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  • Pays de Martigues : une journée pour revendiquer et fêter la paix

    Pays de Martigues : une journée pour revendiquer et fêter la paix

    La paix à Martigues et Port-de-Bouc est autant un sujet politique que de festivités, particulièrement en ce mercredi 23 septembre.

    Tout l’après-midi de 13h30 à 17h au jardin de Ferrières de Martigues, la Ville organise la Fête de la paix avec ateliers créatifs, sportifs et ludiques pour tous publics avant le temps protocolaire et le concert de fin de journée. En même temps, l’exposition « des ailes pour la paix » réalisée par les enfants des écoles et des centres de loisirs de Martigues est proposée. Parmi les organisations à l’initiative, la Mouvement de la paix, l’Association pour l’animation des centres sociaux (AACS), Martigues Sport Athlétisme, l’Appart, les Vélos des étangs, le Martigues rugby club, Wimoov, l’Ajes, le cinéma la Cascade et le collège Gérard-Philipe. À noter que la Ville est adhérente depuis 2010 de l’Association française des communes pour la paix et inscrit dans son projet « l’émergence d’une culture de paix » en son sein.

    Pas de solution militaire

    À Port-de-Bouc, un meeting pour la paix est organisé à 18h à la pyramide de la paix, au port Renaissance sur le site des sardinades. Le PCF, l’Union locale CGT, le Secours populaire et la Ligue des droits de l’Homme appellent en commun à « exiger un cessez-le-feu général et à cultiver la paix ». « Il n’existe aucune solution militaire pour répondre aux défis que nos modes de production et de vie ont provoqués », insistent les organisateurs. Les quatre centres sociaux de la Ville ont aussi réalisé une exposition de dessins sur le thème de la paix visible dès 14h.

  • [Entretien] Frédéric Souillot, FO : « Pour Fibre Excellence, la bataille n’est pas finie »

    [Entretien] Frédéric Souillot, FO : « Pour Fibre Excellence, la bataille n’est pas finie »

    La Marseillaise : Comment appréciez-vous le niveau de mobilisation de ce 15 septembre ?

    Frédéric Souillot : C’est un excellent niveau de mobilisation dans les IEG (Industries électriques et gazières). Il y avait aussi les retraités. Car le tarif agent qui est remis en cause, c’est leur contrat social. Cet été, quand il y a eu des incendies partout, quand il y a eu la canicule dans les hôpitaux, ils sont venus d’astreinte pour remettre tout en route. Ils remplissent une mission de service public en étant sous convention collective. J’ai entendu le Premier ministre les féliciter, comme dans la santé. C’est une vraie richesse à chaque crise et après, sous l’angle économique, ça devient un coût.

    Ces métiers manquent d’attractivité. Quelle est la solution ?

    F.S. : à chaque fois qu’il y a un concours d’entrée dans la fonction publique, il manque un tiers des candidats. Or, dans la fonction publique c’est un investissement et ça garantit la cohésion sociale de la République. Comment va-t-on chercher les 1,3 million de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni à l’éducation nationale ? C’est une vraie perte pour la nation. Ils sont souvent récupérés par l’économie parallèle. Comment on les ramène ? Comment on leur propose une vraie carrière avec de l’évolution professionnelle ? On travaille dessus avec la négociation d’un accord national interpro. On a remis au goût du jour l’Arpe (Allocation de remplacement pour l’emploi) : le départ de deux anciens pour l’embauche d’un jeune et où on peut accepter des aides publiques. Et parallèlement, une retraite progressive dès 60 ans.

    Pensez-vous qu’il soit encore possible de dialoguer avec le gouvernement ?

    F.S. : Le gouvernement va présenter un budget au Parlement, on verra bien ce qu’il y a dedans. Depuis 2017, il repousse les corps intermédiaires. Mais même les organisations patronales disent qu’il faut redonner sa place à la démocratie sociale et à la négociation collective. C’est pour cela que nous les avons reçues à FO et que nous avons discuté d’un agenda social autonome. Le premier sujet sur lequel on veut discuter, c’est comment on se projette : comment on parle de modèle productif à vingt ans ?

    On parle beaucoup de réindustrialisation, mais des usines ferment. Quels sujets seront abordés lors de la Journée de l’industrie de FO, le 8 octobre ?

