Tag: Amine Kessaci

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Amine Kessaci

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Amine Kessaci

    Jeunesse, narcotrafic, Marseille habitat, actualité marseillaise…

    À vous la parole ⬇️

  • Amine Kessaci élu à la tête de Marseille Habitat

    Amine Kessaci élu à la tête de Marseille Habitat

    « Sil a 22 ans et est très certainement le plus jeune président des bailleurs sociaux du pays, il a beaucoup d’ambition pour les habitants », promettait le maire (DVG) Benoît Payan. Ce mardi matin, sans surprise, c’est le 4e adjoint (EELV) au maire de Marseille, Amine Kessaci, qui a été élu à la tête de Marseille Habitat, le bailleur social de la municipalité, prenant la succession de l’ancienne adjointe (PS) à la politique de la ville, aujourd’hui chargée de l’urbanisme, Audrey Gatian.

    « J’ai conscience de toutes ces problématiques, conscience de tout ce que cela implique pour notre ville », assurait le jeune militant écologiste face au conseil d’administration largement renouvelé. En rappelant son enfance dans les logements sociaux de Frais Vallon (13e). « Toute ma vie, j’ai aidé mes parents, mes voisins, à écrire des courriers l’hiver pour dire qu’on avait froid, que l’eau chaude ne fonctionnait pas, que les ascenseurs étaient en panne », témoignait-il, en promettant qu’il saura « répondre au téléphone, me déplacer, aller rencontrer et aussi trouver les solutions lorsque cela sera nécessaire, aller chercher des moyens ».

    Rénovations urbaines

    Au moment de présenter sa candidature, le maire Benoît Payan prend le temps aussi de saluer le travail déjà réalisé lors de la précédente mandature, « un premier mandat de consolidation », avant de promettre de faire de la société d’économie mixte « un exemple en France ». Certes, le passé n’est jamais loin : le procès en appel des effondrements de la rue d’Aubagne se tiendra à partir du 2 novembre, avant l’audience en septembre 2027 sur les intérêts civils.

    Mais d’autres chantiers majeurs ont déjà été engagés. « Marseille Habitat est un bailleur qui répare, engage de nouveaux chantiers, des démolitions d’immeubles », brosse rapidement Amine Kessaci, évoquant la cité Kallisté, ancienne copropriété reprise par la société d’économie mixte où a été engagée la démolition, en février, du bâtiment G (notre édition du 18/02), ainsi que Félix-Pyat où doit être démolie la tour B. Autre chantier en coulisse, la recapitalisation du bailleur social, dont le conseil municipal avait déjà approuvé le principe, en décembre dernier, à hauteur de 22,5 millions d’euros afin de mener à bien son plan stratégique patrimonial pour notamment rénover 59 immeubles. La Ville doit apporter la moitié des fonds, reste aux actionnaires minoritaires 
    -Caisse d’Épargne, Action logement et la Caisse des dépôts- à se prononcer.

    Surtout, le jeune militant contre le narcotrafic espère faire de Marseille habitat le fer de lance pour reloger les familles de victimes. « Nous allons mettre tous les acteurs autour de la table pour expliquer l’urgence de reloger ces familles et donc de créer un contingent spécifique dédié à leur relogement », explique-t-il, en précisant que le bailleur marseillais ne portera pas seul cette responsabilité.

  • Face à des narcotrafiquants puissants, l’État tente de s’organiser

    Face à des narcotrafiquants puissants, l’État tente de s’organiser

    Un électrochoc. C’est ce que souhaitait Amine Kessaci, aujourd’hui adjoint au maire de Marseille, au lendemain de l’assassinat de son frère Mehdi le 13 novembre dernier, dénonçant inlassablement l’emprise d’un narcotrafic de plus en plus puissant et violent. Un meurtre « d’intimidation » qui marquait un « point de bascule » avait analysé à chaud le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez (alors que l’hypothèse d’une erreur sur la cible est plus que probable selon Le Monde de ce 12 mai), ce dernier promettant de se rendre régulièrement à Marseille.

