Tag: numérique

  • Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Si ce n’est la victoire à la primaire de son favori
    pour l’Élysée, Raphaël Glucksmann, on ne peut pas dire que le contexte actuel ravisse Michaël Delafosse.

    Face à la presse, le maire PS de Montpellier confie volontiers sa double préoccupation du moment : l’austérité du gouvernement qui guette et la menace de l’extrême droite qui plane. « L’extrême droite est mon combat. Je ne veux pas que mon pays tombe entre ses mains. R. Glucksmann a la sincérité de ses engagements. » S’il ne porte pas J.-L. Mélenchon dans son cœur, M. Delafosse tranche. « Le candidat le plus à gauche ou le plus à droite du champ républicain aura mon soutien au second tour face au RN. »

    Voilà qui a le mérite de la clarté quand d’autres jouent aux apprentis sorciers. L’édile PS redit aussi son indignation face à la répression des lycéens. « Il n’est pas acceptable que des jeunes aient perdu la vue ou une main. On a besoin de dialogue », insiste-t-il, solidaire des manifestations sans cautionner les quelques débordements.

    40 M€ pour le Corum

    Ce qu’il juge « inquiétante », c’est aussi la prochaine cure d’austérité d’un État exsangue qui menace les dotations et donc les futurs investissements des collectivités locales. Si le plan du gouvernement est appliqué tel quel, la Métropole de Montpellier perdra 27 millions d’euros de crédits et la Ville, qui a « la dotation la plus faible » rapportée à sa population, 6 millions. Dur mais pas assez pour céder à la résignation. « Soit on se lamente, soit on est churchillien. On va s’adapter, on va y arriver », positive le maire et président. Sans renoncer à ses projets, il prévient toutefois qu’il « va falloir phaser, prioriser nos choix ». Voire réduire la voilure.

    D’autant qu’une tuile n’arrivant jamais seule, les travaux de remise en état du Corum (fermé entre deux et trois mois) sont évalués à 40 millions d’euros. Pas question de renoncer à la promesse de création de 30 000 emplois. Pour cela, le socialiste compte mener à bien les grands chantiers : Service express régional métropolitain (Serm), Ligne à grande vitesse (LGV), Contournement routier ouest (COM)… en mettant en concurrence les répondants souvent gloutons aux marchés publics.

    Des écoles climatisées

    « Il n’y a pas d’acquis, ni de rente à Montpellier. On n’est pas la bête sur qui on vient se servir. » Grâce aux industries culturelles et créatives, au numérique (sortie de la dépendance à Microsoft en vue) ou à la santé (rénovation du CHU), M. Delafosse, qui s’apprête à mener une mission économique au Québec, espère devenir le « territoire le plus rapide pour les implantations d’entreprises ». Il attend aussi une « bonne nouvelle » pour le projet de reprise d’anciens salariés de la librairie Sauramps, liquidée cet été.

    Pour faire des économies, l’édile compte se débarrasser au plus vite du bâtiment de l’ancienne mairie. « Il nous coûte 400 000 euros par an en énergie. » À long terme, il projette d’ouvrir l’espace entre l’Esplanade et Antigone. Dans ce mandat sera mené le réembélissement de la place du Peyrou. Face aux risques climatiques accrus, il promet de poursuivre la « désimperméabilisation » de la ville et pour la première fois, accepte de « climatiser » les écoles trop exposées aux canicules.

    Le logement restera prioritaire. En lançant l’Office foncier solidaire, M. Delafosse s’engage à produire 4 000 logements via le Bail réel solidaire (BRS). Il promet de construire 4 résidences sociales pour les seniors, plus de logements étudiants et, via Altemed, des logements à loyers modérés aux salariés (dispositif In Medio). S’il rappelle que « l’hébergement d’urgence est de la responsabilité de l’État », le maire promet 7 nouvelles pensions de famille et d’ouvrir l’été des lieux frais de repos pour offrir aux sans-abri « quelques heures de sommeil ».

    Enfin, tandis que l’expérimentation sur l’encadrement des loyers arrive à échéance en novembre, M. Delafosse va demander à la poursuivre. « Au-delà des quolibets sur les réseaux sociaux, on me remercie dans la rue de l’avoir fait. Ce n’est pas un frein. Comme la mutuelle communale et maintenant la multirisque habitation communale que nous proposons, c’est une mesure qui protège le pouvoir d’achat de la France qui travaille et peine à se loger. »

  • [Entretien croisé] « Les data centers, c’est une bataille de société »

    [Entretien croisé] « Les data centers, c’est une bataille de société »

    La Marseillaise : En quoi la multiplication des data centers pose-t-elle question pour l’environnement ?

