Tag: territoires

  • Faire entendre la voix des communes

    Faire entendre la voix des communes

    À quoi sert le Sénat ? La question mérite d’être posée à propos de la seule assemblée de notre République élue au suffrage indirect.

    Au fil de l’histoire de notre pays, la chambre haute du parlement a été avant tout conçue comme un moyen de « modérer » l’Assemblée nationale élue directement par le peuple. De fait, sous la Ve République, la domination du camp conservateur sur le palais du Luxembourg n’a été interrompue que par une parenthèse de 3 ans de 2011 à 2014.

    On l’a oublié mais c’est sa défaite lors du référendum sur une réforme du Sénat qui a conduit le général de Gaulle à quitter le pouvoir en 1969. Il souhaitait le fusionner avec le conseil économique et social et lui donner une fonction uniquement consultative.

    Question politique

    Depuis, différentes réformes constitutionnelles ont fini par faire du Sénat la « chambre des territoires », chargée de faire entendre la voix des collectivités territoriales et des élus qui les gèrent.

    Et pourtant, les communes, métropoles, départements et régions sont aujourd’hui exsangues. Leurs budgets sont pressurés par les logiques d’austérité. La République de proximité est en danger.

    Faire entendre la voix des communes et des autres collectivités n’est donc pas une question institutionnelle mais bien politique.

    Pour y parvenir, il ne suffit pas aux grands électeurs de compter sur le Sénat mais il faut y élire des candidats qui ne votent pas un budget de l’État en contradiction avec l’intérêt des territoires.

  • [Exclusif] Hervé Menchon sur l’abattage d’arbres à Marseille: « Je suis horrifié. On est à rebours des enjeux du siècle »

    [Exclusif] Hervé Menchon sur l’abattage d’arbres à Marseille: « Je suis horrifié. On est à rebours des enjeux du siècle »

    La Marseillaise : De nombreux Marseillais et militants associatifs sont choqués par la destruction par les services de la Ville d’une quarantaine d’arbres de haute tige dans la pinède du parc Bonneveine. Comment est-ce possible dans un projet qui vise à renaturer un parc public ?

    Hervé Menchon : Je suis triste et très en colère et je comprends et je ressens l’émotion des gens et des associations. C’est très dur aujourd’hui, en période de canicule, avec ce que l’on sait du dérèglement climatique et de ce qui nous attend. Après, je n’ai pas été impliqué dans ce dossier que je n’ai pas piloté. C’est un parc qui est labellisé EcoJardin et qui impliqué dans le programme « Territoires Engagés pour la Nature » et sur lequel j’attendais justement des réponses de mes services. Aujourd’hui, demain, rien ne sera équivalent à la protection et au maintien des arbres matures qui existent. Ce qui s’est passé, ce n’est juste pas possible ! 2050, c’est dans 24 ans. Les arbres qu’on plantera aujourd’hui n’apporteront jamais la même ombre, la même fraîcheur et ne seront jamais le même habitat que ceux qu’on a abattus. On mettra des décennies à récupérer la continuité écologique qu’apportaient ces arbres. On a détruit une canopée et au-delà un stockage carbone qui freine le dérèglement climatique.

    Au-delà du décompte des arbres abattus, c’est aussi la méthodologie de travail au sein d’une mairie à composante écologique qui est questionnée selon vous ?

    H. M. : Un arbre, c’est un monde. Il n’y a pas une espèce protégée et d’autres espèces qu’on pourrait détruire. Pas aujourd’hui, pas au XXIe siècle. On ne peut pas réfléchir comme ça alors qu’on est en train d’essayer de construire une planète vivable en 2050 et que se pose la question de l’habitabilité de la ville de Marseille en 2050. Ce qui s’est passé est digne de la politique agricole du XIXe siècle ou du productivisme du XXe siècle. On est ailleurs là, on est dans l’espace. On ne peut faire du génie contre la nature. Ça n’existe pas ! On doit faire alliance avec la nature, dès aujourd’hui, partout à Marseille, sur terre, en mer, en ville et pas seulement dans les parcs et jardins. La biodiversité, c’est ça. J’ai une «division» biodiversité, mais qui n’est même pas une direction biodiversité, et qui ne s’occupe pas des parcs et jardins. Je ne peux pas travailler avec ces outils-là aujourd’hui.

