Tag: enquête publique

  • Les Gapençais sceptiques face au projet de rocade

    Les Gapençais sceptiques face au projet de rocade

    Près de 80 habitants de Gap ont participé, ce mardi, à la réunion publique sur la partie sud de la rocade, dont l’enquête publique se clôturera le 9 octobre. « C’est un contournement souhaité depuis longtemps, a introduit le maire Roger Didier (DVD). Il n’est plus possible d’avoir des poids lourds qui circulent au centre-ville ! »

    Pierre Charlot, ingénieur en charge de la portion sud, a rappelé les objectifs du projet : faire sortir le trafic qui n’a rien à faire en ville, assurer la sécurité du centre et y privilégier les mobilités douces. « Ce n’est pas qu’un projet pour les Marseillais qui viendront skier à la station des Orcières, c’est aussi pensé pour les Gapençais, pour qui la circulation en vélo ou à pied est actuellement compliquée », assure-t-il.

    Pensé dès les années 70, le projet a depuis évolué et prévoit l’aménagement de deux voies limitées à 70km/h, avec une voie verte. Le tout pour un coût de 28,9 millions d’euros, répartis entre l’État, la Région, le Département et la Ville.

    Les habitants dont la résidence se trouvera au plus près de la rocade se sont montrés particulièrement inquiets : « Comment va-t-on traverser cette route ? Avez-vous pensé à la sécurité ? Au bruit ? » La Ville assure que ces éléments sont réfléchis. Elie Cordier, de l’opposition municipale de gauche, a tenté de nuancer le débat : « Tout le monde, initialement, est d’accord sur la nécessité du projet. Mais les habitants ont besoin d’être rassurés avec des réponses, des analyses d’impacts et des chiffres clairs. »

    Les travaux sont prévus dès 2027. L’avancée de la partie centrale, gérée elle par l’État, reste incertaine depuis un glissement de terrain de 2025.

    Agathe Di Lenardo

  • Ligne THT : le projet avance, l’opposition aussi

    Ligne THT : le projet avance, l’opposition aussi

    Alors que l’opposition se cristallise, le projet avance. Après que l’Autorité environnementale (A E) a publié son avis sur le projet de ligne très haute tension (THT) de 400 000 volts qui doit relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos-sur-Mer, RTE en livre sa lecture. Si l’instance indépendante pointe des lacunes dans l’étude d’impact, le gestionnaire du réseau estime que cette « feuille de route » identifie les « points qui restent à étudier », explique Gilles Odone, son délégué Méditerranée, alors que la demande de déclaration d’utilité publique (DUP) est en cours d’instruction. Christophe Berassen, directeur du programme d’électrification Fos-Berre, certifie : « On est encore loin de l’emplacement précis des pylônes, des modalités de réalisation, du détail des mesures d’évitement, de réduction et de compensation… Ces travaux sont devant nous. »

    Dans son avis, l’AE recommande à RTE de consolider « la justification des besoins électriques, de leur calendrier et du choix de la solution », pointant une comparaison insuffisante des « incidences sur l’environnement et la santé humaine des différentes stratégies, notamment des solutions phasées et de celles examinées par la tierce expertise », qui avait été présentée par Marc Petit, professeur de CentraleSupélec, lors de la concertation préalable. Ce dernier avait évoqué une « probabilité non nulle d’un décalage dans le temps de certains projets qui amène à proposer une évolution du réseau électrique en plusieurs étapes », hypothèse de départ de la solution alternative proposée par le Collectif THT 13/30.

    Après l’abandon du projet de giga-usine de photovoltaïque Carbon, la question se pose. « On distingue les demandes de raccordement des besoins électriques », répond Gilles Odone. Selon RTE, Carbon ne représentait que 200 MW des 4 000 MW de besoins identifiés à horizon 2030, répartis entre la sécurisation de l’alimentation de la région et la décarbonation de la zone industrielle de Fos-sur-Mer, où les projets se multiplient. Le gestionnaire se pose en émissaire de « la volonté de l’État clairement affichée de réélectrifier et de réindustrialiser le pays et de se rendre indépendant de toutes les sources d’énergie fossile ».

