Tag: transparence

  • Le dispositif policier maintenu jusqu’à nouvel ordre à Marseille

    Le dispositif policier maintenu jusqu’à nouvel ordre à Marseille

    Une journée qui s’est « plutôt bien passée » pour la préfète de police, Corinne Simon, mais un dispositif « agile et adapté », maintenu. Dans son bilan, ce jeudi 8 octobre, la représentante de l’État constate que « dans les manifestations déclarées avec un parcours, où nous avons un interlocuteur, cela se passe bien. C’est lors des regroupements qui ont lieu avant ou après », que ça se gâte.

    La préfecture de police a recensé 3 900 manifestants à Marseille, ce jeudi matin, puis une de 200 à 300 « d’irréductibles » dans l’après-midi. Quelque 29 personnes ont été interpellées dans les Bouches-du-Rhône, dont deux à Marseille, que des mineurs, pour « des tirs de mortier, jets de projectiles et incendies de poubelles ou de porte d’établissement », précise la préfète de police.

    Un proviseur roué de coups

    Parmi les blessés du jour, le proviseur adjoint du lycée Victor-Hugo, à Marseille, « s’est fait rouer de coup alors qu’il tentait d’éteindre un incendie avec un extincteur », indique Corinne Simon, les auteurs n’étant pas pour l’heure identifiés. Trois policiers ont également été blessés, lors d’interpellations pour deux d’entre eux, un CRS ayant par ailleurs reçu une trottinette dans le genou.

    Depuis le début du mouvement lycéen, six blessés sont à déplorer parmi les jeunes manifestants, assure-t-elle, dont un grave, victime d’un coup de matraque devant le lycée Joliot-Curie. « Une enquête a été ouverte par le parquet et l’IGPN pour savoir ce qui s’est passé, en toute transparence », ajoute-t-elle.

    Alors qu’aucune « manifestation déclarée » n’était prévue pour ce vendredi 9 octobre, le dispositif policier restera le même, promet-elle. « Une seule chose nous anime : que ces mouvements puissent se faire en toute sécurité. On ne peut pas accepter le désordre. On peut être en colère, exprimer son désaccord, mais on ne peut pas porter atteinte aux personnes ou aux bâtiments publics », commente Corinne Simon. Elle invite les élèves à retourner dans leurs établissements « pour discuter » comme préconisé par le ministre de l’Éducation nationale.

  • Des échanges pour faciliter l’intégrité des élus locaux

    Des échanges pour faciliter l’intégrité des élus locaux

    Jean Maïa, président de la HATVP, était présent, ce mercredi matin au conseil régional, pour échanger avec les responsables publics de la région. La HATVP, qui est l’institution qui contrôle les déclarations d’intérêts et de patrimoine des élus, surveille également les influences étrangères, ainsi que les activités de lobbying en France.

    « Il s’agit de répondre à l’obligation de transparence démocratique. Le contrôle qui est exercé sur les élus permet de lutter contre l’idée du “tous pourris”. Il nous permet de dire que la quasi-totalité des responsables publics répondent aux exigences de probité. C’était fondamental pour moi qu’on puisse avoir ce dialogue avec les acteurs du territoire aujourd’hui et faire un point ensemble sur les perspectives dans ce domaine », affirme Jean Maïa.

    Les élus de la Région reconnaissent l’importance du travail de la Haute Autorité, dont la compétence s’exerce sur 18 000 responsables publics, dont 1 500 en Paca. « Je crois que le contrôle a toujours du bon quand il est fait à bon escient. Dans cette institution, il y a la volonté d’être irréprochable. Nous nous devons d’être exemplaires, une institution se doit de s’appliquer à soi-même ses propres règles. Nos administrés attendent de la rigueur de notre part et que l’exercice de nos fonctions soit vérifié et contrôlé. On l’accepte », partage François de Canson, vice-président de la Région. Il se réjouit d’avoir l’opportunité d’échanger avec Jean Maïa : « Je crois que ce temps d’échanges avec la personne qui dirige la Haute autorité est absolument indispensable pour que nous puissions nous comprendre. Les liens entre celui qui contrôle et le contrôlé doivent permettre d’établir cette relation de confiance. »

    Prévenir plutôt

    que sanctionner

    Le but de cette visite est aussi d’assurer aux élus la disponibilité de la HATVP. Jean Maïa souligne en effet la nécessité de dialoguer avec les élus locaux afin de prévenir l’enrichissement illicite et le risque de conflit d’intérêts.

