Tag: Data centers

  • [La région face à l’IA] Les Pennes à la peine face à son data center

    [La région face à l’IA] Les Pennes à la peine face à son data center

    « Il est hors de question que le projet se fasse en l’état », maintient le maire (DVD) des Pennes-Mirabeau, Romain Amaro. Annoncé en grande pompe lors du sommet Choose France en 2024, avec un investissement annoncé de 2 milliards d’euros du groupe japonais Telehouse, le projet du data center Cézanne fait toujours des vagues dans la commune. Les deux cabinets d’avocats mandatés par la nouvelle municipalité tirent les mêmes conclusions : « Si la commune s’engageait dans le retrait d’un permis de construire qu’elle a elle-même instruit, il y aurait des pénalités de plusieurs centaines de milliers d’euros », relate l’édile. Encore candidat, celui-ci avait négocié avec le porteur du projet. Mais les recours déposés par le CIQ, puis par la commune voisine de Saint-Victoret, ont coupé net tous les échanges. Alors que l’État pourrait accélérer les procédures et réduire la durée de ces recours, il espère relancer une nouvelle concertation. Sur la base des premières avancées obtenues : la récupération de la chaleur fatale, l’enterrement des lignes électriques, la construction d’infrastructures pour les riverains qui pourraient aussi bénéficier de l’énergie solaire produite. De quoi faire passer la pilule.

  • [La région face à l’IA] La préfecture donne son feu vert pour le centre de données à Saint-André

    [La région face à l’IA] La préfecture donne son feu vert pour le centre de données à Saint-André

    La trêve des municipales passées, les chantiers reprennent. À travers un arrêté préfectoral signé le 20 mai et publié vendredi dernier, la préfecture a accordé une double autorisation d’exploitation au groupe Segro pour son projet de data center couplé à une plateforme logistique, sur la zone Actisud, dans le quartier de Saint-André (16e arrondissement de Marseille).

    Sur cette parcelle de 5 hectares, le géant du foncier logistique prévoit de construire, à l’horizon 2025, un entrepôt sur trois étages pouvant accueillir quelque 20 000 tonnes de marchandises, avec 45 quais de livraison jouxtant un parking silo à proximité immédiate de l’A55. Le centre de données, de son côté, doit s’élever sur cinq étages, avec une emprise au sol de 18 000 m², pour une consommation électrique annuelle de 220 GWh. Soit plus que ce que consomment les habitants d’Arles. Face à la saturation des installations électriques à Marseille, notamment avec le branchement à quai des navires, une nouvelle ligne souterraine doit donc être tirée par le gestionnaire du réseau RTE sur plus de 9 km pour être raccordée au poste de Septèmes-les-Vallons. De quoi repousser la mise en service au moins en 2030.

    Crainte d’îlot de chaleur

    Situé à proximité immédiate d’habitations, ce projet d’ampleur avait suscité une fronde de riverains. À diverses reprises, ils avaient manifesté contre son implantation, la dernière fois à la veille du Coderst (Conseil de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques) qui se tenait le 29 avril. « Ce n’est pas neutre un data center au milieu des habitations et nous avons la double peine avec l’entrepôt logistique », s’inquiète le président du CIQ de l’Estaque, Patrick Robert. « Face aux canicules, le data center va rejeter de la chaleur. Et avec l’entrepôt, plus de 300 camions supplémentaires vont débarquer chez nous ! » Les études de circulation réclamées par les riverains n’ont jamais été transmises, tandis que le gestionnaire du réseau électrique a déjà été autorisé à pénétrer dans les propriétés privées pour réaliser les études nécessaires au raccordement. Malgré ces inquiétudes, après les avis favorables rendus par le commissaire enquêteur le 28 mars 2025, la préfecture juge que « les consultations effectuées n’ont pas mis en évidence la nécessité de faire évoluer le projet initial et les mesures imposées à l’exploitant sont de nature à prévenir les nuisances et les risques présentés par les installations ».