    Christian Pellicani : Ces data centers consomment beaucoup d’eau et nécessitent énormément d’énergie.

    Jean-Marie Baty : Les data centers rejettent de l’air chaud donc ça pose tout de suite la question des îlots de chaleur. En effet, les enquêtes démontrent que l’implantation d’un data center provoque une augmentation d’un 1 à 2 degrés sur un rayon de 10 kilomètres à cause de la chaleur fatale qu’ils produisent, c’est pas rien ! Avec les polluants éternels dans les liquides de refroidissement, on craint une aggravation de la situation climatique et environnementale des populations.

    Quel pourrait être l’impact de projets de data center dans les Bouches-du-Rhône ?

    C.P. : Ces projets impliquent un remodèlement du territoire. Pour les alimenter, il est obligatoire de créer une ligne haute tension car il n’y a pas assez d’énergie localement. On risque donc d’avoir une artificialisation massive de nos territoires.

    Par ailleurs, ils présentent un risque incendiaire important avec la chaleur qu’ils dégagent. Cette chaleur dans une zone qui a déjà connu des incendies, c’est prendre le risque d’en avoir un nouvel épisode.

    Quelles sont les alternatives envisageables pour résoudre
    le problème
     ?

    C.P. : On est pas passéistes, on est pour la modernisation mais cette concurrence effrénée autour des données est préjudiciable pour l’environnement. Il y a des besoins qui existent mais ces projets servent à collecter massivement des données pour les vendre.

    J.-M.B. : Est-ce qu’il n’y a pas des choix à faire dans l’utilisation du numérique, des choix liés à la santé, au climat… L’essentiel de ce qu’il se passe pour l’instant, c’est plus de l’ordre du consumérisme que du besoin, au détriment de la qualité de vie des gens. L’implantation des data centers supposerait normalement d’avoir une évaluation des besoins réels des populations, une véritable planification et donc un autre aménagement du territoire.

  • Une convention pour conjurer les cyberattaques d’entreprises

    Une convention pour conjurer les cyberattaques d’entreprises

    L’Office anticybercriminalité (Ofac) et le Campus Cyber IA Euromed ont signé, ce mercredi à l’évêché, une convention de coopération pour mieux prévenir et combattre les cybermenaces qui ciblent les entreprises et les acteurs publics.

    Cette alliance de la police judiciaire et du monde économique doit renforcer la cybersécurité du tissu économique local. Piratage, vol de données, hameçonnage, rançongiciel, cryptorap, hacking… : face à l’essor et la variété des cybermenaces, l’Ofac et le Campus, qui se veut un consortium d’entreprises (CMA CGM, Cepac, Aéroport Marseille Provence, etc.) s’associent pour accompagner les acteurs économiques dans la prévention des risques cyber, la protection de leurs systèmes numériques et l’amélioration de leur résilience.

    Créé en 2023, l’Ofac dispose de 45 antennes en France, dont une à Marseille pour lutter contre les cyberattaques complexes, les rançongiciels, le piratage et les trafics sur le dark web. « Pour lutter contre les attaques informatiques, il faut tout faire pour qu’elles n’aient pas lieu, résume Nicolas Guidoux, le patron de l’Ofac. Une entreprise touchée se retrouve souvent seule. Si elle n’a pas de sauvegarde, plus d’annuaire de ses clients, c’est la clé sous la porte. D’où ce réseau pour diffuser une hygiène numérique pour diminuer les points de compromission et donc les cas d’attaque. »

    Un enjeu de sécurité nationale

    « C’est un collectif pour hisser le niveau global de cybersécurité au plus près du tissu économique et des territoires », détaille Clément Rossi, le délégué général du campus qui se veut un guichet d’accompagnement des entreprises. « Une entreprise, c’est un enjeu privé. Demain, vous avez 50 PME et 14 collectivités territoriales qui tombent, c’est un enjeu de sécurité nationale à l’échelle du territoire. »

    Toute une chaîne d’acteurs se fédère : les enquêteurs cyber de l’Ofac, le délégué régional de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSI), le centre de réponse d’urgence aux incidents de cybersécurité (CSIRT) à Toulon. Tous attendent depuis deux ans l’adoption de la loi pour la résilience des infrastructures critiques et la cybersécurité, qui mettra des obligations fortes pour 20 000 organisations au niveau national dans 32 secteurs importants (santé, transports, communications, logistiques, etc.) et leur chaîne de sous-traitance. « On maille tout cela avec le mouvement autour de l’intelligence artificielle qui vient complexifier tout cela, car les attaquants vont plus vite avec l’IA », ajoute Pierre Boulogone, président de ce campus.

