Tag: Palestiniens

  • Des bikers manifestent pour le peuple palestinien

    Des bikers manifestent pour le peuple palestinien

    La traditionnelle manifestation en soutien à Gaza, qui se déroule habituellement tous les samedis au départ de la porte d’Aix à Marseille, a pris une tournure inédite ce week-end.

    Car si le cortège s’est élancé dans les rues de la cité phocéenne comme à l’accoutumée, au son de « Gaza, Marseille est avec toi », il a cette fois pris la direction du Mucem. Lieu où il a retrouvé une véritable nuée de motards arborant des drapeaux palestiniens. Ces derniers étaient plus d’une centaine et réunis sous la bannière des Samuraï Riders, un collectif de motards habitués aux actions de solidarité regroupant des aficionados de moto venus des quatre coins de la France mais aussi de Belgique.

    Chaîne humaine et impressionnant défilé

    Sous la houlette du collectif à l’origine de cette manifestation inédite, Union pour la Palestine Marseille (UPM), la jonction des deux cortèges a permis de faire une chaîne humaine reproduisant l’inscription « Free Palestine ». Les manifestants ont également observé une minute de silence en hommage « aux enfants tués à Gaza et en Cisjordanie ». « On compte la mort d’un enfant par jour là-bas. Pendant que nous préparons la rentrée scolaire de nos enfants, ils préparent des enterrements et le deuil de l’autre côté de la Méditerranée », dénonce Fadela, coordinatrice d’UPM.

    Après quelques prises de parole, la nuée de motards a finalement pris la route en direction du Vieux-Port avant de prendre la Corniche et de finir à la Pointe Rouge. Et autant dire que leurs moteurs ont rugi tout le long trajet, qui s’est fait à grands coups de klaxons. De quoi redonner de la visibilité, et avec la manière, à la cause palestinienne.

  • Veillée pour la Palestine à Marseille

    Veillée pour la Palestine à Marseille

    Ces Palestiniens étaient réfugiés dans le camp de Tall el-Zaatar à Beyrouth au Liban. Après plus de cinquante jours de siège, le camp est pris d’assaut et, suite aux massacres, a été complètement rasé.

    Le portrait de Barghouti

    Un demi-siècle après cette tuerie de masse, les Palestiniens subissent aujourd’hui l’oppression et l’arbitraire du gouvernement israélien. Samedi soir, après une manifestation partie de la Porte d’Aix, une veillée s’est tenue sous l’ombrière au Vieux-Port.

    Exigences principales : la fin du génocide des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie occupée, la levée du blocus et un cessez-le-feu permanent. Le portrait de Marwan Barghouti, responsable palestinien emprisonné depuis 2022 dans les geôles d’Israël, était accroché sous l’ombrière. Il symbolise l’espoir d’un règlement politique à cette guerre ignoble avec la création d’un État palestinien souverain, comme le stipule le droit international.

    F.V.

  • Une délégation du PCF s’est rendue en Palestine

    Une délégation du PCF s’est rendue en Palestine

    Pour Sylvain André, le voyage en Palestine n’était pas une première. Le maire communiste avait déjà participé à un périple organisé par l’Association France-Palestine solidarité en 2014 où il avait déjà pu mesurer la colonisation de la Cisjordanie par Israël. « À l’époque, j’avais visité plus de villages et la situation était déjà dramatique. Mais la situation s’est profondément aggravée. Il y a eu plus de créations de colonies en trois ans que depuis 1967. Ce chiffre a été confirmé par le vice-consul de France », explique l’élu gardois qui représentait la Coopérative des élus communistes, républicains et citoyens.

    Pendant cinq jours, Sylvain André a en effet accompagné une délégation du PCF composée notamment de Vincent Boulet, responsable du secteur international du PCF et de la sénatrice Silvana Silvani. Ils ont ainsi visité Ramallah, Jérusalem et Naplouse où ils ont rencontré des dirigeants de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le comité pour la libération de Marwan Barghouti (incarcéré depuis 2004 qui a de nouveau subi des violences ces derniers jours), le président du syndicat des journalistes palestiniens, d’anciens compagnons de route de Yasser Arafat, le secrétaire général du Parti du peuple palestinien (PPP), un responsable du Fatah, un député du PC israélien et même le consul et vice-consul de France avec qui ils ont fêté le 14 juillet. Une gerbe du PCF a également été déposée au mausolée de Yasser Arafat.

