Tag: SNCF

  • À Aubagne, des policiers municipaux sereins

    À Aubagne, des policiers municipaux sereins

    De quoi clore les polémiques… Les conclusions de l’audit « Ressources humaines », réalisé par la Ville d’Aubagne au sein de sa police municipale, ont été rendues public, ce jeudi 29 octobre. Et elles sont positives, se félicite la Ville dans un communiqué. Cette démarche avait été entreprise par la majorité de Jean-Pierre Squillari (DVG) suite à un signalement pour harcèlement du Syndicat national de la sécurité publique (SNSP) lors de la deuxième mandature de Gérard Gazay (LR), en septembre 2025.

    Agir sur la base des faits

    « La municipalité a choisi d’écouter les agents, de regarder la réalité du service et d’agir sur la base des faits », justifie la Ville. Forte d’un taux de participation de 68 agents des pôles et unités de la direction concernée sur 98, soit 70%, elle estime que « la perception du fonctionnement de la police municipale [est] globalement positive », celle-ci étant « décrite comme structurée, organisée et cadrée ». Les agents apprécient le cycle de travail et le climat de « respect, considération et cohésion au sein des équipes ». Mieux, « aucune situation de harcèlement moral, de discrimination ou de management toxique, ni aucun comportement managérial constitutif de tels faits » n’a été « identifié ou signalé ».

    Le directeur de la police municipale, Vincent Gomez, est reconduit dans ses fonctions. Une « continuité », mais pas de « l’immobilisme », tempère la Ville, qui veut donner « une nouvelle impulsion aux actions de proximité et de prévention ». Avec six équipages de jour et deux de nuit, la police municipale assure actuellement la surveillance des écoles, la lutte contre les incivilités, le respect du stationnement, la sécurisation des commerces, la régulation de la circulation et des actions avec la police nationale et la SNCF.

  • [Entretien] Thibault Durand : « C’est aussi comme ça qu’on prépare une grève »

    [Entretien] Thibault Durand : « C’est aussi comme ça qu’on prépare une grève »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir fait cette rencontre ?

    Thibault Durand : On est dans une période compliquée. Même si l’initiative était prévue dès juin, on savait qu’on aurait une rentrée sociale chargée. Il y a une nécessité à regrouper les jeunes cheminots ensemble. La région est étendue, parfois il y a des jeunes qui sont seuls dans un poste d’aiguillage et qui ne sont pas au contact d’autres jeunes. Cette initiative permet donc que des jeunes de tous les coins de la région de se retrouver : ils viennent du fret de Miramas, des cheminots de Fos, de Nice et d’Avignon. Seul, on se décourage vite, mais quand on est en collectif, on est puissant. Le but est donc de se rassembler.

    La problématique de la vie chère se pose-t-elle pour les jeunes cheminots ?

    T.D. : On ne rentre pas à la SNCF pour devenir riche. Avec l’inflation, la flambée des prix de l’essence et de la nourriture, notre pouvoir d’achat diminue. Un salaire ne suffit plus. Si l’on veut des victoires, que ça soit sur les retraites ou l’augmentation du Smic, il faut faire corps ensemble et ne pas être chacun de son côté. C’est d’ailleurs par des initiatives comme celle-ci que l’on permet à des jeunes de mettre un pied dans le syndicat, puis qu’ils reviennent et participent aux mobilisations. C’est aussi comme ça qu’on prépare un mouvement de grève comme le 5.

    Cela renforce aussi la CGT ?

    T.D. : Si l’on n’a pas une CGT forte, on va perdre nos conquis sociaux petits à petits. C’est d’ailleurs notre ADN : tester unis et soudés pour conquérir des droits.

  • Les jeunes cheminots planchent sur l’avenir

    Les jeunes cheminots planchent sur l’avenir

    « C’est en train de bouillir, nous sommes face à un exécutif qui, derrière sa volonté de montrer de la fermeté, est en train de perdre la main. » Devant une cinquantaine de jeunes cheminots, Cédric Gimenez, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca, décrit sans détour la situation sociale du pays. Une situation sur laquelle a planché le collectif Jeunes Cheminots Paca, organisation qui réunit des travailleurs de la SNCF de moins de 35 ans, ou récemment syndiqués. « La colère qui s’exprime partout converge sur une base commune de contestation de la vie chère, des bas salaires, du logement… C’est la première fois qu’on aura une génération qui vit et vivra moins bien que la précédente », développe Cédric Gimenez.