    « Nous, nous sommes le point d’entrée de toute la criminalistique numérique. Et le champ infractionnel est immense », complète la commandante Pozzi. La cheffe de l’antenne de l’Ofac à Marseille a en cours une quinzaine d’affaires d’atteintes d’entreprises de la région marseillaise.

  • En Vaucluse, une rentrée tendue aux yeux de la FSU

    En Vaucluse, une rentrée tendue aux yeux de la FSU

    « On a chaud, mais tout va bien, le téléphone portable est interdit », ironise, en agitant un éventail improvisé, Salima Ouannai, co-secrétaire départementale du Snes-FSU, ce mercredi 2 septembre, lors d’une conférence de presse dressant le bilan de cette rentrée scolaire. Le syndicat s’opposant au constat du directeur académique Philippe Koscyk, qui évoquait dans les colonnes de nos confrères de La Provence une rentrée « plutôt réussie ».

    « L’école publique en Vaucluse subit de plein fouet les choix budgétaires dogmatiques qui dégradent le service public de l’éducation et les conditions d’apprentissage de nos élèves », pose en ouverture Alice Raimundo, secrétaire départementale de la FSU. Si la baisse démographique sur le territoire ne peut être niée, le syndicat regrette « qu’au lieu de faire des investissements forts et massifs pour améliorer les conditions », le constat soit celui d’une « baisse de moyens chronique qui touche l’ensemble du corps éducatif ». « On ne peut pas prétendre tout faire pour la réussite des élèves et ne pas faire les choses pour », avance Alice Raimundo. Face à cela, une intersyndicale prévoit une journée de mobilisation le mardi 29 septembre en Cité des Papes.

    Révolution numérique

    Plusieurs éléments sont ainsi listés. À commencer par les suppressions de postes. Dans le premier degré, douze postes ont été supprimés par la direction académique. « Ça peut sembler faible, mais au vu des besoins, c’est loin d’être négligeable », avance Nicolas Flavier, co-secrétaire du FSU-Snuipp 84. La refonte « inefficace » du système de remplacement ou encore la vétusté des bâtiments est aussi pointée. Dans le second degré, plusieurs postes n’ont pas été pourvus pour l’heure dans certains collèges et les réformes sans moyens supplémentaires, comme pour l’interdiction du téléphone « en pleine révolution numérique », comme le pointe le syndicat, sont décriées également.

  • Un automne fiscal sous surveillance dans les Bouches-du-Rhône

    Un automne fiscal sous surveillance dans les Bouches-du-Rhône

    C’est dans un contexte particulier, marqué par la violation du système d’information de la Direction générale des Finances publiques cet été, ravivé lundi par le vol de données du ministère du Logement, que se lance la campagne des avis d’impôt sur le revenu et locaux 2026. L’an dernier, dans les Bouches-du-Rhône (1,3 million de contribuables dont 632 665 imposables), le produit de l’impôt sur le revenu s’élevait à 2,7 milliards et celui de la taxe foncière à plus de 1,9 milliard.

    Mardi, la directrice régionale des finances publiques (DRFIP Paca/13) se voulait rassurante. « Ceux qui le souhaitent peuvent changer de mot de passe, c’est bien de le faire régulièrement, mais ce n’est pas obligatoire. Ce n’est pas une faille technologique », martèle Catherine Brigant, rappelant qu’en 2025, 6 900 attaques ont été déjouées. Cette fois, c’est le vol de l’identification d’un agent qui a permis d’extraire les informations de particuliers et de professionnels.

    Jamais de lien à cliquer

    « Un incident majeur et regrettable », qui ne concerne que 0,8% des 41 millions de foyers fiscaux, mais « interpelle » et « pousse à être encore plus vigilants », même si aucun RIB ou identifiant n’a été prélevé, poursuit-elle. Parmi les données volées, des noms, adresses et dates de naissance, des informations fiscales (revenu de référence, quotient familial, taux de prélèvement à la source, Siren) et des données cadastrales, surtout de foyers franciliens, du Var, des Alpes-Maritimes et de l’Hérault.