    « Le génocide continue »

    Tous ont confirmé l’accélération de la colonisation en Cisjordanie. « En plus, ce sont des colons particulièrement agressifs et violents. Il y a des bagarres avec les Palestiniens, ça peut aller jusqu’au drame, c’est arrivé plusieurs fois. Et ils sont toujours protégés par l’armée israélienne qui harcèle régulièrement les Palestiniens. Il y a plus de 800 checkpoints en Cisjordanie, qu’Israël ferme pour un oui ou pour un non », précise Sylvain André qui a également évoqué à plusieurs reprises la situation toujours dramatique à Gaza : « Les journalistes internationaux ne sont toujours pas autorisés à rentrer à Gaza et pendant ce temps, Israël en profite pour nettoyer toutes les preuves de crimes contre l’humanité. Le génocide continue. On n’en parle plus mais il y a encore beaucoup de morts. La situation sanitaire est catastrophique : beaucoup d’hôpitaux ont été touchés et le système d’assainissement a été détruit. Aujourd’hui, il y a des rats partout, des maladies reviennent… La gale est présente. »

    Ce voyage devait également renforcer l’alliance entre le PCF et l’OLP qui avait été signée par Fabien Roussel il y a plus d’un an. « L’idée c’est de pouvoir continuer à développer des coopérations avec les collectivités territoriales et des échanges de jeunes notamment autour du sport qui peut être un bon vecteur », conclut Sylvain André qui souhaite aussi que la population fasse pression sur l’État français pour qu’il engage des sanctions contre l’État d’Israël.

  • Une cagnotte pour des étudiants palestiniens en médecine

    Une cagnotte pour des étudiants palestiniens en médecine

    Depuis 2019, le collectif œuvre pour la santé globale, aussi bien physique que mentale et sociale, principalement en Palestine. Les fonds récoltés serviront à financer les frais d’inscription de quinze étudiants en médecine palestiniens inscrits dans le nord de l’Égypte.

    Ce nouvel appel aux dons fait suite à un premier lancé en novembre dernier qui, grâce à un élan de générosité exceptionnel, a permis de récolter 55 000 euros. Cette année, « l’objectif est le même pour couvrir l’entièreté des 15 années universitaires », détaille Baptiste André, hospitalier à la Timone et membre de l’association Rizoma.

    Une cagnotte plus que nécessaire pour ces étudiants originaires de Gaza, à l’heure où leur situation se détériore et les frais de scolarité grimpent toujours plus. « Il leur est demandé 3 000 dollars par an, contre 50 dollars pour les étudiants égyptiens, précise Baptiste André. Il y a une vraie discrimination à leur égard. »

    Endettés sur plusieurs années

    À ces difficultés financières s’ajoutent de lourdes séquelles psychologiques, conséquences des années de guerre à Gaza. « Ceux que j’ai rencontrés sont tous en proie à un syndrome post-traumatique, pointe le médecin, également présent l’année dernière sur la flottille à bord du « Madleen ». Pour une dizaine d’entre eux, leurs familles vivent encore sous les tentes, à Gaza, et à ce syndrome s’ajoute à un sentiment de culpabilité de devoir dépendre de leur famille. »

    Pour autant, ces épreuves n’entament pas leur détermination. « Ils n’ont qu’un seul but : retourner dans 5 ou 10 ans exercer la médecine à Gaza », souligne Baptiste André. Cette année, l’enjeu est d’autant plus important que « ces étudiants ont des arriérés et ont contracté des dettes envers leurs universités », poursuit-il.

    Avant de conclure : « On espère faire aussi bien, cette année, avec la cagnotte, car il faudra plusieurs années pour éponger ces dettes. »

  • L’UD de la CGT 13 au soutien de Fadwa Barghouti

    L’UD de la CGT 13 au soutien de Fadwa Barghouti

    Fadwa Barghouti poursuit sa visite marathon à Marseille. À la Bourse du Travail, des syndicalistes de la CGT 13 ont échangé, ce vendredi, avec la militante palestinienne. Keffieh sur les épaules et entourée de drapeaux palestiniens, elle est revenue sur le sens de sa venue en France : « On veut relancer la campagne internationale pour la libération de Marwan. »

    Épouse de Marwan Barghouti, emprisonné depuis 2002 en Israël, elle rappelle qu’une dizaine de villes françaises – dont Marseille – lui ont accordé la citoyenneté d’honneur, distinction « qui honore tout le peuple palestinien ».

