À côté de la plaque

Face au mouvement lycéen, le gouvernement joue la montre. Sébastien Lecornu n’a apporté, mercredi soir, aucune mesure concrète pour répondre à la colère de la jeunesse. Le Premier ministre renvoie à la fin du mois d’octobre l’annonce de « premières décisions » et au 12 novembre, premier jour du débat à l’Assemblée nationale du budget de l’éducation nationale.

Classes surchargées, bâti, Parcourup, budget… Aucun signal n’est venu du locataire de Matignon pouvant décider les lycéens à mettre un terme à leurs mobilisations. Ils devraient donc être nombreux ce jeudi, dans tout le pays, à manifester.

Macroniste de la première heure, le chef du gouvernement reste droit dans ses bottes. Une sorte de pompier pyromane qui fait le pari du pourrissement. Son déni des violences policières, « qui n’ont pas pour instruction d’affronter les lycéens » a-t-il tenu à préciser, est à ce titre symptomatique d’un pouvoir aux abois.

Des choix libéraux

En matière budgétaire, le projet de budget de l’éducation nationale, qu’il a défendu, ne tient même pas compte de l’inflation. Rien qui ne permette de placer l’école au cœur de la société. Cela, les lycéens l’ont bien compris. L’appel « au patriotisme », lancé par Lecornu aux parlementaires, pour l’adoption du budget 2027, sonne comme une provocation. Le patriotisme commanderait en effet de répondre aux immenses besoins sociaux du pays. Quant à ses annonces sur le déblocage de 10 millions de barils de gasoil pour faire baisser le prix du carburant, elles reflètent des choix libéraux, ceux de faire jouer le marché de l’offre et de la demande. À côté de la plaque là encore.

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *