Category: edito

  • Une bouffée d’espoir

    Une bouffée d’espoir

    Il y a la dette, le déficit public… tout le monde doit passer à la caisse, c’est comme ça, nous expliquait doctement la semaine dernière, David Amiel, le ministre des Comptes publics, rappelant le cap donné par Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron qui se résume
    en trois mots : « Austérité, austérité
    et austérité.
     » Mais attention, nous disait aussi le ministre, les très riches ont déjà donné les deux dernières années… il ne faudrait surtout pas les accabler de gros mots comme « impôts », « taxes », « prélèvements », « contribution » ou « charges ». Leur représentant syndical, le président du Medef, Patrick Martin, dénonce avec force le « carcan » français et appelle en bon capitaliste à « libérer » l’économie selon un axiome bien connu : moins d’impôts, moins de charges, plus de marges, plus de dividendes.

    Moins de salaires, plus de profits

    Cette course aux profits maximum et court-termiste, poursuivie des décennies durant, tape le mur, de plein fouet. Lorsque des salariés sont obligés d’aller aux Restos du cœur ou au Secours populaire pour manger, lorsque des centaines
    de milliers de familles n’arrivent plus à se loger correctement, lorsque
    les travailleurs qui
    ont pour ambition de vivre dignement et honnêtement de leur labeur, n’arrivent plus à faire un plein d’essence pour se rendre au bureau ou à l’usine, quand les budgets des services publics et des collectivités sont réduits à la portion congrue. Détricotant, fil après fil, notre modèle social français. Cette année d’élection doit nourrir l’espoir d’un changement radical de politique en lien direct avec ce mouvement social en ébullition. Comme
    une bouffée d’espoir.

  • Faire entendre la voix des communes

    Faire entendre la voix des communes

    À quoi sert le Sénat ? La question mérite d’être posée à propos de la seule assemblée de notre République élue au suffrage indirect.

    Au fil de l’histoire de notre pays, la chambre haute du parlement a été avant tout conçue comme un moyen de « modérer » l’Assemblée nationale élue directement par le peuple. De fait, sous la Ve République, la domination du camp conservateur sur le palais du Luxembourg n’a été interrompue que par une parenthèse de 3 ans de 2011 à 2014.

    On l’a oublié mais c’est sa défaite lors du référendum sur une réforme du Sénat qui a conduit le général de Gaulle à quitter le pouvoir en 1969. Il souhaitait le fusionner avec le conseil économique et social et lui donner une fonction uniquement consultative.

    Question politique

    Depuis, différentes réformes constitutionnelles ont fini par faire du Sénat la « chambre des territoires », chargée de faire entendre la voix des collectivités territoriales et des élus qui les gèrent.

    Et pourtant, les communes, métropoles, départements et régions sont aujourd’hui exsangues. Leurs budgets sont pressurés par les logiques d’austérité. La République de proximité est en danger.

    Faire entendre la voix des communes et des autres collectivités n’est donc pas une question institutionnelle mais bien politique.

    Pour y parvenir, il ne suffit pas aux grands électeurs de compter sur le Sénat mais il faut y élire des candidats qui ne votent pas un budget de l’État en contradiction avec l’intérêt des territoires.

  • Tableau noir

    Tableau noir

    Interdiction du portable au lycée et questionnaire sur les violences sexuelles : ces deux nouveautés annoncées en grande pompe par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, ne peuvent être l’arbre qui cache la forêt. Car c’est sous le signe de l’austérité budgétaire que se déroule la rentrée scolaire 2026-2027, en pleine année de campagne présidentielle. La Loi de finances 2027 prévoit un budget pour l’éducation à la hausse de quelque 800 millions d’euros sur une enveloppe totale de 65 milliards. Mais ces 800 millions seront avalés par l’inflation et ne changeront pas la réalité, notamment le gros point noir des rémunérations des enseignants et des personnels et, plus largement, de tous les fonctionnaires et assimilés. Car le cap
    du gouvernement Lecornu est à l’austérité.