    F.S. : Les politiques en parlent comme un slogan juste avant les élections. Maintenant, pour revenir sur les déserts industriels, il faut passer aux actes. Notre projection pour la réindustrialisation, c’est commencer par se demander comment on revoit le Conseil national de l’industrie ? Il y a 20 ans, il a été créé pour mettre en place des filières de branche. Aujourd’hui, il n’est plus au goût du jour. Il faut repenser la politique industrielle, avec la transition énergétique, mais surtout, il faut en discuter avec les travailleurs pour mettre socialement les choses en place. Si on avait fait de la politique écologique dans les années 2000, on aurait peut-être avancé sur ces questions. Aujourd’hui, on nous parle de fermer des sites.

    Quel avenir pour Fibre Excellence à Saint-Gaudens et à Tarascon ?

    F.S. : à Tarascon, la seule organisation syndicale qui avait proposé la nationalisation temporaire le temps qu’on trouve un repreneur, de faire des investissements pour modifier les sites industriels pour faire de la pâte à papier plus valorisée, c’est FO. Aujourd’hui, il y a liquidation. à Saint-Gaudens, la Région Occitanie et d’autres organisations syndicales la demandent. On continue à suivre ce dossier. Ce qu’on dit au ministre de l’Industrie, c’est : trouvez un papetier et nous, avec la Région Paca, la CCI d’Arles, on trouvera des investisseurs. Ce sont 270 familles qui sont concernées. Et à Tarascon, retrouver un emploi… C’est déjà un désert industriel ! Nous sommes toujours dans les starting-blocks. Il n’y a pas plus tard que deux jours, nous avons interpellé le préfet. La bataille ne peut pas être finie. Il y a eu des investissements, si ça s’arrête, c’est de l’argent jeté par les fenêtres.

  • Terres de Résistance, fer de lance de la reconquête politique

    Terres de Résistance, fer de lance de la reconquête politique

    « Nous pouvons encore, ensemble, mener la lutte pour la justice sociale, l’égalité et la dignité humaine » a exhorté Jeanine Incorvaïa, qui succède à Christian Scognamiglio à la présidence de Terres de Résistance. Après la perte de la circonscription les communistes sont prêts à relever le défi de la reconquête avec un festival « stratégique, outil de lutte, de solidarité », qui offre « un souffle contre l’individualisme, l’exploitation, les obscurantismes ».

    Terre de liens, Secours populaire français, Mouvement de la paix, Collectif solidarité Palestine, 1336, JOC, Association sénégalaise de Martigues, France-Chypre, France-Arménie, France-Cuba, Association des Comoriens, France-Vietnam, Les cocos de Lozère, les Amis de La Marseillaise… Autant de structures présentes qui tissent un partenariat fort et sans frontière. Elles ont animé, en plus des concerts et tables rondes, ce week-end de retrouvailles placé sous le signe d’une offensive politique à mener dans tous les rendez-vous de 2027.

    Secrétaire de la section PCF de Martigues, Laetitia Sabatier a rendu hommage aux camarades disparus : Didier Brissot, trésorier de la section ; Jean-Claude Cheinet, militant infatigable de l’écologie populaire ; et Hocine Aouar, figure emblématique du FC Martigues, saluant leur engagement combatif. Le maire (PCF) Gaby Charroux a estimé que « le plus bel hommage qu’on puisse leur faire est de continuer à résister en proposant ». Car la bataille s’annonce ardue. « La dernière campagne municipale a été difficile car en face, nous avions en plus de la droite et de l’extrême droite, une liste citoyenne qui a divisé », a rappelé Laetitia Sabatier.

    L’exigence de paix

    Mais « pour continuer à rénover nos écoles, se prémunir contre les incendies, préserver l’équilibre entre nature et industrie, sauver notre hôpital public », a listé la secrétaire de section, « nous avons la chance d’avoir notre municipalité ». Elle a aussi appelé à soutenir, lors des sénatoriales, « notre candidat d’union de la gauche, Jérémy Bacchi ». Pour la présidentielle, elle a plaidé « le vote pour une candidature communiste car nous sommes le parti le plus démocratique ». Et à propos des législatives : « C’est notre territoire, nous irons le reconquérir. »

    Gaby Charroux a clos le meeting en rappelant que le PCF restait fidèle à ses valeurs : « La Sécu, c’est nous qui l’avons créée, nous continuerons à la défendre de toutes nos forces. » Et persistant en citant le travail des parlementaires : « Commission d’enquête pour ArcelorMittal », « refus de la guerre », « défense des services publics, bouclier et facteur d’émancipation », « opposition aux délocalisations », « Décarbonation pour préserver emplois, nature et santé »… Au regard de l’histoire du Front populaire, « rien n’est impossible », a réaffirmé l’édile.

