Prendre le large

Contrairement à la répression dont les coups d’éclat font souvent la une des journaux, la prévention ne fait pas bruit. Un travail de longue haleine, silencieux, qui exige de la « patience », comme le disent les éducateurs, pour entamer le dialogue, écouter, puis inciter et orienter. Las, cette année encore, le gouvernement a décidé de rogner une nouvelle fois sur le budget alloué au fonds interministériel de prévention de la délinquance qui est passé de 62 millions d’euros en 2025 à… 42,4 millions d’euros pour l’exercice actuel. Soit « une baisse historique de 30% », au point que l’association des maires de France est une nouvelle fois montée au créneau. Si elle se félicite des orientations et du renforcement de la coordination, comme le détaille ici Amine Kessaci pour Marseille, elle « alerte sur le risque de voir cette stratégie demeurer inefficace, faute de moyens à la hauteur des enjeux ».

Le besoin d’une approche globale

Et d’en appeler, notamment, à un plan de financement pluriannuel pour inscrire ladite stratégie « sur une trajectoire cohérente ». Indispensable pour œuvre à moyen et long termes dans les différents quartiers prioritaires des communes et au-delà. Sortir les minots des cités, leur permettre d’avoir un autre horizon que l’argent facile – et ô combien dangereux – du narcotrafic, de travailler et de vivre honnêtement dans un logement décent, nécessite une approche globale incluant aussi l’habitat et l’accès aux formations, pour que les uns et les autres puissent prendre le large plutôt que de rester à quai, au pied d’immeubles délabrés.

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