    Depuis, il y a annoncé le 9 avril la reprise en main par la police judiciaire (PJ) des opérations et surtout une meilleure coopération entre les services. Il a aussi lancé un plan « Investigation » pour renforcer les capacités de la PJ pour faire face à l’évolution du crime organisé mais surtout remédier à la crise de la filière après la réforme de la police nationale. D’après une mission d’information menée en 2025 pour en faire le bilan, 82% des fonctionnaires se disaient insatisfaits de leurs conditions de travail et 77% en sous-effectif.

    Concrètement, la préfète de police déléguée n’a de cesse de relayer le message de l’État assurant de sa « mobilisation déterminée contre le narcotrafic, avec un recours rapide et ferme à tous les leviers disponibles », au fil des annonces de saisies de cannabis ou de cocaïne.

    Des policiers mobilisés

    Fin avril, elle affichait un bilan positif de « +18% de mise en cause au premier trimestre 2026 » soit un total de 1 044 personnes. Outre l’enquête, la doctrine, c’est aussi de s’attaquer aux petites mains avec les interdictions administratives de paraître, le cap des 200 ayant été franchi fin avril dans les Bouches-du-Rhône, sans oublier les consommateurs avec 8% d’augmentation des amendes forfaitaires délictuelles pour stupéfiants au premier trimestre 2026.

    Les maires tentent aussi d’agir. Une fiche pratique élaborée par la gendarmerie nationale, avec l’Association des maires de France (AMF), a été publiée cette semaine sur la plateforme Gend’élus évoquant notamment la prévention.

    Reste que la tâche est immense. Dans son rapport rendu le 10 avril sur l’état de la menace, le Sirasco (Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée) pointe un « niveau de violence sans précédent », des « profits criminels [qui] s’accroissent », et des réseaux qui « ont su mettre à leur profit toutes les avancées technologiques » indiquait sa cheffe, Annabelle Vandendriessche.

    De la technocratie pour la CGT

    Réagissant à l’annonce du plan « Investigation » et de ses 125 mesures, la CGT Intérieur estime que le gouvernement « empile les mesures techniques sans jamais affronter la réalité : la police judiciaire traverse une crise structurelle ». Le syndicat rappelle « le manque d’effectifs, l’absence de reconnaissance des enquêteurs et une organisation déjà fragilisée » et appelle à « un changement de cap ». Le syndicat propose de revaloriser le métier, de « garantir des effectifs » ou encore de « maintenir un lien fort avec l’autorité judiciaire ».

  • Narcotrafic : le Sénat bloque la protection des lanceurs d’alerte

    Narcotrafic : le Sénat bloque la protection des lanceurs d’alerte

    Retoquée. Le Sénat s’est finalement opposé ce jeudi 7 mai à une proposition de loi sur la protection des lanceurs d’alerte contre le narcotrafic. Une initiative écologiste dans le cadre d’une niche parlementaire du groupe, après l’assassinat en novembre de Mehdi Kessaci, frère du militant écologiste et anti-drogue Amine Kessaci, aujourd’hui adjoint au maire de Marseille.

    Portée par Sandra Regol (EELV) à l’Assemblée nationale, le texte avait été adopté le 12 février à l’unanimité. Il propose d’étendre la protection aux membres de la famille de ceux qui dénoncent les réseaux criminels, à leurs proches mais aussi aux associations et collectifs, en inscrivant le numéro de téléphone de la personne menacée sur une liste prioritaire, en mettant en place des patrouilles autour de son domicile ou en lui confiant un dispositif d’alerte discrète de la police.

    Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a rappelé l’opposition du gouvernement à des dispositions qui entretiennent « la confusion entre protection administrative et judiciaire ». Il a aussi alerté sur les risques de « saturation des services de police et gendarmerie » estimant que « l’objectif de ce texte est déjà satisfait ».

