Tag: commerces

  • Aux halles de Nîmes, le changement se prépare avec les étaliers

    Aux halles de Nîmes, le changement se prépare avec les étaliers

    Institution nîmoise depuis 1884, les halles ont besoin d’un sérieux coup de neuf. Mais comment moderniser ce marché emblématique sans lui faire perdre son âme ni fragiliser les commerçants qui le font vivre ? C’est l’équation à laquelle s’attaque Vincent Bouget. Ainsi, le 12 octobre, le maire et son adjoint au commerce Emmanuel Bois ont rencontré les quelque 70 étaliers pour présenter leurs engagements.

    Première garantie : les halles resteront en régie publique, conservant leur vocation de marché alimentaire. La municipalité entend privilégier les travaux de sécurité, de mise aux normes et d’amélioration des conditions de travail plutôt qu’un coûteux projet d’embellissement. Le premier chantier concret sera la gestion des déchets, devenue un véritable casse-tête pour les commerçants. La Ville prévoit de rénover le local insalubre dès le début de l’année 2027 et de reprendre l’organisation de la collecte, confiée à un prestataire.

    Rénover sans fermer

    Le chantier le plus délicat reste celui de la rénovation générale du bâtiment. La municipalité promet de limiter les perturbations de l’activité commerciale, mais aucun calendrier ni scénario de travaux n’est encore arrêté. Autre inquiétude majeure : l’avenir des étaliers, dont les autorisations d’occupation arrivent à échéance fin 2029. La Ville souhaite examiner chaque situation pour favoriser leur maintien, sans pouvoir garantir un renouvellement automatique. « On a senti une réelle volonté de concertation et de dialogue, ça change », salue malgré tout V. Vergne, président des étaliers. Un prestataire doit être désigné d’ici la fin de l’année pour accompagner une concertation élargie. Reste désormais à transformer les engagements en décisions concrètes, dans un dossier qui concerne quelque 300 emplois. A.J

  • Les collectivités et l’État affichent leur soutien aux commerçants marseillais

    Les collectivités et l’État affichent leur soutien aux commerçants marseillais

    « J’ai redémarré mais sans marchandises et ma banque a rejeté le prélèvement car il n’y a pas d’argent qui est rentré. » Venu bénéficier des services du guichet unique installé au Palais de la Bourse depuis le début de la semaine pour venir en aide aux commerçants touchés par la casse et les pillages, ce buraliste, installé à Sainte-Marthe (14e) depuis 17 ans, ne cache pas son désarroi. Face à lui, le préfet de région, Jacques Witkowski, le président de la Chambre de commerce Aix-Marseille, Jean-Luc Chauvin, et les représentants des collectivités qui ont mis au pot, François de Canson (DVD), président de la Région, Martine Vassal (DVD), présidente du Département. Rebecca Bernardi (PM), adjointe au maire de Marseille en charge du commerce est là aussi.

    « Ce guichet rassemble l’ensemble des services disponibles, ceux de l’État, des collectivités, de la solidarité entrepreneuriale. On reçoit au fur et à mesure les entreprises pour leur permettre de faire leur parcours, d’avancer » explique Jean-Luc Chauvin, ajoutant que plus de 180 d’entre elles « ont été vues, accompagnées ou reçues ». Après une prise de contact par téléphone, un « parcours de rendez-vous est pris pour ne pas attendre et voir tout le monde », poursuit le responsable de la CCI.

    Dans le cadre d’un fonds régional, 5 millions d’euros ont été débloqués, auxquels s’ajoutent 5 autres millions du Département. Un dispositif qui a fait ses preuves pour le Covid en 2020, les émeutes en 2023. « On se doit de redonner confiance à nos commerçants. On ne veut pas que le centre-ville de Marseille meure » insiste François De Canson, rappelant que Noël, « c’est quand même 35% du chiffre d’affaires ».

    Anticiper un effet

    « château de cartes »

    Martine Vassal enchaîne : « Beaucoup de commerçants aujourd’hui n’ont plus de stock, n’ont plus rien, ont des salariés sur les épaules. » Forte de cette belle solidarité, Rebecca Bernardi en appelle également à l’État. « Cela ne suffira pas pour relancer le centre-ville. On a une prise en charge des commerces pillés mais il y a aussi tous les commerçants qui sont debout, qui font zéro en chiffre d’affaires, ou à 10% de ce qu’ils font d’habitude », s’inquiète l’élue qui réclame pour ces derniers des garanties pour éviter que tout ne s’écroule comme un « château de cartes ».

