Pannes d’ascenseurs à Marseille : le bailleur PML s’engage sur l’urgence et le fond

Dans le secteur de Malpassé, dans le 13e arrondissement, une délégation de locataires de Villecroze, des Oliviers, des Lauriers, des Cèdres et des Bleuets se sont mobilisés, à l’initiative de l’association Aclo-CGL pour dénoncer « des pannes récurrentes, des réparations qui tiennent trois heures ou trois jours », résume Nadia Zaimeddine. Une problématique qui concerne « l’ensemble de nos immeubles », précise l’associative.

Sur le parvis de Frais-Vallon, trois voisines du bâtiment E6 de Villecroze sont assises sur des tabourets. « J’ai une prothèse au genou droit, à force de monter les huit étages, c’est le gauche qui flanche, déplore Rhamouna. On ne sort plus faire les courses si personne n’est là pour les remonter, sinon on reste toute la journée dehors. » à ses côtés, Halassi, 80 ans, un pied cassé, a « renoncé à aller chez le docteur ». Mirajé, 76 ans, déplore : « Mon mari est en insuffisance respiratoire. Il dort dans la voiture quand c’est en panne. » Pas mieux lotie aux Bleuets, une locataire appuyée sur sa canne déplore également devoir gravir « onze étages, ponctuellement ». Valide, Christophe n’en peut plus non plus de grimper, « après une journée de chantier, presque quotidiennement, les marches des Oliviers A ».

Le vote au Sénat de la proposition de loi visant à réduire les délais d’intervention tarde. « Le sénateur communiste Jérémy Bacchi a promis de la pousser », rappelle Claude Dutto, militant de la section du 13e. Imrane Trocmé et Salim Alladine Abdallah, respectivement conseillers municipaux LFI sur les 4-5 et les 2-3, sont aussi à l’écoute des doléances. « Les prestataires n’ont pas de stock de pièces, c’est pourquoi nous demandons la mise en place d’une régie, qui pourrait constituer les siens », estiment les élus. Mais le circuit court reste tributaire d’une production des matériaux qui vient au mieux d’Allemagne, au pire de Chine.

Un plan sur 10 ans

« On entend qu’il y a une part de vandalisme dans les causes, mais c’est en troisième position, derrière le problème technique, puis le mauvais usage. Ce sont des réponses à l’urgence et sur le fond que nous venons chercher », explique Nadia Zaimeddine avant d’être reçue avec une délégation de locataires de chaque cité. Contactée, Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire et fraîchement élue à la présidence de Provence Métropole Logement (PML), reconnaît : « C’est un travail au long cours. Nous avons un parc assez défectueux. Il faut parfois changer le palier, parfois l’ascenseur entièrement. » L’été caniculaire et les micro-coupures de courant n’ont pas favorisé le fonctionnement des appareils. Des rénovations, dans les années 2000, n’ont pas permis de régler l’ensemble des problèmes. « Et nos prestataires ont un souci d’approvisionnement de pièces de rechange », confirme la présidente de l’office.

Conscient de l’envergure de la situation, le bailleur « agit sur deux niveaux : l’instant T et la rénovation ». Un plan sur dix ans prévoit « la transformation intégrale d’une quinzaine d’ascenseurs par an, de manière à avoir accès plus rapidement aux pièces sur le territoire ». Il a par ailleurs mis en place « des réunions hebdomadaires avec l’ascensoriste Paca services pour identifier les pannes, leur durée et le suivi », indique encore Audrey Garino, qui s’est engagée « à transmettre tous les documents concernant ces problématiques à l’association de locataires ».

Poussant la porte de sortie de l’immeuble, la représentante de la CGL s’est dite « rassurée sur nos exigences de transparence » et attend la table ronde « promise rapidement, avec une date qui reste à fixer ».

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