    Les associations contestataires, après s’être réunies lundi, ont déjà contacté des juristes et pensent à attaquer cette décision. « Mais, en dernier recours, c’est la mairie qui décide », pointe Patrick Robert, appelant la municipalité à refuser le permis de construire. « Le permis est déposé et en cours d’instruction », confirme l’adjointe (PS) à l’urbanisme Audrey Gatian, indiquant que la municipalité, pour l’heure, ne s’exprimait pas sur l’opportunité du projet. Lors de la concertation, la maire adjointe (DVG), Samia Ghali, avait dit son opposition au projet « dans les conditions actuellement proposées ». Sollicitée, la société Segro n’a pas donné suite.

  • Ne pas laisser l’IA aux seuls marchés

    Ne pas laisser l’IA aux seuls marchés

    De quoi se nourrit l’intelligence artificielle (IA) dont les chabots (ChatGPT, Claude, etc.) font partie de notre quotidien ? De l’activité humaine. Deux chercheurs en sociologie de Télécoms Paris, Clément Le Ludec et Maxime Cornet, ont étudié la chaîne de travail de la donnée francophone. Leur démonstration est implacable : pour fonctionner, l’IA a besoin de données fiables et vérifiées en très grand nombre. Cela, seul l’être humain sait le faire. L’étiquetage des données devant être massif, il a été délocalisé dans le Sud global, notamment à Madagascar et sur le continent africain. Un travail à la tâche, peu payé et pas du tout valorisé ; Ces travailleurs invisibles sont la face cachée et très sombre de l’IA. Ce n’est pas la seule.

    Data centers partout, emploi nulle part

    Car la collecte de données et leur stockage dans de vastes data centers sont le nerf de la guerre des multinationales de l’IA qui n’ont qu’un but : amasser des profits. Ces sites, dont le président Emmanuel Macron a vanté l’implantation en France lors du sommet « Choose France » à Versailles, ont le terrible défaut de créer très peu d’emplois (gardiennage essentiellement).

    En plus de monopoliser cette nouvelle technologie, les multinationales de l’IA imposent un discours aux citoyens, celui d’une nouvelle révolution postindustrielle qui vise en fait à servir leurs intérêts financiers. Peut-on sérieusement leur laisser la main ? La réponse est évidemment non. La résistance s’impose pour construire une IA sous contrôle démocratique et au service de l’humain et non l’inverse.

  • Pour « casser le mythe » autour des data centers

    Pour « casser le mythe » autour des data centers

    Hautement protégé, le site n’ouvre que rarement ses portes. Ce jeudi, dirigeants d’entreprises et acteurs publics se sont retrouvés autour de TDF, qui les a exceptionnellement accueillis dans son data center du Réaltor à l’occasion de l’inauguration de son extension. Implanté sur un site historique classé, le lieu permettait dès 1933 l’émission d’ondes FM puis télévisuelles, avant que l’ère numérique ne le convertisse en data center. D’ici juillet, ces 300 mètres carrés supplémentaires seront entièrement dédiés au stockage de données pour un même client. « Un de nos enjeux est d’expliquer aux collectivités locales, démythifier les data centers, rassurer, sur le fait que nous faisons petit, que nous ne puisons pas de ressourcés, nous ne sommes pas énergivores… », résume Rémi de Montgolfier, directeur Edge Datacenter – TDF. Encore vide, cet espace se greffe au reste du site, qui prévoit déjà une seconde extension d’ici l’année 2027. Mais au rendez-vous de cette journée, ce sont surtout les enjeux de souveraineté et de résilience « des infrastructures » et la « performance industrielle » qui ont été débattues, au cours d’une table ronde et d’un échange entre acteurs. Concrètement, il « faut casser le mythe » autour des data centers, résumait Michaël Reffay, délégué général France Data Center, qui appelle à « faire de la France une terre d’accueil des data centers, qu’ils soient petits ou grands ». Celui du Réaltor, dit de proximité, reste la « spécialité » de TDF France. « Les data centers de proximité sont une réponse à un enjeu de résilience, estime Karim El Naggar, directeur général TDF. Quand les capacités sont concentrées à un seul endroit, le système est possiblement un peu plus fragile, là où les data centers de proximité peuvent prendre le relais des grands clouds ou des infrastructures. » Quand les acteurs publics locaux y voient une opportunité de créer de l’emploi, d’impulser l’attractivité économique. « Les data centers sont un pôle d’attractivité pour les entreprises (…), estime Bernard Kleynhoff, président de la commission développement économique et digital de la Région. Les principaux opposants de ce développement, qui voudraient qu’on revienne sur certains sujets, à l’âge de pierre, sont heureux lorsque nos entreprises embauchent leurs enfants. » Les data centers, qui connaissent des oppositions, venant notamment des riverains et militants écologistes, « sont nécessaires, si l’on veut poursuivre le développement économique de notre pays et des acteurs privés et publics qui en font partie. Pour nous la question n’est pas tant de savoir s’il faut arrêter de construire des data centers mais savoir comment l’on peut les construire de façon durable, écologiquement plus acceptable… », conclut Karim El Naggar.