    Plusieurs thématiques particulièrement d’actualité ont occupé les discussions : salaires, inflation et logement. Certains participants étaient venus de Nice, Miramas ou encore Avignon et représentaient une grande diversité de métiers à la SNCF : mécanos, agents des gares, cadres ou conducteurs de trains express régionaux. Et forcément, lorsque des cheminots discutent de pouvoir d’achat, la première question qui s’impose est celle de la répartition des richesses dans l’entreprise. « Qui n’a pas déjà entendu parler du fonds de concours ? C’est très simple : quand la SNCF fait des bénéfices, ils remontent à l’État via ce qu’on appelle le fonds de concours. C’est comme des dividendes, que l’État fait redescendre dans le réseau », expose Marianne Bonnet, consultante du cabinet Secafi, qui vient éclairer la lanterne des jeunes cheminots. Avant de souligner une problématique intrinsèquement liée à la transformation de la SNCF, la filialisation et l’ouverture à la concurrence du réseau : « Il n’y a que la SNCF qui participe à ce fonds. Pas Trenitalia ou la Renfe et c’est une injustice : ils utilisent le réseau sans y participer ».

    « L’inflation touche

    tout le monde »

    Un jeune cheminot aguerri questionne : « Ils paient les sillons, mais à quel niveau ? » Rappelons qu’un sillon est un créneau d’autorisation de circulation attribué à un train. « Ils ne paient pas le même prix que la SNCF sur les sillons. […] C’est une part non négligeable du prix des billets et ça contraint, de fait, le fonds de concours », répond la consultante. De quoi questionner le modèle économique et donc la possibilité d’arracher des augmentations de salaires. « Nous avons tous la même problématique de fin de mois difficile. Je gagne moins d’argent, en valeur absolue, qu’il y a 25 ans quand je suis rentré, et je dois travailler 7 ans de plus », dénonce Claude, cadre de la SNCF à Marseille, à l’adresse des jeunes.

    De quoi faire réagir, plus tard, Charlotte Marin, jeune conductrice de TER : « L’inflation touche tout le monde, même les cadres. J’étais dans la rue samedi dernier, je suis descendue floquée CGT, on a été interpellé par énormément d’étudiants et de lycéens qui avaient une demande de sécurité : ils demandaient où étaient le camion et le cortège de la CGT. C’est en lien avec les valeurs qu’on porte. Il faut converger ». Quand Thibault Durand (lire entretien ci-dessous), le responsable du collectif jeunes cheminots Paca, analyse : « On a tous les ingrédients pour une grève générale le 5 novembre ». De quoi faire écho aux propos de Cédric Gimenez : « C’est la réalité dans laquelle des années de macronie nous ont conduits. La colère cheminote doit s’exprimer clairement le 5 novembre par la grève ».

  • L’abandon des petites lignes de trains en débat à Gap

    L’abandon des petites lignes de trains en débat à Gap

    « Qui a déjà pris le train de nuit Gap-Paris ? », demande Laury-Anne Cholez devant la salle quasi comble de la cinémathèque de montagne à Gap. Presque toutes les mains se lèvent. « Et qui a déjà eu un retard sur cette même ligne ? » En réponse, pratiquement le même nombre de mains. C’est pour dénoncer ce dysfonctionnement, et plus globalement « l’abandon des petites lignes ferroviaires par l’État » que les journalistes de Reporterre Laury-Anne Cholez et Erwan Manac’h ont fait escale dans les Hautes-Alpes.

