Tag: innovation

  • À Med’Agri, la sortie de crise par l’innovation

    À Med’Agri, la sortie de crise par l’innovation

    Innover pour avancer, tel semble être le credo de la Chambre d’Agriculture de la région Paca pour cette édition 2026 du salon Med’Agri des professionnels de l’agriculture méditerranéenne, qui se tient du mardi 13 au jeudi 15 octobre au parc des expositions d’Avignon.

    « Un rendez-vous au cœur des transformations », comme veulent le rappeler les organisateurs de la cinquième édition de l’événement, qui se tient tous les deux ans. Trois axes sont privilégiés pour ce rendez-vous. De son côté, Sandrine Faucou-Bourne, vice-présidente de la Chambre régionale d’Agriculture Provence-Alpes-Côte d’Azur et présidente du salon Med’Agri, assure que « l’ADN de ce salon est d’accompagner et de pérenniser nos activités et nos métiers ». Et que « dans un contexte de profondes mutations économiques, climatiques et sociétales, Med’Agri offre aux professionnels un espace d’échange, de découverte et d’innovation au plus près des réalités du terrain ».

    On y retrouve ainsi une grande exposition avec pas moins de 350 exposants de matériel et de services dédiés. Mais aussi des pôles thématiques entre machinisme, innovation, nouvelles technologies, énergies renouvelables, formation ou encore Tech & Bio. Ainsi qu’un cycle complet de conférences et d’ateliers.

    Territoire large

    Dans un dossier de presse, la Chambre d’Agriculture rappelle les enjeux du réchauffement climatique, avec des températures de 2 à 4 degrés plus élevées d’ici 2100. Un réchauffement qui signifie aussi que l’agriculture dite méditerranéenne « s’étend progressivement vers les régions septentrionales françaises ». Et prend en exemple la venue de conseillers en irrigation et gestion de l’eau du bassin Adour-Garonne, en Nouvelle-Aquitaine. « Preuve s’il en est que l’agriculture méditerranéenne devient une source d’inspiration pour d’autres territoires », se targue Med’Agri.

    Outre les grandes machines pour les productions de masse, le salon assure qu’il « consacrera aussi une large place à l’agriculture biologique, à l’agroécologie et aux biosolutions, avec un focus sur les innovations techniques au service de la performance durable ». Avec des rencontres et des stands dédiés.

  • Trophées Toulon Provence Méditerranée : l’excellence du territoire sous les projecteurs

    Trophées Toulon Provence Méditerranée : l’excellence du territoire sous les projecteurs

    « C’est un condensé d’excellence, d’innovation et d’audace », déclare en préambule la présidente de la Métropole toulonnaise, avant que ne soient décernées les étoiles aux lauréats 2026 des Trophées TPM. Ils célèbrent chaque année les acteurs économiques, culturels, industriels, gastronomiques, sportifs et solidaires du territoire. Et de poursuivre : « Vous nous rendez très fiers : vous formez ce tissu économique local dont chaque brin compte, un écosystème vertueux et dynamique. »

    L’occasion de mettre en avant « un territoire solide, fertile, qui offre en plus une qualité de vie précieuse ». Mais aussi l’une des compétences de la collectivité qui est d’accompagner le développement des filières d’excellence et d’avenir. Josée Massi a rappelé au passage « les opportunités que va présenter la construction du futur porte-avions France-Libre », comme levier pour l’emploi notamment. Et a salué le rapprochement opéré entre l’enseignement et les acteurs économiques « qui renforce les compétences locales et donne envie de rester sur la métropole ».

    Pour construire l’avenir

    La présidente de TPM est revenue également sur « les pépites agricoles » en insistant sur l’importance qui doit être accordée à l’économie en circuit court.

    Et de conclure : « Notre avenir se construit ensemble en s’appuyant sur les talents, les savoir-faire, avec l’ambition de faire de Toulon-Provence-Méditerranée un territoire plus attractif, plus solidaire, durable où chacune et chacun peut vivre, étudier, travailler, entreprendre et s’épanouir. »

    Dans la catégorie économie circulaire et développement durable, l’étoile a été remise à Dylan Casasnovas, de Plastic & Fils basé au Pradet, un studio de design qui est spécialisé dans le recyclage des déchets et dans la production de mobiliers et d’objets. « Le process est assez simple, on récupère les déchets ici, au local, pour les refondre sous forme de plaques. » Une matière première qui permet à la société de développer des objets ou du mobilier d’intérieur comme d’extérieur.

