Tag: météo

  • Inondations : le bilan s’alourdit, la vigilance demeure

    Inondations : le bilan s’alourdit, la vigilance demeure

    Le bilan s’alourdit. Les forts orages de lundi et mardi ont fait deux nouvelles victimes, à Lançon-Provence. Une femme de 86 ans et sa petite-fille de 26 ans, originaire d’Ariège, ont été retrouvées sans vie, mercredi soir, dans la cave inondée d’une maison située au bord de la RD19.

    La maire (DVD) Julie Arias se dit profondément touchée, et regrette la fuite de ces informations par les services de la préfecture avant même que les proches ne soient avertis. « Quelque chose de dramatique s’est joué hier, la vie entière de toute une famille a basculé pour toujours. […] Au nom de la commune et des Lançonnais, je leur adresse toutes mes condoléances. »

    Mardi matin, un homme de 75 ans avait déjà perdu la vie, emporté par les eaux qui ont dévasté le quartier de Massane, à Saint-Mitre-les-Remparts. Le colonel Franck Briend, directeur adjoint du Sdis 13, réagit : « J’ai une pensée pour les familles des trois personnes décédées depuis le début de l’événement, c’est dramatique. Nous n’avons heureusement pas d’autre personne pour le moment, mais on ne peut pas exclure qu’il n’y ait pas d’autre victime en allant découvrir maison par maison si tout le monde va bien. J’en appelle à la prudence, le phénomène n’est pas terminé, l’électricité présente un risque et il y a encore des zones inondées. Chacun doit prendre ses précautions pour éviter de se mettre en danger. La priorité, c’est la vie humaine. »

    Plus de communication,

    ni d’électricité

    Depuis lundi soir, les pompiers ont réalisé près de 2 700 opérations de secours, principalement « axées sur le sauvetage et les mises en sécurité qui ont concerné plus de 1 000 personnes », souligne le colonel. À l’heure actuelle, 1 200 sapeurs-pompiers sont toujours déployés dans les Bouches-du-Rhône, épaulés par les moyens de la Sécurité civile et l’appui d’une dizaine de départements venus en renforts, pour « aider les populations » et permettre un « retour à la normale » après les inondations. « On a aussi un objectif d’accompagner la remise en œuvre des circulations principales pour désengorger les communes », poursuit Franck Briend. Les secteurs d’Arles et Saint-Martin-de-Crau préoccupent encore le Sdis 13.

    Dans cette commune de l’Ouest des Bouches-du-Rhône, près de 400 habitants ont dû être secourus et évacués mardi, avant d’être accueillis dans un espace mis à disposition par la mairie. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Saint-Rémy-de-Provence a ouvert les portes de sa salle communale aux 180 sinistrés restants. Si la situation s’améliore, Saint-Martin-de-Crau revient de loin. La ville a été « coupée du monde », raconte le premier adjoint au maire, Julien Besançon. « C’est devenu une île pendant 48h. » Les principales voies d’accès ont été inondées, le poste d’alimentation électrique des 6 500 foyers également, et les communications ont été coupées pendant 4 heures, mercredi, en raison de la panne d’Orange. Mercredi soir, 3 500 logements ont pu retrouver le courant. Jeudi midi, le reste des habitants attendaient encore l’arrivée de 20 groupes électrogènes d’Enedis, dont l’acheminement a été retardé par l’état des routes. La situation a été rétablie dans la soirée.

