Tag: entreprises

  • Contre la smicardisation, la grève le 5 novembre

    Contre la smicardisation, la grève le 5 novembre

    Plus de 120 secteurs professionnels ont leur niveau de rémunération le plus bas en dessous du Smic ! Une affirmation qui a de quoi étonner, puisqu’il est illégal de payer en deçà du salaire minimum en France, mais qui est pourtant bien réelle. Dans un dossier au sujet des négociations salariales paru il y a quelques jours, la CGT a même décompté pas moins de 122 branches où les minima conventionnels, c’est-à-dire la rémunération plancher d’un secteur, sont inférieurs au Smic. Parmi ces branches qui paient au rabais, certaines ont des écarts avec le Smic qui ont de quoi faire froid dans le dos. C’est le cas pour le secteur hospitalier privé dont le montant du premier niveau de salaire s’établit à 1 729,36 euros, soit 137,66 euros de moins que le Smic brut à 1 867,02 euros. Au total, 32 branches ont un écart au Smic de plus de 50 euros, ce qui concerne plusieurs millions de salariés.

    Les travailleurs de ces secteurs sont bien payés au Smic en rémunération réelle, illégalités et tours de passe-passe patronaux obligent, mais cela illustre surtout l’absence de volonté des employeurs de se pencher sur des hausses réelles de salaires. Quand le Smic est régulièrement revalorisé, les négociations salariales dans les secteurs d’activité, via ces fameuses branches professionnelles, ont bien du mal à suivre. « Tous les ans, on se retrouve rattrapé par le Smic. Plusieurs niveaux de notre grille salariale, presque la moitié, sont d’ailleurs au Smic. Quand on entre dans la coiffure, on est au Smic. Et que l’on soit coiffeur débutant, coiffeur confirmé ou coiffeur tout court », expose Nadia Mimoun, référente de la branche de la coiffure pour la Fédération CGT Commerce et Services.

    Car qui dit branches professionnelles, dit grilles salariales qui définissent les niveaux de rémunération par secteur. Et les premiers échelons de ces grilles n’augmentent pas autant que le Smic. « Les organisations patronales ne veulent pas revaloriser toute la grille de notre branche. Par exemple, il va y avoir une augmentation du Smic prochainement. Nos employeurs l’attendent pour se calquer dessus », développe Nadia Mimoun également secrétaire de l’Union Départementale CGT 13. Sauf qu’à l’arrivée, on obtient des « grilles totalement incohérentes » où la progression à des échelons supérieurs n’amène à rien. « La coiffure est la deuxième branche de France qui consomme le plus de formations : diplômes, certifications, BEP ou CAP… Mais pour se retrouver au Smic puisque tous les premiers niveaux de notre grille sont calqués dessus », développe Nadia Mimoun. D’où le terme de « tassement » des grilles de rémunérations et donc de « smicardisation » de tout un pan de travailleurs. « Un débutant ou un confirmé est payé de la même manière, c’est ce qu’on appelle le tassement des grilles », abonde la syndicaliste. Avant de dénoncer : « Un des arguments des employeurs pour refuser de revoir les grilles est de renvoyer aux Négociations annuelles obligatoires (NAO). Mais dans la coiffure, il y a 70% de très petites entreprises, où il n’y a donc pas de NAO ! S’il n’y a pas d’augmentation qui vient de la branche, ça ne vient de nulle part ».

    L’ampleur du phénomène est telle que le constat vaut aussi quand l’employeur est l’État. « Quand on entre dans la fonction publique, on arrive au premier grade qui est techniquement en dessous du Smic », expose Dominique Maccari, co-secrétaire générale de la CGT de la Métropole Aix-Marseille Provence (AMP). Une situation qui concerne « les trois versants de la fonction publique », que le travailleur officie dans un hôpital public ou dans une petite collectivité. « Pour éviter que les plus basses catégories soient en dessous du Smic, ils donnent un montant en fin d’année qui rattrape le négatif », développe la fonctionnaire. Elle y met en regard l’absence de revalorisation du point d’indice, qui est la base de calcul de la rémunération des fonctionnaires, et qui est gelé depuis des années : « Vu qu’ils n’augmentaient que les plus basses catégories, et pas les autres, à un moment ça se chevauche, il y a cet effet de tassement ».

