Tag: proximité

  • À Avignon, l’opposition veut transformer la Maison de la tranquillité en poste de police

    À Avignon, l’opposition veut transformer la Maison de la tranquillité en poste de police

    En plein milieu de la rue de la République, les portes de la maison de la tranquillité publique n’auront pas été ouvertes longtemps. Lancée en juillet 2025 pour « lutter contre les incivilités », elle a été fermée par la nouvelle municipalité en ce début d’été 2026.

    Une fermeture que regrette l’élu municipal d’opposition Fabrice Tocabens (PS). Dans un communiqué de presse, il propose au maire « de faire le seul choix sensé en rouvrant au public cette structure et en la transformant en poste de police municipale », et ce, « pour mieux assurer la présence de nos forces de sécurité en cœur de ville ».

    Tandis que le credo du premier édile, Olivier Galzi, est plutôt de « remettre les agents de la police municipale sur le terrain ». Concernant le local de la rue de la République, fin août, il s’étranglait devant le coût de location : « Elle coûte 8 000 euros par mois de loyer alors qu’on a des locaux vacants qu’on est en train de laisser mourir. Or, on a un bail de 10 ans, soit presque un total d’un million d’euros. C’est d’un niveau de non-gestion et d’irresponsabilité totale. À quel moment, vous et moi, vous allez prendre un appartement ou un local et vous allez accepter qu’on vous dise, même si vous le quittez dans un an, pendant 10 ans, vous le paierez ? »

    Logique de proximité

    Une fermeture qui s’inscrit dans un contexte global de fermetures de points d’accueil des services publics à Avignon. Ce que dénonce également Fabrice Tocabens, qui était adjoint au maire en charge des mobilités sous Cécile Helle. « Il s’agit bien d’une volonté déterminée de M. Galzi de réduire les services publics dus aux habitants. C’est un choix catastrophique qui porte atteinte aux intérêts des habitants les plus fragiles, en particulier les personnes âgées », pointe-t-il. Avant d’estimer que cette « stratégie » doit « absolument s’interrompre », en demandant à « revenir à une logique de proximité et d’écoute ».

    Outre la maison de la tranquillité publique, il y a aussi la fermeture de l’épicerie étudiante l’Agoraé, de la mairie de quartier centre ou encore de la maison des Îles de la Barthelasse. Est aussi annoncée la fermeture de postes de police municipale. Tandis que les bibliothèques et les musées ont vu leurs horaires d’ouverture fortement se réduire, le tout sur fond d’économies.

  • À La Seyne, la gauche se mobilise pour défendre le marché de Berthe

    À La Seyne, la gauche se mobilise pour défendre le marché de Berthe

    Venus lundi à nouveau au contact de la population du quartier très paupérisé de Berthe, les élus progressistes de l’ex-Cité des Chantiers ont reçu un accueil chaleureux des habitants, inquiets depuis que la municipalité a annoncé, par courrier, vouloir supprimer le marché du mercredi, pour soi-disant augmenter la fréquentation de celui du centre-ville.

    L’occasion pour la gauche de recueillir la parole des habitants et celle des commerçants afin de nourrir leurs interventions lors du prochain conseil municipal. « C’est une mauvaise solution à un vrai problème », déplore le conseiller municipal Stéphane Sacco. Avec, pour commencer, la remise en cause, à nouveau, d’un service de proximité qui se passe bien, « un lieu de vie qui participe aussi au soutien du commerce local ».

    Le groupe Alternative progressiste ne conteste absolument pas la nécessité de redynamiser le centre-ville, mais « par une politique globale ambitieuse ». « En tout cas, pas par des mesures inefficaces prises au détriment de Berthe », reprend l’élu de gauche. L’occasion de rappeler aussi que le maire d’extrême droite « Dorian Munoz s’était engagé pendant la campagne à conserver le marché dans ce quartier ».

    « Une mauvaise solution

    à un vrai problème »

    En revanche, la nouvelle municipalité RN promettait aussi « un marché provençal dynamique en centre-ville », peste le groupe Alternative progressiste, en pointant « un cuisant échec ».

    Parmi les solutions qui pourraient être prises pour faire revenir les habitants cours Louis-Blanc, Stéphane Sacco met en avant entre autres la création d’un marché de producteurs au moins une fois par semaine et la programmation d’une brocante.

