine, on n’a pas le temps de tout faire
     », assure Laure. Une tendance que l’équipe du camping a bien identifiée, en partenariat avec les accompagnateurs du Champsaur, elle propose quatre randonnées par semaine incluses dans la réservation.

    L’appel de la nature et du portefeuille

    « Il y a un retour à la montagne depuis cinq, six ans c’est clair ! Et la canicule cette année nous a fortement aidés à avoir un taux de remplissage exceptionnel, affirme Laure Pélissier. J’ai envie de dire d’un côté merci à Instagram ! On a jamais vu autant de choses sur la montagne. Après, il y aura le revers de ça, forcément, on voit qu’il y a des gens qui viennent parce qu’ils ont vu des vidéos TikTok mais qui, clairement, ne sont pas prêts pour la montagne… »

    À cette tendance s’ajoute l’argument économique, la montagne en été est souvent moins onéreuse qu’en hiver. « Le modèle de la semaine au ski, du samedi au samedi, a pris un gros coup, maintenant c’est quatre-cinq jours, constate Laure. Cette tendance, honnêtement, c’est aussi une question de budget. On est en crise. » Là où une semaine en mobile home dans le Var oscille en général entre 700€ et 1 100€, la même durée coûte facilement 200 à 300€ de moins dans les Hautes-Alpes. Mais les deux destinations n’offrent pas les mêmes vacances. « En juillet, de 11h du matin à 16h l’après-midi, je suis seule dans le camping, les gens sont tous en activité en extérieur, rapporte Laure. Alors certes, il faut aimer la montagne et être un peu sportif. Chez nous, ce ne sont pas vraiment les vacances transat », prévient-elle.

  • [C’est l’été] Lecture : « Kaede et les secrets du passé »

    [C’est l’été] Lecture : « Kaede et les secrets du passé »

    Si vous êtes gourmands des enquêtes écrites à mi-chemin du roman à énigme, cher à Georges Simenon et Agatha Christie, et du polar « douillet », ce livre, assaisonné de références littéraires et cinémato-graphiques, a été mijoté pour vous.

    Calmann Levy, 19,90 euros.

  • [C’est l’été] La dernière d’« avant le soir » à Marseille

    [C’est l’été] La dernière d’« avant le soir » à Marseille

    Depuis le 6 juillet, les parcs et jardins du premier et septième arrondissement accueillent le festival « Avant le soir », celui-ci a donné rendez-vous aux Marseillaises et Marseillais tout au long de l’été pour une trentaine de soirées dédiés au théâtre. Au cours de ces 30 soirées, une dizaine de troupes ont pu se produire, avec des styles divers comme du théâtre musical, du cabaret théâtre ou encore des représentations de conte théâtral.

    Pour sa dernière représentation le vendredi 28 août, c’est le collectif du transbordeur, sur le thème du théâtre musical, qui clôturera l’évènement avec son spectacle La Ravanne de Daniella. Celui-ci est issu de l’adaptation du roman jeunesse éponyme d’Amarnath Hosany. Il aborde les questions d’égalité filles-garçons et de liberté d’être soi en mêlant théâtre, conte et musique « séga », français et créole mauricien.

    L’évènement, comme toutes les autres représentations qui ont pu avoir lieu, est totalement gratuit et accessible aux personnes en situation de handicap. Plus d’informations sont à retrouver sur le site de l’été marseillais.

    Louis Golliot

  • [Entretien] Nach : « La musique a été comme une espèce de premier langage »

    [Entretien] Nach : « La musique a été comme une espèce de premier langage »

    La Marseillaise : Comment vous êtes-vous lancée dans la musique ?

    Anna Chedid : J’ai baigné dans la musique depuis mon plus jeune âge, puisque, autour de moi, j’ai beaucoup d’artistes et notamment des musiciens dans la famille. Donc la musique a été comme une espèce de premier langage. Quand j’ai grandi, j’ai fait des études musicales, du chant lyrique, j’ai accompagné des artistes en tant que choriste et claviériste sur des tournées quand j’avais une vingtaine d’années. Finalement, j’ai écrit des chansons et j’ai commencé à sortir mes albums.