    « Nous sommes une autorité de contrôle, mais pas seulement. Nous sommes également dans une optique de conseil et d’accompagnement des responsables et des collectivités publiques dans leurs démarches déclaratives. Il ne s’agit pas seulement d’un contrôle unilatéral, on a aussi énormément d’échanges avec les déclarants », précise le président de la Haute Autorité.

  • À Istres, de nouveaux critères pour les subventions sportives

    À Istres, de nouveaux critères pour les subventions sportives

    Septembre signe le retour des élèves à l’école, mais aussi celui des licenciés dans leurs clubs. À Istres, élue par deux fois ville la plus sportive de France, le tissu associatif est riche : environ 85 structures accueillent plus de 16 000 inscrits. Cette rentrée, quatre nouveaux clubs ont vu le jour. Ce week-end, la commune de l’ouest des Bouches-du-Rhône était rythmée par la « Faites du sport ». Mais cette effervescence n’efface pas certaines difficultés.

    Après une année marquée par des élections municipales et un changement de majorité, 2027 sera sous le signe des restrictions budgétaires. « Nous avons désormais à composer avec une situation financière très contrainte, et c’est un euphémisme », a indiqué le maire (LR) Robin Prétot aux dirigeants vendredi soir, lors de la signature de la convention avec l’Office municipal des sports (OMS). « Les incertitudes qui pèsent à la Métropole se cumulent à la situation de la commune, que nous présenterons fin septembre à l’issue de l’audit, et privent aujourd’hui Istres d’un avenir très radieux. » Si des pistes sont étudiées pour obtenir le paiement des attributions de compensation d’ici janvier, « à ce jour, il manque 4,7 millions d’euros dans les caisses de la Ville », révèle l’édile, qui a demandé que 12% d’économies soient réalisées dans tous les services.

    Transparence et équité

    Dans ce cadre, l’enveloppe dédiée aux associations sportives sera vraisemblablement revue à la baisse. « Le sport ne peut pas être traité comme une simple ligne budgétaire, il participe au lien social, à l’animation de la commune, contribue à la santé… affirme néanmoins Robin Prétot. (…) Notre choix n’est pas de promettre tout à tout le monde mais d’organiser une action municipale solide qui parte des besoins réels et qui tienne dans le temps. » C’est dans cet esprit que de nouveaux critères d’attribution des subventions ont été imaginés par l’OMS pour une « politique qui soit à la fois utile, juste et équitable ».

    Le directeur de la structure Arnaud Gebleux détaille : « Il y a un critère financier, qui est le taux de dépendance à la Ville. On a constaté que chez certains clubs, 90% du budget venait de la subvention. Chez d’autres, a contrario, c’était 7 ou 8%. L’idée c’est de lisser ces différences avec des critères partagés et objectifs : le nombre de licenciés, la valorisation des publics jeunes, de la compétition (puisque ça engage des coûts supplémentaires). On encourage aussi la professionnalisation et la formation de l’encadrement des clubs. Puis, il y a toute la dimension inclusion, qui n’était pas valorisée jusqu’ici : ça va du handicap au sport par ordonnance en passant par l’inclusion sur critères sociaux. » La municipalité travaille aussi le sujet des doublons. « On aimerait essayer de rassembler certains clubs pour faire des économies d’échelle et mutualiser les équipements », révèle Robin Prétot.

    Du côté des dirigeants, ces nouveautés dans l’attribution des subventions sont bien accueillies. Lucie et Benjamin, à la tête d’Istres Tennis de table, témoignent : « On trouve que ces critères correspondent aux clubs qui travaillent et valorisent la dynamique du haut niveau comme du sport pour tous. Il y a plus de clarté dans les attendus, de transparence au niveau des attributions, et ça oriente la politique de la ville ce qui peut aider les associations à se structurer et à avoir une ligne directrice. »

    Stéphane Renaud-Bezot est aussi très satisfait de ce travail mené sur les critères : « On les trouve justes, ils reflètent vraiment la vie associative des clubs. Les subventions seront données sur des données tangibles ». Son club Istres sport tennis a beaucoup changé ces 4 dernières années : « On a engagé des profs, étoffé l’équipe pédagogique, fait évoluer notre tournoi international… On pense qu’être accompagnés pour faire évoluer le club est important. Ces critères vont en ce sens-là ».