    RTE assure par ailleurs avoir étudié 14 stratégies avant de retenir le tracé actuel comme étant la meilleure solution. « Quel que soit le choix, il y aura des conséquences, affirme Gilles Odone. Si on fait moins puissant, qui n’en aura pas ? Si c’est plus cher, qui va le payer ? L’ordre de grandeur entre certaines solutions envisagées et celle-là, c’est 3,5 milliards d’euros d’écart. Ça demande des choix forts, mais il ne faut pas demander à RTE de les faire. »

    Tel que présenté actuellement, le coût de ce projet engagé en 2023 s’élève à plus de 400 millions d’euros. S’agissant du calendrier, une enquête publique de trois mois devrait débuter avant la fin de l’année. L’obtention de la DUP est attendue début 2027. RTE envisage le démarrage des travaux en 2028 et une livraison à horizon 2030. C’est ce délai de mise en service qu’avait appelé de ses vœux Emmanuel Macron en mai dernier, lors de la réunion de l’équipe de France de l’électrification, afin de « donner un signal clair et fournir la visibilité aux industriels ».

    Des lignes de distribution déposées

    Sur les mesures de compensation que l’AE demande de préciser, RTE affirme viser la « dette écologique nulle voire positive » avec la promesse, pour un pylône posé, d’en enlever 3 sur le réseau existant du grand Sud-Est d’ici 2035. Des lignes de distribution d’Enedis seront déposées pour apporter une réponse au risque avifaune pointé par l’AE dans son avis : « Les risques de collision et d’effet barrière pour les oiseaux, notamment le Ganga cata, l’Outarde canepetière et l’Alouette calandre, appellent encore des choix d’évitement. » La stratégie proposée par RTE est donc de supprimer ces lignes de tension inférieure, qui présentent plus de risques pour les oiseaux, pour « avoir un bénéfice écologique à mettre en regard avec les impacts potentiels du projet », explique Christophe Berassen. Les études vont être renforcées et proposer des « mesures d’évitement ou de réduction les plus adaptées possibles », ajoute-t-il.

    Quant à l’enfouissement, réclamé par les opposants à l’aérien, ce ne serait pas la solution la plus judicieuse selon le gestionnaire. Une alternative avec un enterrement de 6 km a été étudiée, mais elle « était évaluée à 150 millions d’euros supplémentaires il y a deux ans » et engendrerait « deux ans de retard sur le chantier », justifie Gilles Odone. Dans son rapport, l’AE note pourtant : « Le coût, le délai ou la complexité ne suffisent pas, sans justification au regard des objectifs poursuivis et de la faisabilité, à écarter une solution sensiblement moins dommageable pour les sites Natura 2000. »

    Le patronat presse toujours l’État

    Les représentants des organisations patronales de la région ne cessent de mettre la pression à l’État et aux élus pour accélérer la mise en œuvre de la ligne THT. C’était le sens d’une interpellation commune, également à l’adresse des élus locaux, de la part de l’Union pour les entreprises 13 (UPE), du Medef Sud, de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), le 9 septembre. Ces dernières réclament une déclaration d’utilité publique (DUP) « avant le 1er semestre 2027 ». Une interpellation précédée d’un coup de gueule du président de l’UPE, Jean-Christophe Amarantinis, une semaine avant, toujours pour une accélération du dossier. A.B.

  • À Gap, les habitants invités à s’exprimer sur la rocade

    À Gap, les habitants invités à s’exprimer sur la rocade

    Pensé dès les années 1970 pour désengorger le centre-ville, le projet d’aménagement de la rocade de Gap avance. L’enquête publique sur la section Sud de la rocade a débuté le 7 septembre et s’étend jusqu’au 9 octobre. Elle a pour but d’informer le public sur le projet, mais aussi d’assurer sa participation en lui permettant de donner son avis.