    La Ville se chargera de l’animation dès la semaine prochaine, avec un « plan global » incluant la gratuité des parkings, la piétonnisation temporaire voire l’ouverture le dimanche pour rattraper l’activité perdue. Le chèque-cadeau « Treiz’local » à consommer dans le centre-ville est également de retour annonce Jean-Luc Chauvin, prêt à « faire feu de tout bois pour sauver le centre-ville ».

    En attendant, la perspective d’une nouvelle manifestation le 31 octobre ne rassure personne. « Je n’ai pas, à l’heure où on se parle, de demande de dépôt de manifestation », affirme Jacques Witkowski. Il tient à faire passer un message : « Il ne faut pas s’y tromper, nous n’avons pas affaire à des gens qui manifestent mais à des gens qui viennent casser, des délinquants. » Et d’appeler « chacun prend ses responsabilités. Nous prendrons les nôtres ».

    Pour autant, pas question d’appeler à la fermeture des commerces répond Jacques Witkowski quand on lui pose la question. « On a le droit d’ouvrir quand on est un entrepreneur, on a le droit aussi, quand on est un citoyen, un touriste, de venir, ne serait-ce que se promener ou acheter là où les commerces sont ouverts », estime-t-il. Et de rappeler le « succès populaire » de la manifestation du 24 octobre organisée par la CGT. « Les gens ont pu venir en toute sécurité exprimer leur mécontentement, leurs observations. Il faut qu’on puisse continuer comme ça, que ça se passe bien », considère le préfet.

  • [Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »

    [Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »

    Si les commerçants ont pu faire part de leurs demandes après avoir vu leurs magasins pillés, voire détruits, en marge des manifestations, le président de la CCI appelle chacun à ses responsabilités au nom aussi, de la survie du centre-ville marseillais.

    La Marseillaise : Que retenez-vous de la rencontre avec le président de la République, ce lundi ? Êtes-vous satisfait ?

    Jean-Luc Chauvin : Nous sommes la ville de France la plus touchée avec 528 commerces dégradés, 331 sinistrés, 118 pillés. Cela veut dire qu’il n’y a plus de stock et que tout a été détruit dans la boutique parfois même incendiée. Une barbarie totale. Chaque samedi fermé, c’est 2% de chiffre d’affaires annuel perdu. Et le chiffre d’affaires d’un commerçant entre novembre et décembre, c’est 40% de celui de l’année. Il y a aussi eu des conséquences sur l’hôtellerie. Le fait que le président de la République lui-même soit là, c’est un signe positif, important pour les commerçants. Ils ont pu dire au président et aux ministres présents à la fois tout leur désarroi, tout leur découragement et leur inquiétude.

    Qu’avez-vous demandé ?

    J.-L.C. : On a pu faire passer un certain nombre de demandes essentielles. La première, c’est que les commerçants sont des gens qui investissent, qui prennent des crédits, qui sont en caution personnelle. C’est de l’emploi, de la richesse, des taxes, des impôts. Ils ont besoin de sécurité, d’être défendu par l’État. J’ai fortement insisté pour éviter qu’on arrive à des solutions où un certain nombre d’entre eux se sentant abandonnés, pensent à s’auto-organiser. On a bien vu ce week-end avec un parcours différent, avec un encadrement des forces de l’ordre différent aussi, qu’on a eu que sept commerces cassés. Sur les aides à redémarrer, le fonds national est sorti hier, c’est très bien. On a aussi évoqué avec le président de la République un sujet qu’il n’avait pas dans son spectre, les commerces qui n’ont pas été cassés mais qui sont dans le périmètre concerné. À Marseille, cela représente quatre rues, de la préfecture, à la Canebière, la Chambre de commerce et jusqu’au Centre-Bourse. Là, trois commerces sur cinq sont cassés et ceux qui ne le sont pas, ont eu peur. Et quand ils ouvrent, ils font zéro chiffre d’affaires. J’ai proposé des mesures de chômage partiel, à 100% dans les périmètres où il y a eu les couvre-feux, et que les commerces non pillés puissent aussi bénéficier du prêt à taux zéro de BPIFrance [Banque publique d’investissement] à 50 000 euros. D’autres comme notamment Bernard Marty, en tant que président de l’UMIH [Union des métiers et des industries de l’hôtellerie], et vice-président de la Chambre, ont demandé à ce que cela soit adapté à la capacité de remboursement de l’entreprise.