    Un soutien qui doit en appeler d’autres selon la CGT. « Le gouvernement français doit poser des actes concrets pour pas être complice du génocide », martèle Marc Piétrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13.

    « Une leçon d’humanisme et de militantisme »

    Chargée par son époux de porter sa voix, Fadwa Barghouti laisse entrevoir sa fatigue. « Parfois, je perds espoir, je me sens seule », confie-t-elle. Avant d’assurer, d’un ton grave : « On tiendra le coup jusqu’à sa libération et celle de tous les prisonniers palestiniens. »

    Les échanges se sont ensuite tournés vers l’éducation. Mouna, enseignante syndiquée, alerte sur des « générations sacrifiées », convaincue que l’avenir palestinien passe par « l’émancipation de sa jeunesse ». « La plus grande punition, c’est de priver ce peuple d’accès à l’éducation », répond Fadwa Barghouti, avant d’évoquer son mari, qui « donne 4 heures de cours de politique par jour à des prisonniers à travers sa fenêtre ».

    Une anecdote qui conclut une rencontre saluée comme « une grande leçon d’humanisme et de militantisme » par Marc Piétrosino, sous les applaudissements et les chants « Libérez Marwan, libérez la Palestine ». La militante conclut sa visite marseillaise ce samedi à 14h, sous l’Ombrière du Vieux-Port, à l’occasion de l’événement Palestine United 2.

  • Fadwa Barghouti en campagne pour la libération de son époux Marwan

    Fadwa Barghouti en campagne pour la libération de son époux Marwan

    Le rendez-vous est donné à 14h30 gare Saint-Charles ce jeudi pour accueillir comme il se doit Fadwa Barghouti. Celle-ci sera reçue dans la foulée par le secrétaire fédéral du PCF des Bouches-du-Rhône et sénateur Jérémy Bacchi, au sein de la Maison des communistes, rue de Lyon. Une réception populaire et festive sera tenue en l’honneur de l’avocate et militante palestinienne à 18h30 à l’Espace Mistral de l’Estaque. Cette visite riche en rencontres s’inscrit dans le cadre de la campagne internationale qu’elle a lancée, en 2002, dès le kidnapping, l’arrestation et la détention de son époux, Marwan Barghouti.

    Une cérémonie lui sera consacrée, vendredi matin en mairie des 15/16, suivie par une réception et une conférence de presse avec l’UD CGT 13, à la Bourse du Travail. Puis, elle devrait rencontrer dans la journée des membres de Solidaires 13 et les élus LFI des Bouches-du-Rhône. Fadwa Barghouti sera présente à 19h30 au cinéma le Gyptis pour la diffusion et un débat autour du film Tomorrow’s Freedom, consacré au combat de son mari et sa famille, ainsi qu’aux conditions de détention des prisonniers palestiniens. Un repas préparé par l’association Sawt Palestine sera proposé aux participants.

    Enfin, Fadwa Barghouti est attendue samedi à 14h sous l’ombrière du Vieux-Port où elle participera à l’événement, Palestine United 2, organisé, entre autres, par le collectif Union pour la Palestine Marseille (UPM).

  • Plus de mille Palestiniens tués depuis la trêve

    Plus de mille Palestiniens tués depuis la trêve

    Malgré la trêve, cinq personnes ont encore été tuées, ce lundi 29 juin dans la bande de Gaza, par des frappes israéliennes, ont annoncé les responsables d’un hôpital local et d’un service de secours, le territoire palestinien demeurant la cible de frappes régulières. Israël et le Hamas s’accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

    Au moins 1 045 Palestiniens y ont été tués depuis l’entrée en vigueur en octobre de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

    Mardi, le secrétaire général de l’ONU a lui condamné « l’expansion et l’accélération implacables » des colonies israéliennes en Cisjordanie, qui contribuent à la plus importante crise de déplacement depuis 1967 dans le territoire occupé à l’occasion d’un rapport trimestriel. Antonio Guterres dénonce aussi l’augmentation « des violences liées aux colons et aux restrictions d’accès des Palestiniens à leurs terres ».