    Avec un coût total estimé à 28,3 millions d’euros, il est prévu pour la section Sud un aménagement de 2,4 km entre le carrefour du Sénateur et la route de Marseille (RN85). Une piste cyclable longera tout le long de cette rocade. Un pont sera aussi construit au-dessus de la voie de chemin de fer, ainsi qu’une passerelle piétons-cycles.

    « Ne pas perdre

    une minute de plus »

    « En dépit des difficultés techniques qui affectent la section centrale de la rocade, portée par l’état, la suite du projet, dont la Ville de Gap a obtenu la maîtrise d’ouvrage unique, avance », a indiqué la Ville de Gap dans un communiqué, en début de semaine.

    « L’objectif est de ne pas perdre une minute de plus dans ce dossier », explique le maire de Gap, Roger Didier. Il rappelle que parallèlement à cette enquête publique, les services techniques travaillent sur la section Nord. « Notre volonté est de lancer la concertation publique d’ici la fin de l’année ou au tout début de l’année prochaine. La priorité reste de mettre en service la section Nord le plus rapidement possible après l’ouverture de la section centrale, que l’état annonce pour la fin de l’année prochaine. » À la suite d’un glissement de terrain en septembre 2025, les travaux de la partie centrale ont été interrompus. Ils ont repris depuis le 20 juillet 2026.

    Le dossier d’enquête publique est consultable à la mairie ou sur le site de la préfecture. Le public peut porter ses observations en mairie ou via pref-rocadesudgap@hautes-alpes.gouv.fr

    Agathe Di Lenardo

  • Ouverture d’une enquête publique sur le réaménagement de la RN296

    Ouverture d’une enquête publique sur le réaménagement de la RN296

    Supprimer et rétablir des accès riverains de la RN296 pour permettre une sécurisation du parcours et la mise au statut de route express, mettre aux normes l’échangeur de Puyricard et prioriser les transports collectifs entre l’échangeur des Platanes et celui de Puyricard : les trois axes principaux du projet d’aménagement de la RN296 qui sera soumis à enquête publique à partir de lundi prochain.

    Cette infrastructure routière longue de 5,6 km située au Nord-Ouest de la ville permet notamment la liaison entre l’A51 Sud en direction de Marseille et l’A51 Nord en direction des Alpes mais aussi les échanges avec le Nord-Ouest et le centre d’Aix-en-Provence ou encore la liaison A51 (depuis le Nord d’Aix) vers A8 (en direction de Lyon). Le projet porté par porté par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) vise à renforcer la sécurité routière, améliorer l’accessibilité et la desserte des quartiers nord d’Aix-en-Provence et de Puyricard et la performance des transports en commun pour encourager le report modal.

    Il va faire l’objet d’une enquête publique à partir du lundi 14 septembre jusqu’au vendredi 16 octobre inclus. La participation à cette enquête peut se faire de plusieurs façons, par courrier (adressé à la commission d’enquête à la mairie d’Aix-en-Provence) ou en ligne (via le registre numérique www.registre-numerique.fr/reamenagement-rn296 ou par courriel : reamenagement-rn296@mail.registre-numerique.fr) mais aussi en se rendant aux permanences de la commission d’enquête, au service de l’urbanisme – 3, rue Loubet 13100 Aix-en-Provence – le lundi 14 septembre (9h-12h), le mercredi 30 septembre (16h-19h), le jeudi 8 octobre (12h-15h) et le vendredi 16 octobre (13h30-16h30). Ou à la mairie annexe de Puyricard- place des Combattants, le jeudi 17 septembre (11h-14h), le mardi 22 septembre (9h-12h), le vendredi 25 septembre (13h30-16h30), le vendredi 2 octobre (13h30-16h30), le lundi 5 octobre (11h-14h) et le mercredi 14 octobre (13h30-16h30).