    Mon album est sorti en 2015 et depuis, je fais des tournées sous le nom de Nach. Et à côté de ça, je fais aussi de la direction musicale et je suis productrice. J’ai mon propre label, je produis mes projets.

    Avez-vous toujours voulu être musicienne ?

    A.C. : Non. Quand j’étais petite, je voulais être psychologue. J’ai toujours été intéressée par l’émotion et par comment la transmettre et la transformer. Donc le côté psychologique et émotionnel m’a toujours beaucoup plu. Pour moi, il y a tout un aspect thérapeutique dans le fait d’être artiste et de retransmettre des émotions.

    Comment s’est organisée votre venue au festival Au Top ?

    A.C. : Mon nouvel album sort en janvier et la tournée commence en février, donc c’est vraiment un concert qu’on va faire en exclu totale, avant la sortie officielle de ce projet. Je connais un peu Grégory Montel qui a monté le Top Festival avec ses amis à Digne. Il a entendu parler de ce projet électronique, qui est un aspect de ma musique qu’on ne connaît pas encore très bien, et qui allait bien dans ce festival parce qu’il y a une programmation assez électro. Donc il m’a proposé de venir présenter en exclusivité L’Âme électronique là-bas.

    Avez-vous un moment qui vous a particulièrement marquée dans votre carrière ?

    A.C. : Oui, c’est assez récent, c’était le 18 mars 2025. J’ai fait mon premier Olympia, avec Peau Neuve, mon album que j’ai produit toute seule, écrit, composé, réalisé d’une manière très indépendante. Et j’ai réussi, sans être dans une maison de disques, à faire mon premier Olympia. C’était vraiment mon rêve depuis que j’étais toute petite. D’avoir fait cette date, c’était pour moi un moment que je n’oublierai jamais.

    Est-ce que vous avez ressenti, au cours de votre carrière, que vous étiez ramenée à votre famille, vue comme la fille de, la sœur de ?

    A.C. : Oui. Mon père et mes frères Matthieu et Joseph l’ont ressenti aussi. Billie, la fille de Matthieu aussi. On est dans une famille d’artistes à chaque étage, on est nombreux à faire ce métier, à évoluer dans le même milieu artistique, donc c’est normal, on est comparés. Mais, quelque part, c’est plus une richesse. Chacun fait son histoire. On fait partie de la même famille, mais il y a autant de personnes que de carrières et de sensibilités. On ne touche pas exactement les mêmes publics, on n’a pas la même carrière, et on ne fantasme pas forcément sur celle des autres. Chacun est plutôt content. Nos carrières nous ressemblent profondément, donc il n’y a pas forcément de frustration de notre côté. Après, parfois, effectivement, on est attendus au tournant parce qu’on vient de cette famille. Mais bon, aujourd’hui, c’est plus trop une souffrance. Au début, je pense que c’est pour ça que j’ai choisi de ne pas utiliser mon nom de famille comme nom de scène. C’était une manière de m’émanciper un peu et de me dire « tu pourras créer ce que tu veux avec cet avatar ». Cela permet de changer d’identité et de faire de nouvelles expériences.

    Est-ce qu’on vous a déjà accusée d’être une nepo baby ?

    A.C. : Oui, bien sûr. Peut-être que c’est le cas. Je ne me pose pas trop ces questions-là, dans le sens où, pour moi, un artiste, c’est un artiste. Tout le monde est légitime d’être artiste, quel que soit son arbre généalogique. Un artiste qui a des choses à dire et qui a envie de partager des belles choses avec les gens, il trouve son public. Je ne sais pas si c’est plus facile ou plus dur. Je pense qu’on ne peut pas vraiment le quantifier, le savoir. Par contre, il faut rester humble, c’est dur pour tout le monde. Parfois, il y a des miracles pour des gens qui ne viennent pas du tout du milieu. C’est vraiment aléatoire. L’important, c’est d’être honnête, de faire des choses avec le cœur et avec humilité, quelle que soit notre histoire.

