Tag: délinquance

  • [Justice] À Marseille, un voyou des déchets à la barre

    [Justice] À Marseille, un voyou des déchets à la barre

    Mickael Mira, 36 ans, s’est vu requérir 30 mois ferme avec mandat de dépôt pour s’être inscrit durablement dans la délinquance environnementale. Avec 15 mentions à son casier judiciaire, ce professionnel dont la mauvaise foi est soulignée dans l’ordonnance de renvoi, a exploité en 2021 et 2022 jusqu’à saturation et sans autorisation une décharge de 43 439m3 de déchets du BTP à Peypin avec des norias de camions de 32 tonnes. On y a trouvé aussi des batteries, des bouteilles de gaz, de l’huile de moteur, de l’amiante, des pneus et des ordures ménagères. Il a été placé en détention provisoire plus de trois mois dans cette procédure.

    Les montages de déchets répandus sur 1,75 hectare s’élevaient jusqu’à 7 mètres de hauteur après avoir défriché à blanc une zone forestière protégée. « 45 000m3, c’est pas vrai, ça représente une montagne. C’est tout dans la démesure ! (…) Je ne suis pas un saint, mais pas non plus un criminel », s’est-il défendu. Il facturait 240 euros la benne de 7m3. Ses gains sont estimés à 1,5 million d’euros.

    M. Mira a laissé le souvenir à Marseille d’une colline de déchets stockés en 2022 sur un terrain de 3 200m2 loué au 47 route d’Allauch, 10e, à Marseille par sa société Eco Bennes, administrée par sa compagne pour contourner une interdiction de gérer. L’Ademe avait dû engager 1,2 million d’euros pour traiter 8 000 tonnes de déchets parfois dangereux. La commune de Peypin a réclamé 1,9 million d’euros de dommages et intérêts pour réparer l’environnement.

    La 6e chambre a mis en délibéré sa décision au 1er décembre.

  • Au Pontet, les « échanges » entre mairie et inspection académique interrogent

    Au Pontet, les « échanges » entre mairie et inspection académique interrogent

    La ville du Pontet, dirigée par Joris Hébrard (RN), et l’inspection académique ont signé une convention portant sur « l’échange d’informations à des fins de prévention éducative et de prévention de la délinquance ». Un accord qui ne passe pas pour le Snes-FSU de Vaucluse.

    Dans le document, que La Marseillaise a pu consulter, il est précisé que les informations échangées entre les établissements du premier et du second degré implantés sur le territoire pontétien permettraient de mettre en place un « accompagnement éducatif des élèves » et un « soutien et accompagnement des familles ». Ce, sans préciser de quelle manière, évoquant seulement des « réponses coordonnées, proportionnées et adaptées aux situations rencontrées, dans le respect du périmètre de compétences de chaque institution ».

    Pas de garanties sur

    les contours du document

    Un document qui est « totalement flou » pour le Snes-FSU de Vaucluse. « On a été reçus par le secrétaire général de la direction académique qui était incapable de nous donner d’explications. Nous n’avons pas eu de garanties sur les contours du document, notamment quand la mairie dit qu’elle peut proposer des solutions éducatives sans que l’on sache ce que c’est. Dans tous les cas, ce n’est pas censé être leur compétence », regrette Salima Ouannaï, secrétaire départementale du syndicat. Qui précise qu’un accord similaire avait été signé en 2016 entre la Ville, déjà dirigée par Joris Hébrard, et un chef d’établissement du collège Jules-Verne. « Quasiment personne n’était au courant que cela existait », poursuit la responsable syndicale, qui demande l’annulation de l’accord.

    Contacté, le directeur académique assure que la convention « vise à mieux coordonner les réponses éducatives et actions de prévention dès lors qu’une réponse globale apparaît pertinente pour accompagner un jeune en situation d’absentéisme récurrent ou ayant commis des faits de violence ou d’incivilité au sein ou aux abords d’un établissement scolaire ». Dans sa réponse, elle assure que des conventions de même nature ont été signées à Avignon et Pertuis, tandis que la FSU affirme qu’elles « n’ont rien à voir ». Et de conclure que « son renouvellement périodique vise à en réinterroger le contenu pour un contrôle de conformité et pour un rappel explicite des périmètres de compétences et prérogatives de chacune des parties » et qu’« elle peut être dénoncée avant son échéance en cas de dysfonctionnement constaté ».