  • Le projet Mistral sur les rails pour produire un « acier vert » à Fos-sur-Mer

    Le projet Mistral sur les rails pour produire un « acier vert » à Fos-sur-Mer

    « Notre credo est d’arriver à produire un acier vert au sens de l’environnement, du climat et de notre intégration dans l’écosystème social » expose Jacques-Yves Floch, PDG de Marcegaglia Fos-sur-Mer, lors de la présentation du projet Mistral à la Maison de la mer jeudi dernier. Plus d’un milliard d’euros sont mobilisés par le groupe familial, repreneur de l’ex-Ascométal en 2024 pour remodeler l’usine d’acier de récupération autour d’un four à arc électrique d’une capacité de production annuelle de 2 millions de tonnes d’acier.

    Ces outils s’insèrent dans les premiers niveaux de la chaîne de production du groupe Marcegaglia. « Nous développons notre propre capacité primaire », reprend Jacques-Yves Floch. « Nous sommes portés par les marchés défense, et nous nous orientons vers les produits dédiés à l’énergie, notamment avec le programme EPR2 » détaille le PDG, en référence au projet européen de réacteur nucléaire nouvelle génération. À terme, l’usine Fosséenne sera le fournisseur interne de trois usines du groupe, basées en Italie, où seront finalisés les produits d’aciers. « Notre ambition est d’être capables de livrer des aciers très purs à l’avenir », conclut le porteur de projet.

    Le rôle de l’État

    Si le projet est globalement salué par les associations environnementales, le rôle de l’État est encore source d’inquiétudes. « Nous sommes pour ce projet industrialo-portuaire », indique Christophe Claret, secrétaire général du syndical CGT des dockers et portuaires du Golfe. Mais, « où sont les infrastructures ? Les mairies ont de moins en moins d’argent, où est le rôle de l’État planificateur ? Comment on va faire s’il faut faire 2h de route pour aller travailler ? » assène-t-il.

    Une initiative privée y répond en partie. « Nous allons réaliser un restaurant interentreprises », annonce Jacques-Yves Floch, au sein du restaurant existant sur le môle central. « Pouvoir manger pas loin du lieu de travail est un moyen d’éviter les mobilités et nous l’avons fortement dimensionné pour ça », complète-t-il. Cela s’inscrit dans l’accord conclu en février avec les voisins Néocarb et GravitHy de mutualisation de services, comme la lutte incendie, la sécurité ou le contrôle d’accès. Et pour les 700 salariés en plus que compte embaucher le groupe, le PDG propose « un hub de parkings hors des usines avec des navettes » et des horaires modulés.

    Même logique sur la logistique. « Dès le début du projet, nous avons mutualisé notre desserte ferroviaire », indique Michel Nègre, responsable process et logistique de l’usine. L’objectif est d’approvisionner l’usine par trains venus de HES Fos, ancien terminal minéralier du port, approvisionné par la mer. « SNCF et son réseau national ne correspondent pas à nos échéances ni à celles de GravitHy et Néocarb », détaille le responsable, « On va saturer la voie existante au démarrage en 2029, nous travaillons avec le Grand port maritime de Marseille (GPMM) à créer une nouvelle voie de HES à Marcegaglia, qui fera l’objet d’un nouveau dossier ».

    Reste à confirmer la décision finale d’investissement, attendue pour fin 2026, en même temps que le permis de construire.

  • À Marseille, le data center de Saint-Louis s’ouvre au débat

    À Marseille, le data center de Saint-Louis s’ouvre au débat

    Les premières contributions sont déjà publiées sur le registre mis en ligne, toutes négatives pour l’instant. Depuis le 24 août est ouverte l’enquête publique pour l’installation, d’ici à la fin de l’année 2028 d’un nouveau centre de données à Marseille, sur les emprises de la friche de Saint-Louis Sucre (15e arr.). Un projet de taille : avec 300 millions d’euros d’investis pour une puissance de 20 mégawatts sur 21 900 m² de surface de plancher, il n’est dépassé à Marseille que par le MRS6 de Digital Realty en voie d’achèvement le long de l’A55. De quoi animer le débat, alors que se tient une première réunion publique ce jeudi, à 18h, en mairie de secteur.

