Tag: aéronautique

  • L’entreprise Satys reste et signe dans les quartiers Nord

    L’entreprise Satys reste et signe dans les quartiers Nord

    Cette rénovation est très motivante pour tout le monde. Car on est passé par des moments difficiles, mais là on est très optimistes. » Salarié depuis 25 ans dans l’entreprise de peinture aéronautique Satys Coating, Sébastien Vitti est très fier, ce vendredi, de présenter son travail aux élus et partenaires de l’entreprise venus découvrir les nouveaux aménagements de l’usine.

    Le site a été rénové avec du matériel de pointe et une productivité augmentée et a célébré sa remise en activité. Un pari réussi alors qu’en 2018 l’activité devait être déplacée dans la Zone d’activité des Florides à Marignane. Le projet avait été stoppé à cause de réticences des habitants et des élus, laissant comme seul choix la délocalisation de l’activité en Hongrie, où une branche existe, ou réinvestir dans le site Marseillais. Fin 2023, la décision est prise : l’activité et le savoir-faire resteront dans les quartiers nord de Marseille, après une réhabilitation du site, qui a donc rouvert ses portes.

    « Ce plan de modernisation, avec trois millions d’euros d’investissement, nous permet de participer à la croissance du secteur de l’aéronautique, de donner à nos salariés de meilleures conditions de travail et enfin de décarboner le secteur en réduisant de 50% notre consommation de gaz », se félicite Thierry Cotelle, directeur général de Satys Coating. Le choix de se maintenir sur place répond au développement dans la région d’Airbus Helicopter, principal client de l’entreprise. Avec 120 emplois sur le site marseillais, le maintien de l’activité est également une victoire pour l’emploi et l’avenir industriel de la ville de Marseille. « Cette rénovation témoigne de la confiance que Satys place dans l’avenir industriel de Marseille, avec ses 1,5 million de pièces traitées par an », salue Julien Harounyan, adjoint (MadMars) au maire de Marseille en charge de l’attractivité économique.

    Une activité d’autant plus importante qu’elle se situe dans le 15e arrondissement de Marseille, où le taux de chômage est plus élevé que la moyenne nationale. « On est contents car on reste dans le secteur où on est nombreux à habiter, sourit Zoheir Messaoudi, représentant des salariés, et aussi car on est fiers de notre savoir-faire. » Car derrière les murs de l’entreprise, ce sont des gestes minutieux et précis qui permettent à des hélicoptères ou des avions de voler au mieux.

    Le directeur général espère que l’activité continuera d’augmenter et pouvoir ainsi embaucher plus de personnes du quartier et de toute la région.

  • Airbus présente ses avancées écologiques au ministre

    Airbus présente ses avancées écologiques au ministre

    À quelques mètres de l’aéroport international de Marignane, ce samedi matin, une vingtaine de personnes découvrent ce qui se cache derrière les murs de Airbus Helicopters : leur chaîne de production, certains de leurs modèles et une partie du site industriel. Comme dans une centaine d’industries partout en France, cent personnes ont pu venir visiter l’entreprise marignanaise à l’occasion de la première édition des journées de Choose France. Parmi les visiteurs s’est glissé le ministre (Ren.) délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, en déplacement dans la région. L’occasion pour le fleuron de l’aéronautique français de mettre en avant ses innovations et mesures pour réduire son empreinte écologique.

    Sur le tarmac, deux prototypes innovants ont été sortis pour mettre à l’honneur la technologie de l’entreprise. Le Disruptive Lab en est le parfait exemple. Volant avec 100% de carburant durable d’aviation, il a également été pensé pour être le plus léger et ergonomique possible afin de réduire de 40 à 50% sa consommation de carburant. À ses côtés, Airbus tente de faire d’un de ses modèles phares, le super puma H225, un hélicoptère pouvant fonctionner à 100% avec du carburant synthétique alors qu’actuellement son moteur est certifié fonctionner avec 30% de ce carburant seulement.

