Ce « musée embarqué » solidaire avec Gaza

Le voilier Hétérotope, devenu centre culturel embarqué de la flottille pour Gaza, a permis samedi de livrer des témoignages sur le blocus naval illégal de la Palestine alors qu’Israël menace à nouveau d’arraisonner dans les eaux internationales les 50 navires de la flottille partie vendredi de Grèce.

« C’est ici un petit coin d’humanité et de Palestine et vous savez combien pour la Ville de Martigues la question de la paix, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est importante surtout quand on voit ressurgir des fantômes » a dit Florian Salazar-Martin (PCF), adjoint au maire en charge de la culture.

« Gaza vit sous blocus hermétique depuis 20 ans », énonce Pierre Stambul de l’Union juive française pour la paix, qui présente son livre Du projet sioniste au génocide. « Les Gazaouis sont punis collectivement, ont subi des bombardements incessants. Plus personne ne peut douter du mot “génocide” et l’Europe et les États-Unis en sont coauteurs. Il ne reste plus que les sociétés civiles du monde entier et ces flottilles sont un exemple formidable. Elles se substituent à la lâcheté, à la complicité de nos politiques. »

Le collectif d’habitants de l’Estaque est présent. « Plus de 150 habitants sont venus à soutenir la flottille Thousands Madeleens To Gaza qui s’était amarrée en mars à l’Estaque et qui a rejoint en avril la flottille Global Sumud partie de Barcelone le 31 août. Nous exposons les dessins réalisés par des enfants de l’Estaque pour les enfants de l’école El-Watan à Gaza », montre Fathi Bouaroua qui souhaite ardemment un jumelage avec Marseille. « Ces dessins ont été très appréciés des petits Gazaouis. Ils ont tout imprimé et affiché sur leur tente », explique Maeva, une des enseignantes qui a participé à cette correspondance de dessins, de poèmes et de lettres avec l’association Education For Gaza pour des enfants qui vivent et sont scolarisés dans des conditions matérielles et morales épouvantables.

« Il y a tout un processus d’invisibilisation de la culture palestinienne » rappelle l’organisateur Émilien Urbach, journaliste à l’Humanité, arrêté et arbitrairement retenu par les Israéliens. « Ce n’est pas pour rien que les journalistes sont les premières cibles à Gaza, que les chercheurs, les enfants sont tués à Gaza et de plus en plus en Cisjordanie. C’est un processus qui participe de tuer cette culture, de tuer l’existence de ce peuple, sa vitalité, sa créativité. C’est pour ça qu’on a créé ce bateau le centre culturel embarqué et qui comme, une criée après la pêche donnent tout ce qu’ils ont récolté. »

Doyenne de la flottille attaquée le 8 octobre, Isaline Choury, 82 ans, a témoigné de la violence inouïe de l’armée israélienne qui a kidnappé 176 militants. « Un type très massif me frappait en criant en français “bienvenue en enfer !” » a relaté la fille du résistant corse, Maurice Choury et nièce de Danielle Casanova, la résistante communiste assassinée à Auschwitz. « Il y a eu pire. Trois de ma flottille ont été dénudés, un chien leur a pissé dessus et ils ont été violés (…). Depuis, je milite. Ils n’ont pas gagné. Je suis debout et vivante. Ils n’ont pas fini de m’entendre. Ils ne gagneront pas ! »

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