  • Vive opposition d’habitants au projet de data center

    Vive opposition d’habitants au projet de data center

    C’est un combat que le collectif « Non au data center » mène dans la commune des Pennes-Mirabeau. L’ancien maire, Michel Amiel, avait signé un permis de construire pour un data center, centre de stockage de plusieurs serveurs de données à forte consommation énergétique et d’eau. Le porteur du projet, la société Téléhouse, aurait acheté un terrain à une entreprise privée pour 47 millions d’euros. Le site de 6 hectares serait situé dans la zone d’activité des Sybilles sur la commune de 22 000 habitants. Initialement, le nouveau maire Romain Amaro (DVD) avait dit durant sa campagne son opposition au projet qu’il avait qualifié « d’héritage empoisonné ». Termes qu’il emploie à nouveau dans un communiqué du 17 avril dernier.

    Mais depuis que le collectif a formulé un recours contre le projet et demandé au maire d’annuler le permis de construire, la position de Romain Amaro a évolué : « J’ai informé les habitants qu’à ce jour, et à la suite du recours, toute communication est rompue avec la direction de Téléhouse. Malgré mes alertes répétées, le lancement d’un recours contentieux par une minorité a totalement figé la situation, qui fait place maintenant à un dialogue entre avocats auprès du tribunal administratif », déclare-t-il dans un communiqué daté du 24 avril. Le recours des habitants serait devenu un poids, selon ses propos : « Toute démarche individuelle ou recours contentieux lancé par des tiers en dehors de cette stratégie commune porterait un coup d’arrêt brutal aux négociations engagées avec l’industrie ».

    Mais « le collectif n’est pas près de retirer son recours, nous avons des arguments très sérieux et des inquiétudes très solides vis-à-vis de ce projet », précise Martine Mezzo, sa représentante. Parmi elles, la chaleur qui s’évaporerait ce qui engendrerait des risques d’incendie que les habitants ont déjà subis de nombreuses fois.

    Soutien des communistes des Pennes-Mirabeau

    Le PCF des Pennes-Mirabeau est aussi très vigilant. Dans un document destiné aux habitants, les communistes disent s’associer « au CIQ des Pallières des Pennes-Mirabeau qui se questionne légitimement sur ce sujet d’intérêt public ». Et d’appeler « à la transparence la plus grande et sur la réalisation d’étude alternative à celle du porteur de projet ». Ils soulignent dans leur document que « les data centers contribuent à la fuite en avant d’une économie centrée sur l’intelligence artificielle, sans travailleurs », loin des 200 emplois directs promis par les porteurs du projet. Le collectif, lui, continue ses études et a notamment contacté l’Office national des forêts. Le maire a annoncé quant à lui un rendez-vous avec le consul du Japon à la mairie, début mai.

  • Marseille : toujours mobilisés contre un data center à Saint-André

    Marseille : toujours mobilisés contre un data center à Saint-André

    « Le tramway, la première chose positive depuis bien longtemps dans le quartier, va passer là. Et on veut ajouter des camions ? » Venus de l’Estaque gare, Riaux ou de Saint-André, des habitants se sont de nouveau mobilisés, ce mardi 28 avril, devant le 90, chemin de Ruisseau-Mirabeau (16e). C’est là, sur 6 hectares de la friche industrielle de TCSI, qu’un data center, d’une puissance de 33 mégawatts, et une plateforme logistique de 34 000 m2 sur trois étages, devraient être construits si le projet porté par le groupe britannique Segro est validé.