  • Rentrée offensive et festive avec Terres de résistance

    Rentrée offensive et festive avec Terres de résistance

    C’est la Fête de l’Huma locale. « À notre échelle, avec les moyens du bord et beaucoup d’humilité », précise Jeanine Incorvaia, présidente des Amis de la fête, qui organise Terres de résistance. Cette année, pour sa 24e édition, le festival aura lieu du 3 au 6 septembre au jardin du Prieuré. L’occasion de se rassembler pour une rentrée aussi festive qu’offensive, de « parler des combats en cours ».

    « Il n’y a pas que l’élection présidentielle, il y a aussi pas mal de sujets sur lesquels nous réfléchissons, en tant que communistes, d’autant plus à l’issue du congrès ce week-end et du congrès départemental avant les vacances, affirme Jeanine Incorvaia. Ce qui nous anime, c’est la cavalcade désordonnée et décomplexée du libéralisme mondial qui met les peuples et la planète à genoux. »

    Des débats et des concerts

    Samedi, rendez-vous au village des associations, avec une vingtaine de structures présentes. « Ce village des associations permet de montrer toutes les facettes qui peuvent s’inscrire dans la résistance », souligne Francis Fournier, l’un des organisateurs du festival. La section locale des Arméniens animera un débat, le Secours Populaire organisera des ateliers autour des congés payés tandis que la librairie l’Argonaute, les éditions Alifbata et Yann Madé parleront féminisme. Le lendemain, le grand reporter pour L’Humanité Pierre Barbancey animera un débat sur la situation au Moyen-Orient, avant le traditionnel meeting de la section locale communiste. Jeanine Incorvaia souligne : « Même si on est sérieux dans notre discours, on aime faire la fête ». Et pour ça, des concerts ponctueront les journées, entre Bazil, la fanfare Tahar Tag’l, Duo K’Alamité, un tribute Bob Marley avec Axetone ou encore Massilia Reggae Club.

  • Un Meeting de Marseille mitigé pour les Bleues

    Un Meeting de Marseille mitigé pour les Bleues

    Avec ou sans conditions météorologiques périlleuses, le Meeting international de Marseille continue de décoiffer. Pour célébrer sa 20e édition, mercredi au stade Pierre-Delort, l’événement orchestré par la SCO Sainte-Marguerite a réuni plusieurs références mondiales parmi les douze disciplines au programme de la soirée.

    Cette compétition constituait également une étape importante pour de nombreux athlètes européens en quête des minima qualificatifs pour les Championnats d’Europe de Birmingham, prévus du 10 au 16 août. Parmi les têtes d’affiche figurait Louise Maraval. Engagée sur le 400 mètres haies, la Choletaise de 24 ans retrouvait une piste qui lui avait particulièrement réussi l’an dernier, lorsqu’elle y avait décroché son billet pour les Jeux olympiques de Paris.

    Pizzo encore en rodage

    Opposée notamment à la championne du Portugal en titre, Sofia Lavreshina, la Française a dû se contenter de la deuxième place. Créditée d’un chrono inférieur à 55 secondes, elle a une nouvelle fois validé les minima B fixés par la Fédération française d’athlétisme, sans toutefois atteindre les minima A exigés par la Fédération européenne. « C’est la première fois que je cours avec autant de vent. J’aurais préféré gagner, mais j’ai pris beaucoup de plaisir à courir », confie celle qui se rendra en Suède dès dimanche avec l’ambition d’abaisser encore son temps pour décrocher sa qualification.

    Même frustration pour Charlotte Pizzo. La récente recrue de la SCO Sainte-Marguerite, triple championne de France du 800m, espérait briller devant son nouveau public. Finalement septième sur sa distance de prédilection, la Varoise de 29 ans n’a pas caché sa déception. « Je suis déçue parce que je voulais m’illustrer devant mon nouveau club. »

  • Défilé de stars au Meeting international de Marseille

    Défilé de stars au Meeting international de Marseille

    Vingt ans après sa création, le Meeting international de Marseille, organisé par l’incontournable SCO Sainte-Marguerite, continue d’attirer les plus grands noms de l’athlétisme mondial.

    Depuis le passage remarqué de la star américaine Allyson Felix (l’athlète féminine la plus titrée de l’histoire) dans la cité phocéenne en 2018, le rendez-vous marseillais s’est imposé comme une étape prisée du circuit international. Cette édition anniversaire, organisée mercredi 10 juin au stade Delort, à partir de 20h, ne dérogera pas à la règle.