    Pour l’opposition, le maintien du marché de Berthe les lundis et mercredis est essentiel. « Pour une fois qu’ils ont quelque chose chez eux, pas question de leur enlever… De déshabiller Paul pour habiller Jacques. » Dans ce quartier prioritaire politique de la Ville, marqué par d’importants problèmes sociaux, les lieux où l’on se retrouve et où l’on échange sont en effet précieux, maintiennent un lien. Réduire sa présence ou fragiliser son fonctionnement risque d’accentuer les difficultés et renforcer le sentiment d’abandon.

    C’est pour toutes ces raisons qu’Alternative progressiste s’engage à mettre toutes ses forces dans la bataille pour faire entendre raison à la majorité. Une réunion publique devrait être organisée prochainement dans le quartier sur le sujet. Et pourquoi pas une mobilisation devant l’hôtel de ville le jour du conseil municipal.

    À la majorité de revoir sa copie ou de préciser ses intentions pour ne pas pénaliser davantage les quartiers nord, déjà mal en point. À moins que cela soit l’objectif de la mairie d’extrême droite que de plonger encore davantage les habitants de la cité populaire dans la désespérance pour mieux les en blâmer ensuite.

    Impensable !

  • À Avignon, les nouveaux horaires de la bibliothèque Pierre-Boule ne font pas l’unanimité

    À Avignon, les nouveaux horaires de la bibliothèque Pierre-Boule ne font pas l’unanimité

    Peu de personnes ont bravé la pluie, ce mardi 20 octobre à 9 heures, pour la réouverture de la bibliothèque Pierre-Boulle, dans le quartier Reine-Jeanne à Avignon, après plusieurs mois de fermeture.

    L’équipement va désormais rouvrir un jour et demi par semaine, à savoir le mardi matin de 9h à midi et le mercredi de 10h à midi, puis de 13h à 18h. « Une bonne chose car ça manquait d’un lieu comme ça cet été », confie sur place Mathieu, étudiant en droit.

    Les horaires ne sont cependant pas forcément au goût de tout le monde. C’est le cas de Sanaa Tahiri, habitante du quartier, qui avait lancé une pétition pour une réouverture du lieu : « On ne se réjouit pas pour autant car ce n’est même pas la moitié de ce que l’on avait. » Elle explique le manque de fréquentation lors de cette réouverture par la météo, mais aussi par les horaires : « C’est les vacances, les enfants ne se réveillent pas à 8h pour aller à la bibliothèque. Et pendant le reste de l’année, ils auront école donc ils ne pourront pas y aller. »

    Sanaa Tahiri s’interroge également sur le choix de fermer cette bibliothèqueplutôt qu’une autre. « Cela bloque l’accès à la culture dans un quartier prioritaire de la ville. Fermer cette bibliothèque et pas les autres, on ne l’a pas digéré. Cet été, c’était très compliqué d’aller dans une autre bibliothèque, comme au Puzzle ou Renaud Barrault, en pleine canicule. Les économies ne doivent pas être faites au détriment de nos enfants », poursuit-elle. Des ateliers ont été annulés. Avec d’autres habitants du quartier, Sanaa Tahiri plaide pour un retour aux horaires précédents qui allaient au-delà de 16h30 : « Beaucoup de mamans disent qu’elles amenaient leurs enfants à la sortie de l’école pour faire leurs devoirs et rentrer à la maison après. C’est l’après-midi que commencent les activités ».

    Stable et durable

    Dans un communiqué diffusé il y a une douzaine de jours, la municipalité d’Avignon rappelait que la fermeture était due à des postes qui n’étaient plus pourvus et que le fonctionnement était possible « grâce à la mobilisation constante des agents des autres bibliothèques municipales ». Et que face à la situation, « la Ville fait le choix de privilégier une organisation pérenne du service public plutôt que de multiplier les fermetures ponctuelles et imprévisibles ». Une démarche pour « permettre de concilier les attentes des habitants, les moyens humains disponibles et la continuité de l’offre culturelle dans tous les quartiers ». La municipalité assurait avoir comme objectif de « retrouver rapidement, pour Pierre-Boulle comme pour l’ensemble du réseau, des conditions d’ouverture durables, adaptées aux besoins des Avignonnaises et des Avignonnais ».

    Corinne Moulin, conseillère municipale déléguée aux bibliothèques, assure de son côté partager « l’attachement des habitants à cette bibliothèque de proximité ».

  • Liberté, Égalité… abandonnés

    Liberté, Égalité… abandonnés

    Dans notre région comme à travers tout le pays, les maires ont conduit des rassemblements républicains à la suite des émeutes et des pillages qui ont eu lieu en marge des manifestations de ce week-end.