    Il a déjà franchi, le 27 mars, l’étape de l’enquête publique avec des avis favorables. « Un Coderst [Conseil de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques Ndlr.] doit se tenir demain matin. Nous demandons à ce qu’il soit repoussé jusqu’à ce que soit faite une étude sérieuse sur le plan de circulation », pose Patrick Robert, président du comité d’intérêt de quartier (CIQ) de l’Estaque Gare et vice-président de la fédération des CIQ du 16e arrondissement. Une centaine de poids lourds transitent déjà, chaque jour, pour desservir la quarantaine d’entreprises de logistique domiciliées à cette adresse.

    « Prédation foncière »

    En ajouter davantage paraît intenable pour les riverains. « On a proposé de changer la destination du plan local d’urbanisme et de faire des logements, on en manque. Au CIQ Saint-André, on réclame l’arrêt total de ce projet », insistent Denis et Élisabeth Pelliccio, vice-président et présidente du CIQ en question. De son côté, Stéphane Coppey, délégué au juridique, aux transports et à la mobilité au sein de l’association France nature environnement (FNE) Bouches-du-Rhône, sera présent au Coderst. « Nous porterons la voix des CIQ », promet-il.

    Pour Antoine Devillet, du collectif « Le nuage était sous nos pieds », la perspective de cet énième data center, quand Marseille en compte déjà cinq sur son port, et qu’outre celui de Saint-André, un autre bâtiment serait prévu sur le site de Saint-Louis Sucre, pose problème. Ces installations « prennent la place d’autres projets, pour pratiquement aucun emploi. C’est de la prédation foncière », estime-t-il, quand environ 400 postes, dont 129 pour le data center, sont évoqués. Il pointe une « empreinte écologique énorme ». Autant de raisons pour lesquelles les habitants seront aussi devant le conseil municipal, ce mercredi à 8h, pour alerter les élus. À noter que dans l’enquête publique, Samia Ghali (DVG), maire adjointe, indiquait être « en désaccord avec le projet (…) dans les conditions actuellement proposées ».

  • Digital Realty ne surveillait pas les fuites de son data center

    Digital Realty ne surveillait pas les fuites de son data center

    Comme de l’eau dans le gaz. À travers un arrêté publié le 12 mars dernier, la préfecture des Bouches-du-Rhône a adressé une mise en demeure au géant des data centers, Digital Realty. En cause, les contrôles insuffisants sur les potentielles fuites de gaz refroidissant de son centre de données MRS3, installé dans l’ancienne base sous-marine allemande Martha, sur les emprises des bassins est du grand port maritime de Marseille-Fos. « Chacun des 18 groupes froids contient plus de 100 kg de gaz (…) sans disposer d’un système de détection de fuite », cible le document, qui pointe aussi des inspections semestrielles des équipements là où elles étaient censées se dérouler tous les trois mois. Et d’imposer la mise en place d’un système de détection sous quatre mois et, d’ici là, des visites de contrôle trimestrielles, faute de quoi des sanctions pourraient être prises.

    Si une large partie des systèmes de refroidissements de ces plus de 7 000m2 de serveurs informatiques qui tournent en continu est assurée par l’eau de la galerie à la mer qui évacue les eaux des mines de Gardanne, ils sont complétés par ces gaz fluroés afin de maintenir une température de 25°C. « Des pratiques de refroidissement de pointe et des conceptions idéales », vante le géant du stockage de données sur son site internet. Mais ceux-ci ont un impact plus de mille fois supérieur au CO2 dans le réchauffement climatique et détruisent l’ozone de l’atmosphère.

    Déjà, en octobre 2023, la préfecture avait mis en demeure Digital Realty de mettre en place, sous trois mois, ce système de détection de fuites face aux incidents récurrents qui touchaient les systèmes de refroidissement. « Les installations de production de froid du site MRS3 ont dû être rechargées, du fait de fuites, par 745 kg de fluide frigorigène R134A depuis 2021, ce qui correspond en équivalent CO2 à une distance de près de 9 millions de kilomètres effectuée avec un véhicule thermique sans malus ni bonus écologique », taclait l’arrêté.

