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  • [Entretien] Lionel Mathieu : « Au bataillon, nous avons une vie partagée avec les Marseillais »

    [Entretien] Lionel Mathieu : « Au bataillon, nous avons une vie partagée avec les Marseillais »

    Viscéralement attaché aux hommes et femmes du bataillon, mais aussi à une ville, Marseille, avec laquelle il a appris à composer au quotidien, le vice-amiral nous livre, avant son départ, les grands axes de son action mais aussi son analyse sur l’évolution du métier et des risques auxquels les marins-pompiers sont confrontés.

    La Marseillaise : Lorsque vous avez été désigné commandant du bataillon de marins-pompiers de Marseille, quels étaient vos objectifs ?

    Lionel Mathieu : Le premier objectif, c’était de faire un peu le point sur ce qu’était le bataillon contemporain de mon arrivée. Il venait de traverser la période de la crise sanitaire, riche mais difficile. Dans les mois qui ont suivi ma prise de fonction, j’ai dégagé trois grandes orientations. La première c’est ce que j’appelle conserver notre excellence opérationnelle. C’est-à-dire remplir la mission vis-à-vis des Marseillaises et des Marseillais de la manière la plus optimale possible. Et pour ce faire, il faut d’abord continuer à s’entraîner, c’est un élément extrêmement important. Un entraînement conséquent et diversifié pour justement être polyvalent. Il faut aussi que le marin-pompier en opération soit soutenu par des médecins, par de la logistique, que son matériel soit toujours en bon état. Être bon en opération, c’est aussi conserver notre expertise maritime et portuaire. Le deuxième grand axe, c’était ancrer l’humain au cœur du bataillon car sa richesse, ce sont bien ses marins-pompiers et ses personnels. On a travaillé sur une modernisation de ce qu’on appelle la gestion de carrière, sur le maintien de conditions de travail acceptables avec des équipements de pointe, de la sécurité en intervention et des casernes aménagées. Il y a aussi les conditions de vie à l’extérieur du bataillon, le socle sur lequel se bâtit là aussi leur efficacité opérationnelle. Principalement une vie décente pour eux-mêmes et pour leur famille, c’est-à-dire trouver des logements, les aider à garder leurs enfants, trouver des emplois aux conjoints, s’occuper des blessés quand nous en avons, des décès aussi malheureusement. Le troisième axe, c’est de regarder demain…

    Justement, le métier a-t-il évolué ?

    L.M. : Oui parce qu’on a une évolution des risques de plusieurs natures. La première, le changement climatique avec des feux plus forts, des phénomènes météorologiques intenses où on recommence à parler en Méditerranée du risque de tsunami. De là découle l’évolution des énergies. On voit une ville qui s’électrifie de plus en plus. La propulsion des navires est différente, on a la présence de batteries dans les véhicules… Et enfin le troisième élément, ce sont les tensions, la montée de la violence. Elle n’est pas dirigée contre les marins-pompiers mais on est confronté à l’exacerbation de la violence des rapports humains. Derrière l’évolution de ces risques, il y a donc l’évolution de nos techniques, de nos stratégies, de nos matériels avec notamment la numérisation, l’apport de l’intelligence artificielle, il y a aussi un besoin et une volonté d’aller vers plus de partenariats, d’être plus ouverts sur notre environnement, à la fois dans les autres services au public, les universités. Mais aussi d’aller vers la population parce qu’il faut absolument qu’elle soit avertie de ces risques, préparée à avoir des bons comportements. Aujourd’hui, on peut dire que nous ne sommes plus des soldats ou des marins du feu mais des soldats ou marins de la crise. On attend de nous d’être un peu la boîte à outils de tout ce qui est un peu déréglé. Notre intervention à Mayotte par exemple, n’était pas du secours d’urgence mais de la reconstruction. Cela demande une évolution de l’état d’esprit, l’emploi de plus en plus important de nos spécialités, qu’elles soient aquatiques, de secours en milieu périlleux, de risques technologiques, sur l’usage des drones ou des robots, mais aussi de les combiner entre elles. Ce qui requiert une certaine dextérité.

    Vous dirigez aussi l’école des marins-pompiers. Pour vous, la relève est-elle assurée ?

    L.M. : Cette école c’est le projet d’avenir par excellence. C’est là que tout commence, où le jeune a sa première image du bataillon, où on lui donne les bases les plus importantes, celles qu’il va garder tout au long de sa carrière, même si après il repassera dans le cycle de connaissances. C’est un projet sur lequel il faut encore convaincre, parce que ce sont des investissements humains et financiers importants. À terme, on souhaite regrouper les 3 sites sur lesquels elle est répartie en un. On recrute 180 jeunes par an, c’est un peu moins de 10% de l’unité, nous n’avons pas de crise de vocation.