    « Une réalité de peurs

    et de silence »

    Pour Guy Benarroche, sénateur écologiste, il s’agit pourtant d’un « sujet éminemment essentiel », considérant que l’accompagnement de ces lanceurs d’alerte relève du « devoir de l’État ». Jérémy Bacchi (PCF) est lui aussi monté au créneau. « Derrière ce texte, il y a une réalité que personne ne peut nier, celles des hommes et des femmes qui dans nos quartiers, dans nos villes s’engagent contre la criminalité organisée », pose-t-il. Reconnaissant que la proposition n’est « pas parfaite », elle pose aussi « des questions légitimes » estime-t-il, « dont la réponse ne peut être le déni ». « Dans les Bouches-du-Rhône, nous connaissons cette réalité faite de peurs et de silence », témoigne-t-il, précisant avoir accueilli à sa permanence quatre familles « dont la dernière en date a dû déménager 400 km de Marseille parce que le jeune frère de 14 ans avait refusé de s’engager dans les réseaux ».

    Conscient que le texte ne passerait pas confiait-il à nos confrères de FranceInfo, Amine Kessaci, dont la mère était présente au moment du vote à l’Assemblée nationale, a appelé le gouvernement à se doter de « tous les moyens nécessaires » pour lutter contre des réseaux devenus puissants et violents.

  • Un groupe et des sensibilités pour le Printemps marseillais

    Un groupe et des sensibilités pour le Printemps marseillais

    Les 73 conseillères et conseillers municipaux ont voté, à l’unanimité, la création d’un groupe unique de la majorité municipale », indique ce vendredi le Printemps marseillais, dans un communiqué. à cette occasion, c’est Arnaud Drouot, adjoint (PS) au maire de Marseille délégué au Bataillon de marins-pompiers de Marseille et à la sécurité civile, qui a été désigné pour en prendre la présidence.

    Faire vivre le groupe

    « Faire vivre l’unité et la diversité de notre rassemblement, promouvoir l’action du maire de Marseille Benoît Payan et des élus de la majorité municipale, sera la feuille de route du groupe », explique ce dernier, qui fut un temps directeur de cabinet de Benoît Payan sur la dernière mandature.

    Afin de « faire vivre ce groupe », un bureau représentant l’ensemble des sensibilités du Printemps marseillais a été créé. Un dispositif déjà mis en place en 2020, mais qui prend plus de consistance avec une majorité renforcée d’une vingtaine d’élus. Il est composé de sept membres : la maire adjointe (DVG) Samia Ghali, Thomas Roller (PS) pour les socialistes et apparentés, Amine Kessaci (EELV) pour les écologistes, Audrey Garino (PCF) pour les communistes, Éric Mery pour Mad Mars, et Pierre Huguet (G.s) qui retrouve à ses côtés des élus Debout ! et L’Après.

    « Si on regarde d’autres villes, avoir un groupe est rare. Cela montre que le Printemps marseillais est bien plus qu’une alliance électorale. C’est un message important d’unité, note ce dernier. Pour le reste, on est plus sur des périmètres politiques nationaux et cela permet de s’organiser pour garantir plus de fluidité dans nos échanges. »

    « Ce sera plus simple de faire des réunions chaque semaine en bureau plutôt que des réunions de groupes à 73 », résume l’entourage du maire. « Charge à nous de bien faire le lien avec tous les élus », glisse Éric Mery (Mad Mars), le nouvel adjoint aux Sports de la ville, qui a pris la tête des conseillers de « sensibilité » citoyenne. Un « groupe » de dix, tous membres du mouvement Mad Mars, où figurent notamment quatre autres adjoints, Pierre-Marie Ganozzi, Julien Harounyan, Juliette Masson et Sophie Guérard, ainsi que la maire des 6-8, Olivia Fortin.

    Si cette représentativité ne devrait pas se traduire par un positionnement particulier sur les bancs de l’hémicycle Bargemon, les conseillers municipaux de la majorité, jusqu’ici assis par ordre alphabétique, pourraient se retrouver répartis par affinité de délégation, glisse un autre élu.

    Ces « groupes » de sensibilité ont commencé à prendre forme. Pascaline Lecorché (Place publique) a sans surprise rejoint les socialistes et apparentés. « On a fait la campagne européenne ensemble, un chemin collectif s’est déjà construit et c’est en cohérence avec nos positions nationales », explique cette dernière.