  • Toulon : l’imposture de l’extrême droite se confirme en conseil municipal

    Toulon : l’imposture de l’extrême droite se confirme en conseil municipal

    Le parfois sinistre comique-troupier de l’extrême droite toulonnaise s’est une nouvelle fois mis en scène sur les « planches » du conseil municipal, alternant gravité feinte et blagues de sale gosse provocateur qu’il revendique. Convoquant ses talents d’acteur de studio, Amaury Navarranne a lancé sa première charge contre la gauche qui, selon lui, n’aurait pas suffisamment condamné les violences survenues en marge de la manifestation du 17 octobre. Des propos outranciers et mensongers qui méritent réponse, même si le camp progressiste n’est hélas plus représenté dans cette assemblée.

    Sans prévention

    Un camp, ajoute-t-il, « toujours à même de donner de grandes leçons et parfois même à se retirer aux élections pour faire barrage », en parlant de « grande abjection »… Il interpelle ensuite directement la maire de Toulon, Josée Massi : « Il est une honte de continuer à faire semblant que le soutien de ces formations politiques, qui a été bénéfique pour vous… ». Puis : « Je crois qu’aujourd’hui, il serait important de clarifier les positions, on ne peut pas se satisfaire du soutien de gens qui n’ont de mots suffisamment forts pour dénoncer l’inacceptable. »

    Dénoncer l’inacceptable ? Comme lorsque ce même élu, qui s’élève au rang de défenseur de l’ordre et la sécurité, paradait aux côtés d’Yvan Benedetti lors de l’hommage rendu, le 28 août dernier à Toulon, au général félon et séditieux Raoul Salan, ancien chef de l’OAS, l’organisation clandestine qui tenta d’assassiner le général de Gaulle ? Pour mémoire, l’infréquentable Benedetti se déclarait, en 2011, « antisioniste, antisémite, anti-juif ».

    Même si, comme lui a répondu la première magistrate, « le conseil municipal n’est pas une tribune politique », il est toujours bon de rappeler d’où on parle.

    À l’occasion d’une délibération portant sur la demande de soutien financier au Département, au titre du Fonds d’initiative cantonale, d’un montant de 560 000 euros pour deux opérations de désimperméabilisation et de végétalisation des cours des groupes scolaires Brusquet et Jean-Aicard, le conseiller municipal frontiste a redemandé la parole, pour ne rien dire. Si ce n’est affirmer que « le conseil départemental n’est pas un tiroir-caisse ». Mais aussi pour tenter de jeter quelque peu la suspicion en pointant que les établissements concernés, cette année, sont dans le canton de Josée Massi. L’occasion pour cette dernière d’énumérer les écoles ayant déjà bénéficié de ces investissements publics dans les autres cantons.

    Lors du vote sur l’attribution de subventions à des associations intervenant dans le domaine, hautement stratégique, de la prévention de la délinquance, le RN s’est encore distingué en s’abstenant. Au prétexte dixit Amaury Navarranne que « [son] unité de mesure, c’est le nerf optique ».

    De bien curieux stratèges qui prônent la sécurité tout en refusant d’agir en amont, avant même que l’ordre public ne soit troublé. À moins que ce ne soit finalement le chaos qu’ils recherchent.

    ET AUSSI

    Un Ravi de la crèche multirécidiviste

    Le conseiller municipal d’opposition RN, Amaury Navarranne, est revenu comme chaque année, au mépris de la laïcité, demander l’installation d’une crèche dans le hall de la mairie. Il en a profité pour traiter l’ancien conseiller municipal communiste André De Ubeda, qui n’est plus dans l’assemblée pour lui répondre vertement lorsqu’il dérapait, d’« yatollah de la laïcardisation ». « Jésus l’aimait aussi, lui », ajoute-t-il pour faire rire l’auditoire.

