Tag: proximité

  • À Port-de-Bouc, la Régie a obtenu le label des régies de quartier

    À Port-de-Bouc, la Régie a obtenu le label des régies de quartier

    « Nous avons obtenu le label Régie de quartier mardi, c’est l’aboutissement de plus de deux ans de travail » se réjouit Renaud Barbe, directeur de la désormais Régie –de quartier– de Port-de-Bouc. Pour cette journée portes ouverte de mercredi, l’association a invité ses partenaires et financeurs institutionnels à venir visiter son QG, depuis peu situé dans d’anciens ateliers municipaux rénovés par les salariés eux-mêmes.

    « Notre action s’en tient à 4 piliers fondamentaux, l’économie réelle avec une vraie cadence et de gros marchés publics, l’insertion et le lien social de proximité, la citoyenneté dont le but est la participation active des habitants à l’amélioration du cadre de vie et l’écologie, dont nous sommes pionniers sur le territoire avec notre centre de tri » détaille le directeur.

    Sociale et écologique

    Ce « centre de tri » dont parle Renaud Barbe s’observe dès l’entrée, où un demi-conteneur standard est stationné. « De janvier au 31 août, nous avons récupéré et recyclé 200 tonnes de mobilier, c’est presque 1,5 tonne par semaine pour les déchets électriques et électroniques » indique le directeur.

    C’est là toute l’articulation sociale et écologique : cette structure financée par l’État, la Métropole, la Ville et les bailleurs sociaux emploie 17 opérateurs de quartiers, chargés entre autres de récupérer les encombrants dans les espaces extérieurs et intérieurs des logements sociaux. Ces encombrants sont transférés aux éco-organismes chargés du recyclage. « C’est financé par l’éco-contribution que l’on paye lorsqu’on achète un meuble ou un électroménager » précise le directeur.

    « Nous sommes fiers de voir cette structure d’insertion grandir, prendre de l’ampleur et accompagner les demandeurs d’emploi » observe le maire (PCF) Laurent Belsola, lors de sa visite. « Sur ses deux jambes, l’entretien de notre cadre de vie et la médiation urbaine, la Régie répond aux besoins quotidiens et d’insertion de notre population » complète l’édile, considérant que la Régie renforce « l’égalité républicaine ».

  • [En direct] Les lycéens descendent dans la rue pour l’acte V

    [En direct] Les lycéens descendent dans la rue pour l’acte V

    Après deux manifestations ayant réuni près de 50 000 personnes, le rendez-vous s’annonce encore très suivi ce mardi.

    7h33 : À Toulon, les lycéens sont prêts devant le lycée Bonaparte. Bonne ambiance et détermination ce matin. Malgré les tentatives de dissuasion les lycéens sont parvenus à se poster devant la porte du lycée Bonaparte.

    7h45 : Devant le lycée Langevin de Martigues, un groupe d’une vingtaine lycéens tente un nouveau blocage. À peine quelques barrières et poubelles posées contre l’entrée que le Groupe de sécurité de proximité de la police nationale intervient pour débloquer, peu avant 8h.

    8h15 : Une centaine de lycéens sont mobilisés dans le calme ce matin devant le lycée Mistral à Avignon. L’établissement n’est pas bloqué. Les jeunes ont pour projet de rejoindre les étudiants qui bloquent la fac.

    8h55 : Ça y est, la manifestation vient de partir, le cortège est à présent sur le boulevard de Strasbourg à Toulon

    9h : Environ 130 personnes, dont beaucoup d’adultes, syndicalistes, professeurs et parents d’élèves, sont rassemblés devant le lycée Alexandra David Néel à Digne-les-Bains. « Sortez, sortez ! » « ne nous regardez pas, rejoignez- nous », interpellent les manifestants devant le lycée, alors que la mobilisation est affaiblie.

    9h01: À Avignon, les lycéens arrivent devant l’Université en chantant «Plus de places à la fac pour pas finir à la bac.» Face à face tendu devant une seconde entrée de la fac d’Avignon où étudiants et forces de l’ordre se font faces.

    9h10 : Le cortège composé de l’intersyndicale, les professeurs, les lycéens et les étudiants arrive à présent à la hauteur de la symbolique, place de la liberté à Toulon. Il se dirige vers le lycée Dumont d’Urville.

    Les lycéens manifestent dans la bonne humeur, sur la musique des gilets jaunes, devant le lycée Alexandra David Néel à Digne.

    9h13 : Sciences Po Aix de nouveau bloquée ce matin. Les étudiants se préparent pour la mobilisation de 11h.

    Une soixantaine de personnes mobilisées à Gap devant le lycée Aristide Briand, dont beaucoup d’adultes. Pas de blocage, pas de pancarte. Le cortège va bientôt partir vers le centre-ville.

