Tag: innovation

  • Contre l’alcoolisme, le CHU de Nîmes teste les psychédéliques

    Contre l’alcoolisme, le CHU de Nîmes teste les psychédéliques

    Longtemps associée aux seuls champignons hallucinogènes, la psilocybine franchit désormais les portes de l’hôpital. Au CHU de Nîmes, elle est devenue l’objet d’une recherche de pointe pour tenter de répondre à l’une des difficultés majeures de l’addictologie : empêcher la rechute après un sevrage alcoolique.

    À la manœuvre, la psychiatre et addictologue Amandine Luquiens, professeure à l’université de Montpellier et praticienne au service d’addictologie du Grau-du-Roi, rattaché au CHU nîmois. Dès 2024, son équipe avait lancé PAD, la première étude française depuis plusieurs décennies à administrer un psychédélique dans un cadre médical. « Nous avons inclus 30 patients dans cette étude-pilote », retrace la médecin, qui dit avoir été « dépassée par la demande » avec plus de 300 volontaires intéressés.

    Deux administrations de psilocybine, espacées de trois semaines, venaient compléter le parcours classique de soins et de psychothérapie. À douze semaines, 55% des patients ayant reçu 25 mg étaient toujours totalement abstinents, contre 11% dans le groupe ayant reçu une très faible dose. Des résultats suffisamment encourageants pour passer aujourd’hui à l’étape supérieure.

    De trente patients

    à un essai national

    Depuis le 1er juillet, Nîmes coordonne ainsi ERPPAD, un essai clinique national de phase III mené dans huit CHU : Nîmes, Bayonne, Bordeaux, Lyon, Besançon, Saint-Étienne, Brest et Nantes. 172 patients doivent être inclus pendant trois ans et chacun sera suivi durant douze mois. « Notre hypothèse est que deux administrations orales de 25 mg de psilocybine, à trois semaines d’intervalle, seront plus efficaces que deux administrations de 3 mg », détaille Amandine Luquiens.

    Car il ne s’agit pas de distribuer des « champignons » aux patients. Les séances sont préparées puis réalisées pendant plusieurs heures dans un environnement hospitalier sécurisé, avec psychiatres et psychologues. Hallucinations, modification des perceptions ou sensation de sortie du corps peuvent accompagner l’expérience. « La gélule va rester plusieurs heures dans le sang et peut entraîner des réactions pour le patient », explique la psychiatre. Méditation, présence constante des soignants et accompagnement psychothérapeutique doivent permettre d’intégrer cette expérience sans la dissocier du soin.

    L’espoir repose notamment sur la capacité supposée des psychédéliques à assouplir temporairement certains automatismes cérébraux profondément installés dans l’addiction. Amandine Luquiens compare volontiers ce mécanisme à « une voiture sur l’autoroute qui pourrait normalement prendre toutes les sorties, mais qui reste bloquée sur sa voie, sans freins, l’accélérateur enfoncé à fond. » La psilocybine pourrait ouvrir, temporairement, d’autres chemins là où les conduites addictives se sont rigidifiées.

    La prudence reste toutefois de mise : il appartient désormais à l’essai national de confirmer l’efficacité et la sécurité observées à petite échelle. « Si l’efficacité de la psilocybine est confirmée, cela pourrait représenter une avancée significative pour une population de patients aujourd’hui insuffisamment prise en charge », souligne Amandine Luquiens. Depuis le Grau-du-Roi, le CHU de Nîmes s’est déjà imposé comme l’un des pionniers français du retour des psychédéliques dans la recherche médicale. Une innovation de plus pour un établissement qui multiplie les projets de recherche et les nouvelles approches thérapeutiques.

    Les personnes qui voudraient participer à l’essai clinique, ayant un trouble de l’usage de l’alcool avec symptômes dépressifs persistants après sevrage, peuvent se rapprocher de l’équipe investigatrice via le lien suivant : https://redcap.link/ERPPAD

  • [Passerelle interculturelle] Chongqing et Toulouse : entre fleuves, industrie et innovation

    [Passerelle interculturelle] Chongqing et Toulouse : entre fleuves, industrie et innovation