    Une visite qui a su convaincre le ministre qui y voit « le savoir-faire, l’innovation et l’excellence industrielle française ». Pour le ministre, la transition écologique ne peut pas exister « s’il n’y a pas d’innovation. Et il n’y en a pas, s’il n’y a pas d’entreprises pour y procéder », indique-t-il avant de rappeler qu’il ne faut pas opposer écologie et économie. Et d’ajouter : « Quand on fait mieux, c’est aussi pour la souveraineté et la compétitivité [française]. »

    « Faire plus

    en consommant moins »

    Cette volonté de réduire l’empreinte écologique du site est un vrai défi pour le directeur, Pascal Kuhn. « Car on a une activité qui est en croissance et il faut réduire la consommation d’eau, d’énergie et les émissions de CO2. Il faut donc faire plus en consommant moins. » C’est pourquoi, l’entreprise réfléchit également à l’impact de ses infrastructures et aux mobilités de ses salariés pour réduire cette empreinte au quotidien.

    D’autant que le premier employeur privé de la région espère embaucher 5 000 personnes dans les années à venir, si sa croissance continue. « Mais pour attirer cette croissance et qu’elle profite à Marignane-Vitrolles, il faut adapter le site pour être capable d’accueillir cette production supplémentaire. » Car l’aéronautique suscite encore beaucoup de vocations. Nicolas, 18 ans en bac pro aéronautique à Vitrolles, espère y être embauché « J’ai déjà fait un stage et j’ai tout de suite accroché. J’aimerais vraiment y travailler. »

  • Le pôle d’industries de défense et spatiales mis sur orbite

    Le pôle d’industries de défense et spatiales mis sur orbite

    Un centre de référence en matière de technologies de pointe pour la défense, d’aéronautique, de spatial : le projet de « Tech Valley » du pôle d’activités d’Aix-en-Provence est lancé. Ce mercredi, ce nouveau pôle du Paap, qui se veut être « d’envergure nationale » a été présenté dans l’un des amphithéâtres de The Camp. Sur quinze hectares dont 40 000m2 de bureaux et de locaux d’activité, des laboratoires de recherche, des centres de formation « positionnés sur les marchés civils et militaires de l’aéronautique légère », seront installés sur une zone de l’aérodrome d’Aix les Milles, labellisé France 2030.

    Un projet d’ampleur

    Ici, seront aussi développés l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les technologies à « haute valeur stratégique »… « Ce projet, est d’ores et déjà sur le bureau du commissaire européen [aux stratégies industrielles] », précise Jean-François Dubost, président du Paap et ex-adjoint aux finances de la Ville. Le projet, qui se veut d’ampleur, est porté par l’association des entreprises du Pays d’Aix (Paap), Edeis concessions, délégation de service public de l’aérodrome, la sous-préfecture, pôle de compétitivité Safe mais aussi la Ville, et la Semepa, en charge de la réhabilitation d’un site de trois hectares, comprenant un ancien bâtiment de l’État-Major de la région aérienne sud. « Nous sommes en ordre de bataille pour apporter notre pierre à ce bel édifice, rapporte Éric Chevalier, son président et premier adjoint de la Ville. L’objectif, en accord avec l’état et sous l’impulsion de Jean-François Dubost était d’acquérir auprès de l’état des terrains et de concevoir le projet pour permettre l’installation de cette cité [spatiale]. On avance rapidement. »

    Justement, où en est ce projet ? Selon Sabine Montiès, directrice des investissements Edeis Concessions, les études de conception sont finalisées. Les premiers travaux pourraient être lancés à la mi-2027.

    « La première filière industrielle de la région, c’est l’aéronautique. pointait Jérôme Perrin, directeur général du pôle Safe, qui a mené des études sur les besoins et filières aéronautiques, autour de la future Tech Valley. Depuis le spatial sur l’est de la région et l’aéronautique sir la partie Ouest, avec une concentration forte dans mes Bouches-du-Rhône et sur le territoire de la Métropole. » Installer la Tech Valley à Aix suit donc une logique économique, et vise « une capacité d’accueil » d’emploi de 2 500 personnes ainsi qu’une réserve pour la formation et une pépinière d’entreprises d’environ 5 000m2. Si le projet est économiquement « faisable » selon Jérôme Perrin, ce dernier précise « qu’on n’a pas de grand groupe qui nous dit s’installer sur le site d’Aix-en-Provence. Il va falloir aller convaincre au cas pas cas ». Pour le maire (UDI), Sophie Joissains, ce projet et une aubaine pour « avancer » vers une « économie florissante et d’avenir, qui nous permette dans les années qui viennent d’être les plus performants possibles ». Tout en restant« réservée » sur l’aéronautique :« Nous avons des riverains extrêmement vigilants sur les nuisances sonores. » Autre point de vue sur ce projet, dessiné par le Colonel Guillaume Michel, directeur de cabinet du Général commandant de l’école de l’air et de l’espace, la défense. Et préparer « Les esprits. Non pas pour la guerre, mais pour l’éviter ».