    Et la maire de lui répondre : « Comme chaque année, je vais vous dire qu’on sera toujours pour le respect de la laïcité. »

    Logements sociaux

    Le conseil municipal a approuvé une participation financière de la Ville de Toulon pour un montant de 165 000 euros à la société d’HLM 1 001 vies, qui réalise pour une opération de production de 11 logements sociaux au 90 boulevard Tessé en mode acquisition-réhabilitation.

    « Dans l’attente de la signature du Contrat de Mixité Sociale 2026-2028, la Commune poursuit sa politique de soutien à la production de logements sociaux afin de répondre aux besoins du territoire en accompagnant financièrement les bailleurs sociaux porteurs de projets », a expliqué l’adjoint Serge Lhôtellier. Et de poursuivre : « Tous ces financements nous rapprochent chaque fois un peu plus de la sortie de la carence. »

    Une leçon sur Napoléon

    Quand on ne joue pas les pompiers pyromanes, les pitres de services ou les climatosceptiques, aux côtés des conseillers municipaux RN, on essaie coûte que coûte d’occuper le terrain de la prise de parole. Robin Cloedt s’est donc cru obligé de donner à l’auditoire un peu gêné un long cours sur Napoléon Bonaparte à l’occasion d’une prochaine exposition au Musée d’art de Toulon dédiée aux dessins réalisés pendant la campagne d’Égypte. Et d’appeler « à l’exaltation du génie français ».

    Consternant, non ?

  • Marseille : une semaine prévention de la délinquance dans les 4-5

    Marseille : une semaine prévention de la délinquance dans les 4-5

    Après la Busserine ou Consolat, une nouvelle semaine de la prévention de la délinquance est organisée par la mission prévention de la délinquance auprès des jeunes en difficulté de la Ville de Marseille (MPDJD) et la mairie des 4e et 5e arrondissements, tout au long de la semaine. Outre des ateliers dans les centres municipaux d’animation, une journée gratuite rassemble nombre d’ateliers et d’animations ce mercredi 21 octobre au stade Vallier*.

    Le lieu a son importance. Sans être un des points les plus chauds de la ville, niché au cœur d’un habitat diffus, au sein d’une densité semi-urbaine, il concentre des conflits d’usages explique un des participants à l’opération avec « des jeunes qui font du sport, et d’autres qui squattent et qui consomment énormément de drogues », dans un quartier disparate en termes de revenus et qui n’est pas considéré comme prioritaire. Et reste pour le moment dépourvu en matière de dispositif de prévention.

    Tribunal judiciaire, police nationale, municipale, préfecture, Éducation nationale et de nombreuses associations ont répondu présents pour cette journée à destination des enfants et des ados. Au programme, des stands de sensibilisation aux « risques du quotidien », sur les relations parentales, la prévention des violences sexuelles et sexistes, l’engagement citoyen, sur les droits des enfants mais aussi des stands boxes, football ou des pistes de sécurité routière.

    * De 10h à 12h30 et de 14h à 17h au 2, bd. Françoise Duparc
    à Marseille (4
    e). Entrée libre.

  • [Assassinat du demi-frère d’Amine Kessaci] Aux assises, les profils des accusés passés au crible

    [Assassinat du demi-frère d’Amine Kessaci] Aux assises, les profils des accusés passés au crible

    Deuxième jour d’audience et même ballet incessant de membres des forces de l’ordre cagoulés et de véhicules blindés. Le procès du triple narchomicide n’en est encore qu’à ses prémices. Durant trois semaines de débats, les magistrats devront examiner les circonstances de l’assassinat brutal de trois jeunes hommes.