    9H35 : À Martigues, la police municipale a bouclé l’avenue du docteur Fleming, aux abords du lycée Paul Langevin

    9h30 : Au siège du journal La Marseillaise, une classe de seconde est accueillie pour la conférence de rédaction quotidienne dans le cadre de son projet « d’éducation aux médias». Les élèves sont accompagnés par Nadia Spire, professeur documentaliste et Evelyne Brunet-Berger, leur professeur d’ Histoire Géo EMC.

    9h50 : Ambiance DJ, petit déjeuner, jeux devant l’IEP d’Aix . Une AG rassemblant plus de 150 personnes, tenue hier sur le parvis de Sciences Po, a permis d’établir ce nouveau format de mobilisation. «On a voulu changer nos modes de mobilisations pour plaire a un plus grand nombre», rapporte Gabriel, pour le Collectif Sciences Po Aix en Lutte. Un panneau «Solidarité» est affiché sur la porte de l’IEP. Le soutien aux mobilisations lycéennes sont toujours au cœur du mouvement.

    10h : À Gap, les lycéens appellent les élèves du lycée Dominique Villars à les rejoindre. «C’est un peu un flop aujourd’hui», admet un lycéen.

    10h35 : À Marseille une battle d’aura s’est organisée sur le square des Réformés avant le départ de la manifestation. Le cortège va s’élancer sur la Canebière en direction de la Porte d’Aix. Déjà beaucoup de monde sur place.

    « C’est la place des parents d’élèves d’être dans les manifestations. On est là pour encadrer, accompagner. On soutient les revendications des lycéens car on les a aussi : Si aujourd’hui on en est là, c’est que quelque chose cloche », explique Christophe Merlino, président de la FCPE 13. Son organisation est présente dans le cortège marseillais avec une banderole

    10h54 À Marseille, le cortège s’élance sur la Canebière.

    10h57 : À Martigues, le cortège de lycéens s’élance du lycée Jean Lurçat vers la place Jean Jaurès. India, une élève en bac pro, témoigne : « Il faut nous écouter, c’est notre santé mentale qui est en jeu. »

    Le cortège vient d’arriver devant le lycée du Parc St Jean, à Toulon.

    11h : Changement de programme à Martigues : le cortège remonte finalement en direction du lycée Jean Lurçat pour aller chercher leurs camarades qui bloquent l’établissement

    11h25 : À Aix, une dense foule se rassemble sur le parvis de la Rotonde, en attendant le départ.

    11h27 : Parmi la foule, Nao, lycéen, fait tourner une cagnotte. «Il y a une coordination nationale lycéenne qui a été crée. Le 18 octobre, une délégation sera envoyée sur Paris pour continuer la mobilisation, pendant les vacances, pour que la lutte ne s’essouffle pas». Les fonds récoltés permettront notamment de financer les billets de train.

    11h36 : Le président de l’université d’Avignon George Linarès est allé à la rencontre des étudiants. « Soutenez nous et venez avec nous. Vous ne vous mouillez pas » lance un étudiant. « Chacun a son rôle et moi je porte votre parole » répond le président sans convaincre la centaine de manifestants toujours présents.

    11h39 : À Manosque, des lycéens doivent rencontrer le maire, Camille Galtier (DVD), en mairie, après des échanges tendus et les annonces de sanctions de l’édile.

    11h43 : À Marseille, un énorme cortège qui rassemble lycéens, étudiants et travailleurs à Marseille avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants selon les premiers calculs des syndicats.

    « Le sens de notre présence aujourd’hui c’est de permettre à la jeunesse de s’exprimer et de porter des revendications que l’on trouve juste. Pas besoin d’être syndicaliste pour être contre Parcourssup : c’est une usine à inégalité, c’est du stress pour les enfants comme les parents », explique Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, alors qu’il bat le pavé marseillais avec les lycéens ce mardi.

    Un minot largement applaudi par les manifestants sur le boulevard des dames à Marseille.

    12h27 : A ce stade de la mobilisation, la police annonce 1200 manifestants à Aix-en-Provence.

    12h45 : Prise de parole à la porte d’Aix à Marseille pour la fin de la manifestation. « On est au début de quelque chose de grand. Le mouvement ne s’essouffle pas, on est plus nombreux que la dernière fois », lance Eustache pour l’organisation le poing levé.

    15h10 : À Avignon, le cortège des lycéens, étudiants et de l’intersyndicale s’élance vers la direction académique. Un millier de personnes défilent.

