Tag: Archives

  • À Toulon, l’avenue de la République fait de la place au vélo

    À Toulon, l’avenue de la République fait de la place au vélo

    La maire de Toulon Josée Massi l’annonçait en exclusivité dans nos colonnes le 29 mai : la très réclamée piste cyclable sur l’avenue de la République va bel et bien être aménagée d’ici cet été. Une expérimentation en situation réelle qui répond ainsi à une très ancienne demande des associations et collectifs militant pour la création d’un réseau connecté permettant la pratique sécurisée du vélo et son essor comme mode de déplacement à part entière dans le Port du Levant.

    Une avancée que son prédécesseur Hubert Falco (DVD) avait toujours refusée ou renvoyée aux calendes grecques. Avec au final en 2023 une simple bande matérialisée sur le sol dans un seul sens.

    Son adjoint au transport d’alors, Yannick Chenevard, consentait en 2003, après le « Clou rouillé » qui venait d’être décerné à la ville, qu’il manquait effectivement un tronçon permettant de traverser Toulon par l’avenue de la République. Mais il ne pourra être réalisé que lorsque le deuxième tube de la traversée souterraine serait ouvert, justifiait-il.

    À Toulon, on dépasse les autos ?

    « Aujourd’hui avec 45 000 voitures qui passent sur l’avenue de la République, et il faut avoir un peu de bon sens pour comprendre qu’il serait extrêmement difficile d’installer une piste cyclable », poursuivait-il.

    Ce que l’équipe manquait donc, pour reprendre son phrasé, ce n’était pas de bon sens mais de volonté politique. Et surtout le respect de la parole donnée puisque le deuxième tunnel a ouvert en 2014 et que pour autant rien ne s’est passé.

    Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui avec l’aménagement cyclable mis en œuvre.

    « On va voir ce que ça donne par rapport aux flux de voitures qu’amènent les embarquements de ferries. Mon objectif, c’est de faire des pistes cyclables continues, un réseau », explique Josée Massi. Et non plus de jolis tronçons non raccordés qui jettent brusquement le cycliste dans la circulation automobile.

    L’antenne de proximité de la métropole Toulon Provence Méditerranée va réaliser les travaux du 17 juin au vendredi 31 juillet, sauf intempéries.

    Alors même si ce dispositif est instauré à titre expérimental, les choses avancent dans le bon sens pour les cyclistes urbains. Le monde associatif ne cessant de saluer la qualité d’écoute de la municipalité sur ce sujet.

    La politique du tout automobile est en tout cas de toute évidence bien terminée. Sacrifier une voie de circulation au bénéfice des vélos est un signe fort.

  • Le Duc de Lesdiguières sort des Archives départementales des Hautes-Alpes

    Le Duc de Lesdiguières sort des Archives départementales des Hautes-Alpes

    François de Bonne, duc de Lesdiguières, est un personnage méconnu du grand public, à l’échelle nationale comme dans les régions qui constituent l’ancienne province du Dauphiné. À l’occasion des 400 ans de sa mort, les Archives départementales lui consacrent l’exposition « Lesdiguières, destin extraordinaire d’un Champsaurin », accessible gratuitement jusqu’en septembre. Commandant des protestants du Champsaur lors des guerres de religions, François de Bonne devient l’un des chefs militaires du roi Henri IV, qui l’envoie reprendre le Dauphiné et Grenoble à la ligue catholique.

    Devenu maréchal de France, il mène plusieurs batailles, sièges et missions diplomatiques dans les guerres du nouveau roi. Fait duc du Champsaur sous Louis XIII, il est nommé connétable de France en 1622, la plus haute figure de commandement de l’armée. Il sera le dernier à ce poste, et décède à 83 ans, en 1626.

    Des documents inédits

    L’exposition aux Archives est volontairement centrée sur ses liens avec les Hautes-Alpes, appelées Haut-Dauphiné en son temps. Bernadette Saudemont, vice-présidente du Département chargée de la Culture, explique que les collections présentent des « documents tout à fait intéressants, voire inédits, comme ces lettres signées par Lesdiguières adressées aux communautés d’habitants, cartes et plans du XVIIe siècle, dessins et relevés de monuments aujourd’hui disparus ».

