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  • [Entretien]« Trump a déjà commencé à contester les résultats »

    [Entretien]« Trump a déjà commencé à contester les résultats »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur la campagne des démocrates ?

    Philip Breeden : On est prudents mais optimistes. Il y a clairement un ras-le-bol concentré sur le pouvoir d’achat aux États-Unis et le fait que l’administration n’a pas tenu ses promesses sur le pouvoir d’achat et même empiré la situation avec le cas en Iran. Des électeurs républicains, mécontents de l’action du président sont prêts à s’abstenir ou, pour certains, voter pour les Démocrates dans les élections locales.

    C’est un vote d’adhésion aux propositions du Parti démocrate ou d’opposition à Donald Trump ?

    P.B. : Un peu les deux. Des sondages montrent que les Démocrates sont considérés plus sérieusement sur les questions économiques. On n’a pas vu ça depuis un moment. Je pense que les gens sont aussi prêts à écouter le parti sur les sujets sociaux. Mais clairement, il y a un ras-le-bol vis-à-vis de l’administration en place qui est très important aussi. Si les Démocrates gagnent le Sénat et la Chambre des représentants, ça va être à nous de montrer qu’on est capable d’apporter des solutions.

    Comment faire d’ici l’élection présidentielle ? Le parti semble divisé entre deux lignes allant de Kamala Harris à Zohran Mamdani pour ne citer qu’eux.

    P.B. : Le Parti démocrate, c’est ce qu’on appelle un « big tent », un grand chapiteau [ou parti attrape-tout, Ndlr.] dans lequel plusieurs tendances se retrouvent. Parfois, les Démocrate ont besoin d’un peu de temps pour s’organiser, c’est comme ça depuis toujours. Et on arrive à gouverner quand on est au pouvoir. Les élections, c’est une chose. Les campagnes, c’en est une autre. Mais je pense qu’ils ont une vision pour ce qu’ils veulent faire quand ils arriveront à Washington en janvier. L’important c’est d’apporter des solutions pour le pouvoir d’achat et d’arrêter la guerre en Iran. Il faudra aussi mener beaucoup d’investigations sur la corruption dans l’administration actuelle. Ça, c’est les grandes lignes. Les élections de mi-mandat ne changent pas grand-chose dans le domaine des affaires étrangères, où un président a beaucoup plus de pouvoir, de flexibilité. Et un changement dans le Congrès ne change pas grand-chose dans ce domaine, sauf sur les questions de budget. Mais du point de vue des citoyens lambdas aux États-Unis, ça peut changer beaucoup de choses.

    Donald Trump a-t-il fait de ce scrutin un référendum pour ou contre lui ?

    P.B. : Oui et il a fait ça en 2018 aussi. Les experts disent toujours qu’un président ne doit pas faire ça pour les élections de mi-mandat, parce qu’il y a presque automatiquement une réaction contre l’administration en place. C’est pourquoi il faut laisser les candidats de l’administration en place faire la campagne sans trop montrer le président, parce que ça n’aide pas. Trump croit fermement que c’est lui qui mène le jeu. Il a refusé ces conseils en 2018 et cette année aussi. Il est très présent et dit clairement qu’il faut voter comme s’il était sur le bulletin de vote, parce que c’est comme ça qu’on gagne. Nous pensons qu’il a tort et pas mal de Républicains n’y croient pas non plus. On l’a vu durant la campagne, ils n’ont pas affiché le président sur leurs sites web par exemple.

    On reste prudents parce que Trump est quelqu’un qui casse les codes. Les sondages ont pu être trompeurs dans le passé, mais là, ce serait extrêmement étonnant de ne pas voir les Démocrates au pouvoir à la Chambre des députés et on a une chance importante de gagner le Sénat aussi. Ce qui est important parce que c’est dans cette chambre qu’est donné l’accord pour la nomination des juges fédéraux et des ambassadeurs par exemple.

    Vous vous préparez à ce qu’il conteste le résultat de ces élections ?