    Douze épreuves figurent au programme de la soirée, réparties à parts égales entre les femmes et les hommes, une parité devenue au fil des années l’une des marques de fabrique de l’événement.

    À la recherche des minima pour Birmingham

    « C’est une édition compliquée à organiser parce qu’il y a énormément de meetings à travers le monde à cette période de l’année et, comme d’habitude, les athlètes sont à la recherche des minima », explique Laurent Manneveau, directeur du Meeting de Marseille.

    Habitué à l’exercice, le chef d’orchestre de l’événement parvient néanmoins à attirer sur la piste du stade Delort des athlètes de premier plan. « Les 400 m hommes et femmes vont être très intéressants », souligne-t-il, en faisant notamment référence à Louise Maraval, numéro un française de la distance, qui avait réalisé les minima pour les Jeux olympiques de Paris 2024 lors de cette même compétition il y a deux ans.

    Les épreuves de demi-fond promettent également un beau spectacle avec la présence de plusieurs têtes d’affiche, parmi lesquelles la Britannique Phoebe Gill, considérée comme l’un des grands espoirs européens de la discipline, l’ancien champion du monde en salle kényan Noah Kibet ou encore l’Italien Pietro Arese, finaliste olympique du 1 500 m en 2024.

    Les locaux veulent tirer leur épingle du jeu

    Plusieurs athlètes européens prévus au programme tenteront également de décrocher leur qualification pour les Championnats d’Europe de Birmingham, prévus dans deux mois (du 10 au 16 août).

    Face à ce plateau relevé, les représentants locaux auront à cœur de briller devant leur public. Parmi eux, la sprinteuse Lucie Jean-Charles sera particulièrement attendue sur le 100 m. Revenue récemment au SCO Sainte-Marguerite, elle reste sur un titre de championne de France du 60 m.

    Le club organisateur du Meeting international de Marseille pourra également compter sur plusieurs recrues de poids, à l’image de la Toulonnaise Charlotte Pizzo, triple championne de France du 800 m, qui cherchera elle aussi à se mettre en évidence sur la piste phocéenne.

    Un avant-programme placé sous le signe de l’inclusion

    Le Meeting de Marseille prendra son envol dès 16 heures avec les épreuves du pré-meeting, réservées aux catégories jeunes et seniors des niveaux régional et national. Près de 150 enfants, âgés de 6 à 14 ans, se succéderont sur la piste du stade Delort tout au long de l’après-midi. Pour la troisième année consécutive, le para-athlétisme sera également mis à l’honneur. Un 100 m ouvrira le programme régional et offrira au public l’occasion d’encourager les concurrents. « L’athlétisme s’est beaucoup démocratisé ces dernières années », observe Laurent Manneveau. Il se réjouit de voir se côtoyer sur la même piste des athlètes de tous âges, des plus jeunes licenciés jusqu’aux compétiteurs quadragénaires.

    C.K.

  • La CGT rassemblée derrière Sophie Binet

    La CGT rassemblée derrière Sophie Binet

    J’ai une très mauvaise nouvelle pour Patrick Martin et Sébastien Lecornu : nous sommes en pleine forme, nous sommes rassemblés ! ». Tout juste réélue comme secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet a chauffé à blanc les plus de 1 000 militants qui étaient réunis ce vendredi à Tours pour la conclusion du 54e congrès de l’organisation.

    Sous un tonnerre d’applaudissements et devant un parterre de drapeaux rouges, la syndicaliste a renvoyé l’image d’une CGT renforcée à l’issue de 5 jours de débats. « Ensemble nous avons participé à un congrès qui fera date. La CGT est debout, rassemblée, déterminée », martèle-t-elle lors d’un discours de clôture enflammé. Élue en 2023 au terme d’un 53e congrès pour le moins houleux et marqué par de fortes dissensions, Sophie Binet avait un « mandat de rassemblement » et entend bien faire savoir que l’objectif est atteint : « Ce n’était pas un mandat comme les autres mais le travail que nous avons conduit nous a permis de rassembler l’organisation ». Elle cite le vote sur le bilan d’activités, jauge d’appréciation du travail de la direction sortante, qui a été « voté à 82% ». « C’est la première fois qu’on atteint ce niveau de vote depuis 2013 », développe-t-elle en conférence de presse dans la foulée de son discours.

    Forte d’une stratégie pour les années à venir également largement validée par les congressistes (75% de votes favorables), Sophie Binet a envoyé une série de messages à l’égard des ennemis du monde du travail. Elle tacle « tous les rats qui veulent nous museler » et prévient : « Nous avons décidé d’un plan de bataille clair, nous avons adopté des orientations fortes. […] Ce congrès restera historique par ses décisions ».