    Quand on est marins pompiers on est militaire mais aussi pompier de Marseille, comment se traduit cette double appartenance ?

    L.M. : Nous sommes une unité militaire qui vit dans la cité. J’ai 350 marins pompiers tous les jours, l’hiver, un peu plus l’été, qui sont en action dans la ville. Ça crée une proximité avec la population qui est extrêmement importante. Nous consacrons 37 minutes à chaque Marseillais par an. C’est ce que j’appelle la vie partagée. Après, il y a l’histoire commune, celle des grands événements heureux, malheureux, ou douloureux qui font cette vie. Parmi les premiers, on a eu les dispositifs de protection qu’on a mis en place pour la coupe du monde de rugby, pour les Jeux Olympiques, la venue du Pape. Encore ce 15 août, les marins-pompiers faisaient partie du paysage lors du spectacle de drones. Pour les événements malheureux, les drames humains, la mort, nous les côtoyons régulièrement. Massages cardiaques, décès de personnes âgées, d’enfants, on est dans les familles. Et puis il y a les événements douloureux comme la rue d’Aubagne ou la rue Tivoli. Il ne faut pas s’imaginer que le marin-pompier, même si de par son métier côtoie des choses difficiles, est insensible.

    Quelles sont selon vous les interventions les plus marquantes de votre temps de commandement ? Que retenez-vous de cette période ?

    L.M. : Au-delà des événements douloureux que nous venons juste d’évoquer, je retiendrai surtout le contact humain avec les marins-pompiers, avec les médecins, tous ceux qui optent pour le bataillon. J’ai trouvé ici une densité humaine que je n’avais pas beaucoup rencontrée, peut-être un peu sur le porte-avions Charles de Gaulle quand j’y ai servi. Je pense que ce qui va rester ce sont ces visages où on voit sourire, fatigue, engagement… Tout ce qui marque. Ces gueules saisies sur l’instant, dans la charge émotionnelle ou la satisfaction du contact avec son chef. C’est une espèce de complicité tout en retenue.

    Quels conseils donneriez-vous à votre successeur ?

    L.M. : En substance, je vais lui dire trois choses : « aime Marseille, aime les marins-pompiers et sois toi-même ».

    Le bataillon en bref

    Plus de 2 500 militaires et civils constituent le BMPM

    17 centres d’incendie et de secours du BMPM sont répartis dans Marseille

    L’unité intervient aussi sur 4 sites à l’extérieur de la ville, l’aéroport Marseille-Provence, Airbus hélicopters, le port de Fos-sur-Mer et celui de Port-de-Bouc.

    Plus de 126 000 interventions en moyenne, soit plus de 340 opérations par jour, sont réalisées chaque année, 81% des missions relevant du secours à personnes

  • [C’est l’été] Enquêter pour découvrir la forêt alpine

    [C’est l’été] Enquêter pour découvrir la forêt alpine

    « Qui a volé les graines de notre pin cembro ? Le jeu de piste de la Maison du Bois et de la Forêt invite petits et grands à découvrir le musée tout en s’amusant. Afin de retrouver les fruits du conifère de haute altitude, le dernier rendez-vous de l’été est donné ce mercredi 26 août de 14h30 à 18h30. Après 45 minutes d’énigme, il sera possible d’assister à la démonstration, par un menuisier, de tournage sur bois.

    Située au cœur de la vallée de l’Ubaye, la Maison du Bois et de la Forêt propose des parcours interactifs adaptés au jeune public. L’exposition actuelle « De la graine à la planche » présente les métiers et usages du bois, tout en sensibilisant à la protection des forêts, marquées par l’exploitation humaine et le changement climatique.

    L’enquête du Pin cembro propose ainsi d’en apprendre davantage sur ses fruits, plus communément appelés « pommes de pin ». Pour ce faire, les détectives doivent se munir d’un livret spécial jeu de piste à un euro, puis répondre à 12 questions dont les réponses sont disséminées dans le musée. À la clé, un cadeau en bois à personnaliser soi-même !

    Andréa Goyard-de Castro

    Tarifs : adulte, 8 euros ; -15 ans, 4 euros ; -5 ans, gratuit.