    P.B. : Il va les contester, c’est sûr, on n’a pas peur, on est préparé, il a déjà commencé. Les midterms, c’est 50 élections le même jour, dans 50 États, donc c’est quasiment impossible de freiner ça, de ne pas faire respecter les résultats. Il va essayer, il va soulever des questions sans arrêt mais on est confiant sur le fait que le système va savoir résister à tous ces efforts un peu bidons qu’il va entreprendre. Il a fait déposer un recours préventif contre une victoire démocrate en Alaska. Celle-ci vise un procédé parfaitement légal, même si ce n’est pas moralement encouragé, de « nuisance candidate », candidature fantoche, qui vise à siphonner les votes d’un autre [Ici, face à l’élu républicain Dan S. Sullivan, s’est présenté un homonyme, Dan J. Sullivan, encouragé par le Parti démocrate, dont la candidate est Mary Peltola, Ndlr.]. Et le juge a rejeté la plainte de l’administration Trump.

    Aux États-Unis, près de 200 millions d’électeurs sont amenés ce mardi à renouveler leur Congrès à l’issue des élections de mi-mandat qui détermineront les deux années à venir de l’administration sortante. Traditionnellement, c’est l’opposition qui rafle la mise.

    Les Démocrates font donc figure de favoris autant au Sénat qu’à
    la Chambre des représentants. Ces derniers restent tout
    de même prudents, les sondages ayant par le passé sous-estimé
    la mobilisation de la base trumpiste. Reste à savoir si les Maga valideront ou désavoueront l’action de leur président.

  • Anthony Zilio veut prendre les rênes du Département de Vaucluse

    Anthony Zilio veut prendre les rênes du Département de Vaucluse

    Mitoyen de la mairie de Bollène, le cinéma le Clap met à l’affiche Street Fighter et Le Roi du Game. Anthony Zilio sourit quand on lui demande quel arrière-plan il préfère, pour la photo, entre les deux films. Car, ce mercredi, le maire (DVC) de Bollène s’imagine en haut d’une autre affiche : la présidence du conseil départemental. Lundi prochain, les 32 élus se réunissent pour une séance spéciale consacrée à l’élection d’un nouveau président, le poste étant vacant depuis l’élection au Sénat de Dominique Santoni (LR).

    La courte majorité de droite n’a pas officialisé de successeur, mais plus personne ne fait mystère autour de Christian Mounier, vice-président délégué à l’eau et à l’agriculture. À gauche, malgré des échanges avec Anthony Zilio (lire ci-dessous), un léger flou demeure autour de Sophie Rigaut (PS) qui devrait candidater. Quant à l’extrême droite (huit élus), réduite au rang de spectateur, l’option pourrait être de ne présenter personne et s’abstenir, comme en 2021. En attendant, Anthony Zilio est donc le premier à officialiser sa candidature, ce mercredi face à la presse, au lendemain d’un courrier adressé aux 26 conseillers départementaux de gauche et de droite. Et ce « en toute indépendance, avec la volonté de rassembler, au-delà de nos sensibilités politiques, c’est une candidature contre personne », pose le maire de Bollène.

    En 2021, pourtant soutenu par la gauche sur son canton, il avait voté pour Dominique Santoni à la présidence, jouant les faiseurs de reine. « On a toujours un bloc de 12 à droite, un bloc de 12 à gauche et nous deux [lui et sa binôme Christine Lanthelme, présente à ses côtés mercredi] au milieu. Est-ce qu’on continue à se regarder les 12 en face-à-face ou est-ce que dans ce moment avec ces échéances importantes en 2027, on ne peut pas porter à 26 conseillers départementaux une majorité stable, ouverte et capable de dépasser les appartenances politiques ? », questionne-t-il. À l’image de sa majorité à Bollène, allant du PS à LR. Il propose une sorte de gouvernance partagée avec des vice-présidences pour toutes les sensibilités

    Mounier,

    « une candidature subie »

