Tag: ferroviaire

  • Tragédie ferroviaire : l’Espagne en état de choc et des questions

    Tragédie ferroviaire : l’Espagne en état de choc et des questions

    La tragédie ferroviaire de mercredi qui s’est produite à Urda, dans la province de Tolède a provoqué en Espagne une énorme émotion et suscite d’importantes interrogations. Un deuil national de trois jours a été décrété et dès mercredi à 20h, des rassemblements ont eu lieu sur toutes les places et devant toutes les mairies d’Espagne pour observer une minute de silence en mémoire aux 68 personnes décédées, et en soutien à leurs familles, lors de ce terrible accident. Rappelons les faits. Ce mercredi à 8h53, deux trains grande vitesse se sont percutés au niveau de Urda dans la province de Tolède. Le 18 janvier c’est sur la même ligne qu’une collision entre deux trains causait la mort de 46 personnes à Adamuz en Andalousie. Ce sont au total 114 voyageurs décédés en à peine dix mois dans deux accidents de trains.

    Mercredi, pour une raison inexpliquée, comme l’a indiqué le ministre des Transports, Oscar Puente, lors d’un point presse, l’ordre de reprendre la circulation à marche normale a été donné à 8h36 par un opérateur du centre de contrôle d’Atocha. L’AVE qui avait déjà parcouru 25 kilomètres depuis Madrid a donc repris sa marche à pleine vitesse pour atteindre environ les 200 km/h. L’enquête devra dire pourquoi l’Iryo n’a pas redémarré suffisamment tôt, et n’a pu éviter la collision par l’arrière de l’AVE lancé à grande vitesse.

    Le ministre a indiqué également qu’il est « inexplicable que l’ordre ait été donné aux trains de redémarrer en marche normale alors que la signalisation à l’entrée de la gare de Urda était au rouge et qu’il aurait fallu ordonner le redémarrage en marche à vue c’est-à-dire à 40 km/h. L’enquête devra éclaircir les circonstances de cet accident ». De plus, la conductrice de l’Iryo avait fait savoir par radio au centre de contrôle qu’elle ne pouvait pas redémarrer immédiatement. Il y avait encore le temps de prévenir le conducteur de l’AVE pour qu’il réduise sa vitesse ou qu’il s’arrête… entre la remise en marche de l’AVE et le choc avec l’Iryo il s’est passé 17 minutes.

    L’extrême droite tente

    de récupérer le drame

    En plus des questions qui se posent quant à l’état du réseau et des systèmes informatiques s’ajoute l’incompréhensible réaction de l’opérateur, qui a ordonné le redémarrage en marche normale. Selon le journal en ligne Eldiario.es qui a pu avoir accès aux audios entre les conducteurs et le centre de contrôle, le problème a commencé avec une panne d’ordre technique, puis ont suivi au moins trois erreurs de l’opérateur, notamment en donnant l’ordre de redémarrage à l’AVE à grande vitesse, ce qui contrevient aux protocoles ferroviaires. Compte tenu des circonstances la marche à vue aurait dû être préconisée.

    Malgré le deuil national, respecté par presque tous les partis politiques qui ont suspendu leur agenda de pré-campagne électorale, plusieurs centaines de personnes ont manifesté mercredi soir devant le siège du ministère des transports à l’appel de « la phalange » parti néo franquiste aux cris de « criminels ! à bas le régime de 78 » autrement dit la transition démocratique. Vox, le parti d’extrême droite a pour sa part refusé d’interrompre sa campagne qu’il relance de plus belle et de façon indigne en utilisant cette tragédie à des fins politiques.

  • Effroyable tragédie ferroviaire en Espagne

    Effroyable tragédie ferroviaire en Espagne

    L’Espagne est endeuillée par un deuxième accident ferroviaire en l’espace de quelques mois. Ce mercredi à 8h53, deux trains grande vitesse se sont percutés au niveau de Urda dans la province de Tolède. Un bilan provisoire en milieu d’après-midi fait état de 68 morts, en janvier c’est sur la même ligne qu’une collision entre deux trains causait la mort de 46 personnes à Adamuz en Andalousie

    Ce mercredi matin, un premier train d’une compagnie privée l’Iryo, quitte la gare d’Atocha de Madrid direction Séville, à son bord 147 passagers. Un peu plus tard, c’est un train AVE de la RENFE qui quitte Madrid sur la même ligne avec à son bord 397 voyageurs dans la même direction. A 8h30 le système de contrôle informatisé de la gare d’Urda (province de Tolède) tombe en panne. Dans ce cas là tous les trains en circulation ont ordre de s’arrêter décision prise par le centre d’Atocha. Six trains en tout ont donc été immobilisés, dont l’Iryo à Urda. Pour une raison inexpliquée, comme l’a indiqué le ministre des transports Oscar Puente lors d’un point presse à la mi-journée, l’ordre de reprendre la circulation à marche normale, a été donné à 8h36 par un opérateur du centre de contrôle d’Atocha. L’AVE qui avait déjà parcouru 25 kilomètres depuis Madrid a donc repris sa marche à pleine vitesse pour atteindre environ les 200 km/h. Pour une raison que l’enquête devra éclaircir l’Iryo n’a pas redémarré suffisamment tôt et n’a pu éviter la collision par l’arrière de l’AVE lancé à grande vitesse.

