Travail, emploi, santé, éducation… Les outils de l’intelligence artificielle impactent désormais tous les pans de la vie quotidienne au premier rang desquels, le monde du travail.
Ainsi à Montpellier, le syndicat CGT de l’Hôpital public, le CHU Arnaud de Villeneuve, alerte sur un projet d’investissement de 14,9 millions d’euros pour développer une intelligence artificielle. (lire page 6). Elle serait utilisée dans le milieu administratif, pour notamment la rédaction de comptes rendus médicaux. « Quand on fait le calcul, ça correspond à peu près à 1 200 postes et ce qui est annoncé dans plusieurs instances, c’est qu’un tiers des économies réalisées grâce à l’IA servira au remboursement de la dette de l’établissement, le deuxième tiers sera consacré au développement de l’IA et le reste sera dédié à l’embauche de soignants », détaille Pierre Renard, délégué CGT au CHU de Montpellier.
La machine remplacera-t-elle bientôt l’humain ? Si la question est aussi ancienne que la première avancée technique, c’est aussi la grande interrogation existentielle d’aujourd’hui soulevée par l’IA et leurs principaux outils, les chabots, basés sur de grands modèles de langage. L’essentiel de ces outils de l’IA est entre les mains de multinationales étasuniennes de la Big Tech : Google, Meta, Microsoft, Apple, Amazon…
C’est un univers ultra-concurrentiel où l’objectif est la rentabilité. Sam Altman, patron d’OpenAI, créateur du chabot conversationnel ChatGPT, entré en service en 2022, est concurrencé par Anthropic et son chabot Claude. C’est désormais la course à l’entrée en bourse avec des niveaux de valorisation des deux entreprises de l’ordre de 800 à 900 milliards de dollars. Pour arriver à leurs fins mercantiles, ces multinationales détenues par ces milliardaires n’hésitent pas à supprimer des milliers d’emplois. Le patron de Meta, Mark Zuckerberg, a annoncé en avril la suppression de 8 000 emplois pour se concentrer sur le développement de l’IA, soit 10% des effectifs. Pour se prémunir des dérives de l’IA, des résistances citoyennes se mettent en place. Dans le monde du travail, les syndicats ont un rôle de vigie essentiel comme c’est aussi le cas à l’université où l’IA est étudiée (lire notre entretien avec le professeur Jérémi Sauvage). Au niveau des États, la France a développé une stratégie en tenant un sommet de l’IA en 2025. Mais le tropisme pro-business du président de la République, Emmanuel Macron, laisse en jachère la question centrale de la maîtrise publique de l’IA pour privilégier la compétition notamment pour l’accueil de centres de données avides d’eau et d’énergie. La réflexion a été le choix premier de la Métropole de Montpellier qui a mis en place une convention citoyenne en 2024 et va créer en septembre un comité éthique pour encadrer l’usage de l’IA. D’ores et déjà, 1 000 agents de la Métropole ont été formés à l’IA générative avec l’éditeur Delibia, plateforme française (lire page 8).
La formation et la connaissance sont indispensables comme le préconise le programme public popularisé par les cafés IA* proposé par le Conseil national du numérique. « la technique doit être enseignée à tous, dans sa genèse, son fonctionnement et ses usages. C’est à cette condition seulement qu’elle ne sera aucunement aliénante », précise l’une des fiches pédagogiques mise à disposition du grand public.
* Site internet : cafeia.org

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