  • Le secteur de l’aéronautique et de la défense recrute

    Le secteur de l’aéronautique et de la défense recrute

    C’est à deux pas de l’enceinte d’Airbus Helicopters, premier employeur privé du département, que se tenait le Forum aéronautique, emploi et sécurité ce mercredi 8 avril. Plus de cinquante entreprises, allant des leaders mondiaux, tels que Safran, Segula ou Sabena, aux PME locales ont répondu présentes à cette 15e édition.

    « Il y a de vrais besoins, affirme Sophie Nguyen Thanh Dao, directrice de l’agence France Travail de Marignane. On a la chance d’être sur un territoire qui a une histoire liée à l’aéronautique, avec un bassin d’emploi de l’étang de Berre qui abrite des donneurs d’ordre et des sous-traitants avec de réelles opportunités : on a 700 offres qui sont proposées, qui vont du CAP jusqu’à l’ingénierie, avec des postes à pourvoir dans les prochains mois. »

    Parmi les profils les plus recherchés, les techniciens de maintenance. « C’est le graal », assure Véronique Pinotti, directrice emploi au sein de l’Union des industries et métiers de la métallurgie Côte d’Azur. « C’est un métier en tension, on a du mal à être attractif alors que c’est super intéressant, on fait de la maintenance prédictive, c’est très moderne. »

    Si les carnets de commandes sont pleins, c’est en partie dû au « contexte international » qui « nécessite de la production et donc par répercussion de l’emploi », souligne Sophie Nguyen Thanh Dao.

    Le secteur devrait poursuivre son développement dans les années à venir, avec l’implantation de nouvelles industries à l’instar d’Hynaero à Istres. « Ces projets sont encore autant d’opportunité d’emplois dans l’aéronautique avec, à terme, pour 2027-2030, bon nombre de postes, poursuit la directrice d’agence. Tous les partenaires de l’emploi et de la formation s’organisent pour préparer ces arrivées. »

  • Léo Lagrange ouvre les pistes de l’aéronautique aux jeunes

    Léo Lagrange ouvre les pistes de l’aéronautique aux jeunes

    On ne dirait pas un jeu. J’ai eu un peu le vertige, mais ça va. » Kenza* enlève son casque de réalité virtuelle et repose les manettes sur le siège de pilote. Une première pour cette élève de sixième qui n’a « jamais pris l’avion » et après quelques cambrures involontaires, vient de réussir un atterrissage sans faute aux commandes d’un avion de chasse. « Je ne sais pas ce que je ferai plus tard, mais je n’avais jamais imaginé ça…c’est bien de découvrir ces métiers. »

    Simulateurs de vol, ateliers pédagogiques, échanges avec des experts du secteur aéronautique et aérien ou exploration des coulisses du numérique, le gymnase s’est transformé en un salon de l’aéronautique ludique. « On n’est pas dans un job dating, on ouvre les pistes mais on ne trace pas de chemin. Nous mettons en lien notre jeune public avec une belle filière professionnelle qui a un avenir », annonce Vincent Séguéla, secrétaire général de la Fédération Léo Lagrange. Depuis 2022, l’association d’éducation populaire qui fête ses 90 ans organise trois fois par an les journées Horizon Aéro, un événement immersif porté par Boeing France.

    Faire décoller son avenir

    « On est dans la découverte des métiers techniques, numériques et aéronautiques », précise Jean-Marc Fron, directeur général de Boeing France, qui invite les jeunes à explorer « les professions en lien avec les grands défis technologiques et environnementaux du monde de demain ». Et elles sont nombreuses et variées dans ce secteur « qui recrute en permanence et jouit d’un potentiel de croissance important ». Mais victime de décennies de dédain, la filière industrielle reste aujourd’hui encore peu attractive. Pilotage, mécanique, construction, soudure, contrôle, sécurité, accueil, baggages, informatique, maintenance…elle pourant offre un vaste pannel de métiers « avec plusieurs portes d’accès, du CAP à l’ingénieur. Et elle se féminise. Déconstruire les stéréotypes est très important », indique le DG de Boeing, venu réhausser le blason industriel sur un territoire où son conurrent Airbus est implanté. « On le fait pas pour nous, mais pour la filière. »