    La solution à deux États

    en péril

    « Ces développements alimentent les tensions, enracinent encore plus l’occupation israélienne illégale, sapent le droit des Palestiniens à l’autodétermination et menacent la viabilité d’un État palestinien totalement indépendant, souverain et en un seul tenant », ajoute-t-il. Le secrétaire général de l’ONU met en particulier en garde contre le projet de développement E1 qui « présente une menace existentielle à la solution à deux États », israélien et palestinien en prévoyant de couper en deux la Cisjordanie.

    Dans une déclaration commune avant une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur le sujet, cinq membres européens du Conseil (France, Royaume-Uni, Grèce, Lettonie, Danemark) se sont eux aussi inquiétés de la « détérioration de la situation en Cisjordanie », condamnant « fermement » la poursuite de la colonisation.

  • Un colloque pour décrypter l’anéantissement de Gaza

    Un colloque pour décrypter l’anéantissement de Gaza

    Faire face à l’anéantissement de Gaza. C’est le thème du colloque organisé durant deux jours au Mucem (2e), ces 21 et 22 mai. Tenu dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, le rendez-vous ambitionne de réunir « des artistes et chercheurs de Gaza (…), des institutions culturelles et artistes engagés pour la Palestine, ainsi que des spécialistes de la région et des migrations artistiques ».

    La journée de jeudi, après un accueil introductif d’une trentaine de minutes le matin, s’est ouverte avec un « état des lieux » de l’anéantissement à Gaza. Animée par la journaliste d’Orient XXI Sarra Grira, la rencontre a été l’occasion de revenir sur la destruction du patrimoine gazaoui. Une présentation assurée par Ahmed Ashour, chercheur à l’Université de Tours, spécialiste des politiques culturelles et de l’apprentissage communautaire dans des contextes marqués par la guerre et l’oppression.

    Aïda Delpuech, journaliste indépendante, a évoqué l’écocide en cours à Gaza, d’après elle outil important de la destruction durable de l’enclave. « Attaquer l’écosystème palestinien fait partie du mode opératoire israélien. Il faut comprendre que l’écocide est d’abord un outil du génocide à court terme, car si on prive une population de ses outils de production agricole, on alimente la famine et donc le génocide en cours, détaille-t-elle. Mais aussi à long terme : les bombardements rendent Gaza inhabitable pour une longue durée. On détruit les écosystèmes sur le moment, mais aussi après, avec des ressources, comme les sols, l’eau, l’air, qui sont durablement contaminées. »

    Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés, est également intervenue, en visioconférence. « Nous devons accepter que nous vivons une destruction totale de ce qui est la Palestine en tant qu’identité », martèle-t-elle. Et de rappeler la définition des termes qu’elle emploie : « On parle de génocide lorsqu’il y a volonté de détruire totalement ou partiellement un groupe et religieux. Ici, la volonté n’est pas cachée. » D’après le ministère de la Santé du Hamas, plus de 70 000 personnes sont mortes dans l’enclave palestinienne, chiffre jugé fiable par l’ONU, depuis l’attaque terroriste du 7-Octobre du Hamas sur le sol israélien, qui a déclenché la guerre à Gaza.

    Protestations

    C’est notamment pour protester contre la présence de Francesca Albanese que le président du Crif Marseille, Bruno Benjamin, avait appelé, en début de semaine, à un rassemblement devant les portes du Mucem, qualifiant la rapporteuse de l’ONU d’« antisémite notoire ». Il reproche aussi à l’événement d’être trop orienté politiquement et exige qu’il y ait « la même chose pour le 7-Octobre ». Lui et une trentaine de soutiens, dont le collectif Nous vivrons, sont venus manifester, jeudi matin, devant le musée. En réaction, plusieurs collectifs de défense de la Palestine sont, eux aussi, venus protester. « Mettre sur le même plan le dominant et le dominé, le colonisateur et le colonisé, ça n’a strictement aucun sens », s’est indigné Pierre Stamboul, membre de l’Union des juifs français pour la paix, collectif pro-palestinien.

    Les 428 militants de la flottille pour Gaza expulsés d’Israël

    Les quelque 430 militants de la Global Sumud flotilla, interceptés entre lundi et mardi au large de Chypre par les forces israéliennes, ont finalement été renvoyés en Turquie. Jusque-là détenus dans la prison israélienne de Ktziot, ils ont, jeudi, « tous été expulsés », a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien. Mercredi, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait provoqué un tollé international en publiant une vidéo montrant des militants agenouillés et les mains liées.