    Des « enjeux structurels » entérinés

    En effet, les congressistes se sont accordés sur plusieurs « enjeux structurels » pour l’organisation. « On s’est doté d’un outil opérationnel pour lutter contre les déserts syndicaux avec les syndicats professionnels de territoire. Et d’une stratégie vers les ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise (Ictam) pour progresser dans les entreprises du CAC 40 où l’on a un défi d’implantation », rappelle Sophie Binet, citant également « la construction de notre maison commune avec la FSU ». Si elle regrette tout de même des « petits rebondissements » lors du congrès, avec un envahissement de la tribune et des discussions parfois vives, l’essentiel n’est pas là pour la secrétaire générale. Elle loue « un congrès historique car il était profondément politique ». La syndicaliste revient évidemment sur « l’internationale ouvrière contre l’extrême droite » impulsée par la CGT via un meeting rassemblant « 109 syndicalistes venus de 71 pays différents ». Et dans la même veine, les prises de position contre l’extrême droite en France à moins d’un an des élections présidentielles (lire nos articles du 02/06 et 03/06). « On ne gagne pas contre l’extrême droite sans perspectives sociales. La recette du Front Populaire dont on fête les 90 ans c’est unité, mobilisation, alternative sociale. Voilà ce qu’il faut mettre à l’ordre du jour », tempête Sophie Binet. Laquelle entend bien que son organisation « se mêle des présidentielles » : « Nous avons fait de la défense de la sécurité sociale et des services publics une bataille stratégique pour les années qui viennent, notamment dans le cadre du débat présidentiel ». Une bataille peut-être victorieuse grâce à l’envie de « mieux coordonner nos luttes ».

    Autre grande victoire : « L’annexion à nos statuts de notre cadre commun d’action contre les violences sexistes et sexuelles ». Une décision bien plus que symbolique puisqu’elle concrétise « le féminisme de lutte des classes de la CGT » pour Sophie Binet. « Le deuxième message politique de notre congrès est sur l’égalité femmes-hommes », insiste-t-elle. De quoi lui faire hausser le ton : « Ce sont de mauvaises nouvelles pour ceux qui rêvent d’une CGT affaiblie. Nous avons mangé du lion ». Le patronat n’a qu’à bien se tenir.

    « Ce congrès restera historique par ses décisions »

  • À Aubagne, après la fusion, la gauche et le centre espèrent la victoire

    À Aubagne, après la fusion, la gauche et le centre espèrent la victoire

    Faire rempart contre l’extrême droite. C’est le but premier de la fusion annoncée ce lundi par le candidat de gauche, Jean-Pierre Squillari avec la liste de Giovanni Schipani (DVC). Une décision qui pourrait bien faire basculer le destin de la ville dimanche soir… Alors que Joëlle Melin (RN) est arrivée en tête du premier tour avec 24,94% des voix, talonnée par le maire LR sortant Gérard Gazay qui a rassemblé 24,83% des suffrages, il s’agit pour la tête de liste de l’union de gauche de « chasser Gérard Gazay de la maison et d’empêcher que Joëlle Melin y rentre », expliquait-il dans nos colonnes. Huit colistiers de la ligne « Aubagne mérite mieux » l’ont donc rejoint. « Un rassemblement naturel puisque nous avons le même langage », insistait Jean-Pierre Squillari.

    À ceux qui déplorent une « alliance contre nature », Giovanni Schipani estime dans un communiqué que « cette formule est commode, mais elle ne résiste pas aux faits ». « J’ai échangé et rencontré l’ensemble des équipes politiques locales depuis plus de trois ans. J’ai construit des relations de travail et de respect », estime-t-il, mettant l’accent sur « des proximités programmatiques » avec la liste de gauche, sur « des engagements prioritaires pour Aubagne ».

    Un programme partagé

    Reconnaissant avoir reçu des sollicitations de colistiers de Joëlle Melin, il a fait le choix d’ouvrir des discussions avec les équipes de Jean-Pierre Squillari et de Mohammed Salem (DVC), martèle-t-il et avoir travaillé au-delà d’une simple « fusion technique ». De son côté, Mohammed Salem qui a totalisé 6,6% des voix au premier tour a apporté son soutien au maire sortant. Mais certains de ses colistiers sont tout de même allés au soutien de la nouvelle liste fusionnée comme Yohann Otokpa présent au meeting de ce jeudi à la salle du Bras d’Or.

