Tag: TER

  • À Gap, la CGT s’inquiète de l’avenir des agents d’escale ferroviaire

    À Gap, la CGT s’inquiète de l’avenir des agents d’escale ferroviaire

    À compter de décembre 2029, la ligne des Alpes, qui comprend notamment les liaisons entre Marseille et Briançon, sera exploitée par la société SNCF Voyageurs Sud Alpes Méditerranée (SVSAM). Cette évolution prévoit la suppression de postes des six agents d’escales actuels à Gap, ce qui inquiète particulièrement la CGT des cheminots. « Au-delà de l’emploi de six agents, on parle d’un enjeu de service public », alerte Aimerick Ramos, représentant CGT. Les agents d’escale assurent l’information aux voyageurs, l’assistance aux personnes à mobilité réduite, la sécurisation des circulations et des quais ou encore la gestion des ruptures de correspondance. « On contribue au bon fonctionnement d’une ligne de montagne à voie unique », poursuit l’agent. Car contrairement à une ligne à deux voies, ici, la moindre perturbation peut rapidement entraîner des retards et autres difficultés.

    « Cette évolution ne signifie pas un désengagement de SNCF de la gare de Gap, a assuré début septembre la directrice régionale TER Paca, dans une lettre adressée à la députée (PS) Marie-José Allemand, qui l’avait interpellée sur le sujet. Elle continuera de bénéficier d’une présence au guichet pour la distribution de titres de transport. En cas de situation perturbée, les équipes pourront contribuer à l’accompagnement des voyageurs avec des équipes mobiles. »

    Une réponse qui ne rassure en rien Aimerick Ramos : « Les horaires prévus du guichet ne couvriraient pas l’ensemble des circulations ferroviaires, et les équipes mobiles sont un complément, mais ce n’est pas productif. » Pour lui, des milliers d’habitants et usagers de la ligne des Alpes risquent de se retrouver dans une impasse en cas de suppression de cette présence humaine.

    Agathe Di Lenardo

  • La maintenance des TER sur de bons rails ?

    La maintenance des TER sur de bons rails ?

    L’annonce, inattendue, a pris tout le monde de court. Tandis que la création d’un centre de maintenance des Trains express régionaux (TER) est à l’étude depuis des années en Occitanie, Carole Delga (PS) a tranché.

    Vendredi 16 septembre, la présidente de Région a dévoilé par communiqué le lieu du futur centre (qui sera raccordé à la ligne ferroviaire Colombiers-Maureilhan) que sa collectivité s’engage à construire et à financer à 100%, une première en France. Il s’agit d’un terrain appartenant à la Région situé sur la commune de Colombiers, au sud-ouest de Béziers. En complément des ateliers de Toulouse et Nîmes, « saturés », ou encore de Tarbes et Perpignan, ce futur centre accueillera, dès fin 2028 ou début 2029, les 18 nouvelles rames de TER liO Regio2N pour les opérations de maintenance lourde. « Nous souhaitons disposer d’un équipement performant et adapté à l’arrivée des Regio2N sur la ligne du littoral mais aussi anticiper l’augmentation du nombre de trains liO (…) », explique l’élue socialiste qui y voit la démonstration que « la transition vers des mobilités décarbonées appelle du courage politique, de l’innovation et un fort investissement ».

    Les rames accidentées sur le site du Capiscol ?

    Du côté de la CGT cheminots qui, via la Région, avait obtenu il y a quelques mois de la SNCF le lancement d’une étude de faisabilité pour le site du Capiscol à Béziers, on ne s’attendait pas à une telle annonce. « Face à la direction de la SNCF qui voulait tout mettre à Nîmes, on voulait un centre de maintenance à Béziers. Ce terrain de la Région près de Montady n’est pas le meilleur car on n’est pas en milieu ferroviaire et il s’agit d’une voie unique », regrette Éric Bringuier. Mais faute de grives, on mange des merles. Le secrétaire de la CGT cheminots tempère aussitôt. « Le choix d’implanter le centre entre Béziers et Narbonne, au milieu de la région, reste judicieux ».