    Et si Anthony Zilio « ne regrette pas une seule seconde », d’avoir soutenu Dominique Santoni dont il juge le bilan « positif », il émet de fortes réserves sur Christian Mounier, qui incarne pourtant la continuité. « C’est une personne qui est poussée, une candidature subie et non choisie, je sens qu’on va vers l’immobilisme », attaque-t-il, tandis que lui agirait « sans ambition personnelle » et aurait « tout à perdre ». Sa déclaration de candidature s’appuie sur six priorités, résumées en « protéger et soutenir » : santé, sécurité, solidarités et protection de l’enfance, culture, agriculture et soutien aux communes. Si Anthony Zilio appuie le bilan de Dominique Santoni, il distille quelques piques sur la répartition des centres de santé ou la politique sociale qu’il faut « humaniser » évoquant la gestion du RSA. « La santé financière de notre Département est bonne, mais les Vauclusiens tirent la langue, il faut davantage investir et jouer notre rôle de bouclier », promet le maire de Bollène.

    Qui parmi les élus pourrait être séduit par cette candidature ? « Je n’ai pas vocation à donner des noms », répond-il quand, dans la majorité de droite, on assure que les rangs sont serrés avec même une voix supplémentaire qui pourrait être Léa Louard (ex-écologiste). Certains voient dans cette candidature une façon de jouer le coup d’après en 2028 avec le soutien du maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD). Un projet « Galzilio », ironisent certains ? « Ce n’est pas ma façon de faire, on ne sait pas ce que fera le maire d’Avignon, le bon sens je le porte au quotidien depuis 2020 sans faire de vague », assure Anthony Zilio, qui ne s’aventure pas non plus à donner un nom pour lui succéder en mairie s’il venait à être élu lundi. « Cette candidature ne m’arrachera pas à cette ville », promet-il.

  • François de Canson pour succéder à Renaud Muselier

    François de Canson pour succéder à Renaud Muselier

    Avant même que ne soit lancée pleinement la bataille des sénatoriales, Renaud Muselier (Ren.) avait clairement annoncé son soutien à François de Canson, « le meilleur de très loin », lançait-il, en juin, à la veille de sa dernière séance. Devant la presse, après avoir démissionné officiellement de son poste car élu sénateur, Renaud Muselier mettait logiquement en avant « un maire réputé, un élu local reconnu qui sera un président compétent ».

    Maire (DVD) de La Londe-les-Maures (Var), président de la Communauté de communes Méditerranée Porte des Maures, troisième vice-président de la Région Sud et président du comité régional du tourisme, François de Canson s’est dit prêt à prendre la suite et sera donc candidat, ce lundi 12 octobre. Il fait indéniablement partie des fidèles de l’ex-président de la Région, qui n’entend pas s’éloigner totalement des affaires régionales. Depuis le Palais du Luxembourg, Renaud Muselier restera ainsi « conseiller régional spécial » sur les fonds européens, les Jeux olympiques d’hiver 2030 et le département des Bouches-du-Rhône.

    Son poulain compte néanmoins mettre sa patte. Il assurait, dès avril sur l’antenne d’Ici Provence, qu’il serait « un président de terrain, au contact des habitants et du territoire, quelqu’un qui connaît les bassins de vie ». Il indiquait également se « préparer » sur le tourisme, l’économie et mettait en avant sa connaissance des « grands dossiers », entendre « les équilibres budgétaires, les contraintes de l’action publique, les attentes des habitants ». Et d’enfoncer le clou : « Continuité ne veut pas dire immobilisme. Je ne serai pas un clone, il y aura un style François de Canson. »

    Un candidat unique ?

    Reste à savoir s’il sera le seul candidat. Premier vice-président de la Région, Christian Estrosi (Horizons) assure actuellement l’intérim. En 2019, il avait laissé la présidence à Renaud Muselier afin de se consacrer à son mandat de maire de Nice. Battu et « trahi » par son ex-bras droit, Éric Ciotti (UDR), qui lui a ravi la place et basculé à l’extrême droite, il pourrait vouloir reprendre son fauteuil à la Région, même s’il n’a rien déclaré officiellement. En mai dernier, trois de ses proches, conseillers régionaux et élus dans les Alpes-Maritimes, Roger Roux, Bruno Bettati et Colette Fabron, ont aussi quitté la majorité de Renaud Muselier, lui imputant « l’échec des JO », laissant entrevoir des dissensions au sein du groupe. De son côté, l’opposition RN n’a rien laissé filtrer sur une éventuelle candidature.

