« Des personnes sont même allées faire des affiches, dans la deuxième ville de France, avec des QR codes renvoyant à des sites où il était écrit que j’étais accusé de viol ! » Ce mercredi matin, dans une conférence de presse, Sébastien Delogu, député LFI de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône, aux côtés de François Piquemal, son homologue de Haute-Garonne, a sonné la riposte face à ce qu’ils qualifient de « campagne de dénigrement et diffamation ». Laquelle a eu lieu pendant les élections municipales, où les deux étaient candidats dans leurs villes respectives. Le tout, orchestré, a priori, par une entreprise israélienne spécialisée dans l’influence sur internet.
Sébastien Delogu énumère la « création de sites internet, création de faux comptes et de faux journalistes » à son encontre. Quand François Piquemal, ex-candidat à Toulouse, liste la « création de pages diffamantes colportant des rumeurs ou la divulgation de mon adresse personnelle sur internet ». Ce dernier évoque un exemple parlant : « La veille du 2d tour avec diffusion de fausses publicités sur plusieurs sites, dont celui de “La Dépêche du Midi”. » Des publicités haineuses reprenant la charte graphique des insoumis où l’on voyait, par exemple, un homme torse nu avec un tatouage « LFI », frappant un autre homme à terre.
L’affaire est notamment documentée par Viginum, dispositif créé par Emmanuel Macron qui contrôle les opérations électorales sur internet, comme le relatent nos confrères du Canard Enchaîné. Selon eux, Viginum a largement documenté les fausses informations, publications haineuses et autres tromperies à l’égard des deux candidats et est remonté jusqu’à ladite entreprise israélienne. Problème : Le Canard Enchaîné révèle, ce mercredi, que le rapport s’appuyant sur le travail de Viginum, « consacré aux opérations de déstabilisation constatées », n’a toujours pas été rendu public. De quoi faire monter au créneau François Piquemal avec une question à l’Assemblée nationale. En réponse, Laurent Nuñez a annoncé, mercredi 20 mai à l’Assemblée, qu’une « action judiciaire [était] engagée ». Et d’assurer que le rapport serait bien rendu public. Le candidat toulousain saisit le tribunal administratif pour faire annuler l’élection.

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