    Néanmoins, la maire Séverine Dellanegra (SE) détaille : « Il y a encore des quartiers qui ont jusqu’à 80 cm d’eau, notamment au Mas Boussard et au Cabrau, mais le nombre précis d’habitations est encore difficilement chiffrable ». Des méga-pompes ont commencé les opérations d’absorption. La zone industrielle a également été affectée. « Il y aura un impact économique, affirme l’édile. Nous mettrons des dispositifs en œuvre dès la semaine prochaine, en lien avec la Chambre de commerce et d’industrie et la Chambre d’agriculture, pour pouvoir évaluer les dégâts et accompagner les entreprises et les commerces concernés. »

    LES ÉLUS EN PREMIÈRE LIGNE

    Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues

    « La préfecture m’a assuré que nous aurons la reconnaissance de catastrophe naturelle, qui passera en commission le 27 octobre. Des habitants m’ont dit que l’expert de leur assurance ne paissait que fin novembre. Mais des gens sont à la rue ! J’ai demandé à resserrer le calendrier de passage des experts et qu’on ouvre un guichet unique d’aide aux sinistrés, dès la semaine prochaine, à l’hôtel de ville. »

    Propos recueillis par Antonin Maja

    Frédéric Bolano, adjoint (PCF) à la prévention et à la sécurité de Port-de-Bouc

    « La solidarité port-de-boucaine a encore une fois montré sa force : des agents sont revenus de vacances à leur initiative, la SNSM, la Réserve communale étaient présentes, le Secours populaire a séché et habillé les réfugiés de Gagarine, deux étudiantes se sont occupées des enfants, les commerçants ont offert des pizzas… Nous faisons le tour des sinistrés depuis deux jours pour les aider à déclarer leur sinistre. »

    An. M.

    Séverine Dellanegra, maire de Saint-Martin- de-Crau

    « On a largement dépassé le scénario catastrophe du schéma des crues de la Crau qui a été élaboré il y a dix ans. Avec cet épisode, on est plus du tout à jour. La pluviométrie record, la nappe phréatique exceptionnellement pleine et le phénomène très territorialisé ont empêché un drainage optimal. Il va falloir avoir une réflexion sur les causes détaillées qui nous ont menés à cette situation et en tirer les conséquences. »

    A.M.

    Vincent Goyet, maire de Saint-Mitre- les-Remparts

    « On a eu un événement exceptionnel, qu’on n’avait pas connu depuis 1938. Face à ça, on va recalibrer nos installations pour qu’on soit correctement organisé, même face à des orages de moindre ampleur. On ne peut pas se contenter de roubines agricoles avec une activité agricole en déprise totale. Il faut pouvoir restructurer le réseau pour mieux gérer ces risques avec l’aide de la Métropole au titre de la compétence inondation Gemapi. »

    A.M.

  • Les communes de l’Étang de Berre les pieds dans l’eau

    Les communes de l’Étang de Berre les pieds dans l’eau

    Les Villes de Martigues, Berre-l’étang, Saint-Mitre-les-remparts, Istres et Port-de-Bouc ont activé leur Plan communal de sauvegarde (PCS) à la suite des fortes intempéries survenues dans le secteur depuis lundi.

    Le vallon de Massane et la ZAC des Étangs sont signalés comme impraticable, Saint-Blaise est à éviter. Plus de 220mm de pluie sont tombés par endroits. La Théâtre de La Manare, à Saint-Mitre, est ouvert comme lieu d’accueil des sinistrés, de la même manière que le gymnase Donadieu et la Grange à Entressen, ou la salle Gagarine à Port-de-Bouc. L’ensemble des crèches de Martigues sont fermées, certaines inondées comme à Port-de-Bouc. Les centres de loisirs de Martigues sont fermés sauf pour celui de Canto-Perdrix, comme pour tous ceux de Berre et de Port-de-Bouc.

    Partout, la même consigne est donnée : ne pas emprunter les routes et de différer les déplacements, insistent les Pompiers 13.

  • Fiesta des Suds : annulation de la soirée d’ouverture de jeudi soir

    Fiesta des Suds : annulation de la soirée d’ouverture de jeudi soir

    Les conditions météo défavorables annonçant des rafales de vent jusqu’à 90 km/heure, seraient à l’origine de l’annulation de la soirée d’ouverture de la Fiesta des Suds du jeudi 8 octobre qui prévoyait notamment un concert de Véronique Sanson et Imany.