    Pour être élu au premier ou au deuxième tour, le candidat devra obtenir la majorité absolue des 123 membres du conseil régional. Si aucun ne l’obtient, un troisième tour est organisé, à la majorité relative. La majorité de Renaud Muselier compte 80 sièges et le groupe RN-UDR-Indépendants 39.

  • Loïs Gerin lance sa « marche de la démocratie »

    Loïs Gerin lance sa « marche de la démocratie »

    « Il y a besoin d’un changement de Constitution, de démocratie, de République. Mais aussi de fraternité, tout est fait pour nous diviser afin de mieux régner. Les gens ont besoin d’amour », c’est par ces mots que Loïs Gerin explique sa démarche. À 41 ans, ce marseillais natif des Goudes, ancien cadre chez Apple, se lance dans une marche pour rejoindre Paris. Sur son chemin, il entend écouter les gens et recueillir leurs idées au nom de l’association « Parce qu’on est ensemble » qui regroupe une centaine de membres. Il soutiennent l’idée d’une candidature citoyenne pour l’élection présidentielle de 2027, « la France retrouvera enfin sa place dans les Nations précurseures de la démocratie », veut croire Loïs Gerin. Mais qui ? « On verra, moi ou quelqu’un d’autre », lâche-t-il, disant vouloir « casser le scénario prévu Mélenchon-Le Pen, dont la France ne veut pas ».

    S’il n’est pas encarté, il se revendique d’« une vraie gauche, une gauche de cœur, une gauche accueillante, tolérante » et dit ne se retrouver dans aucun parti « ni dans le PS traître, ni dans LFI agressif » mais dans des figures comme « François Mitterrand ou Pascal Posado » ainsi que « Jesus Christ » qui, avec son « message fraternel », était « un gauchiste ».

    Alors pourquoi Marseille-Paris à pieds ? « Pour faire du buzz », assume-t-il. À ses côtés, son photographe et ami, Yoann Darmon, immortalisera ce périple qui se clôturera, après de nombreuses étapes, dans la capitale le 7 décembre prochain, si les conditions météorologiques le permettent.

    D’ici là, devant l’Hôtel de Ville, Loïs Gerin interpelle avec hésitation quelques passants, leur distribue des flyers et fait la promotion de son compte Instagram sur lequel il documente sa marche. « Bon courage, ça fait une trotte », lance l’une d’entre eux.

  • David Lapendry, candidat aux présidentielles pour porter l’inclusion en politique à La-Valette-du-Var

    David Lapendry, candidat aux présidentielles pour porter l’inclusion en politique à La-Valette-du-Var

    Il n’en est pas à son coup d’essai. Déjà candidat à la présidentielle de 2022, David Lapendry, figure bien connue de la gauche dans le bassin toulonnais, réitère l’expérience en 2027. Une idée qui avait germé en 2012. Encarté au Parti socialiste, il avait annoncé vouloir participer à la primaire. « Je pensais naïvement que ça s’adressait à tous les adhérents, alors que dans les faits, c’était seulement aux têtes d’affiche. Je me suis fait retoquer », ressasse-t-il. Il s’était alors mis en retrait du militantisme jusqu’en 2017.

    « On m’a invisibilisé »

    Il rejoint alors Génération.s Var, où il fait de la lutte contre la pauvreté son leitmotiv, notamment en ce qui concerne les personnes porteuses de handicap, étant lui-même atteint du syndrome de Little, paralysie cérébrale qui affecte ses capacités motrices. « Vivre avec une aide aux adultes handicapés (AAH) est compliqué. Le revenu universel défendu par Génération.s m’a séduit », souligne-t-il. Il fait alors part à son parti de sa volonté de se présenter à la présidentielle 2022. Mais là encore, ça ne passe pas : « N’importe qui peut se présenter à la présidentielle en théorie, mais concrètement non. Je pensais que le parti allait m’aider, mais on m’a totalement invisibilisé », dénonce-t-il. Il claque la porte, poursuit sa campagne seul, mais échoue à recueillir les signatures nécessaires à sa candidature.