  • À Istres, Robin Prétot face aux tracas du quotidien dans les quartiers

    À Istres, Robin Prétot face aux tracas du quotidien dans les quartiers

    Un petit rassemblement se forme sous les pins du Ranquet. Les habitants s’agglutinent autour de Robin Prétot et des services municipaux et métropolitains. C’est dans ce quartier du sud de la ville, situé entre la D5 et l’étang de Berre, que le maire a choisi de débuter sa tournée de proximité.

    Chacun y va de sa revendication. Une riveraine s’inquiète du débroussaillement, qu’elle estime insuffisant au regard des incendies qu’a connu la France cet été. « On intervient chaque année pour 40 000 euros », répond un technicien de la Métropole, qui se dit à l’écoute de toute sollicitation, mais rappelle la complexité de la tâche due à la juxtaposition de domaines privés et publics. Un autre réclame des ralentisseurs. Une troisième une remise à niveau de la voirie. « À l’origine, le Ranquet était habité par des gens à la saison. Aujourd’hui, on vit tous ici à l’année, mais les routes n’ont pas suivi », fait-elle remarquer. Robin Prétot promet de « voir avec la Métropole pour les nids-de-poule ».

    « Ça nous permet de reconnecter avec la population. Il faut faire le tri des demandes, chacun a son intérêt particulier à défendre, il faut qu’on garde en vue l’intérêt général », glisse le maire, qui veut avoir un discours de vérité auprès de ses administrés sur les finances de la Ville. « J’ai des demandes qui relèvent de la propreté et des espaces verts. La commune est étendue, les moyens se réduisent et il y a eu le transfert vers la Métropole. Nous, on a quatre agents. Il faut dire aux gens pourquoi c’est aussi long et compliqué. » L’écoute a déjà fait ses preuves au Ranquet : cet été, la majorité a demandé à la police municipale de sécuriser la descente en période estivale. « Ça a fait toute la différence », félicite une riveraine.

  • Ollioules : opération coup de poing de la CGT à Carrefour

    Ollioules : opération coup de poing de la CGT à Carrefour

    Préparée dans le plus grand secret – le lieu ayant été précisé au dernier moment à la presse – pour que l’électrochoc fonctionne à plein régime et éviter aussi que la direction ne vienne mettre des bâtons dans les roues, la mobilisation s’est déroulée dans une parfaite fluidité. Entrés sans encombre dans le magasin dès 9h, les manifestants ont défilé dans l’allée centrale de l’hypermarché, arborant drapeaux et chasubles de la CGT. Une centaine de salariés de l’enseigne sont venus inviter leurs collègues d’Ollioules à les rejoindre dans le combat pour défendre leurs droits et leurs intérêts.

    Dans sa prise de parole, le délégué syndical Patrick Aitaissa a dénoncé la stagnation des salaires, la réduction des effectifs et les conséquences des conditions de travail sur la santé des salariés, en rappelant les milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés par Carrefour. Histoire d’insister sur le décalage entre les résultats de l’entreprise et leur pouvoir d’achat.

    « Qui fait tourner les magasins ? Nous, les caissières, les employés libre-service, les boulangers, les bouchers, les manutentionnaires, les agents de sécurité... », martèle le responsable syndical. Et de poursuivre : « Les prix du loyer, de l’énergie et du caddie explosent. Et nos fiches de paie n’avancent pas. »

    La CGT pointe ensuite les responsabilités. À commencer par celle de la direction. Le syndicat l’appelle à respecter la clause de revoyure prévue dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO), estimant que celle-ci doit permettre une évolution des salaires lorsque l’inflation augmente. « Quand l’inflation dérape, les salaires doivent suivre. Ce n’est pas une faveur, c’est un engagement », rappelle Patrick Aitaissala en demandant donc son application.

    Autre sujet mis en avant lors de cette mobilisation : les conditions de travail. La CGT dénonce « des effectifs réduits à l’os pour faire tourner le magasin » et des cadences qui épuisent et pèsent directement sur la santé des salariés. Mais aussi des changements de planning de dernière minute et les dimanches imposés.

    La CGT estime d’ailleurs que les alertes, lancées par les salariés concernant la sécurité et la souffrance au travail, ne sont pas suffisamment prises en compte. Et cerise sur le gâteau : des licenciements pour inaptitude, selon le syndicat, venant récompenser les loyaux services une fois les corps abîmés.

    Un autre rapport de force

    La mobilisation a en effet également porté sur le devenir de ces salariés confrontés à des problèmes de santé liés à leurs conditions de travail.

    « Nous exigeons l’arrêt de ces licenciements, plus de 3 200 depuis 2018 au sein de Carrefour, et le respect de l’obligation de reclassement », a déclaré le représentant syndical. Et d’évoquer selon lui le cas d’une ancienne salariée du magasin d’Ollioules, qui en a elle-même fait les frais après avoir été confrontée à des problèmes successivement aux deux épaules ayant entraîné plusieurs mois d’arrêt de travail.