    Dans la catégorie sport et santé, c’est Erwan Jauffroy, l’athlète toulonnais qui vient de réaliser cet été, la traversée de la Manche en foil, à qui il est revenu le privilège de remettre le prix au docteur Jean-Jacques Raymond, le responsable du service de médecine et de traumatologie du sport de l’hôpital de Sainte-Musse. Une unité qui s’inscrit dans une mission de service public visant à rendre accessibles des soins spécialisés aux sportifs de tous niveaux (professionnels ou amateurs), en proposant un parcours de soins complet. Avec un projet spécifique de prise en charge de la commotion cérébrale.

    Encore une belle moisson de talents récompensés cette année.

  • Foire internationale de Marseille : un village dédié aux entrepreneurs

    Foire internationale de Marseille : un village dédié aux entrepreneurs

    Ainsi, 12 projets ont été sélectionnés préalablement : un jeu de plateau mêlant échecs et football, un fabricant de pâtes à tartiner salées, des kits DIY de mosaïque fabriqués à Marseille, une bâche photovoltaïque permettant de recharger sa voiture, ou encore une plateforme de co-voiturage proposant de prêter son volant de manière encadrée. Chaque visiteur peut voter pour son innovation favorite, afin d’élire le « coup de cœur du public ». Le gagnant se verra offrir un stand sur l’édition prochaine de la Foire. À visiter ce week-end, de 10h à 20h sur l’esplanade 1.

  • Les entreprises locales à l’honneur de la Foire de Marseille

    Les entreprises locales à l’honneur de la Foire de Marseille

    La Foire internationale de Marseille, rendez-vous incontournable de la rentrée, se tient du 25 septembre au 5 octobre, au parc Chanot. Pour son ouverture, l’accès à la Foire est gratuit ce vendredi. L’occasion de découvrir tous ces stands à moindre coût. Les visiteurs, attendus en nombre, pourront alors profiter des quelque 1 000 exposants, que ce soit pour faire du shopping ou pour découvrir des spécialités culinaires du monde entier. La Méditerranée sera mise en avant lors de cette édition avec le slogan : « La Méditerranée en scène ». Ainsi, de nombreuses activités et expositions liées à la mer et sa préservation seront au programme de la foire, comme des ateliers d’upcycling, des immersions en réalité virtuelles, et bien d’autres.

    Start-up de la région

    La Foire accueille de nouveau un village dédié aux entrepreneurs marseillais et de la région, intitulé Innova’Marseille. Cet espace sera présent du 25 au 28 septembre et « regroupera douze innovateurs, sélectionnés au préalable par un jury », précisent les organisateurs. Ils auront l’occasion de mettre en avant leur produit ou leur concept afin de séduire les passants. À l’issue du week-end, le prix « coup de cœur du public » sera décerné à l’inventeur qui aura le plus convaincu les visiteurs. Des démonstrations, des quiz et des jeux seront proposés à chaque stand afin d’interagir avec le public et solliciter leur soutien.

    Parmi les entreprises sélectionnées, une marque d’encens sains et durables, l’inventeur d’une bâche photovoltaïque pour voiture, ou encore des applications boostées à l’IA pour faciliter le quotidien.

    Simon Vukojevic

    Informations et programme : foiredemarseille.com

  • [Entretien] Philippe Diallo : « Je suis très attaché à un football humain, populaire et rassembleur »

    [Entretien] Philippe Diallo : « Je suis très attaché à un football humain, populaire et rassembleur »

    La Marseillaise : Vous êtes à Aix-en-Provence pour lancer une nouvelle tournée interrégionale. Quel est l’objectif de cette démarche ?

    Philippe Diallo : Afin de symboliser l’ouverture de la Fédération vers ses territoires. La Fédération a parfois été perçue comme très parisienne, éloignée du terrain, comme une forme de tour d’ivoire. J’ai donc voulu changer cette image en faisant venir les collaborateurs de la Fédération dans les territoires, à la rencontre de ceux qui font vivre le football au quotidien : les clubs, les Districts et les Ligues. Ces échanges permettent à la fois d’expliquer les politiques fédérales, mais surtout d’écouter les acteurs de terrain et de mieux comprendre leurs réalités et leurs besoins.

    Quel regard portez-vous sur la Ligue Méditerranée ?

    P.Di. : C’est une ligue évidemment importante, parce que d’abord il y a des clubs de l’élite ici qui sont là. Il y en a même plusieurs. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui dans toutes les régions. En Nouvelle-Aquitaine, il n’y a plus qu’un seul club pro de Poitiers à Hendaye. Ici, il y a une plus grande richesse du football professionnel. Il y a aussi un nombre de licenciés significatifs, notamment au district de la Provence qui est vraiment un cœur important aussi dans la région.

    Le District de Provence a d’ailleurs initié plusieurs innovations technologiques, dont l’apparition des détections numériques et d’un chatbot avec l’intelligence artificielle…

    P.Di. : Je veux saluer ces initiatives, car une grande Fédération doit rester à la pointe de l’innovation. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons créé l’an dernier un centre de recherche et d’innovation consacré notamment à l’intelligence artificielle et aux données. Ces outils nous permettent de mieux comprendre les réalités du terrain et de prendre des décisions plus précises. Les besoins ne sont pas les mêmes selon les territoires, entre une zone rurale et une grande métropole par exemple. Il est donc essentiel de disposer de données objectives pour mieux évaluer nos politiques, adapter nos actions et accompagner au mieux les territoires. Je suis très attaché à un football humain, populaire, qui rassemble toutes les catégories de la société et crée du lien. C’est notre ADN et il faut le préserver. En parallèle, la technologie fait naturellement évoluer notre sport, que ce soit pour simplifier les démarches ou améliorer l’arbitrage. Il faut accompagner ces évolutions et retenir ce qui peut être bénéfique au football, sans jamais le dénaturer.

    Vous ne craignez pas d’aller trop vite dans l’utilisation de l’IA, alors que certaines innovations, comme le « Football Video Support » à Aubagne, montrent encore leurs limites ?

    P.Di. : La Ligue 3 répond à une demande ancienne des clubs de National 1 qui souhaitaient accéder au statut professionnel. Nous avons voulu en faire un championnat différent des divisions supérieures, avec des règles et des innovations spécifiques. Le football vidéo support en est un exemple : tout n’est pas encore parfait, mais nous travaillons avec les clubs et la direction de l’arbitrage pour l’améliorer. Je souhaite surtout faire de la Ligue 3 un laboratoire d’innovation et un championnat tourné vers les territoires, la formation et la proximité, en favorisant notamment les joueurs formés localement.

    Un mot sur Zinédine Zidane, qui va disputer son premier match vendredi à la tête des Bleus ?

    P.Di. : Zinédine attendait cette opportunité depuis longtemps. Lorsqu’il a été question de lui, j’ai immédiatement souhaité qu’il devienne notre sélectionneur. C’est une figure iconique du football français, mais aussi un entraîneur qui a démontré sa compétence au plus haut niveau. Après un moment d’émotion lié à son histoire avec les Bleus, il est désormais pleinement dans sa mission. Il veut apporter sa vision et insuffler une véritable rupture, avec des choix forts sur la gestion du groupe et l’effectif. Son objectif est clair : gagner, pour redonner à l’équipe de France ce qu’elle lui a apporté et procurer du plaisir et de la fierté à tous.

  • Malgré les incertitudes, l’aéronautique garde le cap

    Malgré les incertitudes, l’aéronautique garde le cap

    Véritable « petit Bourget » du Sud, le Salon Aérosud promettait, pour sa quatrième édition, de réunir 850 participants et une quarantaine d’exposants autour des secteurs de l’aéronautique et de la défense.

    Cette année, l’événement a pris place sur l’aérodrome des Milles avec un objectif affiché : « Faire rayonner les forces du territoire sur les filières aéronautiques, sécurité, défense à une échelle nationale », mais aussi faire « connaître les différentes technologies, les innovations et en créer de nouvelles », explique-t-on du côté du pôle Safe (aéronautique, spatial, sécurité, défense), organisateur de l’événement.