    Dans cette lignée, Lionel Zaouati, responsable régional Paca de la Fédération CGT des organismes sociaux (CAF, CPAM ou Urssaf…) évoque même une « paupérisation des deux côtés des guichets » pour son secteur. Les salariés de ces organismes sont au contact des plus précaires alors même que « 27% des salariés des organismes sociaux demandent la prime d’activité ». Et pour cause : le premier niveau de rémunération du secteur est de 55 euros en dessous du Smic. « À cause de ça, les organismes sociaux n’embauchent plus qu’au troisième niveau de rémunération », explique-t-il. Bonne nouvelle pour les nouveaux embauchés ? Pas vraiment, car cela aboutit au fait que « les agents restent plus longtemps au 3e niveau ». « J’ai 32 ans d’ancienneté et je ne suis qu’au niveau 4 », prouve Lionel Zaouati.

    « Quand
    on entre dans la coiffure,
    on est au Smic »

  • [Collectivités] Montpellier vise la souveraineté numérique

    [Collectivités] Montpellier vise la souveraineté numérique

    Et si Montpellier apprenait à se passer de Microsoft ? La Métropole et la Ville veulent réduire leur dépendance aux géants technologiques étrangers et reprendre le contrôle de leurs données. Adoptée à l’unanimité en conseil de Métropole le 13 octobre, la trajectoire de souveraineté numérique fixe un cap pour les six prochaines années : privilégier des « solutions numériques souveraines, interopérables, réplicables et européennes ».

    L’enjeu est d’abord celui de la souveraineté et de la protection des données, dans un contexte de tensions géopolitiques et de cyberattaques. « La donnée, c’est le pouvoir. La maîtriser est une condition de notre souveraineté », résume le maire et président de la Métropole, Michaël Delafosse. Mais la dépendance aux géants du numérique pèse aussi sur les finances. La collectivité entend ainsi abandonner Microsoft 365, utilisé quotidiennement par les agents pour Word, Excel ou Teams. Selon Manu Reynaud, vice-président de la Métropole délégué à la souveraineté numérique, la facture atteint « 1,8 million d’euros de licences par an. Et à chaque renouvellement de contrat, tous les 3 ans environ, on nous propose une augmentation de 15 à 40% sans forcément de plus-value », indique-t-il. La collectivité a donc décidé de remplacer Microsoft 365 par une autre suite collaborative. Au total, quelque 600 logiciels seraient à remplacer dans un délai de deux ans, selon les éléments présentés lors du débat.

    « Il ne s’agit pas d’être pour ou contre Microsoft, pour ou contre une société américaine, il s’agit de ne plus être dépendant technologiquement et financièrement », insiste Manu Reynaud. Pas question, pour autant, de tout changer du jour au lendemain : la transition devra prévoir « des alternatives offrant un service équivalent ainsi que l’accompagnement des agents dans ces nouveaux usages, car les agents et les utilisateurs sont la clé du changement », insiste l’élu en charge du dossier.

    Un outil public

    ouvert aux communes

    L’enjeu dépasse les factures. Cyberattaques, tensions internationales et concentration des données entre les mains de quelques entreprises font peser des risques sur la continuité des services publics. « Ce qui se joue derrière, ce sont nos libertés, notre souveraineté et notre capacité à la maîtriser », alerte Michaël Delafosse.

    Montpellier ne part pas de zéro. La collectivité utilise déjà des logiciels libres, développe certaines applications en interne et dispose d’un portail d’open data. Avec d’autres métropoles, elle a également contribué à la démarche TIE Break (trajectoire d’indépendance numérique européenne), destinée à mesurer les dépendances numériques et à organiser leur réduction.

    La prochaine étape consiste à réfléchir à la création d’un opérateur public de souveraineté numérique. « Ce que nous construisons ici, c’est une infrastructure publique numérique et une plateforme territoriale. Nous allons organiser cette trajectoire avec l’intégralité de nos opérateurs publics », détaille Manu Reynaud. La TaM, Altémed avec ACM Habitat, la Régie des eaux, l’office de tourisme, Montpellier Events, les services funéraires pourraient ainsi être associés à cette démarche, ouverte également aux communes volontaires. « L’idée n’est pas de construire une forteresse numérique. C’est un écosystème public, ouvert, interopérable et résilient », souligne l’élu.

  • Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    « La situation est très sérieuse dans le pays. » C’est avec gravité que le patron des patrons de la région, Stéphane Benhamou, a fait le point ce jeudi 29 octobre. Fini le président du Medef Sud « punchy » avoue-t-il, pétri d’une « inquiétude » partagée par « une large majorité d’entrepreneurs ».

    D’abord parce que la société est « fracturée » analyse-t-il eu regard des manifestations lycéennes et pour le pouvoir d’achat qui s’égrènent depuis plus d’un mois. Avant ces dernières, « le taux de vacances en centre-ville, 20%, était déjà dramatique à Marseille, on ne peut pas aggraver cette situation-là », estime-t-il, car « chaque fois que le centre-ville est déserté, on laisse la place à des points de deal, à des populations communautaristes qui monnayent les marchands de sommeil et qui amplifient la désertification ».

    Dans cette ambiance « anxiogène », pour lui, « la réponse se trouve dans l’entreprise, la capacité à offrir du travail, des perspectives ». Le Medef Sud organise pour ce faire la deuxième édition d’Action sud, le 1er décembre, sur le campus Esca d’Aix-en-Provence pour « mettre en confrontation les attentes des jeunes et des entrepreneurs » sur différents thèmes, comme l’économie verte, l’IA responsable, la féminisation des filières scientifiques…

    Peser sur le politique

    Plus généralement, les patrons comptent faire valoir leurs propositions à quelques mois de la présidentielle. Elles sont très tranchées. « Nous n’en sortirons pas autrement que par une attaque violente et frontale des lignes de dépenses budgétaires » balance Stéphane Benhamou, partant du principe que les entrepreneurs font déjà assez d’effort.

    « Les dépenses de l’État ne sont plus supportables et la mise en œuvre ne peut en aucune manière être de la responsabilité financière des entreprises » estime-t-il, dénonçant le gel de l’allègement des « charges » sociales, « 11 milliards d’euros prélevés soit 550 euros par salarié ». Pas un mot sur les 112 à 166 milliards d’aides de l’État par an, tous dispositifs compris, selon les travaux d’une commission d’enquête sénatoriale, rendus publics en juillet 2025. Mais une certitude, revoir le montant du Smic à la hausse de façon anticipée, sujet qui devrait être tranché le 5 novembre, n’est pas envisageable. « Nous ne sommes pas contre l’augmentation des salaires, bien au contraire », assure le responsable du Medef Sud, qui se dit préoccupé par « la pérennité des entreprises et les équilibres économiques qui sont entamés ». Et de déplorer l’impuissance d’un pouvoir exécutif et législatif « dépassé, hors sol ». Son credo : « Notre pays doit prendre en compte que le fait économique rythme le développement social, sociétal, environnemental. L’entreprise doit être priorisée. » Raisons pour lesquelles, du RN à LFI, les représentants locaux des candidats sont invités à débattre le 19 novembre à Marseille. Ces « remontées de terrain », permettront au Medef d’affiner sa position au national.

  • Austérité : l’Association des maires de France et les travaux publics alertent

    Austérité : l’Association des maires de France et les travaux publics alertent

    Jusqu’ici, les communes et les intercommunalités ne pâtissaient qu’indirectement du désengagement de l’État. Désormais, elles vont être mises directement à contribution puisque leurs dotations doivent être rabotées de 5,5 milliards d’euros.

    Une entaille au cutter qui aura de lourdes conséquences, prévient Frédéric Roig. « Il y aura un effet immédiat sur la capacité d’investissement des collectivités », assure le président héraultais de l’Association des maires de France (AMF). Car au contraire de l’État qui leur fait les poches, les Villes et intercos n’ont pas le droit de voter un budget en déséquilibre. Et ne peuvent quasiment plus jouer sur la fiscalité. « Avant on avait la main sur les taux de quatre taxes. Elles ont été remplacées par des dotations fixées par la loi de finances. On n’a plus aucune prise, c’est une forme de tutelle. Pas de bras, pas de chocolat ! ».