    « Paris-Briançon, c’est l’une des pires lignes de France, a introduit la journaliste. Entre 60 et 80% des trains seulement arrivent à l’heure ! Et le matériel est très vieux : il date de 1975 ! » Entre Briançon et Marseille, on compte seulement trois allers-retours par jour. « Alors s’il y a un retard, le suivant est très loin derrière, regrette Nicole Tagand du collectif de l’étoile ferroviaire de Veynes. Il y a bien des cars, mais ils partent quasiment en même temps que les trains ». Son collectif demande « une meilleure répartition des doublons, sur une grille horaire digne de ce nom ».

    Partout, le sous-investissement des petits trains régionaux au profit des lignes à grande vitesse a des effets concrets : entre 2019 et 2024, plus de 1 000 kilomètres de voies ferrées ont fermé. Et les rénovations ne sont pas à la hauteur : « Quand on investit 1 euro dans le réseau, 70 centimes sont pour bricoler, et 30 pour vraiment le faire rajeunir. Donc on va progressivement vers des fermetures, explique Pierre Zembri, géographe spécialisé dans les effets territoriaux de la libéralisation des transports. Et plus on attend, plus la facture sera élevée ». Ce qui impacte concrètement les usagers : « Moins de trains, c’est l’obligation de prendre sa voiture ou même l’avion, se désole la journaliste. Sans compter les prix très élevés, qui découlent d’une stratégie politique ! ». Pour un Paris-Briançon un peu avant Noël, il faut compter plus de 250 euros.

    Les salariées de la SNCF sont aussi victimes de cette dégradation du service. « Entre janvier et avril, 12 salariés se sont suicidés », rappelle Laury-Anne Cholez. Gérald Martinez, agent de circulation à la retraite, membre de la CGT et maire de Saint-Léger-Les-Mélèzes, confirme : « Localement, il y avait 680 salariés dans les années 1970. En 1982, on était 370. Et aujourd’hui, ils sont 110. Comment fait-on tourner une ligne avec une diminution du nombre d’agents ? ». Et que penser des promesses de modernisation en vue des JO ? Gérald Martinez est « persuadé que sans ce focus, personne ne se serait intéressé à la vétusté de nos trains ». « Mais les projets annoncent deux trains supplémentaires par jour, qui ne s’arrêteront pas dans les petites gares, dénonce Nicole Tagand. Ce sont des trains pour les touristes, pas pour les habitants », conclut-elle.

    Agathe Di Lenardo

  • Crainte d’un désengagement de l’État pour la Ligne nouvelle

    Crainte d’un désengagement de l’État pour la Ligne nouvelle

    Ce 16 décembre 2025, au moment de poser la première pierre de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA) en gare Saint-Charles, Emmanuel Macron saluait la « mobilisation collective formidable » autour du chantier. « Nous avons un projet qui va nous permettre de faire une grande dorsale européenne », expliquait-il. Mais moins d’un an plus tard, l’État tarde à être au rendez-vous de cette mobilisation collective.

    Celui-ci s’était pourtant engagé, dans le protocole signé le 21 décembre 2021, « sur un financement à parité avec les collectivités », soit 40% du coût total. Trois ans plus tard étaient bouclés les financements de la phase 1 du projet pour réaménager le plateau de la gare Saint-Charles, améliorer la navette toulonnaise, créer une gare pour l’aéroport de Nice. Depuis, les réunions de l’Agence de financement des infrastructures de transport (Afit) se poursuivent sans qu’aucun financement supplémentaire ne soit confirmé.

    « Je crois que quelque chose se passe, s’alarmait en amont du conseil de la Métropole Aix-Marseille son vice-président (DVG) aux transports, Frédéric Vigouroux. Depuis des semaines, des dossiers ne passent pas à l’Afit, qui concernent Marseille et la Ligne nouvelle ! C’est extrêmement dangereux. »

    Flambée du coût

    L’inquiétude est aussi présente pour la Région Sud. Celle-ci doit valider en séance plénière, ce vendredi, les dossiers des quatre services express régionaux métropolitains (Serm) pour Aix-Marseille, Avignon, Toulon et Nice. Un RER métropolitain qui dans la capitale régionale « s’appuie […] sur les opérations de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur ». Mais dès ses orientations budgétaires pour l’année à venir, la collectivité s’alarme : « Le budget 2027 devra tenir compte de l’avancement du projet LNPCA pour lequel le rythme d’engagement des crédits de l’État est encore incertain. » C’est qu’il faut poursuivre les études d’avant-projet de la phase 2, en particulier pour la création de la future gare Saint-Charles souterraine. « Sans le maintien, voire la hausse, des engagements financiers, il serait impossible de réaliser les grands travaux nécessaires pour la décarbonation des transports », alerte le Comité économique, social et environnemental régional (Ceser).