    Le vice-président régional aux transports justifie l’implantation. « On a d’abord essuyé un refus du maire (DVD) de Narbonne. Notre terrain de Colombiers est constructible immédiatement car dérisqué, ce qui n’était pas le cas du site du Capiscol. Il y aurait eu des études environnementales à faire sur un an voire 18 mois. Et on ne passait pas dans le calendrier », explique Jean-Luc Gibelin (PCF).

    Il n’en reste pas moins que la CGT ne lâche pas l’affaire sur le Capiscol. « On va pousser pour en faire un centre de réparation pour les rames accidentées », rebondit Éric Bringuier, soulignant le potentiel en la matière. « Il n’en existe qu’un seul à Nevers, d’autres régions pourraient l’utiliser. À la SNCF de travailler au business plan. » Une option qui séduit la Région Occitanie. « Cela fait partie des accords de la convention TER. Et je partage l’idée que le site de Béziers est celui qui s’y prêterait le mieux », acquiesce Jean-Luc Gibelin. À une condition majeure : que l’État mette cette fois la main au portefeuille. « Ce n’est pas à la Région de payer en totalité, tels étaient nos accords dans la convention TER. »

    Dans l’attente d’un retour de la SNCF, une chose est acquise : à Colombiers, le centre de maintenance des TER emploiera entre 40 et 50 cheminots du bassin d’emploi de Béziers.

  • Une rentrée sociale sous tension du côté de la gare d’Orange

    Une rentrée sociale sous tension du côté de la gare d’Orange

    « Les choses se tendent », résume posément Eric Arnaud, de l’union locale CGT d’Orange. Vendredi soir, le syndicat tenait un point presse pour dresser « un état des lieux social ». Ce contexte de tension vaut aussi bien au national que localement. « Les salariés isolés sont confrontés de plus en plus à des situations difficiles, dans les secteurs de la restauration, l’hôtellerie ou le nettoyage, on reçoit une dizaine d’appels par jour », poursuit le responsable syndical. « Heureusement que nous sommes là, sinon les salariés n’auraient aucune solution de proximité », abonde Monia Galvez, du bureau de l’UL. La CGT organise ainsi des permanences tous les mardis (17h-19h30).

    Les problématiques concernent l’éducation, avec des préoccupations similaires dans le privé ou le public. « On manque de moyens, beaucoup de postes sont pourvus par non titulaires, à cela s’ajoute la canicule fortement ressentie au collège Saint-Louis assez vétuste », fait valoir Marc Charnoz, délégué CGT de l’enseignement privé. « Au collège Barbara-Hendricks, deux après-midi de cours ont été annulés depuis la rentrée car il faisait jusqu’à 39 degrés dans les classes », dévoile Florian Sauvet. Le responsable CGT Educ’action note aussi qu’en « dix ans on est passé de 24 à 29 élèves par classes au lycée de l’Arc ».

    Mais c’est du côté de la gare d’Orange que la colère se cristallise. « D’ici à la fin du premier semestre 2027, les six postes d’agents d’escale ferroviaire vont être supprimés », annonce Philippe Riba, contrôleur SNCF. La CGT cheminots a lancé une pétition contre la disparition de ce service. Ces agents assurent une présence continue en gare lors de son ouverture, 7 jours sur 7 de 5h30 à 22h. Accueil et relais d’information sur les quais, aide au bon départ des trains mais surtout « ce sont eux qui interviennent auprès des personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite », expose Philippe Riba. Soit quelque 400 interventions par an. « Cette mission devrait être confiée à la seule personne qui reste au guichet, qui devra donc fermer à ce moment-là et qui n’est pas présente en permanence à la gare », dénonce le cheminot. Une désertion humaine « qui laisse les usagers sur le quai », conclut-il. Contactée, SNCF Réseau confirme que « des réflexions sont actuellement en cours sur l’organisation de la gare d’Orange » mais au stade « d’échanges internes, ainsi qu’avec les représentants du personnel ». Et souhaite donc « laisser ces échanges se poursuivre » avant de « s’exprimer davantage ».

