Tag: avions

  • Le retour de la Patrouille de France à Toulon

    Le retour de la Patrouille de France à Toulon

    Le Port du Levant accueille en effet cette année encore à l’occasion du jour anniversaire du Débarquement de Provence plusieurs shows aériens. Avec des démonstrations d’opération de sauvetage en mer par les hélicoptères Dauphin et Panther de la Flotte. L’équipe de Voltige de l’Armée de l’air prendra ensuite le relais pour offrir aux spectateurs quelques acrobaties. Le clou de spectacle interviendra à 17h45 avec la très attendue entrée en scène de la Patrouille de France et son célèbre ballet aérien aux couleurs bleu, blanc, rouge. À 22h00 pour clôturer la journée un grand feu d’artifice musical sera lancé au Fort Saint-Louis.

  • Le feu reprend à l’ouest de Correns dans le Var

    Le feu reprend à l’ouest de Correns dans le Var

    Le feu n’est pas encore maîtrisé et la prudence reste de mise. La mise en garde des autorités, au moment d’annoncer que l’incendie du massif du Gros Bessillon était fixé, mardi en fin de journée, alors que 4 500 hectares avaient été parcourus par les flammes, s’est révélée plus qu’un simple principe de précaution.

    Une reprise du feu a effectivement eu lieu, vendredi après-midi, peu avant 14h, à l’ouest de la commune de Correns, « attisée par un Mistral violent, avec des sautes de feu en direction de Montfort-sur-Argens », annonçait la préfecture du Var. « Nous avions anticipé une journée à risque avec un mistral menaçant et des rafales à près de 40 km/h, la sécheresse et des températures caniculaires, avoisinant les 40 degrés », déclarait le préfet du Var, Simon Babre, lors d’un point presse en début de soirée.

    Un avion avait ainsi été déployé « en guet aérien armé, pour survoler le Var en permanence et détecter toute fumée suspecte afin de pouvoir rapidement agir avec du retardant et de l’eau », précisait-il. C’est ce dispositif qui a permis de repérer la reprise.

    Les accès coupés

    Deux Canadair étaient restés prépositionnés à l’aéroport de Hyères et ont pu être mobilisés rapidement, aux côtés 250 sapeurs-pompiers et 4 hélicoptères bombardiers d’eau. Des moyens vite renforcés (700 pompiers, 6 hélicoptères bombardiers d’eau, 8 Canadair, 2 avions Dash, 40 gendarmes), en plus des forces disposées sur l’autre flanc du feu, plus au nord, en passe d’être maîtrisé.

    Le camping du Grand Jardin, à Correns, et plusieurs quartiers de Montfort-sur-Argens ont été évacués en début d’après-midi. Mais face à la progression de l’incendie, sous l’effet d’un vent qui ne cessait de changer de direction, d’autres quartiers de Montfort, de Correns, du Val, ainsi que l’ensemble du village de Châteauvert ont été évacués, soit un total de 2 500 personnes. Plusieurs axes routiers ont aussi été fermés pour faciliter la circulation des pompiers.

    L’incendie a parcouru 1 000 hectares, en plus des 4 500 déjà parcourus depuis le début de l’incendie, portant le total à 5 500. Correns s’est retrouvé « complètement isolé, l’incendie ayant dévalé les pentes, coupant tout accès au village », ajoutait le préfet, qui considérait toutefois la situation comme « rassurante », les axes routiers étant en voie de rétablissement.

    « On est maintenant sur la défense de points sensibles et quand la situation sera stabilisée, on essaiera de regagner le feu, en remettant des engins autour du périmètre pour le tenir », détaillait le directeur départemental du Sdis 83, éric Grohin, qui annonçait une accalmie du vent et une hausse de l’humidité, favorables à cette entreprise. Avant un retour de conditions défavorables ce samedi, entre vent, chaleur et sécheresse. Un arrêté préfectoral a été pris pour interdire le transport de carburant et de briquets de type allume-gaz sur tout le département, de vendredi à lundi, 8h. L’accès à tous les massifs forestiers du Var est interdit ce samedi.