    Le choc a été effroyable plusieurs voitures sont tombées en contrebas et de l’amas d’acier et de ferraille ont été extraites près de soixante dix personnes décédées et 58 blessés (bilan provisoire).

    L’enquête à l’heure qu’il est s’oriente vers une défaillance humaine. Le ministre, Oscar Puente, qui a apporté la solidarité du gouvernement aux victimes et à leurs familles a fait part de sa consternation et de celle du chef du gouvernement Pedro Sanchez devant une telle tragédie « je veux m’en tenir au faits, il y a eu un panne informatique, dans ce cas c’est le centre de contrôle qui reprend la main, il est inexplicable que l’ordre ait été donné aux trains de redémarrer en marche normale alors que la signalisation à l’entrée de la gare de Urda était au rouge et qu’il aurait fallu ordonner le redémarrage en « marche à vue c’est-à-dire à 40 km/h. L’enquête devra éclaircir les circonstances de cet accident ».

    Le roi Felipe VI a transmis dans l’après midi ses condoléances aux familles des victimes. Plus d’une centaine d’effectifs de l’unité militaire d’urgence sont sur place et les blessés sont évacués par ambulances et hélicoptères vers les hôpitaux de Tolède et Alcazar de san juan et Madrid. Un appel a été lancé en urgence pour des dons de sang.

    Rappelons que le 18 janvier 2026 une collision entre deux trains, Iryo et AVE également, avait fait 46 morts à Adamuz province de Cordoba en Andalousie sur cette même ligne. Quelques jours plus tard un train de banlieue près de Barcelone déraillait faisant 41 blessés. La tragédie ferroviaire de ce mercredi interroge à nouveau sur l’état du réseau ferroviaire, sur les conditions de travail et sur l’ouverture des lignes à la concurrence privée.

    Pedro Sanchez, le chef du gouvernement s’est exprimé à 16h devant les médias et a promis de « rétablir la confiance sur le système ferroviaire espagnol, de faire la lumière sur ce drame et chercher les responsabilités d’où qu’elles viennent » il a annoncé un deuil national de trois jours les 29, 30 et 31 octobre.

  • Un millier de personnes ont bravé l’interdiction à Avignon

    Un millier de personnes ont bravé l’interdiction à Avignon

    La manifestation étudiante et contre la vie chère à Avignon, pourtant interdite, a été suivie par un millier de personnes au fil de la journée ce samedi 24 octobre. Le tout sans aucune casse et globalement dans le calme.

    Une journée de mobilisation quelque peu rocambolesque, car la préfecture était entourée d’un important dispositif policier dès 9h du matin. « Ils sont là contre la casse. Mais la vraie casse, c’est celle qu’il y a dans nos lycées où il y a des plafonds qui s’effondrent car il n’y a pas de moyens mis dedans », confie Sandrine, aide-soignante dont le fils est scolarisé au lycée Philippe de Girard. Le rassemblement de la matinée s’est donc tenu dans le calme quelques centaines de mètres plus loin, à proximité de la porte Saint-Lazare. Un référé contre l’interdiction avait été déposé par la CGT, mais il a été rejeté en début de matinée par le tribunal administratif de Nîmes. Ceux s’aventurant à proximité du bâtiment préfectoral se voient contrôlés et fouillés quasi systématiquement. Tandis que FO Enseignement avait de son côté déposé une déclaration de rassemblement, mais l’a retirée en fin de soirée ce vendredi 23 octobre pour ne pas exposer ses membres à une forte amende et une peine d’emprisonnement. « On a voulu les protéger après la communication de la préfecture. Mais il fallait être là car ce qui se passe dans le pays et à Avignon est scandaleux, car c’est un droit fondamental de pouvoir se rassembler et manifester afin de porter les revendications des jeunes. Que le préfet prenne un arrêté de la sorte à Avignon, je n’ai jamais vu ça, même pendant la guerre d’Algérie », regrette Tanguy Langlet, secrétaire départemental FO Enseignement. « Pas besoin d’être juriste pour s’apercevoir qu’il y a un problème de droit. C’est honteux. Rien ne va dans ce pays et la seule réponse que l’on reçoit, c’est une interdiction de manifester », abonde Nadia El Bouroumi, juriste présente dans les rangs des manifestants. « Le gouvernement, plutôt que de répondre, choisit la répression et tente aujourd’hui de criminaliser toute contestation qui ne passe pas par les canaux qu’il contrôle », ajoute la CGT de Vaucluse. Venue en matinée, Marie-Anne Bertrand, élue municipale d’opposition (L’Après), regrette qu’une partie de la classe politique « mette la même valeur entre le bien matériel et la vie humaine », tout en rappelant que « les observateurs étrangers qualifient la situation démocratique en France de dégradée ».