    Pour autant, comprenez-vous qu’il y ait des revendications ?

    J.-L.C. : Que les gens veuillent manifester, c’est tout à fait normal, c’est leur droit, c’est pas le sujet. Par contre, ce n’est pas admissible, comme malheureusement c’est le cas aujourd’hui, que des manifestations soient infiltrées par des casseurs, des pillards, et par, probablement, des personnes qui veulent en découdre avec les autorités, les forces de l’ordre et les services publics, au détriment même de revendications légitimes des manifestants. On ne peut plus continuer à manifester comme avant, peut-être faut-il adapter la façon de faire. Il faut que les manifestations puissent avoir lieu, mais pas au milieu des commerces, parce que ça casse tout.

    Comment voyez-vous la suite ?

    J.-L.C. : On a très, très peur pour ce samedi, c’est une fête compliquée parce que c’est une fête avec des masques, avec du sang… On a moins d’inquiétude sur le 5 novembre, parce qu’on sait que les manifestations organisées par les syndicats sont gérées, comme ils l’ont fait samedi. J’ai bien expliqué au président de la République qu’il fallait aussi de l’animation pour faire revenir les gens en ville, mais ils ne le feront que lorsqu’ils seront rassurés. Et que, pour cela, il fallait régler le problème de la grogne sociale et des lycéens. Il faut une issue politique et que chacun prenne ses responsabilités, individuellement et collectivement. Que les gens qui manifestent soient aussi coopératifs. Si on veut sauver nos commerces, il va falloir qu’on fasse un effort, peut-être consommer. Peut-être, au lieu d’aller acheter trois produits à 10 euros sur un site ou une plateforme chinoise, acheter un produit à 30 euros chez un commerçant français…

  • À Sisteron, le recrutement d’un médecin libéral confié à un cabinet

    À Sisteron, le recrutement d’un médecin libéral confié à un cabinet

    Suite au départ de plusieurs praticiens, les conseillers municipaux ont voté lundi pour le lancement d’une procédure de recrutement d’un médecin généraliste libéral. Confiée à un cabinet de recrutement, cette mission « vise à renforcer l’accès aux soins à Sisteron dans un contexte de fortes tensions sur la démographie médicale », a expliqué Géraldine Taix, adjointe déléguée à la santé. La commune est placée en zone d’intervention prioritaire par l’ARS depuis 2022. De plus, « les départs récents et à venir de praticiens risquent de porter à près de 2 900 le nombre d’habitants sans médecin traitant. Afin de répondre à cette urgence, la municipalité propose de recourir au cabinet spécialisé P&P Conseil, rémunéré uniquement en cas de recrutement effectif, tout en poursuivant d’autres pistes comme l’accueil de docteurs juniors », a précisé l’adjointe.

    Une médecin généraliste avait quitté son cabinet en 2025, et le médecin devant la remplacer n’avait pas pu obtenir les autorisations administratives pour s’installer à Sisteron, rappelle la mairie. Un autre médecin généraliste de la maison de santé vient d’annoncer qu’il partirait à la retraite le 1er janvier. « Du fait de ces départs, la situation de l’offre médicale à Sisteron est de nouveau sous forte tension », constate la mairie.

    « Pendant la campagne, on avait soulevé l’idée des médecins salariés, donc on vous invite à explorer cette piste-là aussi », a suggéré Olivier Jourdan, conseiller municipal d’opposition de la liste citoyenne d’union de la gauche Demain Sisteron ! « Si le médecin libéral quitte Sisteron avant un certain délai, le prestataire doit, à ses frais, relancer la mission pour retrouver quelqu’un », précise-t-il au lendemain du conseil municipal.

    « C’est une dérive qu’il y a depuis quelques années. Comme l’État n’assure plus ses missions de services publics et d’accès aux soins de la population, on voit de plus en plus de mairies qui se mêlent et qui prennent de l’argent de la municipalité pour aller vers la santé, alors qu’à la base, ce n’est pas leur rôle. C’est peut-être de l’argent qui n’ira pas à l’école ou dans d’autres domaines qui dépendent de la mairie », regrette de son côté Cédric Volait, responsable de la CGT Santé 04.

    Au total, « huit médecins généralistes ont été recrutés, dont quatre directement par la commune et quatre via des cabinets spécialisés. Le coût total des recrutements réalisés par des cabinets spécialisés sur 8 ans est de 45 000 euros », a précisé Géraldine Taix.