  • L’UD CGT Var milite pour la création d’une flottille de bombardiers d’eau à Pierrefeu ou Hyères

    L’UD CGT Var milite pour la création d’une flottille de bombardiers d’eau à Pierrefeu ou Hyères

    Avec plus de 116 000 hectares brûlés depuis le début de l’année, 2026 détient déjà le triste record de l’année la plus destructrice jamais enregistrée en France en matière de feux de forêts. Une situation vouée à empirer, eu égard au changement climatique, et qui exige, au-delà de politiques responsables et coercitives en la matière, des moyens importants pour lutter contre les incendies. « Le Premier ministre dit qu’on est largement pourvus en moyens aériens, alors qu’on demande de l’aide aux autres pays européens », pointe Cyril Agostino, secrétaire général de la CGT AIA Cuers-Pierrefeu, structures qui dépendent du Service industriel de l’aéronautique (SIAé) du ministère des Armées.

    Cela fait désormais longtemps, « depuis le rapport Chatry de 2010 sur les feux de forêts [qui conclut à la possible augmentation de 30% des surfaces sensibles et de 20% des coûts à l’échéance 2040, jusqu’à 50% des surfaces sensibles et des coûts allant au-delà de 20% à horizon 2050, ndlr] », que la CGT AIA revendique une augmentation des moyens de lutte aériens, et des positionnements à proximité des zones à risque. Et le Var, « deuxième département le plus boisé de France », rappelle Anaïs Pascual, responsable communication de l’UD CGT Var, en fait partie.

    C’est pourquoi le syndicat propose la création d’une flottille de bombardiers d’eau dans le Var, et d’autres partout sur le territoire, pour être au plus près des besoins. Elle pourrait subvenir à ceux de la zone sud-est, car « le problème actuel, c’est que la seule base de Canadairs se situe à Nîmes, à plus de 30 minutes en avion », note Anaïs Pascual. Et que seulement cinq sont en fonctionnement à l’heure actuelle, sur les 12 que possède la France, à cause de maintenances.

    Une flottille basée

    à Pierrefeu ou à Hyères

    L’AIA pourrait s’occuper de la maintenance des équipements à court et moyen terme : « On a toutes les compétences pour le faire, pour peu que le gouvernement y mette les moyens, en termes de structures et de ressources humaines », affirme Cyril Agostino. Cela à travers « un service public 100% étatique, parce qu’on reste le dernier industriel étatique dans ce domaine-là ». En ce sens, la CGT AIA Cuers-Pierrefeu milite pour une augmentation de la flotte aérienne nationale, « plutôt qu’engraisser le privé », abonde son secrétaire général, dénonçant le « coût exorbitant de la location de moyens aériens à l’été 2022 [14 millions d’euros pour les hélicoptères bombardiers d’eau, 44 365 euros par jour +12 681 euros par heure de vol pour un avion DASH 8 selon les chiffres de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion de crise (DGSCGC), ndlr] ». Depuis 2020, la location de moyens a engendré un coût de 106 millions d’euros, soit plus que le prix d’un Canadair. Six nouveaux ont été acquis par six pays de l’UE dans le cadre du programme RescUE, et seront livrés en 2028, tandis que la France en a commandé deux, portant sa flotte à 14 engins à horizon 2033-2034.

    La solution de reconversion d’avions militaires, comme l’Airbus A400M, utilisé depuis la semaine dernière en Gironde, « ne doit être que ponctuelle », selon Cyril Agostino. Certes, sa capacité de charge en eau ou en produit retardant (20 tonnes) équivaut à celle de deux avions DASH ou trois Canadairs, « mais il faut du temps au sol pour le remplir. En termes d’efficacité, rien ne vaut un Canadair », affirme le syndicaliste.