    Parmi les victimes, le demi-frère d’Amine Kessaci, figure de la lutte contre le narcotrafic qui, après une première journée « éprouvante », a de nouveau pris place dans la salle d’audience, sous étroite protection. Face aux cinq accusés, il a assisté, ce mardi, à l’examen de leurs personnalités au fil des interventions d’experts, pour la plupart en visioconférence. Les rapports de personnalité et expertises psychologiques, voire psychiatriques, présentés à la cour ont parfois été réalisés dans le cadre de cette affaire de triple assassinat, parfois dans le cadre d’autres procédures. Pour rappel, les cinq accusés avaient nié en bloc, la veille, leur implication dans le triple assassinat.

    Déjà connus de la justice

    Leur lecture dessine, au fil des interventions, des trajectoires marquées par la délinquance, le trafic de stupéfiants et, dans ce dossier, une possible bascule vers des faits d’assassinat, dont ils restent présumés innocents. Mais aussi de « mettre un peu d’humanité dans un dossier qui, parfois, en manque », estime l’un des médecins. Les cinq accusés présentaient déjà de nombreuses mentions à leur casier judiciaire. Leurs parcours sont souvent marqués par la précarité, des « carences affectives » – une expression revenue à plusieurs reprises -, ainsi que par des scolarités difficiles…

    La journée a notamment permis de lever le voile sur la personnalité d’Amine Oualane, présenté comme un supposé cadre de la DZ Mafia. « à 9 ans, je volais des sandwichs, c’était pour manger », déclare-t-il au président alors que son parcours était examiné. Dans ce dossier, il est soupçonné d’être l’un des tueurs présumés et un relais de Karim Harrat, considéré comme la figure centrale du dossier, sur le terrain. Une première enquête de personnalité, évoquée la veille, décrivait une enfance dans les quartiers nord de Marseille, marquée par des violences intrafamiliales, l’absentéisme scolaire et une première incarcération à 18 ans. Une psychologue, qui l’avait examiné dans le cadre d’une autre procédure, n’avait relevé ni « maladie psychiatrique » ni « déficience intellectuelle ».

    Une psychiatre a ensuite rapporté des évocations régulières de « la crainte des représailles et du danger », décrivant un personnage « méfiant » avec une « faible tolérance à la frustration » et des « traits de personnalité antisociale ». Amine Oualane a profité de l’audience pour revenir sur son parcours, rappelant qu’il n’avait jamais été mis en examen dans un dossier lié au trafic de stupéfiants. Il a également affirmé vouloir désormais « voir [ses] enfants grandir ». L’accusé s’est toutefois montré agacé lorsque l’avocate générale l’a interrogé sur une autre affaire. « Je vous le dis, vous êtes déjà dans le conflit », a-t-il lancé.

    Autre personnalité longuement examinée : celle de Malik Kariba, accusé d’avoir dissimulé, voire démembré, l’une des victimes. Lors d’un entretien avec un psychologue en 2022, l’accusé avait affirmé « agir sur ordre ». « Sa vie était en jeu, il a agi par obligation », déroule l’expert. Des « capacités intellectuelles limitées » et un « retard mental moyen » sont aussi soulignées par ce même médecin. Une psychologue clinicienne, cette fois présente à la barre, a décrit un homme qui « n’a pas la capacité d’anticipation d’un grand manipulateur ». Malik Kariba racontera à cette experte ce qu’il a découvert, à 15 ans : « Ma mère a accouché de moi et m’a donné le nom d’une autre personne. » Une dernière intervention autour du profil de Malik Kariba doit avoir lieu ce mercredi. Les directeurs d’enquête pourront ensuite entamer leur passage à la barre.

  • Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Mouvement lycéen, avenir de Fibre Excellence à Tarascon, ligne THT… Le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a fait le point, ce mercredi 14 octobre, sur les grands sujets en cours et à venir sur le territoire.

    La doctrine inchangée sur le mouvement lycéen

    Fixée au niveau national, rappelle le préfet, la doctrine reste inchangée sur le déploiement des forces de police pour « accompagner le mouvement ». Et de s’adresser plus officiellement aux lycéens qui manifestent : « Faites attention, une manifestation peut susciter des tensions, de l’enthousiasme et des effets de foule, cela peut entraîner parfois des gens à faire des choses qu’ils n’auraient pas eu l’idée de faire. Ce qui met en danger beaucoup de monde. » Revenant sur la manifestation de la veille, mardi, qui s’est « bien passée », Jacques Witkowski alerte sur un contexte qui peut dégénérer : « Tout le monde arrive à un point de fatigue, on est sur le fil du rasoir des deux côtés. » Il se félicite également que des mobilisations aient été encadrées par des syndicats, « ce qui facilite » les choses avec « un parcours notamment ».