    Sur le terrain du gymnase, le sport des jeunes consistait à passer d’un atelier à l’autre, à se tester au quizz de l’association découvrAIRte, à poser leurs questions, à prendre la parole et à partager leurs impressions au micro d’une webradio sur le monde de l’industrie et des métiers techniques et manuels en France, sur leur rapport au travail et leur avenir. Les simulateurs captent cependant le plus gros de l’attention. Jean-Michel Capron, qui travaille depuis dix ans avec la Fédération Léo Lagrange, explique les principes du guidage au sol pour placer un avion sur la piste. Au commande d’un Boeing 737, Théo, 14 ans, reste attentif aux messages radio et commence à prendre de l’assurance au deuxième voyage. Fin du vol. Il atterrit en plein centre de la piste et souffle : « J’ai ramené tous mes passagers ! » Sous les rires des animateurs, l’adolescent laisse sa place un peu à contre-coeur. Visiblement grissé par l’expérience, il avoue : « Au début je jouais en vidéo. Après j’étais trop concentré en vérité. Je voulais faire médecin mais là je sais plus. C’est tarpin bien le vol. »

    Sur un forum associatif, aux côtés de l’Epide, de l’Apave Camas Formation, Catherine pour l’agence France Travail de Marignane, explique : « On informe sur ces métiers en tension. Usineur, câbleur, ajusteur ou ingénieur ultra qualifié. » L’aéronautique, mais aussi l’aéroprtuaire y sont représentés. Ce dernier particulièrement en crise de recrutement. « Les horaires décalés, saisonnier…mieux vaut avoir une voiture car les rotations des navettes restent insuffisantes. » À côté, la Ville de Marseille propose une aide au permis de conduire.

    Mais aussi quelques métiers autour du loisir. L’Aéroclub de Saint-Rémy Les Alpilles, affilié à la Fédération française de vol en planeur (FFVP) avait installé un simulateur tout aussi prisé des minots. Quoique le planneur a aussi ses pistes pros : « Mécano, chef de piste, animateur de vol… », liste Xavier, retraité de la justice qui affiche 15 années de pratique au compteur.

    * Les prénoms des mineurs ont été changés.

  • [Travailleur de demain] Capucine Cauchard, l’aéro dans la peau

    [Travailleur de demain] Capucine Cauchard, l’aéro dans la peau

    Après son bac, la Gardoise, qui s’imaginait pourtant faire des études de médecine, poursuit finalement dans la même voie. « J’avais peur de ne pas être suffisamment intelligente pour Paces et, dans le cadre de mon option au lycée, on était allés voir pas mal de métiers de l’armée, de la sécurité civile, tout ça s’était logé dans un coin de ma tête », explique-t-elle. Dès son premier cours de BTS aéronautique à Nîmes, elle sait qu’elle a pris la bonne décision. « C’est le coup de foudre, se rappelle-t-elle. C’est à ce moment-là que je sais que je serai mécanicienne. »

    Pourtant, rien ne prédestinait Capucine à ce métier. « Personne de ma famille ne travaille là-dedans et c’est vrai qu’il y a beaucoup de reproduction sociale, confie-t-elle. En classe, j’étais avec des gens qui connaissaient tous les termes techniques parce que leurs parents venaient de l’aéro. Ça m’a fait me poser des questions. » Passionnée, la jeune fille redouble d’efforts et excelle.

    Secret-défense

    Après une licence professionnelle, elle se lance en 2023 dans une mention complémentaire en apprentissage. C’est à ce moment-là qu’elle rejoint les rangs de Dassault Aviation, qu’elle n’a plus quitté depuis. Capucine explique : « Chaque site de la boîte a un peu sa spécialité. » Depuis 1950, l’établissement de Mérignac, à proximité de Bordeaux, réalise par exemple l’assemblage final et la mise en vol des avions d’affaires et militaires produits en série. Sur la base aérienne 125, les effectifs se concentrent sur le développement. « On est soumis au secret-défense, parce qu’on est sur la base militaire et qu’on travaille sur des technologies sensibles », révèle-t-elle.