    Trésorerie et capacité d’investissement en berne

    Moins de recettes, « ça signifie soit plus d’emprunt donc plus de dette, soit moins d’investissement », résume Frédéric Roig qui illustre. « Le Lodévois Larzac aurait besoin de 80 millions d’euros de besoin d’investissement sur ses réseaux d’eau et d’assainissement. On est loin d’avoir les moyens ». Il ajoute que les fonds de compensations ne sont pas à la hauteur des transferts de compétence censés venir « à l’euro près ». « On a aussi des imprévus. J’ai 60 000 euros à sortir pour réparer des chemins à cause des intempéries alors que je n’ai pas débuté les arbitrages budgétaires. Les assurances ne payent jamais la totalité », illustre le maire de Pégairolles de l’Escalette.

    La dégringolade a déjà débuté. En France, la trésorerie nette du bloc communal est passée de 43,7 milliards d’euros en 2022 à 37,9 en 2025. Entre 2019 et 2025, la capacité d’investissement a baissé de 13,6% à 6,6% dans les communes, de 18,1% à 8,6% chez les intercommunalités. Face à cette trajectoire, le projet de loi de finances 2027 apparaît d’autant plus inquiétant et pas seulement pour les collectivités. Les travaux publics qui dépendent à 70% de la commande publique font grise mine. « Les gros chantiers de la LGV ou du Contournement routier de Montpellier feront un appel d’air mais très insuffisant pour mobiliser les 6 000 emplois et les 200 entreprises de l’Hérault », tempère aussitôt Olivier Giorgiucci.

    Si le président délégué de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) est aussi inquiet, c’est qu’il y a près d’un an que le navire dérive. « Avant les municipales, on s’attendait à une chute, c’est cyclique. D’habitude ça repart après les élections mais cette fois le rebond n’a pas eu lieu ». En juillet dernier, Olivier Giorgiucci avait alerté une première fois en constatant que les prises de commande avaient reculé de 25,5% et les appels d’offres publics de 26% comparé à juillet de l’année précédente.

    Entreprises sur la sellette

    Les conséquences se font déjà sentir sur l’emploi. Les entreprises faisant d’abord travailler leurs salariés, « les sous-traitants, locatiers d’engins (prêt de machines) et les agences d’intérimaires s’effondrent avec nous derrière. Depuis 2026, il y a des régimes d’activité partielle », insiste Olivier Giorgiucci qui lance un « cri d’alarme ». « D’ici la fin de l’année on aura des liquidations. 5 à 20 entreprises vont disparaître avec 200 emplois ». Le président de la FRTP appelle les collectivités à au moins continuer à entretenir les réseaux, les équipements et le patrimoine. « Sinon ça coûtera dix fois plus cher demain. Si on ne repeint pas le volet, il faudra en acheter un neuf ».

    De son côté, l’AMF 34 alerte les parlementaires et réclame au gouvernement deux mesures clé. Le renoncement à la baisse de la compensation de TVA avec maintien à l’année N+1 (et pas N+2) du taux de remboursement à 16,404% au lieu des 11,404% prévus. Ainsi que l’exonération du bloc communal pour tout ou partie de la contribution progressive à l’effort budgétaire (2,5 milliards d’euros). « On est conscient que l’effort doit être collectif mais graduel et mesuré », conclut Frédéric Roig.

  • Des panneaux solaires pour les toitures sud-alpines

    Des panneaux solaires pour les toitures sud-alpines

    Installer des panneaux photovoltaïques sans raser des forêts : tel est l’objectif de la société coopérative Solarcyt Durance, qui propose de les placer sur les toitures de copropriétés, de bâtiments agricoles ou encore d’écoles. Avec une réunion publique organisée ce jeudi à Oraison, la coopérative espère trouver une trentaine de clients particuliers pour lui acheter son électricité, vendue comme « plus locale, éthique et écologique », explique Jean-François Bataille, son président. Avec des charges importantes, Solarcyt risque autrement de se retrouver « au pied du mur » et de devoir arrêter son activité, regrette-t-il. L’idée de cette réunion publique est ainsi de « se faire connaître » et de « lancer l’activité » de la société qui existe depuis un an.

    Pour acheter de l’électricité à Solarcyt, les particuliers doivent obligatoirement garder un fournisseur principal, et utilisent la coopérative comme fournisseur secondaire. Ils deviennent également actionnaires de la société.