    Convaincu par des membres de la section varoise de Génération.s, il y revient en 2023, et en devient le co-coordinateur fin 2024. Un an plus tard, il évoque à nouveau l’idée de se présenter pour 2027. Là encore, il n‘obtient pas le soutien du parti. « Je pensais que ça allait être différent car j’étais mieux intégré. À un certain moment, on m’a demandé de taire ma candidature. J’ai été très peu écouté au sein de la gauche du Var. J’ai trouvé cela très humiliant, c’est pour cela que je vais démissionner », annonce-t-il.

    Qu’importe : David Lapendry va poursuivre son combat, bien conscient qu’il n’a toutefois aucune chance d’être élu. « Je veux surtout montrer qu’une personne porteuse de handicap est tout aussi légitime de se présenter », affirme-t-il. Sans renier une petite part de rêve : « Soyons réalistes, demandons l’impossible ! »

  • L’avenir de la majorité débattue en conseil municipal de Gardanne

    L’avenir de la majorité débattue en conseil municipal de Gardanne

    Dernier conseil municipal pour Hervé Granier (LR) avant de savoir s’il laissera le siège de maire pour celui de sénateur. Le maire, à la tête d’une des neuf listes en lice dans le département vers le palais du Luxembourg pourrait quitter ses fonctions s’il est élu dimanche. Sa candidature (LR) avait été décriée par l’opposition de gauche, menée par Jean-Marc La Piana, mais aussi par le PCF. L’un et l’autre dénonçant respectivement un « manque de considération pour les électeurs » et l’absence de défense des collectivités locales, qu’Hervé Granier entend défendre dans les hautes sphères. Avant le vote des délibérations locales à l’ordre du jour, le sujet n’a pas manqué d’être remis sur la table.

    Le débat est lancé par la lecture d’un communiqué de l’opposition à gauche, par la voix de sa tête de liste, rappelant avoir appris « avec stupeur votre décision de vous présenter aux élections ». Une surprise, selon ses mots, « pour beaucoup, même chez certains de la majorité. Vous savez, tout se sait », introduit Jean-Marc La Piana. Et, alors que les débats sur la fin de vie et les soins palliatifs reprenaient cet été à l’Assemblée nationale, le fondateur de La Maison, rappelait aussi sa définition d’un sénateur : « Porter la voix des Français sur les enjeux de notre société. » Premier tacle sur cette candidature : « l’augmentation de l’indemnité des élus », sur le podium des propositions portées par la liste. Hors sol, pour l’opposition, au sortir de canicules et d’une situation économique nationale tendue. « Je suis très inquiet de voir le fossé qu’il existe entre vos propositions et les enjeux », déroule Jean-Marc La Piana. Second point de tension, le « choix de proposer votre premier adjoint pour vous succéder (…) si ce choix se confirmait, je vous le dis sincèrement, Monsieur le maire, une fois n’est pas coutume, nous allons vous regretter ». Et à Hervé Granier de répondre : cela a pu « heurter la population, qui a voté pour le maire, [mais] je dis qu’on a voté pour un groupe d’élus ». Avant de réitérer qu’en cas de victoire, Gardanne serait représentée « au national. Quand M. Roger Meï (PCF) avait été élu maire, il avait apporté une plus-value à notre ville. Pourquoi je n’en apporterai pas si je devenais sénateur ? » Et de demander, à son opposant, s’il avait été élu maire en 2020 et sollicité pour devenir ministre de la Santé, aurait-il refusé ? « Je n’abandonne pas la population », répète Hervé Granier, qui estime que si élu, « je pourrais apporter cette plus-value comme Meï l’a fait dans son temps ». « Sur ce dernier point, insiste son opposant, certains ont certaines fonctions, qui ne sont pas forcément interchangeables. » Avant d’adresser, au premier adjoint : « Ce n’est pas vous, qui avez le plus d’empathie dans la relation avec les gens. » Un dernier tacle.