    « La problématique, c’est la phase 2 », reconnaît le président (DVD) de Région, François de Canson. Il rencontrera donc lundi le préfet de région, puis vendredi 30 octobre le ministre des Transports, Philippe Tabarot, tandis que son prédécesseur Renaud Muselier (Ren.), élu sénateur, s’active en coulisses. Dès l’abandon des JO à Nice, il avait alerté sur le risque d’arbitrages défavorables. « La question de l’argent disponible est une vraie question, mais l’augmentation du coût du projet aussi : on parle d’une augmentation de 30 à 40%, pointe François de Canson. Aujourd’hui, il faut qu’il y ait rapidement un arbitrage pour qu’on puisse y voir clair. »

    Sollicité par La Marseillaise, le ministère des Transports n’a pas donné suite.

  • [Entretien] Cédric Gimenez, CGT Cheminots Paca : « Rompre avec des années de sous investissement dans le rail »

    [Entretien] Cédric Gimenez, CGT Cheminots Paca : « Rompre avec des années de sous investissement dans le rail »

    La Marseillaise : La CGT dénonce la détérioration des chemins de fer. Par quoi cela se traduit-il concrètement ?

    Cédric Gimenez : Cela a des conséquences sur la qualité du service en engendrant des annulations ou des retards de train. Cela donne forcément une image dégradée de la SNCF qui ne nie pas les difficultés puisque nationalement une table ronde est organisée par SNCF réseau, au siège de la SNCF. Dans notre région où il y a de la concurrence qui a été imposée, cela ne règle aucun problème puisque tous les trains roulent sur la même infrastructure. Nous alertons sur les risques d’un réseau fragile : quand il y a des déformations de voie comme on l’a vécu cet été, il y a des possibilités de déraillement. Nous voulons protéger les cheminots et les usagers. Nous voulons rétablir un certain nombre de vérités sur les raisons qui nous ont conduits à cela. Mais surtout, pour nous l’enjeu c’est que l’on débouche sur des améliorations concrètes.

    Votre interpellation s’adresse-t-elle à la direction ou à l’État ?

    C.G. : Les deux. On entend tout un tas de sommes annoncées pour rénover le réseau. On nous parle de 2,5 milliards. Dans notre région, il y a notamment des investissements importants annoncés sur la ligne Marseille-Briançon pour accueillir les JO. Ce sont des travaux que l’on ne renie pas même si on estime qu’ils arrivent tard. Ce qu’on veut souligner c’est qu’à côté des investissements, il est nécessaire d’avoir des budgets de maintenance à la hauteur afin de pouvoir intervenir le plus vite possible quand il y a une problématique qui survient. Cela a été affaibli par toutes les réorganisations qui ont eu lieu dans l’entreprise avec comme unique but : faire des économies. Des années de sous-investissement et d’affaiblissement de la maintenance ont produit l’état du réseau d’aujourd’hui. Même du côté des infrastructures TGV, cela commence à se tendre. On l’a vu avec les intempéries qui ont montré une incapacité à agir vite.

    Les pluies et inondations qui ont touché les Bouches-du-Rhône causent la fermeture de la ligne Marseille-Miramas via Rognac pendant une semaine. Est-ce dû
    à la violence de l’épisode méditerranéen où aux faibles capacités d’intervention
     ?