    En tant qu’écologiste engagé, je me suis battu pour sauver les 16 arbres du square Lévy, pour sauver la pinède du Roy d’Espagne, les jardins Joseph-Aiguier, le parc de la Mathilde. Je viens de là, moi et je ne cautionnerai jamais l’abattage de 30 à 40 arbres ! Il existe d’autres solutions que l’abattage. Même si on a des rapports d’experts, on peut avoir des contre-expertises. Il y a sûrement un génie humain qui est capable de maintenir les arbres. Alors peut-être qu’il était trop tard, qu’il y a la réalité et le temps administratifs. Il y a eu aussi les élections au milieu qui ont fait que chacun prend ses marques.

    Les associations dont FNE13 ont le sentiment qu’on leur a joué un mauvais tour, d’avoir été pris pour des idiots, en abattant précipitamment en pleine discussion. Vous comprenez ?

    Les associations m’ont sollicité. Je n’ai pas répondu parce que ce n’était pas mon dossier. On m’a mis adjoint à la biodiversité mais je ne suis pas la caution des massacres de la biodiversité. Je veux être adjoint à la biodiversité sinon ça ne sert à rien et je vais à nouveau grimper aux arbres. Même sur le tramway des Catalans, je ne suis pas chaud parce qu’il faut couper des arbres. Aujourd’hui, on aura du mal à avoir des arbres. On ne sait pas si les arbres qu’on plante aujourd’hui vont survivre. On n’aura peut-être pas l’eau pour les arroser avec une température de 50 degrés. Un arbre, c’est du vivant, ce n’est pas un meuble ! Ce n’est pas du mobilier urbain. Avec un arbre, il y a des champignons, des insectes utiles à la vie qui nourrissent des espèces protégées justement. Là, franchement, on est à rebours de mes ambitions, à rebours des enjeux du siècle. Je suis horrifié.

    Est-que cela suscite des discussions au sein de la gouvernance municipale ?

    J’aurai bientôt une réunion avec Perrine Prigent [ndr : adjointe DVG déléguée aux espaces verts qui pilote le dossier]. Je pense que là, une réunion avec le maire de Marseille s’impose. C’est tout le sens de mon engagement politique qui est remis en question aujourd’hui.

    Recueillis par David Coquille

  • [Entretien] Serge Lhotellier, le logement social « est un atout »

    [Entretien] Serge Lhotellier, le logement social « est un atout »

    Contrairement à d’autres communes varoises dépensant plus d’énergie à fustiger la loi SRU qu’à construire un avenir pour leurs habitants, la Ville de Toulon a pris le problème à bras-le-corps pour tenter de combler son retard en matière de logement social par rapport à ses obligations légales. L’adjoint au maire Serge Lhotellier met en avant les efforts déployés et prononce un discours clair concernant le logement social afin de dissiper les idées reçues.

    « Ce qu’il faut comprendre, c’est que le logement social est une chance et un atout pour les territoires », affirme-t-il sans détour, en rappelant une évidence que beaucoup d’élus, tous à droite sur l’échiquier politique, ont tendance à oublier. « Cela permet aux jeunes de rester dans leur ville, aux ménages de pouvoir se loger dans des conditions dignes et correspondantes à leurs ressources ». Sans compter, « pour les travailleurs, la possibilité de pouvoir se loger pas très loin de leur emploi… » Ce qui en matière de développement durable est plutôt vertueux.

    Cela permet aussi aux seniors vivre dans leur cité, ajoute l’élu. « Dit autrement, le logement social permet effectivement de répondre à tous les besoins des Toulonnais dans leur diversité », insiste-t-il.

    Une démarche vertueuse

    Ce n’est donc pas seulement, contrairement à ce que de nombreux maires du territoire veulent y voir, qu’une contrainte imposée par l’État mais bien d’une urgence à laquelle en toute responsabilité les équipes en place doivent apporter une réponse y compris comme ici lorsque cela est difficile.