    Arrêt du bétonnage à tout crin, renouveau du centre-ville avec la construction d’une halle ou le soutien local au pouvoir d’achat font partie de propositions sur lesquelles se sont rassemblés les deux candidats de la gauche et du centre. Tous les deux sont également favorables à la tenue de tables rondes avec les commerçants pour contrer la fermeture des magasins et attirer de nouvelles enseignes à Aubagne. À noter que Jean-Pierre Squillari défend également la réhabilitation totale de la piscine du Bras d’Or pour en faire un vrai pôle aquatique couplé avec l’aménagement d’un parc urbain.

    Une campagne
    tout azimut

    Au cours d’une dernière journée de campagne, les militants des deux équipes ont mis le paquet, et se sont retrouvés ce vendredi matin devant les commerces de Valriant et de Camp major, pour poursuivre devant plusieurs boulangeries du centre-ville, puis devant les écoles de la Pérussonne, Marie Mauron, Antide Boyer et Nelson Mandela avant de terminer avec un porte-à-porte géant dans le centre-ville.

    Dans le cadre de cette triangulaire, il s’agissait ces derniers jours d’aller également à la pêche aux abstentionnistes quand un Aubagnais sur quatre ne s’est finalement pas rendu aux urnes au premier tour.

    « Battre à la fois le RN et raccompagner Gérard Gazay à son domicile est à portée de vote » estimait vendredi Jean-Pierre Squillari, assurant que « celles et ceux qui nous rejoignent sont de plus en plus nombreux chaque jour ». Giovanni Schipani martèle : « Notre union n’est en aucun cas une adhésion mais le choix de la raison. » Puis prudent, le candidat divers centre appelle à la mobilisation. « Chaque voix comptera pour transformer l’essai car rien n’est gagné », considère-t-il.

  • Rassembler Nîmes pour s’opposer au RN

    Rassembler Nîmes pour s’opposer au RN

    Mardi 18 mars, Nîmes a retenu son souffle. Sur l’Esplanade Charles de Gaulle, plus de 2 000 personnes ont répondu à l’appel de Vincent Bouget et de « Nîmes en Commun », ont fait masse, serrées dans l’émotion, portées par une même urgence : empêcher la ville de basculer. Les discours se sont enchaînés, les visages de la gauche locale -Françoise Laurent-Perrigot, Patrick Malavieille, Alain Clary- sont venus donner chair à ce moment, avant que, le lendemain matin, le soutien de Carole Delga ne vienne enfoncer le clou. À quatre jours du second tour, la gauche n’a pas seulement tenu meeting : elle a posé une scène, celle d’une ville qui se relève et refuse la résignation.

    Car l’addition est brutale : il a suffi de 163 voix pour que Nîmes se retrouve, au soir du 15 mars, au bord d’un précipice politique. Il aura fallu attendre les derniers bulletins pour mesurer l’ampleur du choc. Le premier tour des municipales a livré un verdict aussi serré que lourd de sens : 163 voix seulement séparent le candidat du Rassemblement national Julien Sanchez (30,39%) de Vincent Bouget (30,05%), à la tête de l’union de la gauche. Derrière, la droite municipale, fracturée et affaiblie, s’effondre : Franck Proust (LR-Horizons) plafonne à 19,55%, Julien Plantier (DVD) à 15,55%. Pascal Dupretz (LFI) est éliminé avec ses 4,46%. Une photographie brutale d’une ville à la croisée des chemins.

    Le soir même, au bar du Prolé, Vincent Bouget n’a pas joué les commentateurs : devant ses soutiens rassemblés en nombre, il a appelé à la bataille, à la mobilisation totale, en martelant que « pas une voix ne doit manquer ». Un appel adressé aux électeurs de gauche, évidemment, mais surtout à toutes celles et ceux qui refusent de livrer la ville à un projet de tri social et de discriminations.

    Le RN Julien Sanchez admirateur de Trump

    Le danger est d’autant plus grand qu’il avance masqué. Julien Sanchez, figure RN du Gard, a été parachuté par le parti en janvier pour tenter le « coup » dans la préfecture : présence minimale sur le terrain, campagne atone, et programme lacunaire. Beaucoup de slogans, peu de réponses concrètes aux urgences du quotidien. Cette stratégie est connue : nationaliser le scrutin, surfer sur les peurs, faire croire qu’un bulletin RN serait un « coup de balai », alors qu’il prépare surtout une mairie au service d’une idéologie d’exclusion.