    Dates de la tournée à venir sur instagram.com/nachmusicofficiel

  • [C’est l’été] Petite balade sur la presqu’île de Saint-Mandrier

    [C’est l’été] Petite balade sur la presqu’île de Saint-Mandrier

    L’itinéraire : au départ du port de Saint-Mandrier, le sentier longe la côte en passant par le secteur de Pin Rolland, la plage de la Coudoulière et les anses successives, avant de revenir par les hauteurs boisées.

    La boucle, d’environ 10 km, est facile mais peut être écourtée ; certains secteurs militaires (Cap Cépet) restent fermés au public. La randonnée elle-même permet de découvrir la côte Sud et les beaux panoramas de la presqu’île de Saint-Mandrier-sur-Mer.

  • [C’est l’été] En mission avec l’équipage du Dragon

    [C’est l’été] En mission avec l’équipage du Dragon

    Le Dragon de la Sécurité civile est encore bâché en ce premier matin de juillet mais Michel Romani, copilote et mécanicien (MOB), est déjà sous l’appareil, aidé de Sébastien, secouriste chez les marins-pompiers, pour brancher le « bambi bucket ». Un gros sac de 800 litres, accroché à un long câble, qui s’ouvre et se ferme comme une corolle, et permet d’intervenir en cas d’incendie. Il s’agit ce jour-là d’aller le tester sur le plateau de l’Arbois dans le cadre d’un exercice avec les pompiers 13. « On l’a reçu il y a 15 jours, nous sommes les seuls à l’avoir avec Bastia » nous explique Thierry Cacherat, pilote, chef de base de Marignane et de la zone Sud. C’est lui qui a élaboré ce test avec le Détachement d’intervention héliporté des pompiers. L’idée : travailler de conserve pour transporter l’eau depuis la « berce » (un conteneur transportable par camion) jusqu’à un réservoir dans la colline. Même si, en pratique, le Dragon sert plutôt à la reconnaissance du commandement du centre opérationnel de zone pour évaluer le comportement du feu et à guider le largage des Canadairs. « On se pré-positionne, on allume le phare, ils nous voient et peuvent y aller » précise Thierry. De quoi gagner une à deux norias par heure, soit 24 tonnes d’eau.

    Mais il est temps de décoller. Trois boucles de contrôle récalcitrantes plus tard, c’est parti. Casque sur la tête, en dialogue permanent, MOB et pilote ne font qu’un. « Contact dans 5 mètres, tu peux reculer, c’est bon, je suis avec toi » indique Michel tandis que Thierry assure le vol stationnaire. Porte ouverte, le guidage se fait aussi visuellement. Passé l’atterrissage impeccable dans la garrigue et le brief avec les pompiers, c’est reparti pour l’entraînement. Le Dragon effectue des virages précis pour se positionner et remplir le sac. L’appareil des sapeurs lui, transporte le réservoir. Le tout dans un ballet impressionnant de dextérité. Thierry aux manettes, Michel à la porte, assis les jambes dans le vide. Le vent ne facilite pas la tâche. Durant plus d’une heure, les mouvements s’enchaînent. « On est en plein dans les turbulences avec un pendule, il faut calculer » commente Thierry.

    Faux départ

    Retour à la base. On retrouve là le reste de l’équipage du jour, Hugues, médecin militaire, un pro de la gestion de crise, et Nahiti, infirmier à l’AP-HM et sapeur-pompier volontaire. Le temps que pilote et MOB notent scrupuleusement leur compte rendu de vol, on se prépare à déjeuner… Ou pas. L’alerte est donnée, un arrêt cardiaque sur le port de Carro. En 15 minutes à peine, le Dragon redécolle. « Quel âge ? » s’enquiert Hugues qui prend des notes, « personne d’autre ne peut y aller, on va essayer de le sauver ». En vol, Nahiti prépare une seringue, Hugues a sorti le stéthoscope. Dans l’appareil règnent calme et concentration. L’hélico posé à deux pas de l’eau, l’équipe de secours saute à terre. La réanimation est « compliquée » nous détaille le médecin, où il faut faire avec les moyens du bord pour s’abriter du soleil et pouvoir intuber le patient dans une relative obscurité. Une « intervention de haute technicité » pour Hugues mais qui ne permettra pas de sauver le presque sexagénaire. Accepter de ne pas réussir à tous les coups fait aussi partie du job, « il se sera bien battu » estime-t-il. « Notre équipe est formée à travailler dans cet environnement particulier, le plus dur c’est d’être confronté à la détresse humaine » nous confie Thierry. Avec Michel, ils sont restés en retrait, disponibles pour transporter les appareils nécessaires.