    Dans le Port du Levant, la première magistrate Josée Massi veut continuer à s’atteler à la tâche en luttant en même temps contre le logement dégradé. C’est dans ce cadre qu’a été reçu le mois dernier le ministre du logement Vincent Jeanbrun. « Nous lui avons fait visiter le quartier de la Grande Plaine », rappelle Serge Lhotellier. Une copropriété dans laquelle prospèrent la pauvreté et la désespérance dans des appartements loués chèrement. La municipalité, assure-t-il, a la volonté de reconquérir cet espace et l’intégrer dans un vaste projet urbain d’aménagement. « Ce qui permettrait de créer des logements sociaux qu’on offrirait au Toulonnais… » Et de poursuivre : « Chaque financement d’un logement social nous rapproche de l’objectif fixé par l’État et nous éloigne de la pénalité financière. » L’adjoint résume la démarche de la Ville de Toulon : « La politique de la municipalité est une politique de cohésion, d’attractivité et d’intégration de toute la diversité de la ville », conclut Serge Lhotellier qui préside également l’organisme d’HLM Toulon Habitat Méditerranée.

    Pendant ce temps à Six-Fours-les-Plages

    Alors que la Ville de Toulon, la Métropole Toulon Provence Méditerranée et la préfecture s’activent les pour répondre à la demande des habitants en logement, le contraste est saisissant avec la commune voisine de Six-Fours, tombée aux mains du RN. Le nouveau maire Frédéric Boccaletti, précédemment conseiller municipal, joue les offusqués en faisant mine de découvrir une programmation de plus de 600 logements sociaux sur la commune, en s’indignant contre son prédécesseur le LR Jean-Sébastien Vialatte qui a pourtant peu œuvré pour le logement social.

    Six-Fours commune ne dispose que de 9,8% de logements locatifs sociaux. Elle est donc lourdement prélevée pour cette carence, rappelle le militant logement Jean-Paul Jambon. Déjà trop pour le maire d’extrême droite qui jure sur ses grands dieux qu’il n’était pas au courant de ces futurs logements agréés par l’État. Si cela se confirme cela montre qu’il aurait été un opposant peu au fait des dossiers. Inquiétant quand on prétend la diriger.

  • Olivier Galzi s’apprête à lancer son propre parti politique

    Olivier Galzi s’apprête à lancer son propre parti politique

    Ce qui a marché à Avignon aux élections municipales va-t-il marcher ailleurs ? C’est en tout cas ce que semble penser le maire (DVD) Olivier Galzi, qui lance officiellement son micro-parti « Le bon sens des territoires ».

    Ne faisant pas les choses à moitié, une grande soirée de lancement a également été annoncée. Elle se tiendra le jeudi 10 septembre prochain à La Scala Provence. « Parce que la politique doit se réinventer, parce que nos territoires sont les fondations de notre pays et parce que ceux qui décident sont trop éloignés de nos réalités, je propose de lancer un nouveau mouvement », précise le premier édile de la Cité des Papes sur ses réseaux sociaux.

    Un moment pendant lequel est également prévue la projection en avant-première du documentaire Clés de campagne, qui se « penche sur les coulisses de l’élection municipale d’Avignon, offrant un aperçu inédit », nous confie-t-on dans l’entourage du maire. Un nouvel élément de communication de l’ex-présentateur du 20 heures, lui qui en est friand et qui en a fait l’une de ses forces.

    Hors des partis

    Avec cette création, il se réaffirme hors des partis traditionnels, comme il n’a cessé de le répéter durant sa campagne. Il souhaite également impulser une dynamique pour d’autres échéances politiques. Avec, tout d’abord, les sénatoriales en vue, où son adjointe et compagne, Anaïs Haussman, se présente. Et donc, on l’imagine, d’autres échéances électorales.

    Une démarche qui risque de remuer un peu plus la sphère politique locale. Aux dernières nouvelles, le choix de partir en solitaire pour un siège au palais du Luxembourg a agacé, à droite comme à gauche.

  • [Incendies] L’État au chevet de l’économie locale

    [Incendies] L’État au chevet de l’économie locale

    Une réunion exceptionnelle est prévue, ce jeudi, au ministère de l’Économie. Le gouvernement a affirmé son souhait d’apporter « des réponses plus précises » aux « préoccupations » des entreprises dont l’activité est affectée par les feux de forêts qui frappent la Gironde a indiqué ce mardi 28 juillet le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin.

    Près de 14 500 sociétés ont été mises à l’arrêt, dont 7 000 artisanales et 6 300 commerciales, essentiellement dans le secteur du tourisme, 40 000 emplois et 7% du PIB départemental pour 3,2 milliards d’euros de retombées directes. « Nous sommes face à une crise totalement inédite. Les salariés sont démunis, tout comme les chefs d’entreprise, dont certains ont perdu leur logement » a indiqué Cécile Despons, présidente de l’organisation patronale Les Entrepreneurs (ex-CPME) de Gironde. Pour elle, il s’agit d’éviter « la double peine ». « Nous attendons des décisions à la hauteur de la gravité de la situation », ajoute-t-elle.

    La CGT appelle à accompagner aussi les salariés

    De son côté, la CGT demande dans un communiqué à « dresser un état des lieux exhaustif des entreprises touchées, qu’elles soient en cessation totale ou partielle d’activité, avec la mise en place de cellules départementales de suivi associant les organisations syndicales ». Pour le syndicat, « une vigilance particulière doit être portée aux établissements industriels à risques, notamment les sites Seveso ». La CGT insiste sur la prise en compte et l’accompagnement des salariés qui seraient, selon la Chambre de commerce de Bordeaux, 100 000 à 150 000 affectés par le chômage partiel. Le syndicat estime indispensable de « prendre en charge à 100% le dispositif exceptionnel d’activité partielle, afin qu’aucun [d’entre eux] ne perde un euro, et à mettre en œuvre via les services de l’État une information claire sur leurs droits ». Dans la même optique, la CGT appelle à « convoquer les instances représentatives du personnel afin d’évaluer les besoins au plus près du terrain, adapter les conditions de travail et garantir [leur] protection, organiser la solidarité entre entreprises et entre territoires ».

  • Un nouveau projet déminé dans le bunker de l’Escalette

    Un nouveau projet déminé dans le bunker de l’Escalette

    Le permis de construire mijote depuis six mois au service de l’urbanisme. Cette fois, c’est pour aménager des logements dans la « batterie basse de L’Escalette », chemin des Goudes, 8e. Après un refus d’autorisation d’un restaurant en 2018 puis d’un appart hôtel en 2024, Jean Levakis, le gérant de la SCI Calanques, a tenté une « rénovation extérieure avec changement destination en deux logements pour de la location saisonnière ». Saisie en avis conforme de ce dossier sensible, la commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS) a mis un veto.

    M. Levakis caressait l’espoir d’être enfin entendu, à la faveur d’une sympathique modification du PLUI qui autorisait ce changement de destination rêvée avec le soutien de la mairie et de la métropole. Une révision qui n’est pas du tout du goût de l’État à en juger par le déféré préfectoral pour la faire annuler. Il faut dire que ce projet de meublés faisait peu cas de l’identité du bunker et ce d’autant qu’il prévoyait de redimensionner les ouvertures, de le recouvrir d’épais parements en pierre « pour atténuer l’impact paysager ». Pour rappel, ces trois blockhaus et le tobrouk (lire ci-contre) sont protégés au PLUI : « Les ouvrages ne devront pas être dénaturés. Ils devront conserver leur composition et leurs matériaux. Seuls sont autorisés des aménagements permettant la mise en valeur l’ouvrage. »

    « Un chef étoilé

    pour 40 couverts »

    Interrogé, Jean Levakis, 71 ans, prend acte du refus. « Mon projet s’arrête, je suis déçu. C’était deux habitations, ni plus ni moins. » Déterminé, il annonce « redemander des autorisations pour refaire un restaurant sous les conditions d’exploitation du parc des calanques puisque c’est la seule destination possible ». La batterie a abrité une discothèque dès 1956 puis un restaurant. « Il s’appelait “Le Schtroumpf” et il a fermé en 1997 un an avant qu’on achète », se souvient Jean Levakis qui dit avoir obtenu en 2010, en dépit des recours de trois associations, une autorisation d’ouverture reconduite jusqu’en 2018. « Elle n’a servi à rien car je n’ai pas trouvé d’investisseurs et ensuite j’ai eu un retrait d’autorisation de la Ville qui nous a demandé de faire de l’habitation. Là, on n’a pas le choix, on ne peut pas laisser le site comme ça. L’an dernier, on a eu une rave party avec 200 personnes et le tag se développe. » À présent, il dit consulter des « chefs médiatisés ». « Du fait qu’on est restreint en place de parking, pour que l’exploitation soit viable, il faut un chef étoilé pour 40 couverts. » Confiant, il se donne « a minima deux ans » pour ouvrir.

    Pas sûr que le Parc national des calanques (PNC) le suive sur un site habité d’espèces végétales à enjeu fort de protection dont la phrygane littorale en « dynamique de reconquête » sur la parcelle. La Ville, elle, voudrait « désengager ces espaces déjà anthropisés de la contrainte de la loi Littoral afin de permettre des évolutions compatibles avec le patrimoine ». D’où le toilettage du PLUI qui viole frontalement la loi Littoral. Toute construction, hors continuité d’urbanisation, est interdite dans la bande des 100 mètres, de surcroît en espace naturel classé, mais également tout changement de destination, et sans dérogation possible.

    « Tout projet est voué

    à l’échec »

    « Tout projet sur ce site somptueux est voué à l’échec. Rien ne se fera, tout sera contesté. Quand des noms apparaissent, tout le monde est frileux. À un moment donné, il faut savoir se faire oublier. Toute cette agitation aujourd’hui, c’est pour amuser la galerie. Mais leur objectif, c’est de vendre », sourit une source proche du dossier judiciaire. Car l’autre associé à 50% avec M. Levakis au sein de la SCI Calanques s’appelle Jean-Claude Pietrotti. Depuis juin 2010, ce promoteur de 67 ans est mis en examen pour extorsion du fabricant cannois de yachts de luxe et blanchiment en bande organisée aux côtés du gratin du milieu marseillais, les frères Michel et Gérald Campanella et Bernard Baresi. Depuis quinze ans, l’instruction est aux oubliettes, encapsulée dans un autre bunker, celui de la JIRS de Marseille.

  • Pass Sport : il est urgent de donner de la visibilité aux familles et au mouvement sportif

    Pass Sport : il est urgent de donner de la visibilité aux familles et au mouvement sportif

    Nous, maires de communes de toutes tailles, élus de la Nation et des territoires, présidents des fédérations sportives concernées par le pass Sport, du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et des comités régionaux, territoriaux et départementaux olympiques et sportifs, prenons aujourd’hui la parole d’une même voix.

    Le retour du pass Sport pour les enfants de 6 à 13 ans, annoncé par la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative et prévu lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2026, constitue une bonne nouvelle. Encore faut-il que cette annonce se traduise rapidement par des décisions claires.

    À quelques semaines de la rentrée, il est inacceptable que les familles, les clubs et l’ensemble du mouvement sportif ne sachent toujours pas quelles seront les modalités d’attribution et d’utilisation du dispositif.

    Comment les associations peuvent-elles préparer leurs campagnes d’inscription ? Comment les familles peuvent-elles anticiper le coût d’une licence sans connaître les aides auxquelles elles auront droit ?

    La Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) est pressentie pour piloter le dispositif. Selon quelles modalités, quel calendrier, avec quels outils ? Personne ne le sait. Si l’objectif était de rendre le pass Sport inefficace, de décourager les familles et de compliquer la tâche des clubs, il serait difficile de s’y prendre autrement.

    Le pass Sport doit être simple, lisible et opérationnel avant la rentrée de septembre. Les règles doivent être connues suffisamment tôt pour permettre aux clubs d’organiser leurs inscriptions et aux familles de prendre leurs décisions sereinement.

    La suppression du pass Sport pour les 6-13 ans a eu des conséquences immédiates : dans nos communes, dans nos clubs, nous avons constaté une baisse des inscriptions, en particulier parmi les enfants issus des familles les plus modestes.

    Les contraintes budgétaires sont réelles. Mais ces économies apparentes ont un coût, que nous mesurons chaque jour sur le terrain.

    La pratique sportive n’est pas une option. Dans un pays où la sédentarité progresse, avec des conséquences majeures sur la santé publique, investir dans le sport est un choix de responsabilité. Chaque euro consacré à l’activité physique en épargne demain plusieurs à notre système de santé.

    Le sport est aussi un formidable outil d’éducation, d’émancipation et de cohésion sociale.

    Dans une France traversée par les fractures territoriales, sociales et culturelles, les clubs sportifs maintiennent le lien, transmettent des valeurs et offrent un cadre éducatif essentiel.

    Dans de nombreux territoires, ils demeurent les derniers acteurs de proximité capables de rassembler toutes les générations et tous les publics. Ils sont, à leur manière, les derniers hussards de la République.