  • Vingt ans, le plus bel âge de la vie des Archives

    Vingt ans, le plus bel âge de la vie des Archives

    La Marseilloise, avec une Une particulière : « Jul, nouveau maire de Marseille, lance les JO 100% phocéens ! » À l’occasion des 20 ans des Archives et Bibliothèque départementales (ABD), plusieurs événements ont été organisés mardi, lançant des animations qui se poursuivront durant le mois de juin. Parmi eux, une restitution d’un projet d’éducation artistique et culturelle, réalisé par des collégiens de la cité scolaire Jacques-Chirac et André-Chénier.

    « Cette image est vraie ou fausse ? », demande un collégien qui présente une installation en forme de bateau, nommée CTRL+S, rempli de fausses informations. Durant l’année, les élèves ont réalisé un travail autour de notions du vrai et du faux et de thématiques liées à la mémoire, illustrant la manière dont les archives peuvent aborder des problématiques actuelles. « L’idée était d’ancrer les archives dans la réalité, le monde présent », souligne Marie-Claire Pontier, directrice des Archives. Le projet, porté par le Département et l’association Planète émergences, a fait appel à Germain Prévost, artiste plasticien, pour encadrer les élèves. « J’ai voulu transformer le bâtiment des Archives en bateau, car vu d’au-dessus, il a une forme de coque », sourit l’artiste. « L’objectif était d’apprendre à comment naviguer sur un océan qui serait Internet, avec son flux d’informations, et comment gérer ce que les jeunes voient sur les réseaux sociaux », développe-t-il. Driss, élève de 3e, a participé à l’élaboration du « navire ». « Je pense que c’est un projet important, on voit de plus en plus de fake news, surtout avec l’augmentation de l’utilisation de l’IA sur les réseaux sociaux », explique-t-il.

    Préserver la mémoire

    Autre temps fort, une frise photographique « 20 ans des ABD » déroulée sur le mur extérieur du jardin de la lecture, présentant le quartier d’Arenc avant Euroméditerranée, avec la construction du bâtiment et l’histoire du quartier, qui était à l’origine dans une friche industrielle. « Ce bâtiment est emblématique, c’était une première en France. Il part d’une volonté du Département d’installer deux compétences dans une même structure », note Marie-Claire Pontier. Des espaces habituellement fermés au public sont également ouverts, une manière de mettre à l’honneur l’architecte du bâtiment, Corinne Vezzoni.

    « Préserver et transmettre nos archives, c’est faire vivre notre mémoire collective et la rendre accessible à tous », rappelle Martine Vassal, présidente (DVD) du Département des Bouches-du-Rhône.

    Germain Prévost partage cette idée : « Il y a une réelle importance des lieux comme les Archives, qui sont des garants de l’information, un sanctuaire des rôles de l’histoire, permettant de préserver la démocratie », déclare-t-il.

    « Vous pourrez venir voir vos travaux quand vous serez plus grands ! », lance la directrice des Archives aux élèves. Les documents des collégiens seront rangés et conservés dans les 14 kilomètres de rayonnage, aux côtés des 415 000 archives des Bibliothèques départementales.

    Programme sur archives13.fr

  • Avignon : le Palais des Papes s’ouvre à des espaces inédits

    Avignon : le Palais des Papes s’ouvre à des espaces inédits

    C’est ce qu’annonce Avignon Tourisme dans un communiqué de presse. « Cette nouvelle étape de valorisation du monument proposera, à terme, trois parcours thématiques permettant d’explorer autrement la richesse historique, architecturale et symbolique du site », précise l’organisme. Avignon Tourisme annonce également la mise en ligne, depuis ce 1er mai, de la web‑application « Les clefs du palais », « conçue pour enrichir la découverte du monument directement depuis un smartphone ».