  • Des réfugiés pris pour cible en Méditerranée

    Des réfugiés pris pour cible en Méditerranée

    L’ONG SOS Méditerranée a déploré ce lundi 24 août dans un communiqué une « intensification des menaces » en Méditerranée centrale, pointant des interceptions « de plus en plus violentes » d’embarcations de « personnes en détresse » et des poursuites des navires de sauvetage, qu’elle attribue à des « acteurs libyens » et des « groupes armés ».

    Voilà un an, son bateau l’Ocean Viking avait essuyé « des tirs des garde-côtes libyens » assure-t-elle alors qu’il transportait 87 personnes rescapées même si « les responsables de l’attaque n’ont pas été identifiés », convient l’ONG.

    SOS Méditerranée estime que « cet environnement opérationnel, de plus en plus hostile en Méditerranée centrale, n’aurait pas pu perdurer sans l’élargissement de la coopération européenne avec les acteurs libyens en matière de dissuasion migratoire ». « Un phénomène nouveau et préoccupant » a également été recensé par l’ONG entre juin et juillet. Cette dernière affirmant qu’à sept reprises au moins, des navires « liés à des acteurs libyens », certains « non identifiés », se sont approchés « à grande vitesse » de bateaux de sauvetage, ou les ont suivis des heures durant – des « poursuites » jusque dans les eaux internationales.

    Un premier trimestre meurtrier

    Elle souligne également une « augmentation significative de la présence de vedettes rapides non identifiées, liées à différents groupes armés en Libye ». Des embarcations qui « ont été observées (…) percutant délibérément des embarcations transportant des personnes en détresse et en effectuant des manœuvres mettant leur vie en danger », poursuit SOS Méditerranée.

    Pour Soazic Dupuy, directrice des opérations au sein de l’ONG, « cette attaque aurait dû marquer un tournant ». Mais avec ce harcèlement, « le message envoyé est dangereux : la violence en mer peut se poursuivre en toute impunité », alerte-t-elle.

    SOS Méditerranée réitère également un appel pour « une enquête complète et indépendante afin d’établir les responsabilités autour de cette attaque ». Et Soazic Dupuy réaffirme son intention de continuer à « sauver des vies, documenter les violations et veiller à ce que la Méditerranée demeure un espace où s’applique le droit international, la transparence et les principes les plus élémentaires d’humanité ».

    Dans le bilan de ses dix ans d’activité publié en juin, l’ONG s’inquiétait déjà d’un premier trimestre 2026, « le plus meurtrier jamais enregistré », la Méditerranée centrale étant « devenue un cimetière à ciel ouvert non par fatalité, mais du fait de choix politiques de non-assistance à personne en danger ».

    REPÈRES

    821

    C’est le nombre de personnes disparues ou décédées en Méditerranée centrale au cours des quatre premiers mois de 2026, selon l’Organisation internationale pour les migrations, soit une augmentation de 111 % par rapport à 2025.

    43 485

    C’est le nombre de personnes auxquelles SOS Méditerranée a porté secours depuis le 7 mars 2016. Un quart d’entre elles étaient mineures, dont 80 % non accompagnées. Dans le même temps, entre janvier et juin 2026, 35 000 personnes ont disparu en mer.

    27 116

    C’est le nombre de personnes qui ont été interceptées par les gardes-côtes libyens en 2025, d’après l’organisation internationale pour les migrations. Ramenés en Libye, les migrants font face à un système d’exploitation décrit par l’ONU comme brutal et profondément enraciné.

    75,7 %

    C’est la part des décès en Méditerranée qui ont eu lieu en Méditerranée centrale, sur cette route migratoire entre la Libye et l’Italie, une des plus mortelles au monde, du fait, notamment, de la très grande distance qui sépare les côtes des deux pays.

  • FNE 13 appelle la mairie de Marseille à dialoguer avec ceux qui l’ont élue

    FNE 13 appelle la mairie de Marseille à dialoguer avec ceux qui l’ont élue

    Le groupement baptisé « Les amoureux du parc de Bonneveine » dénonce dans un communiqué « l’argumentaire sécuritaire » de la Ville pour justifier l’abattage sans concertation de 58 arbres en tout depuis septembre dernier dont 37 nouveaux arbres cette semaine. Ce désastre résulte « des erreurs dans la conduite du chantier, les fragilisations dues à des décaissements et des creusements de tranchées au pied des arbres endommageant leur équilibre racinaire ».

