Tag: Data centers

  • À Saint-Louis, le futur data center dépasse les seuils

    À Saint-Louis, le futur data center dépasse les seuils

    La ruée des centres de données vers Marseille ne s’arrête pas. Tandis que s’achève la construction du MRS5 de Digital Realty sur les emprises du grand port maritime le long de l’A55, un data center de taille équivalente doit voir le jour sur l’ancienne friche industrielle de Saint-Louis Sucre, dans le 15e arrondissement de Marseille. Porté par le groupe états-unien Edged Energy cofondé en 2019 par le groupe Koch, ce projet à 300 millions d’euros vient se greffer à la création d’une cité du cinéma par l’entreprise martégale des Studios de la Méditerranée (notre édition du 08/10/2024), ainsi que d’un centre logistique, sur 4,6 hectares de la friche.

    Le mardi 21 juillet, la préfecture a fixé au 24 août prochain le début d’une consultation publique de trois mois afin de pouvoir délivrer l’autorisation environnementale pour le centre de données. Une demande de permis de construire conjointe avec le projet de cité de cinéma a d’ores et déjà été déposée auprès de la municipalité, le 8 août 2025, portée par les Studios de la Méditerranée au travers de la Foncière Saint-Louis. « Notre objectif est de créer un studio 2.0 qui ait tout ce dont les productions ont besoin, du tournage à la postproduction et donc au stockage des données », justifiait son directeur général Michaël Ristorcelli auprès de nos confrères de Marsactu au mois d’avril dernier. De quoi, surtout, équilibrer ce chantier à 68 millions d’euros : tandis que l’entreprise a reçu 27 millions de subsides publics du Centre national du cinéma (CNC), le site d’information révélait que la Foncière percevrait 43 millions d’euros de la part d’Edged Energy pour l’exploitation sur cinquante ans de son data center.

    Prévu pour être livré fin 2028 avec un chantier engagé avant la fin de l’année selon la note de présentation non technique consultée par La Marseillaise, le centre de données doit occuper une surface de plancher de 21 900 m² sur trois étages, avec la création de 30 emplois directs. Tandis que l’entreprise promet l’installation de plantes grimpantes et de panneaux photovoltaïques sur sa façade haute de 33 mètres, « les bâtiments historiques de l’usine Saint-Louis seront en partie conservés et réhabilités », esquisse aussi la présentation. Ordonnées en 2021 par la préfecture, les démolitions « illégales » d’éléments patrimoniaux classés remarquables de l’usine historique ont été interdites par la municipalité en 2024. Mais tandis que 12 groupes électrogènes de secours d’une puissance électrique de 98 mégawatts doivent être installés sur le data center, « les risques sanitaires aigus induits par les rejets atmosphériques du site sont non significatifs », promet l’entreprise états-unienne, qui assure aussi travailler avec la municipalité pour récupérer la chaleur fatale des serveurs.

    Plafond sans contrainte

    Surtout, la société indique auprès de La Marseillaise vouloir installer là une puissance informatique totale de 20 mégawatts. Une puissance largement supérieure au plafond posé dans le schéma d’orientations de la Métropole « pour un accueil vertueux des data centers » voté le 1er juillet 2025. « En tissu urbain dense, seuls les projets en dessous de 12MW seront étudiés », posait l’institution (notre édition du 26/06/25), dans un document certes non contraignant face aux carences de la législation. « Nous sommes en dialogue constant avec les différents services instructeurs, dont ceux de la Métropole, dans le cadre de l’instruction du projet », répond Edged Energy en renvoyant vers la future consultation publique. Quant à la municipalité qui doit délivrer les autorisations d’urbanisme, elle évacue rapidement : « Le permis de construire est en cours d’instruction et il n’est donc pas possible de communiquer sur le sujet ».