    Pendant le conseil municipal, Olivier Jourdan a aussi questionné le maire sur la récente fermeture de plusieurs commerces du centre-ville de Sisteron. Une boulangerie, les deux pâtissiers et le magasin de producteurs ont fermé récemment et d’autres fermetures ont eu lieu dans les mois précédents, explique-t-il. « C’est effectivement un sujet important qui mérite que nous l’abordions avec lucidité, sans pour autant tirer des conclusions hâtives », lui a répondu Jean-Pierre Templier (DVD).

  • La taxe sur les logements vacants en débat au conseil municipal de Sisteron

    La taxe sur les logements vacants en débat au conseil municipal de Sisteron

    Nous ne croyons pas en l’efficacité d’une fiscalité punitive » : le maire de Sisteron, Jean-Pierre Templier (DVD), a défendu lundi soir son choix de ne pas mettre en place la nouvelle taxe sur les logements vacants, questionné à ce sujet par le conseiller d’opposition de la liste citoyenne d’union de la gauche Demain Sisteron !, Olivier Jourdan. « Cette mesure enverrait un signal négatif aux propriétaires et aux investisseurs, à un moment où le secteur immobilier traverse déjà des fortes tensions », a justifié l’édile. Cette nouvelle taxe est pour lui « un outil particulièrement inefficace dans les zones non tendues » et représente une « charge de travail disproportionnée au regard du rendement fiscal ». « Plutôt que de punir les habitants, notre municipalité fait le choix pragmatique de la main tendue et du partenariat », a affirmé Jean-Pierre Templier.

    Olivier Jourdan l’avait questionné à ce sujet en soulevant « l’enjeu majeur » que représente la remise sur le marché des logements vacants. La nouvelle taxe permet « d’inciter les propriétaires à faire les travaux nécessaires pour remettre leurs logements sur le marché », a-t-il souligné. « Pour moi, ce n’est pas une fiscalité punitive, mais incitative. Il y a des gens qui n’ont pas les moyens de faire les travaux d’un logement qu’ils n’habitent pas. Pour nous, il faut les encourager à remettre en vente. Faire confiance et attendre ne marche pas », a-t-il expliqué à la sortie du conseil municipal.

    Pour appliquer la nouvelle taxe sur la vacance des locaux d’habitation à partir de 2027, le conseil municipal devait adopter une délibération avant le 1er octobre, ce qui n’a pas été fait à Sisteron.

    Les élus se sont par ailleurs prononcés en faveur de l’ouverture d’une micro-crèche privée, qui s’installerait dans le parc d’activités Val de Durance, avec l’abstention des deux conseillers municipaux de la liste d’opposition d’union de la gauche. « La petite enfance est pour nous un service qui ne doit pas être géré par le privé lucratif », a expliqué Olivier Jourdan, craignant des « dérives » récurrentes dans les grands groupes de crèches privées.

    Jean-Pierre Templier a de son côté insisté sur les besoins criants de places en crèche, particulièrement depuis la fermeture de la crèche Les p’tits Babadins après des arrêts maladie à la chaîne et une grève dénonçant un « management toxique » (lire notre édition du 11 juin).

    Cet avis voté en conseil municipal ne signifie pas que la commune finance ou autorise le projet, qui reste encore conditionné à l’obtention de l’ensemble des autorisations nécessaires, a précisé le maire.

  • Région Sud : une première séance face aux crises pour François de Canson

    Région Sud : une première séance face aux crises pour François de Canson

    Pour un baptême du feu, le nouveau président (DVD) de Région, François de Canson, a été servi. « Voilà dix jours que vous m’avez confié la présidence de cette institution, dix jours et déjà beaucoup d’évènements », euphémisait-il en ouverture de la première séance plénière qu’il présidait, ce vendredi matin, après une semaine marquée par les mobilisations lycéennes, les violences du 17 octobre et les inondations meurtrières.

    Alors en procédure d’urgence, l’hémicycle régional s’est prononcé pour des aides en faveur des commerçants victimes des pillages. « Derrière chaque vitrine brisée, c’est l’ouvrage d’une vie qui est détruit », évoque le président de Région avant de présenter ce fond déjà doté de 12 millions d’euros (5 millions de la Région et du Département, 1 million de la Métropole et de la CMA-CGM) pour des aides forfaitaires de 10 000 euros. Et d’en appeler à l’État pour « restaurer le calme et l’ordre » après avoir une nouvelle fois déploré la visite « presque en catimini » du ministre de l’Intérieur. « Je n’ose pas croire que la mairie de Marseille ne participera pas à ce fond régional », glisse de son côté le vice-président (LR) Ludovic Perney.