  • Alerte au risque industriel sur le site Fibre Excellence

    Alerte au risque industriel sur le site Fibre Excellence

    « On relève de la mise en danger ! Si des produits chimiques se déversent dans le Rhône, ça va être une catastrophe environnementale. » Les mots de Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT de l’usine de pâte à papier tarasconnaise Fibre Excellence sont forts mais l’inquiétude est bien réelle. Si le site a été liquidé judiciairement à la fin juillet, les installations classées Seveso trônent toujours au-dessus du Rhône et ce sont les salariés qui assurent surveillance et sécurité de leur ex-outil de travail. Mais plus pour longtemps : « Une société spécialisée dans le traitement des déchets industriels doit arriver sur le site ce mercredi et les salariés doivent définitivement le quitter, vendredi ». Sur le papier, la nouvelle pourrait paraître rassurante, mais c’est tout le contraire pour ceux qui officiaient sur le site. « En trois jours, comment va-t-elle faire pour maintenir l’état des installations, garantir la sécurité du site et éviter des fuites de produits chimiques ? », questionne le délégué syndical. Il prend un exemple concret de danger potentiel : « On a une station de puisage d’eau dans le Rhône, notre station d’épuration en recrache dans le Rhône après traitement… S’il n’y a pas une surveillance de tous les instants, il y a un risque que des produits chimiques passent ». Avec des effets qui pourraient être dévastateurs sur la faune et la flore environnante.

    6 000 m3 de produits chimiques sur l’usine

    L’alerte est telle qu’elle est reprise par la CGT à un niveau confédéral. La centrale syndicale de Montreuil tire aussi « la sonnette d’alarme » dans une communication pour le moins inquiétante : « Gérer des déchets ne signifie pas savoir conduire et sécuriser une papeterie de plusieurs dizaines d’hectares ». Avant de développer : « Protection incendie, installations électriques, équipements contenant de l’amiante, milliers de mètres cubes de produits chimiques : la sécurité industrielle ne s’improvise pas et ne peut pas être transférée en quarante-huit heures ! ».

    Sur le terrain, Jean-Michel Bulinge confirme : « Il y a des postes de conduite qui nécessitent un an d’expérience pour savoir exercer correctement. Mais là, à moins d’une semaine du départ du site, rien n’est calé ni calculé ! ». Le syndicaliste s’appuie aussi sur la manière dont la transition post-liquidation s’est réalisée comme source d’inquiétude pour l’avenir : « Lors de la liquidation, on nous assurait que les salariés quitteraient le site le jour même, mais finalement ils nous ont demandé de prendre les postes de travail pour assurer la sécurité des installations ! ». Concrètement, il n’y aurait aucun contact entre le syndicat, pourtant cheville ouvrière de la sécurité sur le site, et ladite société de gestion de déchets. « Il n’y en a pas non plus avec la direction », assure Jean-Michel Bulinge.

    Une situation lunaire lorsqu’on sait que 6 000m3 de produits chimiques divers et variés sont toujours sur l’usine, de même que la bagatelle de 17 000 tonnes de bois. « Si demain les salariés n’assurent pas le pompage de l’eau, il n’y aura tout simplement plus d’eau sur site. Avec tout ce que ça implique pour une intervention des pompiers par exemple », prend pour autre exemple le syndicaliste. D’où l’appel de la CGT à une réaction des pouvoirs publics : « Le mandataire judiciaire et la Préfecture doivent prendre conscience de la situation ».

    Et surtout à ce qu’un chemin pour donner un avenir industriel à l’usine soit trouvé alors que les offres de reprise pour son usine sœur de Saint-Gaudens, rescapée de la liquidation, doivent être déposées devant le tribunal de commerce de Toulouse, ce lundi.

  • Un dispositif dans les Bouches-du-Rhône pour évacuer les chevaux en cas d’incendie

    Un dispositif dans les Bouches-du-Rhône pour évacuer les chevaux en cas d’incendie

    Les images de ces chevaux au grand galop fuyant les grands incendies dans le Sud Ouest avaient fait le tour des télés de France… Alors que les feux de forêt se multiplient, entraînant régulièrement l’évacuation d’établissements équestres et de centaines d’équidés, le Comité Départemental d’Équitation des Bouches-du-Rhône (CDE 13) et le Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13) ont signé une convention de partenariat pour assurer la mise en sécurité des animaux lors des situations de crise indiquent les Pompiers 13 dans un communiqué.