    Le repas expédié, commence l’attente. « Il y a des jours où on n’arrête pas, d’autres où il ne se passe rien… » raconte Michel. Tout le monde suit avec attention les départs de feu, un peu partout. L’hélico des « copains du Var » a été appelé en renfort.

    18h. Nouvelle alerte, deux kayakistes en difficulté. Le Dragon passe en mode nautique, tout le monde en gilet de sauvetage. Une consigne : tirer sur la manette rouge si l’appareil s’abîme en mer, mais « seulement une fois qu’on est dans l’eau ». Rassurant. Un plongeur, déjà équipé, est embarqué au centre de secours de la Côte bleue. Tandis que le vent a forci, brinquebalant le Dragon, l’équipage, toujours zen, cherche des yeux les imprudents. Faux départ : un bateau de secours est déjà là. On n’aura pas le plaisir de se frotter aux vagues… Au retour, mauvaise surprise, l’électricité est coupée. Le vent qui forcit encore inquiète tout le monde. « Au-delà de 50 nœuds, on ne peut pas décoller » explique Thierry. À 21h, il faudra pousser les lourdes portes du hangar à la main pour rentrer l’hélico sur sa palette à roulettes téléguidée. Bien qu’indispensable au secours, la base ne dispose pas de groupe électrogène… Au loin, un énorme nuage de fumée obscurcit le ciel. Le feu a démarré à Rognac. Hugues, pompier volontaire sur la commune, se prépare à enchaîner sur une longue nuit…

  • [C’est l’été] Grande soirée des jeux vidéo à la médiathèque de Martigues

    [C’est l’été] Grande soirée des jeux vidéo à la médiathèque de Martigues

    « Ça me tient à cœur de pouvoir mettre un point final à l’été en proposant un rendez-vous qui rend l’accès au numérique gratuit et facile pour tous », confie Jean-Emmanuel de Micas, porteur du projet de la soirée gaming, organisée ce vendredi soir. Cet événement gratuit, porté par les Espaces Publics Numériques (EPN) en partenariat avec le Fablab de la Ville de Martigues et en collaboration avec la médiathèque Louis Aragon, propose une soirée autour du jeu et de la culture numérique.

    Petits et grands pourront se retrouver à la médiathèque Louis Aragon, dès 18h, pour jouer à des jeux vidéo, des jeux de société et faire des karaokés. « Les plus jeunes auront accès aux jeux vidéo actuels, les parents pourront retrouver ceux de leur jeunesse, notamment des jeux vidéo des années 1980-1990, et les montrer à leurs enfants, toute la famille et les amis pourront aussi se réunir autour de jeux de plateau (jeux de cartes, jeux de société) », détaille le porteur du projet.

    En savoir plus

    sur le monde du jeu vidéo

    « La société Pixelan, partenaire du projet, propose aussi une activité physique avec des dalles lumineuses au sol, où il faudra appuyer sur celles qui s’allument », ajoute-t-il. Tout au long de la soirée, des animations sont prévues, avec notamment un tournoi de jeux de foot. À l’étage, un stand proposera des quiz et un karaoké.