    Nous appelons donc le Gouvernement à publier sans délai les modalités du pass Sport 2026, afin que les familles et les clubs puissent préparer la rentrée dans de bonnes conditions.

    Faisons du sport un droit pour chaque enfant, et non un privilège.

    Aidons le sport à aider la France.

    Parmi les premiers signataires : Éric Méry, adjoint au maire de Marseille, Marc Vuillemot, ancien maire de La-Seyne-sur-Mer, Paul Sabatino, maire du Rove, Gérard Guerrero, adjoint au maire de Septèmes-les-Vallons, · Pierre Dharréville, adjoint au maire de Martigues mais aussi Philippe Rio, maire de Grigny, Alain

    Bruneel, maire de Lewarde, ou encore Amélie Oudéa-Castéra, présidente du Comité national olympique et sportif français · Stéphane Nomis, président de la Fédération française de judo et disciplines associées · les présidents des fédérations sportives concernées par le dispositif pass Sport · les présidents des CROS/CDOS/CTOS · Sébastien Nolesini, directeur général de France Judo…

  • Les approches se diversifient dans la contestation de la Très haute tension

    Les approches se diversifient dans la contestation de la Très haute tension

    Sur la route d’Arles aux Saintes-Maries-de-la-Mer, les champs bordent le bitume, parfois séparés de petits canaux iconiques de la Camargue. Mais passé le croisement de la D570 et de la route du Mas d’Agon, impossible de rater ce container rouge érigé sur une parcelle agricole, visible à plus d’un kilomètre.

    « Voici un cinquième de pylône THT » arbore en blanc le monolithe depuis vendredi dernier. Une allusion directe à la hauteur moyenne des 145 pylônes du projet de RTE de ligne à Très haute tension (THT) devant relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer, pour 2029. Ce projet est depuis le départ fortement contesté sur les territoires concernés. Surtout par les agriculteurs à l’instar de Carole Guintoli, propriétaire du terrain sur lequel se trouve le container. « J’ai pris mon pinceau et j’ai écrit, on s’imagine mieux l’impact sur la Camargue », retrace-t-elle au petit-déjeuner des opposants mardi matin.

    Un acte militant, pour cette ancienne élue avec le maire d’Arles Patrick de Carolis (Hor), présent. « La Camargue est belle car justement il n’y a rien. Avant de mettre la THT, mettez l’eau au robinet partout ! » lance-t-elle. « Comment on va travailler avec des pylônes au milieu des rizières ? On a des solutions alternatives. C’est comme si je prenais mon âne pour livrer mon riz au supermarché, qu’on ne dise pas qu’on n’est pas capable de faire autrement avec les ingénieurs qu’on a quand de mon côté je sème mon riz par drone. »

    « On se bat pour notre environnement »

    Dans cette mobilisation « ce n’est pas une question de bord politique » assure Julien Besançon, 1er adjoint de Saint-Martin-de-Crau et secrétaire national des Centristes. « L’État avance sans les élus du territoire qui eux se battront jusqu’au bout par tous les moyens pour une autre solution » que la ligne aérienne, selon l’élu. Le coût et le délai sont inaudibles. « Le coût est déjà plus élevé qu’à la base et les délais s’entendent s’il n’y a aucun recours ou action en justice. Sauf qu’il y en aura ! » promet-il.

    En filigrane, l’articulation de l’environnemental et du social. « On nous dépeint comme des grands empêcheurs, mais ce n’est que pour faire peur aux travailleurs pour leurs emplois et aux petits patrons s’imaginant qu’une partie des 20 milliards d’investissement est pour eux. Pour mieux les monter contre les opposants » analyse Jean-Laurent Lucchesi du collectif THT13/30, ornithologue et ancien directeur des Marais du Vigueirat. Car outre la protection des oiseaux et du vivant, le militant rappelle que « décarboner n’est pas dépolluer » et estime que les promesses de 60 000 emplois sont « des mirages », alors que le projet Carbon, 3 000 emplois et le plus dépendant de l’apport électrique, est abandonné.

    La rencontre des intérêts progressistes, environnementaux voire de classe se trouve peut-être dans cette approche, au-delà des discours sectorisés ou identitaires.

