Crainte d’un désengagement de l’État pour la Ligne nouvelle

Ce 16 décembre 2025, au moment de poser la première pierre de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA) en gare Saint-Charles, Emmanuel Macron saluait la « mobilisation collective formidable » autour du chantier. « Nous avons un projet qui va nous permettre de faire une grande dorsale européenne », expliquait-il. Mais moins d’un an plus tard, l’État tarde à être au rendez-vous de cette mobilisation collective.

Celui-ci s’était pourtant engagé, dans le protocole signé le 21 décembre 2021, « sur un financement à parité avec les collectivités », soit 40% du coût total. Trois ans plus tard étaient bouclés les financements de la phase 1 du projet pour réaménager le plateau de la gare Saint-Charles, améliorer la navette toulonnaise, créer une gare pour l’aéroport de Nice. Depuis, les réunions de l’Agence de financement des infrastructures de transport (Afit) se poursuivent sans qu’aucun financement supplémentaire ne soit confirmé.

« Je crois que quelque chose se passe, s’alarmait en amont du conseil de la Métropole Aix-Marseille son vice-président (DVG) aux transports, Frédéric Vigouroux. Depuis des semaines, des dossiers ne passent pas à l’Afit, qui concernent Marseille et la Ligne nouvelle ! C’est extrêmement dangereux. »

Flambée du coût

L’inquiétude est aussi présente pour la Région Sud. Celle-ci doit valider en séance plénière, ce vendredi, les dossiers des quatre services express régionaux métropolitains (Serm) pour Aix-Marseille, Avignon, Toulon et Nice. Un RER métropolitain qui dans la capitale régionale « s’appuie […] sur les opérations de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur ». Mais dès ses orientations budgétaires pour l’année à venir, la collectivité s’alarme : « Le budget 2027 devra tenir compte de l’avancement du projet LNPCA pour lequel le rythme d’engagement des crédits de l’État est encore incertain. » C’est qu’il faut poursuivre les études d’avant-projet de la phase 2, en particulier pour la création de la future gare Saint-Charles souterraine. « Sans le maintien, voire la hausse, des engagements financiers, il serait impossible de réaliser les grands travaux nécessaires pour la décarbonation des transports », alerte le Comité économique, social et environnemental régional (Ceser).

« La problématique, c’est la phase 2 », reconnaît le président (DVD) de Région, François de Canson. Il rencontrera donc lundi le préfet de région, puis vendredi 30 octobre le ministre des Transports, Philippe Tabarot, tandis que son prédécesseur Renaud Muselier (Ren.), élu sénateur, s’active en coulisses. Dès l’abandon des JO à Nice, il avait alerté sur le risque d’arbitrages défavorables. « La question de l’argent disponible est une vraie question, mais l’augmentation du coût du projet aussi : on parle d’une augmentation de 30 à 40%, pointe François de Canson. Aujourd’hui, il faut qu’il y ait rapidement un arbitrage pour qu’on puisse y voir clair. »

Sollicité par La Marseillaise, le ministère des Transports n’a pas donné suite.

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