Tag: panne

  • Privés d’ascenseur les habitants se font porter

    Privés d’ascenseur les habitants se font porter

    « J’avais annulé tous mes rendez-vous chez le neurologue parce que je suis tombée deux fois dans les escaliers, explique Danièle, locataire du 7e étage que l’accompagnateur de SAMV aide à s’installer dans le « vertimove », un fauteuil monte-escaliers électrique. Maintenant, je peux y retourner, puisqu’Enzo me remonte. » Depuis huit mois, les locataires des 26 appartements du bâtiment 31 étaient privés d’ascenseurs.

    Enzo manie le fauteuil avec prudence pour conduire Danièle à l’extérieur. « Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas le prendre pour aller m’amuser en bas », rassure la dame. Mais au 31 de cette cité du 15e arrondissement, on ne rigole pas vraiment depuis huit mois. Comme dans beaucoup d’autres immeubles, « les pannes, on connaît, mais longues comme ça, on n’en peut plus », souffle une autre locataire dans le hall. Elle a déposé ses quatre sacs de courses dans en attendant l’aide de son mari pour grimper les étages les bras chargés. « On a bien tenté d’appeler le numéro, mais ils ne sont pas venus, explique-t-elle en désignant une affiche. Et c’est compliqué de s’organiser pour dire quand on arrive avec les commissions. »

    « Une aide au portage de courses est aussi proposée, mais par la Régie de quartier », souligne le directeur technique de 13 Habitat. Il souhaite coordonner les services d’aide aux personnes à mobilité réduite, au portage ou à la descente des ordures ménagères « sur un seul numéro d’appel, pour plus de simplicité ». Quand une panne s’éternise, « qu’on ait des problèmes de santé ou qu’on soit valide, à partir du 3e ça devient pénible », reconnaît la responsable de l’agence Belvédère. Elle n’a pourtant enregistré « que trois demandes » depuis la mise place du service, le 20 août dernier, parce que « les gens n’osent pas et il faut le temps que l’information passe… ».

    Pannes d’ascensoristes

    « C’est inhumain d’être assigné à résidence », convient Damien Vanoverschelde. Le directeur général de 13 Habitat est venu assister à l’expérimentation de cette aide à la mobilité. « C’est une première pour 13 Habitat, mais ce système a déjà été expérimenté ailleurs. Nous souhaitons le déployer sur tout le département quand il y a des pannes ou quand il y a une mise à l’arrêt pour des travaux programmés », précise-t-il. Il convient que le délai de réparation est particulièrement long sur cet appareil : « Il y a eu un incendie criminel qui a détruit le hall et la cage en janvier. La police avait mis des scellés. Puis on a remis le hall en état. Mi-juin, on a demandé le rétablissement de l’électricité. Enedis n’a répondu que le 22 juillet, puis est intervenu le 12 août. L’ascensoriste va pouvoir lancer les travaux ».

    Mais la problématique des pannes récurrentes d’ascenseurs est plus large. C’est « sur ce constat » que s’est créée l’association, puis la société de services SAMV, explique son directeur, Fouad Ben-Ahmed, qui développe depuis 10 ans les services de portage et commence à constituer une équipe à Marseille. « On est intervenu sur plusieurs résidences sociales et copropriétés, comme au Mail dans le 14e. Le fauteuil passe aussi dans l’escalier en colimaçon ». Pour lui, les ascensoristes « n’ont plus de stock depuis le Covid, car c’est cher. C’est pour ça qu’il y a des délais pour les pièces manquantes ».

    « Oui, il y a un vrai sujet sur les ascenseurs, admet Damien Vanoverschelde. Quand il y a une panne, on est tributaire des pièces. Elles sont en métal ou avec des composants électronique qui proviennent de Chine. Le blocage du détroit d’Ormuz n’a pas arrangé les choses. » Il reste qu’au XXIe siècle, remettre au goût du jour la chaise à porteurs, tout électrique soit-elle, pour remédier à un souci national du marché des ascensoristes, ça vous scotche aux escaliers ! Quid de la loi visant à contraindre toute la chaîne de responsabilité à agir sans délai, proposée par le député PS des Bouches-du-Rhône, Laurent Lhardit, et adopté il y a un an par l’Assemblée nationale ?

  • [Travailleur de demain] Mathieu Sabatier, la passion camion

    [Travailleur de demain] Mathieu Sabatier, la passion camion

    Sous ses airs de jeune homme de 19 ans plutôt réservé, Mathieu Sabatier cache une vraie passion pour le travail méthodique et bien fait. L’apprenti mécanicien a toujours été « bricoleur et manuel », mais est tombé par hasard dans le grand bain huilé de la mécanique. Il explique : « Je voulais un métier utile, au début je me suis d’abord orienté vers la mécanique automobile, mais dans le bac pro que j’ai intégré, il y avait aussi du poids lourd. »

    C’est à ce moment qu’est née en lui une fascination pour ces moteurs thermiques de plus de 500 chevaux et 2 500 newtons-mètres de couple. À titre de comparaison, une voiture fait entre 200 et 500 newtons-mètres de couple… Bref, « j’ai été impressionné par la taille des moteurs et leur puissance », confie le jeune apprenti. Mais Mathieu Sabatier est également très rationnel : le travail sur camion, c’est aussi un certain confort. « On ne va pas se plier comme sous une voiture, on a bien plus d’espace pour travailler, donc c’est mieux pour notre santé physique. » Le Lançonnais est conscient des conséquences que peut avoir son métier sur la mécanique des articulations.