    Et Catherine Brigant de rappeler une règle de base face à un mail insistant : vérifier l’adresse et ne jamais se précipiter. « Nous n’envoyons pas de mail avec un lien à cliquer, ni de sms », insiste Florent Fernandez (division recouvrement et amendes). Car la DGFIP veut rester focus sur un objectif : accélérer la dématérialisation des démarches et réduire le recours au chèque. S’il ne représentait que 5% des règlements en 2024, ce mode de paiement concentrait 30% des coûts de traitement avec un niveau de fraude « 70 fois plus élevé qu’un virement ». Pour l’administration fiscale, paiement en ligne, prélèvements automatiques ou paiement de proximité, chez les buralistes agréés, offrent davantage de garanties.

    Les premiers avis d’impôt sur les revenus de 2025 sont disponibles depuis le 24 juillet sur le site impots.gouv.fr. Les usagers restés au papier ont obtenu le leur par voie postale. Pour les contribuables devant s’acquitter d’un solde d’impôt, les modalités restent liées au prélèvement automatique. Les avis de taxe foncière sont eux transmis jusqu’à octobre avec une date de paiement fixée au 15 octobre (20 octobre en ligne). Pour la taxe d’habitation sur les résidences secondaires et certains logements vacants, les avis seront disponibles à partir de novembre.

    L’administration fiscale met aussi en avant son dispositif d’accompagnement avec des permanences physiques dans les services des impôts des particuliers et les services des impôts fonciers, des rendez-vous dans les France Services et un réseau de 372 buralistes agréés. Il est aussi possible de passer par la messagerie sécurisée de l’espace numérique. Mais le numéro vert 0809.401.401, gratuit et accessible de 8h30 à 19h du lundi au vendredi, reste « le canal à privilégier pour nous contacter », conclut Catherine Brigant.

  • À Marseille, le data center de Saint-Louis s’ouvre au débat

    À Marseille, le data center de Saint-Louis s’ouvre au débat

    Les premières contributions sont déjà publiées sur le registre mis en ligne, toutes négatives pour l’instant. Depuis le 24 août est ouverte l’enquête publique pour l’installation, d’ici à la fin de l’année 2028 d’un nouveau centre de données à Marseille, sur les emprises de la friche de Saint-Louis Sucre (15e arr.). Un projet de taille : avec 300 millions d’euros d’investis pour une puissance de 20 mégawatts sur 21 900 m² de surface de plancher, il n’est dépassé à Marseille que par le MRS6 de Digital Realty en voie d’achèvement le long de l’A55. De quoi animer le débat, alors que se tient une première réunion publique ce jeudi, à 18h, en mairie de secteur.

    Un temps prévu pour accueillir une zone logistique, le site industriel historique dont il ne reste que l’activité de sucre liquide a finalement été destiné à accueillir les installations du martégal Provence Studio. « Ils n’avaient pas les reins assez solides pour pouvoir rénover la totalité du site et en faire quelque chose de viable, alors on nous a proposé de “backupper” ça par une activité qui pourrait aider à supporter le modèle économique, et donc un data center », retrace Guillaume Zaimeche, le directeur de projets d’Edged Enery, qui a remporté l’appel d’offres des studios au mois de mars 2025. En échange, la société devra payer un loyer sur cinquante ans à la Foncière Saint-Louis, la société montée par Provence Studios pour racheter le site, pour un montant inférieur aux 43 millions d’euros évoqués par nos confrères de Marsactu selon le directeur de projets, qui vante les synergies des deux projets : « Ils ont besoin de stocker, de traiter les rushs, de potentiellement faire de la création assistée par ordinateur ».

    Avis défavorables

    Face aux levées de boucliers des opposants, il présente un système de refroidissement « extrêmement efficient comparé aux autres », sans autre consommation d’eau que pour le nettoyage et les sanitaires, et sans nuisance sonore supplémentaire ni îlot de chaleur promet-il. Avec quarante emplois directs, le double en sous-traitance. Reste qu’avec une puissance projetée de 20 mégawatts, en plein quartier d’habitation, le centre de donnée dépasse allègrement le plafond de 12 mégawatts en « tissu urbain dense » inscrit dans les orientations d’aménagement de la Métropole (notre édition du 8 août). Des orientations qui restent un tigre de papier, faute de transcription dans les documents d’urbanisme. « Cela n’a pas attiré de problématique particulière puisque nous nous inscrivons dans l’orientation d’une revalorisation de friche industrielle », explique Guillaume Zaimeche.