  • À Montpellier, une mécanique déjà bien huilée

    À Montpellier, une mécanique déjà bien huilée

    Le futur hôtel des sécurités va nous faire gagner beaucoup de temps. » À entendre Sébastien Cote, on pourrait d’abord croire que ce lieu stratégique – qui ouvrira dans le quartier Celleneuve début 2029 – est attendu comme le messie à l’heure où les phénomènes météo extrêmes s’accentuent.

    En réalité, l’hôtel des sécurités qui centralisera les polices municipale et métropolitaine des transports, le PC sécurité de la TAM ou encore le Centre de supervision urbaine (CSU), ne sera que la cerise sur le gâteau. « Tous les acteurs seront réunis au même endroit et auront sous les yeux le grand mur d’images du réseau de caméras de vidéosurveillance de la Ville de Montpellier », explique l’adjoint au maire délégué à la sécurité.

    L’ultime maillon d’une chaîne de commandement déjà parfaitement rodée les jours où les pouvoirs publics se doivent de prendre les mesures adaptées aux risques climatiques exceptionnels. Car lorsque les fortes pluies ou le feu menacent, personne ne tergiverse. Le Plan communal de sauvegarde de la Ville (PCS) détaille risque par risque les process et rôles de chacun. « Tous les scénarios sont envisagés et le plan va bientôt passer à l’échelle de la Métropole », précise Sébastien Cote.

    Dès que nécessaire s’ouvre une « cellule de crise » au sous-sol de l’hôtel de ville de Montpellier. Au sein de ce Poste de commandement communal (PCC) aux allures de bunker, entre 15 et 20 personnes dont le maire ou l’adjoint d’astreinte, les responsables des services municipaux, de la police municipale, la voirie, la TAM, les pompiers, la sécurité civile… « Ils sont en lien téléphonique avec les équipes de terrain, la société Predict Services pour les prévisions météo et si besoin les maires des communes avoisinantes, ainsi bien sûr le préfet qui peut reprendre la main si le phénomène s’étend au département. »

    Des outils spécifiques sont aussi à disposition à l’instar du réseau métropolitain de capteurs qui mesurent la montée des eaux. « On peut ainsi rapidement décider de sécuriser une école, fermer un parc, un bois ou une route en contrebas, stopper une ligne de tramway… », illustre l’adjoint à la sécurité.

    La canicule n’étant pas un « risque ponctuel » mais continu, elle donne lieu à une « cellule de veille » quotidienne et amène elle aussi à des choix politiques forts. « En cas de fortes chaleurs, on peut décider en lien avec le rectorat de suspendre des cours d’une école, d’inviter au report d’un rassemblement mais aussi de rallonger les horaires des médiathèques ou d’ouvrir des salles climatisées pour placer les sans domicile fixe à l’abri. »

  • Les caprices du ciel sèment le chaos dans le Gard et l’Hérault

    Les caprices du ciel sèment le chaos dans le Gard et l’Hérault

    Onze départements d’Occitanie avaient été placés en vigilance orange aux orages par Météo-France. L’accumulation d’air chaud liée aux canicules successives de cet été a servi de carburant aux orages qui ont balayé la région ce 24 août, avec un épisode particulièrement violent dans l’Aude (lire aussi P.22), où une tornade dévastatrice s’est abattue vers 17h30 sur le village de Pomas, faisant 39 blessés et de nombreux dégâts matériels (300 habitations impactées).

    Ces pluies torrentielles, accompagnées de grêle et de fortes rafales de vent, ont ensuite frappé l’Hérault, où les intempéries ont débuté vers 17h30 pour traverser le département d’ouest en est. Vers 20h30, les orages avaient filé vers le Gard voisin. Un phénomène relativement rapide, mais très intense. Les stations météorologiques ont en effet enregistré des vents d’une violence rare, avec des pointes à 121 km/h mesurées à Pézenas-Tourbes et 112 km/h à Murviel-lès-Béziers. Couplées à des précipitations pouvant atteindre 50mm dans le Biterrois et 20 à 30 mm à Montpellier en quelques minutes, ces rafales ont causé d’importants dégâts.