    Le « groupe » communiste présidé par l’adjointe au logement Audrey Garino, réunit le maire PCF des 15-16, Jean-Marc Coppola, Anthony Goncalves, le chef de file du PCF sur la campagne qui en prend la vice-présidence, ainsi que Nathalie Tessier, Hassan Guenfici, Ibrahim M’Ze, Mohamed Itrisso, Laure Rovera et quatre conseillers apparentés : Rebecca Bernardi (PM), Marie Batoux (PM), la maire (GRS) des 1-7, Sophie Camard et Patrick Amico.

  • Mehdi Kessaci : la piste de l’erreur de cible étudiée

    Mehdi Kessaci : la piste de l’erreur de cible étudiée

    Le « crime d’intimidation » annoncé par le procureur puis le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, quelques jours après l’assassinat de Mehdi Kessaci le 13 novembre dernier, le petit frère d’Amine Kessaci, militant écologiste et désormais adjoint au maire de Marseille, n’en serait peut-être pas un…

    Inconnu de la police et de la justice, Mehdi, 20 ans a été abattu par un commando à moto alors devant la pharmacie du rond-point Claudie d’Arcy (4e). Un assassinat qui a provoqué une vague d’indignation dans tout le pays, alors que son demi-frère, Brahim, 22 ans, impliqué dans le narcotrafic, avait été retrouvé fin 2020 carbonisé dans le coffre d’une voiture.

    Le combat continue

    Selon Le Parisien, la piste de l’erreur sur la personne, les tueurs pensant s’en prendre directement à Amine, est désormais sérieusement étudiée. Même si elle demande encore à être vérifiée. Pendant plusieurs jours, des « petites mains », chargées de surveiller les déplacements d’Amine auraient suivi son frère.

    Fin mars, l’enquête avait connu un développement majeur, avec l’interpellation dans la région marseillaise et dans l’Hérault de dix individus, 8 hommes et 2 femmes. Six d’entre eux sont soupçonnés d’avoir fourni aux tueurs l’arme et le véhicule et également d’avoir aidé aux repérages des lieux. D’autres sont suspectés d’avoir détruit la moto indique par ailleurs Le Parisien.

    Mis sous protection depuis août 2025, Amine Kessaci, fondateur de Conscience et adjoint à la jeunesse, à la citoyenneté et à l’engagement, a promis de poursuivre la bataille contre le narcotrafic, dès le lendemain de son élection. Il devrait cette semaine réunir les services de prévention et de délinquance et réaffirme son intention de créer une association des maires qui luttent contre ce fléau au niveau européen, a-t-il indiqué à La Provence. Conscience poursuit aussi son objectif, certains de ses représentants se sont rendus le 20 mars, à Turin, pour participer, aux côtés de familles italiennes frappées par les mafias, à une rencontre européenne dans le cadre d’un programme Erasmus soutenu par la Commission européenne.

  • Criminalité organisée : Laurent Nunez vient faire l’état des lieux

    Criminalité organisée : Laurent Nunez vient faire l’état des lieux

    Suite à une visite en février, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, est finalement de nouveau attendu dans la cité phocéenne ce jeudi 9 avril. Précédemment accompagné du ministre de la Ville, Vincent Jeanbrun pour causer un peu prévention et beaucoup répression, c’est seul qu’il vient faire un point cette fois-ci sur la lutte contre la criminalité organisée et « l’état de la menace en France et à Marseille ».

  • [Maj] À Marseille, Olivia Fortin reconduite pour un « nouvel élan » dans le 4e secteur

    [Maj] À Marseille, Olivia Fortin reconduite pour un « nouvel élan » dans le 4e secteur

    « C’est avec une détermination joyeuse que j’ouvre ce nouveau mandat », assure Olivia Fortin devant le conseil d’arrondissement réuni en séance en plein air, sur le parvis de la mairie, à la Villa Bagatelle.