    Une démarche inédite pour « renforcer la résilience du territoire et qui témoigne d’une mobilisation collective au service de la sécurité des populations et de la protection animale », ajoute le Sdis 13. Concrètement, le dispositif s’appuie sur une équipe fédérale d’évacuation de crise, composée de professionnels volontaires et qualifiés. Ils agissent à la demande du commandant des opérations de secours et vont chercher les animaux avec un équipement adéquat et des infrastructures pour les accueillir.

    Des gens volontaires mais qui gênent les secours

    « Quand il s’agit de sauver les chevaux et les animaux, il y a une grosse communauté », explique Emmanuelle De La Burgade, présidente du Comité départemental d’équitation (CDE 13). Mais si « les gens sont toujours prêts à venir mais gênent les opérations de secours. Le but est vraiment qu’on ait une synergie entre les pompiers et les secours pour que cela puisse s’organiser de façon cohérente », détaille-t-elle.

    Ce plan d’évacuation des équidés prend tout son sens au regard des incendies de cet été. En Gironde, 1 800 chevaux ont été évacués et répartis partout dans le département fin juillet rappelle le Sdis 13. Dans le Var, le Comité régional d’équitation (CRE) du Sud possède un numéro d’urgence joignable dans de telles situations. Les propositions d’aide peuvent être envoyées par SMS à ce numéro, en précisant le nombre de places de transport disponibles ou encore le nombre de chevaux pouvant être accueillis et la commune d’accueil. Des situations qui « ont une nouvelle fois démontré qu’au-delà de la protection des populations, l’évacuation des animaux, et notamment des équidés, doit être anticipée et organisée », estime Richard Maillé, président des Pompiers 13.

    Sur le territoire national, quelque 9 000 établissements équestres sont adhérents à la Fédération française d’équitation (FFE). Dans les Bouches-du-Rhône, 238 en sont membres via le CDE 13. Les porteurs de cette initiative espèrent la voir élargie à la France entière, « avec le soutien du ministère de l’Intérieur, en s’appuyant sur cette première coopération » ajoute Frédéric Bouix, président de la FFE.

  • Arc Fleuve Vivant veut documenter la sécheresse

    Arc Fleuve Vivant veut documenter la sécheresse

    Témoignez. Photographiez. Transmettez. » Alors que la hausse des températures fait des ravages. L’association Arc Fleuve Vivant appelle les Aixois à lui rapporter ce qu’ils observent et vivent* : « Cours d’eau affaiblis ou asséchés, végétation en souffrance, arbres fragilisés, sols desséchés, espaces agricoles touchés, forêts sous tension, mais aussi conséquences sur la vie quotidienne, la santé, les activités et les paysages. »

    Le but de cet observatoire citoyen : « Constituer une mémoire collective et territoriale de cet épisode climatique. » Un des membres fondateurs de l’association, Stéphane Salord, précise : « La sécheresse et la canicule que nous vivons actuellement en Provence et ailleurs sont exceptionnelles. Elles marquent profondément notre histoire climatique, humaine, sociale et environnementale, et sûrement énergétique, économique et agricole. »

    Contribuer

    au débat public

    Pour l’associatif, l’observatoire rend « plus visibles les réalités vécues localement ». Cette initiative entend aussi « contribuer au débat public sur l’adaptation du pays d’Aix aux épisodes de chaleur et de sécheresse ». L’occasion également de « rappeler la nécessité de réponses collectives » comme la « préservation de l’eau et des milieux naturels, protection des arbres et des sols, évolution des pratiques d’aménagement et renforcement de la solidarité face aux vulnérabilités climatiques ».

    Ces témoignages doivent s’accompagner d’un court texte précisant, lorsque cela est possible, le lieu, la date et la nature de l’observation précise l’association. Au-delà des habitants du Pays d’Aix, associations, collectifs, agriculteurs, promeneurs, naturalistes, riverains et acteurs locaux sont invités à participer.

    * À arcfleuvevivant@gmail.com

  • [Tous dehors] Une balade au plus près de la biodiversité marine locale

    [Tous dehors] Une balade au plus près de la biodiversité marine locale

    L’association l’Atelier Bleu CPIE Côte Provençale emmène les curieux, dès six ans, à la découverte des sentiers sous-marins sur le littoral de La Ciotat et de Saint-Cyr. Une fois équipé de combinaison, palmes, masque et tuba fournis par l’association, direction le site de Mugel ou Port d’Alon pour une heure dans l’eau aux côtés d’un éco-guide diplômé d’État de plongée. « On fait découvrir les espèces et leurs interactions. On parle aussi des marées en Méditerranée, puisque la plupart des gens sont persuadés qu’il n’y en a pas, alors que certaines espèces en dépendent pour survivre », décrit Damien Braconnier, moniteur de plongée à l’Atelier Bleu.