  • Un lieu d’accueil amélioré pour la gare d’Aix-en-Provence

    Un lieu d’accueil amélioré pour la gare d’Aix-en-Provence

    Les travaux auront pris moins de temps que prévu, estiment les équipes partenaires du projet. Cinq semaines après le lancement des travaux le 20 avril dernier, le nouvel espace Zou ! pour la gare SNCF du centre-ville d’Aix-en-Provence vient d’être inauguré. À l’extrémité de la gare, derrière les baies vitrées flambant neuf, les espaces accueil, d’information et d’accompagnement général des voyageurs sont désormais rassemblés dans une même zone. Le projet, né d’une « convention de financement entre le président de la Région et la directrice régionale SNCF », précise Sandrine Malbrun, directrice régionale TER Sud et cheffe projet des espaces Zou !, visait deux objectifs. Le premier, moderniser et adapter l’espace de vente de billets et d’information, le second, renforcer la « visibilité de la marque Zou ! ». Étalé sur soixante mètres carrés – auxquels s’ajoutent 30 mètres carrés derrière chaque guichet – l’espace propose quatre guichets dont deux dédiés à la vente. Les deux autres aux agents d’escale. De nouveaux équipements d’information, ainsi que des bureaux dédiés à l’information et l’accompagnement de personnes en situation de handicap. Le tout, pour un budget de 93 500 euros alloué par la Région. Si trente employés se relaient sur les lieux, trois personnes sont en permanence sur place du lundi au samedi. « C’est beaucoup plus agréable, ne serait-ce qu’au niveau du confort sonore. Les clients aussi, sont mieux installés », estime Isabelle Delpuech, directrice de la direction de production et services Est Provence et Alpes SNCF Voyageurs.

    Gare à enjeux

    « Point de vue sûreté, l’agent de régie et les vendeurs sont totalement en sécurité derrière le plexiglas », ajoute Nasser Moussaoui, dirigeant de proximité pour la SNCF. Au total, 21 espaces Zou parmi les gares les plus importantes s’apprêtent à être rénovés, ou l’ont été. « Aix est une gare à très forts enjeux, de l’ordre d’un million de voyageurs chaque année », contextualise Jean-Pierre Serrus, vice-président (Ren.) de la Région en charge des transports. Autre axe stratégique de celle-ci, son point d’entrée vers les territoires alpins. « 360 millions d’euros vont être investis sur la ligne des Alpes dans la perspective des Jeux olympiques 2030 », rappelle l’élu qui défend la mobilité comme « facteur clef de la qualité de vie ». Coprésident d’un think tank sur les mobilités en France, il estime que le sujet doit être porté au niveau national, notamment à l’approche de la présidentielle. Et, côté Région, rappelle que sur un budget de trois milliards, « un milliard et demi est accordé aux transports ».

    Une nouvelle proposition de jeunes conducteurs de trains diplômés

    En amont de l’inauguration de l’espace Zou, Jean-Pierre Serrus, vice-président de la Région Sud en charge des transports et de la mobilité, a remis leur diplôme à une promotion de dix nouveaux conducteurs de trains dont il était le parrain. La cérémonie, s’est tenue en privé. « Ils ont eu leur enseignement à Veynes, puisque nous sommes ici sur la ligne des Alpes », précise l’élu. Parmi les élèves récemment diplômés, beaucoup sont issus d’un parcours de réorientation professionnelle, parmi lesquels, une seule femme. Tous, ont été formés à l’École de conduite de l’étoile de Veynes.