    Dans un contexte où plusieurs facteurs pèsent sur le secteur, ces enjeux ont été détaillés dès les premières interventions de la journée. « Aujourd’hui, les questions qui se posent pour l’accompagnement des pôles de compétitivité sont, pour les années à venir, le désengagement de l’état, a priori déjà acté, déroulait Bernard Kleynhoff, président de la commission développement économique, digital et industrie de la Région Sud, elle-même partenaire du pôle de compétitivité Safe. C’est (aussi) l’accompagnement financier de la Région avec des budgets extrêmement contraints et qui se réduisent. »

    Au cœur des premiers débats, consacrés aux « enjeux industriels et projets structurants pour les filières aéronautiques et défense », Pascal Kuhn, directeur du site Airbus Helicopters de Marignane-Vitrolles, rappelait que « l’ambition sur le territoire est à la fois de transformer les entreprises qui existent déjà », tandis que « d’autres vont se créer ». Le tout en « s’adaptant au changement climatique », en naviguant dans un « cycle électoral chargé », et avec des entrepreneurs parfois frileux à l’idée d’investir dans l’industriel, notamment en raison des conflits au Moyen-Orient. Lui propose « d’investir différemment » et de « nouer des partenariats avec l’écosystème ». Sur le terrain, malgré les incertitudes, certaines perspectives restent prometteuses sur le territoire, notamment pour les entreprises et leurs chaînes d’approvisionnement (Supply Chain).

    Plusieurs projets en vue

    La région compte plus de 250 petites et moyennes entreprises. Une convention a d’ailleurs été signée entre le pôle Safe et Airbus Helicopters. Parmi les mesures, « celle en faveur du développement de la “Supply Chain” pour la rendre plus robuste et plus agile », indiquait Pascal Kuhn. Parmi les exposants, Antoine Cascone, fondateur et dirigeant du groupe B.E.C, développeur d’outils industriels pour l’aéronautique, estime que le secteur « se porte très bien. Regardez autour de vous ! Il y a eu un coup d’arrêt au moment du Covid, mais depuis, les commandes sont reparties et ça n’arrête pas, notamment avec Airbus Helicopters. »

    Du côté de MX Engineering, bureau d’études spécialisé dans la structure, dont le champ d’intervention reste « transversal », pour l’aéronautique, « on voit beaucoup de petites boîtes pousser, qui font des levées de fonds et ont des programmes de développement », observe Yacine, l’un des cofondateurs. Parmi lesquels Ascendance, Aura Aéro, mais aussi Hynaéro, qui porte le projet du Fregate F-100, bombardier d’eau destiné à renforcer la lutte contre les incendies.

  • Une Toulonnaise conçoit une solution de luminothérapie à domicile

    Une Toulonnaise conçoit une solution de luminothérapie à domicile

    Offrir aux femmes des solutions de confort intime utilisables à la maison et en autonomie : tel est le principe de « Lumidou ». Cette innovation technologique vise à donner accès à la photobiomodulation, une technique de luminothérapie basée sur l’utilisation de la lumière rouge et proche infrarouge, qui incarne une alternative aux traitements hormonaux pour lutter contre des maux tels que les sécheresses vaginales, le vaginisme (douleurs vaginales dues à des contractions du plancher pelvien), la dyspareunie (douleurs lors des rapports sexuels), les problèmes de cicatrisation… Ceux-ci peuvent émaner de « l’accouchement, auquel sont sujettes 70% des femmes en France, de la ménopause », ou encore « des traitements anti-cancéreux », détaille Marie Aubry, formatrice en santé toulonnaise et conceptrice de Lumidou.

    L’idée est née il y a deux ans, lorsque l’entrepreneuse et son associé, Patrick Quach, ont découvert, au fil de leurs recherches, l’intérêt médical, et pas seulement esthétique, de la lumière infrarouge. Mais en constatant aussi le coût onéreux des dispositifs médicaux en la matière : « La thérapie est peu remboursée, coûte entre 30 et 200 euros la séance, pour quinze séances minimum, et il y a un manque de communication entre soignant et patient sur le sujet, et des difficultés à s’équiper. Il y avait donc intérêt à ce que ce soin soit disponible à la maison pour un maximum de monde », explique Marie Aubry. Lumidou est proposé au prix de 409 euros. Son coût peut être pris en charge à hauteur de 50% dans le cadre du programme Elsee Care. Il pourra être proposé par de nombreux professionnels de santé (gynécologues, médecins, kinés…).