    La flottille varoise pourrait être positionnée sur le site AIA de Cuers-Pierrefeu, « où on a largement la place », affirme Cyril Agostino, ou à l’aéroport de Hyères. Pour l’instant, « ce projet, qui s’inscrit dans le concept 4D de la CGT (défense, développement, diversification et désarmement) est propre à notre UD, mais une motion a été adoptée au niveau national », explique Anaïs Pascual, qui reconnaît toutefois que celui-ci « doit encore être chiffré. On n’en est qu’aux prémices ». Il devrait toutefois être mis à l’écrit dans les prochaines semaines et communiqué aux élus locaux.

  • Optimisme mais prudence quant à la fixation de l’incendie à Taradeau et aux Arcs-sur-Argens

    Optimisme mais prudence quant à la fixation de l’incendie à Taradeau et aux Arcs-sur-Argens

    La situation est maîtrisée, mais demeure précaire. Le violent incendie déclaré dimanche vers 15h30 à Taradeau, et qui a gagné la commune voisine des Arcs-sur-Argens, pour près de 200 hectares de forêt partis en fumée, n’a pas progressé ce lundi. Cela grâce au travail des 360 pompiers du Sdis 83, qui se sont employés toute la nuit durant à noyer le feu pour éviter toute reprise et éliminer les foyers résiduels qui menaçaient d’empirer la situation.

    Les autorités ont indiqué que le feu avait été fixé, lundi soir. Cela n’avait pas été possible plus tôt dans la journée « à cause de la reprise du mistral et de l’effet de fœhn [vents d’ouest chauds et secs, Ndlr.], qui a provoqué deux reprises de feu sur des secteurs déjà calcinés, à Taradeau et aux Arcs », explique le préfet du Var, Simon Babre. « Ces départs ont été repris par les pompiers, à l’aide de trois canadairs, deux bombardiers d’eau et un avion DASH, mais ils prouvent la fragilité de la situation pour les pompiers, avec de la matière inflammable et des troncs calcinés qui peuvent reprendre feu avec le vent. »

    Les secteurs d’habitations sécurisés

    Pour limiter encore les risques de reprise, une voie forestière a été ouverte aux Arcs par le 1erRégiment d’instruction et d’intervention de la sécurité civile (1er RIISC) de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), prépositionné en renfort, pour avoir « un point d’appui au sol », précise le préfet et afin de répandre « du produit retardant, par DASH et par camion, pour créer une barrière qui permettra de juguler les flammes si elles reprennent ».

    L’espoir était donc permis quant à une fixation du feu dans la soirée, « au bénéfice d’une brise marine qui [était] en train de se former et d’atteindre les flammes aux Arcs, provoquant une hausse du taux d’humidité, mais on restera très vigilent car des rafales de vent chaud sont prévues mardi, et à aucun moment il ne faudra considérer que la partie est gagnée », note Simon Babre.

    Le bilan matériel et humain reste quasi similaire à celui annoncé dimanche : un pompier légèrement blessé, quatre maisons détruites, 11 impactées et 15 véhicules brûlés. Tous les secteurs d’habitation sont sécurisés et à l’abri des flammes.

    Le préfet a par ailleurs tenu à saluer « les sapeurs-pompiers qui luttent depuis 48h avec des renforts de Moselle, de la Meuse, des Ardennes, des Alpes-Maritimes et des Hautes-Alpes, ainsi que le préfet de zone pour les moyens aériens qu’on a eu à titre préventif, ce week-end, et qui étaient déjà en survol quand le feu a été détecté, avec deux canadairs prépositionnés, et les avions DASH qui effectuaient des rondes dans le cadre du passage en alerte maximale feux de forêts, samedi ».

  • À Istres, les mercredis qui ouvrent les portes des métiers industriels

    À Istres, les mercredis qui ouvrent les portes des métiers industriels

    Dans ce grand hangar de la zone de Trigance, à Istres, se trouvent plusieurs avions et hélicoptères en pièces. Le long des allées, le tableau d’instruments d’un cockpit d’hélicoptère et une transmission de Super Puma, entre plusieurs turbines. Une vraie découverte pour les jeunes participants à la visite du mercredi de l’industrie du 1er juillet, au CFAI. Une nouvelle session a lieu ce mercredi 15 juillet.