    Dans ses communications institutionnelles, Carrefour met en avant un « dialogue social constructif et régulier » ainsi qu’une politique de « prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail ».

    Les inquiétudes relatives aux évolutions annoncées ou envisagées au sein du groupe, notamment la location-gérance et la franchise, ont également été exprimées. Avec à la clé, encore « moins de droits, moins de garanties, moins de protections » et la remise en cause des conquis sociaux. « On est là aussi pour dénoncer la stratégie de notre PDG, Alexandre Bompard, qui finalement, lui, se prend 19 000 euros par jour et nous augmente de 0,9%, alors que la plupart sont payés juste un peu au-dessus du Smic », poursuit Céline Arnaud, la déléguée syndicale nationale adjointe CGT Carrefour Hypermarché. Et de poursuivre : « C’est un rentier, pour gagner toujours plus d’argent, il loue ses magasins et sépare de la masse salariale. »

    La CGT a aussi mis en cause certaines pratiques syndicales. « Le syndicat maison est ici bien en place et maltraite les travailleurs de ce magasin », condamne la responsable cégétiste, qui affirme par ailleurs : « Ici, si tu n’as pas ta carte à ce syndicat, tu n’as pas de tire-pales électriques et tu t’exploses le dos avec un tire-pales manuel. » Une proximité avec la direction et des prises de position jugées indignes d’une organisation syndicale, blâme la CGT. Elle invite donc les salariés à « se réveiller » et voter aux prochaines élections professionnelles en leur faveur.

    Une démonstration bien accueillie qui pourrait porter ses fruits. D’ici là, CGT promet d’aider les salariés à s’organiser.

  • À Toulon, une nouvelle organisation pour les conseils de secteur

    À Toulon, une nouvelle organisation pour les conseils de secteur

    C’est un élément peu connu des habitants, et pourtant obligatoire dans toutes les communes de plus de 80 000 habitants depuis 2002. Instance consultatives et participatives, ni organes exécutifs, ni réunions d’information, les conseils de secteur ont été conçus à Porto Alegre, au Brésil, dès 1989, pour favoriser la justice sociale. Exportés au début des années 2000 en Europe et en France, ils ont vocation à créer du dialogue entre élus et citoyens. Ils offrent à ces derniers la possibilité de s’impliquer dans leur vie de quartier, en proposant et débattant des projets. « De la même façon que nous demandons aux enfants de rêver leur cour de récréation, nous invitons les Toulonnais à imaginer leur quartier », illustre la maire de Toulon Josée Massi.

    Cette dernière a désiré repenser intégralement la constitution de cet outil. Dès avril, elle a chargé son adjointe à la démocratie de proximité, Corinne Jouve, de tabler là-dessus. Premier changement : un redécoupage des secteurs, passés de dix à cinq (nord-ouest, nord-est, ouest, centre et sud), avec des quartiers « regroupés par cohérence de projets mais aussi par rapport aux besoins spécifiques des habitants », détaille la maire de Toulon.

    Un budget de « plusieurs millions d’euros »

    Un appel citoyen a ensuite été lancé. 807 habitants, associations et commerçants y ont répondu. Les conseils ont ensuite été déterminés par tirage au sort, chacun d’eux étant dirigé par un adjoint de secteur, avec, en leur sein, un élu (y compris d’opposition), un habitant, un membre d’un comité d’intérêt local (CIL) et un représentant associatif ou commerçant.

    Ils démarreront leur mission dès janvier, et ce jusqu’à la fin du mandat municipal en cours, et se réuniront a minima deux fois par an, en janvier et en juin. Leur fonctionnement sera régi par une charte. « Chaque membre s’engage à œuvrer pour et dans l’intérêt général de la ville, du quartier et de ses habitants. Il doit faire preuve de civisme, d’exemplarité et d’assiduité », explique Corinne Jouve. Les conseils de secteur disposeront d’un budget global de « plusieurs millions d’euros » sur la durée du mandat, afin « de réaliser des projets proposés et débattus au cours des séances de travail annuelles après études de faisabilité technique, juridique et financière », ajoute l’adjointe à la démocratie de proximité.

  • [Entretien exclusif] Martine Vassal : « Je veux rétablir mon honneur et la vérité sur la Métropole »

    [Entretien exclusif] Martine Vassal : « Je veux rétablir mon honneur et la vérité sur la Métropole »

    La Marseillaise : Vous êtes restée dans une forme de réserve sur la Métropole depuis que vous en avez quitté la présidence. La situation financière de l’institution fait couler beaucoup d’encre. Pourquoi prendre la parole aujourd’hui ?

