Véritable « petit Bourget » du Sud, le Salon Aérosud promettait, pour sa quatrième édition, de réunir 850 participants et une quarantaine d’exposants autour des secteurs de l’aéronautique et de la défense.
Cette année, l’événement a pris place sur l’aérodrome des Milles avec un objectif affiché : « Faire rayonner les forces du territoire sur les filières aéronautiques, sécurité, défense à une échelle nationale », mais aussi faire « connaître les différentes technologies, les innovations et en créer de nouvelles », explique-t-on du côté du pôle Safe (aéronautique, spatial, sécurité, défense), organisateur de l’événement.
Dans un contexte où plusieurs facteurs pèsent sur le secteur, ces enjeux ont été détaillés dès les premières interventions de la journée. « Aujourd’hui, les questions qui se posent pour l’accompagnement des pôles de compétitivité sont, pour les années à venir, le désengagement de l’état, a priori déjà acté, déroulait Bernard Kleynhoff, président de la commission développement économique, digital et industrie de la Région Sud, elle-même partenaire du pôle de compétitivité Safe. C’est (aussi) l’accompagnement financier de la Région avec des budgets extrêmement contraints et qui se réduisent. »
Au cœur des premiers débats, consacrés aux « enjeux industriels et projets structurants pour les filières aéronautiques et défense », Pascal Kuhn, directeur du site Airbus Helicopters de Marignane-Vitrolles, rappelait que « l’ambition sur le territoire est à la fois de transformer les entreprises qui existent déjà », tandis que « d’autres vont se créer ». Le tout en « s’adaptant au changement climatique », en naviguant dans un « cycle électoral chargé », et avec des entrepreneurs parfois frileux à l’idée d’investir dans l’industriel, notamment en raison des conflits au Moyen-Orient. Lui propose « d’investir différemment » et de « nouer des partenariats avec l’écosystème ». Sur le terrain, malgré les incertitudes, certaines perspectives restent prometteuses sur le territoire, notamment pour les entreprises et leurs chaînes d’approvisionnement (Supply Chain).
La région compte plus de 250 petites et moyennes entreprises. Une convention a d’ailleurs été signée entre le pôle Safe et Airbus Helicopters. Parmi les mesures, « celle en faveur du développement de la “Supply Chain” pour la rendre plus robuste et plus agile », indiquait Pascal Kuhn. Parmi les exposants, Antoine Cascone, fondateur et dirigeant du groupe B.E.C, développeur d’outils industriels pour l’aéronautique, estime que le secteur « se porte très bien. Regardez autour de vous ! Il y a eu un coup d’arrêt au moment du Covid, mais depuis, les commandes sont reparties et ça n’arrête pas, notamment avec Airbus Helicopters. »
Du côté de MX Engineering, bureau d’études spécialisé dans la structure, dont le champ d’intervention reste « transversal », pour l’aéronautique, « on voit beaucoup de petites boîtes pousser, qui font des levées de fonds et ont des programmes de développement », observe Yacine, l’un des cofondateurs. Parmi lesquels Ascendance, Aura Aéro, mais aussi Hynaéro, qui porte le projet du Fregate F-100, bombardier d’eau destiné à renforcer la lutte contre les incendies.

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