    Dans un esprit festif, les manifestants ont chanté, dansé et même réalisé une « chenille contre l’extrême droite » et une minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat de Trappes. Tandis qu’en début d’après-midi, la manifestation s’est transformée en jeu du chat et de la souris entre manifestants, surtout des étudiants et lycéens, et les forces de l’ordre. Tout se déroulait dans le calme, d’abord place de l’Horloge, où se trouvait d’ailleurs en terrasse le maire de la ville Olivier Galzi (DVD), puis dans les rues de la Cité des Papes avant de se retrouver à nouveau à proximité de la préfecture. Des gaz lacrymogènes ont été tirés, déclenchant un mouvement de foule qui ne s’est arrêté qu’en début de soirée. Repoussés du côté de la route de Lyon, des manifestants sont montés sur la voie ferrée, suivis par des policiers. La préfecture de Vaucluse fait d’ailleurs état de « deux intrusions sur les voies ferrées » qui « ont occasionné une interruption temporaire du trafic ferroviaire ».

    En fin de journée, la préfecture de Vaucluse annonce que « les forces de l’ordre ont procédé à 57 interpellations liées aux violences qui se sont déclenchées pendant les manifestations ». Mais aussi qu’« aucune dégradation de bien public ou de commerce n’est à déplorer à la fin de cette journée ». En soirée, aucun heurt n’a été constaté, hormis un groupuscule d’extrême droite qui « patrouillait » dans les rues, prenant à partie des groupes de jeunes sans aucun rapport avec les manifestations.

    Poursuite du mouvement

    Un mouvement qui est voué à continuer au vu du mutisme du gouvernement, mais surtout de sa réponse répressive. Thierry Juny, du syndicat Solidaires, le confirme, « on sera là la semaine prochaine et le jeudi 5 novembre ». Et pointe à la fois les contradictions du préfet et l’attitude de la droite et de l’extrême droite vis-à-vis du mouvement social en cours. « On nous parle de pillages qui ont eu lieu le dimanche soir, sans lien avec les manifestations du samedi. Quand Macron dit que seuls les syndicats peuvent déposer une manifestation, c’est anticonstitutionnel. Mais surtout, c’est stupéfiant de voir comment certains courants politiques de droite et d’extrême droite étaient silencieux et sont sortis de leurs tanières pour se présenter comme des partis de l’ordre. On voit bien où elle se situe, et ce n’est absolument pas du côté des travailleurs. Le silence du RN pendant le mouvement des lycéens était assourdissant », poursuit-il. À ses côtés, Philippe Riehl, co-secrétaire de Sud Éducation 84, ajoute qu’il « n’est pas question de lâcher ». « C’est hors de question d’accepter une réduction de nos droits les plus élémentaires. On ne nous empêchera pas de nous rassembler et de manifester », poursuit-il. Avec en tête, une « semaine noire » pour la rentrée.

  • L’abandon des petites lignes de trains en débat à Gap

    L’abandon des petites lignes de trains en débat à Gap

    « Qui a déjà pris le train de nuit Gap-Paris ? », demande Laury-Anne Cholez devant la salle quasi comble de la cinémathèque de montagne à Gap. Presque toutes les mains se lèvent. « Et qui a déjà eu un retard sur cette même ligne ? » En réponse, pratiquement le même nombre de mains. C’est pour dénoncer ce dysfonctionnement, et plus globalement « l’abandon des petites lignes ferroviaires par l’État » que les journalistes de Reporterre Laury-Anne Cholez et Erwan Manac’h ont fait escale dans les Hautes-Alpes.

    « Paris-Briançon, c’est l’une des pires lignes de France, a introduit la journaliste. Entre 60 et 80% des trains seulement arrivent à l’heure ! Et le matériel est très vieux : il date de 1975 ! » Entre Briançon et Marseille, on compte seulement trois allers-retours par jour. « Alors s’il y a un retard, le suivant est très loin derrière, regrette Nicole Tagand du collectif de l’étoile ferroviaire de Veynes. Il y a bien des cars, mais ils partent quasiment en même temps que les trains ». Son collectif demande « une meilleure répartition des doublons, sur une grille horaire digne de ce nom ».

    Partout, le sous-investissement des petits trains régionaux au profit des lignes à grande vitesse a des effets concrets : entre 2019 et 2024, plus de 1 000 kilomètres de voies ferrées ont fermé. Et les rénovations ne sont pas à la hauteur : « Quand on investit 1 euro dans le réseau, 70 centimes sont pour bricoler, et 30 pour vraiment le faire rajeunir. Donc on va progressivement vers des fermetures, explique Pierre Zembri, géographe spécialisé dans les effets territoriaux de la libéralisation des transports. Et plus on attend, plus la facture sera élevée ». Ce qui impacte concrètement les usagers : « Moins de trains, c’est l’obligation de prendre sa voiture ou même l’avion, se désole la journaliste. Sans compter les prix très élevés, qui découlent d’une stratégie politique ! ». Pour un Paris-Briançon un peu avant Noël, il faut compter plus de 250 euros.

    Les salariées de la SNCF sont aussi victimes de cette dégradation du service. « Entre janvier et avril, 12 salariés se sont suicidés », rappelle Laury-Anne Cholez. Gérald Martinez, agent de circulation à la retraite, membre de la CGT et maire de Saint-Léger-Les-Mélèzes, confirme : « Localement, il y avait 680 salariés dans les années 1970. En 1982, on était 370. Et aujourd’hui, ils sont 110. Comment fait-on tourner une ligne avec une diminution du nombre d’agents ? ». Et que penser des promesses de modernisation en vue des JO ? Gérald Martinez est « persuadé que sans ce focus, personne ne se serait intéressé à la vétusté de nos trains ». « Mais les projets annoncent deux trains supplémentaires par jour, qui ne s’arrêteront pas dans les petites gares, dénonce Nicole Tagand. Ce sont des trains pour les touristes, pas pour les habitants », conclut-elle.

    Agathe Di Lenardo

  • Crainte d’un désengagement de l’État pour la Ligne nouvelle

    Crainte d’un désengagement de l’État pour la Ligne nouvelle

    Ce 16 décembre 2025, au moment de poser la première pierre de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA) en gare Saint-Charles, Emmanuel Macron saluait la « mobilisation collective formidable » autour du chantier. « Nous avons un projet qui va nous permettre de faire une grande dorsale européenne », expliquait-il. Mais moins d’un an plus tard, l’État tarde à être au rendez-vous de cette mobilisation collective.

    Celui-ci s’était pourtant engagé, dans le protocole signé le 21 décembre 2021, « sur un financement à parité avec les collectivités », soit 40% du coût total. Trois ans plus tard étaient bouclés les financements de la phase 1 du projet pour réaménager le plateau de la gare Saint-Charles, améliorer la navette toulonnaise, créer une gare pour l’aéroport de Nice. Depuis, les réunions de l’Agence de financement des infrastructures de transport (Afit) se poursuivent sans qu’aucun financement supplémentaire ne soit confirmé.

    « Je crois que quelque chose se passe, s’alarmait en amont du conseil de la Métropole Aix-Marseille son vice-président (DVG) aux transports, Frédéric Vigouroux. Depuis des semaines, des dossiers ne passent pas à l’Afit, qui concernent Marseille et la Ligne nouvelle ! C’est extrêmement dangereux. »

    Flambée du coût

    L’inquiétude est aussi présente pour la Région Sud. Celle-ci doit valider en séance plénière, ce vendredi, les dossiers des quatre services express régionaux métropolitains (Serm) pour Aix-Marseille, Avignon, Toulon et Nice. Un RER métropolitain qui dans la capitale régionale « s’appuie […] sur les opérations de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur ». Mais dès ses orientations budgétaires pour l’année à venir, la collectivité s’alarme : « Le budget 2027 devra tenir compte de l’avancement du projet LNPCA pour lequel le rythme d’engagement des crédits de l’État est encore incertain. » C’est qu’il faut poursuivre les études d’avant-projet de la phase 2, en particulier pour la création de la future gare Saint-Charles souterraine. « Sans le maintien, voire la hausse, des engagements financiers, il serait impossible de réaliser les grands travaux nécessaires pour la décarbonation des transports », alerte le Comité économique, social et environnemental régional (Ceser).

    « La problématique, c’est la phase 2 », reconnaît le président (DVD) de Région, François de Canson. Il rencontrera donc lundi le préfet de région, puis vendredi 30 octobre le ministre des Transports, Philippe Tabarot, tandis que son prédécesseur Renaud Muselier (Ren.), élu sénateur, s’active en coulisses. Dès l’abandon des JO à Nice, il avait alerté sur le risque d’arbitrages défavorables. « La question de l’argent disponible est une vraie question, mais l’augmentation du coût du projet aussi : on parle d’une augmentation de 30 à 40%, pointe François de Canson. Aujourd’hui, il faut qu’il y ait rapidement un arbitrage pour qu’on puisse y voir clair. »

    Sollicité par La Marseillaise, le ministère des Transports n’a pas donné suite.

  • [Entretien] Cédric Gimenez, CGT Cheminots Paca : « Rompre avec des années de sous investissement dans le rail »

    [Entretien] Cédric Gimenez, CGT Cheminots Paca : « Rompre avec des années de sous investissement dans le rail »

    La Marseillaise : La CGT dénonce la détérioration des chemins de fer. Par quoi cela se traduit-il concrètement ?