    Martine Vassal : Après l’avis de la Chambre régionale des comptes sur les finances de la Métropole, la publication de l’audit financier de la RTM m’autorise aujourd’hui à une petite mise au point après six mois de silence. Quand j’ai quitté la présidence de l’institution, le budget était prêt, il restait à faire des arbitrages pour répondre aux besoins de financement. Il n’y a jamais eu de « trou » dans les finances de la Métropole. Il y avait un pacte financier et fiscal qui avait été établi et qui se terminait en 2026. Il fallait effectivement le renouveler. Le besoin de financement sur les transports était annoncé depuis 2022. Le préfet lui-même a indiqué que la Métropole était loin d’être en faillite. Lors des dernières séances, Nicolas Isnard mais aussi Benoît Payan et Sophie Joissains ont dit haut et fort qu’il n’y avait pas de problématiques financières de l’ancienne gouvernance. Le déséquilibre financier de 144 millions, ramené à 118 millions, cela représente une somme conséquente mais sur un budget de 5 milliards ce sont des arbitrages que l’on doit faire. Il ne faut pas oublier que pendant deux années, nous avons désendetté la Métropole de 208 millions quand même. Je revendique d’avoir laissé un outil solide, parfaitement en capacité d’agir sur la totalité du territoire métropolitain. C’est à l’exécutif actuel qu’incombe de prendre désormais les bonnes décisions. Je suis en soutien de Nicolas Isnard depuis que j’ai déclaré que je ne voulais plus être présidente de la Métropole. Je suis à ses côtés. On est chacun dans nos compétences et nos responsabilités. Le Département sera au côté de la Métropole comme il l’a toujours été. Que certains tentent de faire de la politique politicienne pour essayer de mettre des coins entre lui et moi et entre nos institutions, c’est peine perdue. Au début il y a eu un problème Gaudin-Joissains, après ça a été un problème Vassal-Payan maintenant ce serait Isnard-Payan. Il ne faut pas de problèmes de personnes, rester sur les projets et l’intérêt des habitants.

    Qu’avez-vous justement à dire
    à la population qui est un peu sidérée que la Métropole n’arrive pas à voter un budget
     ? Comment expliquez-vous la situation ?

    M.V. : J’ai laissé un outil en état de fonctionnement, la bonne preuve c’est qu’à la fois la Chambre régionale des comptes, le préfet et les différents maires le disent. Ce n’est pas mon style de partir en claquant la porte et en ayant cramé la caisse. Je ne suis plus responsable des décisions prises à la Métropole. Je le redis : ce n’est pas un problème de personnes mais d’institution. Je sais que rien n’est facile parce que je suis passée par là. C’est une jeune institution, née dans la douleur. Aujourd’hui on paye les difficultés rencontrées à sa naissance. On a intérêt à trouver des solutions, il y a des enjeux d’emploi, d’attractivité, de proximité. Ceux qui trinquent ce sont les habitants et le territoire. C’est pour cela que, bien avant les municipales, j’avais dit mon souhait d’aller vers un acte III de la Métropole.

    Benoît Payan prédit une année 2027 apocalyptique pour
    la Métropole. Craignez-vous
    son explosion
     ? Avez-vous une recommandation pour l’éviter ?

    M.V. : Non. Je tourne une page, je suis en soutien. J’assumerai mon rôle en tant que présidente du Département mais je n’ai de leçons à donner à personne. Les choses ne sont jamais faciles. Ce que je dis aujourd’hui, c’est pour rétablir mon honneur et la vérité. Je suis fière de tout ce que nous avons accompli. Quand je suis partie la Métropole fonctionnait, il y avait ce besoin de financement connu de tous dès 2022. Il n’y a pas de surprise. Il y a maintenant des décisions politiques à prendre. Ensuite, il faut une loi pour modifier le périmètre métropolitain. Ça n’arrivera pas avant mars 2027.

    Faut-il augmenter la fiscalité pour trouver les ressources manquantes ?

    M.V. : Je ne veux pas que la population ou les entreprises trinquent au niveau des impôts. C’est la raison pour laquelle je me suis abstenue sur l’augmentation de la cotisation foncière des entreprises (CFE) et la suppression de l’exonération pour les nouvelles entreprises. Certains ont peut-être interprété mon vote différemment. Au lieu de faire de la politique politicienne à deux balles, ils feraient mieux de faire des propositions concrètes dans toutes les institutions où ils sont élus. Les gens ont des difficultés de fin de mois, le prix de l’essence explose, le prix du chariot est devenu monstrueux. Au niveau de l’État, on nous dit qu’on va faire des sacrifices sur les retraités mais derrière, on ne nous parle pas de faire des économies sur les dépenses pour arrêter le tonneau des Danaïdes.

    La fusion Métropole-Département pourrait-elle apporter une solution ?

