Des feux fixés, mais l’inquiétude demeure avec la canicule

Le feu fixé à Gros Bessillon après huit jours de lutte

L’important incendie dans le département du Var qui a parcouru environ 4 500 hectares en huit jours, menaçant plusieurs villages, a été déclaré fixé mardi soir et un homme soupçonné d’une dizaine de départs de feu dans cette zone a été incarcéré, ont annoncé les autorités. « Le feu est fixé mais le travail se poursuit et la vigilance reste de mise », a indiqué la préfecture du Var dans un communiqué, rappelant que près de 5 000 personnes avaient dû être évacuées de plusieurs communes du centre du département depuis le début du sinistre mardi dernier.

Déclenché mardi 21 juillet en milieu de journée dans un champ situé sur la commune de Pontevès, l’incendie a dévoré un flanc du massif du Gros Bessillon et cerné plusieurs villages emblématiques de la Provence verte – entre mer Méditerranée et gorges du Verdon – dont Cotignac, Correns ou Barjols. « Certains quartiers de Correns et de Barjols restent soumis aux mesures d’évacuation car ils se situent à proximité ou à l’intérieur du périmètre du feu », précise la préfecture.

L’incendie qui a mobilisé quotidiennement plus de mille pompiers avec d’importants moyens aériens, assistés de nombreux bénévoles, ne progressait plus depuis plusieurs jours mais avait connu de nombreuses reprises.

Feu fixé, mais pas encore éteint

au Bois noir

Les flammes, qui ont parcouru 510 hectares sur le secteur du Bois noir, sur les communes de L’Argentière-la-Bessée et de Freissinières, sont désormais fixées par les sapeurs-pompiers.

Après une semaine de haute lutte, le périmètre de l’incendie n’a plus évolué depuis près de quatre jours. Cependant, 120 sapeurs-pompiers et militaires, appuyés par 30 engins restent présents sur place car l’incendie n’est pas encore éteint. Une réactivation d’un foyer a été observée ce lundi soir d’après la préfecture, sur le secteur de L’Argentière. La préfecture prévient que de nombreux points chauds persistent sur l’ensemble du massif et présentent un risque de réactivation, notamment avec la remontée des températures, la sécheresse et les vents attendus dans les prochains jours.

La gestion de cet incendie provoqué par la foudre et découvert dès le 15 juillet, a suscité des interrogations et critiques sur les réseaux sociaux, le maire de Freissinières évoquant même la création d’une commission d’enquête sur la gestion du feu. De son côté, la préfecture des Hautes-Alpes a rappelé la difficulté d’intervenir sur ce terrain accidenté et annoncé qu’un bilan complet de l’opération sera fait en septembre, avec une réunion de retour d’expérience.

« Cette évolution favorable permet au territoire de retrouver son rythme estival », se félicite l’office de tourisme du Pays des Écrins. Au hameau de Pallon, le camping des Allouviers a ainsi rouvert ses portes et accueille à nouveau les vacanciers. De même pour les Élixirs d’Isabelle, et ce, dès mercredi, avec les visites du jardin et du caveau.

Le mégafeu stabilisé, mais

des inquiétudes liées

aux températures annoncées

L’incendie est « stabilisé » et ne « progresse pas », a déclaré en fin de journée mardi la préfète du département, Sophie Brocas. Pour autant, les pompiers ont fait face à « 14 reprises de feu, c’est très important, sur des zones qui avaient déjà été parcourues par le feu ». Ces récidives sont « un témoignage de la précarité de la situation », a averti le commandant Matthieu Jomain, du Service départemental de secours et d’incendie. Pour prévenir de nouvelles récidives, la Défense des forêts contre les incendies (DFCI) a réalisé 121 km de pare-feu, selon son président Bruno Lafon. Passées à midi en vigilance jaune canicule, la Gironde et les Landes s’apprêtent à vivre selon Météo France un « fort pic de chaleur ». Après une première hausse des températures mardi jusqu’à 33 à 35 °C dans les terres, le thermomètre atteindrait des maximales « souvent comprises entre
38 et 41
 °C » mercredi, avec des vents un peu moins forts mais plus secs, et avant une nette baisse attendue jeudi. Par précaution, mardi, environ 4 000 personnes ont été évacuées des hébergements touristiques de Lacanau, « dans le plus grand calme, puisqu’on avait un peu de temps », s’est satisfait le maire Laurent Peyrondet. Depuis le début du mégafeu, 222 000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes. Les habitants de trois villes proches de Bordeaux évacuées dans le week-end, Le Haillan, Mérignac et Eysines, vont pouvoir rentrer chez eux « s’ils le souhaitent », a annoncé mardi la préfète de Gironde, mais à deux conditions. « Un, qu’ils laissent leur portable allumé et qu’ils suivent strictement les consignes de sécurité. S’ils reçoivent de nouveau un message FR-Alert, ils devront partir. Deux, avoir un sac prêt », a-t-elle précisé. Le feu n’étant pas « fixé », c’est-à-dire contenu, le retour du plus grand nombre dans leurs hébergements n’est à ce stade pas envisageable.

Début de retour à la normale

À Biscarrosse, l’incendie qui a détruit près de 200 bâtiments ayant été fixé, les habitants étaient de retour dans la ville mardi, oscillant entre désarroi et soulagement. Après « trois jours dignes de scènes de guerre », « tout le monde est content de rouvrir », assure derrière son comptoir une boulangère à l’entrée de la ville de 15 000 habitants hors saison, autour de laquelle jusqu’à 30 000 personnes ont été évacuées pour échapper aux flammes qui ont ravagé 3 700 hectares de pinède. Le brasier qui a sévi durant plusieurs jours, fixé dans la journée de lundi mais pas encore éteint, continue d’inquiéter. « Le feu peut reprendre. On peut avoir des mauvaises surprises », avait mis en garde la veille le préfet Gilles Clavreul, en maintenant bouclé une poignée de quartiers par précaution.

Le pays entrevoit « le bout

du tunnel »

Si le vent menace de tourner au sud, la levée de l’ordre d’évacuation dans 13 communes donne un premier signal positif de la lutte contre les feux en Espagne. Le travail des pompiers et des militaires « dans des heures très difficiles, très critiques » a permis d’inverser « réellement la tendance et nous permet donc de commencer à entrevoir la lumière au bout du tunnel dans la lutte contre ces incendies, avec toutes les précautions nécessaires », a déclaré mardi le Premier ministre Pedro Sanchez.

Mais le front le plus critique, au nord du lac artificiel de San Juan à 70 kilomètres à l’ouest de la capitale, préoccupe encore les autorités. Une nouvelle vague de chaleur arrive en Espagne et doit durer jusqu’à au moins dimanche, selon l’Agence météorologique nationale (Aemet), qui a alerté sur des risques « extrêmes » d’incendies.

Une femme grièvement brûlée dans l’incendie qui a touché l’Andalousie le 9 juillet est morte des suites de ses blessures, a annoncé jeudi l’hôpital où elle était soignée, portant le bilan à 14 morts, en majorité des étrangers. Cet incendie, qui s’était déclenché dans la région d’Almeria, était parti d’un câble d’alimentation électrique le long d’une route nationale dans la zone de Los Gallardos, où la végétation était desséchée à cause de la chaleur, d’après les autorités.

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