    Les mesures d’urgence concernent aussi les lycées. Au-delà des 3,1 millions d’euros du plan canicule, 6 millions d’euros de crédits sont votés pour réparer les établissements touchés par des violences qui « portent atteinte à un bien commun », rappelle la vice-présidente (Modem) Marie-Florence Bulteau-Rambaud.

    Motions concurrentes

    « L’émotion et la colère que suscitent ces actes ne doivent pas nous faire perdre de vue la parole des lycéens, les revendications doivent être écoutées et appellent à des réponses concrètes », insiste-t-elle. Sans pour autant que la majorité n’adopte la motion présentée par le comité représentatif du Rassemblement écologique et social, qui réclamait une conférence régionale sur les conditions d’étude.

    Mais dans l’opposition, l’extrême droite mise sur la surenchère, pour continuer à surfer sur les violences du 17 octobre. « Ce que nous avons vu, c’est l’islamo-gauchisme à l’œuvre », ose le député RN Franck Allisio en dénonçant « des hordes de sauvages ». Et de matraquer, comme les élus de son groupe : « Avec Marine Le Pen à l’Élysée, ce temps-là est bientôt révolu ». « Soyez prudents quand vous faites des annonces de l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen, vous aviez fait la même annonce pour Marseille et Toulon », le cueille François de Canson.

    Mais au moment d’examiner les motions déposées, majorité et opposition se retrouvent cette fois en concurrence pour retirer les aides aux élèves sanctionnés. « Je souhaite que les sanctions les plus graves puissent avoir des conséquences sur l’accès à certaines aides régionales, dans le respect du droit », insistait le président de Région. Quand Franck Allisio dénonce des mesures « illégales ». « Votre motion est sans objet », répliquait Ludovic Perney après le vote du texte de la majorité. Assumant d’aller « bien plus loin » que le RN en matière de travaux d’intérêt général pour les lycéens condamnés.

    ET AUSSI

    Trois présidents sur les JO

    Les trois présidents successifs de la Région ne se sont pas privés de rappeler les conséquences de la perte des Jeux d’hiver 2030 pour Nice, alors que la collectivité réduit de 40 millions d’euros sa contribution à la Solideo. « Vous avez décidé de rayer d’un trait de plume le pôle glace », reprochait à l’extrême droite Christian Estrosi, face aux « retombées considérables » perdues. « La perte des Jeux à Nice vous incombe », surenchérissait François de Canson, quand Renaud Muselier appuyait : « C’est une occasion qui ne reviendra plus jamais dans votre vie ». Et de craindre, parmi les conséquences, des arbitrages négatifs sur la Ligne nouvelle, tandis que la collectivité votait de nouveaux crédits pour les lignes alpines. Pendant ce temps, des militants écologistes manifestaient contre les Jeux à l’extérieur, « une aberration par rapport au bouleversement climatique » dénonçait l’ex-adjoint marseillais Sébastien Barles.

    L’indignation de Jean-Laurent Félizia

    À la tête du comité représentatif du Rassemblement écologique et social, Jean-Laurent Félizia avait soigneusement préparé sa prise de parole, l’accord passé au moment du désistement de la gauche pour faire barrage à l’extrême droite aux régionales lui permettant d’intervenir une fois par an dans l’hémicycle. Mais la prise de parole lui a finalement été refusée, la collectivité indiquant à La Marseillaise que rien n’était prévu, hors la motion déposée et lue par la majorité régionale. « C’est un manquement à la parole politique donnée et un véritable déficit démocratique », dénonce Jean-Laurent Félizia dans un communiqué, rappelant que cette intervention lui est refusée « pour la troisième fois ». Il s’en est expliqué de vive voix avec le président de Région, qui selon lui aurait promis de faire différemment à l’avenir.

  • Des lycées aux commerces, la Région Sud joue les pompiers

    Des lycées aux commerces, la Région Sud joue les pompiers

    François de Canson est passé par toutes les crises pour sa première semaine à la tête de la Région Sud, des mobilisations lycéennes aux violences qui ont marqué ce samedi 17 octobre, jusqu’aux inondations meurtrières dans l’ouest des Bouches-du-Rhône. « Cela permet de montrer que l’on sait les traiter », philosophe-t-il. Alors, logiquement, la première séance plénière du conseil régional qu’il préside, ce vendredi matin, est marquée par les réponses d’urgence, avec des aides qui doivent être votées à destination des lycées comme des commerces pillés.