  • Des clichés de Mauthausen présentés à « La Marseillaise »

    Des clichés de Mauthausen présentés à « La Marseillaise »

    Présenter, à l’appui des images, la mémoire de l’horreur. C’est ce que propose l’exposition « La part visible des camps », composée de photographies du camp de concentration nazi de Mauthausen (1938-1945) et installée de lundi 4 au vendredi 8 mai dans les salles des rotatives de La Marseillaise (1er). L’exposition s’intéresse à « l’ensemble des fonds d’images existants » sur Mauthausen, où furent conduits plus de 200 000 hommes, et quelques milliers de femmes. On y retrouve des photos prises par des détenus libérés, par des libérateurs américains, mais aussi par les SS eux-mêmes. Car si les forces nazies ont détruit une grande partie de leurs archives durant les derniers mois de leur domination, certains originaux de Mauthausen ont été conservés. Des détenus espagnols, dans les rouages de l’administration du camp et au laboratoire photographique, les ont à l’époque dérobés, camouflés, sortis du camp puis confiés à une habitante du village. L’exposition, portée par les Amicales française et espagnole d’anciens déportés de Mauthausen, auxquelles se sont associées les autorités fédérales autrichiennes, compte quelque 500 clichés et circule en Europe depuis 2005.

    Les concepteurs de l’exposition insistent : « L’image n’est pas réalité objective. » « Il va de soi que l’œil du SS ne voit pas tout, que l’image qu’il fixe masque plus qu’elle ne montre, qu’elle est d’essence négationniste, lit-on dans le dossier de présentation. Le parcours de l’exposition est un travail, et l’appareil textuel accompagnant les photographies ne saurait être éludé. »

    17, cours d’Estienne d’Orves, entrée libre de lundi à vendredi, entre 10 et 18 heures.

  • Le Saint-Siège dissout et vend la Grande compassion à Marseille

    Le Saint-Siège dissout et vend la Grande compassion à Marseille

    Leur départ était prévisible. Installée depuis 1845 sur les hauts de la Blancarde, la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Compassion n’existera bientôt plus. Avec son majestueux portail, se refermera fin juin un grand livre d’histoire. L’annonce émeut et inquiète les riverains de la longue allée de la Compassion. Ce territoire bastidaire suspendu au-dessus de la ville, constitue un havre de verdure et de quiétude hors du commun.

    Après la fermeture et la vente l’an dernier du foyer pour étudiants de la rue Saint-Savournin (1er) que la Ville a pu préempter, et la cession en cours du couvent de la Petite Compassion avec son domaine fermier d’un hectare, rue du Docteur Cauvin (12e), la fermeture de la Grande compassion et de son domaine unique de trois hectares, scelle le dernier acte et la dissolution d’une congrégation dont les religieuses s’éteignaient les unes après les autres.

    Le vaste domaine bastidaire des Blancard

    Les familles des dix derniers seniors de cette résidence autonomie qui en avait compté jusqu’à trente, doivent leur trouver une nouvelle destination. Les deux dernières religieuses vont s’en aller comme les huit personnels de ce domaine qui vivait aussi de la location des chambres de deux hôtelleries aménagées dans des corps de ferme. Ce serait d’ailleurs une piste de développement idéal pour un futur acquéreur.

    Cet enclos religieux est le fleuron d’un territoire unique et confidentiel qui compte plusieurs bastides et maisons de maître protégées, un étang. La Grande compassion, c’est une suite de quatre bâtiments reliés avec la chapelle de 1848 à la bastide Blancard posée sur un promontoire avec vue imprenable sur la Bonne mère. Elle possède même un petit musée. Orienté sud-ouest, son jardin à la française est organisé autour d’un bassin rond, des bosquets de buis et des pins centenaires remarquables. Les Blancard étaient une riche famille qui possédait au XVIIe les terres agricoles et des vignes le long de la vallée du Jarret. Le bâti le plus ancien est en réalité antérieur à la bastide. Sa cave exceptionnelle et remarquablement conservée sur double voûte en berceau brisé est de la fin du XVe siècle.

    La congrégation a été fondée en 1843 par Jean-François Régis Barthès (1790-1861) un père jésuite qui repose dans une petite chapelle du parc aux côtés de nonnes. Sa vocation initiale était de s’occuper des enfants. C’est en 1907 qu’elle se transforme en maison de repos pour dames âgées. Plus tard en 1930, elle est reconnue de droit pontifical, ce qui explique que la décision de fermeture a été prise directement au Vatican par le Dicastère des Instituts de Vie Consacrée. Contactée, la Prieure générale de la Congrégation, Marisa Adami, n’a pas répondu à notre demande d’entretien.