    Le RN veut faire de Nîmes un trophée. Une ville vitrine. Une ville test. Et, dans cette dernière semaine, Sanchez tentera de siphonner l’électorat de droite en jouant la comédie du vote utile, tout en insultant au passage ceux qu’il courtise. Sa sortie au lendemain du scrutin sur « l’orchestre du Titanic qui empêche les électeurs de voir l’iceberg communiste » visant le tandem Proust-Plantier n’est pas une blague : c’est une stratégie froide, tuer la droite pour régner sur ses décombres. Quitte à assumer, au passage, une boussole politique très claire : l’homme qui veut diriger Nîmes a une nouvelle fois revendiqué son admiration pour Donald Trump, son « action », ses décisions à coups d’arrêtés, et lâche sans détour au micro de Midi Libre : « Si j’étais Américain, je voterais pour Donald Trump, c’est sûr ! » Sa présence a Washington lors de l’investiture de l’autocrate le confirme. Voilà leur modèle : la brutalité érigée en efficacité, le mépris en méthode, l’autoritarisme en promesse, la ségrégation et la guerre en prime.

    À droite, le prix des ego

    En même temps, il est difficile de ne pas commenter le spectacle politique offert par le duo de la droite sortante. Pendant des mois, Franck Proust et Julien Plantier, héritiers proclamés de Jean-Paul Fournier, ont joué les frères ennemis. Guerre d’ambitions, guerre de places, guerre de succession, avec, au final, une droite coupée en deux, incapable d’assumer un bilan de 25 ans autrement que par des postures et du lavage de linge sale en public. Résultat : l’électorat se disperse, la majorité sortante s’effondre, et le RN se faufile.

    Et voilà qu’au lendemain de la claque, la droite découvre soudain les vertus du rassemblement. Fusion express, tractations nocturnes, et une nouvelle liste : « Nîmes par-dessus tout ». Une union née non pas d’un projet clair, mais de la peur de perdre le pouvoir. Le manège a assez duré : quand on n’a pas réussi à se parler pendant des mois, on ne fabrique pas une dynamique en 48 heures à coups de calculs d’appareil.

    Nîmes n’est pas seulement une « dernière grande ville LR ». C’est une ville travaillée par les fractures sociales, par l’abandon de quartiers entiers, par la crise du logement, par la santé qui recule, par les services publics qui s’étiolent : une ville où l’on demande aux habitants de tenir bon pendant qu’en haut on s’organise la succession. Une ville marquée par une droite qui préfère gérer la commune comme un patrimoine et une vitrine, multiplier les opérations de communication et les grands projets, plutôt que réparer le quotidien, et qui, dans la bataille d’héritage, s’est surtout donnée en spectacle. Et c’est précisément là que prospère l’extrême droite : sur les colères réelles, qu’elle détourne vers les boucs émissaires, la stigmatisation, la division.

    La gauche rassemblée

    en dynamique

    Du côté des listes de gauche, le cadre légal est clair : pas de fusion possible entre la liste LFI, restée sous la barre des 5%, avec celle de la gauche unie « Nîmes en commun ». Mais la réalité politique l’est tout autant : chaque voix comptera, l’enjeu dépasse les logos, et Pascal Dupretz a officiellement appelé à battre « l’extrême droite et la droite extrême ». La semaine qui s’ouvre n’est pas celle des susceptibilités : c’est celle de la responsabilité. D’autant que la participation n’a été que de 51,05% : l’autre réservoir, immense, côté chiffres, c’est l’abstention. Dans plusieurs quartiers populaires, la gauche est nettement devant… mais sur une participation très basse. Exemple parlant : le bureau 405 (école Henri-Wallon) situé dans le quartier Saint-Césaire. La participation y est seulement de 22,05%. Bouget monte à 46,36%, Sanchez à 4,60%, et le score LFI est particulièrement élevé avec 11,88% : un électorat social et contestataire existe, mais il faut le faire sortir.

    À l’aube du premier tour, un sondage Ifop-Fiducial pour La Gazette testait plusieurs scénarios. Dans celui de la triangulaire qui attend les électeurs ce dimanche (Bouget-Proust-Sanchez), l’étude donnait Bouget à 41%, Proust à 31 % et Sanchez à 28%. Ces chiffres ne votent pas à la place des Nîmois. Mais ils disent une chose : la victoire est possible, à condition de construire un barrage populaire, pas un barrage de salon. Un barrage fait de porte-à-porte, de discussions, d’écoute, d’un discours clair : Nîmes n’a pas besoin de peur, elle a besoin de dignité. Vincent Bouget, en clôture de la réunion publique du 18 mars, a résumé l’enjeu : « Ce n’est pas le projet d’un clan, ce n’est pas un projet de division, c’est un projet pour tous les Nîmoises et les Nîmois, résolument tourné vers l’avenir. C’est cette nouvelle page que je vous propose d’ouvrir ensemble dès dimanche soir. » Dimanche 22 mars, Nîmes choisira.