    C.G. : Il y a la réalité du climat où on constate malheureusement de plus en plus d’intempéries de grande ampleur mais on s’aperçoit que l’entreprise a du mal à préparer cet avenir. Ce n’est pas en supprimant du monde qu’on y sera prêt. On ne peut pas être toujours dans la réparation d’urgence, il y a besoin d’un entretien régulier. Le but c’est de développer l’offre et pour y parvenir, il faut une infrastructure robuste. C’est une responsabilité qui incombe à l’État mais aussi à la direction SNCF que l’on ne peut pas exonérer des choix faits en interne depuis des années. En séparant les entités, en s’inscrivant dans une perspective de concurrence, elle s’est détournée de ce que nous estimons être les priorités pour l’avenir.

    Comment modifier la situation ?

    C.G. : Il faut faire grandir le rapport de force. Cela passe par l’interpellation de l’opinion publique et donc des usagers mais aussi, à l’approche des élections professionnelles, j’appelle l’ensemble des cheminots à voter CGT. Si on en est arrivé là c’est aussi lié à l’influence respective des organisations syndicales. Voter CGT du 19 au 26 novembre, c’est se donner les moyens de peser sur la situation et de défendre une vision d’avenir pour le ferroviaire.

  • La CGT dénonce l’annonce de la suppression d’arrêts TGV en gare des Arcs/Draguignan

    La CGT dénonce l’annonce de la suppression d’arrêts TGV en gare des Arcs/Draguignan

    C’est un dossier qui a le don de mettre tout le monde d’accord, des collectivités aux structures culturelles, des militaires aux commerçants, réunis il y a quelques jours pour en discuter. La suppression annoncée d’un à deux arrêts TGV quotidiens en gare des Arcs/ Draguignan, à partir de décembre, fait grincer des dents en Dracénie. Une décision prise par SNCF Réseau dans « une logique qui place la rentabilité au cœur des décisions, au détriment du service public ferroviaire et de l’aménagement du territoire », fustige la CGT Cheminots des Arcs, qui se joint à la colère générale.

    Pour un train « au service de l’intérêt général »

    « Depuis plusieurs années, la CGT Cheminots des Arcs dénonce les conséquences de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional et la recherche permanente de productivité imposée par la direction de la SNCF », poursuit-elle, prenant en exemple la ligne régionale Marseille – Nice, première en France à s’être ouverte à un opérateur privé (Transdev).

    Outre « une attractivité territoriale fragilisée », qui va forcément se faire ressentir pour les commerçants et les structures culturelles, sur un territoire qui souffre déjà d’un certain enclavement, ce sont les habitants aux mêmes qui seront les premiers pénalisés par cette décision, avec « moins de possibilités pour rejoindre directement les grandes métropoles et davantage de contraintes dans les déplacements professionnels et personnels ». Et ainsi « une nouvelle difficulté pour celles et ceux qui choisissent le train plutôt que la voiture, alors même que la transition écologique devrait conduire à renforcer les alternatives à la route ».

    La CGT Cheminots milite ainsi pour « une entreprise ferroviaire intégrée, outil essentiel pour garantir la cohérence du réseau », au nom de « l’égalité de traitement, de la continuité du service public », et de « la liberté d’aller et venir, reconnue par les principes constitutionnels. Le train ne doit pas être une simple marchandise, mais un moyen de se déplacer accessible à toutes et tous, au service de l’intérêt général, de la cohésion sociale et de l’égalité entre les territoires ».

  • Vaucluse : les victimes de l’amiante lassées de la passivité des élus

    Vaucluse : les victimes de l’amiante lassées de la passivité des élus

    Mi-septembre, une des filiales de la SNCF a été condamnée à indemniser 39 salariés en Paca pour ne pas avoir assez assuré leur sécurité contre l’exposition à l’amiante, notamment en gare d’Avignon. Une décision qui renvoie à l’inlassable combat de la Cavam (Coordination des associations de victimes de l’amiante), qui s’est réunie il y a une semaine à Paris.