    Le préfet revient sur les derniers faits de violence, comme ce policier à Saint-Charles, mardi, qui s’est pris un coup de marteau sur la tête. Soit « 58 policiers ayant été blessés depuis le début du mouvement ». On compte aussi 900 interpellations sur la zone Sud, 336 dans le département « essentiellement des mineurs ». « Un jeune a été arrêté cette nuit à Martigues en possession de quatre bouteilles incendiaires », annonce-t-il. Quant à la journée du 17 octobre, « nous n’avons aucun renseignement et aucune déclaration de manifestation déposée », assure-t-il.

    Bientôt du neuf

    sur la ligne THT ?

    Le projet de ligne à très haute tension, 65 km à 400 000 volts, porté par RTE (Réseau de transport d’électricité) pour alimenter les bassins Ouest du Grand port maritime et qui suscite de nombreuses contestations sur son trajet, suit son cours. La logique voudrait qu’une enquête publique ne tarde pas à être déclarée pour que chacun donne son avis et que la question soit tranchée avec la présidentielle en 2027.

    Le risque « géré » à Fibre excellence Tarascon

    Sur la situation du site de Fibre excellence à Tarascon, la liquidation « se poursuit avec hélas un comportement incompréhensible du liquidateur », déplore Jacques Witkowski, « ce qui nous a amenés à faire des choses inédites ». Pour mémoire, le syndicat CGT a dénoncé la contamination des eaux du Rhône après l’arrêt de l’usine de pâte à papier et de sa station d’épuration. Faute d’avoir « réussi à convaincre », les services de l’État ont dû contraindre puis faire deux articles 40 avant de se substituer, rappelle le préfet. L’Ademe a pris la main pour piloter les opérations de sécurisation, et après un appel d’offres d’urgent, elles ont été sous-traitées à Suez. Le tout à la charge du liquidateur. « Le risque, on le gère, mais je n’en resterai pas là », prévient le préfet.

    Quant à la vente puis à la reprise du site, elles ne seront possibles que lorsque la pollution aura été clairement évaluée et validée par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). « On a des repreneurs avec des candidatures sérieuses », révèle-t-il en partie pour « des activités industrielles », mais visiblement pas de papetier.

    Un centre d’accueil

    pour les consommateurs de crack

    Sur la consommation de crack exponentielle dans certains quartiers, « un véritable problème sanitaire et social, on n’a pas mal progressé », estime le préfet. Un troisième Caarud (Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues) temporaire de 17 places va ouvrir ses portes, la semaine prochaine et jusqu’en janvier, sur un terrain de la SNCF, aux alentours de la gare Saint-Charles. De quoi compenser aussi la fermeture de l’autre Caruud, le Sleep In, le 26 mai, pour insalubrité, et dont les « travaux sont en bonne voie », en attendant de « trouver une solution plus pérenne ».

    Le procureur de la République a aussi mis en place un Groupe local de traitement de la délinquance, précise le préfet. Une première opération, le 29 septembre, a permis de mettre de jeunes femmes à l’abri avec injonctions thérapeutiques, « elles restent dans les structures qu’on a et s’engagent dans un accompagnement ». Tous les hommes étant eux repartis. « Je souhaiterais agrandir le périmètre de l’hébergement temporaire pour les plus fragiles, destiné aux consommateurs de stup’, sans impacter financièrement la mise à l’abri classique », ajoute Jacques Witkowski, espérant obtenir gain de cause auprès du gouvernement. Quant à la halte soins addiction pour laquelle plaident la Ville de Marseille et des associations, le préfet se met à disposition de qui lui trouvera un local, « et on essaiera de faire quelque chose ». Une position invariée depuis dix mois, assène-t-il.