    Un temps prévu pour accueillir une zone logistique, le site industriel historique dont il ne reste que l’activité de sucre liquide a finalement été destiné à accueillir les installations du martégal Provence Studio. « Ils n’avaient pas les reins assez solides pour pouvoir rénover la totalité du site et en faire quelque chose de viable, alors on nous a proposé de “backupper” ça par une activité qui pourrait aider à supporter le modèle économique, et donc un data center », retrace Guillaume Zaimeche, le directeur de projets d’Edged Enery, qui a remporté l’appel d’offres des studios au mois de mars 2025. En échange, la société devra payer un loyer sur cinquante ans à la Foncière Saint-Louis, la société montée par Provence Studios pour racheter le site, pour un montant inférieur aux 43 millions d’euros évoqués par nos confrères de Marsactu selon le directeur de projets, qui vante les synergies des deux projets : « Ils ont besoin de stocker, de traiter les rushs, de potentiellement faire de la création assistée par ordinateur ».

    Avis défavorables

    Face aux levées de boucliers des opposants, il présente un système de refroidissement « extrêmement efficient comparé aux autres », sans autre consommation d’eau que pour le nettoyage et les sanitaires, et sans nuisance sonore supplémentaire ni îlot de chaleur promet-il. Avec quarante emplois directs, le double en sous-traitance. Reste qu’avec une puissance projetée de 20 mégawatts, en plein quartier d’habitation, le centre de donnée dépasse allègrement le plafond de 12 mégawatts en « tissu urbain dense » inscrit dans les orientations d’aménagement de la Métropole (notre édition du 8 août). Des orientations qui restent un tigre de papier, faute de transcription dans les documents d’urbanisme. « Cela n’a pas attiré de problématique particulière puisque nous nous inscrivons dans l’orientation d’une revalorisation de friche industrielle », explique Guillaume Zaimeche.

    Un autre point a fait tiquer l’intercommunalité : la direction de l’aménagement des espaces publics a rendu un avis défavorable face à « l’impact significatif » sur l’extension du tramway, d’autant plus que les deux chantiers sont concomitants. « Les accès et l’implantation du projet sont incompatibles avec la refonte du plan de circulation », alertent les services face à la suppression de l’axe routier prévu entre la rue de Lyon et l’avenue Ibrahim-Ali. « Ils ont revu leur position », assure le directeur de projet. La direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) pointe de son côté l’impact paysager d’un bâtiment haut de 33 mètres. « Le site existant est plus haut que la façade », objecte Guillaume Zaimeche. Qui écarte de même les objections sur la compatibilité avec un réseau de chaleur, avec seulement 30°C manquants, où celles de l’Agence régionale de santé face à l’absence de mesures « afin d’éviter ou de réduire ses rejets atmosphériques ». « On installe un dispositif qui permet d’éliminer 80% des émissions d’oxydes d’azote », répond-il.

    L’enquête publique doit s’achever le 24 novembre.

    « On nous
    a proposé
    de backupper
    le projet
    de Provence Studios »

  • Alès-Bessèges : le retour du train sur les rails

    Alès-Bessèges : le retour du train sur les rails

    Il y a quatorze ans, les trains s’arrêtaient et les rails commençaient à disparaître sous les herbes. Aujourd’hui, la ligne Alès-Bessèges revient peu à peu dans le paysage. Après trois mois de consultation publique, la première phase du projet, entre Alès et Saint-Ambroix, a franchi une nouvelle étape. Sur 557 observations recueillies, 459 sont favorables à la réouverture de la ligne, contre 98 défavorables. Plus de 6 000 visites ont par ailleurs été enregistrées sur le dossier numérique.

    Un résultat qui donne du souffle à un projet porté de longue date par la Région Occitanie, les associations d’usagers et de nombreux élus locaux. Mais derrière la promesse de revoir circuler des trains se cache un chantier conséquent. Près de 40 millions d’euros doivent être mobilisés pour régénérer les 19 kilomètres de cette première portion : renouvellement complet des voies, remise en état de près de 130 ouvrages d’art, sécurisation des passages à niveau, nouveaux équipements de signalisation et rénovation des haltes de Salindres, Saint-Julien-de-Cassagnas et Saint-Ambroix. Une nouvelle halte est également prévue près du lycée Jean-Baptiste-Dumas, à Alès.