    « L’ambition affichée par la Ville de Marseille de renforcer durablement la qualité paysagère et environnementale du parc est bien mal engagée. ». « Il est grand temps que la mairie de Marseille fasse preuve de transparence et accepte un dialogue constructif avec les citoyens qui l’ont élue. » Ils demandent à la ville de « tirer les leçons de cette gestion calamiteuse du patrimoine arboré du parc de Bonneveine dans un contexte de réchauffement climatique et préserver le patrimoine arboré existant tout en anticipant les adaptations à venir ».

    Concertation et respect des promesses

    Selon eux, des solutions de sauvegarde auraient permis de sauver une proportion non négligeable des 37 arbres cinquantenaires abattus cette semaine. La promesse municipale de planter 210 arbres de 3 à 4 mètres de haut, soit 140 de plus que les 70 annoncés à l’origine, ne résiste pas au taux d’échec de 20% environ. Il faudra au moins 20 ans avant pour remplacer un arbre mature de 20 mètres, « sans compter l’impact sur l’habitat de la faune qui compte près d’une dizaine d’espèces protégées ».

    Les mesures alternatives n’ont pas été réellement étudiées alors que selon l’ONF Végétis, filiale de l’ONF, prestataire exclusif de la Ville, montrait déjà qu’au moins 11 arbres pouvaient encore être épargnés par des tailles de réduction. Un arbre proche de l’avenue de Hambourg a même été abattu alors que le rapport préconisait sa « surveillance par test de traction dans 2 ans ».

    « La Ville de Marseille ne respecte pas ses promesses », cingle le communiqué, elle qui s’était engagée « verbalement de ne rien faire avant une concertation finale ». « Le prétexte donné de la météo ne peut justifier le caractère précipité de cette décision. » Ces arbres fragilisés en septembre dernier avaient résisté aux précipitations et forts vents de l’hiver et du printemps dont une tempête à plus de 118 km/h le 26 mars 2026. Cette résistance contredit dans la vie réelle les conclusions des tests de l’ONF Végétis sur lesquels s’appuie la mairie pour justifier les abattages.

  • Colère citoyenne pour sauver 37 arbres du Parc Bonneveine à Marseille

    Colère citoyenne pour sauver 37 arbres du Parc Bonneveine à Marseille

    Plusieurs dizaines de riverains, de membres d’associations dont Extinction Rebellion et des militants LFI, dont Victoire Diethelm et Imran Trocmé, conseiller d’arrondissement dans le 4/5, se sont opposés, lundi matin, à l’abattage de 37 nouveaux arbres du parc public de Bonneveine. La coalition citoyenne Comm’un Possible Marseille s’interroge sur ce marché public de réhabilitation à 2,5 millions d’euros, sans attributaire connu.

    La Ville avait annoncé vendredi l’opération en brandissant une expertise de mars dernier d’ONF Vegetis. « Au total, 37 arbres présentent un niveau de risque élevé de chute, susceptible de porter atteinte à la sécurité des usagers et des riverains », écrit la Ville qui s’engage à planter « 210 nouveaux arbres tiges, d’une hauteur de 3 à 4 mètres ».

    L’annonce a été vécue comme une trahison par le collectif de riverains après déjà 14 arbres abattus. « Lors de la réunion du 10 août en mairie centrale, le directeur général adjoint et l’adjointe en charge des espaces verts, Mme Prigent, s’étaient engagés à nous transmettre la totalité des tests de l’ONF, la liste et l’emplacement des arbres à abattre et de nous laisser 15 jours avant de faire un point avec eux et de prendre la décision finale », dénonce Alain Sennetz, président du collectif.

    « On a attendu

    la fin de la nidification »

    Soutien de leur lutte, Richard Hardouin, le président de la FNE 13, dénonce « incompétence, défaut de transparence et parjure » de la ville. Lundi, face à la mobilisation citoyenne, c’est une policière municipale puis un haut fonctionnaire de la ville qui se sont collés à la tâche, aucun élu de la municipalité n’étant venu défendre la décision. « Il n’y a pas d’arrêté municipal pour l’abattage, tout simplement parce qu’il y a danger imminent », relaye la policière. « On a des expertises qui démontrent la dangerosité de ces arbres. On a attendu la fin de la nidification pour ne pas porter atteinte à des espèces protégées », complète Marc Foveau, patron de la Direction de la Ville du Quotidien.