    Lorsque j’ai découvert Toulouse, j’ai d’abord été impressionnée par Airbus et la Cité de l’espace. La ville incarne, à mes yeux, la puissance de l’industrie aéronautique et spatiale française. Mais Toulouse, ce sont aussi ses façades en briques roses et la Garonne qui traverse paisiblement la ville. Si je devais lui chercher une ville correspondante en Chine, je penserais à Chongqing. Le rapprochement peut sembler inattendu : Toulouse est une ville du sud-ouest de la France, tandis que Chongqing est une immense métropole montagneuse traversée par le Yangtsé et la rivière Jialing. Pourtant, toutes deux possèdent une forte tradition industrielle et entretiennent une relation étroite avec leur fleuve. Ce rapprochement est d’autant plus naturel que Toulouse et Chongqing sont officiellement jumelées depuis 1982. À Chongqing, le Yangtsé et la rivière Jialing se rejoignent au pied d’une ville construite sur les montagnes. Souvent appelée la « ville montagne », Chongqing monte, descend et se superpose sur plusieurs niveaux. Les routes longent les collines, les ponts franchissent les fleuves et certaines lignes de métro traversent même les immeubles. Le Yangtsé ne constitue pas seulement un élément du paysage. Il a longtemps joué un rôle essentiel dans le transport des marchandises et des voyageurs. Aujourd’hui encore, le port fluvial, les lignes ferroviaires et les plateformes logistiques font de Chongqing un important carrefour commercial.

    Fleuve bleu et briques roses

    La ville possède aussi une culture populaire très forte. La cuisine occupe une place essentielle dans son identité. Le plat le plus connu est bien sûr la fondue de Chongqing, le hot pot, préparée avec des piments, du poivre du Sichuan et de nombreuses épices. Le repas, souvent long et animé, se partage entre amis ou en famille. Derrière cette image touristique, Chongqing reste l’un des grands centres industriels de Chine. L’automobile, la moto, l’électronique et la fabrication d’équipements ont longtemps soutenu son développement. Aujourd’hui, la ville investit dans les véhicules électriques et intelligents ainsi que dans les technologies numériques.

    C’est ici que le parallèle avec Toulouse prend tout son sens. Toulouse s’est imposée comme l’un des principaux centres européens de l’aéronautique et de l’espace, tandis que Chongqing s’appuie sur sa puissance manufacturière pour accélérer sa transformation technologique. Toutes deux montrent comment un fleuve et une forte tradition industrielle peuvent façonner l’identité d’une ville.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • Un rideau à bulles pour lutter contre la pollution dans le port de Saint-Tropez

    Un rideau à bulles pour lutter contre la pollution dans le port de Saint-Tropez

    Doté de 734 places de mouillage, le port de Saint-Tropez accueille chaque année plusieurs milliers de bateaux. Parmi eux, de nombreux yachts émettant des centaines voire des milliers de tonnes de CO2 par an. Titulaire des certifications internationales « Ports propres » et « Ports propres en biodiversité », remises aux ports de plaisance qui agissent pour réduire leurs impacts carbone et sur la biodiversité, le port de Saint-Tropez continue de s’engager en ce sens avec la mise en place d’un rideau à bulles sous-marin, au niveau de la station de carburant du Phare Vert.

    Un outil polyvalent

    Cette innovation unique pour un port français, nommée « InvisiBubble » agit comme un mur d’endiguement empêchant les particules d’hydrocarbures de se propager en dehors du périmètre sécurisé par le rideau. Elle est déployée par The Searial Cleaners (filiale de Wearth Group), expert de la lutte contre les pollutions marines. « Cela contribue à sensibiliser les plaisanciers à l’importance vitale de protéger la mer et son environnement. Nous sommes fiers que Saint-Tropez soit la première ville en France à mettre en place cette solution pour confiner les hydrocarbures », se réjouit Pascal Bonnet, directeur du port de Saint-Tropez.

    Le principe : au fond de la mer, plusieurs tuyaux sont reliés à un compresseur d’air. Ce dernier génère un flux d’air, envoyé dans le tuyau percé qui laisse passer les bulles qui s’échappent, créant ainsi un rideau de bulles, du fond de l’eau jusqu’à la surface, pour éviter que les fuites d’hydrocarbures ne se propagent à l’ensemble du port. Dès qu’un usager en constate une, il peut actionner le rideau à bulles à l’aide d’un bouton pour stopper la propagation. Celui-ci s’active et crée un courant interne au sein de la zone délimitée par les tuyaux qui vient concentrer les nappes d’hydrocarbures, ceci facilitant le pompage. Particulièrement adapté dans un port où l’incendie d’un yacht, en juillet 2025, avait provoqué la fuite de 18 000 litres de carburant dans l’eau.

