GazelEnergie et le ministère de la transition écologique d’un côté de la barre, une flopée d’associations de défense de l’environnement de l’autre. Et au programme de l’audience qui se déroulait, ce vendredi à la cour administrative d’appel de Marseille, toujours la question de l’autorisation d’exploitation de la centrale thermique. Avec comme sujet de fond, l’avis de la justice sur sa prise en compte, ou pas, de son incidence sur l’environnement. Une étape de plus dans le bras de fer qui dure depuis plus d’une dizaine d’années autour de l’étude d’impact sur l’approvisionnement en bois de la centrale et autres enquêtes publiques.
In fine, les associations (France nature environnement, Canopée ou encore Convergence écologique du pays de Gardanne) demandent l’annulation des arrêtés préfectoraux permettant l’exploitation de la centrale, jugeant les deux enquêtes publiques, et étude d’impact, sur lesquelles s’appuyaient les arrêtés, insuffisantes sur plusieurs points. La Cour administrative d’appel de Marseille du 10 novembre 2023 avait enjoint Gazel de faire un complément d’étude d’impact sur l’approvisionnement en bois. Ce qui avait provoqué la tenue d’une nouvelle enquête publique, l’année dernière. C’est suite à cette dernière que la préfecture a délivré une nouvelle autorisation d’exploitation pour la centrale.
Le rapporteur public n’a pas retenu ses coups à l’égard d’un projet industriel qu’il qualifie « d’inutile mais pas d’illégal ». Mais il « considère que l’ensemble des vices de procédure a été régularisé » entre la première étude d’impact et celle complémentaire, et les enquêtes publiques. Comme il le résume lui-même « la loi permet de bloquer des projets illégaux, mais pas absurdes ». S’il émet beaucoup de réserves sur la pertinence de la conversion à la biomasse, il conclut quand même à la régularisation des manquements qui avaient pu être relevés lors de la première enquête publique via la seconde. « Nous espérons que la cour ne suivra pas le rapporteur public puisqu’il conclut à la régularisation des illégalités », dénonce l’association Convergence écologique du pays de Gardanne.
Avis tout autre pour GazelEnergie : « Lors de cette audience, le rapporteur public a, sur le fond, conclu que la procédure de régularisation avait été mise en œuvre dans le cadre légal fixé par la Cour. GazelEnergie rappelle que la Centrale est exploitée dans le strict respect de la réglementation en vigueur. » L’entreprise note aussi son « rôle majeur pour le territoire, tant que le plan énergétique, qu’économique et industriel ». Décision prévue pour le 26 juin prochain.
Dernière réunion publique sur BMP, le projet des salariés
La dernière réunion publique se tient ce mardi 16 juin, à 18h, à la Maison du peuple à Gardanne pour le projet Bio-Méthane Provence (BMP) porté par les salariés de la centrale de Gardanne. Une réunion publique qui se tient dans le cadre d’une concertation préalable volontaire pour BMP qui est porté par la Société de production d’énergie gardannaise (Speg), détenue par l’Association des travailleurs de la centrale de Gardanne (ATCG). Pour rappel, les travailleurs espèrent produire du gaz dit « vert » via un procédé industriel de pointe pour transformer du bois de récupération en fin de vie en combinant pyrolyse et méthanation, mais sans incinération. Il y a déjà eu plusieurs réunions : les 12 et 26 mai derniers. Et un dossier de concertation est à disposition dans les mairies du périmètre large du projet.
A.B.


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