    25 minutes pour rejoindre Alès

    Pour la Région, les 40 millions ne constituent pas seulement une dépense, mais un investissement de long terme. La ligne rénovée est conçue pour durer au moins cinquante ans. Surtout, elle doit offrir une alternative crédible à la voiture : 25 minutes seraient nécessaires entre Saint-Ambroix et Alès, contre près de 40 minutes aux heures de pointe par la route. Les études tablent sur 650 à 750 voyageurs quotidiens en semaine scolaire, avec sept allers-retours par jour.

    Les défenseurs du projet espèrent aussi rapprocher le nord du bassin cévenol des lycées, de l’hôpital, des emplois et des formations d’Alès, et ainsi désenclaver le territoire. Des pôles d’échanges multimodaux sont prévus à Salindres et Saint-Ambroix. « C’est une augmentation de la valeur des territoires qui est évidente », défend Jean-Luc Gibelin, vice-président régional chargé des transports. Le chantier devra aussi composer avec un milieu naturel qui a repris ses droits depuis 2012. Chauves-souris, papillons protégés et zones humides feront l’objet de mesures spécifiques. Des rails soudés doivent limiter bruit et vibrations.

    Le dernier mot revient à l’État. Après le rapport de Nicole Pulicani, la préfecture devra se prononcer sur l’autorisation environnementale. La Région conserve son cap : Saint-Ambroix en 2028, puis Bessèges en 2030. Le retour du train n’est pas acquis, mais il se dessine.

  • La ligne à très haute tension est loin d’être enterrée

    La ligne à très haute tension est loin d’être enterrée

    Sur le bord de la route de Gageron, petit hameau au sud-est d’Arles, champs et rizières s’offrent à la vue des rares passants. À l’exception des pylônes de la ligne électrique à 63 000 volts reliant Arles à Jonquières-Saint-Vincent, dans le Gard. Le projet de ligne Très haute tension (THT) à 400 000 volts, devant relier le poste gardois à Fos-sur-Mer, pour alimenter les projets industriels décarbonés, emprunterait un chemin similaire. Mardi matin, le transporteur d’électricité RTE, porteur du projet, a embarqué la presse pour un tour d’horizon des paysages traversés de Jonquières à Gageron, hameau d’Arles.

    La route empruntée suit une bande de 100 mètres élaborée dans le cadre de la demande de Déclaration d’utilité publique (DUP) formulée par RTE. Celle-ci s’étend sur 65 kilomètres, passant à l’est de Bellegarde, descendant près du Parc naturel régional de Camargue, bifurquant à hauteur de Gageron pour traverser le Rhône et rattraper l’emprise de la nationale 568 vers Fos. Au total, 145 pylônes de 40 à 60m de haut sont envisagés pour cette ligne aérienne sujette à controverse.

    Car au moment du départ pour la visite de presse, plusieurs banderoles sont déployées devant les journalistes présents au départ d’Avignon TGV mardi matin. « Cette ligne c’est la mort du tourisme et de nos activités économiques », lance une des opposantes, « c’est un passage en force qui n’a pas sa place dans une démocratie » lance un membre des Jeunes agriculteurs, « RTE va vous vendre du vent, cette ligne ne se fera pas avec l’opposition unanime », lâche un autre opposant, « ça fait deux ans et demi qu’on souhaite discuter avec RTE », conclut la première.

    La conférence de presse donnée par RTE n’a pas fait l’impasse sur le sujet. « Nous avons vu des gens avec qui on n’est pas d’accord, même si on discute », affirme Gilles Odone, délégué Méditerranée de RTE. « Nous ne vendons rien, nous rendons un service public dans le contexte de ré-électrification du pays. La nouvelle demande est de 6 000 mégawatts alors qu’on en consomme 8 000 en région Paca aujourd’hui. Les services de l’État ont donc estimé qu’il fallait apporter 4000 mw sur place », recontextualise le dirigeant. Cet apport représente un peu plus de 26 centrales de Gardanne (biomasse) ou de 4 centrales de Martigues (gaz).