    « Nous sommes en dialogue constant avec les différents services instructeurs. »

  • Le feu ravive les inquiétudes autour du projet de data center aux Pennes-Mirabeau

    Le feu ravive les inquiétudes autour du projet de data center aux Pennes-Mirabeau

    « Nos vies plutôt que leurs incendies », martèlent les associations France Nature Environnement, Data For Good, le Mouvement national de lutte pour l’environnement, Le Nuage était sous nos pieds et les comités d’intérêts de quartiers des Sibylles et des Pallières, mardi, dans un communiqué.

    Ils dénoncent « un projet collé à une zone hautement inflammable, alors que 115 000 hectares de surface ont déjà brûlé depuis le début de l’année en France ». Les militants gardent en mémoire « l’incendie qui avait ravagé 2 700 hectares de la pinède en août 2016 ». Pinède située à « seulement 85 m » du projet, qui « va chauffer la colline toujours marquée des stigmates de l’incendie ».

    « Un mépris des personnes et des écosystèmes »

    « À l’heure où les incendies se multiplient et où de nombreuses personnes meurent à cause de la chaleur, la question du rôle des data centers dans le réchauffement climatique et de l’augmentation du risque d’incendie devrait être au cœur de nos préoccupations », s’insurge Annick Hordille, membre du Nuage était sous nos pieds. Les militants poursuivent : « Malgré cela, aucune étude d’impact de cette chaleur fatale sur le voisinage n’a été jointe au dossier environnemental, en violation du Code de l’environnement ». Lors du conseil municipal, le 6 juillet, le maire (DVD) des Pennes-Mirabeau, Romain Amaro, promettait de « redistribuer la chaleur fatale de l’infrastructure » aux habitants, évoquant alors une étude lancée en ce sens.

    Les collectifs indiquent avoir déposé deux recours « contre l’Autorisation préfectorale d’exploiter » le site classé PPRIF, sensible aux risques d’incendie. Philippe Chabeaudy, du CIQ des Palières, espère être entendu : « J’en appelle à la responsabilité des élus et administrations ».

    Andréa Goyard-de Castro

  • Les opposants au data center durcissent le ton

    Les opposants au data center durcissent le ton

    « Les riverains n’ont plus confiance », résume Philippe Chabeaudy, membre du CIQ des Pallières. Depuis la signature du permis de construire par l’ancien maire Michel Amiel, le 18 février dernier, les CIQ des Pallières, des Sibylles et d’Amphoux ont multiplié les recours, avec l’aide du MNLE. Après une visite du terrain, son président, Christian Pellicani, est catégorique : « Le site n’est pas adapté, ils ont simplement contourné les difficultés de procédure. Pour l’heure, ni la justice ni la préfecture n’ont répondu au recours. » Philippe Chabeaudy veut toujours croire que le Data center, projet porté par la société Telehouse, ne verra pas le jour : « Nous pensons que nos recours ont de très bonnes chances d’aboutir ».

    À l’issue de la réunion de jeudi avec les membres des CIQ, le MNLE annonce « de nouveaux moyens pour aller plus loin », avec l’aide de son avocate. Une réunion publique est annoncée pour septembre.

    « Il y a une accumulation de raisons inadmissibles, aussi bien du point de vue humain que technique ou environnemental », juge Philippe Chabeaudy. Les opposants dénoncent la présence de produits chimiques, de fluides réfrigérants et d’une quantité importante de carburant pour faire fonctionner la structure. Ils évoquent un « contournement du PPRIF », Plan de prévention des risques d’incendie de forêt, qui interdit « en principe ce type d’installation classée sur ce terrain ». La chaleur produite par le data center, dite chaleur fatale, marque un autre point de crispation. Le site évacuerait 70 mégawatts, « l’équivalent de 70 000 radiateurs de 1 000 watts, selon Philippe Chabeaudy. À proximité immédiate de la pinède, produire une chaleur aussi importante est criminel ».