    Trois ans plus tard donc, bis repetita. « L’ensemble des travaux de réparation des défauts a été réalisé », reconnaît le rapport de l’inspection réalisée le 27 août dernier, levant la précédente mise en demeure. Mais malgré cela, pour la seule année 2024, cinq fuites accidentelles avec 62,5kg de rejets de gaz fluorés ont été enregistrées, dont trois au niveau des joints « de la même typologie que celles constatées en 2022-2023 », malgré les réparations effectuées. « Le plan d’action mis en œuvre sur ce type de fuites n’a manifestement pas été suffisant », s’agacent les fonctionnaires, réclamant un rapport d’expertise technique sur cette problématique.

    Évolution réglementaire

    « Dans le cadre de la mise en demeure de 2023, Digital Realty s’est pleinement conformé aux obligations qui lui avaient été notifiées », répond de son côté Digital Realty. Et le géant des centres de données de préciser qu’il a « intégralement remplacé le fluide frigorigène sur tous les groupes froids du site par un fluide présentant un impact environnemental très limité, ce qui ne nécessitait plus alors la mise en place de dispositifs de contrôle des fuites ». De quoi permettre la levée de la première mise en demeure.

    Mais face à l’évolution de la réglementation européenne, « la préfecture a fait une interprétation de ces textes la poussant à émettre une nouvelle mise en demeure », regrette la société, qui indique que « l’interprétation de ces obligations fait actuellement l’objet d’échanges avec les services de la préfecture ». Et d’assurer qu’elle reste « pleinement engagée à respecter l’ensemble des obligations réglementaires ». Il vaut mieux, au moment où son cinquième – et plus grand – data center MRS5 prend forme en bord d’autoroute, sur les emprises du Grand port maritime.

  • À Bouc-Bel-Air, l’inquiétude des riverains

    À Bouc-Bel-Air, l’inquiétude des riverains

    Un an après le lancement d’une pétition par les riverains du projet qui plafonne autour de 1900 signatures (notre édition du 19/06), le futur centre de données MRS6 de Digital Realty est, depuis le 6 octobre dernier et pour neuf jours encore, soumis à enquête publique. Un projet titanesque. Quelque 700 millions d’euros sont prévus pour transformer l’ancien entrepôt Decathlon de Plan-de-Campagne et en faire le plus gros data center du département, sur 26 000m² au milieu d’une parcelle de 10 hectares avec cinq salles de serveurs au rez-de-chaussée, deux autres au premier étage. L’installation nécessitera notamment de tirer une nouvelle ligne haute tension souterraine depuis le poste voisin du Realtor, à Cabriès, avec une sous-station à créer par le gestionnaire du réseau RTE, tandis que les 30 générateurs de secours doivent pouvoir apporter une puissance totale de 217 mégawatt, soit la moitié d’une centrale à gaz…

    De quoi alarmer une nouvelle fois les riverains, qui ont transmis au commissaire enquêteur des avis identiques pointant des effets cumulés avec la déchetterie voisine qui a ouvert en 2022. « Nous craignons que cette nouvelle infrastructure, malgré son caractère non industriel, ne crée un îlot de chaleur et des nuisances supplémentaires », écrivent-ils ainsi, réclamant que « les effets combinés soient évalués et compensés ». Le porteur de projet, de son côté, espère le faire sortir de terre début 2028.

  • Un Cezanne trop polluant pour les Pennes-Mirabeau

    Un Cezanne trop polluant pour les Pennes-Mirabeau

    Pour cette fois, Cezanne fait mauvaise impression. Depuis le 22 septembre et l’ouverture de l’enquête publique sur ce projet de centre de données porté par le groupe japonais Telehouse aux Pennes-Mirabeau, les avis négatifs des habitants se multiplient sur le registre dématérialisé disponible en ligne. Après avoir vu les data centers essaimer dans l’enceinte des bassins Est du grand port maritime de Marseille – le dernier porté par Digital Realty doit être livré fin 2026 à la place de l’ancien silo à sucre – les pouvoirs publics ont en effet décider de repousser les futurs projets en périphérie de la cité phocéenne.