    Dans l’Hérault, où plus de 500 sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour 150 interventions d’urgence, « 35 communes ont subi des dégâts matériels lors de cet épisode, majoritairement liés aux fortes rafales et aux chutes d’arbres », indique la préfecture dans un communiqué qui dresse le bilan de l’épisode.

    Un seul blessé léger

    dans l’Hérault

    « Des dégâts ont notamment été constatés sur des toitures, des routes et les réseaux électriques, ainsi que dans plusieurs parcelles viticoles avec des rangs de vignes couchés et des arbres fruitiers brisés ». Une quarantaine de maisons ont été endommagées sur l’ensemble du département. Paulhan, à mi-chemin entre Béziers et Montpellier, a été particulièrement touchée par les intempéries. De même que Saint-Georges d’Orques, dans l’agglo montpelliéraine, qui offrait elle aussi, au lendemain de ce violent épisode orageux, un paysage de désolation avec une centaine d’arbres déracinés, dont certains se sont abattus sur des voitures en stationnement. Les lignes électriques (au plus fort de l’épisode, 22 000 clients ont été privés d’électricité dans l’Hérault) et le réseau routier ont particulièrement souffert. À Montpellier, les pluies torrentielles ont inondé certaines rues, rendant le passage des bus et des trams difficile. Fort heureusement, le bilan humain reste très limité : « Une seule personne a été légèrement blessée lors des intempéries à la suite d’une chute de branche, tandis qu’à Capestang, une famille dont le véhicule avait été touché par la chute d’un arbre a été secourue et est indemne », relate la préfecture. L’événement n’est pas classé en état de catastrophe naturelle, informe-t-elle : « les particuliers ayant subi des dommages sont invités à se rapprocher de leur assurance dans les plus brefs délais ». Un classement toutefois réclamé publiquement par le sénateur PS de l’Hérault Hussein Bourgi et la députée PS héraultaise Fanny Dombre-Coste.

    Dans le Gard, que les orages ont atteint vers 20h30 avec un peu moins d’intensité, une centaine de pompiers ont réalisé une vingtaine d’interventions, dont trois pour des débuts d’incendie liés à la foudre dans des maisons à Alès, Sauve et Bernis. Sur le plan humain, « un motard a été légèrement blessé après avoir percuté une branche sur la route à Nîmes », relate Ici Gard-Lozère. Le 25 août au matin, 300 foyers étaient toujours privés d’électricité dans le département, selon la radio locale. À noter que la journée du 24 août a été « la plus foudroyée de l’année », avec 26 000 impacts de foudre recensés, selon l’observatoire des tornades et orages Keraunos. Un phénomène immortalisé par l’agroclimatologue et chasseur d’orages héraultais Serge Zaka, qui a saisi et publié sur son réseau social X des images spectaculaires. Amélie Goursaud

  • Les vents du Sahara enveloppent les Alpes

    Les vents du Sahara enveloppent les Alpes

    Ce jeudi après-midi depuis Gap, la silhouette de Charance baignait dans un voile brumeux, on devinait à peine la falaise de Céuse et les massifs du Dévoluy avaient même complètement disparu dans l’horizon laiteux. De quoi susciter la curiosité, voire l’inquiétude tant ce type de paysage est en général le propre des saisons froides et des brouillards qu’elles apportent. « C’est un flux du Sud qui nous amène de la masse d’air venu d’Afrique, un phénomène qu’on a l’habitude de voir assez régulièrement chaque année, explique Sébastien Mathiot, chargé d’action pour les territoires alpins chez AtmoSud. Cette masse d’air est chaude et chargée de particules que l’on dit désertiques. L’Afrique est un vaste territoire, souvent sec, aride et dans ces territoires se forment des vents de sable, de terre et de tout un tas de choses. Une grande masse d’air chargée de particules vient donc d’Afrique, traverse la Méditerranée, se balade en quelque sorte, touche en général la Corse d’abord et nous derrière. »

    Éviter le sport en extérieur et les véhicules polluants

    Si le phénomène était prévu, les répercussions au sol ont été significativement plus importantes qu’attendues. Cette masse de particules de terres désertiques a tendance à rester en altitude, le phénomène s’est en effet d’abord manifesté dans les hauteurs du Briançonnais dans la journée de jeudi, puis les poussières sont redescendues plus bas en altitude, concernant une grande partie de la région Paca, même si les départements alpins sont les plus touchés.