  • [Entretien] Olivier Faure : « Pour la droite, la question salariale n’existe pas »

    [Entretien] Olivier Faure : « Pour la droite, la question salariale n’existe pas »

    La Marseillaise : Quels enseignements tirez-vous de ce premier débat ?

    Olivier Faure : La primaire est lancée, il y aura deux autres débats, et l’audience de près de 4,6 millions de spectateurs en cumulé, montre un intérêt pour le choix du candidat socialiste. J’attends les prochains rendez-vous avec impatience pour continuer à dérouler mes propositions.

    Les échanges ont révélé des divergences sur LFI, l’Ukraine, la Palestine… Elles sont compatibles avec cette candidature commune ?

    O. F. : Je ne désespère pas de convaincre ceux qui ne partagent pas encore mon point de vue. Mais les perdants se sont engagés à se retirer et se ranger derrière celui qui l’a emporté.

    Selon l’issue ce sera compliqué de réunir les gauches aux législatives ?

    O. F. : Le Parti socialiste décidera seul de ce qu’il fait aux législatives. Aucun point de vue extérieur ne s’impose à nous. Personne ne connaît le contexte des législatives après la présidentielle. La question sera tranchée le moment venu. Moi je me bats pour la victoire.

    Vous défendez le rassemblement des gauches tout en prenant vos distances avec Jean-Luc Mélenchon. Où placez-vous cette ligne rouge ?

    O. F. : Je suis candidat à la présidence de la République. Je suis en concurrence avec Jean-Luc Mélenchon. Mais contrairement à Raphaël Glucksmann ou Jérôme Guedj je ne passe pas ma vie à me définir par rapport à lui. Il n’est pas candidat à notre primaire. Le moment venu lorsque j’aurai gagné la primaire j’assumerai les désaccords de fond qui justifient une candidature distincte de la sienne. Sur son deux poids deux mesures, quand il est un soutien du peuple palestinien – et je partage cette nécessité par rapport à l’obligation morale de prévention des génocides – mais soutient du bout des lèvres la résistance ukrainienne, le peuple Ouïghour ou Taïwanais. Je pourrais multiplier les exemples comme lorsqu’il rentre dans des logiques complotistes et antisémites en prétendant que le gouvernement est sous l’emprise du Crif, lorsqu’il évoque une nécessaire bifurcation écologique mais veut rouvrir le gazoduc Nord Stream avec la Russie…

    Ces divergences ont remplacé les questions économiques qui opposent les candidats de la primaire ?

    O. F. : Non, il y a d’autres sujets qui n’ont pas pu être évoqués. Je ne comprends pas que lorsqu’on parle de pouvoir d’achat, un homme de gauche se confonde avec ce que propose la droite. Pour la droite, la question salariale n’existe pas : si le pouvoir d’achat baisse, il faut se tourner exclusivement vers l’État, soit en baissant les impôts de ceux qui en payent, soit en rapprochant le net du brut. Mais c’est la retraite du salarié, sa protection contre la maladie ou le chômage qu’on atrophie. C’est aux entreprises d’augmenter les salaires et je plaide pour un salaire anti-inflation garanti, indexé sur l’inflation jusqu’au salaire médian.

    L’État, lui, doit agir sur le reste à vivre. C’est les politiques en faveur du logement notamment. Nous devons redonner un souffle au mouvement HLM et protéger les locataires en mettant en place un bouclier logement qui permette de ne jamais consacrer plus de 30% de ses revenus à son loyer. Ça suppose d’encadrer les loyers et le foncier. Et puis, sur le plan de l’alimentation, je plaide pour une Sécurité sociale alimentaire.

    Quelle mesure vous distingue le mieux de Raphaël Glucksmann ?

    O. F. : Je ne cherche pas à me distinguer mais à affirmer des positions et être un repère fiable et clair. Sur l’abrogation de la réforme Borne, je suis clair. Sur le Smic je dis qu’il faut le porter à 1 700 euros net. Je refuse la TVA sociale. Je ne pratique pas les doubles standards. Sur Gaza, il y a une faute morale à ne pas nommer un génocide alors que nous avons ensemble plaidé la reconnaissance du génocide des Ouïghours.