    Alors que le maire de Marseille, ville particulièrement touchée par ces violences, a reçu le soutien de ses homologues de la Métropole, il continue de demander des comptes au ministre de l’Intérieur sur les raisons pour lesquelles les pillages et l’intrusion dans la mairie n’ont pas pu être empêchés par la force publique, alors même que des manifestants pacifiques ont été réprimés.

    État d’urgence sociale

    Le ministre, dont la démission a été refusée par le président de la République, est resté une large partie de la journée à Paris, auprès de Sébastien Lecornu, pour annoncer des couvre-feux localisés. Avant, finalement, de venir à Marseille dans la soirée. Rien, en revanche, n’a été esquissé pour répondre à l’état d’urgence sociale dans lequel se trouve notre pays. Rien pour répondre à la colère légitime contre la vie chère et l’envolée du prix des carburants. Rien pour satisfaire les revendications tout aussi légitimes des lycéens et des étudiants.

    Casseurs et les pillards ont pleinement joué leur rôle d’idiots utiles en polarisant l’attention sur leur méfaits. Ils doivent être mis hors d’état de nuire sans que l’on porte atteinte à la liberté constitutionnelle de manifester. Le gouvernement peut instaurer des couvre-feux partiel, il n’étouffera pas ainsi la colère populaire.

    Quant aux maires et aux communes qui sont laissés en première ligne, ils forment l’indispensable « République de proximité » que le projet de budget promet d’affaiblir encore.

    Eux aussi doivent cesser d’être abandonnés.

  • [Parole de maire] Loïc Gachon (PS, Vitrolles) : « Nous adaptons la ville au siècle qui vient »

    [Parole de maire] Loïc Gachon (PS, Vitrolles) : « Nous adaptons la ville au siècle qui vient »

    Réélu avec 46,78% des voix en mars dernier à la tête d’une liste d’union de la gauche face à Fabien Bravi (RN), Loïc Gachon (PS) marque son 3e mandat par la proximité et l’adaptation au changement climatique.

    La Marseillaise : Le mouvement lycéen a été d’ampleur. Comment une Ville concourt à leur bien-être ?

    Loïc Gachon : Il est enthousiasmant et respectable que les lycéens se mobilisent pour leur qualité de vie et leur avenir face au même État qui met une pression colossale avec Parcoursup et ne donne pas les moyens de réussir. Que peut faire la ville ? On a l’habitude de s’adresser aux écoles, c’est plus compliqué avec les ados. La cité éducative a créé un partenariat avec les établissements du secondaire qui permette du suivi de parcours, c’est la priorité. On a aussi réussi l’implantation de la Maison des ados à côté du lycée Mendès France, un lieu de premier accueil universel pour n’importe qui ressentirait un problème social, de vie sexuelle, de harcèlement, de santé mentale… Ce premier accueil permet l’orientation par des pros vers des activités ou des spécialistes. La santé mentale étant un vrai enjeu, c’est un outil indispensable pour le lycéen et sa famille.

    Le vote d’extrême droite a progressé aux municipales. Comment creuser l’écart ?

    L.G. : Ce n’est pas ma manière de voir le sujet. Les élections ne sont pas un calcul, on ne gère pas une ville avec le résultat en tête. En revanche, comment on tient compte du résultat ? Des remarques ? Comment on fait évoluer les politiques municipales ? Il y a plusieurs niveaux de réponse. L’extrême droite a fait ses plus gros scores au bord de l’étang de Berre, ces quartiers qui se sentent laissés-pour-compte, isolés géographiquement du reste de la ville, un tissu urbain non anticipé contrairement au reste de la ville, pas d’équipement municipal, un réseau routier chargé… Il faut améliorer la qualité de vie. Ma première décision a été de nommer un adjoint de quartier – il n’y en a qu’un sur la ville – pour mieux le suivre et accompagner la montée en charge des services sur ce secteur. Plus globalement, les gens se sentent oubliés, laissés à côté des priorités. Cela nous a conduits à multiplier par 3 les rencontres de proximité, pour écouter, recenser les colères ou insatisfactions et donner une réponse, structurer les services dans leur réponse de proximité.