    « On ne peut pas admettre d’être pris pour des idiots parce qu’ils cherchent à s’en tirer en disant que la fragilité structurelle vient des conditions de plantation initiales du parc en 1976 ! C’est une manœuvre », proteste Jérôme Nardi du collectif. Le rapport de l’ONF consulté par La Marseillaise énonce dit que le retrait d’enrobé et de pavage en septembre 2025 « a induit une désolidarisation du sol, aggravant une structure déjà peu cohésive. Impact immédiat : modification brutale des conditions racinaires entraînant une instabilité mécanique ». À 17h15, le prestataire lançait ses tronçonneuses. Tout a été décapité malgré des heurts entre des opposants et la police venue en nombre.

  • Robin Prétot fait le bilan de ses 100 premiers jours

    Robin Prétot fait le bilan de ses 100 premiers jours

    C’est une étape « importante et symbolique » de début de mandat, que Robin Prétot (LR) a souhaité mettre en avant : le cap des cent jours. Un peu plus de quatre mois après avoir été élu, il présente les premières réalisations de sa nouvelle majorité. « Près de 60 % des voix en triangulaire face à un prédécesseur installé depuis des décennies c’est assez important, mais on s’est toujours dit qu’il fallait garder la tête froide et faire preuve d’humilité parce que ça veut dire qu’il y a une attente très forte de la population et donc une capacité à décevoir qui peut être très grande. C’est pour ça qu’on a passé 100 jours de mandat très actifs. »

    Et ce dès les quinze premiers, avec le vote du budget. « On a frôlé la tutelle, il a fallu liquider la régie Nexus et rééquilibrer le budget du centre équestre du Deven qui avait un déficit de plus de 100 000 euros, rappelle le maire. On a évité ça. (…) Par contre la question se pose pour 2027 : comment on équilibre ? »

    Dès son installation, le conseil municipal a donc lancé un audit des finances et des ressources humaines de la Ville, dont les premiers résultats lui ont été présentés « il y a quelques jours », précise Robin Prétot, qui annonce d’ores et déjà qu’ils sont « mauvais » et qu’ils « vont appeler à des choix courageux qu’il va falloir faire à partir du second semestre ».

    Une réunion publique dédiée à la question sera organisée en septembre. D’ici là, une lettre de cadrage sera envoyée aux différentes directions pour préparer un cycle de conférences budgétaires, « noter les priorités avant de faire des arbitrages », détaille l’édile, qui espère voter le prochain exercice en janvier plutôt qu’en avril. « On va essayer de se donner cette discipline-là chaque année. On va aussi monter un comité d’arbitrage pour les investissements. Il faut qu’on puisse avoir de la perspective surtout vu les enjeux métropolitains qui nous entourent. »

    Quoi qu’il en soit, Robin Prétot est clair : il va falloir faire des économies. « On a du potentiel mais ça va nécessiter des choix et de la sobriété », assure-t-il. En interne, la révision de certains régimes indemnitaires et de certaines rémunérations à l’aune du principe d’équité devrait rapporter des sous et amener plus de transparence dans la gestion municipale. « À métier et compétences égaux, certains n’ont pas du tout le même salaire. C’est le fruit de l’histoire et de relations passées. Le tout c’est d’avoir la franchise de le dire et intelligence de le faire avec les syndicats. »

    Les représentants auront aussi la tâche de « flécher les politiques sociales indispensables pour les agents et ce sur quoi on peut rogner pour avoir l’équilibre budgétaire à la fin ». Des groupes de travail seront lancés à la fin de l’audit RH.