    Une expérience personnalisée

    Éducateur sportif formé à la biologie marine, il insiste sur la dimension éducative de l’activité : « Contrairement au snorkeling, on apporte un vrai contenu pédagogique qui demande au guide des connaissances écologiques conséquentes ». Les groupes, limités à huit personnes, évoluent selon la saison. « Pendant l’année je travaille surtout avec des enfants. L’été, on a des touristes, mais aussi des locaux intrigués, qui ne savent pas où regarder dans les fonds marins », indique Damien Braconnier. Il évoque notamment le site de Mugel où « des formations rocheuses appelées poudingues donnent un fond différent du calcaire habituel de Provence ».

    À l’Atelier Bleu, aucune sortie n’est identique : « Il n’y a pas de déroulé type, ça dépend de la curiosité des gens. Le guide choisit le trajet le jour même. Ça permet de s’adapter au public, à la météo et d’être plus réactif aux questions qui nous sont posées, précise le moniteur. Ça m’est arrivé d’avoir des gens qui n’y connaissaient rien, comme j’ai pu avoir des biologistes ! » Pour les nageurs moins aguerris, les moniteurs disposent de bouées afin de garantir un point d’appui tout au long de l’activité.

    Toute l’année, l’association assure un suivi biologique des espèces dans les calanques. Damien Braconnier alerte d’ailleurs sur leur souffrance face à « des hausses de température brutales de l’eau, comme on en a eu dernièrement ».

    Réservations sur :
    cpie-coteprovencale.org

  • [Exclusif] Hervé Menchon sur l’abattage d’arbres à Marseille: « Je suis horrifié. On est à rebours des enjeux du siècle »

    [Exclusif] Hervé Menchon sur l’abattage d’arbres à Marseille: « Je suis horrifié. On est à rebours des enjeux du siècle »

    La Marseillaise : De nombreux Marseillais et militants associatifs sont choqués par la destruction par les services de la Ville d’une quarantaine d’arbres de haute tige dans la pinède du parc Bonneveine. Comment est-ce possible dans un projet qui vise à renaturer un parc public ?

    Hervé Menchon : Je suis triste et très en colère et je comprends et je ressens l’émotion des gens et des associations. C’est très dur aujourd’hui, en période de canicule, avec ce que l’on sait du dérèglement climatique et de ce qui nous attend. Après, je n’ai pas été impliqué dans ce dossier que je n’ai pas piloté. C’est un parc qui est labellisé EcoJardin et qui impliqué dans le programme « Territoires Engagés pour la Nature » et sur lequel j’attendais justement des réponses de mes services. Aujourd’hui, demain, rien ne sera équivalent à la protection et au maintien des arbres matures qui existent. Ce qui s’est passé, ce n’est juste pas possible ! 2050, c’est dans 24 ans. Les arbres qu’on plantera aujourd’hui n’apporteront jamais la même ombre, la même fraîcheur et ne seront jamais le même habitat que ceux qu’on a abattus. On mettra des décennies à récupérer la continuité écologique qu’apportaient ces arbres. On a détruit une canopée et au-delà un stockage carbone qui freine le dérèglement climatique.

    Au-delà du décompte des arbres abattus, c’est aussi la méthodologie de travail au sein d’une mairie à composante écologique qui est questionnée selon vous ?

    H. M. : Un arbre, c’est un monde. Il n’y a pas une espèce protégée et d’autres espèces qu’on pourrait détruire. Pas aujourd’hui, pas au XXIe siècle. On ne peut pas réfléchir comme ça alors qu’on est en train d’essayer de construire une planète vivable en 2050 et que se pose la question de l’habitabilité de la ville de Marseille en 2050. Ce qui s’est passé est digne de la politique agricole du XIXe siècle ou du productivisme du XXe siècle. On est ailleurs là, on est dans l’espace. On ne peut faire du génie contre la nature. Ça n’existe pas ! On doit faire alliance avec la nature, dès aujourd’hui, partout à Marseille, sur terre, en mer, en ville et pas seulement dans les parcs et jardins. La biodiversité, c’est ça. J’ai une «division» biodiversité, mais qui n’est même pas une direction biodiversité, et qui ne s’occupe pas des parcs et jardins. Je ne peux pas travailler avec ces outils-là aujourd’hui.