    S’il insiste sur les 2,9 milliards d’euros d’investissements déjà réalisés dans les lycées en dix ans, « il faut améliorer le quotidien », concède le président (DVD) de Région. Dès son élection, il avait lancé une plateforme de signalements : Allô lycées Région Sud. « Nous avons eu 600 retours en moins d’une semaine », se félicite-t-il. Parmi eux, seuls trois établissements sont concernés par des plaintes concernant l’état des locaux, assure l’édile varois de La Londe-les-Maures, en énumérant les lycées Jean-Cocteau à Miramas, Ismaël-Dauphin à Cavaillon et Adam-de-Craponne à Salon-de-Provence. Face aux dégradations, le conseil régional débloque d’emblée une enveloppe d’urgence de 6 millions d’euros. Mais, tandis que la moitié des signalements déjà effectués sur la nouvelle plateforme régionale concerne le manque d’adaptation aux canicules, il annonce un budget supplémentaire de 10 millions d’euros d’ici la fin de l’année pour y faire face, avec un premier volet de 3,2 millions d’euros pour 50 lycées qui doit être voté ce vendredi. « Nous allons faire en sorte qu’il y a un espace climatisé dans chaque établissement », promet François de Canson.

    Mais le président de Région veut aussi sanctionner plus durement les lycéens auteurs de dégradations. « Manifester, c’est bien, dégrader et casser c’est inadmissible », appuie-t-il, en annonçant porter plainte systématiquement et mettre à disposition de la justice 10 000 heures de travaux d’intérêt général. Surtout, il demande au ministre de l’Éducation de transmettre les noms des élèves sanctionnés, « afin qu’ils ne puissent plus bénéficier des aides régionales comme le pass plein air ou le pass Zou ». En s’inscrivant donc dans les pas du RN qui avait fait la même proposition, le 6 octobre dernier. « Monsieur Allisio est bien gentil, mais je l’ai annoncé depuis bien longtemps, c’est facile de répéter ce qu’on a annoncé », balaie le président de Région, lui demandant de ne pas « polémiquer ».

    Demi-tour judiciaire

    François de Canson monte aussi au créneau face aux pillages du 17 octobre dernier. « J’ai souhaité que l’on puisse agir le plus rapidement possible », explique-t-il après ces violences « inadmissibles ». Sans décolérer face à la visite « à la lampe frontale » du ministre de l’Intérieur, mardi soir, à laquelle il n’avait pas été convié là où il attendait, lui aussi, des explications, tandis que le ministre du Commerce, avec lequel il s’était entretenu par visioconférence, « n’avait pas grand-chose à nous dire ». Alors il se pose en chef de file de l’accompagnement des commerces en faisant voter, comme il l’avait annoncé, la réactivation du Fonds de solidarité régional avec une enveloppe de 5 millions d’euros pour des aides forfaitaires de 10 000 euros par commerce touché par les pillages. Le Département des Bouches-du-Rhône doit l’abonder de 5 millions d’euros, la Métropole Aix-Marseille ajoute 1 million supplémentaire tout comme la CMA-CGM, et il invite les autres collectivités à l’abonder.

    Ironie du sort, deux jours avant les pillages, la Région réclamait devant le tribunal administratif l’annulation des aides versées aux commerces par la Ville de Marseille après les émeutes de 2023. « Bien évidemment, nous n’irons pas au bout de la démarche et nous ne demanderons pas aux commerçants de rembourser », répond le président de Région, alors que le rapporteur public allait dans le sens d’une annulation. Mais il promet de mobiliser le comité régional de tourisme, qu’il préside également, afin de redorer l’image de la ville avant les fêtes de fin d’année, et de financer la réparation des caméras de vidéosurveillance.

  • Une expulsion sauvage déjouée dans un immeuble en péril à Marseille

    Une expulsion sauvage déjouée dans un immeuble en péril à Marseille

    Des propriétaires ont requis la police, jeudi, pour « récupérer leur bien » alléguant que des squatteurs s’étaient introduits au premier étage du 3, rue Moustier. Dans un premier temps, les policiers nationaux ont laissé le serrurier changer la serrure alors que l’avocate des trois locataires s’était présentée sur place avec des militants du Syndicat du logement, pour dénoncer une expulsion extrajudiciaire. « On n’expulse personne, on dialogue et on essaie de comprendre », répond à La Marseillaise le chef d’équipage, tandis que six de ses collègues ont pénétré dans l’appartement pour séparer les protagonistes.