    L’élue du Printemps marseillais, qui avait recueilli 51,51% au 2d tour, a été largement reconduite à la tête du 4e secteur, qui regroupe les 6e et 8e arrondissements, grâce aux 32 voix de son groupe, obtenues à la majorité absolue. L’élection s’est déroulée sous la présidence intérimaire de Micheline Abours (PCF), doyenne de l’assemblée et 10e adjointe, accompagnée d’Espérance Laggiard comme secrétaire. Le maire de Marseille Benoît Payan (DVG) et son adjoint (EELV), Amine Kessaci, étaient présents, accompagnés du sénateur (EELV) Guy Benarroche.

    L’opposition fait figuration

    Huit élus de l’extrême droite (UDR), emmenés par Jean‑Baptiste Rivoallan au nom de Franck Allisio (RN), sont dans l’opposition. Deux élus divers droite, conduits par Catherine Pila pour la liste « Marseille je t’aime » de Martine Vassal, complètent l’assemblée dans l’opposition. Les deux têtes de listes étaient d’ailleurs absentes de ce premier conseil. Aucune autre candidature n’a été présentée face à celle du Printemps marseillais, et aucune prise de parole n’est intervenue.

    Cela n’a donc pas empêché Olivia Fortin de faire élire les 16 adjoints d’arrondissements proposés par le Printemps marseillais, soit le maximum autorisé. La maire présente une équipe décidée à « fédérer et cultiver du lien », une force « à partir de laquelle construire un projet de transition écologique, économique et sociale », en partenariat avec « la Métropole au service de tous », et dans un « nouvel élan construit ensemble » pour ce deuxième mandat. « La fraternité est exigeante car elle n’est jamais acquise, elle mérite qu’on se batte pour elle », conclut Olivia Fortin. Les embrassades ayant ponctué la remise des écharpes en témoignent.

    Les adjoints

    Jean-Marc Pantalacci-Bonnaffous, 1er adjoint ; Anna Sinsoilliez, 2e adjointe ; Cyprien Vincent, 3e adjoint ; Bania Medjbar, 4e adjointe ; Pierre-Emmanuel Vidal, 5e adjoint ; Marie-Hélène Amsalem, 6e adjointe ; Anthony Canali, 7e adjoint ; Dominique Morand, 8e adjointe ; Eliott Perenchio, 9e adjoint ; Micheline Abours, 10e adjointe ; Christophe Monnier, 11e adjoint ; Pauline Rossell, 12e adjointe ; Zacharie Bruyas, 13e adjoint ; Dona Richard, 14e adjointe ; Laurent Benac, 15e adjoint ; Camille Langlais, 16e adjointe.

  • Un nouveau Printemps se dessine pour Marseille

    Un nouveau Printemps se dessine pour Marseille

    L’émotion était sincère. Caricaturé en maire non élu ces cinq dernières années, Benoît Payan a retrouvé samedi son fauteuil de maire (DVG) de Marseille. Il était seul en lice. Un vote sans suspense et à l’unisson de la solide majorité du Printemps marseillais (73 sièges), une semaine après la victoire dans les urnes face au Rassemblement national.

    « Le maire de Marseille, le mieux élu de la Ve République », se plaisait-il à rappeler après une séance sans fausse note, suivie en tribune par le député- candidat insoumis, Sébastien Delogu. Sous ses yeux, l’extrême droite (34 sièges) a fait bonne figure dans ce conseil d’installation très formel. Tout juste l’élue (RN) des 9-10, Anne-Marie Gregori, a-t-elle été remise sur les rails lorsque son discours inaugural, autorisé par son statut de doyenne, a pris une tournure politique. La menace d’un « rappel au règlement » ramènera sa parole à la raison.

    Quinze nouveaux adjoints

    « Ils se présentent à des élections, ont des élus, on verra s’ils se comportent de manière républicaine », analysait Benoît Payan sans vouloir faire de « procès d’intention », après la séance. « Évidemment s’il y a des dérapages racistes, xénophobes, antisémites, homophobes ou sexistes, je les sanctionnerais et j’enverrais au procureur de la République ceux qui, même si la liberté d’expression est pleine et entière, dépassent le cadre de la loi. » Le RN dont une autre élue, Marie Bermejo, a officié comme secrétaire de séance en tant que benjamine de l’hémicycle, constituera la principale opposition ces sept prochaines années.