    En tant qu’écologiste engagé, je me suis battu pour sauver les 16 arbres du square Lévy, pour sauver la pinède du Roy d’Espagne, les jardins Joseph-Aiguier, le parc de la Mathilde. Je viens de là, moi et je ne cautionnerai jamais l’abattage de 30 à 40 arbres ! Il existe d’autres solutions que l’abattage. Même si on a des rapports d’experts, on peut avoir des contre-expertises. Il y a sûrement un génie humain qui est capable de maintenir les arbres. Alors peut-être qu’il était trop tard, qu’il y a la réalité et le temps administratifs. Il y a eu aussi les élections au milieu qui ont fait que chacun prend ses marques.

    Les associations dont FNE13 ont le sentiment qu’on leur a joué un mauvais tour, d’avoir été pris pour des idiots, en abattant précipitamment en pleine discussion. Vous comprenez ?

    Les associations m’ont sollicité. Je n’ai pas répondu parce que ce n’était pas mon dossier. On m’a mis adjoint à la biodiversité mais je ne suis pas la caution des massacres de la biodiversité. Je veux être adjoint à la biodiversité sinon ça ne sert à rien et je vais à nouveau grimper aux arbres. Même sur le tramway des Catalans, je ne suis pas chaud parce qu’il faut couper des arbres. Aujourd’hui, on aura du mal à avoir des arbres. On ne sait pas si les arbres qu’on plante aujourd’hui vont survivre. On n’aura peut-être pas l’eau pour les arroser avec une température de 50 degrés. Un arbre, c’est du vivant, ce n’est pas un meuble ! Ce n’est pas du mobilier urbain. Avec un arbre, il y a des champignons, des insectes utiles à la vie qui nourrissent des espèces protégées justement. Là, franchement, on est à rebours de mes ambitions, à rebours des enjeux du siècle. Je suis horrifié.

    Est-que cela suscite des discussions au sein de la gouvernance municipale ?

    J’aurai bientôt une réunion avec Perrine Prigent [ndr : adjointe DVG déléguée aux espaces verts qui pilote le dossier]. Je pense que là, une réunion avec le maire de Marseille s’impose. C’est tout le sens de mon engagement politique qui est remis en question aujourd’hui.

    Recueillis par David Coquille

  • Le zéro pointé de la CGT Intérieur au ministre de la Justice

    Le zéro pointé de la CGT Intérieur au ministre de la Justice

    Un document de 12 pages qui met le feu aux poudres. Après l’émoi déclenché par la mort de Lyhanna, 11 ans, le 4 juin dans le Gers et la mise en examen, pour meurtre et viol sur mineure de moins de 15 ans, de Jérôme Barella, principal suspect, le ministre de la Justice a transmis un courrier à son homologue de l’Intérieur. Daté du 29 juillet, révélé par Le Monde, il pointe des dysfonctionnements « d’ordre structurel », qui tiennent à la question des moyens, de la formation, des outils et du pilotage, mais pas « à la volonté des personnels de terrain. » Est également évoqué un gigantesque « stock fantôme », des dossiers non répertoriés par la justice faute de lui avoir été transmis.

    De quoi agacer singulièrement les syndicats de policiers. Dans un long communiqué en date du 11 août, la CGT Intérieur réplique en alignant les chiffres issus de ce même document : « 85 047 plaintes en attente, six policiers pour 4 000 dossiers au Mans, 257 millions pour un logiciel qui n’existe pas. » « Le résultat de décisions politiques identifiables, prises en connaissance de cause » assène-t-elle. Pour elle, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur durant 4 ans, « découvre son propre bilan. »

    Tout sur le bureau du ministère depuis 3 ans

    Et « oublie que par sa réforme néfaste, il a démantelé les filières d’investigation (…) et appauvri la police nationale et la gendarmerie dans leur dimension judiciaire ».

    Sur le chiffre édifiant des plaintes en rade, « certaines n’ont jamais quitté le commissariat. D’autres ont été perdues. Rien de tout cela n’est un accident : chacun de ces manques a été provoqué, budget après budget, par des responsables qui savaient », balance la CGT. Et de citer « le rapport interinspections de juin 2023 sur l’engorgement de la chaîne pénale, celui de la Cour des comptes de mai 2023, le rapport d’évaluation des stocks recensant plus de trois millions de procédures non traitées et alertant expressément sur le sort des viols et agressions sexuelles sur mineurs », tous « sur le bureau du ministre de l’Intérieur de l’époque. »

    L’organisation syndicale est allée jusqu’à calculer le temps que les fonctionnaires de police pouvaient consacrer aux dossiers. Reprenant l’exemple du Mans, où six policiers du groupe de protection des familles se partagent plus de 4 000 cas, soit 667 procédures par agent. « Rapporté à la durée légale annuelle de travail -1 607 heures-, il reste deux heures et vingt-quatre minutes par dossier et par an », indique la CGT. Tandis qu’à Amiens, « où trois enquêteurs portent chacun plus de trois cents dossiers, on atteint cinq heures et vingt minutes », complète-t-elle.