    Adapté à tous les milieux (ports, fleuves, lacs, étangs…), le dispositif n’a aucun impact sur l’environnement. Il agit sur tous les déchets du fond jusqu’à la surface de l’eau – comme c’est le cas dans le canal de l’Ourcq à Paris depuis 2024, pour collecter les déchets flottants – et permet d’augmenter les niveaux d’oxygène dans l’eau, en préservant l’équilibre de l’écosystème environnant. Cette solution génère ainsi un gain de temps important, ne nécessite pas de ressources humaines ou matérielles, et consomme très peu d’électricité.

  • Île des Embiez : Inauguration d’une plateforme scientifique

    Île des Embiez : Inauguration d’une plateforme scientifique

    Ce centre technique régional et national de 600 m² dispose d’installations expérimentales de pointe, dédiées à la recherche sur des thématiques clés : aquaculture innovante, sécurité alimentaire, bioremédiation, solutions fondées sur la nature, restauration écologique et conservation d’espèces menacées. Ce nouvel outil a vocation à favoriser les échanges entre acteurs académiques, scientifiques et privés, à soutenir les activités de recherche, de surveillance et d’innovation sur le littoral, et à sensibiliser les décideurs politiques en promouvant les bonnes pratiques. Catherine Chabaud se rendra par ailleurs sur l’Île de Port-Cros vendredi pour une nouvelle séquence liée à la protection du littoral et de la biodiversité méditerranéenne.

  • Sébastien Lecornu expose sa vision pour remettre la France en mouvement

    Sébastien Lecornu expose sa vision pour remettre la France en mouvement

    Session « spéciale » des Rencontres économiques. Sur scène, ce jeudi soir, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a pris la parole aux côtés d’Éric Maury, patron d’April, ainsi que de Philippe Aghion, prix Nobel d’économie 2025 et membre du Cercle des économistes.

    « La France traverse une période compliquée, pose d’entrée Philippe Aghion. Notre dette publique a presque doublé depuis l’an 2000 (…). On possède le deuxième déficit le plus élevé de la zone euro en 2025. Ces fragilités interviennent au moment même ou le pays doit absorber des chocs externes de grande ampleur. »

    Notamment à l’ère de l’intelligence artificielle. « Financer l’IA ne doit pas consister à punir le capital existant, mais à mobiliser l’épargne vers le capital productif de demain », juge Eric Maury.

    Sébastien Lecornu, qui rappelle prendre rarement la parole publiquement, accepte alors de donner « un peu de perspective » : « Je prends le risque, d’autant que lundi, le gouvernement va affronter sa 13e motion de censure depuis neuf mois, mais je pense qu’on est dans un moment ou il est bien de se poser pour réfléchir. » L’occasion de partager ce qui « l’inquiète » et ce qui le « rassure ». Sur le premier volet, le Premier ministre regrette « l’aversion profonde au temps long », « la déconnexion furieuse entre la vie politique intérieure et la géopolitique globale » et s’interroge : « Comment avons-nous pu être battus sur le plan culturel ? Le sujet n’est pas qu’un rendez-vous technique au Parlement, c’est évidemment le rendez-vous de l’an prochain. Il faut que les élites, pas seulement économiques, acceptent de reprendre leur bâton de pèlerin et expliquer pourquoi au fond, il faut s’y prendre différemment dans un monde aussi compliqué ».

    Sur les motifs d’espoir, « nous sommes dans un pays où l’État tient », assure Sébastien Lecornu : « Le paradoxe, c’est que notre État fonctionne ! » Seconde raison « sur laquelle j’ai de l’optimisme, c’est qu’on résiste sur un certain nombre d’appuis sur lesquels nous sommes forts ». Parmi eux, l’énergie, le logement « sur lequel on repart », l’agriculture, les réseaux de PME et d’innovation… Maintenant, « il va falloir embarquer les Français. On ne va pas décréter le progrès, il y en aura si on embarque le peuple ».

    Selon le Premier ministre, il faut « qu’un dialogue social s’engage vite sur la question de l’IA et son impact sur le droit du travail », le tout avec « patriotisme » et avec urgence d’éloigner le « populisme » et « en regardant en face le sujet de la dépense publique ».