    Solarcyt vend son électricité en circuit court, dans un périmètre restreint. Jean-François Bataille affirme qu’elle propose les mêmes tarifs que les principaux fournisseurs, comme Engie et EDF, sauf pour certains clients professionnels qui bénéficient de contrats négociés. La coopérative promet « un prix stable ».

    Mardi, des bénévoles de Solarcyt ont rencontré le maire d’Oraison, Benoît Gauvan (Ren.), et ont tenté de le convaincre qu’installer des panneaux solaires sur les toitures était une bonne solution pour la commune, alors que l’édile avançait en conférence de presse fin septembre que ses tentatives d’installer des panneaux sur des toits avaient été « infructueuses ».

    La coopérative est également en discussion avec l’Ehpad d’Oraison, qui comporte de potentiels lieux d’installation pour des panneaux solaires et que Solarcyt espère fournir en électricité.

    Ce jeudi à 18h, salle Louise-Bruneteaud, 4 rue Giai-Miniet, Oraison.

  • À Saint-Martin-de-Crau, les entreprises comptent leurs pertes après les intempéries

    À Saint-Martin-de-Crau, les entreprises comptent leurs pertes après les intempéries

    Le trait brunâtre présent sur tous les murs de cette entreprise saint-martinoise ne laisse aucun doute sur le niveau que l’eau a atteint, la semaine dernière : presque un mètre. La moisissure s’est développée par endroits, malgré les déshumidificateurs industriels déployés dans les locaux. ça et là, de petites caisses de documents ou de câbles jonchent le sol. Un moindre mal comparé aux armoires d’automates industriels en fabrication qui ont été perdues dans l’entreprise Master Systèmes, visitée par le préfet, Jacques Witkowski, mardi.

    « Vous aviez de l’eau jusque-là », indique à hauteur de hanches Stéphane Paglia, cogérant de l’entreprise et président de la Chambre de commerce et d’industrie du pays d’Arles. Les dégâts sont encore en cours de chiffrage, contrairement à ceux de leurs voisins orthoprothésistes et de leurs 17 salariés. « Les archives et l’informatique ne sont pas touchés, mais la production est à l’arrêt avec 200 000 euros de machines à remplacer », explique Julien Renaudot, gérant de Podo orthèse de la Crau. Mais le pire est à venir, après le nettoyage. Outre les machines « introuvables », le gérant déplore « 75 000 euros de marchandise perdue » dont il attend de savoir si l’assurance rembourse au prix de vente ou de revient.

    La préfecture en médiateur des assurances

    « On s’attend à devoir bosser deux semaines gratuitement. On est en mode survie là, l’iceberg trésorerie fond et on veut juste reprendre le boulot », conclut Julien Renaudot. « Si vous avez besoin d’une médiation avec l’assurance, on est là pour ça », lui répond le préfet Jacques Witkowski. Le haut fonctionnaire explique, lors de la visite, que les services de l’État sont « votre point d’entrée pour l’étalement des dettes fiscales et sociales, de même que l’étalement bancaire en lien avec la Banque de France ». Le préfet complète en indiquant que l’arrêté de catastrophe naturelle doit être « pris dans les 24 heures ».

    Interrogé sur la fiabilité des assurances, Jacques Witkowski se veut rassurant : « La Caisse nationale de réassurance est un élément central dans la gestion de crise qui permet aux assurés de faciliter le paiement. » Bien qu’il s’agisse de contrats privés, «  il peut apparaître des litiges ou contestations sur lesquelles nous pouvons intervenir ».

    La CCI du pays d’Arles a ainsi programmé un rendez-vous dédié aux entreprises touchées. « Cela permettra d’expliquer tous les dispositifs qui existent », y compris « une aide psychologique », détaille Stéphane Paglia. Comme un « guichet unique pour que l’activité économique reprenne le dessus sur les événements », d’après la maire Séverine Dellanegra (SE), dans « l’idée de faire du sur-mesure et de réunir tous ceux qui peuvent apporter des réponses dans leur champ de compétence », selon le conseiller régional Cyril Juglaret (LR). Le rendez-vous est donné à la CCI du pays d’Arles jeudi à 18h.