    L’enquête, spécificité abandonnée

    Elle pointe également une date, 1995, où l’enquête a « cessé d’être un métier. » Le corps des enquêteurs dissous, « 16 000 inspecteurs de police rejoignent 2 200 officiers de paix » dans le nouveau corps des officiers.

    La CGT établit également une autre bascule, en 2024. Depuis, l’ordre public prime dans la gestion des troupes estime l’organisation syndicale. « Un dossier d’enfant ne fait pas de bruit. Une manifestation, si », commente-t-elle. Elle raconte aussi cet outil numérique daté et inepte, qui « perd des fichiers, découpe les procès-verbaux et impose des ressaisies redondantes des mêmes informations dans des logiciels qui ne se parlent pas. » Le projet « Scribe », lancé en 2016 pour le remplacer, est abandonné en 2021 puis relancé pour « 2028 au mieux » assure-t-elle.

    En conséquence, la CGT exige de « faire de l’enquête un métier », « donner aux enquêteurs un outil qui fonctionne » et « sortir l’enquête de l’arbitrage préfectoral. » Elle réclame aussi la présence des syndicats et des associations de victimes à la réunion prévue le 3 septembre entre les deux ministères.

  • Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Pour l’atteindre, il faut accepter de gravir pas loin de cent marches taillées dans l’imposant piton rocheux qui domine le vieux village de Vitrolles. À l’arrivée, c’est une double récompense : d’abord cette vue imprenable et contemplative sur l’étang de Berre et jusqu’à la Sainte Victoire. Ensuite deux monuments chargés d’histoire à découvrir : la Tour Sarrasine et la chapelle Notre-Dame-de-Vie.

    « Dès le Ve siècle, la situation privilégiée du Roucas de Vitrolles en fait un lieu de refuge et d’observation afin de se protéger des invasions barbares ou sarrasines. Mais la chapelle Notre Dame de Vie et la Tour Sarrasine n’ont été bâties toutes deux qu’entre le Xe et XIe siècles probablement après le départ des Sarrasins de Provence » décrit la Fondation du Patrimoine qui avec la Mission Patrimoine de Stéphane Bern soutient les travaux de sauvegarde et de restauration portés depuis plusieurs années par la mairie.

    Pour l’heure, la commune programme des travaux de confortement de son rocher pour réduire le risque de chutes de blocs. Le rocher qui culmine à 25 m de hauteur fait jusqu’à 75 m de long et 20 m de large, bénéficie déjà d’ouvrages de protection. Pour autant, de nombreuses instabilités ont été relevées sur les faces du rocher, notamment de gros pans de falaise décomprimés.

    « Un aléa très élevé

    de chute de pierres »

    « La face ouest la plus affectée présente 44 instabilités identifiées dont 15 à aléa élevé à très élevé. 4 des instabilités potentielles identifiées sont des pans de falaises volumineux et problématiques » énonce un rapport d’étude géotechnique qui a conclu en novembre 2025 à « un aléa très élevé de chute de pierres au droit de toutes les falaises. Un aléa variable, au cas par cas, d’écroulement de blocs, chandelles, voire de pans de falaise de volume important ».

    Ces risques exposent à des degrés divers la stabilité de la tour sarrasine, de la chapelle, la route en pied de falaise, quatre habitations, les piétons, le parking. Le rapport prescrivait d’interdire l’accès aux talus, de renforcer les mesures d’information « en insistant bien sur le risque accru pendant les périodes pluvieuses ». Il était demandé une surveillance instrumentée pour s’assurer de l’absence d’évolution d’un pan rocheux représentant une masse de 344 tonnes d’aléa élevé.