    Une volonté de contribuer à la recherche

    L’appareil, conçu pour durer dix ans, se veut simple d’utilisation et s’accompagne d’une application, « qui permet à la patiente d’apprendre à s’en servir et de devenir actrice de son parcours de soins », souligne sa conceptrice. Il convient de l’utiliser « deux fois par semaine, sur huit semaines. La surutilisation est sans autre risque qu’une baisse de l’efficacité », ajoute-t-elle.

    «Les premières commandes doivent être livrées en fin d’année, avec pour objectif d’apporter, à terme, « une contribution scientifique au sujet des effets de la photobiomodulation sur l’endométriose, car il n’en existe qu’une seule à date », précise Marie Aubry.

    Le projet lui a permis de devenir la lauréate varoise du concours « 101 femmes », initié par le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes et Bpifrance, qui distingue 101 projets dans 101 départements.

  • Le lycée Golf-Hôtel d’Hyères investit ses nouveaux locaux

    Le lycée Golf-Hôtel d’Hyères investit ses nouveaux locaux

    Tout vient à point à qui sait attendre. « Et ce n’est pas qu’un plaisir, c’était une impatience ! », s’exclame Christophe Garrione, nouveau proviseur du lycée Golf-Hôtel de Hyères, après avoir inauguré, ce lundi, les locaux du lycée de l’Hôtellerie, des arts et du commerce (LHAC), composante de l’établissement situé dans la ZAC de la Crestade. Après un chantier qui aura duré plus de quatre ans, une inauguration préalablement prévue en 2024, repoussée à 2025 puis à 2026, et décalée de deux semaines lors de cette rentrée pour cause de problèmes techniques, les 600 élèves des filières concernées ont enfin investi leurs nouvelles salles de classe. Un chiffre voué à grimper à terme à 675 avec, entre autres, l’ajout de BTS.

    Ce bâtiment de 14 000 m² vient suppléer l’ancien, construit en 1975 et en proie à des inondations régulières depuis une vingtaine d’années, sur une partie de ses formations et dans 28 divisions différentes. Avec 90 salles de classe, dont plusieurs équipées en ordinateurs, trois restaurants d’application dédiés aux élèves des cursus d’hôtellerie/restauration, ou encore d’une salle d’analyse sensorielle, une innovation qui permettra à ces derniers d’entraîner leur goût et leur odorat, le LHAC est doté de 2,8 millions d’euros de matériel pédagogique, numérique et mobilier financés par la Région. « Tout ce qui est fait est ce qu’on peut faire dans les lycées aujourd’hui », se félicite François de Canson, vice-président de la Région Sud en charge du développement économique. Cela, en concertation avec les enseignants, qui ont pu exprimer leurs besoins spécifiques : « On a écouté, on a pris le temps de concerter, ce qui fait qu’aujourd’hui, chacun rentre dans des salles qui lui conviennent. » De quoi poursuivre dans la lignée d’excellence du lycée, qui forme régulièrement des lauréats des concours des « Meilleurs apprentis de France ».

    De futurs logements pour les travailleurs saisonniers sur le site de l’ancien lycée

    Au-delà de l’aspect purement pédagogique, le site compte par ailleurs un internat de 150 places, un gymnase, ou encore un plateau sportif mis à la disposition des élèves. L’architecture du bâtiment a été pensée pour répondre aux défis de l’époque : outre sa modernité visuelle, il s’inscrit dans une vision durable, avec, entre autres, l’utilisation de bois, de nombreux espaces végétalisés (dont les toits terrasses), 500 m² de panneaux photovoltaïques, ventilation naturelle… Il est, enfin, desservi par des autobus zéro émission.