  • De grands travaux sur la ligne emblématique de la Côte Bleue

    De grands travaux sur la ligne emblématique de la Côte Bleue

    C’est une ligne qui longe l’une des plus belles côtes de Méditerranée. Sur près de 32 km, le train de la Côte Bleue offre un panorama exceptionnel entre calanques aux eaux turquoise, viaducs et petits ports, en passant notamment par l’Estaque, Niolon, Ensuès-la-Redonne, Carry-le-Rouet, Sausset-les-Pins, mais aussi Martigues, Port-de-Bouc, Fos-sur-Mer, Istres et Miramas.

    L’été, sa fréquentation explose. Sur les mois estivaux, l’augmentation atteint 66% en 2024 et 52% en 2025, d’après les chiffres de la Région Sud. L’an dernier, au mois d’août, 2,9 millions de voyageurs ont emprunté le TER. Ils étaient 1,5 million en janvier, soit une progression proche des +100%. « Le plan de transport est adapté en période estivale, avec deux trains supplémentaires dans le sens Marseille-Miramas le matin, deux trains en plus le week-end, mais aussi un renfort de capacité pour le retour des plages l’après-midi », détaille la collectivité.

    La CGT plaide pour plus de moyens humains. « La première revendication c’est de remettre du personnel dans les gares pour rouvrir des guichets, qui ont quasiment tous été supprimés depuis trois ans, appuie Christophe Morard, secrétaire général des cheminots de Miramas. On a des équipes mobiles qui vont d’une gare à l’autre, mais c’est pas suffisant, surtout l’été. Avant-hier, une personne s’est fait écraser à Istres, la circulation a été coupée. Pour renseigner les voyageurs dans ces situations-là, c’est compliqué. »

    Un viaduc reconstruit

    Le TER ne fonctionne pas qu’au retour des beaux jours. « C’est une ligne du quotidien empruntée par de nombreux travailleurs », souligne l’élu syndical, qui estime que l’offre est « adaptée », bien que de gros travaux soient à prévoir.

    Entre 2020 et 2021, 35 millions d’euros ont été investis urgemment par les pouvoirs publics (dont 19 millions par la Région) pour régénérer 26 km de voies entre l’Estaque et Carry-le-Rouet, supprimer les ralentissements, et rétablir une desserte équivalente à celle de 2019 (2 TER par heure en pointe). En parallèle, SNCF Réseau a investi 11,4 millions d’euros supplémentaires pour sécuriser tunnels et versants rocheux. La modernisation se poursuit dans le cadre du Contrat de plan État-Région 2021-2027, avec une nouvelle enveloppe de 48 millions d’euros financée à parts égales par l’État, la Région et la Métropole. D’ici 2030, environ 30 km de rails, de traverses et ballast devraient être renouvelés, les tunnels et les ouvrages d’art consolidés.

    « Situés en contrebas d’anciennes friches industrielles utilisant ou transformant des métaux lourds, les tunnels de Rio Tinto et des Riaux et le viaduc de Vauclair ont été dégradés par l’infiltration d’eaux pluviales polluées provenant de ces entreprises », explique SNCF Réseau, qui se donne l’objectif « d’empêcher la transmission de la pollution à l’intérieur des tunnels afin de garantir la pérennité des structures et de revenir à la vitesse nominale de 100 km/h (contre 40 km/h actuellement) sur le viaduc », qui sera entièrement démoli et reconstruit.

    Les travaux sont prévus à l’horizon 2028, pour environ deux ans. Compte tenu de leur ampleur, la ligne sera fermée temporairement. La concertation préalable, initialement prévue entre juin et juillet 2026, est envisagée à l’automne. Christophe Morard commente : « Ce chantier est une nécessité si on veut pas fermer la ligne. Il y a moins d’agents pour effectuer la maintenance classique, les problématiques sont remontées moins souvent, donc c’est sûr qu’on est toujours plus dans l’urgence que dans l’anticipation ».