    Enfin, d’un point de vue plus macro, je note une grande porosité et une bascule de l’électorat de droite vers le RN. Franck Allisio comme Fabien Bravi incarnent cette volonté de standardisation du RN. Il ne faut pas reculer, affirmer plus clairement nos valeurs, et les amener à se positionner plus clairement. Jeudi en conseil de Métropole, le groupe RN s’est abstenu sur plein de délibérations sans s’expliquer, je n’admets pas ça. On fait de la politique, on n’est pas spectateurs. Pareil en mairie, il faut les amener à se positionner. Le RN est toujours un parti marqué par son histoire raciste et antisémite, favorable aux plus riches, qui vote systématiquement contre les collectivités et les plus fragiles. Ils ont beau mettre un vernis, mais quand on rentre dans les débats on peut les démasquer, cela aidera les gens à se positionner.

    Un collectif propose d’ouvrir la ligne Rognac-Aix aux voyageurs. Qu’en pensez-vous ?

    L.G. : Je crois énormément au ferroviaire, c’est un outil à privilégier pour notre Métropole. L’omnibus est la meilleure formule au vu de la discontinuité urbaine, sur le modèle du RER parisien. Je partage l’intérêt de Rognac-Aix aussi pour la perspective d’un direct Aix-Vitrolles-aéroport par le train, qui a du sens. Notre ville a été conçue comme hub des mobilités en 1970. C’est un territoire de 25 000 emplois dont 20 000 sont occupés par des extérieurs, tandis qu’une dizaine de milliers de Vitrollais vont travailler ailleurs. Il faut encore des progrès, avec à court terme la liaison câblée entre l’aéroport et la gare de Vitrolles, évitant les embouteillages de la D20 ou les parkings. En même temps se fait la liaison Zenibus jusqu’à la halte ferroviaire de Plan de campagne, connectée à la ligne des Alpes. Plus loin, la Métropole envisage d’aménager la D113 en boulevard urbain multimodal avec bus à haut niveau de service (BHNS) dans son plan local de déplacement. Je rêve qu’on puisse se passer du véhicule personnel, sans jamais vouloir l’interdire.

    Quelle est votre stratégie énergétique pour l’avenir ?

    L.G. : Notre horizon est que Vitrolles produise le plus possible l’énergie qu’elle consomme. On s’est lancé dans l’autoconsommation collective, et avons élargi ce principe aux particuliers et entreprises. Concrètement, « Notre énergie Vitrolles », la société porteuse, est en train de devenir un producteur d’électricité auquel on s’abonnera en plus du fournisseur classique. Pour le moment le gain financier n’est pas une priorité. Ça le sera dans l’avenir, car notre énergie est calée en dessous du tarif réglementé et n’évoluera pas au même rythme car découplée du marché. L’enjeu du pouvoir d’achat est plus fort et plus rapide avec notre réseau de chaleur car il a déjà rapporté aux abonnés.

    Nous serons fixés l’année prochaine sur le potentiel géothermie. Le permis de prospection 3D a été signé la semaine dernière pour identifier l’endroit idéal et simuler la température de l’eau. C’est l’étape où on dira stop ou encore. Si l’essai est concluant, un forage d’essai est prévu pour 2029, suivi d’un définitif en 2030 pour nous, Airbus et l’aéroport. Ce serait une énergie totalement décarbonée et renouvelable avec un gain sur la facture de 40% par rapport au tarif – actuel ! – du gaz. Si ce n’est pas concluant, les mécanismes de repli du délégataire Engie garantissent une solution biomasse et échange avec la station d’épuration pour la même performance écologique et tarifaire.

    Pourquoi relier Airbus ?

    L.G. : Car c’est un projet urbain et industriel pour le territoire d’aujourd’hui et sa mutation. Vitrolles restera un lieu de production d’hélicos pour le siècle qui vient et doit rester compatible avec la vie quotidienne des habitants. L’adaptation au changement climatique nécessite la décarbonation, le transport en commun, la production d’énergie, la végétalisation, le confort d’été et d’hiver chez soi… C’est le 2e socle de notre politique après la proximité, qui n’a de sens que si en même temps on adapte la ville au siècle qui vient. Nous sommes vigilants sur les pics de chaleur, à adapter le réseau pluvial avec la Métropole pour ne pas subir d’inondations. On a tous les jours l’occasion de faire l’aller-retour entre l’immédiat et les perspectives à 50 ans, pour lesquelles j’ai la même passion et engagement.

    Entretien réalisé par Antonin Maja

  • À Port-de-Bouc, la Régie a obtenu le label des régies de quartier

    À Port-de-Bouc, la Régie a obtenu le label des régies de quartier

    « Nous avons obtenu le label Régie de quartier mardi, c’est l’aboutissement de plus de deux ans de travail » se réjouit Renaud Barbe, directeur de la désormais Régie –de quartier– de Port-de-Bouc. Pour cette journée portes ouverte de mercredi, l’association a invité ses partenaires et financeurs institutionnels à venir visiter son QG, depuis peu situé dans d’anciens ateliers municipaux rénovés par les salariés eux-mêmes.