  • SolarinThau : l’huître et le solaire à l’essai 18 mois

    SolarinThau : l’huître et le solaire à l’essai 18 mois

    Présentée comme une première en Méditerranée, une structure flottante de 53 mètres sur 8 baptisée SolarinThau, qui associe élevage de coquillages et production photovoltaïque, a été installée sur l’étang de Thau. Ses promoteurs y voient une réponse au vieillissement des tables conchylicoles et aux difficultés économiques de la filière. Pendant 18 mois, cette expérimentation devra vérifier si ce modèle peut constituer une alternative pour les quelque 2 600 tables conchylicoles de l’étang.

    Conchyliculteur depuis huit ans, Yannick Desplat se dit séduit par l’idée d’ « allier écologie et énergie solaire. » Mais il reste prudent après les premiers essais d’ancrage. Cette prudence s’explique notamment par les premiers essais réalisés sur la lagune. Dans un communiqué publié le 16 juin, le consortium réunissant le Comité régional de conchyliculture de Méditerranée, SolarinBlue et le SMBT reconnaît que « la solution d’ancrage retenue n’est pas suffisante pour garantir un maintien en position durable de la table sur toute la durée de l’expérimentation ».

    Un prototype confronté

    à la réalité du terrain

    « Le but au départ était de développer des amarres plus écologiques et moins impactantes pour le milieu. Mais entre la modélisation informatique et les conditions réelles sur l’eau, il y a parfois un écart », explique Fabrice Grillon, directeur du CRCM. « Cela reste un prototype. La première prouesse a déjà été de construire cette table, de la mettre à l’eau puis de l’amener jusqu’à la zone conchylicole. Les défis qui restent sont de sécuriser l’ancrage, vérifier l’impact environnemental du dispositif et réussir la production d’huîtres dans ces conditions », poursuit-il.

    Le consortium espère désormais redéployer la plateforme dans les prochaines semaines. Une nouvelle date d’inauguration sera ensuite fixée afin de lancer officiellement la phase d’expérimentation et les premières cultures d’huîtres.

    Amélia Siapo

  • Quand l’intelligence artificielle secoue le cinéma

    Quand l’intelligence artificielle secoue le cinéma

    Une dystopie faite de bonhommes en plastique, qui voit leur monde sombrer dans la panique lorsque la matière dont ils sont composés est transformée en carburant… Utopsie, court-métrage réalisé par Anthony Smeyers, est l’un des 48 films d’une minute, 100% généré par IA, sélectionnés par le jury du festival MarsAI, sur le thème « Imaginer des futurs souhaitables ».

    L’événement, qui se tient vendredi, est organisé par l’école La Plateforme, qui propose des formations d’audiovisuel assistées par l’IA, et Bruno Smadja, créateur du Mobile Film Festival, qui présente des films courts réalisés à l’aide de smartphones. Tous se sont réunis, ce mercredi à l’ex-Docks des Suds, pour l’avant-première de la projection de certains courts-métrages. « L’objectif est de créer ensemble de l’attractivité pour faire le futur le plus souhaitable possible. Bruno, en apportant les formats courts, et nous, l’IA », explique Cyril Zimmermann, co-fondateur et président de La Plateforme.

    L’idée du projet est de rendre le cinéma accessible à tous. Réalisés à partir de plusieurs outils vidéos, gratuits comme payants, et de prompts (questions posées à l’IA), « ces formats courts permettent de se mettre à l’échelle de ce qui est possible. On souhaite faire émerger de nouvelles traditions, donner l’envie de créer », déclare Bruno Smadja. La durée de réalisation n’a rien à voir avec un film classique : 48h à 15 jours suffisent à créer un court-métrage 100% IA. « On a vu arriver l’IA comme un formidable outil de création. En discutant avec beaucoup de créateurs, on a compris qu’elle permettait d’exprimer des idées et de raconter des histoires sans besoin financier. »

    L’IA va-t-elle bouleverser l’industrie cinéma ? Bruno Smadja apporte une réponse nuancée : « Elle va plutôt s’intégrer petit à petit. Parce que l’émotion que peut transmettre un acteur ou une actrice sera difficilement battable par une IA. » Au risque toutefois de remplacer le travail humain. « ça aide à la réalisation d’un film, comme le font les effets spéciaux. C’est un outil », précise-t-il.

