Une convention pour conjurer les cyberattaques d’entreprises

L’Office anticybercriminalité (Ofac) et le Campus Cyber IA Euromed ont signé, ce mercredi à l’évêché, une convention de coopération pour mieux prévenir et combattre les cybermenaces qui ciblent les entreprises et les acteurs publics.

Cette alliance de la police judiciaire et du monde économique doit renforcer la cybersécurité du tissu économique local. Piratage, vol de données, hameçonnage, rançongiciel, cryptorap, hacking… : face à l’essor et la variété des cybermenaces, l’Ofac et le Campus, qui se veut un consortium d’entreprises (CMA CGM, Cepac, Aéroport Marseille Provence, etc.) s’associent pour accompagner les acteurs économiques dans la prévention des risques cyber, la protection de leurs systèmes numériques et l’amélioration de leur résilience.

Créé en 2023, l’Ofac dispose de 45 antennes en France, dont une à Marseille pour lutter contre les cyberattaques complexes, les rançongiciels, le piratage et les trafics sur le dark web. « Pour lutter contre les attaques informatiques, il faut tout faire pour qu’elles n’aient pas lieu, résume Nicolas Guidoux, le patron de l’Ofac. Une entreprise touchée se retrouve souvent seule. Si elle n’a pas de sauvegarde, plus d’annuaire de ses clients, c’est la clé sous la porte. D’où ce réseau pour diffuser une hygiène numérique pour diminuer les points de compromission et donc les cas d’attaque. »

Un enjeu de sécurité nationale

« C’est un collectif pour hisser le niveau global de cybersécurité au plus près du tissu économique et des territoires », détaille Clément Rossi, le délégué général du campus qui se veut un guichet d’accompagnement des entreprises. « Une entreprise, c’est un enjeu privé. Demain, vous avez 50 PME et 14 collectivités territoriales qui tombent, c’est un enjeu de sécurité nationale à l’échelle du territoire. »

Toute une chaîne d’acteurs se fédère : les enquêteurs cyber de l’Ofac, le délégué régional de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSI), le centre de réponse d’urgence aux incidents de cybersécurité (CSIRT) à Toulon. Tous attendent depuis deux ans l’adoption de la loi pour la résilience des infrastructures critiques et la cybersécurité, qui mettra des obligations fortes pour 20 000 organisations au niveau national dans 32 secteurs importants (santé, transports, communications, logistiques, etc.) et leur chaîne de sous-traitance. « On maille tout cela avec le mouvement autour de l’intelligence artificielle qui vient complexifier tout cela, car les attaquants vont plus vite avec l’IA », ajoute Pierre Boulogone, président de ce campus.

« Nous, nous sommes le point d’entrée de toute la criminalistique numérique. Et le champ infractionnel est immense », complète la commandante Pozzi. La cheffe de l’antenne de l’Ofac à Marseille a en cours une quinzaine d’affaires d’atteintes d’entreprises de la région marseillaise.

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