    « Que la beauté du lieu soit préservée »

    Une période d’incertitude s’ouvre pour ce site exceptionnel à forte valeur patrimoniale et historique, convoité par les promoteurs et marchands de biens. La reprise idéale par un Ehpad exigerait de lourds investissements. « On nous a dit que la décision a été prise au Vatican et que la résidence devait fermer fin juin », confie une des propriétaires croisée dans l’allée. « On accueille cette nouvelle avec beaucoup de tristesse et de préoccupation aussi, car c’est un pan de l’histoire de notre allée qui s’en va. Ce n’était pas une maison de retraite comme une autre. Il y a une sérénité, une ambiance très particulière. On est éminemment triste et dans l’incertitude de ce que cela va devenir. Nous voulons que la beauté du lieu soit préservée, que ce ne soit pas rasé et loti » nous dit-elle, ne nous cachant pas qu’à ses yeux, « il y a péril en la demeure ».

    « On se méfie des promoteurs » claque un autre propriétaire qui tient à souligner que lui et ses voisins ont toujours eu à cœur de laisser l’allée ouverte aux promeneurs. « On n’a pas voulu garder jalousement l’allée pour nous en installant un portail à digicode comme on le voit dans tant d’endroits à Marseille. C’est un joyau patrimonial dans la ville qui doit le rester et on aimerait que cette maison protégée reste telle qu’elle est. »

    Le domaine constitue un ensemble paysager exceptionnel qui jouit de protections au PLUi : les bois centenaires de haute tige sont classés en EBC et les bâtiments reconnus comme des éléments bâtis remarquables (EBR) du patrimoine bastidaire. La protection s’étend au portail du couvent orné d’une pietà avec l’inscription en latin « Monstra Te Esse Matrem » (montre que tu es mère) mais aussi aux piliers monumentaux près de l’avenue de Saint-Barnabé, vestiges du grand domaine agricole originel. En cas d’urgence, une instance de classement aux monuments historiques préserverait l’intégrité du site.

  • Nîmes, la capitale des vies racontées

    Nîmes, la capitale des vies racontées

    Pendant trois jours, Nîmes va à nouveau battre au rythme des vies racontées. Du 23 au 25 janvier, la 24e édition du Festival de la biographie transforme Carré d’Art et plusieurs lieux culturels de la ville en vaste agora littéraire. Un rendez-vous devenu incontournable, qui attire chaque année près de 30 000 visiteurs et réunit une centaine d’auteurs venus de toute la France.

    Organisé par la Ville de Nîmes en partenariat avec l’association des libraires nîmois, l’événement revendique une identité forte : celle d’un festival populaire, exigeant et profondément ancré dans la cité. « En 25 ans, ce sont 2 500 auteurs qui sont intervenus », rappelle l’adjoint à la culture Daniel-Jean Valade, soulignant la fidélité d’un public qui dépasse largement les frontières du Gard.

    Cette année, le fil rouge s’intitule Le biographe, de l’importance des archives. Une thématique qui éclaire les coulisses du travail d’écriture. Car derrière chaque biographie se cache une enquête patiente, faite de documents parfois contradictoires, de silences à interpréter et de fragments à assembler. Comme l’exprime Anca Visdei, co-présidente du festival, « se pencher sur des archives, c’est triompher de notre condition mortelle ». L’autre co-président, l’historien Thierry Lentz, insiste sur cette dimension intellectuelle : la biographie a pleinement retrouvé sa place dans la recherche historique contemporaine, portée par la rigueur et l’intuition de celles et ceux qui fouillent les archives publiques et privées. Un travail que le festival entend rendre visible au public à travers rencontres, débats et lectures.

    Des auteurs pour tous
    les publics

    La programmation, dense, fait se côtoyer grandes figures médiatiques et auteurs plus discrets, historiens, journalistes, romanciers, spécialistes de littérature ou d’histoire politique. Parmi les invités attendus : Pierre Assouline, Sylvain Tesson, Irène Frain, Dominique Bona, Franz-Olivier Giesbert, Gilles Kepel, Jean-Luc Barré, Kerwin Spire, Catherine Van Offelen, Christian Morin ou encore Susie Morgenstern pour le jeune public.