    Un autre point a fait tiquer l’intercommunalité : la direction de l’aménagement des espaces publics a rendu un avis défavorable face à « l’impact significatif » sur l’extension du tramway, d’autant plus que les deux chantiers sont concomitants. « Les accès et l’implantation du projet sont incompatibles avec la refonte du plan de circulation », alertent les services face à la suppression de l’axe routier prévu entre la rue de Lyon et l’avenue Ibrahim-Ali. « Ils ont revu leur position », assure le directeur de projet. La direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) pointe de son côté l’impact paysager d’un bâtiment haut de 33 mètres. « Le site existant est plus haut que la façade », objecte Guillaume Zaimeche. Qui écarte de même les objections sur la compatibilité avec un réseau de chaleur, avec seulement 30°C manquants, où celles de l’Agence régionale de santé face à l’absence de mesures « afin d’éviter ou de réduire ses rejets atmosphériques ». « On installe un dispositif qui permet d’éliminer 80% des émissions d’oxydes d’azote », répond-il.

    L’enquête publique doit s’achever le 24 novembre.

    « On nous
    a proposé
    de backupper
    le projet
    de Provence Studios »

  • [C’est l’été] Grande soirée des jeux vidéo à la médiathèque de Martigues

    [C’est l’été] Grande soirée des jeux vidéo à la médiathèque de Martigues

    « Ça me tient à cœur de pouvoir mettre un point final à l’été en proposant un rendez-vous qui rend l’accès au numérique gratuit et facile pour tous », confie Jean-Emmanuel de Micas, porteur du projet de la soirée gaming, organisée ce vendredi soir. Cet événement gratuit, porté par les Espaces Publics Numériques (EPN) en partenariat avec le Fablab de la Ville de Martigues et en collaboration avec la médiathèque Louis Aragon, propose une soirée autour du jeu et de la culture numérique.

    Petits et grands pourront se retrouver à la médiathèque Louis Aragon, dès 18h, pour jouer à des jeux vidéo, des jeux de société et faire des karaokés. « Les plus jeunes auront accès aux jeux vidéo actuels, les parents pourront retrouver ceux de leur jeunesse, notamment des jeux vidéo des années 1980-1990, et les montrer à leurs enfants, toute la famille et les amis pourront aussi se réunir autour de jeux de plateau (jeux de cartes, jeux de société) », détaille le porteur du projet.

    En savoir plus

    sur le monde du jeu vidéo

    « La société Pixelan, partenaire du projet, propose aussi une activité physique avec des dalles lumineuses au sol, où il faudra appuyer sur celles qui s’allument », ajoute-t-il. Tout au long de la soirée, des animations sont prévues, avec notamment un tournoi de jeux de foot. À l’étage, un stand proposera des quiz et un karaoké.

    La collaboration avec la médiathèque Louis Aragon permet aussi de proposer une conférence animée par Enzo Russo. « C’est un game designer, son métier c’est de réfléchir en amont à la manière dont on joue à un jeu. Grâce à son expérience, il va pouvoir expliquer et transmettre son savoir au cours d’une présentation, puis répondre aux questions du public », explique Jean-Emmanuel de Micas. La conférence prévue à 19h, « permet aussi aux jeunes de se projeter dans un métier et d’avoir un exemple de parcours pour y arriver ».

    « C’est un projet qui a ses défis, mais il me tient à cœur. On va d’ailleurs désormais proposer une soirée par trimestre, la prochaine est le 30 octobre », conclut, Jean-Emmanuel de Micas ravi.

    Gabrielle Cartellier

  • Une rentrée scolaire sous le feu des critiques

    Une rentrée scolaire sous le feu des critiques

    « Il n’y aura pas de réforme Geffray. » Ce mardi, ce n’est pas rue de Grenelle qu’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation, a tenu la traditionnelle conférence de rentrée, mais dans la cour du lycée Arago dans Paris. À quelques mois de la présidentielle, le ministre en poste depuis 10 mois, a affirmé sa volonté d’en finir avec « l’annualité des mesures qui limite les perspectives » et a déclaré que l’Éducation nationale a besoin « d’un cap » et « non d’une réforme de plus ». Devant un parterre de journalistes, le haut fonctionnaire a énoncé ses quatre priorités pour cette année scolaire : instruire, protéger, unir et prévoir.