    La collaboration avec la médiathèque Louis Aragon permet aussi de proposer une conférence animée par Enzo Russo. « C’est un game designer, son métier c’est de réfléchir en amont à la manière dont on joue à un jeu. Grâce à son expérience, il va pouvoir expliquer et transmettre son savoir au cours d’une présentation, puis répondre aux questions du public », explique Jean-Emmanuel de Micas. La conférence prévue à 19h, « permet aussi aux jeunes de se projeter dans un métier et d’avoir un exemple de parcours pour y arriver ».

    « C’est un projet qui a ses défis, mais il me tient à cœur. On va d’ailleurs désormais proposer une soirée par trimestre, la prochaine est le 30 octobre », conclut, Jean-Emmanuel de Micas ravi.

    Gabrielle Cartellier

  • [C’est l’été] À Marseille, les jeudis, tango nocturne place de l’Opéra

    [C’est l’été] À Marseille, les jeudis, tango nocturne place de l’Opéra

    À Marseille la référence majeure, c’est depuis le début des années 1990 la place de l’Opéra. Pionnière pour sa création en novembre 1989, l’association les Trottoirs de Marseille actuellement présidée par Michel Raous avait obtenu l’autorisation de la mairie pour investir cet espace. Installer la sono, des tables conviviales pour les pauses et les rafraîchissements est une évidence de l’été : excepté pendant la Covid, cette tradition s’est rarement interrompue.

    Pour les balades urbaines, une danse idéale.

    Jeudi 13 août, 80 ou 100 danseurs, les couples se succédaient. Olga Chalica, DJ venue d’Alicante, accompagnait les séquences. Cinq ou six couples « meilleurs » que d’autres donnaient le ton de la soirée. Les danseurs pensent avec leur corps et ne savent pas exactement de quoi ils sont capables. Leur ressenti, ce peut être un sentiment brusquement intense, un mystérieux mixte d’intimité, de technique et de musicalité. Chacun connaît sa grammaire personnelle tout en restant à l’écoute des intuitions et des mouvements d’autrui. Talons hauts et jupes fendues ne sont pas fréquents. Point de machisme abusif, la domination masculine et le consentement féminin s’estompent. Presque aussi souvent que les hommes, les femmes font les premiers pas pour changer de partenaire. Dans de nombreuses configurations, le guide du couple est à présent une femme. Des couples queer, hommes et femmes viennent volontiers danser. Dans un récent article, le sociologue marseillais Christophe Appril a raconté cette évolution.

    Chez tout danseur de tango on peut approcher une partie de son histoire. Chercheur au CNRS, Michel Raous affectionne dans les textes de tango une exagération proche du meilleur humour. Lily estime que sans tango, sa vie n’aurait pas la même saveur. Par ailleurs requise par la photographie, Estelle Doehr a voulu approfondir les amitiés et les rencontres que lui procura cette danse en animant avec d’autres, entre 2005 et 2011, l’association Rue du Tango. Elle a produit des milongas en compagnie de la géographe Élisabeth Dorier qui a inventé pour les danseurs des itinéraires pas du tout conventionnels, du côté du Racati, de Saint-Barnabé ou bien de Gèze.

  • [C’est l’été] Manosque plage de retour au parc de Drouille

    [C’est l’été] Manosque plage de retour au parc de Drouille

    Chaque après-midi, de 14h30 à minuit, petits et grands peuvent profiter d’un espace de loisirs en plein air, aménagé pour clôturer l’été dans une ambiance festive.
    De nombreuses animations sportives sont proposées gratuitement à cette occasion, avec notamment un château gonflable et un taureau mécanique. À partir de la fin de journée, place à la musique avec une programmation qui fera danser le public jusqu’à minuit. Ce jeudi, ce sera un concert du groupe Gipsy Fantasia et de Dj Thomas (années 80). Un apéro musical commencera à partir de 19h30.