  • Une opération contre la drogue sur les rails de la Côte Bleue

    Une opération contre la drogue sur les rails de la Côte Bleue

    L’opération débute en gare de Carry-le-Rouet, à une heure de forte fréquentation, 19h, ce mercredi, en fin de journée. « La mission est triple, d’une part, on montre la présence des forces de l’ordre dans les gares, ça permet de rassurer, ça permet de ramener de la tranquillité », explique Corinne Simon, préfète de police déléguée des Bouches-du-Rhône, « la deuxième, cela permet de faire des contrôles d’identité, de pouvoir regarder si on a des personnes recherchées. Et troisième chose, ça permet aussi de lutter contre l’usage des stupéfiants », détaille-t-elle.

    Sur le quai, le commandant Jean Yves Curci briefe les hommes qui sont aujourd’hui sous son commandement. Le déroulé est le suivant : Départ de la gare de Carry-le-Rouet direction Niolon en train à 18h35. Durant le voyage, les gendarmes en profitent pour sillonner les wagons avec Scooby, le chien renifleur, en quête de stupéfiants. Une fois à Niolon, « on fera le contrôle uniquement sur les trains à quai, ça va nécessiter une organisation assez particulière, avec des rôles bien définis, et une ambiance “vitesse” sur la recherche de stupéfiants à l’intérieur du train », poursuit le commandant. Action.

    Une dizaine d’hommes et femmes de la gendarmerie embarquent à bord du train, avant de l’arpenter jusqu’à l’autre extrémité. Le reste attend que les premiers suspects leur soient amenés pour les fouiller, et dresser, s’il le faut, les premières amendes. Déjà dans le premier wagon, le chien marque, il a senti quelque chose… « Bonjour Monsieur, c’est à vous ce sac à dos ? » demande un gendarme. L’homme d’une quarantaine d’années dans le couloir acquiesce. « Je vais vous demander de venir avec nous on va le fouiller pour voir si vous ne transportez rien d’illégal ou de dangereux » poursuit le gendarme. S’ensuit le contrôle, le suspect sera finalement relâché, faute d’avoir trouvé du produit sur lui.

    Dans le train suivant, un jeune homme qui revenait de la plage avec ses amis est arrêté : Il a en sa possession quelques grammes de résine, ce qui lui vaudra d’écoper d’une amende de 200 euros. Il pourra tout de même repartir à l’issue du contrôle. Les passagers regardent l’opération se dérouler, et Scooby travailler : « il ne fait que passer, on s’est surtout demandé si il y avait quelqu’un de dangereux ou recherché à bord du train », racontent Marc et Severine, de retour de la plage avec leur bébé.

    « Une personne sur 11

    en possession de stups »

    La volonté de la préfecture de police est d’accentuer la répression sur les consommateurs, sur la base d’un raisonnement simple, comme l’explique la préfète : « S’il n’y a plus de consommateurs il n’y a plus de trafic. C’est pour ça que nous renforçons les contrôles toute l’année mais surtout au cours de la période estivale pendant laquelle la région est davantage peuplée ».

    Afin de mieux comprendre l’ampleur que prend la consommation de stupéfiants, la préfète donne un chiffre : « Une personne sur 11 est en possession de stupéfiants ». Et de poursuivre : « on s’aperçoit que les personnes qui portent sur elles des produits stupéfiants, sont de toutes les classes d’âge et de toutes les classes sociales aussi », observe-t-elle. Au bilan de la soirée : quatre trains ont été contrôlés et neuf amendes forfaitaires délictuelles pour détention de stupéfiants ont été délivrées.

  • La concertation publique de la SNCF souligne les attentes des habitants des Hautes-Alpes

    La concertation publique de la SNCF souligne les attentes des habitants des Hautes-Alpes

    Alors que les chantiers du plan de modernisation ferroviaire des Alpes du sud à 367 millions d’euros débuteront en 2027, la SNCF avait promis de consulter et d’associer au projet les premiers concernés, à savoir les habitants des Hautes-Alpes. Et ils ont répondu présents. La SNCF a publié ce mercredi le bilan de ces consultations menées du 13 avril au 29 mai : 4 428 visiteurs uniques se sont rendus sur le site internet et 193 personnes ont participé aux différentes réunions publiques, pour un total de 462 contributions recueillies. Parmi les demandes les plus citées, 86 appellent à développer un train du quotidien, 74 à augmenter la fréquence de passage et mieux adapter les horaires, 66 à désenclaver le territoire, 32 à améliorer la fiabilité et réduire le temps de trajet, 54 à améliorer et maintenir les dessertes, et enfin 51 à rouvrir des gares. Si le document ne liste pas chaque proposition concrète, la consultation dessine une demande claire : le retour d’un train pensé pour l’usage quotidien de ses habitants.

