À Tarascon, sécuriser Fibre Excellence exige des prolongations

Le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation judiciaire de la SAS Fibre Excellence Provence le 29 juillet dernier. Depuis la mise à l’arrêt du site Seveso, les salariés veillent à la sécurité des installations mais le 28 août, à la veille de leur licenciement, le transfert de compétence n’ayant pas été assuré, ils ont alerté des dangers environnementaux que faisait encourir une fermeture non préparée.

Le 4 août, le directeur régional de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal Paca) rappelait déjà aux mandataires judiciaires leurs obligations environnementales, en matière de mise en sécurité du site. Le 20 août, Jacques Witkowski, préfet des Bouches-du-Rhône, mettait l’exploitant en demeure de « préciser son organisation en cas d’incident ou d’accident sur site voire de déclenchement de Plan d’Opération Interne ». Le 28 août, le liquidateur était absent du site, rien n’avait été mis en œuvre, alors que les 270 licenciements étaient prévus le lendemain. Pour le préfet, la mise en sécurité de l’usine n’a « pas été initiée ». Il a donné raison aux salariés qui ont été réembauchés pour trois jours.

Le liquidateur devait transmettre à l’Inspection des installations classées au plus tard ce lundi 31 août, les mesures et moyens qu’il entend mettre en œuvre pour garantir la sécurité sur l’usine. Réunis en préfecture, en présence des liquidateurs judiciaires et de représentants de la Dreal Paca, les salariés et leurs syndicats CGT et FO ont à nouveau défendu qu’une fermeture requière la présence d’une quarantaine de travailleurs sur le site 24h sur 24 durant six mois. Lourde déception et colère à la sortie pour le délégué syndical CGT du site : « Ils nous ont proposé un plan sur un mois pour 9 salariés, pour on ne sait quel salaire, et on referait le point dans trois semaines ! C’est inacceptable, réagit Jean-Michel Bulinge, Je vais l’annoncer aux salariés et on décidera des suites du mouvement ».

Toute la filière concernée

La fermeture sécurisée risque de jouer les prolongations. C’est à plus grande échelle qu’il faudra évaluer les conséquences sociales, industrielles et environnementales de la condamnation de l’usine de pâte à papier. « On consomme un million de tonnes de bois par an. Qui peut compenser cette perte de volume pour l’industrie forestière ? » interrogeait Jean-Michel Bulinge. Également inquiète pour les 5 000 emplois induits, la CCI du Pays d’Arles a ouvert une cellule dédiée aux entreprises prestataires, fournisseurs et sous-traitants impactés. Car on ne recrée pas aussi facilement des emplois. Les salariés de Fibre Excellence en font déjà les frais : « on a eu des propositions de reclassement à des centaines de kilomètres, dans le Doubs, à Tartaras dans les Landes, à Vic-le-Comte en Mayenne, à Laval-sur-Vologne dans les Vosges… » déplorait Yohan, opérateur, après 24 ans passés à l’usine.

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