    « Notre action s’en tient à 4 piliers fondamentaux, l’économie réelle avec une vraie cadence et de gros marchés publics, l’insertion et le lien social de proximité, la citoyenneté dont le but est la participation active des habitants à l’amélioration du cadre de vie et l’écologie, dont nous sommes pionniers sur le territoire avec notre centre de tri » détaille le directeur.

    Sociale et écologique

    Ce « centre de tri » dont parle Renaud Barbe s’observe dès l’entrée, où un demi-conteneur standard est stationné. « De janvier au 31 août, nous avons récupéré et recyclé 200 tonnes de mobilier, c’est presque 1,5 tonne par semaine pour les déchets électriques et électroniques » indique le directeur.

    C’est là toute l’articulation sociale et écologique : cette structure financée par l’État, la Métropole, la Ville et les bailleurs sociaux emploie 17 opérateurs de quartiers, chargés entre autres de récupérer les encombrants dans les espaces extérieurs et intérieurs des logements sociaux. Ces encombrants sont transférés aux éco-organismes chargés du recyclage. « C’est financé par l’éco-contribution que l’on paye lorsqu’on achète un meuble ou un électroménager » précise le directeur.

    « Nous sommes fiers de voir cette structure d’insertion grandir, prendre de l’ampleur et accompagner les demandeurs d’emploi » observe le maire (PCF) Laurent Belsola, lors de sa visite. « Sur ses deux jambes, l’entretien de notre cadre de vie et la médiation urbaine, la Régie répond aux besoins quotidiens et d’insertion de notre population » complète l’édile, considérant que la Régie renforce « l’égalité républicaine ».

  • [En direct] Les lycéens descendent dans la rue pour l’acte V

    [En direct] Les lycéens descendent dans la rue pour l’acte V

    Après deux manifestations ayant réuni près de 50 000 personnes, le rendez-vous s’annonce encore très suivi ce mardi.

    7h33 : À Toulon, les lycéens sont prêts devant le lycée Bonaparte. Bonne ambiance et détermination ce matin. Malgré les tentatives de dissuasion les lycéens sont parvenus à se poster devant la porte du lycée Bonaparte.

    7h45 : Devant le lycée Langevin de Martigues, un groupe d’une vingtaine lycéens tente un nouveau blocage. À peine quelques barrières et poubelles posées contre l’entrée que le Groupe de sécurité de proximité de la police nationale intervient pour débloquer, peu avant 8h.

    8h15 : Une centaine de lycéens sont mobilisés dans le calme ce matin devant le lycée Mistral à Avignon. L’établissement n’est pas bloqué. Les jeunes ont pour projet de rejoindre les étudiants qui bloquent la fac.

    8h55 : Ça y est, la manifestation vient de partir, le cortège est à présent sur le boulevard de Strasbourg à Toulon

    9h : Environ 130 personnes, dont beaucoup d’adultes, syndicalistes, professeurs et parents d’élèves, sont rassemblés devant le lycée Alexandra David Néel à Digne-les-Bains. « Sortez, sortez ! » « ne nous regardez pas, rejoignez- nous », interpellent les manifestants devant le lycée, alors que la mobilisation est affaiblie.

    9h01: À Avignon, les lycéens arrivent devant l’Université en chantant «Plus de places à la fac pour pas finir à la bac.» Face à face tendu devant une seconde entrée de la fac d’Avignon où étudiants et forces de l’ordre se font faces.

    9h10 : Le cortège composé de l’intersyndicale, les professeurs, les lycéens et les étudiants arrive à présent à la hauteur de la symbolique, place de la liberté à Toulon. Il se dirige vers le lycée Dumont d’Urville.

    Les lycéens manifestent dans la bonne humeur, sur la musique des gilets jaunes, devant le lycée Alexandra David Néel à Digne.

    9h13 : Sciences Po Aix de nouveau bloquée ce matin. Les étudiants se préparent pour la mobilisation de 11h.

    Une soixantaine de personnes mobilisées à Gap devant le lycée Aristide Briand, dont beaucoup d’adultes. Pas de blocage, pas de pancarte. Le cortège va bientôt partir vers le centre-ville.