    Selon AtmoSud, il est encore difficile de prévoir exactement pour combien de temps les poussières vont se maintenir, il convient dans tous les cas de prendre les précautions nécessaires. « Ça a aussi une incidence sur la santé, notamment les personnes fragiles, jeunes enfants, personnes âgées et toutes les personnes qui ont des problèmes respiratoires, rappelle Sébastien Mathiot. Ça a beau être des particules “naturelles”, ça reste des particules très fines qui posent problème à la santé quand même. Il faut donc que tout un chacun évite de rajouter encore plus de pollution et donc privilégier les transports collectifs. Évitez aussi de faire une activité sportive intense. »

  • [Intempéries] Dégats matériels dans les Bouches-du-Rhône

    Pas moins de 200 interventions ont été réalisées avec des toitures d’entrepôts arrachées dont celle d’Amazon à Saint-Martin-de-Crau, une chute d’échafaudage à La Ciotat et de nombreuses chutes d’arbres avec des vents dépassant les 100 kilomètres par heure. À Saint-Paul-lez-Durance, une ligne de 20 000 V a été endommagée et a plongé une grande partie de la commune dans le noir.

    La circulation des trains a également été impactée avec des retards de plusieurs heures, notamment entre Marseille et Nîmes. La desserte de Saint-Martin-de-Crau était toujours interrompue ce mardi 25 avril, les trains étant détournés sur la ligne Miramas-Avignon via Cavaillon. Le retour à la normale étant prévu pour 16h.

  • [C’est l’été] Météo France, l’art de mesurer le climat et la météo

    [C’est l’été] Météo France, l’art de mesurer le climat et la météo

    Cet été, il fait chaud. Beaucoup trop chaud. « Mais c’est tout à fait courant dans le monde dans lequel on va », affirme pourtant, un brin fataliste, Stéphane Roos, directeur adjoint de Météo-France sur la zone sud-est. Car il faut s’y résoudre : « De notre vivant, on ne retrouvera jamais la planète telle qu’elle était. On voit cet été comme exceptionnel par rapport à des références qui, aujourd’hui, n’existent plus. Dans 15-20 ans, il sera tout à fait normal ».

    Cela fait « des dizaines d’années » que l’institution, devenue grande contributrice du GIEC, prévient « d’un réchauffement climatique majeur. On en a la confirmation, et on se rend compte que ça arrive en temps et en heure, même un peu avant. Là, pour l’instant, on est encore dans les scénarios décrits par la TRACC, la trajectoire régionale d’adaptation au changement climatique », appuie Stéphane Roos. Ceux-ci sont utilisés par la France pour produire des politiques d’adaptation et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. En ligne de mire : +3°C à horizon 2100 au niveau mondial, 4°C en France « et peut-être même +0,8°C de plus sur l’arc méditerranéen », met-il en garde.

    Avec tous les changements globaux que cela induit : « Il ne s’agit pas juste de 3°C en plus : 3,6°C, c’est ce qui nous sépare du mammouth laineux. Il y a 120 000 ans et 60 000 ans, plus des deux tiers de l’hémisphère nord étaient recouverts par 1 à 2 km de glace. Ça a mis 20 000 à 30 000 ans pour se réchauffer ». À l’inverse, 3°C supplémentaires auront pour conséquence une sécheresse accrue des sols : « Ces températures jouent sur l’hydrométrie. De plus, même s’il y a presque toujours autant de pluies, au lieu d’être étalées dans le temps et de recharger les nappes, elles sont concentrées sur des épisodes très courts et dévastateurs, et au lieu de rentrer dans le sol, elles ruissellent vers la mer, ce qui limite la recharge des nappes phréatiques. C’est aggravé par l’évapotranspiration : quand les plantes reçoivent des gouttes d’eau, elles les captent et transpirent parce qu’il fait chaud, les rejetant dans l’atmosphère ».