    Un budget métropolitain compliqué

    Alors que la décision modificative du budget de la Métropole va être soumise au vote ce jeudi 15 octobre, le préfet ayant dû saisir la Chambre régionale des comptes en avril dernier, les élus de la collectivité refusant d’entériner la baisse des dotations de l’État, Jacques Witkowski se félicite qu’elle ait repris « sa ligne budgétaire ». Pour faire face à un « déséquilibre » de 144 millions d’euros, ce dernier avait proposé de tailler 53 millions dans les attributions de compensation faites aux communes, au grand dam des maires. La Métropole a depuis trouvé une « solution comptable » avec cette décision modificative, assure-t-elle dans un communiqué mardi. « J’espère que le budget 2026 trouvera un point final d’exécution, il est temps », souhaite-t-il, augurant d’un budget 2027 tout aussi compliqué, sur fond d’austérité.

  • Agir sur les jeunes avant qu’ils ne soient pris par le réseau

    Agir sur les jeunes avant qu’ils ne soient pris par le réseau

    Avec la répression, la prévention pour marcher « sur nos deux jambes » et « éviter que nos jeunes tombent du côté obscur » a introduit la préfète de police, Corinne Simon lors des deuxièmes assises de la prévention de la délinquance ce jeudi 8 octobre. Une première en France. Après avoir posé les bases lors de premières assises en février, place à l’action et au partage de savoir-faire. Dans la salle, des représentants de l’Éducation nationale, de la PJJ, des référents de CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), des élus, des magistrats, des associatifs et bien sûr policiers et gendarmes.

    « Nous avons plein de liens à faire entre nous pour être efficient » estime le président de la Midelca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), Nicolas Prisse. À la tribune, la présidente du Département, Martine Vassal (DVD) revient aussi sur cette volonté d’avancer, pointe « des manques au niveau de la coordination ».

    Concrètement, « nous déférons 700 mineurs chaque année, si on peut en agir sur 20% d’entre eux, on aura déjà gagné le pari de la prévention secondaire », estime Céline Raignaut, procureure adjointe, à la tête de la division des mineurs du tribunal de Marseille. Substitute du procureur à Aix-en-Provence, Coralie Jaquet témoigne de l’arrivée de ces gamins « précaires et vulnérables » qui viennent « jobber dans les Bouches-du-Rhône » : 109 impliqués dans le trafic de stupéfiants sur sa juridiction dont 20 déférés.

    Des projets multiples

    Face à ce constat, des expériences, positives, ont été menées. Dans le cadre du projet Limits (Limiter l’implication des mineurs dans les trafics de stupéfiants) à Sarcelles, Loos et Lille rappelle Nicolas Prisse. Aix-en-Provence s’y est aussi lancée témoigne Christine Trossero, cheffe proximité du CLSPD, à la recherche des « petits signes comme le décrochage scolaire, des réactions violentes » permettant le suivi d’une trentaine de situations. Centre de loisirs jeune de la police qui reçoit les collégiens, interventions des gendarmes en milieu scolaire, capsules vidéo pour s’adresser aux ados sur les réseaux sociaux, média favori des trafiquants… Chacun apporte sa pierre à l’édifice. Jusqu’à ce qu’Amine Kessaci (EELV), adjoint au maire de Marseille en charge de la jeunesse, bouscule un peu le débat. S’il insiste lui aussi sur la nécessaire coordination, « la prévention n’est pas à la hauteur de la violence de ces réseaux, nous avons tout à réécrire » balance l’élu qui préconise un fort engagement de l’État ou de s’inspirer de l’exemple italien.

    En attendant, le travail de dentelle se poursuit. Une lettre d’engagement entre préfecture de police, Midelca et Département, a été signée pour la création et le financement d’une cellule d’écoute et d’accompagnement des familles, en collaboration avec les institutions et une association, sur le modèle de celle installée au niveau départemental sur la radicalisation. Pour rattraper « ces jeunes sur le point de basculer, les sortir de la spirale », avec « leur libre adhésion » précise le directeur adjoint de la préfète, Pierre Gilardeau. Elle se réunira dès novembre avant de nouvelles assises en 2027.