    En deux mots, Capucine fait partie des équipes qui « testent les nouveautés, des choses qui vont être mises en place dans X années, lors d’essais en vol ». Elle, est spécialisée sur le Rafale. « J’aime les appareils qui ont une mission spécifique, explique-t-elle. Tous ceux qui font du transport de personnes, ça m’intéresse absolument pas. J’avais adoré travailler pour la sécurité civile, j’adore travailler pour l’armée, ça donne vraiment une autre dimension à ce que tu fais. »

    Travailler sur le même avion de combat n’a rien de rébarbatif. « Tu t’ennuies jamais, tu fais jamais deux fois la même chose et même pour les tâches qui sont récurrentes, tu peux la refaire 15 fois, ce sera jamais exactement pareil. T’es tout le temps en train d’apprendre. »

    Celle qui s’imaginait faire de grandes études se consacre désormais à sa licence PART 66, qu’elle obtiendra d’ici quelques années après avoir passé des examens écrits et accompli un certain nombre de tâches. « Après ça, j’aimerais aussi passer la qualification type de l’appareil sur lequel je travaille. Tout ça n’est pas obligatoire, mais je vois ça comme du plus, c’est pour avoir plus de compétences. » L’insatiabilité mène à l’excellence.

  • Une consultation publique lancée sur les nuisances de l’aérodrome des Milles

    Une consultation publique lancée sur les nuisances de l’aérodrome des Milles

    Un projet d’arrêté portant sur la « limitation des conditions d’utilisation des tours de piste » de l’aérodrome d’Aix-les Milles est actuellement à l’étude, indique le ministère des Transports. Objectif affiché : réduire les nuisances sonores autour de la plateforme, régulièrement dénoncées par les associations et comités de quartier riverains. Une consultation publique est ouverte sur ce projet jusqu’au 11 janvier. « Les tours de piste des aéronefs constituent la principale source de nuisances pour les riverains proches. L’objectif de cet arrêté est de conditionner, en période estivale, l’exécution des tours de piste à la performance acoustique des avions légers », précise le ministère. Le texte prévoit notamment de limiter les tours de piste toute l’année, entre 8h et 19h. Des restrictions renforcées s’appliqueraient, en plus, entre le 1er juin et le 15 septembre. Les week-ends et jours fériés, seuls les avions électriques et légers basés les moins bruyants seraient autorisés à effectuer des tours de piste. Pour le collectif C2DA, l’arrêté est pourtant limité à la fois géographiquement, sur les activités, et dans le temps. « L’arrêté ne traite pas la totalité des autres nuisances : les paras, l’aviation d’affaire… On avait demandé d’avoir des mesures plus ambitieuses que ce que l’on nous propose, rapporte François Cabenet, président de C2DA. Il portera quelques améliorations mais ne va pas traiter la problématique [sonore] des villages (…) Enfin, l’arrêté porte sur trois mois et demi. Lors de la dernière CCE [comission consultative de l’environnement], les associations ont demandé qu’on porte le consensus sur sept mois au mois d’activité. On peut mieux faire », estime François Cabenet.

  • Au conseil municipal d’Istres, les dernières passes d’armes avant les élections

    Au conseil municipal d’Istres, les dernières passes d’armes avant les élections

    Les affaires courantes sont passées au second plan du conseil municipal, qui s’est transformé en tribune politique ce mercredi 3 décembre. À quelques mois des échéances électorales, la dernière séance de l’année aura mis plus d’une heure à démarrer.

    En cause, notamment, la rave party qui a tenté de s’installer sur le parking de l’Usine samedi soir avant d’être délogée par les forces de l’ordre. « Face à eux environ 1000 personnes ayant pénétré par effraction sur le site en ruine (…) au mépris de tous les dangers », relate le maire (DVG) François Bernardini, qui a tenu à remercier les agents de police qui ont subi quelques dégâts matériels et de légères blessures pour neuf d’entre eux suite à des jets de projectiles.

    D’habitude très discret, le conseiller municipal d’opposition Grégory Gabanou en a profité pour sortir du bois, lui qui a rallié la liste RN du Vauclusien parachuté Damien Broc, et attaquer la municipalité sur la prétendue explosion de l’insécurité à Istres. Les chiffres présentés par la compagnie de gendarmerie départementale locale pour 2024 ne vont pourtant pas dans ce sens : ils pointent une hausse de la délinquance concernant les atteintes aux biens à Sausset-les-Pins, Saint-Chamas et Rognac, mais une baisse des violences aux personnes dans la circonscription (-13,4%), des troubles à l’ordre public et de l’insécurité routière.