    L’immeuble est frappé d’un arrêté de mise en sécurité depuis septembre 2023, qui interdit les caves et les commerces et qui suspend les loyers de tout l’immeuble. Un nouvel arrêté a été pris, en juillet 2026, qui constate l’insuffisance des travaux et maintient la procédure. « On est dans cette situation depuis bientôt quatre ans et les propriétaires ne font aucuns travaux », se désole un voisin. Le T4 litigieux n’est pas un squat. Il a été loué à des étudiants en médecine qui ont réussi leur internat, puis en juillet, la propriétaire l’a reloué à trois jeunes gens, Jeanne, Rosa et Pierre. « On est trois, on a un bail oral comme les anciens locataires qui sont restés un an. On loue l’appartement meublé 1 500 euros. On a un état des lieux signé et daté. On passe par la fille ou la petite-fille de la propriétaire âgée. On fait chacun un virement bancaire de 500 euros à Martine B. On a versé le loyer en juillet et août et on a arrêté en septembre, quand on a appris qu’il y avait un arrêté de péril », explique Jeanne, 26 ans, salariée.

    Vers midi, les policiers obtiennent le départ des trois proches de la propriétaire. Ils filent sans remettre les nouvelles clés à leurs locataires. Le parquet de Marseille a été informé de ce qui ressemble fort à une tentative d’expulsion sauvage doublée d’une perception illicite de loyers dans un immeuble en péril.

  • [Entretien] Fabien Roussel : « Nous appelons à se mobiliser où c’est possible »

    [Entretien] Fabien Roussel : « Nous appelons à se mobiliser où c’est possible »

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée cette réunion à Matignon ?

    Fabien Roussel : On est forcément déçus avec Stéphane Peu et Cécile Cukierman. On y allait pour commencer à discuter avec le gouvernement des mesures contre la vie chère pour les salaires, sur les prix de l’essence, de l’énergie. En fait, le Premier ministre nous avait conviés à une réunion qu’il a dite « technique » pour parler du maintien de l’ordre avec le général qui nous a expliqué ce que c’était. On est très loin de tout ce qui se dit en France depuis des mois concernant la vie chère. Si les questions de sécurité et de maintien de l’ordre nous préoccupent, pour autant, il est urgent d’apporter des réponses au problème du pouvoir d’achat. C’est ce que nous avons rappelé.

    Il n’a pas du tout été question
    de répondre aux revendications sociales
     ?

    F.R. : Rien. On a d’ailleurs mis l’accent sur le fait de recevoir les lycéens et les étudiants parce que c’est inadmissible que le Premier ministre ne l’ait pas encore fait, c’est ce que nous avons dit. Ils ont des propositions qui n’ont pas d’impact budgétaire, telles que l’abrogation de Parcoursup ou le fait de revenir sur le contrôle continu, la réforme de Jean-Michel Blanquer. Cela peut être annoncé dès maintenant.

    Le gouvernement devrait faire des annonces aux lycéens lundi.

    F.R. : Peut-être, en tout cas, on n’a rien entendu aujourd’hui.

    Qu’avez-vous pensé de la prise
    de parole du président Emmanuel Macron en amont de cette réunion
     ?

    F.R. : C’est lunaire parce que justement, on a un État qui est impuissant, un président qui est en fin de règne et au lieu d’entendre la colère qui monte et s’exprime depuis des mois, il met en cause des principes constitutionnels tels que le droit à manifester. Ça, c’est grave.

    Dans de nombreuses villes
    et départements, les interdictions à manifester tombent les unes après les autres.
    Qu’en pensez-vous
     ?

    F.R. : Quand des syndicats qui ont l’habitude de déposer, en bon ordre, la possibilité de manifester, il faut pouvoir défendre ce droit et ne pas accepter cette situation. Autant, il y a des endroits, quand il n’y a pas de demande des syndicats, de partis, d’organisations de jeunesse, je peux comprendre qu’il n’y ait pas d’autorisation à manifester. Mais quand ces demandes existent, et d’autant plus dans des villes où on a l’habitude de le faire, c’est inadmissible d’interdire à des organisations syndicales et politiques de manifester. Au contraire, l’État doit garantir ce droit et autant protéger les manifestants que les biens, les institutions et les commerces.