    C’est pourquoi la commune a lancé un marché public de réalisation de travaux de « réduction du niveau de risques » afin de conjurer ces risques liés à l’érosion naturelle de la falaise. Il prévoit la réalisation d’études géotechniques, l’exécution de mesures préventives telle que la pose de 5 fissuromètres électroniques connectés à des balises d’alerte au droit des instabilités critiques. Les premiers travaux consisteront en des opérations de débroussaillage, de purges manuelles et mécanisées par des cordistes des éléments les plus instables et les plus déconsolidés. Il est prévu la projection de béton projeté fibré et teinté et l’entretien des ancrages déjà installés. Des nappes de grillages et des barres d’ancrage seront posées. Des filets à haute limite élastique viendront recouvrir les falaises de la face sud et une partie de la face est du rocher de Vitrolles pour stopper les chutes de pierres et de blocs de faible volume et d’être le moins visible.

    Le risque résiduel de chutes de pierres et de blocs de faibles volumes reste encore possible après les travaux. C’est pourquoi sur la base de scénarii trajectographiques de chutes simulées, il est prévu de construire des parois de soutènement en béton cloué, de poser des écrans pare-blocs au pied du talus en face nord.

  • Ce sable rapporté sur les plages de Saint-Mandrier qui fait grincer les dents des militants

    Ce sable rapporté sur les plages de Saint-Mandrier qui fait grincer les dents des militants

    Dominique Calmet pour l’Association pour la protection de l’environnement de Saint-Mandrier (APE) poursuit inlassablement, même au cœur de l’été, sa mission de lanceur d’alerte en mettant en avant de nouvelles entorses à la légalité ou du moins des libertés prises par les élus sans études d’impact. En cause toujours les recharges de sable effectuées, cette fois « par des travaux qualifiés d’entretien », dénonce-t-il. Ce qui permet aux communes de s’exonérer des demandes d’autorisation « en laissant les herbiers de posidonie protégés en payer le prix ». Une démarche qui se serait généralisée dans le département. Sauf bien sûr sur la plage de Sainte Asile qui fait office aujourd’hui, paradoxalement, d’îlot protégé, après une longue bataille en justice remportée par l’APE.

    Depuis 2019, l’association documentait ici les recharges répétées en sable de la plage effectuées sans étude d’impact. Et le 15 mai 2025, le tribunal administratif de Marseille a annulé l’autorisation préfectorale, jugeant les incidences sur l’herbier suffisamment notables pour exiger une étude d’impact complète. Résultat concret : le rechargement massif prévu pour 2026 n’a pas eu lieu. Seule une opération de reprofilage sans apport de sable.

    Herbiers de posidonies menacés et pollution

    Ce qui n’est pas le cas selon les défenseurs de l’environnement des quatre autres plages de la commune, notamment les 15 et 16 juillet derniers. « Un communiqué municipal précisait seulement que les travaux se dérouleraient de nuit, entre 22h et 6h, pour limiter la gêne. Aucune information sur l’origine du sable apporté, ni sur le fondement juridique de l’opération, n’a été communiquée, pas plus sur le site de la mairie que lors des conseils municipaux », s’époumone l’océanographe. Et de poursuivre : « J’ai demandé à la mairie de m’envoyer une copie de l’autorisation administrative de ces travaux sans que cela soit suivi d’effet. »

    Pour le scientifique le plus grave ce sont ceux réalisés à la vieille « à moins de dix mètres du récif frangeant de posidonie qui borde la plage », une formation d’herbier particulièrement fragile, dont l’ensablement des rhizomes est déjà en cours. « Sans intervention, cet herbier risque de connaître, dans les prochaines années un déclin progressif », alerte-t-il. Avec le sable déposé qui finira immanquablement dispersé sur le banc.

    Une intervention similaire selon l’association à celle effectuée sur la plage de Sainte Asile que le tribunal administratif de Marseille a jugé illégale. Autre vrai sujet de préoccupation : la pollution par un émissaire rejetant des eaux usées provenant du terrain militaire en surplomb.

    « On a carrément des eaux d’égout qui sortent des installations de la marine et qui se jettent sur la plage de Grave-Cavalas, j’ai fait des prélèvements et les résultats sont catégoriques », précise Dominique Calmet. Et de poursuivre : « Le laboratoire d’analyse a retrouvé par exemple 2 000 entérocoques intestinaux par 100 ml, c’est énorme ! » Des résultats que la ville réfute tout aussi catégoriquement partant plutôt de « pollution psychologique » de l’association, en assurant que les eaux de baignade sont de bonne qualité. « Le maire dit que je dois faire mes prélèvements avec une bouteille souillée. Or, plus jeune, j’ai passé un certificat de bactériologie, virologie pour pouvoir travailler à l’hôpital et payer mes études, donc prélever et conserver les échantillons c’est quelque chose que je sais faire », affirme le scientifique.

    Affaire à suivre donc.