  • [Entretien] Stéphane Pichon : « Oui à une halte soins, mais à l’hôpital »

    [Entretien] Stéphane Pichon : « Oui à une halte soins, mais à l’hôpital »

    La Marseillaise : Face aux conséquences sociales et sanitaires de la consommation de crack à Marseille, le maire Benoît Payan (DVG) réclame au gouvernement l’installation d’une halte soins addiction. Un projet en son temps décrié par la droite. Quelle est votre position ?

    Stéphane Pichon : On avait une proposition, pendant les élections municipales, qui me semblait être le bon sens pour satisfaire tout le monde : que les HSA se fassent, mais en milieu hospitalier, pour différentes raisons. Et j’ai vu que le directeur de l’AP-HM était favorable à l’accueil de ces structures au sein des hôpitaux marseillais [ce dernier préconisant également en premier lieu l’installation d’un équipement de proximité, Ndlr.]. C’est quelque chose qui me satisfait, parce que je suis élu, mais, avant tout, je suis pharmacien de profession, et j’ai longtemps œuvré pour la prévention et la réduction des risques. J’ai été un des fondateurs de Croix-Verte et Ruban Rouge, avec la distribution des Stéribox et du préservatif à 1 franc, à l’époque. L’idée n’est pas de laisser tomber les gens, mais de les prendre en charge.

    Pensez-vous que les consommateurs vont faire le chemin jusqu’à l’hôpital ?

    S.P. : Oui, si les associations font leur travail et leur expliquent. Il y a une expérience de HSA qui a été faite à Paris, dans le 10e arrondissement, où il y a quand même des heurts avec la population, quoi que l’on en dise, et la même expérience faite à Strasbourg, qui apporte, elle, toute satisfaction. Aujourd’hui, Marseille reste une ville avec des quartiers relativement pauvres. Est-ce qu’on doit rajouter à la misère du conflit ? Est-ce que vous pensez qu’on doit cumuler les problèmes ? Dans un quartier où il y a du trafic, une population déjà qui a du mal à s’en sortir, doit-on rajouter des files d’attente de personnes qui attendent pour s’injecter [des produits] ? À Paris, vous avez des files d’attente importantes, avec 80% des gens qui attendent dehors.

    Comment allez-vous porter politiquement cette idée ?

    S.P. : En m’exprimant dans les médias, et si le maire me donne la parole, je l’évoquerai en conseil municipal. Il y a urgence et on ne peut pas être targué de laisser les gens à l’abandon. Alors, même s’il y a une contrainte pour ces personnes, qui est de se déplacer dans un lieu de soins… Pour moi, professionnel de santé, ce soin, c’est un soin global et pas une salle de shoot. N’oublions pas que ces gens ne sont pas des cas, mais des humains. Évidemment, cela dépasse aussi le domaine de la santé et touche à la justice, la lutte contre délinquance. Mais il me semble que mettre en place ce genre de structure, c’est quand même ce qu’il y a de plus facile.

  • À Marseille, le foyer pour ados Calendal doit fermer ses portes

    À Marseille, le foyer pour ados Calendal doit fermer ses portes

    Par arrêté préfectoral du 4 septembre 2026, la Mecs (Maison d’enfants à caractère spécialisé) de l’association JB Fouque, dans le 5e arrondissement, doit cesser son activité et fermer ses portes, le 7 janvier prochain. Elle dispose de 52 places d’hébergement pour des jeunes de 13 à 21 ans, avec la particularité d’accueillir dix mineurs suivis par la protection judiciaire de la jeunesse.

    à la veille des Assises de la protection de l’enfance, de nouvelles places destinées aux jeunes confiés par l’Aide sociale à l’enfance disparaissent encore, en raison de dysfonctionnements. Soit 25 places en internat pour les garçons, confiés par l’Aide sociale à l’enfance et par la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse). « Les 27 autres en appartements dans le diffus pour garçons, et pour filles depuis 2021, devraient être conservées », espère encore Malik, représentant syndical Sud Solidaires, très inquiet de n’avoir « aucune précision de la direction de JB Fouque sur le suivi des jeunes, ni de proposition pour les personnels ».