    Le coût du projet est estimé à 65 millions d’euros, bien loin des 46,5 millions annoncés en 2020 lors de son lancement. Un autre établissement va également être construit au Luc-en-Provence, à horizon 2030, permettant de tourner définitivement la page d’un lieu devenu désuet en accueillant les 400 élèves des formations (mécanique, travaux publics, électricité) qui y sont restés. Quant à ce dernier, il convient encore de savoir ce qu’il en sera fait sur le long terme, mais dans un premier temps, « on fera certainement des logements pour les saisonniers sur une partie », annonce François de Canson. « On gérera avec des associations adaptées à ce genre de gestion. Ces logements pourront aussi servir de logements pour les entreprises quand elles viennent faire des chantiers sur le secteur », ajoute-t-il.

  • À Nîmes, le premier train à batteries de France prend les rails

    À Nîmes, le premier train à batteries de France prend les rails

    Lundi 31 août, 12h52, voie E de la gare de Nîmes-Centre. Extérieurement, la rame rouge et grise qui s’apprête à partir vers Vauvert a tout d’un train liO ordinaire. Sous ses planchers, pourtant, une petite révolution ferroviaire est en marche. Pour la première fois en France, un TER dont les moteurs diesel ont été entièrement remplacés par des batteries prend son service commercial. « Nous écrivons aujourd’hui à Nîmes une nouvelle page du transport ferroviaire », résume Gaël Barbier, directeur régional de SNCF Voyageurs Occitanie.

    Une première française, donc, mais pas un train flambant neuf. C’est même tout l’intérêt du projet : cet Autorail grande capacité, âgé d’une vingtaine d’années, a été transformé plutôt que remplacé. Ses moteurs diesel ont laissé place à seize batteries lithium-ion, représentant environ huit tonnes. Rechargée en environ une heure sous les caténaires, notamment lors de ses passages en gare, la rame peut ensuite poursuivre sa route sur les portions non électrifiées. L’énergie produite au freinage est elle aussi récupérée et stockée.

    « C’est à l’État de suivre l’exemple »

    Résultat annoncé : plus de 80 kilomètres d’autonomie, jusqu’à 20% d’économies d’énergie et, sur les tronçons parcourus grâce aux batteries, ni émission directe de CO₂ ni particules fines liées à la combustion du diesel. Avec, en prime, moins de bruit pour les voyageurs et les riverains. « C’est une solution qui permet de nous affranchir petit à petit des énergies fossiles », souligne Olivier Delecroix, vice-président d’Alstom France.

    Entre Nîmes et Vauvert, le laboratoire grandeur nature durera au minimum deux ans. Sur cette ligne de 21 kilomètres, la rame effectuera trois allers-retours chaque jour en semaine. Son arrivée accompagne surtout deux allers-retours supplémentaires par rapport à septembre 2025, portant l’offre à onze trains liO quotidiens. Une manière, pour la Région, de lier transition écologique et renforcement du service public plutôt que d’opposer les deux.

    Avec cette rame, l’Occitanie pousse un peu plus loin sa stratégie de sortie du diesel. Après un Régiolis hybride expérimenté autour de Toulouse, elle doit également accueillir des trains à hydrogène sur la ligne Montréjeau-Luchon. Elle devient ainsi la seule Région française à tester simultanément hybride, batteries et hydrogène.

    Mais derrière la vitrine technologique se pose déjà la question du passage à l’échelle. Le programme national, associant cinq Régions, représente plus de 41 millions d’euros : 30 millions apportés par les collectivités régionales, 6 millions par SNCF Voyageurs et 5,5 millions par Alstom. Pour Jean-Luc Gibelin, vice-président régional chargé des mobilités, l’expérimentation ne peut cependant rester à la seule charge des territoires. « Nous faisons la démonstration que c’est possible. Désormais, c’est à l’État de suivre l’exemple et de prendre le relais pour lancer un grand plan de transformation du ferroviaire », interpelle l’élu communiste, estimant que le ministère de l’Industrie n’a jusqu’ici « pas été au rendez-vous ». « L’État doit aider concrètement ce genre de projet », insiste-t-il.

    Une revendication qui dépasse la seule rame inaugurée lundi. Car si la technologie fait ses preuves, l’élu imagine déjà son déploiement ailleurs en Occitanie. « Le Gardois que je suis pense à la ligne Nîmes-Alès », glisse-t-il.