    Ici, l’on peut se former au câblage aéronautique, à la carrosserie, à la peinture, au travail sur les matériaux composites, au montage et ajustage, notamment en BTS. Particularité, les candidats à la formation sont présélectionnés par les agentes d’intérim de la filière. « Ça demande énormément de rigueur » précise Sandrine Retif, chargée de mission emploi formation au CFAI et guide de cette visite. « La maintenance d’un avion ou d’un hélicoptère se fait avec des fiches d’intervention très précises sur chaque partie et c’est en anglais », reprend-elle. Deux jeunes sont intéressés, seul bémol, ils sont mineurs. « C’est très difficile car le travail en atelier fait que les entreprises sont réticentes » expose la responsable, « certaines entreprises peuvent accepter une dérogation ».

    Entrer par la petite porte

    La solution est de commencer par la chaudronnerie. Tout un espace est équipé à cet effet, avec des espaces de soudure cloisonnés, des machines d’usinage à commande numérique, ou encore une découpeuse de tôle par jet d’eau ou à plasma. C’est aussi un moyen de retrouver l’aéro plus tard : « Fabriquer une pièce mécanique d’hyper qualité qui doit s’emboîter parfaitement avec une autre se fait beaucoup en aéronautique », indique Sandrine Retif. Le CFAI propose des formations du CAP au diplôme d’ingénieur et permet cette évolution : « Il y a une grosse mobilité entre les métiers », confirme la responsable.

    Axel Corrao est justement venu pour ça. « Je cherchais à changer de métier après 5 ans dans le chauffage pour aller vers la soudure », explique ce Fosséen dans la vingtaine. « J’ai déjà soudé, mais au chalumeau » dit-il en souriant, ce qui n’a rien à voir avec « les ateliers de soudure » dans lesquels il envisage un titre professionnel de soudure, « et pourquoi pas pousser en Bac +2 », conclut-il. Baptiste, lui, souhaite se reconvertir dans la maintenance industrielle après 3 ans de sous-traitance chez ArcelorMittal. « J’ai besoin de maintenir mon salaire, autrement c’est pas possible » explique-t-il, dans le cadre d’un BTS en alternance. Il se voit « évoluer dans l’industrie », qui ne le « faisait pas rêver de base », dans l’idée de devenir agent de maîtrise et de « faire plus de gestion ». Tous sont reçus individuellement pour fixer leur projet en fin de visite.

    Pour le prochain mercredi de l’industrie, l’inscription se fait par mail à orientation@cfaiprovence.com.

  • [Entretien] Yves Métayer, gouverneur militaire de Marseille : « Le 14-Juillet unit la nation et ses armées »

    [Entretien] Yves Métayer, gouverneur militaire de Marseille : « Le 14-Juillet unit la nation et ses armées »

    La Marseillaise : quel message le défilé militaire de Marseille veut-il faire passer ?

    Yves Métayer : C’est d’abord un défilé représentatif de toutes nos armées avec les forces de sécurité intérieure, la douane, la pénitentiaire et d’autres administrations. Ce défilé militaire a effectivement un horizon stratégique, celui de la résurgence d’une menace, de la guerre sur le continent européen. Le thème retenu au niveau national, c’est le réveil stratégique de l’Europe avec en filigrane, la notion de réarmement, du rôle que joue notre pays dans cette prise de responsabilité des Européens.

    Il s’agit aussi de dire à la nation qu’une révolution silencieuse est en cours. La transformation de nos armées est engagée avec une dynamique extrêmement rapide depuis 2024 avec la loi de programmation. C’est une révolution silencieuse et pas spectaculaire, mais c’est une révolution car c’est bien un changement de paradigme que connaît le système de défense français.

    Pouvez-vous en donner des illustrations concrètes ?