    Peu d’idées nouvelles retenues

    Est-ce que ces propositions ont été entendues et intégrées dans le projet ? C’est là que le bât blesse. « La concertation a donc confirmé l’opportunité du projet pour assurer la sauvegarde et la remise à niveau de la ligne des Alpes du Sud », affirme le document. Si la participation à la consultation confirme les attentes locales d’une rénovation du rail, peu de propositions vraiment nouvelles ou innovantes ont été retenues. Exit l’électrification de la ligne, jugée trop coûteuse en l’état, idem pour le doublement des voies, quant à la réouverture de l’axe Digne-les-Bains – Saint-Auban, demandée localement depuis près de trois décennies, « l’équilibre socio-économique de cette réouverture n’a pas encore été démontré par les études réalisées à date », selon la SNCF.

    Quant à la demande de réouverture des gares, l’entreprise « prend acte des demandes locales » mais cet objectif « ne fait pas l’objet du programme prévu et des investissements financiers convenus pour le projet ». Enfin, alors que la faible fréquence de passage et les tarifs font régulièrement l’objet de critiques d’usagers, l’entreprise rappelle que ces éléments relèvent de la compétence de la région Paca pour le TER et de l’État pour le train de nuit.

  • Succès de la navette Avignon TGV-Valréas

    Succès de la navette Avignon TGV-Valréas

    « Sa fréquentation est en constante évolution, passant de 930 voyageurs en janvier 2025 à 1 979 voyageurs en juin 2026 », se félicite la Région qui a dressé un bilan la semaine dernière à Malaucène. Ainsi, un véhicule de grande capacité de plus de 50 places, accessible aux personnes à mobilité réduite, a remplacé depuis le 1er septembre le car de 22 places initialement affecté au service. Cette ligne 924 circule toute l’année à raison de 2 allers-retours quotidiens du lundi au dimanche, y compris les jours fériés (sauf les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre).

  • Conforté, Loïc Linarès dévoile sa méthode et ses grands chantiers

    Conforté, Loïc Linarès dévoile sa méthode et ses grands chantiers

    Voilà plus d’un an que Loïc Linarès dirige l’Agglo de Sète mais seulement trois mois qu’il peut s’y projeter sereinement. Lorsqu’il s’installe en mai 2025 dans le fauteuil de François Commeinhes (LR) poussé à la démission par les affaires, Loïc Linarès sait sa marge de manœuvre réduite (2 petites voix). Depuis avril 2026, le président socialiste peut avancer, conforté par le soutien de 14 maires de diverses sensibilités politiques (hors extrême droite).

    Loïc Linarès a donc les mains libres mais n’a pas l’intention de révolutionner son approche. « Je travaille en collaboration, en équipe, je délègue », assure le socialiste. À la tête d’un territoire jugé « fragile », le président se veut un « porte-voix à l’échelle régionale et aussi nationale ». Côté Occitanie, on saisit bien l’idée, Loïc Linarès pouvant compter sur le soutien de la présidente de Région, Carole Delga (PS). Sur le plan national, ce sera autre chose…

    Côté dossiers, Loïc Linarès veut se projeter sur le temps long. D’ici 10 ans, il souhaite libérer entre 15 et 20 hectares de foncier grâce à la reconversion des zones industrielles en dépollution (Exxon Mobil, Timac Agro). En attendant, la réhabilitation de l’existant s’accélère avec une Opération programmée d’amélioration de l’habitat (Opah – rénovation urbaine) étendue à 6 communes : Marseillan, Mèze, Loupian, Poussan, Gigean et Frontignan.