  • [C’est l’été] La ligne des Alpes à l’aube du renouveau

    [C’est l’été] La ligne des Alpes à l’aube du renouveau

    À 8h30, lorsque le train quitte la gare de Briançon, à 1 300 m d’altitude et s’élance à travers la vallée de la Durance dans la fraîcheur du matin, nul besoin de roman ou de série, le spectacle se déroule derrière les larges vitres du TER. Aux cimes qui culminent à plus de 3 000m du massif des Écrins, succèdent les écluses et méandres de la Durance. Dans les allées, on voit de nombreux randonneurs aux sacs à dos chargés, la tête enfouie dans leurs bras croisés, rattraper une nuit de montagne pas tout à fait complète. Beaucoup sont des touristes intrarégionaux, comme Sam, venu de Marseille pour arpenter la montagne : « Je suis arrivé il y a quatre jours à Briançon. De là, j’ai randonné en Italie et je suis revenu par le Queyras, en prenant le train à Guillestre. Là, je fais un saut à Décathlon à Gap pour acheter des chaussures puis je prends le bus pour Barcelonette. C’est super chouette ! Moi, je fais sans voiture, je n’en veux absolument pas ! »

    La ligne est presque une activité en soi, tant elle chemine entre les sites spectaculaires à explorer dans le département. « Par exemple, en train, on a plusieurs tunnels successifs, un coup on découvre la Durance, un coup on découvre autre chose, alors qu’en voiture sur les rampes de l’Argentière, on va passer complètement au-dessus, témoigne Vincent Guazzi, directeur de la ligne pour la SNCF. Quand on part de Marseille, du littoral et qu’on arrive à Briançon, la ville la plus haute de l’Union européenne, ça fait quand même de sacrés changements. » Côté négatif, un chemin de fer de haute montagne est plus complexe à exploiter. « Il n’y a qu’une seule ligne, donc si un train a du retard pour arriver à son point de croisement où l’autre train l’attend, ça fait qu’en cascade, les retards peuvent vite augmenter », explique-t-il.

    À Embrun, un petit garçon, accompagné de sa mère, a même le droit de visiter brièvement la cabine du conducteur. « Vous voyez, on ne voit pas ça partout. Les agents qui travaillent sur cette ligne y sont très attachés », commente Vincent Guazzi. Passé Embrun, le lac de Serre-Ponçon offre à la vue ses eaux bleu turquoise dominées par le pic Morgon baignant dans la lumière encore timide du soleil matinal. À bord, Malika, Embrunaise, emmène ses deux garçons chez le coiffeur à Gap. « C’est plus agréable que la voiture et c’est surtout moins cher, rappelle celle-ci. C’est pratique, mais par contre quand il faut aller à Marseille, c’est long, c’est plus de 4 heures… »

    Avant les JO, un an et demi de chantier

    Pour rallier Marseille et la mer Méditerranée, il faut en effet compter en moyenne 4h53, une durée que l’État, la Région et la SNCF ont promis de raccourcir à 3h40 d’ici 2030. Car la ligne des Alpes vit peut-être son dernier été sous sa forme actuelle. En 2027, des travaux à hauteur de 327 millions doivent débuter pour l’adapter à l’arrivée des JOP d’hiver 2030. Avec, à la clef, la promesse d’une ligne rénovée à hauteur des besoins du territoire.

    Un défi sur lequel les élus se savent attendus. « Les travaux pour les JO 2030 permettront d’avoir des conditions considérablement améliorées, des trains plus souvent et plus rapides. Ceci doit être complété par des parkings à proximité des gares, on travaille aussi avec la SNCF pour avoir plus d’abris vélo, il y a une demande forte à ce niveau, constate Chantal Eymeoud, maire d’Embrun et 2e vice-présidente de la région Paca. La population des Hautes-Alpes attend aussi qu’on désengorge les flux routiers, surchargés pendant l’été et l’hiver. Sur l’axe Briançon-Tallard, on a des kilomètres de bouchon durant les week-ends de neige. » Pour voir advenir cette nouvelle ligne, il faudra passer par une période délicate. De 2028 à 2030, pendant un an et demi, plus aucun train ne circulera sur la ligne des Alpes. « On travaille avec le conseil régional pour mettre en place une desserte de substitution avec des bus. En sachant qu’il y aura aussi d’importants chantiers sur les routes, ça va être un an et demi-compliqué, concède Vincent Guazzi. Mais c’est un mal pour un bien. »