    « D’une logique d’observation à une logique de prévision »

    Pour établir ces prévisions à long terme, il faut regarder derrière. C’est ce que s’attelle à faire, depuis le Moyen-Âge, la climatologie. « Au XVIIe siècle, on a découvert la pression atmosphérique. Petit à petit, on invente les moyens de mesurer la force du vent, le pluviomètre… On s’est mis à noter de manière de plus en plus rigoureuse, et on s’est servi de ces données pour caler les modèles d’évolution climatique : on les utilise pour ajuster les modèles », explique Stéphane Roos.

    Dans le même temps, il faut aussi avoir un œil sur le temps à venir. C’est le sujet de la météorologie, qui trouve ses racines dans un événement historique : le siège de Sébastopol par les troupes franco-anglaises en 1854. Une violente tempête décime la flotte française en Mer Noire. « Napoléon III charge l’équivalent du ministre de l’Enseignement et de la Recherche de l’époque, l’astronome Urbain Le Verrier, qui relevait les paramètres météo heure par heure, d’essayer d’anticiper les tempêtes », raconte Stéphane Roos. Le Verrier recueille les données de ses confrères européens, notamment la pression atmosphérique et sa tendance. Il observe que la tempête suit un minimum dépressionnaire, et qu’on peut, par ce biais, évaluer sa direction. Le Verrier fut ainsi à l’origine de la Veille météorologique mondiale – un réseau européen mis en place dès 1874 pour passer « d’une logique d’observation à une logique de prévision » – et du Service météorologique français en 1854, ancêtre de Météo-France.

    Depuis, l’observation météo a beaucoup progressé : stations automatiques, satellites, radars, supercalculateurs… « La prévision météo est liée à la modélisation physique, c’est-à-dire traduire en expression mathématique ce qui se passe dans l’atmosphère », synthétise Stéphane Roos. Avec une précision parfaite ? « Non. Par exemple, il est très difficile de prévoir la position exacte de la supercellule orageuse dévastatrice qui va donner 60 mm/heure pendant deux heures », reconnaît-il. Il en va de même pour les prévisions saisonnières : « Il s’agit de tendances basées sur des modèles et des éléments macros comme les masses d’air. On passe de prévisions déterministes (le temps qu’il va faire demain), à de la probabilité ».

    L’histoire de l’institution

    Établissement public fondé en 1855, le Service météorologique français, devenu Météo-France en 1993, a pour mission d’observer et prévoir le temps, étudier le climat, faire progresser les savoirs et fournir des données et services voués, notamment, à assurer la sécurité des biens et des personnes.

  • Arc Fleuve Vivant veut documenter la sécheresse

    Arc Fleuve Vivant veut documenter la sécheresse

    Témoignez. Photographiez. Transmettez. » Alors que la hausse des températures fait des ravages. L’association Arc Fleuve Vivant appelle les Aixois à lui rapporter ce qu’ils observent et vivent* : « Cours d’eau affaiblis ou asséchés, végétation en souffrance, arbres fragilisés, sols desséchés, espaces agricoles touchés, forêts sous tension, mais aussi conséquences sur la vie quotidienne, la santé, les activités et les paysages. »

    Le but de cet observatoire citoyen : « Constituer une mémoire collective et territoriale de cet épisode climatique. » Un des membres fondateurs de l’association, Stéphane Salord, précise : « La sécheresse et la canicule que nous vivons actuellement en Provence et ailleurs sont exceptionnelles. Elles marquent profondément notre histoire climatique, humaine, sociale et environnementale, et sûrement énergétique, économique et agricole. »

    Contribuer

    au débat public

    Pour l’associatif, l’observatoire rend « plus visibles les réalités vécues localement ». Cette initiative entend aussi « contribuer au débat public sur l’adaptation du pays d’Aix aux épisodes de chaleur et de sécheresse ». L’occasion également de « rappeler la nécessité de réponses collectives » comme la « préservation de l’eau et des milieux naturels, protection des arbres et des sols, évolution des pratiques d’aménagement et renforcement de la solidarité face aux vulnérabilités climatiques ».