    M.V. : Non, nous avons des compétences complètement différentes. L’acte III de la Métropole tel que je l’imagine, c’est une simplification des dispositifs, le retour de la proximité au plus près de l’habitant. Toute modification nécessite une évolution législative. Les élections de 2027 vont changer le paysage. J’ai hâte de voir ce que les différents candidats vont proposer pour que les élus locaux soient enfin respectés. On reçoit des directives d’en haut, de Paris, parfois plus fortes que celles que l’Europe nous impose et nos propositions restent lettres mortes. Nous ne sommes ni écoutés, ni entendus. Ce n’est plus acceptable.

    Vous aviez annoncé une révolution des transports mais Samia Ghali, nouvelle présidente de la RTM, met en garde contre le possible abandon du tram de la Belle de Mai pourtant structurant pour Marseille. Quelle est votre réaction ?

    M.V. : C’est bien dommage. Je pense que la mobilité est une des compétences de la Métropole sur laquelle il faut le plus miser. L’audit de la RTM montre qu’elle fonctionne normalement, comparativement à tout ce que j’ai pu entendre. Quand on voit les problématiques de déplacements des personnes, quand on s’aperçoit qu’aujourd’hui certains restent à la maison parce que la sauce leur coûte plus cher que le poisson, je pense que ce n’est pas sur ce sujet qu’il faut faire des économies. Il faut le temps de le mettre en place, mais je prône depuis longtemps l’idée de créer une société à part pour les transports où chacun prendrait sa part un peu comme la RATP. Cela permettrait de gérer mais aussi d’étendre l’offre de transports. La Belle de Mai c’est le quartier le plus pauvre d’Europe, ce projet de tramway permettrait de le requalifier. Les études sont dans les cartons, il faut acter le cheminement définitif et continuer le développement des transports sur tout le territoire. Le BHNS d’Aix les Milles est indispensable par exemple. Il y avait 7 milliards d’euros de projet, on en a fait que 3, il y a de la marge. L’argent qui nous a été donné par l’État, ce serait dommage de ne pas l’utiliser.

    Est-ce que c’est possible dans le cadre de la gouvernance actuelle ?

    M.V. : Je ne sais pas. Je ne suis pas dans l’exécutif. Il faut que chacun soit autour de la table pour prendre des décisions. Le pacte financier et fiscal, c’est le premier rapport du dernier conseil, je ne l’ai pas voté parce que je ne peux pas donner mon avis sur une chose à laquelle je n’ai pas participé. Ce que je sais c’est que les habitants ont besoin de mobilité, de pouvoir d’achat, d’accès aux soins et de sécurité. Nous, élus de la République, nous devons leur répondre. C’est ma feuille de route. Je souhaite que la gouvernance réussisse, que Nicolas Isnard réussisse, que Samia Ghali réussisse, sinon c’est tout le territoire qui en pâtira.

  • [Entretien] Philippe Diallo : « Je suis très attaché à un football humain, populaire et rassembleur »

    [Entretien] Philippe Diallo : « Je suis très attaché à un football humain, populaire et rassembleur »

    La Marseillaise : Vous êtes à Aix-en-Provence pour lancer une nouvelle tournée interrégionale. Quel est l’objectif de cette démarche ?

    Philippe Diallo : Afin de symboliser l’ouverture de la Fédération vers ses territoires. La Fédération a parfois été perçue comme très parisienne, éloignée du terrain, comme une forme de tour d’ivoire. J’ai donc voulu changer cette image en faisant venir les collaborateurs de la Fédération dans les territoires, à la rencontre de ceux qui font vivre le football au quotidien : les clubs, les Districts et les Ligues. Ces échanges permettent à la fois d’expliquer les politiques fédérales, mais surtout d’écouter les acteurs de terrain et de mieux comprendre leurs réalités et leurs besoins.

    Quel regard portez-vous sur la Ligue Méditerranée ?

    P.Di. : C’est une ligue évidemment importante, parce que d’abord il y a des clubs de l’élite ici qui sont là. Il y en a même plusieurs. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui dans toutes les régions. En Nouvelle-Aquitaine, il n’y a plus qu’un seul club pro de Poitiers à Hendaye. Ici, il y a une plus grande richesse du football professionnel. Il y a aussi un nombre de licenciés significatifs, notamment au district de la Provence qui est vraiment un cœur important aussi dans la région.