    Cédric Gimenez : Cela a des conséquences sur la qualité du service en engendrant des annulations ou des retards de train. Cela donne forcément une image dégradée de la SNCF qui ne nie pas les difficultés puisque nationalement une table ronde est organisée par SNCF réseau, au siège de la SNCF. Dans notre région où il y a de la concurrence qui a été imposée, cela ne règle aucun problème puisque tous les trains roulent sur la même infrastructure. Nous alertons sur les risques d’un réseau fragile : quand il y a des déformations de voie comme on l’a vécu cet été, il y a des possibilités de déraillement. Nous voulons protéger les cheminots et les usagers. Nous voulons rétablir un certain nombre de vérités sur les raisons qui nous ont conduits à cela. Mais surtout, pour nous l’enjeu c’est que l’on débouche sur des améliorations concrètes.

    Votre interpellation s’adresse-t-elle à la direction ou à l’État ?

    C.G. : Les deux. On entend tout un tas de sommes annoncées pour rénover le réseau. On nous parle de 2,5 milliards. Dans notre région, il y a notamment des investissements importants annoncés sur la ligne Marseille-Briançon pour accueillir les JO. Ce sont des travaux que l’on ne renie pas même si on estime qu’ils arrivent tard. Ce qu’on veut souligner c’est qu’à côté des investissements, il est nécessaire d’avoir des budgets de maintenance à la hauteur afin de pouvoir intervenir le plus vite possible quand il y a une problématique qui survient. Cela a été affaibli par toutes les réorganisations qui ont eu lieu dans l’entreprise avec comme unique but : faire des économies. Des années de sous-investissement et d’affaiblissement de la maintenance ont produit l’état du réseau d’aujourd’hui. Même du côté des infrastructures TGV, cela commence à se tendre. On l’a vu avec les intempéries qui ont montré une incapacité à agir vite.

    Les pluies et inondations qui ont touché les Bouches-du-Rhône causent la fermeture de la ligne Marseille-Miramas via Rognac pendant une semaine. Est-ce dû
    à la violence de l’épisode méditerranéen où aux faibles capacités d’intervention
     ?

    C.G. : Il y a la réalité du climat où on constate malheureusement de plus en plus d’intempéries de grande ampleur mais on s’aperçoit que l’entreprise a du mal à préparer cet avenir. Ce n’est pas en supprimant du monde qu’on y sera prêt. On ne peut pas être toujours dans la réparation d’urgence, il y a besoin d’un entretien régulier. Le but c’est de développer l’offre et pour y parvenir, il faut une infrastructure robuste. C’est une responsabilité qui incombe à l’État mais aussi à la direction SNCF que l’on ne peut pas exonérer des choix faits en interne depuis des années. En séparant les entités, en s’inscrivant dans une perspective de concurrence, elle s’est détournée de ce que nous estimons être les priorités pour l’avenir.

    Comment modifier la situation ?

    C.G. : Il faut faire grandir le rapport de force. Cela passe par l’interpellation de l’opinion publique et donc des usagers mais aussi, à l’approche des élections professionnelles, j’appelle l’ensemble des cheminots à voter CGT. Si on en est arrivé là c’est aussi lié à l’influence respective des organisations syndicales. Voter CGT du 19 au 26 novembre, c’est se donner les moyens de peser sur la situation et de défendre une vision d’avenir pour le ferroviaire.

  • [Entretien] Pascal Rousson : « Prévue en 2026, la réouverture complète de la ligne de la rive droite du Rhône est décalée à 2031 ou 2032 »

    [Entretien] Pascal Rousson : « Prévue en 2026, la réouverture complète de la ligne de la rive droite du Rhône est décalée à 2031 ou 2032 »

    La Marseillaise : Rappelez-nous pourquoi la ligne est actuellement fermée en semaine ?

    PR : Elle est fermée depuis le 16 mars 2026 à cause de travaux de régénération de la voie, c’est-à-dire de gros travaux sur les rails et le ballast. Ce sont des travaux indépendants de la réouverture de la ligne qui se font tous les 40 ans. C’est un investissement réalisé par SNCF Réseau de 230 millions d’euros. La ligne sera fermée jusqu’au mois de juin 2027. Après plus d’un an de fermeture, nous craignons que la ligne soit à nouveau fermée parce qu’il faut réaliser des travaux d’aiguillage. Il semblerait qu’une fermeture partielle soit envisagée mais ce n’est pas encore sûr. Je ne comprends pas pourquoi ces travaux ne sont pas réalisés actuellement.

    Quand la ligne de la Rive droite du Rhône a rouvert, tous les travaux devaient se terminer en 2026. Comment a évolué le calendrier ?

    PR : Il a pris énormément de retard. On est passé d’une réouverture complète prévue en 2026 à une réouverture décalée à 2031 ou 2032. La mairie de Villeneuve-lez-Avignon vient de voter le budget pour son Pôle d’échanges multimodal (PEM). L’ouverture de cette gare est prévue pour décembre 2027, après des travaux sur les quais et les passerelles. En septembre 2027, les travaux de la gare de Roquemaure débutent pour une réouverture en décembre 2028. Des travaux ont également commencé ce mois-ci sur la gare du Teil (en Ardèche, Ndlr). Aujourd’hui, les trains montent au Teil à vide pour effectuer leur retournement. Ils transporteront des voyageurs dès l’an prochain. Une enquête publique environnementale a également débuté sur le bas de la ligne, entre Nîmes et Villeneuve-lez-Avignon, qui va durer deux ans. Celle-ci va valider la suite des travaux.

