« Au lendemain des destructions (…), ma priorité est claire : être aux côtés de nos commerçants, les accompagner et leur permettre de reprendre leur activité ». En mission économique au Canada ce lundi 19 octobre, Michaël Delafosse (PS) n’avait pas encore chiffré le coût des dégradations de l’avant-veille, post-mobilisation pour le pouvoir d’achat, que le maire avait déjà pris trois mesures solidaires avec le groupe public de la Métropole, Altemed, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) et la préfecture de l’Hérault.
D’abord un fonds d’urgence va être ouvert pour les commerces dégradés ou pillés. Ce dispositif d’aide complémentaire avec les assurances est en préparation avec la CCI et les services déconcentrés de l’État. Ensuite des locaux sont mis à disposition des commerçants pour placer leurs stocks de marchandises à l’abri, en cas de nouveaux incidents. Enfin, l’aménageur de la Métropole, Altemed, propose des locaux vacants pour permettre la poursuite ou la reprise d’activité en lien avec les assurances.
« Face aux violences, notre réponse doit être celle de la solidarité, de la protection et de l’action. Nous serons aux côtés des commerçants pour les aider à se relever et à faire vivre notre centre-ville ». Cette déclaration de Michaël Delafosse fait directement écho à l’indignation exprimée par le Medef Montpellier le 19 octobre. « Derrière chaque vitrine brisée, il y a un commerçant. Derrière chaque commerce contraint de fermer, il y a des salariés, des familles des emplois et parfois le travail de toute une vie qui part en fumée », déplore Thierry Marc. Et le président montpelliérain du Medef de réclamer des « réponses fermes » des pouvoirs publics au premier rang desquels l’État.
Lequel a une fois de plus failli, à Montpellier comme ailleurs (en atteste la démission refusée du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez), à empêcher quelques groupes de casseurs de venir saccager 20 magasins (5 pillés) et ainsi décrédibiliser un défilé de 40 000 personnes tenu sans incident majeur.
Comment des cibles faciles telles que des enseignes de sport dans l’Écusson n’ont-elles pas fait l’objet de surveillance ? Pourquoi avoir mobilisé des forces de l’ordre à la circulation routière plutôt qu’à la sécurisation du périmètre place de la Comédie ? Le communiqué de la préfecture n’évoque aucun de ces choix douteux. Il se contente de condamner les « violences graves » d’individus « cagoulés, armés de projectiles » et de compter les interpellations : 63 à Montpellier 6 à Béziers (sur 1 300 manifestants). Ainsi que 38 policiers blessés dont 2 à Béziers.
De son côté, l’Observatoire des libertés et pratiques policières a remarqué un « dispositif policier allégé » comparé aux journées d’action précédentes. « Aucun barrage rue de la loge, avenue Foch ni au Polygone alors qu’un arrêté d’interdiction de rassemblement au centre-ville avait été pris ». L’Observatoire évoque des « violences inutiles » des forces de l’ordre qui ont d’abord « chargé et divisé le cortège à la gare ». Puis, après 16h, fait usage de LBD et de grenades de désencerclement, visant et blessant notamment un journaliste identifié et des observateurs.
Un acte 2 des « gilets jaunes » est prévu en France samedi 24 octobre.

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