    Y. M. : On le verra à l’occasion du défilé du 1er Régiment étranger de cavalerie qui descendra de Carpiagne avec deux Jaguars qui sont des engins blindés de cavalerie de toute nouvelle génération. Avec la compagnie de transmission de la 11e Brigade parachutiste et des véhicules Servals de la gamme Scorpion. On le verra encore avec le 4e Chasseurs, des plus petits matériels adaptés à l’action en montagne qui sont assez illustratifs. On le verra avec le 54e RA qui, outre sa mission première de défense sol-air, est engagé dans la lutte anti-drone. Le 54e RA a aidé nos partenaires stratégiques dans le golfe Persique pour se protéger des frappes iraniennes avec de l’armement sol-air, des hélicoptères de combat, du brouillage électromagnétique.

    Pour le défilé, j’ai demandé aux chefs de détachement de montrer qu’à travers la tenue et la rigueur, ils envoient une image de professionnalisme, de détermination, d’engagement, une image qui doit exprimer ce que doivent faire les femmes et les hommes de nos armées pour se transformer, accélérer la dynamique d’adaptation. C’est le défi de cette révolution capacitaire qu’on est en train de vivre avec la loi de programmation et autour tout un écosystème d’adaptation que ce soit dans le champ du numérique, de l’IA embarqué.

    On a besoin de toutes les forces vives dans la recherche et dans l’économie de notre pays pour nous aider à aller le plus vite possible.

    Comment cet effort se traduit-il en zone sud ?

    Y. M. : Mon travail au niveau des territoires, c’est de mesurer comment cette dynamique d’adaptation se traduit, de répondre aux questions des entrepreneurs pour comprendre nos besoins. En Occitanie, autour de Toulouse, nous avons un pôle aéronautique de niveau mondial. En région Paca, on a le pôle naval de Toulon, première base navale d’Europe. On a l’industrie aéronautique autour du pôle Marignane-Istres et énormément de numérique en Paca jusqu’à Cannes-Nice. Et on a une plateforme absolument remarquable avec Canjuers, premier camp d’entraînement d’Europe.

    Vous avez lancé en décembre une opération d‘intérêt national « Défense et sécurité »

    Y. M. : Cette opération permet de canaliser, de fédérer, de catalyser tout un tas de projets et de connecter des mondes. Je pense aux projets Airbus Helicopters sur Marignane, aux projets sur Istres, aux autres projets liés au porte-avions nouvelle génération sur Toulon. Ou encore ce projet très intéressant avec Aix-Marseille Université pour adapter le système de formation et d’enseignement supérieur. Ce sont des perspectives concrètes d’emploi pour les étudiants qui s’engagent dans ces filières. On est là pour accompagner, pour crédibiliser cette démarche, la connecter à la réalité stratégique des besoins de défense.

    Le budget de l’armée a doublé en dix ans. La société civile peut-elle l’entendre ?

    Y. M. : Dans sa grande majorité, elle a compris le monde dans lequel on était. Elle n’a peut-être pas conscience des sacrifices qu’on a faits en matière de défense après la chute du mur de Berlin dont on évalue les économies sur notre capital de défense en Europe à 2000 milliards d’euros. Ce sont les « dividendes de la paix ». On a cru à la paix perpétuelle. L’Europe a arrêté d’investir dans sa défense et a perdu son capital. Aujourd’hui les Américains nous disent que ce ne sont pas eux qui feront le job à notre place. L’Europe est face à ses responsabilités. Les équilibres internes des alliances sont modifiés. On doit se poser la question suivante : que consacre-t-on à son assurance-vie dans le monde dangereux dans lequel nous sommes ? Je pense pour ma part qu’il ne faut pas opposer mais articuler le combat budgétaire que le pays doit conduire avec le besoin de défense. Les Français savent qu’ils peuvent compter sur leurs armées.