    Du concret

    Cette situation n’a pas empêché la nouvelle majorité d’initier plusieurs chantiers. L’objectif de climatiser 100 % des écoles d’ici l’été prochain devrait être tenu. « Le marché était prêt, mais rien n’était inscrit au budget, souligne Robin Prétot. Il a quand même fallu faire un emprunt d’1,5 million d’euros pour lancer ce projet, qui va commencer cet été. Il y aura des travaux pendant toutes les périodes de vacances scolaires. »

    Le plan Phénix pour revitaliser le centre-ville a lui aussi vu le jour. La population peut faire des propositions via une urne installée dans l’Office du tourisme. « On a commencé les premières réunions techniques pour ce programme assez transversal. (…) On a entamé des premiers contacts avec la SOLEAM car il nous faut un outil de portage foncier pour acquérir du patrimoine le rénover le louer ou le revendre. »

    En parlant de patrimoine, un appel à projet va être ouvert pour définir la nouvelle vocation de la mairie historique, qui ne sera donc finalement pas vendue à la Métropole pour un euro. Robin Prétot affirme : « Pour faire vivre le centre-ville faut créer une logique de flux, avec de l’art, des musées, de l’administration ou d’autres types de services publics comme les écoles. » Celle des Carmes, qui devait devenir un parc urbain, pourrait finalement être préservée sur demande de la Direction régionale des affaires culturelles et des bâtiments de France suite à la découverte de peintures historiques. « On peut se dire qu’on garde l’établissement et qu’on le repense dans sa vocation originelle en y remettant une maternelle, avec une cour et un parc réduit. » La réflexion va être lancée.

    Côté bétonnage, le principal sujet de la campagne municipale, 620 projets de logements ont été mis à l’arrêt. Les révisions du Projet d’aménagement et de développement durable, du PLU et du PLUi sont actées auprès de la Métropole.

  • [Entretien] Éric Besatti : « Attaquer en justice est un classique du RN »

    [Entretien] Éric Besatti : « Attaquer en justice est un classique du RN »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction au débouté en diffamation de la Ville de Beaucaire, du maire (RN) Nelson Chaudon et l’ancien maire Julien Sanchez ?

    Éric Besatti : C’est une petite victoire dans une grande bataille contre les tabous en démocratie. On aurait aimé ne pas jouer ce match, que la mairie réponde et soit claire sur sa politique. Il est scandaleux que ceux qui ne respectent pas leurs obligations de transparence nous attaquent. Mais la vague de solidarité à notre égard leur donne tort.

    Sur le fond, qu’est-ce qui vous a attiré les foudres des élus RN Julien Sanchez et Nelson Chaudon ?

    E.B. : Certaines communes ne publient pas leurs critères de préemption ou location de commerces, ni aucune liste de ceux bénéficiant d’un « plan commerce ambition », voté en 2021. Tous mes témoignages font montre d’une discrimination dont on a du mal à comprendre la logique. La loi n’est pas assez dure avec les mairies qui sont opaques. Ils se prennent des avertissements de la Commission d’accès aux documents administratifs [Cada] et au bout de 2 mois ils sont obligés de fournir le document, sinon on doit aller au tribunal administratif avec des avocats. On a la même opacité à Arles. Ils nous renvoient toujours à la Cada alors que les administrations doivent donner les documents aux citoyens qui le demandent. Mais on nous oppose souvent qu’« on sait ce que vous allez écrire ». Les politiques devraient plutôt se dire qu’un citoyen n’est pas un ennemi et qu’il a le doit d’être informé. C’est en cela que nous préférons la culture de la libre circulation des documents. La copublication d’une enquête avec Streetpress a pu jouer, car c’est une rédaction antifasciste.

    Qu’est-ce que cela traduit des agissements de l’extrême droite ?

    E.B. : Attaquer en justice pour faire perdre du temps et de l’argent est un classique du RN. Ça a fait parler de nous et de notre travail, plus de gens nous suivent, même si ce n’est pas ce qui nous importait le plus. Cela montre que le RN à Beaucaire ne veut pas que les gens s’expriment sur les commerces. Témoigner est difficile et les rares à l’accepter le font à visage couvert. C’est un terrain très difficile.

    Cette procédure judiciaire doit vous laisser une grosse ardoise…

    E.B. : Nous sommes condamnés à 5 000 euros d’amende en plus de 1 200 euros de frais d’avocat. Si on veut nous aider, il suffit d’aller sur le site, s’inscrire, s’abonner, donner… Ça sera utilisé pour l’enquête ou payer les frais d’avocat.