  • La ligne à très haute tension est loin d’être enterrée

    La ligne à très haute tension est loin d’être enterrée

    Sur le bord de la route de Gageron, petit hameau au sud-est d’Arles, champs et rizières s’offrent à la vue des rares passants. À l’exception des pylônes de la ligne électrique à 63 000 volts reliant Arles à Jonquières-Saint-Vincent, dans le Gard. Le projet de ligne Très haute tension (THT) à 400 000 volts, devant relier le poste gardois à Fos-sur-Mer, pour alimenter les projets industriels décarbonés, emprunterait un chemin similaire. Mardi matin, le transporteur d’électricité RTE, porteur du projet, a embarqué la presse pour un tour d’horizon des paysages traversés de Jonquières à Gageron, hameau d’Arles.

    La route empruntée suit une bande de 100 mètres élaborée dans le cadre de la demande de Déclaration d’utilité publique (DUP) formulée par RTE. Celle-ci s’étend sur 65 kilomètres, passant à l’est de Bellegarde, descendant près du Parc naturel régional de Camargue, bifurquant à hauteur de Gageron pour traverser le Rhône et rattraper l’emprise de la nationale 568 vers Fos. Au total, 145 pylônes de 40 à 60m de haut sont envisagés pour cette ligne aérienne sujette à controverse.

    Car au moment du départ pour la visite de presse, plusieurs banderoles sont déployées devant les journalistes présents au départ d’Avignon TGV mardi matin. « Cette ligne c’est la mort du tourisme et de nos activités économiques », lance une des opposantes, « c’est un passage en force qui n’a pas sa place dans une démocratie » lance un membre des Jeunes agriculteurs, « RTE va vous vendre du vent, cette ligne ne se fera pas avec l’opposition unanime », lâche un autre opposant, « ça fait deux ans et demi qu’on souhaite discuter avec RTE », conclut la première.

    La conférence de presse donnée par RTE n’a pas fait l’impasse sur le sujet. « Nous avons vu des gens avec qui on n’est pas d’accord, même si on discute », affirme Gilles Odone, délégué Méditerranée de RTE. « Nous ne vendons rien, nous rendons un service public dans le contexte de ré-électrification du pays. La nouvelle demande est de 6 000 mégawatts alors qu’on en consomme 8 000 en région Paca aujourd’hui. Les services de l’État ont donc estimé qu’il fallait apporter 4000 mw sur place », recontextualise le dirigeant. Cet apport représente un peu plus de 26 centrales de Gardanne (biomasse) ou de 4 centrales de Martigues (gaz).

    Le directeur du projet d’électrification Fos-Berre, Christophe Berassen, rappelle qu’après le dévoilement du fuseau de moindre impact en 2024, le débat public Fos-Berre avait été « une opportunité de dialogue avec le territoire », et indique que la Déclaration d’utilité publique fera l’objet d’une enquête publique à l’automne 2026, pour début des travaux en 2028 et livraison en 2030. « La DUP est travaillée avec le territoire et le tracé final se décidera en concertation avec tout le monde », annonce le chef de projet, notamment par « un travail fin avec les exploitants pour insérer au mieux les pylônes et protéger les haies ».

    Une âpre négociation

    Cette volonté affichée se heurte à une réalité. Aux ronds-points des entrées de Jonquières-Saint-Vincent, de Beaucaire, de Fourques et d’Arles, des banderoles arborent le même message : « Non à la ligne aérienne à Très haute tension. » Alors, le jeu de la négociation s’opère. « Nous proposons l’enfouissement des lignes existantes de 63 000 volts », explique Christophe Berassen lors de la conférence de presse, comme pour la ligne Jonquières-Arles présente à proximité du tracé de la future THT. Le directeur affirme que « d’ici 2035, un pylône installé vaudra trois pylônes supprimés », dans les deux départements. « Au départ, on était à un pour un », confie l’un des dirigeants au cours de la visite. « On connaît les opposants. On les rencontre, on propose de supprimer des pylônes à côté de chez eux pour en mettre un autre plus loin… Ça prend du temps », complète-t-il.

    Mais quid de l’alternative ? Selon les opposants, l’enfouissement total du projet THT est faisable. Mais selon RTE, qui indique avoir étudié 14 solutions différentes, c’est une question de coûts, d’emprise foncière… Et surtout de temps. « Nous avons besoin de cette électricité à échéance 2030-2031 car les industriels prennent actuellement leurs décisions finales d’investissement », rappelle Gilles Odone. Industriels et syndicats vont dans ce sens.