    Le directeur du projet d’électrification Fos-Berre, Christophe Berassen, rappelle qu’après le dévoilement du fuseau de moindre impact en 2024, le débat public Fos-Berre avait été « une opportunité de dialogue avec le territoire », et indique que la Déclaration d’utilité publique fera l’objet d’une enquête publique à l’automne 2026, pour début des travaux en 2028 et livraison en 2030. « La DUP est travaillée avec le territoire et le tracé final se décidera en concertation avec tout le monde », annonce le chef de projet, notamment par « un travail fin avec les exploitants pour insérer au mieux les pylônes et protéger les haies ».

    Une âpre négociation

    Cette volonté affichée se heurte à une réalité. Aux ronds-points des entrées de Jonquières-Saint-Vincent, de Beaucaire, de Fourques et d’Arles, des banderoles arborent le même message : « Non à la ligne aérienne à Très haute tension. » Alors, le jeu de la négociation s’opère. « Nous proposons l’enfouissement des lignes existantes de 63 000 volts », explique Christophe Berassen lors de la conférence de presse, comme pour la ligne Jonquières-Arles présente à proximité du tracé de la future THT. Le directeur affirme que « d’ici 2035, un pylône installé vaudra trois pylônes supprimés », dans les deux départements. « Au départ, on était à un pour un », confie l’un des dirigeants au cours de la visite. « On connaît les opposants. On les rencontre, on propose de supprimer des pylônes à côté de chez eux pour en mettre un autre plus loin… Ça prend du temps », complète-t-il.

    Mais quid de l’alternative ? Selon les opposants, l’enfouissement total du projet THT est faisable. Mais selon RTE, qui indique avoir étudié 14 solutions différentes, c’est une question de coûts, d’emprise foncière… Et surtout de temps. « Nous avons besoin de cette électricité à échéance 2030-2031 car les industriels prennent actuellement leurs décisions finales d’investissement », rappelle Gilles Odone. Industriels et syndicats vont dans ce sens.

  • La liaison Fos-Salon intégrée à une concession ?

    La liaison Fos-Salon intégrée à une concession ?

    Encore un serpent de mer. La liaison Fos-Salon entre dans sa 5e année de concertation publique. Ce lundi 22 juin, la troisième séquence consacrée au choix des variantes et aux modalités de financement s’est ouverte après avoir été reportée de deux ans à la demande du comité des élus. Mais alors, où en est ce projet d’infrastructure routière, dont le coût est aujourd’hui estimé à 566 millions d’euros ?

    L’hypothèse d’un financement public à hauteur de 50% de la liaison avait d’abord été confirmée par le Conseil d’orientation des infrastructures en 2023, avant d’être repensé lors de la conférence « Ambition France Transports ». Son rapport, remis en juillet 2025, établit que les ressources publiques sont insuffisantes et identifie « l’opportunité offerte par le renouvellement des concessions autoroutières historiques », qui s’étaleront entre 2031 et 2036. La possibilité d’une concession autonome avait au départ été étudiée, mais elle « conduisait à des péages très importants », assure Nadia Fabre, responsable du service transport infrastructure et mobilité de la Dreal.

    À l’heure actuelle, deux scénarios sont envisagés : celui d’un péage complet du nord au sud de cette deux fois deux voies de 25km, pour un tarif de 9,6 centimes par km pour les véhicules légers et 28,8 centimes pour les poids lourds ; ou celui d’un péage uniquement sur les sections nord et sud, pour un tarif de 25 centimes par km pour les véhicules légers et de 74 centimes pour les poids lourds.

    Dans la salle, les habitants ont le « sentiment d’une concertation bâclée ». « Et on comprend pourquoi : vous êtes dans l’urgence », dénonce Christian, du collectif Cistude. La Dreal a présenté un calendrier prévisionnel « impératif » comprenant une finalisation du dossier préalable à la déclaration d’utilité publique à la fin de l’année, pour une enquête publique ouverte en 2028 et une désignation du concessionnaire en 2031.