    La LGV débloquée

    Maîtriser l’outil urbanistique est essentiel à la planification. Ainsi la révision du Schéma de cohérence territoriale (Scot) est-elle en cours de finalisation. Elle implique une révision du plan de déplacements urbains (PDU) lancée le 25 juin en conseil d’Agglo. « On doit pouvoir donner notre avis sur le développement économique, nous projeter à 20 ans. » Le tout dans le respect de l’environnement, insiste-t-il. « On a une responsabilité collective à respecter le vivant, à maîtriser notre empreinte carbone. »

    En disant cela, le président songe au travail à poursuivre pour « protéger le trait de côte », à la fois menacé par l’érosion, la cabanisation et les plages privées. L’élu se dit prêt à travailler au respect des règles avec la préfecture de l’Hérault tout en soulignant que la cabanisation révèle aussi « la difficulté à se loger ». Concernant les concessions de plages, des sujets existent sur le lido de Sète à Marseillan ou aux Aréquiers à Frontignan mais « sans contentieux », affirme Loïc Linarès. « Il y a une volonté de l’État de trouver un point d’atterrissage. » Quoi qu’il en soit, le lido devra être chouchouté. « On va travailler sur le confortement rocheux, notamment sur une crique de la Corniche à Sète. »

    Le conseil d’Agglo a aussi remis sur les rails le projet de Ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan. Un grand projet jugé « indispensable » par Loïc Linarès « si on veut arrêter de prendre l’avion et qu’on veut remanier le train ». Un projet toutefois contesté dans le bassin de Thau pour son impact environnemental, notamment en raison de la construction d’un viaduc à Poussan (début des travaux horizon 2029) dont les pylônes doivent être enterrés à proximité de la source d’Issanka, zone classée et protégée qui alimente Sète en eau potable.

    C’est parce qu’il estime avoir obtenu des garanties que le président d’Agglo a décidé le 25 juin de débloquer l’enveloppe nécessaire aux études (840 000 euros) jusqu’ici gelée par son prédécesseur. « La couche calcaire est située entre 30 et 50 mètres de profondeur, le forage ne descendra qu’à 15 mètres. Et les sondages se feront à 600 mètres des puits des secteurs de captage », tente de rassurer Loïc Linarès. Il fait aussi valoir des crédits de fonds de compensation et 30% supplémentaires dans le budget initial pour une « vraie démarche qualitative ». Pas sûr que cela suffise aux opposants mais voilà pour la nature.

    Côté économique, le président évoque une réserve foncière pour une halte à Poussan. Et un engagement de la SNCF à investir sur la ligne historique durant 60 ans. Sera-t-il tenu quand on connaît l’état des finances publiques à terme et le risque de submersion marine ? Quoi qu’il en soit, Loïc Linarès se félicite des avancées glanées par la Région. À savoir : la promesse du maintien de TGV sur la gare actuelle de Sète. « Nous n’avons pas de garantie du nombre de TGV car cela dépend de marchés à passer et de la libéralisation », concède le président. Qui préfère positiver sur les « 18 sillons quotidiens disponibles contre 11 actuellement ». Par ailleurs, 100 TER quotidiens (au lieu de 68) devraient pouvoir circuler « avec des amplitudes horaires étendues le soir jusqu’à environ minuit ». Enfin le nombre d’Intercités sera doublé (4 à 8) et les rames renouvelées.

  • La 5 000 000e voyageuse de la ligne Marseille-Nice-Toulon récompensée

    La 5 000 000e voyageuse de la ligne Marseille-Nice-Toulon récompensée

    Margaux, habitante de Toulon, a ainsi reçu des mains du président de la Région, Renaud Muselier, un « ticket or », qui lui permettra de voyager gratuitement sur le réseau ZOU ! pendant une année entière. Une belle surprise pour la jeune femme, qui emprunte le TER quotidiennement pour se rendre sur son lieu de travail.