    Quels sont ces travaux prévus ?

    PR : Ce sont les travaux sur les gares de Marguerittes, Remoulins et Aramon pour créer des passerelles. L’enquête devrait se terminer en 2028 et j’espère que les travaux débuteront l’année suivante. Les réouvertures de ces gares devraient ensuite s’étaler à partir de 2030. L’ouverture de la dernière gare, celle de Laudun-L’Ardoise, est prévue en 2032. En 2029, Pont-Saint-Esprit devrait aussi être un terminus où les trains pourront se retourner, ce qui évitera de monter jusqu’au Teil. Ça va permettre de gagner du temps pour avoir des horaires intéressants pour les gens qui travaillent et pour les étudiants.

    Comment expliquez-vous que le calendrier ait pris autant de retard ?

    PR : Il y a plusieurs raisons. Il y a des contraintes de procédure administrative, qui sont très longues. Le cahier des charges a aussi changé entre-temps. Par exemple, il va y avoir des travaux sur tous les passages à niveau pour les sécuriser entre Nîmes et le Teil alors qu’initialement on espérait qu’il n’y ait des travaux que sur les passages à niveau près des gares. Il y a aussi eu les travaux de régénération de SNCF Réseau, qui ont été décalés dans le temps à plusieurs reprises et qui nécessitent, à un moment donné, d’être réalisés. Mais, le problème, c’est surtout le budget. Car je rappelle que le financement de la partie ferroviaire est assuré à 100% par la Région. Et la Région a eu, en trois ans, 400 millions d’euros de dotation de l’État en moins. Donc forcément, le budget est étalé sur plusieurs exercices.

    Votre regret, c’est surtout que ces travaux interrompent une dynamique, puisque la ligne enregistrait un nombre croissant de voyageurs depuis sa réouverture…

    PR : Oui, chaque année depuis trois ans, le nombre de voyageurs augmentait parce que cette ligne répond à un besoin sur un territoire industriel comme le Gard rhodanien. Elle répond aussi à la demande, parce qu’avec le prix de l’essence qui explose, c’est une manière de faire des économies. Face au dérèglement climatique, les gens veulent aussi de plus en plus de mobilités douces. Donc les chiffres augmentent alors que la dernière année, on a eu quasiment 20% de suppression de trains à cause du manque de conducteurs.

    L’augmentation de la fréquence de passage des trains reste l’autre combat que vous menez. Combien d’allers-retours à terme sont-ils prévus ?

    PR : Aujourd’hui, on n’a que cinq allers-retours. À terme, au moment de l’ouverture complète, il doit y avoir environ 10 allers-retours. Entre le PEM de Villeneuve-les-Avignons et les ouvertures de Marguerittes et Remoulins, les chiffres vont exploser. Marguerittes sera à 8 minutes de Nîmes et Remoulins à 12 minutes. Aujourd’hui, on demande surtout que les études soient compactées pour gagner du temps et qu’il y ait bien des conducteurs sur chaque train à la réouverture.

  • La CGT dénonce l’annonce de la suppression d’arrêts TGV en gare des Arcs/Draguignan

    La CGT dénonce l’annonce de la suppression d’arrêts TGV en gare des Arcs/Draguignan

    C’est un dossier qui a le don de mettre tout le monde d’accord, des collectivités aux structures culturelles, des militaires aux commerçants, réunis il y a quelques jours pour en discuter. La suppression annoncée d’un à deux arrêts TGV quotidiens en gare des Arcs/ Draguignan, à partir de décembre, fait grincer des dents en Dracénie. Une décision prise par SNCF Réseau dans « une logique qui place la rentabilité au cœur des décisions, au détriment du service public ferroviaire et de l’aménagement du territoire », fustige la CGT Cheminots des Arcs, qui se joint à la colère générale.

    Pour un train « au service de l’intérêt général »

    « Depuis plusieurs années, la CGT Cheminots des Arcs dénonce les conséquences de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional et la recherche permanente de productivité imposée par la direction de la SNCF », poursuit-elle, prenant en exemple la ligne régionale Marseille – Nice, première en France à s’être ouverte à un opérateur privé (Transdev).

    Outre « une attractivité territoriale fragilisée », qui va forcément se faire ressentir pour les commerçants et les structures culturelles, sur un territoire qui souffre déjà d’un certain enclavement, ce sont les habitants aux mêmes qui seront les premiers pénalisés par cette décision, avec « moins de possibilités pour rejoindre directement les grandes métropoles et davantage de contraintes dans les déplacements professionnels et personnels ». Et ainsi « une nouvelle difficulté pour celles et ceux qui choisissent le train plutôt que la voiture, alors même que la transition écologique devrait conduire à renforcer les alternatives à la route ».