    Un « marathon », soufflait Romain Simmarano, le porte-parole (Ren.) de campagne de Martine Vassal, avant de faire ses premiers pas au conseil municipal. Malgré le soutien de ses proches, le directeur de cabinet de Renaud Muselier, est apparu bien seul pour représenter la droite républicaine (4 sièges), en l’absence de deux élus. D’autant que Martine Vassal, la présidente (DVD) du Département, s’est vite éclipsée. Quel sera son champ d’expression ? « Sur le temps de parole on verra », répond le maire, « mais j’ai suffisamment souffert qu’on me dise que je n’avais pas droit à la parole dans l’opposition, pour ne pas reproduire ce que j’ai condamné. Ce n’est pas ma conception de la démocratie. »

    Installés dans l’hémicycle par ordre alphabétique, les conseillers municipaux ont aussi désigné les adjoints au maire. Un exécutif élu à l’unanimité des voix du Printemps marseillais. Ils seront 33 mais leur délégation n’est pas encore arrêtée. Des changements apparaissent toutefois par rapport au précédent.

    « La mandature qui vient est la continuité du travail engagé depuis six ans sur la base d’une équipe renouvelée », note la 5e adjointe Audrey Garino (PCF). « On partait de pas grand-chose, on a beaucoup réparé, maintenant on va pouvoir déployer nos politiques publiques avec encore plus de force. » Quinze nouveaux adjoints font leur apparition dont Amine Kessaci (4e). Sous escorte, il a fait des débuts émouvants à Bargemon, officiant comme secrétaire de séance lors du vote des adjoints.

    Nouvelle organisation

    « On mesure la responsabilité et l’honneur. Le premier mandat a permis de poser les bases, celui-ci doit être un tremplin et cette écharpe un levier pour accélérer cette transformation de Marseille », poursuit Pascaline Lecorché (PP). Avec Hanifa Taguelmint, elle fait partie des deux autres entrants parmi les dix premiers adjoints. « C’est un moment lourd de sens, la campagne a été intense, on a vu une ville fracturée et on a sept ans pour la recoudre. Je mesure le travail et la charge qui nous attendent », a réagi la militante antiraciste assise samedi juste à côté de l’extrême droite.

    La présence de Samia Ghali, en 3e position, avec son titre de maire adjointe, indique qu’elle laissera comme en 2020 les rênes de la mairie des 15-16. À qui ? « Suspense », répond son entourage. Parmi les adjoints sortants encore élus, figure Lisette Narducci (DVG) chargée jusque-là des anciens combattants, Patrick Amico (GRS) qui était au logement, ou Jean-Marc Coppola (PCF) qui avait la culture.

    « Ce résultat nous oblige peut-être encore plus fortement. Il faut qu’on garde le cap de la dignité et de l’intérêt général. Je sais que les acteurs culturels comptaient sur moi, j’ai pris beaucoup de plaisir avec des femmes et des hommes extraordinaires mais ce n’est pas un abandon, je serai utile autrement », explique celui qui prendra la direction du groupe PCF dans l’hémicycle. Un autre rôle qui dessine une nouvelle organisation de la majorité.

    Mais les yeux sont déjà tournés vers le conseil métropolitain (7 ou 8 avril). « Je veux une Métropole à la hauteur des attentes, qui redeviennent enfin un outil au service de notre ville », a martelé Benoît Payan dans son discours, promettant de « dépasser les clivages et les blocages, pour dialoguer et convaincre
    de cette absolue nécessité
     ».