    « Redistribuer la chaleur »

    Lors du dernier conseil municipal, le 6 juillet, le maire des Pennes-Mirabeau, Romain Amaro, promettait de « redistribuer la chaleur fatale de l’infrastructure » aux habitants, évoquant une étude lancée en ce sens. Initiative « utopique » selon Philippe Chabeaudy. Dans un communiqué, le 10 avril, Romain Amaro se disait par ailleurs « victime de la signature précipitée » de l’ancienne majorité, ajoutant avoir « signifié à Telehouse une intransigeance totale. Si le projet devait avancer, il devra impérativement se plier aux attentes légitimes de la population. »

    Le président du MNLE dénonce aussi le « mythe des data centers créateurs d’emplois ». Selon lui, ces infrastructures serviraient avant tout « aux géants des GAFAM à nourrir leurs actionnaires de bénéfices ». Une manifestation est prévue à la rentrée. Contactée, la société Telehouse n’a pas donné suite.

  • L’organisation des Estivals provoque des débats houleux au conseil municipal des Pennes Mirabeau

    L’organisation des Estivals provoque des débats houleux au conseil municipal des Pennes Mirabeau

    À quelques jours des Estivals, l’événement festif de l’été, après le refus du Comité des fêtes, organisateur historique de la manifestation, de signer la convention, la Ville a proposé le Club de rugby des Cadeneaux pour le remplacer. Un revirement qui a provoqué de houleux débats au conseil municipal convoqué en urgence lundi soir. « Notre volonté est de réintroduire de l’ordre, de la légalité et de l’égalité », a justifié le maire (LR), Romain Amaro.

    Un argument que l’opposant Jean-Philippe Musso (DVG) rejette en bloc : « Refuser cette convention ne rend pas les procédures antérieures illégales. On peut changer de méthode mais on peut pas jeter le discrédit sur une association et ses bénévoles qui, pendant des années, ont fait vivre des événements populaires, attendus et appréciés des Pennois ». Selon lui, le texte vise sciemment à écarter le Comité des fêtes et son représentant, Jean-Marc Léonetti, ex-premier adjoint sous Michel Amiel. Il dénonce une convention qui retire à l’association le choix de ses partenaires, met en péril son équilibre financier et impose un suivi jugé abusif de sa communication avec la presse. « Aux Pennes-Mirabeau, on n’est pas dans une dictature », ajoute-t-il, dénonçant une « chasse aux sorcières » visant les associations favorables à l’ancienne majorité.

    Autre point de tension, jusqu’à la veille du conseil, l’organisation revenait au Sporting Club Police Marseillais, présidé par Romain Vesperini, élu aux côtés du maire actuel. Une proximité soulevant « l’hypothèse d’un conflit d’intérêts » selon l’opposition. « Peut-être parce que ce choix devenait difficilement défendable, vous avez rétropédalé et confié l’organisation au club de rugby des Cadeneaux », a lancé Jean-Philippe Musso, disant avoir appris ce nouveau changement d’organisateur par la presse, le matin même du conseil. En fin de débat, le maire tente un ultime coup de théâtre pour espérer remporter la partie en sous-entendant un conflit d’intérêts. Il fait distribuer un formulaire d’inscription destiné aux food-trucks des Estivals. Le document exige une caution de 40 euros à l’ordre du Comité des fêtes, à envoyer à l’adresse de Jean-Marc Léonetti, accompagnée du contact e-mail de sa propre cave à vin.

    L’affaire délicate

    du Data Center

    Le reste du conseil n’a pas échappé à cette tension notamment quand la question du Data Center – projet de l’ancienne mandature que le maire Romain Amaro disait vouloir abandonner – arrive au menu. « On passe d’un extrême à l’autre », relève Jean-Philippe Musso. Le maire présente un accord en cours de négociation avec l’entreprise Telehouse, pour enrichir le projet de panneaux solaires et de redistribution de la chaleur fatale de l’infrastructure qui permettrait « une réduction des factures d’électricité » assure Romain Amaro. Des avantages jugés insuffisants pour Jean-Philippe Musso qui pointe « des coûts exorbitants par rapport aux bénéfices ».