    Un accord préalable signé avec Hynaéro

    Entre le maire et son principal opposant Robin Prétot, candidat (LR) aux municipales, la passe d’armes s’est faite, sans surprise, autour du développement de la Ville. François Bernardini a annoncé signer dans l’après midi l’accord préalable à la conclusion des baux avec Hynaero qui s’installera sur le pôle aéronautique Jean Sarrail, une étape préalable pour obtenir le permis de construire de cette usine d’assemblage du dernier bombardier d’eau qui devrait créer 700 emplois. « Cela me permet de rappeler le besoin de logements exigés par cette société, a lancé l’édile. Les constructions qui vont remplacer la Bayanne de l’autre côté de la voie rapide répondront à cette exigence. Nous ne construisons pas par plaisir ni par copinage mais par nécessité. »

    Robin Prétot de répondre : « Ça fait 15 ans que vous dites la même chose. À l’époque c’était pour Stratobus qui allait arriver, on n’a pas arrêté de construire des logements, les usines n’ont pas suivies. Je réitère mon regard (…) : il va falloir que l’offre de logements suive l’arrivée des salariés. (…) Il faut aussi penser les industries par le biais de la mobilité, c’est un enjeu d’attractivité pour notre territoire. »

    Olivier Mayor tire sa révérence

    Au-delà des débats politiques, que les candidats aux municipales avaient pourtant refusés dans une forme officielle suite à la proposition de Robin Prétot, cette dernière séance a aussi été l’occasion pour Olivier Mayor de tirer sa révérence. Le conseiller municipal (DVC), ancien adjoint aux finances de la majorité, a annoncé qu’il ne serait « pas candidat ni présent sur une liste ». Le juriste de profession a « servi la ville pendant trois mandats », mais a expliqué ne pas être fait pour « être subordonné ou adjoint ou derrière un politique, c’est presque contre-nature », avant de citer Ayrton Senna : « Je ne suis pas conçu pour être deuxième ou troisième, je suis conçu pour driver, pour gagner. »

    Avant de claquer la porte du conseil municipal, l’élu a affirmé toujours estimer que François Bernardini reste « largement au-dessus du lot », et lui a apporté son soutien, non sans une pointe d’amertume : « S’il n’était pas reparti, j’aurais brigué les suffrages pour devenir maire de notre ville. »

  • « Stop sabotage climat » : déçue par la COP, Alternatiba ne lâche rien

    « Stop sabotage climat » : déçue par la COP, Alternatiba ne lâche rien

    On les avait déjà vus retournés par les agriculteurs en signe de leur colère. Cette fois, certains panneaux d’entrée de ville autour de Montpellier ont été affublés de stickers représentants des flammes avec la mention « Stop sabotage climat ». Une manière, pour les militants d’Alternatiba, de continuer d’alerter la population sur le drame écologique qui se noue. « C’est une façon de susciter la curiosité des automobilistes, faire en sorte que les gens continuent de s’interroger à l’heure du dérèglement climatique », explique la militante Cathy Valat.

    Jugée insignifiante ou raillée par les climatosceptiques, l’initiative aura au moins permis de discuter avec des curieux. « Au début, ils arrivent en disant qu’on casse tout. Et à la fin de la discussion, ils reconnaissent souvent qu’on a raison et voient qu’on ne vandalise rien du tout », témoigne l’activiste pour la planète.

    Le ressenti était le même début novembre lorsque Alternatiba avait utilisé les panneaux JC Decaux de Montpellier pour critiquer la pollution de l’aéronautique. « La Ville de Montpellier a voté l’interdiction des panneaux de publicité numérique. C’est bien mais pourquoi ne pas interdire aussi la publicité autour de l’avion ? ». Cathy Valat regrette qu’« aucun effort ne soit jamais demandé à ce secteur », qui compte pourtant parmi les plus polluants. « Ils électrifient, mettent des ruches sur les toits de l’aéroport et se contentent d’attendre l’avion électrique ou à hydrogène. Ils bénéficient d’une impunité incroyable ».