    D’autres lignes non électrifiées pourraient suivre. Reste désormais à éprouver les batteries dans la durée : autonomie réelle, vieillissement, maintenance, contraintes d’exploitation. « Il s’agit d’une première génération et d’un fonctionnement nouveau pour tout le monde », rappelle Bogdan Vulturescu, chef de projet à la SNCF. Les deux prochaines années doivent fournir ce retour d’expérience.

  • [Entretien] Pr Gaëtan Poulen, CHU de Montpellier : « Détruire par la chaleur la zone précise du cerveau responsable de l’épilepsie »

    [Entretien] Pr Gaëtan Poulen, CHU de Montpellier : « Détruire par la chaleur la zone précise du cerveau responsable de l’épilepsie »

    La Marseillaise : À quel type de patients s’adresse cette nouvelle chirurgie ?

    Gaëtan Poulen : L’épilepsie est une maladie assez fréquente. Il existe un grand nombre de crises d’épilepsie différentes, mais on considère qu’environ 30% des patients sont réfractaires aux traitements médicamenteux, qui constituent le traitement de base de l’épilepsie. Certains ont essayé 2, 3, 4 molécules et malgré cela, ils continuent à faire des crises. Cette chirurgie au laser s’adresse à ceux, parmi ces patients résistants, dont on arrive à déterminer avec précision la zone du cerveau responsable de l’épilepsie. Ce qu’on désigne sous le nom d’épilepsie focale.

    En quoi consiste l’intervention ?

    G.P. : C’est une procédure très précise, réalisée sous contrôle stéréotaxique : c’est au demi-millimètre près. Après avoir identifié la zone à traiter, on introduit une fibre laser par un trou de 4 mm dans le crâne. Une fois cette opération accomplie, on quitte le bloc opératoire pour se rendre à l’IRM. C’est là que l’on réalise la lésion, grâce à la fibre laser qu’on a implantée. À l’IRM, des séquences particulières permettent de voir la température de chaque zone du cerveau en temps réel. On va alors faire chauffer la zone que l’on veut détruire en vérifiant que les zones autour ne soient pas lésées. L’idée est de détruire par la chaleur la zone précise du cerveau responsable de l’épilepsie.

    En quoi est-ce novateur par rapport à ce qui se faisait
    jusque-là ?

    G.P. : Soit la zone épileptogène est très difficilement accessible, si bien que ces patients n’auraient pas pu être opérés car trop risqué. Ou bien ce sont des patients qu’on aurait opérés, mais en chirurgie ouverte [incision cutanée et profonde importante permettant d’accéder directement à un organe ou une zone anatomique, Ndlr], avec des suites beaucoup plus lourdes. Là, le patient se lève dès le lendemain et rentre à son domicile deux à trois jours après la chirurgie.

    Cette technique est mise en œuvre pour la première fois au CHU de Montpellier : comment avez-vous préparé cette intervention ?

    G.P. : Ça fait deux ans que je travaille sur le projet. L’équipe pionnière en France et qui a réalisé le plus grand nombre d’interventions de ce type est l’équipe de neurochirurgie d’Amiens. J’en avais discuté avec le neurochirurgien qui la dirige lors d’un congrès. Je me suis dit que ce serait intéressant d’importer cette technique à Montpellier. Toute mon équipe (un neurologue-épileptologue, un radiologue, un anesthésiste…) s’est déplacée à Amiens pour assister à une intervention, afin de voir exactement comment ça se passait. On a ensuite fait des tests à blanc, sans patient. Et une fois qu’on a été prêts, on s’est lancés.

    Cela nécessite-t-il des moyens matériels supplémentaires ?

    G.P. : Oui, la machine qui est branchée à l’IRM et permet de faire la lésion avec le laser est une machine spécifique, que pour l’instant nous louons.

    Cette méthode
    va-t-elle rentrer dans l’offre thérapeutique du CHU ?

    G.P. : Tout à fait. On va prévoir plusieurs autres interventions de ce type d’ici la fin de l’année. Le but est que ça s’installe vraiment comme un outil supplémentaire pour traiter les patients éligibles à ce type d’intervention.