    Une gouvernance instable

    Ils ne sont plus que 28 salariés sur une quarantaine, après « des démissions, des départs chez les cadres en rupture conventionnelle, des arrêts de CDD et plus aucun recours à l’intérim », décrit l’éducateur. Depuis 2021, ce ne sont pas moins de « quatre directions différentes qui se sont succédé » à la tête de l’établissement. De quoi sentir le mauvais vent venir. « Une enquête du Département, à l’été 2026, a permis d’écarter toute suspicion de maltraitance », précise Malik. L’Arrêté mentionne en effet « une instabilité importante de la gouvernance ». Ce n’est que le 7 septembre dernier, avec l’arrivée de l’administrateur judiciaire, que les personnels ont été informés « de la cessation définitive d’activité et de la vente de la bâtisse ».

    Du côté des jeunes confiés, « 19 sont encore en appartement et 8 en internat, les autres ont été replacés dans d’autres Mecs ». Sur les neuf établissements que possède l’association JB Fouque qui, contactée, n’a pas donné suite, deux ont déjà fermé, le Service éducatif d’adaptation progressive (SEAP) des Caillols dans le 12e et l’Institut médico-éducatif (IME) Les deux platanes dans le 5e.

  • La préfète de police s’empare de la loi Ripost contre le stup’ et la délinquance

    La préfète de police s’empare de la loi Ripost contre le stup’ et la délinquance

    Pas moins de 300 gendarmes et policiers dans les quartiers, sur les routes et dans les transports en commun, dans les commerces, ont été mobilisés ce mercredi 30 septembre pour « lutter contre la délinquance en règle générale, et contre le trafic de stupéfiants », explique la préfète de police déléguée Corinne Simon, qui compte bien utiliser tous les leviers légaux mis à sa disposition. Dont la toute nouvelle loi Ripost promulguée en août.

    Le texte sanctionne notamment les rodéos urbains, la consommation de protoxyde d’azote, jusqu’à un an de prison, et rehausse le tarif de l’amende forfaitaire spécifique (AFD) de 200 à 500 euros, cette dernière figurant au casier judiciaire en cas de consommation de stupéfiant. Car c’est le consommateur qui est aussi visé, « le premier maillon de la chaîne », insiste Corinne Simon. Ripost permettant de suspendre le permis de ce dernier, même s’il est à pied, pour six mois en cas de « réitération », soit après deux contrôles, précise-t-elle. Des outils efficients et complémentaires à ceux existant considère la préfète.

    Une belle prise

    Une loi « fourre-tout » et qui porte atteinte aux libertés publiques dénonçait la CGT Intérieur. Quant aux AFD, le montant de leur règlement peine à être connu et leur taux de classement sans suite par les parquets locaux atteint 79% pointait la Cour des comptes dans un rapport publié en avril dernier.

    Mais ce jour-là, l’opération a néanmoins permis de mettre au jour un des maillons de la chaîne du trafic. Un commerce d’emballages du 15e arrondissement qui fournit au réseau voisin les sachets pour conditionner la drogue. « C’est ce que l’on retrouve sur nos points de deal », commente la commandante Laure Gambini de la division Nord, ravie de cette prise. À raison de 10 euros le sachet, chaque paquet en contenant 100, « cela représente des milliers d’euros » ajoute-t-elle, avant de lancer une vaste perquisition. Elle soupçonne également du travail dissimulé. L’employé se présentant comme le gérant ne l’étant pas franchement, il est embarqué en garde à vue. Un premier commerce du genre dans le 14e a été condamné en mars. « Ils se sentent un petit peu au-dessus des lois, disant qu’ils ne font que du packaging », constate Sébastien Lautard, directeur adjoint de la police des Bouches-du-Rhône, « mais ils sont dans le collimateur ».