    Un dernier mot sur votre déplacement à Marseille ?

    O. F. : Je viens participer à un débat présidentiel au Vélodrome sur l’intelligence artificielle. C’est un des plus grands défis – avec la lutte contre le dérèglement climatique – que l’humanité doit affronter depuis Adam et Ève. Nous avons besoin de l’encadrer. Elle a des conséquences sur nos vies, notre travail, la création et la destruction d’emplois, notre démocratie, notre environnement. Puisque le pape Léon XIV est en France, il faut lire son encyclique, Magnifica Humanitas, où il dénonce la concentration des pouvoirs entre les mains d’acteurs privés transnationaux qui redéfinissent seuls les conditions d’accès à la vie publique. Il a lui-même appelé à désarmer l’intelligence artificielle, à la soustraire du monopole et à l’empêcher de dominer l’humain. Nous en sommes là. Ne laissons pas à quelques démiurges le choix de notre destin.

  • Olivier Faure en rase campagne à Marseille

    Olivier Faure en rase campagne à Marseille

    Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste est attendu à Marseille les 25 et 26 septembre. Dans les Bouches-du-Rhône, fédération historiquement influente du PS, son programme n’est pas encore arrêté. Mais sa venue intervient à un moment clé de la primaire sociale-démocrate dont le 1er tour a lieu les 9 et 10 octobre.

    Mercredi soir, le débat organisé sur LCI entre les cinq candidats, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann (Place publique), Jérôme Guedj, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel (GRS), a véritablement lancé la campagne ouverte dans un climat tendu. Les échanges scolaires entre Royal et Glucksmann, qualifié de « stagiaire » par cette dernière, les désaccords stratégiques et les polémiques internes ont alimenté l’idée d’une « machine à perdre », reprise à son compte par François Hollande.

    Ces derniers jours, l’affaire Philippe Brun a noyé les débats. Le député de l’Eure, qui avait déposé sa candidature, a été suspendu à titre conservatoire du PS puis exclu du processus suite aux accusations d’une ancienne collaboratrice. Contestant la décision, il a saisi la justice pour obtenir sa réintégration.

    Mercredi matin, le tribunal judiciaire de Paris, n’y voyant pas d’irrégularité manifeste, a rejeté sa demande sans se prononcer sur le fond. Philippe Brun a annoncé faire appel. Il a surtout directement mis en cause Olivier Faure, affirmant qu’« il n’y a pas d’affaire Philippe Brun mais une affaire Olivier Faure », et l’accusant d’avoir orchestré son éviction.

    Une polémique avec laquelle le patron des socialistes devra composer à Marseille, dans une fédération elle-même en pleine réorganisation après la mise en place d’une direction collégiale transitoire suite au pas de côté de Yannick Ohanessian, son ex-premier secrétaire fédéral, devenu aujourd’hui porte-parole de campagne.

  • Martine Vassal met en scène l’union de la droite pour sa rentrée politique

    Martine Vassal met en scène l’union de la droite pour sa rentrée politique

    Union de la droite. C’était le mot d’ordre de la rentrée politique de la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal. Ce dimanche, au domaine de la Tour de La Ciotat, 80 maires et 200 élus de droite des Bouches-du-Rhône sont venus partager un aïoli et afficher une union de façade devant deux mille cinq cents participants. Car la droite affiche ses divisions pour les élections sénatoriales du 27 septembre. Trois listes ont été déposées ce vendredi. Mais malgré ce climat à couteaux tirés, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.) second sur la liste conduite par Brigitte Devésa, soutenue par la majorité sénatoriale de droite LR, Valérie Boyer, tête de liste soutenue, elle, par le président du parti LR Bruno Retailleau et Hervé Granier, maire de Gardanne, tous candidats sur trois listes adverses, étaient présents derrière Martine Vassal.