    L’association, qui regroupe 22 associations – dont le Caps 84 (Collectif amiante Pays des Sorgues) –, s’agace d’une inaction générale pour éradiquer ce fléau. « Le gouvernement et trop d’élus de terrain restent passifs, voire indifférents, déplore la Cavam dans un communiqué. Partout, le même scénario se répète. Nous sommes reçus, écoutés, parfois même encouragés, mais les suites sérieuses ne viennent pas et pendant ce temps, le nombre de décès provoqués par l’amiante ne cesse d’augmenter. »

    Diagnostic dans les écoles, départements totalement démunis de déchetteries capables d’accueillir l’amiante ou « projets industriels alternatifs qui s’enlisent faute de financement, de terrain ou de volonté politique », les griefs demeurent. La Cavam martèle une « revendication centrale : la création d’un pôle public d’éradication de l’amiante ». Elle « appelle le gouvernement, les élus, les collectivités et les employeurs à passer enfin des paroles aux actes ».

  • Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Mouvement lycéen, avenir de Fibre Excellence à Tarascon, ligne THT… Le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a fait le point, ce mercredi 14 octobre, sur les grands sujets en cours et à venir sur le territoire.

    La doctrine inchangée sur le mouvement lycéen

    Fixée au niveau national, rappelle le préfet, la doctrine reste inchangée sur le déploiement des forces de police pour « accompagner le mouvement ». Et de s’adresser plus officiellement aux lycéens qui manifestent : « Faites attention, une manifestation peut susciter des tensions, de l’enthousiasme et des effets de foule, cela peut entraîner parfois des gens à faire des choses qu’ils n’auraient pas eu l’idée de faire. Ce qui met en danger beaucoup de monde. » Revenant sur la manifestation de la veille, mardi, qui s’est « bien passée », Jacques Witkowski alerte sur un contexte qui peut dégénérer : « Tout le monde arrive à un point de fatigue, on est sur le fil du rasoir des deux côtés. » Il se félicite également que des mobilisations aient été encadrées par des syndicats, « ce qui facilite » les choses avec « un parcours notamment ».

    Le préfet revient sur les derniers faits de violence, comme ce policier à Saint-Charles, mardi, qui s’est pris un coup de marteau sur la tête. Soit « 58 policiers ayant été blessés depuis le début du mouvement ». On compte aussi 900 interpellations sur la zone Sud, 336 dans le département « essentiellement des mineurs ». « Un jeune a été arrêté cette nuit à Martigues en possession de quatre bouteilles incendiaires », annonce-t-il. Quant à la journée du 17 octobre, « nous n’avons aucun renseignement et aucune déclaration de manifestation déposée », assure-t-il.

    Bientôt du neuf

    sur la ligne THT ?

    Le projet de ligne à très haute tension, 65 km à 400 000 volts, porté par RTE (Réseau de transport d’électricité) pour alimenter les bassins Ouest du Grand port maritime et qui suscite de nombreuses contestations sur son trajet, suit son cours. La logique voudrait qu’une enquête publique ne tarde pas à être déclarée pour que chacun donne son avis et que la question soit tranchée avec la présidentielle en 2027.

    Le risque « géré » à Fibre excellence Tarascon

    Sur la situation du site de Fibre excellence à Tarascon, la liquidation « se poursuit avec hélas un comportement incompréhensible du liquidateur », déplore Jacques Witkowski, « ce qui nous a amenés à faire des choses inédites ». Pour mémoire, le syndicat CGT a dénoncé la contamination des eaux du Rhône après l’arrêt de l’usine de pâte à papier et de sa station d’épuration. Faute d’avoir « réussi à convaincre », les services de l’État ont dû contraindre puis faire deux articles 40 avant de se substituer, rappelle le préfet. L’Ademe a pris la main pour piloter les opérations de sécurisation, et après un appel d’offres d’urgent, elles ont été sous-traitées à Suez. Le tout à la charge du liquidateur. « Le risque, on le gère, mais je n’en resterai pas là », prévient le préfet.

    Quant à la vente puis à la reprise du site, elles ne seront possibles que lorsque la pollution aura été clairement évaluée et validée par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). « On a des repreneurs avec des candidatures sérieuses », révèle-t-il en partie pour « des activités industrielles », mais visiblement pas de papetier.