    Devant la mairie, les opposants se sont fait entendre. Christine Muscat, présidente du Comité d’intérêt de quartier Pallières, dénonce « des mensonges » sur la promesse d’un accès gratuit des habitants à l’énergie produite et réclame des preuves.

  • Quand l’intelligence artificielle secoue le cinéma

    Quand l’intelligence artificielle secoue le cinéma

    Une dystopie faite de bonhommes en plastique, qui voit leur monde sombrer dans la panique lorsque la matière dont ils sont composés est transformée en carburant… Utopsie, court-métrage réalisé par Anthony Smeyers, est l’un des 48 films d’une minute, 100% généré par IA, sélectionnés par le jury du festival MarsAI, sur le thème « Imaginer des futurs souhaitables ».

    L’événement, qui se tient vendredi, est organisé par l’école La Plateforme, qui propose des formations d’audiovisuel assistées par l’IA, et Bruno Smadja, créateur du Mobile Film Festival, qui présente des films courts réalisés à l’aide de smartphones. Tous se sont réunis, ce mercredi à l’ex-Docks des Suds, pour l’avant-première de la projection de certains courts-métrages. « L’objectif est de créer ensemble de l’attractivité pour faire le futur le plus souhaitable possible. Bruno, en apportant les formats courts, et nous, l’IA », explique Cyril Zimmermann, co-fondateur et président de La Plateforme.

    L’idée du projet est de rendre le cinéma accessible à tous. Réalisés à partir de plusieurs outils vidéos, gratuits comme payants, et de prompts (questions posées à l’IA), « ces formats courts permettent de se mettre à l’échelle de ce qui est possible. On souhaite faire émerger de nouvelles traditions, donner l’envie de créer », déclare Bruno Smadja. La durée de réalisation n’a rien à voir avec un film classique : 48h à 15 jours suffisent à créer un court-métrage 100% IA. « On a vu arriver l’IA comme un formidable outil de création. En discutant avec beaucoup de créateurs, on a compris qu’elle permettait d’exprimer des idées et de raconter des histoires sans besoin financier. »

    L’IA va-t-elle bouleverser l’industrie cinéma ? Bruno Smadja apporte une réponse nuancée : « Elle va plutôt s’intégrer petit à petit. Parce que l’émotion que peut transmettre un acteur ou une actrice sera difficilement battable par une IA. » Au risque toutefois de remplacer le travail humain. « ça aide à la réalisation d’un film, comme le font les effets spéciaux. C’est un outil », précise-t-il.

    « On consomme

    une énergie délirante »

    Les films d’une minute, qui défilent lors de cette avant-première, présentent pratiquement tous un même thème : celui de l’environnement. Un paradoxe lorsque l’on sait que l’IA a des conséquences néfastes sur celui-ci. « L’impact carbone est absolument terrible. Il faut penser différemment et construire des data center avec intelligence », souligne Bruno Smadja. « Je pense qu’on a besoin de définir un cadre d’utilisation, on consomme une énergie délirante. Il faut imposer des usages responsables », confirme Cyril Zimmermann.

    Mais ce cinéma, pensé comme accessible, réclame tout de même certaines connaissances. « Pour retranscrire ses idées, il faut avoir une culture audiovisuelle, comme les angles ou les postures de caméra », développe Bruno Smadja.

    Vendredi, lors du festival, cinq lauréats obtiendront une bourse de 10 000 euros, leur permettant de créer d’autres projets. « Ce n’est pas en refusant l’outil qu’on va répondre aux inquiétudes, c’est en l’utilisant bien qu’on va l’intégrer », conclut Bruno Smadja.