    Un métier exigeant

    Il rappelle que chez Scania, une attention est portée à la santé des travailleurs : « On peut avoir des problèmes de genoux ou de dos en lien avec nos positions de travail, mais on a accès à des genouillères ou bien à des bouchons d’oreilles contre le bruit. »

    Une fois son bac en poche, il fait le choix de partir en apprentissage pour se spécialiser en poids lourd au Greta CFA du Vaucluse. Fort de son talent, Scania lui propose directement un contrat d’apprentissage suite à un stage. Il travaille sur des camions, des bus, mais aussi des machines industrielles (cisailles, bateaux, etc.) équipées de moteurs Scania. Diagnostics, réparations, entretien sont autant de compétences qu’il aiguise au quotidien. Le plus grisant reste les interventions : « Quand un camionneur tombe en panne sur route, le but, c’est de le faire repartir le plus vite possible pour éviter qu’il prenne trop de retard sur sa livraison. » La pression est plus forte quand ce sont des camions alimentaires qui nécessitent une prise en charge rapide. « La contrainte de temps, ça peut être compliqué, il faut rester méthodique et très organisé. » En mécanique, chaque opération est une nouvelle prise de risque et rien n’est jamais gagné d’avance. « En plus, pour un camionneur, son véhicule, c’est sa maison, son petit chez-lui, donc on fait très attention à en prendre soin, on veut le mieux pour nos clients », rappelle-t-il.

    Face aux bouleversements que vit la profession avec l’arrivée de l’électrique, Mathieu est clair : « Je m’adapterai toujours, le monde mécano bouge vite pour s’adapter au dérèglement climatique, il faut avoir soif d’apprentissage et suivre les technologies. » Mais il émet des réticences : « On passe sur des camions électriques, mais pour l’instant, ce n’est pas optimal, ça réduit trop l’autonomie. »

    Scania lui a proposé de continuer en CDI dès la fin de son apprentissage. Mathieu se sent bien dans sa nouvelle famille : « On passe la plupart de notre temps au travail, donc il faut aimer ce qu’on fait. »

  • Marseille : les policiers manifestent pour plus de moyens

    Marseille : les policiers manifestent pour plus de moyens

    Prise de plainte dans un préfabriqué, cafards, voitures à bout de souffle et gyrophare en panne, les policiers sont « au bout » a dénoncé Sébastien Greneron, secrétaire départemental Alliance 13.

    Partis de l’Ombrière, près de 400 de ses collègues ont marché jusqu’à la préfecture dans le cadre d’un appel national du syndicat à manifester. Ils réclament des moyens et le soutien de l’État, souhaitant un « choc d’autorité. »

    Dans le cortège, de nombreux élus de droite et d’extrême droite étaient venus en soutien. Parmi eux, des représentants de la majorité de la présidente de la Métropole et du Département, Martine Vassal (DVD), comme Catherine Pila (LR) ou Sabine Bernasconi (LR). Mais aussi des référents de sa campagne municipale comme Laure-Agnès Caradec (LR), Sylvain Souvestre (LR), maire des 11-12 ou Marion Bareille (LR), maire des 13-14. En première ligne également, le candidat RN, Franck Allisio ou Nora Preziosi, ancienne alliée de Martine Vassal, seconde sur la liste « citoyenne » d’Erwan Davoux.

  • Les parents d’élèves mobilisés à l’école Révolution à Marseille

    Les parents d’élèves mobilisés à l’école Révolution à Marseille

    Depuis le 5 janvier, l’école élémentaire Révolution Jet d’Eau (3e) est privée de chauffage et subit des coupures d’électricité. Face à cette situation, les parents d’élèves ont organisé un blocage devant l’école, ce mardi à 8h30, pour alerter les pouvoirs publics de l’urgence des réparations. « Actuellement, la température au niveau des classes est de 10 degrés. Les enfants vont avec l’école avec deux manteaux, des pulls, des écharpes et des bonnets. Ce ne sont pas de bonnes conditions pour éduquer nos enfants », regrette une déléguée des parents d’élèves. « On nous dit que le chauffage est réparé, mais deux jours après, ça resaute : le problème, c’est qu’il n’y a pas de suivi », ajoute une enseignante à temps partiel.

    Les chaudières « réparées jeudi »

    « Le chauffage, c’est la goutte de trop. En mars, il y avait déjà eu l’effondrement du mur entre le Comptoir de la Victorine et l’école. Les éboulements n’ont pas encore été dégagés, les issues de secours sont encombrées. S’il arrive quelque chose à nos enfants, les pompiers ne pourront pas intervenir », se désole une maman.

    Le député (LFI) Sébastien Delogu, candidat à la mairie de Marseille, était présent lors de cette mobilisation. « Malgré de nombreuses sollicitations auprès de la mairie, les parents d’élèves sont restés sans réponse », affirme Alladine Salim, militant LFI dans les 2e et 3e arrondissements.

    Contactée par La Marseillaise, la municipalité assure que « les chaudières seront définitivement réparées jeudi grâce à une nouvelle intervention des techniciens ». Concernant le mur, « les travaux du fond de parcelle ont été effectués », mais « la cour reste fermée aux élèves dans l’attente de l’installation d’un garde-corps définitif ».