  • Opération déminage auprès de commerçants plus qu’inquiets

    Opération déminage auprès de commerçants plus qu’inquiets

    Je sais le traumatisme qu’a été le 17 octobre, vous avez vécu des scènes de pillages d’une violence folle et inacceptable et ça ne se reproduira pas », a posé Emmanuel Macron lors de sa rencontre avec les commerçants en préfecture. Quelques heures avant la venue « surprise » du président de la République dans la cité phocéenne, plusieurs associations de commerçants marseillais avaient envoyé un communiqué commun réclamant des « actes concrets » comme le renforcement des aides financières « à la hauteur des préjudices subis » quand les assurances ne paient pas tout, un « soutien adapté (…) y compris en l’absence de dégradations matérielles », l’anticipation et l’adaptation lors des manifestations à risques et enfin « l’annulation ou l’exonération des charges sociales et fiscales pour les commerces sinistrés ».

    Le bilan est lourd : « 3 commerces sur 4 sur la Canebière impactés », selon l’un des artisans concernés, 500 en tout dont 331 sinistrés et 118 totalement pillés, précise Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence.

    Il s’inquiète : « Des commerçants ont décidé de se défendre seuls, on leur dit de ne pas le faire. Il faut que la peur change de camp, que les profiteurs soient punis. »

    Un souci de TVA

    pour l’UPE 13

    Jean-Christophe Amarantinis, président de l’UPE 13 (Union pour les entreprises), a lui estimé qu’il y avait « un trou dans la raquette » sur la TVA dont les commerçants ont fait l’avance. Et de réclamer une dérogation de la part de Bercy. Un commerçant avance : « Il va falloir faire en sorte que les aides ne soient pas seulement pour ceux qui sont fermés », mais aussi pour ceux qui « vont aider à remettre de la lumière dans notre ville ». Un autre demande à ce que les prêts pour repartir prennent en compte la capacité de remboursement.

    Également présent, Rodolphe Saadé, président de la CMA CGM, joue les pères Noël. « On est là pour vous aider en matière de logistique », assure-t-il, avec une mise à disposition de ses avions et bateaux, pour permettre la reconstitution des stocks de marchandises au plus vite et « assurer au minimum les fêtes de fin d’année ». Et d’ajouter : « Ne vous inquiétez pas pour le paiement. »

    Mais il va falloir de la patience quand Serge Papin, ministre du Commerce, répond : « Les choses vont être un peu traitées au cas par cas. » Emmanuel Macron a affiché son soutien avec la mise en place d’un dispositif « très simple ». En attendant, le fonds régional « Solidarité commerces pillés » a été réactivé ce lundi, débloquant une aide financière d’urgence à hauteur de 10 000 euros pour faire face aux premières dépenses.

  • Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Si ce n’est la victoire à la primaire de son favori
    pour l’Élysée, Raphaël Glucksmann, on ne peut pas dire que le contexte actuel ravisse Michaël Delafosse.

    Face à la presse, le maire PS de Montpellier confie volontiers sa double préoccupation du moment : l’austérité du gouvernement qui guette et la menace de l’extrême droite qui plane. « L’extrême droite est mon combat. Je ne veux pas que mon pays tombe entre ses mains. R. Glucksmann a la sincérité de ses engagements. » S’il ne porte pas J.-L. Mélenchon dans son cœur, M. Delafosse tranche. « Le candidat le plus à gauche ou le plus à droite du champ républicain aura mon soutien au second tour face au RN. »

    Voilà qui a le mérite de la clarté quand d’autres jouent aux apprentis sorciers. L’édile PS redit aussi son indignation face à la répression des lycéens. « Il n’est pas acceptable que des jeunes aient perdu la vue ou une main. On a besoin de dialogue », insiste-t-il, solidaire des manifestations sans cautionner les quelques débordements.

    40 M€ pour le Corum

    Ce qu’il juge « inquiétante », c’est aussi la prochaine cure d’austérité d’un État exsangue qui menace les dotations et donc les futurs investissements des collectivités locales. Si le plan du gouvernement est appliqué tel quel, la Métropole de Montpellier perdra 27 millions d’euros de crédits et la Ville, qui a « la dotation la plus faible » rapportée à sa population, 6 millions. Dur mais pas assez pour céder à la résignation. « Soit on se lamente, soit on est churchillien. On va s’adapter, on va y arriver », positive le maire et président. Sans renoncer à ses projets, il prévient toutefois qu’il « va falloir phaser, prioriser nos choix ». Voire réduire la voilure.