    D’ici là, d’autres projets sont inscrits dans le contrat de plan État-Région signé fin 2025 : la dénivellation du giratoire de la fossette (14 millions d’euros) ; le réaménagement du giratoire de toupiguières pour améliorer la desserte de Clesud (3,5 millions d’euros) et le réaménagement du giratoire des Bellons (21 millions d’euros de la Métropole).

  • L’impact de la centrale thermique de retour en justice

    L’impact de la centrale thermique de retour en justice

    GazelEnergie et le ministère de la transition écologique d’un côté de la barre, une flopée d’associations de défense de l’environnement de l’autre. Et au programme de l’audience qui se déroulait, ce vendredi à la cour administrative d’appel de Marseille, toujours la question de l’autorisation d’exploitation de la centrale thermique. Avec comme sujet de fond, l’avis de la justice sur sa prise en compte, ou pas, de son incidence sur l’environnement. Une étape de plus dans le bras de fer qui dure depuis plus d’une dizaine d’années autour de l’étude d’impact sur l’approvisionnement en bois de la centrale et autres enquêtes publiques.

    In fine, les associations (France nature environnement, Canopée ou encore Convergence écologique du pays de Gardanne) demandent l’annulation des arrêtés préfectoraux permettant l’exploitation de la centrale, jugeant les deux enquêtes publiques, et étude d’impact, sur lesquelles s’appuyaient les arrêtés, insuffisantes sur plusieurs points. La Cour administrative d’appel de Marseille du 10 novembre 2023 avait enjoint Gazel de faire un complément d’étude d’impact sur l’approvisionnement en bois. Ce qui avait provoqué la tenue d’une nouvelle enquête publique, l’année dernière. C’est suite à cette dernière que la préfecture a délivré une nouvelle autorisation d’exploitation pour la centrale.

    Un outil « au rôle majeur »

    Le rapporteur public n’a pas retenu ses coups à l’égard d’un projet industriel qu’il qualifie « d’inutile mais pas d’illégal ». Mais il « considère que l’ensemble des vices de procédure a été régularisé » entre la première étude d’impact et celle complémentaire, et les enquêtes publiques. Comme il le résume lui-même « la loi permet de bloquer des projets illégaux, mais pas absurdes ». S’il émet beaucoup de réserves sur la pertinence de la conversion à la biomasse, il conclut quand même à la régularisation des manquements qui avaient pu être relevés lors de la première enquête publique via la seconde. « Nous espérons que la cour ne suivra pas le rapporteur public puisqu’il conclut à la régularisation des illégalités », dénonce l’association Convergence écologique du pays de Gardanne.

    Avis tout autre pour GazelEnergie : « Lors de cette audience, le rapporteur public a, sur le fond, conclu que la procédure de régularisation avait été mise en œuvre dans le cadre légal fixé par la Cour. GazelEnergie rappelle que la Centrale est exploitée dans le strict respect de la réglementation en vigueur. » L’entreprise note aussi son « rôle majeur pour le territoire, tant que le plan énergétique, qu’économique et industriel ». Décision prévue pour le 26 juin prochain.

    Dernière réunion publique sur BMP, le projet des salariés

    La dernière réunion publique se tient ce mardi 16 juin, à 18h, à la Maison du peuple à Gardanne pour le projet Bio-Méthane Provence (BMP) porté par les salariés de la centrale de Gardanne. Une réunion publique qui se tient dans le cadre d’une concertation préalable volontaire pour BMP qui est porté par la Société de production d’énergie gardannaise (Speg), détenue par l’Association des travailleurs de la centrale de Gardanne (ATCG). Pour rappel, les travailleurs espèrent produire du gaz dit « vert » via un procédé industriel de pointe pour transformer du bois de récupération en fin de vie en combinant pyrolyse et méthanation, mais sans incinération. Il y a déjà eu plusieurs réunions : les 12 et 26 mai derniers. Et un dossier de concertation est à disposition dans les mairies du périmètre large du projet.

    A.B.