    « On consomme

    une énergie délirante »

    Les films d’une minute, qui défilent lors de cette avant-première, présentent pratiquement tous un même thème : celui de l’environnement. Un paradoxe lorsque l’on sait que l’IA a des conséquences néfastes sur celui-ci. « L’impact carbone est absolument terrible. Il faut penser différemment et construire des data center avec intelligence », souligne Bruno Smadja. « Je pense qu’on a besoin de définir un cadre d’utilisation, on consomme une énergie délirante. Il faut imposer des usages responsables », confirme Cyril Zimmermann.

    Mais ce cinéma, pensé comme accessible, réclame tout de même certaines connaissances. « Pour retranscrire ses idées, il faut avoir une culture audiovisuelle, comme les angles ou les postures de caméra », développe Bruno Smadja.

    Vendredi, lors du festival, cinq lauréats obtiendront une bourse de 10 000 euros, leur permettant de créer d’autres projets. « Ce n’est pas en refusant l’outil qu’on va répondre aux inquiétudes, c’est en l’utilisant bien qu’on va l’intégrer », conclut Bruno Smadja.

  • Six entreprises innovantes et « positives » mises à l’honneur

    Six entreprises innovantes et « positives » mises à l’honneur

    Près de 200 personnes se sont réunies ce jeudi au Stade marseillais université club (Smuc) à Marseille à l’occasion de la 12e édition des trophées des entrepreneurs positifs organisés par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) des Bouches-du-Rhône. Sur 75 TPE et PME candidates, six entreprises du département ont été récompensées selon 6 catégories pour leur engagement social ou environnemental et représenteront le département lors de la finale régionale en novembre. Parmi les lauréats figurent Benmecheta à Martigues, distinguée pour sa préservation des écosystèmes marins, bAAM! à Marseille pour son engagement pour une nutrition bio, Tiers-Lab des transitions à Marseille pour sa coopération avec des associations locales, VB Tech à Marseille pour son innovation sur les maladies neurologiques, Ma petite fraterie à Tarascon pour son travail sur le bien commun, ou encore Jouga à Aix-en-Provence pour son modèle de réemploi de jouets.

    Un territoire qui regorge de talents

    Cette cérémonie a récompensé des dirigeants qui ont choisi d’entreprendre « autrement », en conciliant performance économique et impact positif. « Être entrepreneur aujourd’hui n’est pas un long fleuve tranquille. Face aux tensions, ils prennent des risques (…) Ces trophées sont la preuve que notre territoire regorge de talents, d’énergie et d’engagement », a souligné Corinne Innesti, présidente de la CPME 13.

  • Des innovations autour des enjeux de l’eau et du climat à Marseille

    Des innovations autour des enjeux de l’eau et du climat à Marseille

    Faire face aux enjeux du réchauffement climatique. C’est tout le défi des Rencontres écosystèmes innovation, lancées par la Société des Eaux de Marseille (SEM), le mercredi 3 juin. Le terme « écosystème » vient du constat « que nous sommes dans un temps où il faut plus que jamais faire alliance et travailler tous ensemble », explique Sandrine Motte, directrice générale de la SEM. L’objectif : rassembler et faire rencontrer les membres de la Société des eaux de Marseille et des acteurs de l’innovation pour créer différentes opérations. « On voit que l’eau est centrale sur plein de thématiques sociales et sociétales », ajoute la directrice générale. Lionel Ercolei, directeur de l’innovation et du digital, constate cette nécessité de développement : « C’est avant tout des initiatives qui répondent aux besoins des clients. » Une question principale se pose, selon Sandrine Motte : « Comment guider les comportements pour que chacun contribue à faire évoluer nos usages dans un contexte de changement climatique ? » Un cas typique : les piscines. L’enjeu est alors de comprendre ce que perçoit la population quand on parle de changement climatique, comme le rappelle le Grec-Sud, groupe partenaire, qui s’inscrit dans cette démarche. La Société des eaux de Marseille constate alors une évolution des usages. « Le réchauffement climatique est là, il y aura moins d’eau et de plus en plus d’inondations brutales. Cela se traduit par des comportements des usagers qui sont en train d’évoluer », souligne Lionel Ercolei.