    Le pays consent pour ses armées professionnelles, entraînées, un effort d’équipement, de crédit qu’on utilisera au mieux. Le 14-Juillet, c’est l’unité de la nation et des armées. Les armées disent aussi aux Français à travers un défilé, une cérémonie : vous pouvez compter sur nous pour vous défendre face aux menaces d’aujourd’hui et de demain.

  • [Entretien] Éric Brocardi : « On attend de l’État une politique ambitieuse »

    [Entretien] Éric Brocardi : « On attend de l’État une politique ambitieuse »

    La Marseillaise : Vous alertez sur une chaleur précoce propice aux incendies, la saison estivale sera-t-elle compliquée ?

    Éric Brocardi : Effectivement cette hausse des températures brutales fait qu’on peut être amené à s’inquiéter. Vous avez la pluie en profondeur et puis le reste du couvert végétal en surface… Dans les Bouches-du-Rhône, on sait très bien qu’à partir du moment où il y a des vents chauds et ces températures, ça fait effet sèche-cheveux, la strate arbustive va être fortement impactée.

    En déplacement à Nîmes et dans les Bouches-du-Rhône, le ministre de l’Intérieur annonce l’achat de deux Canadair. Des moyens, c’est ce que vous demandez ?

    E.B. : Bien sûr. On peut saluer effectivement la signature de nouveaux moyens de lutte contre les incendies de type Canadair. Ce que l’on regrette simplement, c’est que dans cette commande, il n’est pas prévu une véritable impulsion sur un choix stratégique, industriel et économique pour l’avenir, avec les prochains constructeurs européens et même français, que sont Hynaero et Kepplair. Acheter un avion ce n’est pas comme une voiture, il faut parier tout de suite. On aurait pu essayer d’apporter un soutien à ces deux constructeurs. On risque d’entendre de nouveau la musique d’il y a 5 ou 6 ans, c’est-à-dire l’arrêt de la chaîne de la société qui construit les Canadair qui pendant un moment n’a plus pu fournir des appareils à la France. Alors est-ce que c’est un investissement durable ? On l’espère. Est-ce que c’est un investissement qui défend les intérêts français et européens ? Non.

    Vous réclamez également
    la pérennisation des moyens terrestres…

    E.B. : Les avions seuls n’éteignent pas les incendies, et ça dans les Bouches-du-Rhône, vous le savez très bien. Ce sont les forces terrestres qui permettent de compléter le dispositif d’attaque massive sur un feu naissant, en se déployant sur l’ensemble du territoire. Or la première chose, c’est que dans le cadre du projet de loi de finance, le budget alloué aux collectivités territoriales pour l’achat d’engins supplémentaires a été divisé par deux. Après il faut aussi des gens à mettre dedans. Nous, à la Fédération, on attend du gouvernement une véritable politique ambitieuse et de valorisation sur le sujet du volontariat. On a certes obtenu la bonification des retraites pour ceux qui sont en fin de carrière. Désormais le sujet ce sont les nouveaux entrants. Il faut voir comment on peut se rendre plus attractif, essayer d’enlever toutes les frictions dans le cadre de l’engagement, du recrutement et des mutations.

  • [Entretien] « Pour l’heure, le trafic est stable sur Marseille »

    [Entretien] « Pour l’heure, le trafic est stable sur Marseille »

    La Marseillaise : Quel est l’état des lieux du trafic aérien ?

    Julien Boullay : Pour l’instant, il n’y a rien d’alarmant. Le trafic est stable par rapport à l’année dernière, malgré des billets d’avion plus chers. C’est lié au fait que le carburant est le premier poste de dépense des compagnies aériennes et que le prix du kérosène a plus que doublé. Pour les compagnies, l’impact est donc phénoménal. Évidemment, plus le vol est long, plus l’impact de la hausse du kérosène est important. Sur un vol d’une heure, ce n’est pas colossal, mais pour un vol long-courrier, ça va être plus important. On voit aussi que les compagnies qui ont suspendu les destinations vers le Moyen-Orient ont reporté les vols sur des destinations plus proches. Certaines, qui ont annulé la Jordanie, l’Arabie-Saoudite ou Israël, ont en revanche ajouté des vols vers la Tunisie ou le Maroc. Par exemple, habituellement, on a un bon trafic pour Tel-Aviv et Beyrouth, mais là, il n’y a plus de vols tout simplement. À l’inverse, pour Le Caire, la demande est toujours là. Sur le plan géographique, ce n’est pourtant pas si éloigné des zones de conflit, mais les gens ne s’en détournent pas. Certaines compagnies ont revu leurs programmes de vols à la baisse, mais ça reste contenu. Il y a des annulations, mais ça reste à la marge. C’est peut-être entre 1% et 2% de vols en moins.