  • Confrontation entre manifestants du Crif et pro-palestiniens devant le Mucem

    Confrontation entre manifestants du Crif et pro-palestiniens devant le Mucem

    Une manifestation se tient depuis 9h30 devant le Mucem, à l’occasion de la tenue du colloque « Faire face à l’anéantissement de Gaza », organisé ces 21 et 22 mai dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026 .Plus tôt dans le semaine, le Crif Marseille avait appelé au rassemblement pour protester contre le rendez-vous culturel. Bruno Benjamin, président du Crif Marseille, reproche à l’événement un caractère trop orienté politiquement, ainsi que l’intervention de Francesca Albanese, en visioconférence, qu’il qualifie d’ « antisémite notoire ». En réaction, des militants pro-palestiniens, dont l’Union des juifs français pour la paix, le collectif Palestine Martigues ou le collectif chrétien contre le génocide, se sont eux aussi réunis devant les portes du Musée. Les deux groupes campent devant le l’établissement culturel depuis ce matin, séparés par un cordon de CRS.

  • Ce « musée embarqué » solidaire avec Gaza

    Ce « musée embarqué » solidaire avec Gaza

    Le voilier Hétérotope, devenu centre culturel embarqué de la flottille pour Gaza, a permis samedi de livrer des témoignages sur le blocus naval illégal de la Palestine alors qu’Israël menace à nouveau d’arraisonner dans les eaux internationales les 50 navires de la flottille partie vendredi de Grèce.

    « C’est ici un petit coin d’humanité et de Palestine et vous savez combien pour la Ville de Martigues la question de la paix, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est importante surtout quand on voit ressurgir des fantômes » a dit Florian Salazar-Martin (PCF), adjoint au maire en charge de la culture.

    « Gaza vit sous blocus hermétique depuis 20 ans », énonce Pierre Stambul de l’Union juive française pour la paix, qui présente son livre Du projet sioniste au génocide. « Les Gazaouis sont punis collectivement, ont subi des bombardements incessants. Plus personne ne peut douter du mot “génocide” et l’Europe et les États-Unis en sont coauteurs. Il ne reste plus que les sociétés civiles du monde entier et ces flottilles sont un exemple formidable. Elles se substituent à la lâcheté, à la complicité de nos politiques. »

    Le collectif d’habitants de l’Estaque est présent. « Plus de 150 habitants sont venus à soutenir la flottille Thousands Madeleens To Gaza qui s’était amarrée en mars à l’Estaque et qui a rejoint en avril la flottille Global Sumud partie de Barcelone le 31 août. Nous exposons les dessins réalisés par des enfants de l’Estaque pour les enfants de l’école El-Watan à Gaza », montre Fathi Bouaroua qui souhaite ardemment un jumelage avec Marseille. « Ces dessins ont été très appréciés des petits Gazaouis. Ils ont tout imprimé et affiché sur leur tente », explique Maeva, une des enseignantes qui a participé à cette correspondance de dessins, de poèmes et de lettres avec l’association Education For Gaza pour des enfants qui vivent et sont scolarisés dans des conditions matérielles et morales épouvantables.

    « Il y a tout un processus d’invisibilisation de la culture palestinienne » rappelle l’organisateur Émilien Urbach, journaliste à l’Humanité, arrêté et arbitrairement retenu par les Israéliens. « Ce n’est pas pour rien que les journalistes sont les premières cibles à Gaza, que les chercheurs, les enfants sont tués à Gaza et de plus en plus en Cisjordanie. C’est un processus qui participe de tuer cette culture, de tuer l’existence de ce peuple, sa vitalité, sa créativité. C’est pour ça qu’on a créé ce bateau le centre culturel embarqué et qui comme, une criée après la pêche donnent tout ce qu’ils ont récolté. »

    Doyenne de la flottille attaquée le 8 octobre, Isaline Choury, 82 ans, a témoigné de la violence inouïe de l’armée israélienne qui a kidnappé 176 militants. « Un type très massif me frappait en criant en français “bienvenue en enfer !” » a relaté la fille du résistant corse, Maurice Choury et nièce de Danielle Casanova, la résistante communiste assassinée à Auschwitz. « Il y a eu pire. Trois de ma flottille ont été dénudés, un chien leur a pissé dessus et ils ont été violés (…). Depuis, je milite. Ils n’ont pas gagné. Je suis debout et vivante. Ils n’ont pas fini de m’entendre. Ils ne gagneront pas ! »