    2 500 mots de vocabulaire en maternelle

    Rappelant les inégalités scolaires qui se creusent au sein de l’éducation nationale, le ministre a insisté sur la nécessité de la maîtrise de la langue. « L’objectif est 2 500 mots de vocabulaire acquis à la fin de la maternelle […] si on y parvient nous aurons réduit drastiquement les inégalités scolaires liées aux inégalités sociales », affirme le haut fonctionnaire.

    Un objectif dont il n’a précisé aucun des contours ou des ressources déployées. Alors que les syndicats du premier degré, comme la FSU-Snuipp, la CGT ou Sud’Action, craignent une rentrée difficile à cause d’un manque de moyens humains en maternelle et en primaire.

    Une lutte contre les inégalités qu’il souhaite également mener en « aidant les personnes en difficulté et en cultivant l’excellence ». Le ministre a donc annoncé un accompagnement renforcé pour tous les collèges dont plus de 40% des élèves obtiennent moins de 8/20 en français et en mathématiques au brevet. « Toutes les demandes de formations éducatives y seront systématiquement satisfaites », a-t-il promis.

    L’organisation de la première édition d’un concours général des collèges a aussi été annoncée. Une mesure présentée par le ministre comme un moyen de « cultiver l’excellence ». Chaque collège pourra s’y inscrire, tant qu’il présente autant de garçons que de filles.

    Édouard Geffray, qui a fait de la maîtrise de la grammaire et de la syntaxe son cheval de bataille a également promis la publication le 10 septembre d’un « barème précis » sur le niveau de langue attendu pour les épreuves du baccalauréat. Cette publication devrait permettre à chaque élève de se préparer aux épreuves avec des bases communes.

    Dans sa volonté d’unir « dans une société fracturée », le ministre a également annoncé l’obligation d’une « cérémonie commémorative » annuelle d’hommage à tous les « morts pour la France » autour du 11 novembre pour tous les élèves du CM1 à la Terminale. « Parce qu’il faut que nous sachions d’où nous venons pour savoir où nous allons », estime-t-il.

    Lutte contre les violences sexuelles

    Le sujet des violences sexuelles envers les enfants a aussi été évoqué avec le déploiement d’un questionnaire pour tous les élèves, de la maternelle à la terminale avec la possibilité de laisser leur nom et prénom s’ils souhaitent être aidés. « Nous avons un devoir de libérer la parole. Chaque élève de France pourra s’exprimer sur les violences dont il aurait pu être victime », ajoute-t-il.

    Il a également confirmé l’interdiction des téléphones portables dans tous les collèges et lycées de France. La solution, pour le haut fonctionnaire, de protéger les enfants des dangers des écrans et des contenus qui alimenteraient les stéréotypes de genre sur les réseaux sociaux. Le ministre précise toutefois qu’il y aura quelques semaines pour que les établissements adaptent leur règlement intérieur, tout en affirmant « qu’aucun argument sérieux ne permet de soutenir qu’un écran est indispensable en cours ».

    Une mesure que le syndicat national des enseignements de second degré (SNES FSU) dénonce comme hypocrite dans un communiqué de presse publié mercredi. Pour l’organisation, il s’agit d’« un discours à peu près inopérant sur les dangers de la surexposition aux écrans » et prône bien plutôt « une politique de prévention visant à éviter une utilisation excessive du numérique y compris par et pour l’École ». Ils pointent également du doigt la difficulté de mettre aussi rapidement en place cette interdiction.

  • [Cinéma] Montpellier, temple de l’Odyssée de Nolan

    [Cinéma] Montpellier, temple de l’Odyssée de Nolan

    Si vous habitez à Montpellier ou dans les environs, ce serait dommage de passer à côté de cette expérience unique de cinéma. Depuis le 15 juillet, le Pathé Multiplexe Odysseum est l’unique cinéma de l’Hexagone à diffuser L’Odyssée, le dernier film de Christopher Nolan, dans son format d’origine : l’Imax 70 mm.