    Ces témoignages doivent s’accompagner d’un court texte précisant, lorsque cela est possible, le lieu, la date et la nature de l’observation précise l’association. Au-delà des habitants du Pays d’Aix, associations, collectifs, agriculteurs, promeneurs, naturalistes, riverains et acteurs locaux sont invités à participer.

    * À arcfleuvevivant@gmail.com

  • En mer, les forces de police veillent à la sécurité de tous

    En mer, les forces de police veillent à la sécurité de tous

    Police nationale et municipale, gendarmerie, affaires maritimes, parc national des calanques… Tout le monde s’est mobilisé ce mercredi 12 août sous la houlette de l’État pour une vaste opération de sécurité en mer. La 3e depuis le début de la saison estivale. Le but : sensibiliser les usagers aux comportements adéquats. Dans le viseur notamment, les excès de vitesse des plaisanciers mais pas que…

    Au départ du Fort Saint-Jean, sur un des deux bateaux armés par la brigade maritime de la police municipale, Guillaume, Anis et Carine font dans la prévention et la pédagogie. « Au remous que les navires laissent dans leur sillage, on est capable d’évaluer la vitesse… » explique Anis. Vitesse limitée à 5 nœuds à 300 mètres des côtes.

    Aux abords du Frioul, ce couple un poil trop véloce et qui le reconnaît volontiers. « Je suis passé rapide, il y avait la navette », argumente le pilote pas franchement soutenu par son épouse. « Je lui ai dit qu’il allait trop vite, il y a des gens là sous l’eau », indique-t-elle. Gilets de sauvetages, deuxième coupe-circuit, fusées de détresse, extincteur, les policiers lui demandent de tout sortir. Il s’en tirera avec des recommandations. « J’ai été négligent », convient-il, « ça lui fera une piqûre de rappel », poursuit sa femme.

    Les paddlers présument de leurs forces

    Direction la petite plage du Morgiret. « On vérifie que les navires mouillent dans les zones délimitées par les bouées, cela évite d’arracher les posidonies », précise Guillaume. Et en cas de manquement, « cela peut coûter plusieurs milliers d’euros », ajoute Anis. Entre deux baigneurs, un paddler se fraie un chemin. Une vraie problématique cet été pour les garants de la sécurité en mer. « Depuis le début de la saison, nous avons aidé 30 personnes » se désole Carine, « les gens partent et ne regardent pas la météo, le vent tourne, ils n’arrivent pas à revenir et s’épuisent ».

    Il y a aussi ce père de famille qui saute avec son fiston et sa gamine depuis les rochers. « Monsieur, vous êtes champions de saut ? Non hein c’est bien ce qu’il me semblait », l’interpelle Anis qui rappelle que se jeter des rochers est interdit par arrêté municipal sur tout le littoral marseillais. Quelques jours auparavant, deux jeunes Grenoblois qui ont passé outre sur la digue des Catalans, ont été hospitalisés. « L’un d’entre eux saignait à la tête et ne sentait plus ses jambes », raconte Carine.

    À quelques encablures, un navire arrive à fond. Il faudra que la brigade le prenne en chasse pour qu’il coupe les gaz. Sur les genoux d’un des passagers, une petite fille sans gilet de sauvetage. La mauvaise grâce du pilote, pourtant cadre dans les chantiers navals, finit d’agacer les policiers qui ne laissent pas passer. Il sera convoqué à la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer). Pris à 18 nœuds pour 5, soit environ 33 km/h pour 10, il risque une amende voire un retrait de permis…