  • À Aix, Sophie Joissains jette ses dernières promesses dans la bataille

    À Aix, Sophie Joissains jette ses dernières promesses dans la bataille

    Cours Mirabeau, sur le parvis de son local de campagne, Sophie Joissains (UDI) tient son dernier meeting de campagne avant le second tour. « On se rapproche des mille personnes (présentes) », estime son équipe de campagne. Parmi les sympathisants et soutiens, une dizaine de maires du Pays d’Aix, élus ou réélus au premier tour. « Une mobilisation qui démontre qu’il existe sur notre territoire une cohésion (…) nous ne sommes pas de simples voisins, ce sont des liens quasi organiques qui nous relient, une culture millénaire, une coutume, des habitudes », salue Sophie Joissains. La maire sortante, est arrivée largement en tête du premier tour, dimanche dernier. « 39,41% des suffrages exprimés, rappelle la candidate. Nous avons remporté la majorité sur 100 bureaux, sur 101. Tous les Aixois se sont sentis concernés par cette liste et représentés par les élus de la majorité municipale. Ce score vient récompenser un engagement sans faille vis-à-vis des Aixois. » Une équipe, selon Sophie Joissains, « qui ne s’est pas construite autour d’un slogan ou d’une addition d’ambitions personnelles, comme certaines autres listes, mais autour d’un projet clair ».

    « Pas suffisant »

    « Une ville ne se dirige pas avec des postures mais du travail, de la constance, de la clarté… liste la candidate. Ces derniers jours, j’ai entendu nombre de propos qui m’ont étonnée, interpellée. J’ai entendu des gens qui dénonçaient ce qu’ils avaient soutenu ou voté hier, puisque l’opposition municipale a voté à 95%, à l’unanimité, les délibérations prises en conseil municipal. » Et d’étrier, sans citer les candidats, des téléphériques, qui « coûtent 32 millions le kilomètre » ou un autre candidat qui « s’est trouvé à Aix comme à Chicago, et qui prétend démultiplier les policiers municipaux pour en faire une brigade des stups. C’est du régalien », poursuit Sophie Joissains. Avant de poursuivre : « Le même candidat, appelle les électeurs de la candidate LFI, qui a comme projet de désarmer la police municipale, à le rejoindre : un peu de cohérence, tacle Sophie Joissains. J’entends aussi, à vérifier, que demain, un candidat pourrait aller à la fête de l’Aïd pour promettre un lieu de culte, sans qu’aucune réflexion sérieuse soit engagée, ou distribuer des tracts lors d’une fête religieuse : je laisse cela à votre appréciation. » Aucune de ces mesures, promet Sophie Joissains, ne sera incluse dans le programme. « Mais nous allons continuer de recruter 7 à 10 policiers municipaux par an, construire un nouveau commissariat central, pour contenir ces nouveaux effectifs, de poser des caméras, continuer, en étroite collaboration avec la police nationale, de faire en sorte que la ville d’Aix accroisse sa sécurité et permette que notre qualité de vie demeure, pour tous », liste, entre autres, la candidate.

    Aller chercher « toutes les voix »

    Un projet justifié par des « réalisations ». Celle du Faubourg, en cours de rénovation, d’Encagnane, ou encore la rénovation urbaine de Corsy « que nous venons de terminer », rapporte-t-elle. Promesse est, de nouveau, faite d’un accès égal au sport et de la culture, d’un accroissement du Pôle d’Activité pour accueillir des entreprises « en énergie verte », « une Cité de la Défense », de poursuivre les efforts pour un chiffre de tourisme qui rapporte « 400 millions par an de chiffre d’affaires à nos commerçants », et l’ouverture d’un second centre d’accueil pour femmes… Pour autant, « un très beau score de premier tour comme le nôtre nous pousse, nous engage, mais n’est pas suffisant. Il nous faut remporter le second tour. Nous avons des adversaires parfois vexés, ulcérés de notre résultat, et croyez-moi, ils ne reculeront devant rien pour essayer de nous faire reculer », lance Sophie Joissains, qui appelle à aller chercher « toutes les voix ».