Trop plein dans la salle. Les chaises passent de main en main pour se poser là où il reste de la place. Ce jeudi 12 mars, la liste d’union de la gauche (hors LFI et les Écologistes) de Nicolas Koukas (PCF) est rassembleuse pour son dernier meeting avant le premier tour.
Le processus citoyen de l’Appel d’Arles, qui a mené à l’Union pour Arles, a su fédérer. L’une de ses instigatrices qui figure sur la liste, Lucile Venet-Leduc, rappelle : « On avait pour but de rassembler toutes les gauches d’Arles comme le Nouveau front populaire lors des législatives de 2024. » Après avoir récolté plus de 500 signatures, le collectif s’est réuni régulièrement « pour travailler sur différents thèmes sous forme d’ateliers ». Le projet politique qui en émane a convaincu neuf partis politiques, qui soutiennent une liste composée de 80% de femmes et d’hommes issus de la société civile.
Cette méthode a aussi remporté l’adhésion de déçus de Patrick de Carolis (Horizons), à l’instar de Sophie Aspord, son ancienne adjointe déléguée à l’urbanisme, qui explique avoir « choisi l’union plutôt que les arrangements (…) la loyauté plutôt que les trahisons », à travers la candidature de Nicolas Koukas.
et contribution
Car « l’autocratie » du maire sortant a laissé des stigmates. Richard Vidal, ancien ingénieur dans l’industrie chimique et pharmaceutique qui deviendra premier adjoint en cas de victoire de l’Union pour Arles, dit s’être « engagé parce que je vois ma ville se dégrader d’année en année : un urbanisme sans direction, chaotique, une voirie déplorable, des caniveaux qui débordent lors d’événements pluvieux, une propreté qui laisse à désirer et surtout ni concertation ni proximité avec la municipalité alors que ce lien est indispensable au bon fonctionnement d’une Ville ».
Son colistier, Mehdi Herouali, abonde : « De nombreux Arlésiens ont l’impression de ne plus être écoutés et associés aux décisions qui concernent leur quotidien. (…) Une commune ne peut avancer que si ceux qui la représentent restent proches des habitants. » C’est la méthode que promet d’adopter l’équipe de l’Union pour Arles. « Je refuse cette démocratie froide, distante, technocratique », affirme Nicolas Koukas. Concrètement, le candidat souhaite créer une direction municipale dédiée à la démocratie contributive, mettre en place des budgets participatifs dans chaque quartier et chaque village, organiser des conseils municipaux délocalisés, mettre en place le référendum d’initiative citoyenne ou encore créer un observatoire citoyen pour évaluer les engagements municipaux.
À vingt ans, Maissa Ayad, la benjamine de la liste, assure qu’une frange de la population se sent particulièrement « délaissée » : « Les jeunes. » « On leur a promis des choses qui n’ont jamais vu le jour, poursuit-elle. La jeunesse mérite qu’on lui mette à disposition tous les moyens pour réussir. » Parmi les mesures proposées : la mise en place de Maisons des jeunesses, ouvertes en soirée pour l’étude, la création artistique, les débats et l’accompagnement de projets ; le développement de nouvelles filières supérieures, de formations Bafa gratuites ou encore l’instauration d’une aide au permis de conduire selon les critères sociaux.
La proximité que porte l’Union pour Arles passe aussi par l’existence de services publics « partout, avec des mairies annexes utiles ». La liste veut renforcer les moyens alloués aux centres sociaux « qui ont beaucoup souffert », mais aussi accroître de la présence humaine « avec des médiateurs et des maisons communes » pour assurer la tranquillité du quotidien.
Pour assurer la pérennité de ce projet municipal et « avoir une équipe fidèle, soudée, rassemblée », les colistiers ont signé une charte d’engagement. Nicolas Koukas l’annonce : « Cette liste du premier tour, qui s’est construite après tant d’échanges, sera la même que celle du second tour. Parce que lorsqu’on entraîne une équipe on ne la change pas. »

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