    Certains temps forts s’annoncent déjà très suivis : les rencontres d’ouverture au Théâtre de Nîmes, avec Anca Visdei autour d’Orson Welles et Thierry Lentz autour de Napoléon ; la venue de Sylvain Tesson à l’Atria ; ou encore les débats consacrés à Samuel Paty, à l’antiterrorisme, à Trump ou aux grandes figures de l’histoire de France. Sans oublier la remise du Prix de la biographie du Point à Amos Reichman, pour Les morts de Raoul Villain, lors de l’inauguration officielle.

    Le festival déborde aussi largement des murs de Carré d’Art. Projections au Sémaphore avec cartes blanches à Pierre Assouline et Colombe Schneck, rencontres à l’université, exposition à la galerie Courbet, promenade théâtralisée dans le quartier Richelieu, lectures dans les bibliothèques, ateliers jeunesse… Toute la ville se met au diapason. Gratuit, accessible, foisonnant, le Festival de la biographie est devenu un temps fort de l’hiver nîmois, à la fois événement culturel majeur et moment de respiration collective. Trois jours pour écouter, questionner, découvrir – et mesurer combien les vies racontées éclairent aussi la nôtre.

  • À Montpellier, l’espace Bagouet met la médecine à l’honneur

    À Montpellier, l’espace Bagouet met la médecine à l’honneur

    Sélectionnée par la Ville de Montpellier dans le cadre d’un appel à projets, l’artiste sud-coréenne Mona Young-eun Kim présente une nouvelle exposition à l’espace Dominique-Bagouet rénové. Intitulée « La prophétie est une mémoire, la croyance est synthétique », celle-ci fait dialoguer les archives de la Ville concernant la médecine avec une vision contemporaine des questions médicales. Manuscrits médiévaux et documents fac-similés répondent aux images conçues par l’Intelligence artificielle (IA). « Elle a choisi de générer un récit à partir de l’évolution du corps en fonction de sa capacité à ingérer du plastique. C’est une préoccupation scientifique actuelle », détaille Marie-Caroline Allaire-Matte, commissaire de l’exposition. Une préoccupation faisant écho à celle observée par les médecins du Moyen-Âge lors des débuts de la chirurgie, des autopsies.

    Une manière de questionner le public sur le futur. « Son récit dystopique se base sur un fait objectif : manger du plastique. C’est comment la fiction se nourrit du réel et comment la fiction va engendrer une réflexion sur l’avenir de la condition humaine », poursuit la commissaire de l’exposition. Sans oublier de le mettre en perspective avec le passé, d’où le nom de l’exposition « la prophétie est une mémoire ». « On ne peut comprendre notre avenir et l’anticiper que quand on regarde ce que l’on sait déjà, c’est-à-dire la capacité que l’on a à mémoriser toutes les archives qui ont conditionné l’apprentissage de la science. »

    L’autre partie de l’exposition, « la croyance est synthétique », se concentre sur une vidéo réalisée par l’artiste dont 80% générée par l’IA, où un homme ingère -encore- du plastique et se transforme en quelque chose de monstrueux. « Cela montre également que la croyance ne se fait plus en dieu ou en une religion mais la croyance dans le progrès des outils numériques qui nous accompagnent tous les jours. La science est venue se substituer à une croyance religieuse », observe Marie-Caroline Allaire-Matte.

  • La mémoire vive de la rue d’Aubagne aux Archives

    La mémoire vive de la rue d’Aubagne aux Archives

    Sept ans après les effondrements, le drame de la rue d’Aubagne poursuit son chemin mémoriel. Une partie de cette histoire est officiellement entrée ce vendredi aux Archives municipales de Marseille. La convention a été signée lors d’une table ronde organisée dans le cadre des 5e Rencontres de l’éducation populaire.

    En septembre 2019, des chaînes ayant fermé les immeubles frappés d’arrêtés de péril avaient déjà fait leur entrée au Musée d’histoire et rejoint les collections muséales de la ville pour en devenir « un bien culturel inaliénable ». Cette fois ce sont des documents et récits toujours collectés par Noailles Debout ! avec la coopérative Hôtel du Nord auprès des habitants, qui seront conservés et mis à disposition de tous.