    Et du côté des passagers ?

    J.B. : Quand on regarde du côté de la demande, le sentiment, c’est qu’elle reste solide. Le budget voyage des passagers est sanctuarisé. Les clients, confrontés à des problématiques de pouvoir d’achat, vont faire des arbitrages, mais pas forcément défavorables aux vacances. Certains décideront de rester en France, d’autres de prendre l’avion pour partir moins loin. Donc, la demande est encore là, mais il peut y avoir des changements de destinations. Forcément, le Moyen-Orient souffre un peu, avec un report sur l’Europe ou l’Afrique du Nord. Des gens qui souhaitaient aller à Dubaï, Tel-Aviv ou au Liban vont peut-être se reporter sur le Maroc, l’Italie… On commence aussi à constater une réduction de la durée des vacances, peut-être pour ajuster le budget. On le voit notamment car les passagers restent moins longtemps sur nos parkings.

    Cette situation peut-elle entraîner des annulations de vols ?

    J.B. : Personne n’a intérêt à annuler un vol en dernière minute, surtout pas les compagnies aériennes. Leur intérêt, c’est justement d’anticiper les annulations de vols. S’il y en a, c’est surtout pour des problèmes opérationnels. Elles ajusteront plutôt le nombre de vols en amont. Les compagnies aériennes subissent de plein fouet la situation. Les premières victimes de l’explosion des prix du carburant, ce sont elles. Normalement, on arrive à la période de l’année où elles font leur beurre. La demande est logiquement plus forte l’été que l’hiver, les billets s’y vendent plus cher globalement. C’est cela qui leur permet d’opérer des vols en hiver, qui sont plus compliqués à opérer car il y a moins de demande. Si elles ne gagnent pas leur vie comme elles l’avaient souhaité cet été, il risque d’y avoir un effet boomerang cet hiver. Concernant le manque de kérosène, il n’y a pas de soucis pour les prochaines semaines, mais je n’ai pas de visibilité particulière au-delà.

    Il y a des inquiétudes sur l’avenir économique des compagnies…

    J.B. : Il y a une compagnie américaine qui a coulé la semaine dernière. Spirit Airlines, une compagnie low-cost qui avait tout de même 230 avions. Ce n’est pas rien : il y a peu de compagnies en Europe qui en ont autant. En temps normal, les compagnies aériennes ne dégagent pas des marges énormes. Au niveau mondial, elles gagnent moins de 10 euros par passagers en moyenne. Ça fait des marges toutes petites. Quand il y a une crise de cette ampleur, les comptes passent vite au rouge-vif. S’il n’y a pas un gouvernement pour aider, des actionnaires pour soutenir, ça devient vite compliqué. On entend aussi que les compagnies indiennes ont demandé un soutien urgent à leur gouvernement. Il y a donc un risque à long terme si cette situation perdure : on pourrait avoir une baisse du trafic qui résulte d’une baisse de l’offre, et non pas de la demande. Si ça reste comme ça d’ici la fin de l’année, des compagnies feront faillite.

  • Un rassemblement pour la paix à l’appel du PCF d’Istres

    Un rassemblement pour la paix à l’appel du PCF d’Istres

    Après une première initiative début février, la section PCF d’Istres organise un rassemblement le samedi 14 mars, porte d’Arles à 11h, pour dire « halte à la guerre » après que les États-Unis et Israël aient déclenché les hostilités en Iran, le 28 février.