  • La mairie de La Garde sommée de dévoiler ses frais de représentation et des documents d’ordre public

    La mairie de La Garde sommée de dévoiler ses frais de représentation et des documents d’ordre public

    Dans son combat pour la transparence et la probité de la vie publique, le groupe d’opposition Uni.e.s pour La Garde glane une nouvelle victoire. Après la condamnation de Jean-Louis Masson, en novembre, à une amende de 15 000 euros pour prise illégale d’intérêt après avoir participé, entre 2020 et 2022, à dix délibérations concernant deux sociétés qu’il présidait, alors qu’il était maire de La Garde, c’est cette fois le tribunal administratif qui a épinglé la majorité municipale jeudi dernier.

    Uni.e.s pour La Garde avait en effet déposé une plainte concernant le refus du désormais premier adjoint, et de la maire réélue en mars Hélène Arnaud-Bill, de communiquer les détails de 20 000 euros de frais de représentation engagés depuis 2020. Cette plainte concernait aussi des documents (grands livres comptables, rapports des commissaires aux comptes, rapports de gestion et procès-verbaux des assemblées de 2020 à 2023) relatifs à deux sociétés publiques, la Société gardéenne d’économie mixte (Sagem) et la Société d’aménagement et de gestion publique (Sagep). Les deux élus devront ainsi faire œuvre de transparence et dévoiler l’intégralité des documents demandés. En ce qui concerne la Sagem et la Sagep, ils se voient sommés de transmettre les documents demandés dans un délai d’un mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La commune devra également verser 1 500 euros aux requérants au titre des frais de justice.

    « La transparence est

    une obligation démocratique »

    « Depuis des années, nous demandons simplement que les élus puissent exercer pleinement leur mission de contrôle et accéder aux documents permettant de vérifier l’utilisation de l’argent public. Cette décision rappelle une évidence : la transparence n’est pas une faveur accordée par une majorité, c’est une obligation démocratique », s’est réjouie Julia Peironet Bremond. « Nous poursuivrons notre action afin que chaque euro d’argent public puisse être contrôlé. Nous continuerons à défendre cette exigence avec détermination, car la transparence de la vie publique n’est pas un privilège accordé à l’opposition, mais une exigence que nous devons à tous les citoyens. »

    Contactés, les élus de la majorité n’ont pas répondu à nos sollicitations.

  • Une enquête ouverte à Aubagne après la destruction d’archives municipales

    Une enquête ouverte à Aubagne après la destruction d’archives municipales

    Trois mois après la destruction d’archives municipales dans les couloirs de la mairie d’Aubagne, au soir du second tour, le parquet de Marseille a indiqué ce vendredi matin à La Marseillaise avoir ouvert une enquête pour destruction ou dégradation de biens, confirmant une information de nos confrères de La Provence. Ces investigations font suite à un signalement adressé le 20 mai dernier au parquet par le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari, après avoir été alerté par la préfecture de ces destructions de documents au lendemain de la défaite de la droite aux municipales.

    Ce 24 mars, vers 17h, la directrice des archives départementales s’était rendue en toute urgence à la mairie d’Aubagne suite à un signalement, décrivait le secrétaire général de la préfecture de région au maire nouvellement élu. Au rez-de-chaussée, à proximité immédiate de l’accueil, douze sacs-poubelles et un conteneur à déchets, remplis de documents. Sept sacs contenaient ainsi des papiers déchiquetés par une broyeuse électrique, « de manière irrémédiable », explique le préfet. Dans un autre, des dossiers d’archives publics, avec le tampon de la municipalité, ont été « grossièrement déchirés à la main ». Dans trois autres sacs, celles-ci étaient encore intactes, mélangées à de la documentation, et ont pu être récupérées pour être analysées. De même, trois autres conteneurs remplis de documents intacts ont été retrouvés derrière l’accueil, un dernier dans le couloir du service patrimoine. « Ces documents semblent provenir du cabinet du maire ou d’élus dans l’exercice de leurs fonctions », indiquait la préfecture. Et leur destruction doit donc être approuvée par le directeur des archives départementales, sans quoi les contrevenants risquent jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. De quoi faire des vagues en ouverture du conseil municipal ce mercredi, lors duquel le maire sortant (LR) Gérard Gazay s’est défaussé de toute responsabilité, renvoyant au témoignage de ses secrétaires, tandis que son ancien premier adjoint décrivait une opération habituelle. « On ne broie pas l’histoire d’une ville parce qu’on perd le pouvoir. Ce n’est pas une simple péripétie administrative, c’est un délit pénal », réagit Jean-Pierre Squillari, promettant d’ouvrir la page, « ambitieuse, de la transparence à Aubagne ».