    Les transports seront également
    à l’arrêt, notamment à Marseille. Tout le monde est pénalisé
     ?

    F.R. : Encore une fois, c’est comme si c’était une double peine imposée aux Français et tout ça dans un discours sécuritaire qui mélange à la fois celui contre les immigrés, les terroristes d’ultragauche et la responsabilité de forces politiques de gauche. C’est une dérive dangereuse qui rappelle des discours que l’on a entendus dans les années 1930, où les partis communistes étaient interdits, où le bouc émissaire était le juif. Il faut faire attention à ces dérives.

    Si l’on en croit les révélations de Mediapart sur une note du renseignement intérieur, vous êtes un membre de cette « ultragauche »…

    F.R. : Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier et moi-même sommes cités dans une note du renseignement intérieur qui dit que nous sommes à l’origine de ces manifestations. Franchement, il n’y a pas besoin des renseignements intérieurs pour dire que les responsables des partis de gauche appellent à manifester pour le pouvoir d’achat.

    Vous appelez à manifester samedi ?

    F.R. : Tant qu’il n’y a pas de réponse concrète, nous appelons à se mobiliser où c’est possible. C’est-à-dire partout où les organisations syndicales, de jeunesse ou nous-même, appelons à manifester en ayant déposé une demande. Nous le faisons quand nous sommes en capacité d’organiser ces manifestations.

    La gauche est ressortie, jeudi, déçue, voire « en colère », de la réunion des partis politiques à Matignon. Consacrée au maintien de l’ordre, celle-ci a été défendue par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, comme « la priorité » avant toute « prise en compte » des revendications sociales. Le Premier ministre a assuré qu’il n’y avait « aucun amalgame » entre les manifestants qui défilent « de manière pacifique, qui ont des revendications à porter légitimement », et « les casseurs, les pilleurs, les délinquants, certains groupuscules aussi d’ultragauche ou d’extrême gauche radicalisés », selon Maud Bregeon.

  • Les commerçants de Toulon solidaires face à la casse et aux pillages

    Les commerçants de Toulon solidaires face à la casse et aux pillages

    On les reconnaît aux panneaux de bois qui ont temporairement remplacé les vitrines brisées. Treize commerces toulonnais ont été la cible de casse et de pillages en marge de la manifestation de samedi. Si certains n’ont pas encore pu rouvrir leurs portes, la plupart, comme le concessionnaire moto Audemar, situé boulevard de Strasbourg, sont revenus à leur quotidien en début de semaine. « On ne lâche rien, on reste ouvert pour nos clients, on est opérationnels à 100% », affirme Céline Audemar, cogérante de l’entreprise familiale, fondée en 1922 dans les mêmes locaux, et qui a « survécu aux bombardements de Toulon en 1943 », raconte Christian, son père, toujours aux affaires. C’est la première fois que la boutique, dont une vitrine a été brisée, du matériel (casques, gants…) volé, et des motos endommagées, subi de tels dégâts.

    Samedi prochain dans les esprits

    Si « tout était sécurisé samedi grâce à l’intervention rapide de la police », et s’ils peuvent compter sur des « amis, commerçants, clients, élus, qui ont témoigné leur soutien, aidé à remettre en état ou proposé de l’aide », « les pertes financières sont importantes », déplore Céline, et ne sauront être compensées par les assurances, dont « les cotisations vont beaucoup augmenter ». Elles n’effaceront pas non plus « la peur et l’inquiétude que ça arrive à nouveau », appuie Adrien Audemar, frère de Céline et cogérant, tout de même « heureux de voir la solidarité » organisée autour d’eux.

    Une solidarité devenue un maître mot dans le monde du commerce, alors que l’acte II de la manifestation est annoncé pour ce samedi. « On fait remonter les craintes, pour être en sécurité lors des prochains événements », explique Thomas Bredolese, restaurateur et président des Vitrines de Toulon, l’association des commerçants du centre-ville, qui a participé à une réunion avec la mairie mardi après-midi.

    En attendant les annonces de la préfecture au sujet du dispositif de sécurité, ce mercredi, « on réfléchit à comment accompagner les commerçants touchés, qui ont subi un vrai choc psychologique », soutient-il. « On leur dit de prendre des photos des stocks avant samedi, on réalise un sondage pour quantifier les impacts, même indirects, auprès de tous les commerçants. On fera tout pour apporter un maximum de soutien. »