  • [La région face à l’IA] Les Pennes à la peine face à son data center

    [La région face à l’IA] Les Pennes à la peine face à son data center

    « Il est hors de question que le projet se fasse en l’état », maintient le maire (DVD) des Pennes-Mirabeau, Romain Amaro. Annoncé en grande pompe lors du sommet Choose France en 2024, avec un investissement annoncé de 2 milliards d’euros du groupe japonais Telehouse, le projet du data center Cézanne fait toujours des vagues dans la commune. Les deux cabinets d’avocats mandatés par la nouvelle municipalité tirent les mêmes conclusions : « Si la commune s’engageait dans le retrait d’un permis de construire qu’elle a elle-même instruit, il y aurait des pénalités de plusieurs centaines de milliers d’euros », relate l’édile. Encore candidat, celui-ci avait négocié avec le porteur du projet. Mais les recours déposés par le CIQ, puis par la commune voisine de Saint-Victoret, ont coupé net tous les échanges. Alors que l’État pourrait accélérer les procédures et réduire la durée de ces recours, il espère relancer une nouvelle concertation. Sur la base des premières avancées obtenues : la récupération de la chaleur fatale, l’enterrement des lignes électriques, la construction d’infrastructures pour les riverains qui pourraient aussi bénéficier de l’énergie solaire produite. De quoi faire passer la pilule.

  • [La région face à l’IA] La préfecture donne son feu vert pour le centre de données à Saint-André

    [La région face à l’IA] La préfecture donne son feu vert pour le centre de données à Saint-André

    La trêve des municipales passées, les chantiers reprennent. À travers un arrêté préfectoral signé le 20 mai et publié vendredi dernier, la préfecture a accordé une double autorisation d’exploitation au groupe Segro pour son projet de data center couplé à une plateforme logistique, sur la zone Actisud, dans le quartier de Saint-André (16e arrondissement de Marseille).

    Sur cette parcelle de 5 hectares, le géant du foncier logistique prévoit de construire, à l’horizon 2025, un entrepôt sur trois étages pouvant accueillir quelque 20 000 tonnes de marchandises, avec 45 quais de livraison jouxtant un parking silo à proximité immédiate de l’A55. Le centre de données, de son côté, doit s’élever sur cinq étages, avec une emprise au sol de 18 000 m², pour une consommation électrique annuelle de 220 GWh. Soit plus que ce que consomment les habitants d’Arles. Face à la saturation des installations électriques à Marseille, notamment avec le branchement à quai des navires, une nouvelle ligne souterraine doit donc être tirée par le gestionnaire du réseau RTE sur plus de 9 km pour être raccordée au poste de Septèmes-les-Vallons. De quoi repousser la mise en service au moins en 2030.

    Crainte d’îlot de chaleur

    Situé à proximité immédiate d’habitations, ce projet d’ampleur avait suscité une fronde de riverains. À diverses reprises, ils avaient manifesté contre son implantation, la dernière fois à la veille du Coderst (Conseil de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques) qui se tenait le 29 avril. « Ce n’est pas neutre un data center au milieu des habitations et nous avons la double peine avec l’entrepôt logistique », s’inquiète le président du CIQ de l’Estaque, Patrick Robert. « Face aux canicules, le data center va rejeter de la chaleur. Et avec l’entrepôt, plus de 300 camions supplémentaires vont débarquer chez nous ! » Les études de circulation réclamées par les riverains n’ont jamais été transmises, tandis que le gestionnaire du réseau électrique a déjà été autorisé à pénétrer dans les propriétés privées pour réaliser les études nécessaires au raccordement. Malgré ces inquiétudes, après les avis favorables rendus par le commissaire enquêteur le 28 mars 2025, la préfecture juge que « les consultations effectuées n’ont pas mis en évidence la nécessité de faire évoluer le projet initial et les mesures imposées à l’exploitant sont de nature à prévenir les nuisances et les risques présentés par les installations ».

