François de Canson est passé par toutes les crises pour sa première semaine à la tête de la Région Sud, des mobilisations lycéennes aux violences qui ont marqué ce samedi 17 octobre, jusqu’aux inondations meurtrières dans l’ouest des Bouches-du-Rhône. « Cela permet de montrer que l’on sait les traiter », philosophe-t-il. Alors, logiquement, la première séance plénière du conseil régional qu’il préside, ce vendredi matin, est marquée par les réponses d’urgence, avec des aides qui doivent être votées à destination des lycées comme des commerces pillés.
S’il insiste sur les 2,9 milliards d’euros d’investissements déjà réalisés dans les lycées en dix ans, « il faut améliorer le quotidien », concède le président (DVD) de Région. Dès son élection, il avait lancé une plateforme de signalements : Allô lycées Région Sud. « Nous avons eu 600 retours en moins d’une semaine », se félicite-t-il. Parmi eux, seuls trois établissements sont concernés par des plaintes concernant l’état des locaux, assure l’édile varois de La Londe-les-Maures, en énumérant les lycées Jean-Cocteau à Miramas, Ismaël-Dauphin à Cavaillon et Adam-de-Craponne à Salon-de-Provence. Face aux dégradations, le conseil régional débloque d’emblée une enveloppe d’urgence de 6 millions d’euros. Mais, tandis que la moitié des signalements déjà effectués sur la nouvelle plateforme régionale concerne le manque d’adaptation aux canicules, il annonce un budget supplémentaire de 10 millions d’euros d’ici la fin de l’année pour y faire face, avec un premier volet de 3,2 millions d’euros pour 50 lycées qui doit être voté ce vendredi. « Nous allons faire en sorte qu’il y a un espace climatisé dans chaque établissement », promet François de Canson.
Mais le président de Région veut aussi sanctionner plus durement les lycéens auteurs de dégradations. « Manifester, c’est bien, dégrader et casser c’est inadmissible », appuie-t-il, en annonçant porter plainte systématiquement et mettre à disposition de la justice 10 000 heures de travaux d’intérêt général. Surtout, il demande au ministre de l’Éducation de transmettre les noms des élèves sanctionnés, « afin qu’ils ne puissent plus bénéficier des aides régionales comme le pass plein air ou le pass Zou ». En s’inscrivant donc dans les pas du RN qui avait fait la même proposition, le 6 octobre dernier. « Monsieur Allisio est bien gentil, mais je l’ai annoncé depuis bien longtemps, c’est facile de répéter ce qu’on a annoncé », balaie le président de Région, lui demandant de ne pas « polémiquer ».
François de Canson monte aussi au créneau face aux pillages du 17 octobre dernier. « J’ai souhaité que l’on puisse agir le plus rapidement possible », explique-t-il après ces violences « inadmissibles ». Sans décolérer face à la visite « à la lampe frontale » du ministre de l’Intérieur, mardi soir, à laquelle il n’avait pas été convié là où il attendait, lui aussi, des explications, tandis que le ministre du Commerce, avec lequel il s’était entretenu par visioconférence, « n’avait pas grand-chose à nous dire ». Alors il se pose en chef de file de l’accompagnement des commerces en faisant voter, comme il l’avait annoncé, la réactivation du Fonds de solidarité régional avec une enveloppe de 5 millions d’euros pour des aides forfaitaires de 10 000 euros par commerce touché par les pillages. Le Département des Bouches-du-Rhône doit l’abonder de 5 millions d’euros, la Métropole Aix-Marseille ajoute 1 million supplémentaire tout comme la CMA-CGM, et il invite les autres collectivités à l’abonder.
Ironie du sort, deux jours avant les pillages, la Région réclamait devant le tribunal administratif l’annulation des aides versées aux commerces par la Ville de Marseille après les émeutes de 2023. « Bien évidemment, nous n’irons pas au bout de la démarche et nous ne demanderons pas aux commerçants de rembourser », répond le président de Région, alors que le rapporteur public allait dans le sens d’une annulation. Mais il promet de mobiliser le comité régional de tourisme, qu’il préside également, afin de redorer l’image de la ville avant les fêtes de fin d’année, et de financer la réparation des caméras de vidéosurveillance.

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