    D’autant qu’une tuile n’arrivant jamais seule, les travaux de remise en état du Corum (fermé entre deux et trois mois) sont évalués à 40 millions d’euros. Pas question de renoncer à la promesse de création de 30 000 emplois. Pour cela, le socialiste compte mener à bien les grands chantiers : Service express régional métropolitain (Serm), Ligne à grande vitesse (LGV), Contournement routier ouest (COM)… en mettant en concurrence les répondants souvent gloutons aux marchés publics.

    Des écoles climatisées

    « Il n’y a pas d’acquis, ni de rente à Montpellier. On n’est pas la bête sur qui on vient se servir. » Grâce aux industries culturelles et créatives, au numérique (sortie de la dépendance à Microsoft en vue) ou à la santé (rénovation du CHU), M. Delafosse, qui s’apprête à mener une mission économique au Québec, espère devenir le « territoire le plus rapide pour les implantations d’entreprises ». Il attend aussi une « bonne nouvelle » pour le projet de reprise d’anciens salariés de la librairie Sauramps, liquidée cet été.

    Pour faire des économies, l’édile compte se débarrasser au plus vite du bâtiment de l’ancienne mairie. « Il nous coûte 400 000 euros par an en énergie. » À long terme, il projette d’ouvrir l’espace entre l’Esplanade et Antigone. Dans ce mandat sera mené le réembélissement de la place du Peyrou. Face aux risques climatiques accrus, il promet de poursuivre la « désimperméabilisation » de la ville et pour la première fois, accepte de « climatiser » les écoles trop exposées aux canicules.

    Le logement restera prioritaire. En lançant l’Office foncier solidaire, M. Delafosse s’engage à produire 4 000 logements via le Bail réel solidaire (BRS). Il promet de construire 4 résidences sociales pour les seniors, plus de logements étudiants et, via Altemed, des logements à loyers modérés aux salariés (dispositif In Medio). S’il rappelle que « l’hébergement d’urgence est de la responsabilité de l’État », le maire promet 7 nouvelles pensions de famille et d’ouvrir l’été des lieux frais de repos pour offrir aux sans-abri « quelques heures de sommeil ».

    Enfin, tandis que l’expérimentation sur l’encadrement des loyers arrive à échéance en novembre, M. Delafosse va demander à la poursuivre. « Au-delà des quolibets sur les réseaux sociaux, on me remercie dans la rue de l’avoir fait. Ce n’est pas un frein. Comme la mutuelle communale et maintenant la multirisque habitation communale que nous proposons, c’est une mesure qui protège le pouvoir d’achat de la France qui travaille et peine à se loger. »

  • Les douanes, une administration qui recrute aussi en Provence

    Les douanes, une administration qui recrute aussi en Provence

    « Moi, ça m’intéresse bien, ça me saoule les petits boulots à 31 ans. » Venu avec sa sœur depuis Paris, Mehdi découvre au fil des stands installés dans l’Hôtel des douanes ce mardi 13 octobre pour une journée portes ouvertes, toute la diversité des métiers de cette administration. De quoi « ouvrir des perspectives » se réjouit ce titulaire d’un master en électronique. Et il marque des points au stand des services support de la douane. Car il y a des besoins, reconnaît bien volontiers Anne-Sophie Peyron, cheffe du pôle des ressources humaines à la direction interrégionale des douanes à Marseille en charge de l’organisation de cette « première ».

    « On a besoin de nouveaux talents, on a besoin de nouveaux profils aussi », explique-t-elle, « la douane recrute comme toujours des juristes, des collègues qui font un petit peu de tout, mais on recrute aussi de plus en plus des profils scientifiques parce qu’on travaille de plus en plus sur la donnée, sur l’intelligence artificielle ». Au niveau géographique, si au départ, les agents ne choisissent pas leurs affectations, les postes sont répartis « sur tout le territoire », précise-t-elle, « Marseille et la région Paca au sens large. On pourrait croire comme ça que c’est bouché mais c’était il y a 10 ans, c’est fini. Il y a des occasions ».