    9H35 : À Martigues, la police municipale a bouclé l’avenue du docteur Fleming, aux abords du lycée Paul Langevin

    9h30 : Au siège du journal La Marseillaise, une classe de seconde est accueillie pour la conférence de rédaction quotidienne dans le cadre de son projet « d’éducation aux médias». Les élèves sont accompagnés par Nadia Spire, professeur documentaliste et Evelyne Brunet-Berger, leur professeur d’ Histoire Géo EMC.

    9h50 : Ambiance DJ, petit déjeuner, jeux devant l’IEP d’Aix . Une AG rassemblant plus de 150 personnes, tenue hier sur le parvis de Sciences Po, a permis d’établir ce nouveau format de mobilisation. «On a voulu changer nos modes de mobilisations pour plaire a un plus grand nombre», rapporte Gabriel, pour le Collectif Sciences Po Aix en Lutte. Un panneau «Solidarité» est affiché sur la porte de l’IEP. Le soutien aux mobilisations lycéennes sont toujours au cœur du mouvement.

    10h : À Gap, les lycéens appellent les élèves du lycée Dominique Villars à les rejoindre. «C’est un peu un flop aujourd’hui», admet un lycéen.

    10h35 : À Marseille une battle d’aura s’est organisée sur le square des Réformés avant le départ de la manifestation. Le cortège va s’élancer sur la Canebière en direction de la Porte d’Aix. Déjà beaucoup de monde sur place.

    « C’est la place des parents d’élèves d’être dans les manifestations. On est là pour encadrer, accompagner. On soutient les revendications des lycéens car on les a aussi : Si aujourd’hui on en est là, c’est que quelque chose cloche », explique Christophe Merlino, président de la FCPE 13. Son organisation est présente dans le cortège marseillais avec une banderole

    10h54 À Marseille, le cortège s’élance sur la Canebière.

    10h57 : À Martigues, le cortège de lycéens s’élance du lycée Jean Lurçat vers la place Jean Jaurès. India, une élève en bac pro, témoigne : « Il faut nous écouter, c’est notre santé mentale qui est en jeu. »

    Le cortège vient d’arriver devant le lycée du Parc St Jean, à Toulon.

    11h : Changement de programme à Martigues : le cortège remonte finalement en direction du lycée Jean Lurçat pour aller chercher leurs camarades qui bloquent l’établissement

    11h25 : À Aix, une dense foule se rassemble sur le parvis de la Rotonde, en attendant le départ.

    11h27 : Parmi la foule, Nao, lycéen, fait tourner une cagnotte. «Il y a une coordination nationale lycéenne qui a été crée. Le 18 octobre, une délégation sera envoyée sur Paris pour continuer la mobilisation, pendant les vacances, pour que la lutte ne s’essouffle pas». Les fonds récoltés permettront notamment de financer les billets de train.

    11h36 : Le président de l’université d’Avignon George Linarès est allé à la rencontre des étudiants. « Soutenez nous et venez avec nous. Vous ne vous mouillez pas » lance un étudiant. « Chacun a son rôle et moi je porte votre parole » répond le président sans convaincre la centaine de manifestants toujours présents.

    11h39 : À Manosque, des lycéens doivent rencontrer le maire, Camille Galtier (DVD), en mairie, après des échanges tendus et les annonces de sanctions de l’édile.

    11h43 : À Marseille, un énorme cortège qui rassemble lycéens, étudiants et travailleurs à Marseille avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants selon les premiers calculs des syndicats.

    « Le sens de notre présence aujourd’hui c’est de permettre à la jeunesse de s’exprimer et de porter des revendications que l’on trouve juste. Pas besoin d’être syndicaliste pour être contre Parcourssup : c’est une usine à inégalité, c’est du stress pour les enfants comme les parents », explique Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, alors qu’il bat le pavé marseillais avec les lycéens ce mardi.

    Un minot largement applaudi par les manifestants sur le boulevard des dames à Marseille.

    12h27 : A ce stade de la mobilisation, la police annonce 1200 manifestants à Aix-en-Provence.

    12h45 : Prise de parole à la porte d’Aix à Marseille pour la fin de la manifestation. « On est au début de quelque chose de grand. Le mouvement ne s’essouffle pas, on est plus nombreux que la dernière fois », lance Eustache pour l’organisation le poing levé.

    15h10 : À Avignon, le cortège des lycéens, étudiants et de l’intersyndicale s’élance vers la direction académique. Un millier de personnes défilent.