    Un centre d’accueil

    pour les consommateurs de crack

    Sur la consommation de crack exponentielle dans certains quartiers, « un véritable problème sanitaire et social, on n’a pas mal progressé », estime le préfet. Un troisième Caarud (Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues) temporaire de 17 places va ouvrir ses portes, la semaine prochaine et jusqu’en janvier, sur un terrain de la SNCF, aux alentours de la gare Saint-Charles. De quoi compenser aussi la fermeture de l’autre Caruud, le Sleep In, le 26 mai, pour insalubrité, et dont les « travaux sont en bonne voie », en attendant de « trouver une solution plus pérenne ».

    Le procureur de la République a aussi mis en place un Groupe local de traitement de la délinquance, précise le préfet. Une première opération, le 29 septembre, a permis de mettre de jeunes femmes à l’abri avec injonctions thérapeutiques, « elles restent dans les structures qu’on a et s’engagent dans un accompagnement ». Tous les hommes étant eux repartis. « Je souhaiterais agrandir le périmètre de l’hébergement temporaire pour les plus fragiles, destiné aux consommateurs de stup’, sans impacter financièrement la mise à l’abri classique », ajoute Jacques Witkowski, espérant obtenir gain de cause auprès du gouvernement. Quant à la halte soins addiction pour laquelle plaident la Ville de Marseille et des associations, le préfet se met à disposition de qui lui trouvera un local, « et on essaiera de faire quelque chose ». Une position invariée depuis dix mois, assène-t-il.

    Un budget métropolitain compliqué

    Alors que la décision modificative du budget de la Métropole va être soumise au vote ce jeudi 15 octobre, le préfet ayant dû saisir la Chambre régionale des comptes en avril dernier, les élus de la collectivité refusant d’entériner la baisse des dotations de l’État, Jacques Witkowski se félicite qu’elle ait repris « sa ligne budgétaire ». Pour faire face à un « déséquilibre » de 144 millions d’euros, ce dernier avait proposé de tailler 53 millions dans les attributions de compensation faites aux communes, au grand dam des maires. La Métropole a depuis trouvé une « solution comptable » avec cette décision modificative, assure-t-elle dans un communiqué mardi. « J’espère que le budget 2026 trouvera un point final d’exécution, il est temps », souhaite-t-il, augurant d’un budget 2027 tout aussi compliqué, sur fond d’austérité.

  • À Gap, la CGT s’inquiète de l’avenir des agents d’escale ferroviaire

    À Gap, la CGT s’inquiète de l’avenir des agents d’escale ferroviaire

    À compter de décembre 2029, la ligne des Alpes, qui comprend notamment les liaisons entre Marseille et Briançon, sera exploitée par la société SNCF Voyageurs Sud Alpes Méditerranée (SVSAM). Cette évolution prévoit la suppression de postes des six agents d’escales actuels à Gap, ce qui inquiète particulièrement la CGT des cheminots. « Au-delà de l’emploi de six agents, on parle d’un enjeu de service public », alerte Aimerick Ramos, représentant CGT. Les agents d’escale assurent l’information aux voyageurs, l’assistance aux personnes à mobilité réduite, la sécurisation des circulations et des quais ou encore la gestion des ruptures de correspondance. « On contribue au bon fonctionnement d’une ligne de montagne à voie unique », poursuit l’agent. Car contrairement à une ligne à deux voies, ici, la moindre perturbation peut rapidement entraîner des retards et autres difficultés.

    « Cette évolution ne signifie pas un désengagement de SNCF de la gare de Gap, a assuré début septembre la directrice régionale TER Paca, dans une lettre adressée à la députée (PS) Marie-José Allemand, qui l’avait interpellée sur le sujet. Elle continuera de bénéficier d’une présence au guichet pour la distribution de titres de transport. En cas de situation perturbée, les équipes pourront contribuer à l’accompagnement des voyageurs avec des équipes mobiles. »

    Une réponse qui ne rassure en rien Aimerick Ramos : « Les horaires prévus du guichet ne couvriraient pas l’ensemble des circulations ferroviaires, et les équipes mobiles sont un complément, mais ce n’est pas productif. » Pour lui, des milliers d’habitants et usagers de la ligne des Alpes risquent de se retrouver dans une impasse en cas de suppression de cette présence humaine.

    Agathe Di Lenardo