    Une exclusivité possible grâce à la présence d’un écran Imax gigantesque (22,39 mètres de large sur 16,76 mètres de haut, soit 432 m2) mais surtout grâce à l’acquisition d’un des rares projecteurs qui permet de diffuser le film avec sa bobine argentique de 110 à 140 kg et de 6 km à 18 km de long !
    Pour ce faire, le Multiplexe a même dû former 7 techniciens à cette technologie vintage que le numérique a remplacée.

    Pour le plaisir des cinéphiles, il en résulte une sensation de gigantisme sur les scènes d’extérieur notamment (pas de bandes noires qui coupent l’image), une résolution d’image inégalable (18k !), un grain si particulier à l’écran et un son assourdissant (un peu trop d’ailleurs). Un spectacle total puisque L’Odyssée est le premier film de l’histoire du 7e art dont toutes les scènes ont été tournées à l’aide de caméras Imax.

    Supplément de 12 euros

    Deux bémols toutefois à signaler. D’abord cette spécificité vous coûtera un billet en plus : un supplément non négligeable de 12 euros est facturé, y compris pour les abonnés au pass’ illimité. Ensuite mieux vaut programmer sa séance bien en amont. Le succès est tel que la salle Imax est prise d’assaut, des curieux débarquant à Montpellier des quatre coins du pays et même de l’étranger, l’autre salle la plus proche étant située à Londres. Certaines séances* en Imax 70 mm sont donc complètes plusieurs jours ou semaines en avance et il est essentiel de dégoter un fauteuil bien centré et en hauteur pour profiter au mieux du spectacle.

    Fresque colossale de près de trois heures, le film adapte le poème antique d’Homère. Porté par Matt Damon dans le rôle d’Ulysse, entouré de Tom Holland (Télémaque) et Anne Hathaway (Pénélope), le récit retrace son périlleux retour vers Ithaque après la guerre de Troie. Des face-à-face dantesques avec le Cyclope Polyphème aux chants envoûtants des Sirènes, Nolan livre un voyage introspectif et sensoriel. L’œuvre explore des thèmes profonds comme le nostos (le voyage de retour), la xenia (l’hospitalité sacrée), la culpabilité d’un soldat brisé par la guerre, ainsi que la place centrale et résiliente des femmes dans son destin.

    Après Inception (2010), Interstellar (2014) ou Oppenheimer (2023), le réalisateur britannique s’impose définitivement comme le gardien de l’expérience collective en salle.

    * Séances supplémentaires dispos du 23 au 29 septembre.

  • Un atelier partagé pour apprendre à bricoler à Forcalquier

    Un atelier partagé pour apprendre à bricoler à Forcalquier

    Apprendre à construire un four solaire, à utiliser une imprimante 3D ou encore à faire de la soudure : l’atelier partagé la Fabrique & Co donne accès aux habitants de Forcalquier et de ses alentours à des outils, des machines, des stages et des formations de bricolage en tout genre. L’atelier est né avec l’idée de « rendre le bricolage moins genré » et que « même des gens qui n’ont jamais fait de bricolage, qui ne sont pas à l’aise avec les outils, puissent ici trouver l’accompagnement qu’il faut », explique Frédéric Hafner, l’un de ses fondateurs. Les cinq thèmes développés par l’association sont le bois, le métal, le numérique, la mécanique et le vélo.

    Aménager

    son camping-car

    Cinq bénévoles tiennent l’association : Aurélie pour la menuiserie, Jean-Michel Grès – qui était candidat DVG aux municipales – pour le métal, Philippe pour le numérique, Sylvain pour le bois et le 3D, et Frédéric Hafner pour le vélo.

    La Fabrique & Co organise également des journées thématiques, comme par exemple pour apprendre à aménager son camping-car avec un lit et des meubles.

    L’adhésion annuelle coûte 50 euros, et la mensuelle 20 euros. Pour louer l’atelier pendant cinq heures, il faut compter 15 euros ; et pour une demi-journée de stage, 20 euros.

    En tant que tiers lieu, l’atelier a été subventionné par l’Europe au travers du programme LEADER. Un chantier participatif a été mis en place pour aménager le local vide, situé dans la zone d’activité de Forcalquier, en 2024.

    L’association compte déjà 80 adhérents. Elle fera une journée portes ouvertes le 5 septembre, pendant la fête des associations de Forcalquier.

    51 rue des Ateliers, Forcalquier.