  • À Istres, Robin Prétot face aux tracas du quotidien dans les quartiers

    À Istres, Robin Prétot face aux tracas du quotidien dans les quartiers

    Un petit rassemblement se forme sous les pins du Ranquet. Les habitants s’agglutinent autour de Robin Prétot et des services municipaux et métropolitains. C’est dans ce quartier du sud de la ville, situé entre la D5 et l’étang de Berre, que le maire a choisi de débuter sa tournée de proximité.

    Chacun y va de sa revendication. Une riveraine s’inquiète du débroussaillement, qu’elle estime insuffisant au regard des incendies qu’a connu la France cet été. « On intervient chaque année pour 40 000 euros », répond un technicien de la Métropole, qui se dit à l’écoute de toute sollicitation, mais rappelle la complexité de la tâche due à la juxtaposition de domaines privés et publics. Un autre réclame des ralentisseurs. Une troisième une remise à niveau de la voirie. « À l’origine, le Ranquet était habité par des gens à la saison. Aujourd’hui, on vit tous ici à l’année, mais les routes n’ont pas suivi », fait-elle remarquer. Robin Prétot promet de « voir avec la Métropole pour les nids-de-poule ».

    « Ça nous permet de reconnecter avec la population. Il faut faire le tri des demandes, chacun a son intérêt particulier à défendre, il faut qu’on garde en vue l’intérêt général », glisse le maire, qui veut avoir un discours de vérité auprès de ses administrés sur les finances de la Ville. « J’ai des demandes qui relèvent de la propreté et des espaces verts. La commune est étendue, les moyens se réduisent et il y a eu le transfert vers la Métropole. Nous, on a quatre agents. Il faut dire aux gens pourquoi c’est aussi long et compliqué. » L’écoute a déjà fait ses preuves au Ranquet : cet été, la majorité a demandé à la police municipale de sécuriser la descente en période estivale. « Ça a fait toute la différence », félicite une riveraine.

  • Ollioules : opération coup de poing de la CGT à Carrefour

    Ollioules : opération coup de poing de la CGT à Carrefour

    Préparée dans le plus grand secret – le lieu ayant été précisé au dernier moment à la presse – pour que l’électrochoc fonctionne à plein régime et éviter aussi que la direction ne vienne mettre des bâtons dans les roues, la mobilisation s’est déroulée dans une parfaite fluidité. Entrés sans encombre dans le magasin dès 9h, les manifestants ont défilé dans l’allée centrale de l’hypermarché, arborant drapeaux et chasubles de la CGT. Une centaine de salariés de l’enseigne sont venus inviter leurs collègues d’Ollioules à les rejoindre dans le combat pour défendre leurs droits et leurs intérêts.

    Dans sa prise de parole, le délégué syndical Patrick Aitaissa a dénoncé la stagnation des salaires, la réduction des effectifs et les conséquences des conditions de travail sur la santé des salariés, en rappelant les milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés par Carrefour. Histoire d’insister sur le décalage entre les résultats de l’entreprise et leur pouvoir d’achat.

    « Qui fait tourner les magasins ? Nous, les caissières, les employés libre-service, les boulangers, les bouchers, les manutentionnaires, les agents de sécurité... », martèle le responsable syndical. Et de poursuivre : « Les prix du loyer, de l’énergie et du caddie explosent. Et nos fiches de paie n’avancent pas. »

    La CGT pointe ensuite les responsabilités. À commencer par celle de la direction. Le syndicat l’appelle à respecter la clause de revoyure prévue dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO), estimant que celle-ci doit permettre une évolution des salaires lorsque l’inflation augmente. « Quand l’inflation dérape, les salaires doivent suivre. Ce n’est pas une faveur, c’est un engagement », rappelle Patrick Aitaissala en demandant donc son application.

    Autre sujet mis en avant lors de cette mobilisation : les conditions de travail. La CGT dénonce « des effectifs réduits à l’os pour faire tourner le magasin » et des cadences qui épuisent et pèsent directement sur la santé des salariés. Mais aussi des changements de planning de dernière minute et les dimanches imposés.

    La CGT estime d’ailleurs que les alertes, lancées par les salariés concernant la sécurité et la souffrance au travail, ne sont pas suffisamment prises en compte. Et cerise sur le gâteau : des licenciements pour inaptitude, selon le syndicat, venant récompenser les loyaux services une fois les corps abîmés.

    Un autre rapport de force

    La mobilisation a en effet également porté sur le devenir de ces salariés confrontés à des problèmes de santé liés à leurs conditions de travail.