    Les associations contestataires, après s’être réunies lundi, ont déjà contacté des juristes et pensent à attaquer cette décision. « Mais, en dernier recours, c’est la mairie qui décide », pointe Patrick Robert, appelant la municipalité à refuser le permis de construire. « Le permis est déposé et en cours d’instruction », confirme l’adjointe (PS) à l’urbanisme Audrey Gatian, indiquant que la municipalité, pour l’heure, ne s’exprimait pas sur l’opportunité du projet. Lors de la concertation, la maire adjointe (DVG), Samia Ghali, avait dit son opposition au projet « dans les conditions actuellement proposées ». Sollicitée, la société Segro n’a pas donné suite.

  • Ne pas laisser l’IA aux seuls marchés

    Ne pas laisser l’IA aux seuls marchés

    De quoi se nourrit l’intelligence artificielle (IA) dont les chabots (ChatGPT, Claude, etc.) font partie de notre quotidien ? De l’activité humaine. Deux chercheurs en sociologie de Télécoms Paris, Clément Le Ludec et Maxime Cornet, ont étudié la chaîne de travail de la donnée francophone. Leur démonstration est implacable : pour fonctionner, l’IA a besoin de données fiables et vérifiées en très grand nombre. Cela, seul l’être humain sait le faire. L’étiquetage des données devant être massif, il a été délocalisé dans le Sud global, notamment à Madagascar et sur le continent africain. Un travail à la tâche, peu payé et pas du tout valorisé ; Ces travailleurs invisibles sont la face cachée et très sombre de l’IA. Ce n’est pas la seule.

    Data centers partout, emploi nulle part

    Car la collecte de données et leur stockage dans de vastes data centers sont le nerf de la guerre des multinationales de l’IA qui n’ont qu’un but : amasser des profits. Ces sites, dont le président Emmanuel Macron a vanté l’implantation en France lors du sommet « Choose France » à Versailles, ont le terrible défaut de créer très peu d’emplois (gardiennage essentiellement).

    En plus de monopoliser cette nouvelle technologie, les multinationales de l’IA imposent un discours aux citoyens, celui d’une nouvelle révolution postindustrielle qui vise en fait à servir leurs intérêts financiers. Peut-on sérieusement leur laisser la main ? La réponse est évidemment non. La résistance s’impose pour construire une IA sous contrôle démocratique et au service de l’humain et non l’inverse.

  • Pour « casser le mythe » autour des data centers

    Pour « casser le mythe » autour des data centers

    Hautement protégé, le site n’ouvre que rarement ses portes. Ce jeudi, dirigeants d’entreprises et acteurs publics se sont retrouvés autour de TDF, qui les a exceptionnellement accueillis dans son data center du Réaltor à l’occasion de l’inauguration de son extension. Implanté sur un site historique classé, le lieu permettait dès 1933 l’émission d’ondes FM puis télévisuelles, avant que l’ère numérique ne le convertisse en data center. D’ici juillet, ces 300 mètres carrés supplémentaires seront entièrement dédiés au stockage de données pour un même client. « Un de nos enjeux est d’expliquer aux collectivités locales, démythifier les data centers, rassurer, sur le fait que nous faisons petit, que nous ne puisons pas de ressourcés, nous ne sommes pas énergivores… », résume Rémi de Montgolfier, directeur Edge Datacenter – TDF. Encore vide, cet espace se greffe au reste du site, qui prévoit déjà une seconde extension d’ici l’année 2027. Mais au rendez-vous de cette journée, ce sont surtout les enjeux de souveraineté et de résilience « des infrastructures » et la « performance industrielle » qui ont été débattues, au cours d’une table ronde et d’un échange entre acteurs. Concrètement, il « faut casser le mythe » autour des data centers, résumait Michaël Reffay, délégué général France Data Center, qui appelle à « faire de la France une terre d’accueil des data centers, qu’ils soient petits ou grands ». Celui du Réaltor, dit de proximité, reste la « spécialité » de TDF France. « Les data centers de proximité sont une réponse à un enjeu de résilience, estime Karim El Naggar, directeur général TDF. Quand les capacités sont concentrées à un seul endroit, le système est possiblement un peu plus fragile, là où les data centers de proximité peuvent prendre le relais des grands clouds ou des infrastructures. » Quand les acteurs publics locaux y voient une opportunité de créer de l’emploi, d’impulser l’attractivité économique. « Les data centers sont un pôle d’attractivité pour les entreprises (…), estime Bernard Kleynhoff, président de la commission développement économique et digital de la Région. Les principaux opposants de ce développement, qui voudraient qu’on revienne sur certains sujets, à l’âge de pierre, sont heureux lorsque nos entreprises embauchent leurs enfants. » Les data centers, qui connaissent des oppositions, venant notamment des riverains et militants écologistes, « sont nécessaires, si l’on veut poursuivre le développement économique de notre pays et des acteurs privés et publics qui en font partie. Pour nous la question n’est pas tant de savoir s’il faut arrêter de construire des data centers mais savoir comment l’on peut les construire de façon durable, écologiquement plus acceptable… », conclut Karim El Naggar.