    C’est donc avec une droite qui apparaît unie derrière elle que la présidente du Département a tenu son discours de rentrée. Le premier depuis sa défaite aux municipales de Marseille. Si elle s’est dite « triste et en colère de voir que la droite n’a pas réussi à s’unir pour les sénatoriales », elle a officiellement apporté son soutien à la liste de Brigitte Devésa et de Renaud Muselier. Mais ce dimanche, l’objectif est clair : mettre en scène l’unité. « Ça fait chaud au cœur de les voir autant rassemblés », s’émeut la présidente du Département. Pour elle, sa famille politique « n’a pas le droit d’être en conflit ou d’être en opposition. Pour les prochaines élections départementales, il n’y aura qu’une candidature et pour les régionales aussi, clame-t-elle. Parce que c’est obligatoire pour tout ce que l’on a fait. » Il reste deux ans pour y travailler.

    « On espère n’avoir qu’un candidat à la présidentielle »

    Pour la présidentielle, « on espère n’avoir qu’un seul candidat pour ne pas tomber dans l’un ou l’autre extrême ». précise Martine Vassal. Pour Sylvain Di Giovanni, ancien président du mouvement Marseille Provence Unie « la droite a gagné lorsqu’elle a été unie ». Selon Martine Vassal, son camp politique devra « trouver des voies pour ne pas charger davantage ni les entreprises ni les habitants et donc réduire les dépenses en faisant des économies d’échelle ». Un cap qui fait l’unanimité à droite.

  • Pour faire vivre la démocratie participative à Toulon

    Pour faire vivre la démocratie participative à Toulon

    Pour ne pas résumer la démocratie municipale aux seules échéances électorales et aux débats en séance du conseil municipal avec l’opposition, réduite ici maintenant à l’extrême droite, la Ville prend le parti de réactiver ses conseils de secteur et de les doter d’un budget participatif. À charge aux habitants, associations et commerçants qui siégeront dans ses instances avec les élus de se faire force de proposition.

    « Je veux impliquer très concrètement les Toulonnais dans la vie de la cité », explique Josée Massi.

    En tout cinq conseils de secteur de 4 collèges de 5 membres chacun avec outre les élus, des représentants des habitants, des associations et des commerçants qui vont être désignés par tirage au sort le 28 septembre. L’appel à candidature est lancé depuis lundi (jusqu’au 22 septembre) et des urnes disposées dans les mairies annexes recueillent les formulaires d’inscription. La démarche est également sur le site internet de la Ville.

    « Le message que l’on adresse aujourd’hui aux habitants est très simple. Votre quartier compte, votre parole compte, et nous allons vous le démontrer par des actes », ajoute la première magistrate. Et de poursuivre : « Vous connaissez par cœur, ma méthode : écouter, concerter, décider. Donc, j’ai envie de dire aux habitants, engagez-vous ! »

    « L’objectif, c’est de faire monter les idées et les propositions de celles et ceux qui connaissent leur quartier au quotidien », confirme l’adjointe au maire à la Démocratie de proximité, Corinne Jouve.

    Les Toulonnais invités

    à s’engager

    Et d’insister sur « le budget participatif [qui] est une première à Toulon ». Et qui change tout puisque contrairement aux Comités d’intérêts locaux (CIL) qui recueillent essentiellement les doléances des habitants pour les transmettre à la ville, il s’agit ici de construire collectivement des projets. Même si la Ville garde la main décisionnelle, elle s’engage à motiver le cas échéant ses refus.

    Aux représentants de laisser s’exprimer leur imagination et leur créativité pour l’intérêt général. Que ce soit pour installer, une table de jeu d’échecs dans un parc, la création d’un jardin partagé, d’une fresque pour les plus classiques voire des projets beaucoup plus ambitieux.

    Les élus qui vont présider ces conseils de secteurs sont Brigitte Genetelli pour le Nord-ouest, Jean-Charles Brochot pour le Nord-est, Hélène Audibert pour le centre-ville et Saint-Jean du Var, Ali Khalfaoui pour les quartiers Ouest et Albert Tanguy pour ceux du Sud.

    Voilà, reste plus qu’à oser et rêver sa ville et son quartier comme les minots le font pour leurs écoles lorsqu’ils y sont invités.

    Une nouvelle respiration démocratique permettant de confronter les points de vue et de chercher ensemble des solutions. De faire de la politique en somme.