    « Nous exigeons l’arrêt de ces licenciements, plus de 3 200 depuis 2018 au sein de Carrefour, et le respect de l’obligation de reclassement », a déclaré le représentant syndical. Et d’évoquer selon lui le cas d’une ancienne salariée du magasin d’Ollioules, qui en a elle-même fait les frais après avoir été confrontée à des problèmes successivement aux deux épaules ayant entraîné plusieurs mois d’arrêt de travail.

    Dans ses communications institutionnelles, Carrefour met en avant un « dialogue social constructif et régulier » ainsi qu’une politique de « prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail ».

    Les inquiétudes relatives aux évolutions annoncées ou envisagées au sein du groupe, notamment la location-gérance et la franchise, ont également été exprimées. Avec à la clé, encore « moins de droits, moins de garanties, moins de protections » et la remise en cause des conquis sociaux. « On est là aussi pour dénoncer la stratégie de notre PDG, Alexandre Bompard, qui finalement, lui, se prend 19 000 euros par jour et nous augmente de 0,9%, alors que la plupart sont payés juste un peu au-dessus du Smic », poursuit Céline Arnaud, la déléguée syndicale nationale adjointe CGT Carrefour Hypermarché. Et de poursuivre : « C’est un rentier, pour gagner toujours plus d’argent, il loue ses magasins et sépare de la masse salariale. »

    La CGT a aussi mis en cause certaines pratiques syndicales. « Le syndicat maison est ici bien en place et maltraite les travailleurs de ce magasin », condamne la responsable cégétiste, qui affirme par ailleurs : « Ici, si tu n’as pas ta carte à ce syndicat, tu n’as pas de tire-pales électriques et tu t’exploses le dos avec un tire-pales manuel. » Une proximité avec la direction et des prises de position jugées indignes d’une organisation syndicale, blâme la CGT. Elle invite donc les salariés à « se réveiller » et voter aux prochaines élections professionnelles en leur faveur.

    Une démonstration bien accueillie qui pourrait porter ses fruits. D’ici là, CGT promet d’aider les salariés à s’organiser.

  • À Toulon, une nouvelle organisation pour les conseils de secteur

    À Toulon, une nouvelle organisation pour les conseils de secteur

    C’est un élément peu connu des habitants, et pourtant obligatoire dans toutes les communes de plus de 80 000 habitants depuis 2002. Instance consultatives et participatives, ni organes exécutifs, ni réunions d’information, les conseils de secteur ont été conçus à Porto Alegre, au Brésil, dès 1989, pour favoriser la justice sociale. Exportés au début des années 2000 en Europe et en France, ils ont vocation à créer du dialogue entre élus et citoyens. Ils offrent à ces derniers la possibilité de s’impliquer dans leur vie de quartier, en proposant et débattant des projets. « De la même façon que nous demandons aux enfants de rêver leur cour de récréation, nous invitons les Toulonnais à imaginer leur quartier », illustre la maire de Toulon Josée Massi.

    Cette dernière a désiré repenser intégralement la constitution de cet outil. Dès avril, elle a chargé son adjointe à la démocratie de proximité, Corinne Jouve, de tabler là-dessus. Premier changement : un redécoupage des secteurs, passés de dix à cinq (nord-ouest, nord-est, ouest, centre et sud), avec des quartiers « regroupés par cohérence de projets mais aussi par rapport aux besoins spécifiques des habitants », détaille la maire de Toulon.

    Un budget de « plusieurs millions d’euros »

    Un appel citoyen a ensuite été lancé. 807 habitants, associations et commerçants y ont répondu. Les conseils ont ensuite été déterminés par tirage au sort, chacun d’eux étant dirigé par un adjoint de secteur, avec, en leur sein, un élu (y compris d’opposition), un habitant, un membre d’un comité d’intérêt local (CIL) et un représentant associatif ou commerçant.

    Ils démarreront leur mission dès janvier, et ce jusqu’à la fin du mandat municipal en cours, et se réuniront a minima deux fois par an, en janvier et en juin. Leur fonctionnement sera régi par une charte. « Chaque membre s’engage à œuvrer pour et dans l’intérêt général de la ville, du quartier et de ses habitants. Il doit faire preuve de civisme, d’exemplarité et d’assiduité », explique Corinne Jouve. Les conseils de secteur disposeront d’un budget global de « plusieurs millions d’euros » sur la durée du mandat, afin « de réaliser des projets proposés et débattus au cours des séances de travail annuelles après études de faisabilité technique, juridique et financière », ajoute l’adjointe à la démocratie de proximité.