    Le District de Provence a d’ailleurs initié plusieurs innovations technologiques, dont l’apparition des détections numériques et d’un chatbot avec l’intelligence artificielle…

    P.Di. : Je veux saluer ces initiatives, car une grande Fédération doit rester à la pointe de l’innovation. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons créé l’an dernier un centre de recherche et d’innovation consacré notamment à l’intelligence artificielle et aux données. Ces outils nous permettent de mieux comprendre les réalités du terrain et de prendre des décisions plus précises. Les besoins ne sont pas les mêmes selon les territoires, entre une zone rurale et une grande métropole par exemple. Il est donc essentiel de disposer de données objectives pour mieux évaluer nos politiques, adapter nos actions et accompagner au mieux les territoires. Je suis très attaché à un football humain, populaire, qui rassemble toutes les catégories de la société et crée du lien. C’est notre ADN et il faut le préserver. En parallèle, la technologie fait naturellement évoluer notre sport, que ce soit pour simplifier les démarches ou améliorer l’arbitrage. Il faut accompagner ces évolutions et retenir ce qui peut être bénéfique au football, sans jamais le dénaturer.

    Vous ne craignez pas d’aller trop vite dans l’utilisation de l’IA, alors que certaines innovations, comme le « Football Video Support » à Aubagne, montrent encore leurs limites ?

    P.Di. : La Ligue 3 répond à une demande ancienne des clubs de National 1 qui souhaitaient accéder au statut professionnel. Nous avons voulu en faire un championnat différent des divisions supérieures, avec des règles et des innovations spécifiques. Le football vidéo support en est un exemple : tout n’est pas encore parfait, mais nous travaillons avec les clubs et la direction de l’arbitrage pour l’améliorer. Je souhaite surtout faire de la Ligue 3 un laboratoire d’innovation et un championnat tourné vers les territoires, la formation et la proximité, en favorisant notamment les joueurs formés localement.

    Un mot sur Zinédine Zidane, qui va disputer son premier match vendredi à la tête des Bleus ?

    P.Di. : Zinédine attendait cette opportunité depuis longtemps. Lorsqu’il a été question de lui, j’ai immédiatement souhaité qu’il devienne notre sélectionneur. C’est une figure iconique du football français, mais aussi un entraîneur qui a démontré sa compétence au plus haut niveau. Après un moment d’émotion lié à son histoire avec les Bleus, il est désormais pleinement dans sa mission. Il veut apporter sa vision et insuffler une véritable rupture, avec des choix forts sur la gestion du groupe et l’effectif. Son objectif est clair : gagner, pour redonner à l’équipe de France ce qu’elle lui a apporté et procurer du plaisir et de la fierté à tous.

  • Menace sur la Poste à la Rouvière

    Menace sur la Poste à la Rouvière

    Tandis que les facteurs se mobilisent, ce vendredi matin, devant le centre financier de la Poste contre la réorganisation des tournées sur le site des Docks, l’annonce d’une possible fermeture du bureau de la Rouvière (9e) suscite à son tour une levée de boucliers. Ce mardi 15 septembre, une pétition a été lancée pour protester contre cette décision, s’alarmant de voir disparaître « un service public de proximité, un lieu d’accueil, d’information, de lien social ». D’ores et déjà, le syndicat Sud PTT appelle à un rassemblement devant le bureau de Poste, le 26 septembre à 10h face à une fermeture qu’ils craignent avant la fin de l’année.

    « C’est une décision que nous ne comprenons pas, répète Paul-Maurice Aldebert, délégué chez Sud PTT. C’est quand même un bureau où l’on n’a pas réduit l’offre, un bureau de plein exercice, qui tourne ! » La décision, annoncée aux organisations syndicales en comité social et économique fin août, surprend d’autant plus que le bureau, implanté dans la plus grande copropriété d’Europe et dans un centre commercial dynamique, reçoit plus de 150 personnes par jour, selon le syndicat. Surtout, elle intervient après les fermetures successives des bureaux de Luminy, du Cabot, de Mazargues. « Les bureaux de Sainte-Marguerite et du Rouet n’ont pas la même capacité d’accueil », s’inquiète-t-il.

    « Aucune décision définitive n’a été arrêtée à ce stade », déclare la Poste de son côté, en indiquant que « des échanges avec les élus et les parties prenantes locales doivent encore se poursuivre afin d’étudier les solutions les plus adaptées ».

    Pétition en ligne sur change.org

  • [Entretien] Thierry Gozzerino, agriculteur bio : « On parle de production mais jamais de condition sociale »

    [Entretien] Thierry Gozzerino, agriculteur bio : « On parle de production mais jamais de condition sociale »

    La Marseillaise : Quel bilan pour cette saison maraîchère ?

    Thierry Gozzerino : La gestion a été complexe techniquement ces derniers mois, vu la chaleur constante sur les plantes. Ça a entraîné une pression virale super importante sur les tomates, les poivrons et surtout les courgettes. L’immunité est mise à rude épreuve.

    Gel, grêle, canicule, comment on s’adapte ?