    Le service public détérioré

    La baisse de la démographie aurait pu cette année être une chance historique pour réduire le nombre d’élèves par classe. Mais le choix fait par le gouvernement est à l’opposé, des classes sont supprimées. L’école illustre la détérioration du service public au profit d’une politique tournée vers le patronat et les entreprises du CAC40. Il est significatif que le premier débat public de la présidentielle entre une partie des candidats se soit déroulé lors de la rentrée du Medef. Les candidats de droite ont redoublé de courbettes à l’égard de leurs obligés mais la palme revient à la frontiste Marine Le Pen. L’héritière du parti à la flamme a donné des gages au patronat en promettant de présenter « juste avant le débat budgétaire [sa] trajectoire de rétablissement des finances publiques avec 125 milliards d’euros d’économies ». Preuve, s’il en fallait une de plus, que l’extrême droite choisit toujours les puissants contre le peuple et ses enfants.

  • Le budget à l’os des Universités

    Le budget à l’os des Universités

    Les universités françaises vont mal ; financièrement s’entend. Le futur budget de la Nation redressera-t-il la barre ? Rien n’est moins sûr. Le plafond prévisionnel 2027 du budget de l’enseignement supérieur et de la recherche est fixé à 31,8 milliards d’euros, soit une légère hausse à peine au-dessus de l’inflation, donnée fluctuante s’il en est. Il ne sera donc, sans surprise, absolument pas au niveau des défis que doivent relever les universités déjà étranglées comme le révèle le rapport issu des Assises du financement des universités, rendu public le 24 juin.

    Ouvrir le débat démocratique

    De plus, ce budget, selon le gouvernement, « confortera les moyens des grands opérateurs de recherche, notamment le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), le CNRS (Centre national de la recherche scientifique), le Cnes (Centre national d’études spatiales), ainsi que ceux dédiés à la vie étudiante ». Des étudiants menacés de voir leur aide au logement réduite.

    Cerise sur le maigre gâteau budgétaire, faute de majorité pour la macronie à l’Assemblée nationale, la loi de finances 2027 pourrait ne pas être votée à huit mois de l’élection présidentielle et laisser place à une loi spéciale reconduisant le précédent budget.

    Une année « blanche » ? Plutôt « noire » pour le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Aussi, la décision des présidents d’universités de se mêler du débat lors de la campagne présidentielle, est une bonne nouvelle : le débat démocratique doit s’ouvrir et, parmi les enjeux du scrutin, la question des moyens publics pour les universités n’est pas la moindre.

  • Gloire à l’art de rue !

    Gloire à l’art de rue !

    À la confluence du sport, de la danse et de la culture, cet événement
    à nul autre pareil va s’adresser aux jeunes du sud de la France pendant une semaine avant de leur ouvrir l’Opéra de Marseille le 13 septembre pour assister à une compétition opposant Bboys et Bgirls du monde entier. Après le palais du Pharo, celui de la Bourse ou encore l’espace Bargemon, La Marseillaise breaking cup investit ce nouveau lieu extraordinaire avec le même enthousiasme et la même fierté. Forgés au pied des tours, le breakdance comme son public jeune et populaire, méritent les plus beaux cadres d’expression.

    Rien n’est trop beau pour la jeunesse populaire

    La Marseillaise s’enorgueillit de compter Mofak dans ses rangs pour jouer le rôle de directeur artistique. Enfant du Clos dans le 13e arrondissement de Marseille, il a travaillé avec des artistes internationaux tels que Madona ou Snoop Dogg et s’est imposé comme une référence dans le monde du hip-hop. Nouveauté cette année : un espace d’exposition en libre accès s’ajoute au dispositif dans le siège historique rénové de notre journal.

    Dans un contexte où les quartiers populaires et notamment sa jeunesse sont régulièrement pointés du doigt dans le débat public et où notre société se fracture, La Marseillaise breaking cup est une bouffée d’air frais, un moment de rencontre ouvert à toutes et tous et gratuit comme il en existe trop peu.

    Pour La Marseillaise, vous, les jeunes des quartiers populaires, avez droit à une perspective de progrès, un travail et des activités culturelles. Aucun jeune ne mérite de subir la violence, les trafics, la stigmatisation.

    Rien n’est trop beau pour la jeunesse populaire. La preuve : La Marseillaise est votre journal. Gloire à l’art de rue !