    Ainsi c’est sur une parcelle de 6 hectares implantée en bordure de l’A7, à proximité de la zone de l’Anjoly, que Telehouse veut construire ces huit bâtiments, de deux étages chacun, avec à chaque fois deux salles de serveurs informatiques accompagnés leurs locaux techniques et de batteries, pour une puissance de 6 mégawatt par bâtiment. À cela il faut encore ajouter des bureaux, les groupes électrogènes, des cuves enterrées, les parkings avec leurs ombrières photovoltaïques… Soit au total, quelque 22 000m² aux trois quarts dédiés aux salles de serveurs. Un chantier qui doit démarrer au deuxième trimestre 2026, pour s’achever à l’horizon 2030 avec la création d’une sous-station électrique par le gestionnaire public du réseau RTE.

    Réseau de chaleur prévu

    Pour économiser l’énergie, le projet promet que les six groupes froids installés en toiture de chaque data center utiliseront directement l’air extérieur quand les températures seront inférieures à 12°C afin de refroidir les circuits d’eau. La chaleur fatale des serveurs informatiques devrait quant à elle être mise à profit : « La commune est totalement favorable à ce que ce projet intègre la réalisation d’un réseau de chaleur », confirmait ainsi le maire (DVG) Michel Amiel dans un courrier daté du 27 janvier dernier, indiquant que la Métropole était prête à apporter un appui en ingénierie. « La commune des Pennes-Mirabeau sera particulièrement attentive à ce que ce projet d’envergure s’inscrive dans une approche aussi vertueuse que possible sur le plan environnemental », insistait-il alors. Une promesse formulée dès le printemps 2024 par le porteur de projet qui au moment du sommet Choose France promettait de construire des data-center « écoresponsables » (notre édition du 14/05/2024), et qui s’engage aujourd’hui à n’utiliser que de l’électricité verte, et du biocarburant pour les générateurs de secours.

    Pas de quoi convaincre l’Agence régionale de santé. Dans son avis rendu le 10 juin dernier, celle-ci s’alarme : « Les concentrations mesurées en PM10 [particules fines, Ndlr.] et N02 [dioxyde d’azote] dans l’air dans la zone d’influence de la future activité sont supérieures aux valeurs limites réglementaires en certains points. » Cela alors même qu’une école est située à 170 mètres. Et de demander de « revoir le projet ». « Le point d’échantillonnage n’est pas situé à proximité de cibles potentielles », répond le porter de projet, indiquant que cette pollution est liée aux groupes électrogènes de secours qui ne seront utilisés que moins de 500 heures par an. Une prochaine réunion publique se tiendra le 10 décembre, avant la clôture de l’enquête le 22 décembre.

  • Le Mucem défend ses liens avec Digital Realty

    Le Mucem défend ses liens avec Digital Realty

    Mis en cause depuis plusieurs mois pour son partenariat avec Digital Realty, le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée a finalement réagi sur son site. « L’absence de rigueur dans les accusations portées jette injustement le discrédit sur l’exigence éthique de notre programmation », se défend le Mucem. Dans une pétition lancée le 30 septembre, 16 artistes et chercheurs mettent en exergue les liens du géant des centres de données avec la société israélienne Mivne ainsi que son impact environnemental. Et appellent donc à rompre les liens avec « une entreprise toxique et complice de la colonisation des territoires palestiniens ».

    « En tant qu’administration de l’État, nous n’avons aucune raison de casser ce partenariat, explique le responsable du mécénat au Mucem, Ariel Kenig. Rien ne contrevient ni au droit, ni aux conventions qui nous lient à ce mécène. » Et de déplorer « cette situation qui ne rend pas justice ni à notre programmation, ni à notre mission ». Face à la mobilisation, raconte-t-il, le Mucem a tenu à rester ouvert au débat, et un échange a été organisé début septembre avec les collectifs mobilisés. L’occasion de rappeler que le projet de data center de Digital Realty à Tel Aviv n’est qu’au stade du permis, avec une participation de 25% dans une coentreprise, sans transfert d’argent donc vers Mivne. S’il avait été situé dans les territoires occupés, « nous aurions cassé le partenariat dans la seconde », assure Ariel Kenig. Quant à l’impact environnemental, « nous suivons la charte de mécénat du ministère de la Culture », glisse-t-il. Et d’indiquer que si Digital Realty est l’un des trois premiers mécènes du Mucem, les 37 entreprises partenaires ont apporté 1,5 million d’euros en 2024, sur 26 millions d’euros de recettes.