    T.G. : Par des investissements. Pour la canicule, on brise le rayonnement grâce à des bâches que l’on peint en blanc pour calmer le rayonnement et augmenter l’hydrométrie. Pour le gel, on installe des voiles d’hivernage. et enfin la grêle, ça vient du ciel, c’est des filets. La difficulté est que ça rajoute des opérations, il faut mettre et enlever à chaque fois le dispositif.

    Quel impact sur les cultures ?

    T.G. : On est en fin de saison, je dois déjà mettre des potimarrons dans les paniers car tous les légumes qui étaient à l’extérieur ont pris des coups de soleil. Ils sont dépigmentés, je dois les donner maintenant car ils ne se garderont pas.

    Irriguer est-il le sésame ?

    T.G. : Personnellement j’irrigue avec le canal de Craponne, je pense qu’il vaut mieux utiliser les systèmes d’irrigations qui sont économes en eau et qui vont au pied des cultures. Il faut remettre en question l’irrigation à grande eau comme pour le maïs. On ne peut pas restreindre les uns et autoriser les autres à arroser à grande eau, route comprise. Il faut un modèle vertueux, au goutte-à-goutte.

    Quel impact sur les travailleurs dans les champs ?

    T.G. : Concrètement, quand tu es employeur, ça nous met hors la loi. On est plus du tout dans des conditions humaines. Travailler de nuit à la frontale, me semble impossible et pas légal non plus. Mais travailler de jour par des températures à plus de 40 degrés dans les serres est intenable. Nous avons pas mal d’agriculteurs qui ont eu de graves problèmes de santé comme des accidents vasculaires cérébraux (AVC).

    Il faudrait avoir les moyens d’avoir un système de microbrumisation, c’est ce que nous défendons dans mon syndicat pour travailler dans des conditions humaines. On parle toujours de production, mais absolument pas de condition sociale, humaine et sanitaire des agriculteurs et de leurs salariés.

    Je connais des familles d’agriculteurs de père en fils qui se posent sérieusement la question d’arrêter face au cumul des difficultés financières et sanitaires.

    En plein dérèglement climatique, comment se dessine l’agriculture
    de demain
     ?

    T.G. : L’agriculture de demain dessinée par la FNSEA n’est pas satisfaisante, elle se contente de mesures cosmétiques jusqu’au prochain mandat. Il n’y a aucune vision globale d’une agriculture qui est en train de changer, on donne toujours de l’argent à des gros producteurs, et on ne permet pas aux paysans bios et diversifiés de vivre convenablement. On oublie totalement la prévention primaire au niveau du climat, de la santé et de la condition sociale, et on décourage les petits producteurs qui veulent faire du circuit court diversifié pour nourrir la population à proximité.

    Il y a une amnésie sur la période Covid ou bien qu’en cas de crise énergétique, ce sont ces paysans-là qui peuvent, par la résilience, nourrir une population. Ce pays ne sait pas gérer la souveraineté alimentaire.

    Depuis le début, la confédération paysanne ne change pas son discours : elle prône une agriculture souveraine heureuse et biologiquement résiliente.

  • La mairie d’Avignon s’oppose à la fermeture des bureaux de poste

    La mairie d’Avignon s’oppose à la fermeture des bureaux de poste

    La municipalité d’Avignon ne veut pas voir fermer les bureaux de poste de la place Pie et du quartier Saint-Jean.

    Contactée par La Marseillaise, la Ville confirme militer pour le maintien de ces lieux qui « font partie des services nécessaires aux Avignonnais ». Un courrier a été adressé au groupe en ce début de semaine pour demander des explications à La Poste. Tandis qu’un rendez-vous avec le syndicat Sud PTT devrait être organisé sur la question.

    Le groupe avançait de son côté comme arguments de « nouveaux usages des clients », une « baisse du volume du courrier envoyé » et une « digitalisation des opérations postales et bancaires » entraînent une « une diminution de la fréquentation des bureaux de poste ».

    Services publics et Sénat

    Une situation qui entraîne des réactions jusqu’aux candidats aux sénatoriales. Cette fois, alors que le sénateur Lucien Stanzione (PS) s’était dressé contre la fermeture du bureau de Saint-Ruf, c’est la liste insoumise qui s’insurge. « Ce n’est pas une fatalité, c’est le résultat de choix politiques et budgétaires dont les sénateurs sortants doivent répondre », avancent les membres dans un communiqué de presse. Sont évoqués divers votes, notamment celui d’une Charte constitutionnelle des services publics en 2024. Mais aucun des sénateurs n’a voté pour en Vaucluse.

    « On ne peut pas prétendre “défendre les territoires”, puis, à Paris, voter contre les garanties de financement et de proximité des services publics ou laisser passer les budgets qui les fragilisent ! », concluent-ils.