  • Notre mer, un océan d’inhumanité

    Notre mer, un océan d’inhumanité

    La Méditerranée n’est plus seulement un immense cimetière de migrants creusé par l’inaction des gouvernements européens, elle est devenue le théâtre d’une violence croissante.

    Il y a un an, l’Ocean Viking, navire de l’association de sauvetage en mer SOS Méditerranée, avait essuyé des tirs de la part de garde-côtes libyens, causant d’importants dégâts matériels et un grave traumatisme pour les personnes à bord. Depuis, l’association dénonce une multiplication des interceptions de plus en plus violentes de personnes en détresse en mer et des « poursuites » de navires de sauvetage jusque dans les eaux internationales par des groupes armés.

    Impunité et indifférence

    Tout cela dans l’impunité s’agissant des garde-côtes libyens et dans une indifférence complice des gouvernements européens. Ceux-là mêmes qui ont fait de la Libye une plaie ouverte dans la rive sud de la Méditerranée où les migrants subissent l’esclavage, les viols et la faim.

    Comment accepter que des mafias paramilitaires se développent dans notre mer commune en instrumentalisant la misère humaine et ses conséquences ?

    Tandis que SOS Méditerranée sonne l’alerte, d’autres violences ont éclaté en Grèce dans des centres de rétention où la police anti-émeute a été envoyée.

    Cette situation est intenable. Pourtant un autre chemin existe : le respect des droits humains, du droit de la mer, des conventions internationales et le codéveloppement pour faire de la Méditerranée un espace de prospérité commune plutôt qu’un océan d’inhumanité.

  • La bataille du budget se profile

    La bataille du budget se profile

    Un pas en avant, trois pas en arrière… c’est la politique du gouvernement. L’adage maintes fois entendu dans les manifestations sied particulièrement bien à la période.

    À l’approche de la rentrée, l’exécutif multiplie les ballons d’essai pour tester l’opinion en vue de la préparation du budget de l’État. Le dernier de l’ère Macron qui, en dix ans, aura vu s’accroître considérablement les inégalités dans notre pays. Minoritaire à l’Assemblée nationale, ce gouvernement semble déterminé jusqu’au bout à mettre en œuvre une politique libérale et d’austérité pourtant désapprouvée à plusieurs reprises par les Français.

    Tactique

    Des rapports fuitent opportunément pour préparer les esprits à des économies sur les APL, des taxes sur les retraités, une augmentation des franchises médicales tandis que le Premier ministre assure que rien n’est décidé.

    Sans doute espère-t-il éviter l’effet « musée des horreurs » qu’avait imprimé dans l’opinion la présentation du projet de budget de son prédécesseur François Bayrou et qui avait entraîné son départ de Matignon.

    Pour autant de nombreuses mobilisations sociales sont d’ores et déjà programmées pour septembre et l’approche de la présidentielle ne devrait pas contribuer à l’apaisement des échanges dans le débat parlementaire.

    Plutôt que de chercher la meilleure tactique pour infliger de nouvelles coupes budgétaires, Sébastien Lecornu serait bien inspiré d’accepter le débat sur les recettes. Les 500 plus grandes fortunes de France cumulent 1 200 milliards d’euros de patrimoine quand les dépenses de l’État se situent à environ 455 milliards en 2025.

  • Creuset de la Résistance

    Creuset de la Résistance

    Nous croyons tout savoir sur le destin de Jean Moulin, son rôle décisif dans la Résistance, sa fin sous la torture nazie, son entrée au Panthéon, son visage à la fois doux et déterminé immortalisé par de très rares photographies.
    Le visage d’un héros de l’ombre qui ne sut jamais la fin de l’histoire, rien de la victoire sur la bête immonde. Rien de sa réussite à lui, l’unificateur des mouvements résistants et artisan de la création du Conseil national de la résistance, le CNR.

    Mais l’historiographie s’enrichit de nouvelles découvertes et de révélations. Ainsi, grâce aux travaux de jeunes historiens, l’endroit précis de son point de chute en Provence, après son parachutage au cœur de la nuit, est connu, borné par une stèle.