    De la 3D et des drones

    Pour répondre à ces besoins, la société marseillaise In the air est spécialisée dans l’acquisition de données par drones. « Nous pouvons réaliser des scans 3D du canal de Marseille, mais aussi de tunnels souterrains, afin d’identifier des désordres. Cela permettra alors d’engager des travaux de maintien », présente Marion Sardou, la directrice commerciale de l’entreprise. Les drones réalisent des calculs de volume sur des grands bassins, permettant de gagner en temps et en précision. À quelques pas, Loris Deirmendjian, est chef de projet chez Pixstart, une start-up réalisant des prises de vues par satellites de milieux aquatiques. « L’objectif est de produire la donnée, de l’interpréter, d’anticiper et de préconiser », affirme le chef de projet. « Nous suggérons également des actions face à la cyanobactérie, qui se développe à cause du changement climatique », ajoute-t-il.

    Créée il y a plus de 80 ans, la Société des eaux de Marseille assure le service de l’eau et de l’assainissement pour 1,5 million de Provençaux.

    Carla Forges

  • Urologie : le CHU de Nîmes à la pointe

    Urologie : le CHU de Nîmes à la pointe

    À l’heure où l’hôpital public se débat trop souvent avec le manque de moyens, le CHU de Nîmes rappelle aussi ce qu’il peut produire de meilleur : du soin, de la recherche et de l’innovation au service direct des patients. Dans le domaine du cancer du rein, le service d’urologie de Carémeau vient de s’imposer comme le premier centre français en nombre de nouvelles inclusions chirurgicales dans le réseau UroCCR, référence nationale de la recherche clinique sur cette pathologie.

    En mars 2026, seize nouveaux patients ont été intégrés à ce réseau médico-scientifique, qui fédère plus de 60 centres hospitaliers, cliniques et centres de lutte contre le cancer. Derrière ce chiffre, il ne s’agit pas d’une simple performance comptable. Chaque inclusion permet d’alimenter une base nationale de données de santé, d’affiner les connaissances sur les tumeurs rénales et de faire progresser les prises en charge. « L’objectif est de transformer les données recueillies en progrès concrets pour les patients », résume le CHU de Nîmes. La recherche clinique ne reste pas cantonnée aux laboratoires : elle entre dans les blocs, les consultations et les parcours de soins.

    Membre actif du réseau UroCCR depuis 2021, le service d’urologie nîmois s’est hissé parmi les centres les plus dynamiques du pays, régulièrement classé dans le top 5 national. Cette première place vient couronner une progression continue : plus de 500 patients inclus, 13 publications scientifiques internationales et cinq études multicentriques en cours, dont deux prospectives. Deux études nationales sont actuellement ouvertes aux patients, parmi lesquelles l’évaluation d’une application connectée destinée au suivi post-opératoire après chirurgie rénale.

    Des données pour soigner mieux

    « Être le premier centre français en inclusions UroCCR témoigne de l’engagement quotidien de notre équipe. Pour nos patients, ce classement garantit une prise en charge à la pointe de l’innovation : chaque donnée recueillie affine la précision chirurgicale et prépare les traitements de demain », soulignent le Dr Alexis Fontenil, chirurgien urologue et responsable local UroCCR, et le Pr Stéphane Droupy, chef du service d’urologie.

    Cette dynamique s’appuie aussi sur des moyens techniques. L’acquisition d’un second robot chirurgical Da Vinci a permis au CHU d’accroître son activité en chirurgie mini-invasive. L’établissement entend désormais développer la chirurgie ambulatoire et la modélisation 3D des tumeurs du rein, afin d’améliorer la précision des gestes et la récupération des patients. Pour les malades du Gard et d’Occitanie, l’enjeu est concret : accéder, près de chez eux, à des prises en charge longtemps associées aux plus grands pôles hospitaliers nationaux.

    Dans un CHU qui réunit près de 7 000 professionnels, cette réussite rappelle combien l’hôpital public demeure un outil essentiel de progrès médical, à condition d’être soutenu. À Nîmes, la médecine de précision n’est pas un slogan réservé aux grands centres universitaires. Elle se construit au quotidien, avec des équipes, des patients, des données partagées et une ambition claire : mieux soigner aujourd’hui, tout en préparant les traitements de demain. Une démonstration utile, à l’heure où la défense de l’hôpital public passe aussi par la reconnaissance de sa capacité à innover.