    La même impunité, dit-elle, dont ont (encore) joui les géants du pétrole, du gaz ou du charbon, épargnés par les mesures contraignantes à la COP30 de Belém (Brésil). « On s’est encore fait rouler dans la farine par les lobbies des énergies fossiles qui avaient tous leur badge d’accréditation alors que les peuples autochtones [des manifestants, Ndlr] ont été virés de la conférence mondiale sur le climat », déplore l’Héraultaise.

    Un texte commun a bien été adopté par les 193 pays représentés à la COP30, boycottée par les États-Unis de Donald Trump. Mais pour les associations environnementales, il n’est que cosmétique. Dix ans après les ambitieux accords de Paris, la nécessité d’agir a été répétée mais guère suivie de mesures contraignantes capables de changer de paradigme. Si des efforts financiers ont été consentis, l’Union européenne a refusé de payer l’addition des USA, manqué une occasion de nouer de nouvelles alliances (Afrique, Amérique du Sud, îles…) et ainsi d’apparaître comme une locomotive à l’échelle mondiale.

  • À Istres, le développement urbain cristallise les désaccords

    À Istres, le développement urbain cristallise les désaccords

    Comme il est de coutume à Istres, majorité et opposition se sont écharpées sur la gestion foncière lors du conseil municipal, ce jeudi 9 octobre. Au cœur des débats : la cession d’une parcelle de 55 m2 de la Ville au profit d’un projet immobilier porté par Cogedim, s’ajoutant à la vente de 43 369 m2 de l’ancienne propriété de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), située avenue Félix-Gouin, pour un montant total de 15,77 millions d’euros. Au total, près de 500 logements devraient être construits par le promoteur.

    Le conseiller d’opposition Robin Prétot (LR) explique : « Nous avions voté l’acquisition foncière de l’Afpa. après, il y a un projet de promotion immobilière et c’est là où on est plus en désaccord : on considère que ces projets sont souvent un peu démesurés, pas très esthétiques et ne correspondent pas au besoin et à la capacité de la ville d’en absorber les effets. J’entends, vous parlez de recette (…), mais moi, ce qui m’intéresse, c’est moins la recette que de savoir quelle ville on est en train de dessiner, de construire. (…) Ce n’est pas qu’on ne veut pas construire de logements, mais il y a un équilibre entre en construire 0 et 1 000 par an. »

    Le maire, François Bernardini (ex-PS), rappelle l’actualité du moment : la réindustrialisation et le « développement aéronautique ». « À un moment donné, on doit se poser la question : va-t-on laisser passer la situation de bien-être social de notre population avec les milliers d’emplois qu’on peut avoir ? »

    Dans la catégorie des projets qui avancent, notons également le futur Pôle social, avec la signature d’une convention de partenariat entre la commune et le Département pour une mise à disposition gratuite d’une partie des locaux, en vue d’y installer la Maison de la solidarité. Le bâtiment, qui est en fait l’ancienne maison de retraite Edylis, fait actuellement l’objet d’une réhabilitation subventionnée à hauteur de 2,2 millions d’euros par le Département. La première adjointe Nicole Joulia précise : « Il y aura également des logements d’urgence pour les jeunes à travers le Centre d’accueil de jour et les femmes seules en difficultés ou victimes de violences. »

    La décharge illégale d’Entressen

    Un autre dossier a pollué les débats : celui de la décharge illégale d’Entressen. Le 24 mai dernier, La Provence publiait une enquête dévoilant que, quelques jours après une rencontre entre l’édile et le propriétaire des lieux, le site avait été recouvert de terre qui « proviendrait de chantiers municipaux, notamment celui du théâtre de l’Olivier », officiellement pour limiter le risque incendie, alors que certaines entreprises délégataires de marchés publics seraient « soupçonnées de dépôts illégaux ».

    Robin Prétot interpelle le maire : « Je ne vous ai pas trouvé très dynamique sur ce combat-là. Vous nous avez répété que c’était un terrain privé et qu’on ne pouvait rien faire. » L’élu souhaite « à minima l’ouverture d’une enquête administrative interne ». François Bernardini se défend, affirmant avoir mené des actions « à caractère préventif, des discussions, des médiations ». Le maire accuse son adversaire aux élections municipales d’opportunisme : « Vous ne vous êtes pas intéressé au sujet au départ (…) et hop, vous avez saisi l’occasion de la polémique rendue possible par vos accointances particulières avec la représentante locale de La Provence. »