    Jean Moulin dans la lumière

    Il est désormais possible de partir sur les traces
    de « Rex » en Provence
    et en particulier à Marseille. Cette enquête de La Marseillaise sur les traces de Jean Moulin permet de mettre à jour son parcours dans la ville, rue par rue, de réunion en réunion. Tout cela dans la clandestinité la plus totale. Suivre les traces marseillaises de Jean Moulin c’est prendre conscience que la cité phocéenne fut le creuset de la résistance en France.

    Jean Moulin va être mis aussi dans la lumière dans quelques semaines grâce à la sortie du film réalisé par László Nemes et consacré au Héros de la résistance avec les acteurs Gilles Lellouche dans le rôle-titre et Lars Eidinger en bourreau. Il sortira au cinéma en France le 28 octobre. En attendant, marchons dans les pas des résistants au moment même où dans les villes et villages de Provence, les célébrations de la Libération ont lieu pour ne jamais oublier.

  • La force du collectif

    La force du collectif

    L’épilogue de la précédente saison de l’OM a eu lieu sur les pelouses de la Coupe du Monde. Le seul joueur de l’effectif 2025-2026 à faire partie de l’équipe de France était… le milieu de terrain Adrien Rabiot. Celui qui quelques semaines après le début de la saison avait été prié de quitter le club suite à une rocambolesque « altercation » avec Jonathan Rowe… L’OM en a payé l’addition comme on paye les musiciens à la fin du bal. Avec une deuxième partie de saison catastrophique, en roue libre, un avion sans pilote qui naviguait à vue, au fil des matches, en trottinant, parfois même pas. Jusqu’à l’entraîneur, en l’occurrence Roberto De Zerbi qui en arrive à jeter l’éponge. « Vivement que ça se finisse ! », était la phrase la plus récurrente et la plus entendue durant ce chemin de croix.

    Renverser
    la table

    Alors qu’attendre
    de la nouvelle équipe dirigeante de l’Olympique de Marseille ? Tout ! Évidemment. Que le club retrouve des couleurs et avec lui ses supporters. Que ce nouveau départ, qui rabat beaucoup de cartes, permette de souder un collectif, qui à l’instar de Lens contre le PSG lors du trophée des Champions, soit en capacité de renverser la table dans n’importe quel match. Là encore, les difficultés financières de l’OM rendent assez improbable l’arrivée d’une pléthore de joueurs de premier plan d’ici le 1er septembre. Mais ce n’est peut-être pas plus mal d’être acculé à devoir se serrer les coudes, à mouiller
    le maillot et à compter les uns sur les autres plutôt que dans une « individualité » qui ferait la différence à
    tous les coups.
    S’il y a un chemin à suivre, c’est celui du collectif, dont la force est parfois insoupçonnable.

  • Bataille culturelle

    Bataille culturelle

    Si l’élection présidentielle du printemps prochain donne le tempo de la rentrée politique en France, la tenue des différentes universités d’été des gauches, qui va commencer ce jeudi jusqu’à la fin du mois d’août, révèle l’importance de la réflexion et du débat d’idées. Ces rendez-vous militants mettent aussi à jour les grands thèmes qui devront charpenter les projets pour une autre politique. Ce sera donc aussi l’heure de dresser le bilan désastreux du macronisme et d’ouvrir des perspectives.

    Les défis sont nombreux et, le premier, sera de convaincre les citoyens et les très nombreux Français qui se détournent de la chose publique, de s’emparer de ces questions vitales : santé, éducation, démocratie, droits, égalité, etc.

    La question sociale est centrale

    Pour les progressistes, répondre à la question sociale doit demeurer la priorité. Pour rétablir ce qui a été détruit mais, surtout, pour proposer de nouvelles conquêtes sociales. Cela ne peut se réaliser en vase clos. Le mouvement social doit être associé et même devenir le moteur des changements si nécessaires.

    La Ve République et son présidentialisme outrancier piétinent la dimension collective indispensable pour arracher la justice sociale. Le patronat a fait son choix et franchit la ligne noire en discutant avec l’extrême droite RN. La droite dite classique fait sienne les propositions rances du parti à la flamme. Une bataille culturelle est à l’œuvre pour promouvoir ces thèmes. Les gauches doivent aussi imposer leur récit.