    La CGT Cheminots milite ainsi pour « une entreprise ferroviaire intégrée, outil essentiel pour garantir la cohérence du réseau », au nom de « l’égalité de traitement, de la continuité du service public », et de « la liberté d’aller et venir, reconnue par les principes constitutionnels. Le train ne doit pas être une simple marchandise, mais un moyen de se déplacer accessible à toutes et tous, au service de l’intérêt général, de la cohésion sociale et de l’égalité entre les territoires ».

  • [Parole de maire] Loïc Gachon (PS, Vitrolles) : « Nous adaptons la ville au siècle qui vient »

    [Parole de maire] Loïc Gachon (PS, Vitrolles) : « Nous adaptons la ville au siècle qui vient »

    Réélu avec 46,78% des voix en mars dernier à la tête d’une liste d’union de la gauche face à Fabien Bravi (RN), Loïc Gachon (PS) marque son 3e mandat par la proximité et l’adaptation au changement climatique.

    La Marseillaise : Le mouvement lycéen a été d’ampleur. Comment une Ville concourt à leur bien-être ?

    Loïc Gachon : Il est enthousiasmant et respectable que les lycéens se mobilisent pour leur qualité de vie et leur avenir face au même État qui met une pression colossale avec Parcoursup et ne donne pas les moyens de réussir. Que peut faire la ville ? On a l’habitude de s’adresser aux écoles, c’est plus compliqué avec les ados. La cité éducative a créé un partenariat avec les établissements du secondaire qui permette du suivi de parcours, c’est la priorité. On a aussi réussi l’implantation de la Maison des ados à côté du lycée Mendès France, un lieu de premier accueil universel pour n’importe qui ressentirait un problème social, de vie sexuelle, de harcèlement, de santé mentale… Ce premier accueil permet l’orientation par des pros vers des activités ou des spécialistes. La santé mentale étant un vrai enjeu, c’est un outil indispensable pour le lycéen et sa famille.

    Le vote d’extrême droite a progressé aux municipales. Comment creuser l’écart ?

    L.G. : Ce n’est pas ma manière de voir le sujet. Les élections ne sont pas un calcul, on ne gère pas une ville avec le résultat en tête. En revanche, comment on tient compte du résultat ? Des remarques ? Comment on fait évoluer les politiques municipales ? Il y a plusieurs niveaux de réponse. L’extrême droite a fait ses plus gros scores au bord de l’étang de Berre, ces quartiers qui se sentent laissés-pour-compte, isolés géographiquement du reste de la ville, un tissu urbain non anticipé contrairement au reste de la ville, pas d’équipement municipal, un réseau routier chargé… Il faut améliorer la qualité de vie. Ma première décision a été de nommer un adjoint de quartier – il n’y en a qu’un sur la ville – pour mieux le suivre et accompagner la montée en charge des services sur ce secteur. Plus globalement, les gens se sentent oubliés, laissés à côté des priorités. Cela nous a conduits à multiplier par 3 les rencontres de proximité, pour écouter, recenser les colères ou insatisfactions et donner une réponse, structurer les services dans leur réponse de proximité.

    Enfin, d’un point de vue plus macro, je note une grande porosité et une bascule de l’électorat de droite vers le RN. Franck Allisio comme Fabien Bravi incarnent cette volonté de standardisation du RN. Il ne faut pas reculer, affirmer plus clairement nos valeurs, et les amener à se positionner plus clairement. Jeudi en conseil de Métropole, le groupe RN s’est abstenu sur plein de délibérations sans s’expliquer, je n’admets pas ça. On fait de la politique, on n’est pas spectateurs. Pareil en mairie, il faut les amener à se positionner. Le RN est toujours un parti marqué par son histoire raciste et antisémite, favorable aux plus riches, qui vote systématiquement contre les collectivités et les plus fragiles. Ils ont beau mettre un vernis, mais quand on rentre dans les débats on peut les démasquer, cela aidera les gens à se positionner.

    Un collectif propose d’ouvrir la ligne Rognac-Aix aux voyageurs. Qu’en pensez-vous ?

    L.G. : Je crois énormément au ferroviaire, c’est un outil à privilégier pour notre Métropole. L’omnibus est la meilleure formule au vu de la discontinuité urbaine, sur le modèle du RER parisien. Je partage l’intérêt de Rognac-Aix aussi pour la perspective d’un direct Aix-Vitrolles-aéroport par le train, qui a du sens. Notre ville a été conçue comme hub des mobilités en 1970. C’est un territoire de 25 000 emplois dont 20 000 sont occupés par des extérieurs, tandis qu’une dizaine de milliers de Vitrollais vont travailler ailleurs. Il faut encore des progrès, avec à court terme la liaison câblée entre l’aéroport et la gare de Vitrolles, évitant les embouteillages de la D20 ou les parkings. En même temps se fait la liaison Zenibus jusqu’à la halte ferroviaire de Plan de campagne, connectée à la ligne des Alpes. Plus loin, la Métropole envisage d’aménager la D113 en boulevard urbain multimodal avec bus à haut niveau de service (BHNS) dans son plan local de déplacement. Je rêve qu’on puisse se passer du véhicule personnel, sans jamais vouloir l’interdire.