    « La profondeur du récit, du témoignage, en est d’autant plus émouvante et pertinente. Car c’est le propre des récits de vie, des témoignages oraux que de donner du sens à des documents, des informations ou des objets, produits par des services publics ou conservés par eux », apprécie Jean-Marc Coppola, adjoint à la culture. Dans ce projet de collecte, « l’équipe des Archives municipales s’est contentée de conseils et recommandations juridiques et pratiques », insiste l’élu communiste, rappelant que Noailles Debout ! et Hôtel du Nord « ont mené, en toute indépendance, le projet de collecte et fait le choix de cette donation ».

    « Projets co-construits »

    Présents pour l’occasion, quatre membres de Noailles Debout !, Laura, Jean, Laurent et Mélina, ont rappelé à la tribune le chemin parcouru par cette « association à but réparateur » qui s’est très vite retrouvée à marcher dans les pas de convention de Faro, à laquelle la municipalité a adhéré en juillet 2025, en œuvrant à la constitution d’une mémoire vive et collective du quartier et témoignant de l’engagement des habitants dans la préservation de leur patrimoine et le respect de leur histoire. Désormais un comité d’archives du quartier est à l’étude.

    « Des projets co-construits avec les habitants, dans un but de résilience pour dépasser le traumatisme en l’inscrivant dans une histoire collective reconnue », développe encore Jean-Marc Coppola. L’illustration d’« une conjonction heureuse entre projets administratifs, politiques et citoyens », note Olivier Muth, le directeur des Archives municipales.

    Un projet en lien direct surtout, avec la table ronde de la matinée baptisée : Écouter, reconnaître, transmettre : démarches mémorielles, patrimoniales et historiques portées avec et par les habitants. « L’idée des Rencontres de l’éducation populaire, c’est d’avoir un temps où on rend visibles des pratiques qui participent de la co-construction avec les habitants de la politique publique dans la ville dans une démarche d’éducation populaire », explique Marie Batoux, adjointe (PM) en charge de l’éducation populaire, pour présenter cette table ronde qui a mis en avant, durant près de deux heures, « la question des mémoires des habitants et leur place dans la ville ».

    Un travail notamment mené dans plusieurs centres sociaux et illustré par les témoignages de Fatima et Amina, ambassadrices citoyennes de Frais Vallon, sur l’histoire de leur quartier, ou dans un autre genre, par celui de Nicolas Dupont, animateur du groupe Mémoire de la coopération territoriale sur la Belle de Mai.

  • À Martigues, des événements pour découvrir la richesse du service des archives

    À Martigues, des événements pour découvrir la richesse du service des archives

    Deux kilomètres de documents. Voilà qui donne une idée de la richesse du fonds du service des archives communales martégales. « Notre document le plus ancien date du XIIIe siècle et ça va jusqu’à l’ère contemporaine, en passant par la Révolution française et le Moyen-Âge », détaille Maud Blasco, responsable du département. Cette diversité permet à la municipalité, labellisée « Ville d’art et d’histoire », d’organiser de nombreux ateliers sur des thèmes divers et variés.

    Ces vendredis 24 et 31 octobre, à 14h, le service organise un événement pour apprendre à écrire comme autrefois, dans la Galerie de l’histoire. « On commence par présenter le cadastre de 1626, document prestigieux qui a la particularité d’être décoré de belles lettrines, explique Maud Blasco. En parallèle, on fait un atelier de calligraphie avec plume d’oie, plume sergent-major, calame etc… » L’après-midi est gratuite sur inscription au 04.42.49.03.30.

    Le 4 novembre, à 17h, l’architecte du patrimoine Claude Pribetich-Aznar donnera une conférence, sur le Fort de Bouc, dans la Galerie de l’histoire. « Elle nous présentera son étude transversale de toutes les sources qui existent sur ce site dans tous les services d’archives de France, notamment au niveau de sa cartographie, puisqu’il est installé dans un lieu stratégique entre l’étang de Berre et la Méditerranée », précise la responsable.

    Le reste du programme est à retrouver sur le site de la Ville.