Trois mois après la destruction d’archives municipales dans les couloirs de la mairie d’Aubagne, au soir du second tour, le parquet de Marseille a indiqué ce vendredi matin à La Marseillaise avoir ouvert une enquête pour destruction ou dégradation de biens, confirmant une information de nos confrères de La Provence. Ces investigations font suite à un signalement adressé le 20 mai dernier au parquet par le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari, après avoir été alerté par la préfecture de ces destructions de documents au lendemain de la défaite de la droite aux municipales.
Ce 24 mars, vers 17h, la directrice des archives départementales s’était rendue en toute urgence à la mairie d’Aubagne suite à un signalement, décrivait le secrétaire général de la préfecture de région au maire nouvellement élu. Au rez-de-chaussée, à proximité immédiate de l’accueil, douze sacs-poubelles et un conteneur à déchets, remplis de documents. Sept sacs contenaient ainsi des papiers déchiquetés par une broyeuse électrique, « de manière irrémédiable », explique le préfet. Dans un autre, des dossiers d’archives publics, avec le tampon de la municipalité, ont été « grossièrement déchirés à la main ». Dans trois autres sacs, celles-ci étaient encore intactes, mélangées à de la documentation, et ont pu être récupérées pour être analysées. De même, trois autres conteneurs remplis de documents intacts ont été retrouvés derrière l’accueil, un dernier dans le couloir du service patrimoine. « Ces documents semblent provenir du cabinet du maire ou d’élus dans l’exercice de leurs fonctions », indiquait la préfecture. Et leur destruction doit donc être approuvée par le directeur des archives départementales, sans quoi les contrevenants risquent jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. De quoi faire des vagues en ouverture du conseil municipal ce mercredi, lors duquel le maire sortant (LR) Gérard Gazay s’est défaussé de toute responsabilité, renvoyant au témoignage de ses secrétaires, tandis que son ancien premier adjoint décrivait une opération habituelle. « On ne broie pas l’histoire d’une ville parce qu’on perd le pouvoir. Ce n’est pas une simple péripétie administrative, c’est un délit pénal », réagit Jean-Pierre Squillari, promettant d’ouvrir la page, « ambitieuse, de la transparence à Aubagne ».

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