    Quelle est votre stratégie énergétique pour l’avenir ?

    L.G. : Notre horizon est que Vitrolles produise le plus possible l’énergie qu’elle consomme. On s’est lancé dans l’autoconsommation collective, et avons élargi ce principe aux particuliers et entreprises. Concrètement, « Notre énergie Vitrolles », la société porteuse, est en train de devenir un producteur d’électricité auquel on s’abonnera en plus du fournisseur classique. Pour le moment le gain financier n’est pas une priorité. Ça le sera dans l’avenir, car notre énergie est calée en dessous du tarif réglementé et n’évoluera pas au même rythme car découplée du marché. L’enjeu du pouvoir d’achat est plus fort et plus rapide avec notre réseau de chaleur car il a déjà rapporté aux abonnés.

    Nous serons fixés l’année prochaine sur le potentiel géothermie. Le permis de prospection 3D a été signé la semaine dernière pour identifier l’endroit idéal et simuler la température de l’eau. C’est l’étape où on dira stop ou encore. Si l’essai est concluant, un forage d’essai est prévu pour 2029, suivi d’un définitif en 2030 pour nous, Airbus et l’aéroport. Ce serait une énergie totalement décarbonée et renouvelable avec un gain sur la facture de 40% par rapport au tarif – actuel ! – du gaz. Si ce n’est pas concluant, les mécanismes de repli du délégataire Engie garantissent une solution biomasse et échange avec la station d’épuration pour la même performance écologique et tarifaire.

    Pourquoi relier Airbus ?

    L.G. : Car c’est un projet urbain et industriel pour le territoire d’aujourd’hui et sa mutation. Vitrolles restera un lieu de production d’hélicos pour le siècle qui vient et doit rester compatible avec la vie quotidienne des habitants. L’adaptation au changement climatique nécessite la décarbonation, le transport en commun, la production d’énergie, la végétalisation, le confort d’été et d’hiver chez soi… C’est le 2e socle de notre politique après la proximité, qui n’a de sens que si en même temps on adapte la ville au siècle qui vient. Nous sommes vigilants sur les pics de chaleur, à adapter le réseau pluvial avec la Métropole pour ne pas subir d’inondations. On a tous les jours l’occasion de faire l’aller-retour entre l’immédiat et les perspectives à 50 ans, pour lesquelles j’ai la même passion et engagement.

    Entretien réalisé par Antonin Maja

  • Les Jeux olympiques 2030 au cœur du congrès des maires des Hautes-Alpes

    Les Jeux olympiques 2030 au cœur du congrès des maires des Hautes-Alpes

    L’association des maires des Hautes-Alpes (AMF 05) a tenu son 13e congrès des maires ce jeudi, quelques mois après les dernières élections municipales. Entre les discussions habituelles sur les finances locales, l’urbanisme ou encore la transition écologique, un sujet est sorti du lot : la tenue des Jeux olympiques 2030 dans le Briançonnais. Vincent Roberti, directeur et président par intérim du Cojop « pendant quelques mois encore », était présent à la table ronde consacrée à cette thématique.

    « Il était nécessaire de mettre ce sujet à l’ordre du jour, car c’est une perspective qui reste à travailler avec les élus, a introduit Jean-Michel Arnaud (Les Centristes), président de l’AMF 05 et par ailleurs sénateur du département. Il est nécessaire que les quelques voix bruyantes soient recouvertes par des voix constructives », a-t-il précisé, faisant référence aux citoyens et associations qui sont nombreux à s’opposer à la tenue des Jeux dans les Alpes pour des raisons économiques ou écologiques. « On pourrait finir par croire tout ce qu’on entend, surtout les grincheux qui pensent que ce serait mieux de ne pas avoir ces Jeux olympiques ! », a complété Philippe Bailbé, le préfet des Hautes-Alpes.

    Pour Vincent Roberti, pas de doute, l’événement laissera un héritage durable au territoire. « Je souhaite faire en sorte que les Hautes-Alpes soient l’un des cœurs battants de ces Jeux, a-t-il affirmé. Pour cela, on s’appuie sur les collectivités locales et l’expérience des acteurs du territoire : il y a ici un matériau très riche ! On a besoin de tous : les maires, les professionnels de la montagne, les clubs sportifs, pour construire des Jeux dont nous serons fiers. » Tout en réfléchissant à la manière de maintenir « cet événement qui fait vivre les gens de la montagne » à l’heure du changement climatique.

    Même si l’ensemble des épreuves du département se concentrent dans le nord des Hautes-Alpes, les élus assurent que le sud ne sera que gagnant. « On pourrait dire qu’encore une fois, il n’y en a que pour le Briançonnais, a dit Gérard Nicolas, maire de la petite commune Val-Buëch-Méouge. Mais nous bénéficierons aussi des aménagements des routes et du ferroviaire ! »

    Agathe Di Lenardo