    « Marseille a besoin d’être rassemblée
    et protégée, qu’on répare ses fractures
    et prépare
    son avenir. »

  • Un 3e tour sans suspense pour le Printemps marseillais

    Un 3e tour sans suspense pour le Printemps marseillais

    Le conseil municipal d’installation qui se tient ce samedi (9h15) à l’Hôtel de ville de Marseille s’annonce plus serein que cet interminable samedi 4 juillet 2020, lorsqu’il y a six ans, le Printemps marseillais avait repris la mairie à la droite après 25 années de gestion Gaudin. Michèle Rubirola sa cheffe de file ne disposait alors que de 42 sièges, loin de la majorité absolue dans un hémicycle comptant 101 élus.

    La candidature au 1er tour de Samia Ghali et le retrait à droite de celle de Lionel Royer-Perreaut, avaient semé le doute même si le départ fracassant de Stéphane Ravier et des neuf élus RN avait ramené la majorité à 47 voix. Au 1er tour de scrutin, Rubirola avait obtenu 42 soutiens, contre 41 pour Guy Teissier (LR), tandis que Samia Ghali recueillait huit voix. Après deux heures d’interruption et de tractations, Michèle Rubirola, finalement soutenue par les ghalistes, avait été élue maire avec 51 voix… Elle devenait la première femme à occuper cette fonction mais passera la main quelques mois plus tard à Benoît Payan.

    Composition de l’exécutif

    Aujourd’hui, réforme de la loi PLM oblige, l’hémicycle compte 111 conseillers municipaux et le Printemps marseillais peut s’appuyer sur une base solide de 73 sièges. À l’autre bout de l’hémicycle, le RN dispose de 34 élus. La droite républicaine n’a plus que quatre représentants. Ils ne seront d’ailleurs que deux samedi. Shabbat oblige, Fabienne Bendayan (3e sur la liste de Martine Vassal) ne sera pas présente. Stéphane Pichon (4e) ne sera pas là non plus. Le président de l’Ordre des Pharmaciens de la Région est en déplacement. Un voyage prévu depuis un an et demi.

    Comme le veut l’exercice, c’est le jeune écologiste Amine Kessaci, le benjamin (22 ans) de l’assemblée qui devrait procéder à l’appel. Benoît Payan, le maire sortant, cédera alors la présidence au doyen de l’hémicycle : la députée d’extrême droite, Gisèle Lelouis (RN), âgée de 74 ans. C’est elle qui déclarera la séance d’installation ouverte et la présidera jusqu’à l’élection du maire dont elle proclamera les résultats. Le vote, un scrutin uninominal, pouvant aller jusqu’à 3 tours, se fait à bulletin secret.

    Outre l’élection du maire qui ne souffrira d’aucun suspense, l’élection des adjoints sera l’autre gros morceau du jour. La loi autorise jusqu’à un tiers d’adjoints. Sur la dernière mandature, l’exécutif en comptait 30. Ils pourraient être jusqu’à 36 cette fois. Leur nombre sera voté en séance. Avec des interrogations : Michèle Rubriola restera-t-elle 1ere adjointe ? Samia Ghali conservera-t-elle le rang spécifique de maire-adjointe ? Les délégations, elles, seront attribuées plus tard par un arrêté signé du maire. « Ça viendra dans un second temps en fonction sans doute de l’évolution de l’exécutif métropolitain », glisse-t-on dans la majorité. Sa date n’est pas encore fixée mais le conseil métropolitain devrait se tenir après le long week-end pascal, les 7 ou 8 avril.

    Autre question en suspens : l’organisation de la majorité municipale au sein de l’hémicycle. Sera-t-elle formée d’un seul ou plusieurs groupes, comme c’est le cas dans l’opposition au conseil départemental ? Les choses devraient se décanter d’ici la prochaine séance.

    La droite, elle, a priori n’en aura pas. « À ce stade du règlement intérieur, il ne semble pas possible de composer un groupe. Nous venons de vivre une lourde défaite, nous sommes restés unis et soudés mais nous n’avons que quatre élus », note Romain Simmarano (Ren.). « C’est au maire de Marseille qui a été légitimé par cette élection, de déterminer comment il entend faire vivre la démocratie. Mais nous ferons entendre la voix de nos sensibilités à l’intérieur autant que ce sera possible comme à l’extérieur. »