    Motards et maître-chien ont la cote

    Laboratoire, contrefaçon, aide aux entreprises… Pour donner à voir toutes les facettes de leur mission, les douanes ont vu grand. Après la démonstration d’intervention sur le dojo, les motocyclistes, « 224 en France » ont du succès. Mais avant de pouvoir enfourcher les rutilants destriers à moteur, il y a une sélection physique et être titulaire du permis moto ne suffit pas. Position d’amazone, debout sur les cale-pieds, retourné… Lors d’une formation de 4 mois à l’école des douanes de la Rochelle, il faut apprendre « à ne faire qu’un avec la moto, l’oublier » pour faire les contrôles en toute sécurité, témoigne un agent de la branche surveillance. Alexandre, moniteur de jet ski, qui a pris le train depuis Nice s’y voit déjà. « Je kiffe », commente-t-il, bombardant de questions techniques le douanier.

    La recherche de stup’ par l’équipe cynophile remporte aussi l’adhésion. Pez, labrador noir de 7 ans, pile sans faillir devant la roue de la voiture où son maître a caché un paquet. Ce dernier raconte ne faire qu’un avec son équipier à quatre pattes. « Je suis venue pour ma fille », explique une visiteuse, « elle adore les chiens, ça l’intéresse ». L’atelier « scan » de marchandises avec le fourgon à rayons X et celui de tir virtuel, installation unique en France, impressionnent. Devant l’écran, Laurent, coordinateur sécurité, insiste « quand on sort une arme, en état de légitime défense, ce n’est pas pour dissuader mais pour s’en servir ».

    Au bureau recrutement, nombre de visiteurs laisseront leur CV, un premier pas. Quelque 361 postes sont ouverts au concours en 2026.

  • La filière bois se mobilise après la liquidation de Fibre Excellence

    La filière bois se mobilise après la liquidation de Fibre Excellence

    Mieux vaut tard que jamais. L’organisation interprofessionnelle regroupant des acteurs et institutions du secteur du bois et de l’économie forestière, Fibois Sud, affirme passer à la vitesse supérieure dans sa mobilisation de soutien à la filière suite à la liquidation, et l’arrêt, de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence de Tarascon.

    Rappelons que ce site faisait vivre des centaines de travailleurs forestiers puisqu’il transformait le bois en pâte à papier avant sa liquidation à la fin juillet dernier. « Fibre Excellence Provence absorbait jusqu’alors 30 à 35% des volumes de bois récoltés en région, soit environ 200 000 tonnes par an. En offrant un débouché aux bois de qualité “industrie”, l’usine contribuait à l’équilibre économique de nombreuses coupes forestières et au financement d’une gestion durable des massifs régionaux », rappelle d’ailleurs Fibois Sud. Une production à l’arrêt qui a « des répercussions majeures » pour l’économie régionale du bois selon l’organisation. « 73% des entreprises déclarent être impactées et 84% d’entre elles rencontrent déjà des difficultés de trésorerie », estime-t-elle, s’appuyant sur une étude réalisée auprès de 42 entreprises du 3 au 10 septembre 2026.

    D’où la position de l’organisation : « la priorité est de trouver rapidement de nouveaux débouchés et de préserver les capacités de récolte forestière régionales ». Fibois Sud cite notamment « l’arrêté préfectoral modificatif d’urgence » pris le 15 septembre permettant « d’augmenter la part de bois régional dans l’approvisionnement de la centrale biomasse GazelEnergie de Gardanne ». Un arrêté loin d’être anodin puisqu’il aide à « sauvegarder l’activité des entreprises forestières ». « Cette mesure prévoit 35 000 tonnes supplémentaires d’ici fin 2026 et 150 000 tonnes supplémentaires en 2027, portant l’approvisionnement régional à 230 000 tonnes par an sur un volume total d’approvisionnement de la centrale maintenu à 450 000 tonnes », explique Fibois Sud. Enfin, et surtout, l’organisation annonce qu’elle « pilotera dès 2027 une étude visant à identifier et accompagner de nouveaux projets industriels pour diversifier les débouchés des bois régionaux, tout en consolidant les circuits de valorisation existants et en respectant la hiérarchie des usages du bois ». Affaire à suivre.