    « Ce n’est pas la première fois que nous nous mobilisons, il y a aussi le Mouvement de la paix, la CGT, la FSU, la Ligues des droits de l’Homme, Istres solidarité Palestine » explique Denis Rousseau, membre de la section. Alors que le président de la République a autorisé les avions américains à se ravitailler sur la base militaire toute proche, « nous sommes bien placés pour évoquer cette actualité brûlante », poursuit-il, inquiet de l’attitude d’Emmanuel Macron « qui navigue à vue », loin « de la position courageuse des Espagnols qui ne veulent pas être les vassaux des États-Unis ». Pour aller plus loin, le PCF devrait aussi s’organiser en comité de lutte.

  • [Travailleur de demain] Capucine Cauchard, l’aéro dans la peau

    [Travailleur de demain] Capucine Cauchard, l’aéro dans la peau

    Après son bac, la Gardoise, qui s’imaginait pourtant faire des études de médecine, poursuit finalement dans la même voie. « J’avais peur de ne pas être suffisamment intelligente pour Paces et, dans le cadre de mon option au lycée, on était allés voir pas mal de métiers de l’armée, de la sécurité civile, tout ça s’était logé dans un coin de ma tête », explique-t-elle. Dès son premier cours de BTS aéronautique à Nîmes, elle sait qu’elle a pris la bonne décision. « C’est le coup de foudre, se rappelle-t-elle. C’est à ce moment-là que je sais que je serai mécanicienne. »

    Pourtant, rien ne prédestinait Capucine à ce métier. « Personne de ma famille ne travaille là-dedans et c’est vrai qu’il y a beaucoup de reproduction sociale, confie-t-elle. En classe, j’étais avec des gens qui connaissaient tous les termes techniques parce que leurs parents venaient de l’aéro. Ça m’a fait me poser des questions. » Passionnée, la jeune fille redouble d’efforts et excelle.

    Secret-défense

    Après une licence professionnelle, elle se lance en 2023 dans une mention complémentaire en apprentissage. C’est à ce moment-là qu’elle rejoint les rangs de Dassault Aviation, qu’elle n’a plus quitté depuis. Capucine explique : « Chaque site de la boîte a un peu sa spécialité. » Depuis 1950, l’établissement de Mérignac, à proximité de Bordeaux, réalise par exemple l’assemblage final et la mise en vol des avions d’affaires et militaires produits en série. Sur la base aérienne 125, les effectifs se concentrent sur le développement. « On est soumis au secret-défense, parce qu’on est sur la base militaire et qu’on travaille sur des technologies sensibles », révèle-t-elle.

    En deux mots, Capucine fait partie des équipes qui « testent les nouveautés, des choses qui vont être mises en place dans X années, lors d’essais en vol ». Elle, est spécialisée sur le Rafale. « J’aime les appareils qui ont une mission spécifique, explique-t-elle. Tous ceux qui font du transport de personnes, ça m’intéresse absolument pas. J’avais adoré travailler pour la sécurité civile, j’adore travailler pour l’armée, ça donne vraiment une autre dimension à ce que tu fais. »

    Travailler sur le même avion de combat n’a rien de rébarbatif. « Tu t’ennuies jamais, tu fais jamais deux fois la même chose et même pour les tâches qui sont récurrentes, tu peux la refaire 15 fois, ce sera jamais exactement pareil. T’es tout le temps en train d’apprendre. »

    Celle qui s’imaginait faire de grandes études se consacre désormais à sa licence PART 66, qu’elle obtiendra d’ici quelques années après avoir passé des examens écrits et accompli un certain nombre de tâches. « Après ça, j’aimerais aussi passer la qualification type de l’appareil sur lequel je travaille. Tout ça n’est pas obligatoire, mais je vois ça comme du plus, c’est pour avoir plus de compétences. » L’insatiabilité mène à l’excellence.