  • Vive opposition d’habitants au projet de data center

    Vive opposition d’habitants au projet de data center

    C’est un combat que le collectif « Non au data center » mène dans la commune des Pennes-Mirabeau. L’ancien maire, Michel Amiel, avait signé un permis de construire pour un data center, centre de stockage de plusieurs serveurs de données à forte consommation énergétique et d’eau. Le porteur du projet, la société Téléhouse, aurait acheté un terrain à une entreprise privée pour 47 millions d’euros. Le site de 6 hectares serait situé dans la zone d’activité des Sybilles sur la commune de 22 000 habitants. Initialement, le nouveau maire Romain Amaro (DVD) avait dit durant sa campagne son opposition au projet qu’il avait qualifié « d’héritage empoisonné ». Termes qu’il emploie à nouveau dans un communiqué du 17 avril dernier.

    Mais depuis que le collectif a formulé un recours contre le projet et demandé au maire d’annuler le permis de construire, la position de Romain Amaro a évolué : « J’ai informé les habitants qu’à ce jour, et à la suite du recours, toute communication est rompue avec la direction de Téléhouse. Malgré mes alertes répétées, le lancement d’un recours contentieux par une minorité a totalement figé la situation, qui fait place maintenant à un dialogue entre avocats auprès du tribunal administratif », déclare-t-il dans un communiqué daté du 24 avril. Le recours des habitants serait devenu un poids, selon ses propos : « Toute démarche individuelle ou recours contentieux lancé par des tiers en dehors de cette stratégie commune porterait un coup d’arrêt brutal aux négociations engagées avec l’industrie ».

    Mais « le collectif n’est pas près de retirer son recours, nous avons des arguments très sérieux et des inquiétudes très solides vis-à-vis de ce projet », précise Martine Mezzo, sa représentante. Parmi elles, la chaleur qui s’évaporerait ce qui engendrerait des risques d’incendie que les habitants ont déjà subis de nombreuses fois.

    Soutien des communistes des Pennes-Mirabeau

    Le PCF des Pennes-Mirabeau est aussi très vigilant. Dans un document destiné aux habitants, les communistes disent s’associer « au CIQ des Pallières des Pennes-Mirabeau qui se questionne légitimement sur ce sujet d’intérêt public ». Et d’appeler « à la transparence la plus grande et sur la réalisation d’étude alternative à celle du porteur de projet ». Ils soulignent dans leur document que « les data centers contribuent à la fuite en avant d’une économie centrée sur l’intelligence artificielle, sans travailleurs », loin des 200 emplois directs promis par les porteurs du projet. Le collectif, lui, continue ses études et a notamment contacté l’Office national des forêts. Le maire a annoncé quant à lui un rendez-vous avec le consul du Japon à la mairie, début mai.