Tag: Gaza

  • [Entretien] « La guerre devrait être déclarée hors-la-loi »

    [Entretien] « La guerre devrait être déclarée hors-la-loi »

    La Marseillaise : Quel enseignement tirez-vous de votre expérience en tant que médecin militaire ?

    Raphaël Pitti : Je suis rentré dans l’armée en 1977 et j’ai donc couvert plusieurs conflits comme celui de l’ex-Yougoslavie, la guerre civile au Liban ou encore la première guerre du Golfe. à travers eux, j’ai compris que ceux qui en souffrent le plus ce sont les populations.

    À travers votre livre « Va où l’humanité te porte. Un médecin dans la guerre », pourquoi avez-vous ressenti le besoin de mettre votre expérience par écrit ?

    R.P. : Avec mon métier de médecin dans l’armée, j’étais principalement dans l’action. à partir de 2016, j’ai été approché par plusieurs éditeurs, mais chaque fois, je refusais l’exercice de l’écriture. Puis j’ai fini par accepter car j’y ai vu une forme d’engagement pour alerter autrui. La vie nous est donnée, mais sans mode d’emploi, donc l’engagement était un moyen de donner un sens à ma vie.

    Quand les moyens et les infrastructures sanitaires sont détruits, comment peut-on encore soigner ?

    R.P. : Malheureusement, on est amené à trier et ce tri se fait en fonction des moyens que l’on a. Auparavant, on triait entre « urgence absolue » et « urgence relative ». Le blessé très grave prévalait sur celui moins grave. Mais avec des conflits comme celui de Gaza, où même les infrastructures sanitaires sont visées, on peut être amené à faire ce que l’on appelle le « triage inverse ». C’est-à-dire qu’on abandonne les blessés les plus graves au profit des moins graves dont on est sûrs de pouvoir soigner avec le peu de moyens qui nous reste. C’est ce que j’ai vécu pour la première fois, en 2024, à l’hôpital européen de Gaza.

    Qu’est-ce que cette situation dit du droit international et des droits fondamentaux de l’Homme ?

    R.P. : Il y a une perte de nos valeurs fondamentales. Les biens matériels nous rendent esclaves et on évolue dorénavant dans l’individualisme total au détriment du groupe social. Depuis plusieurs années, on met en avant la réussite personnelle qui permettrait le bonheur. Or, c’est faux ! Le bonheur, c’est de pouvoir partager avec les autres.

    Vous vous êtes engagé auprès de populations dont vous ne partagez pas forcément la langue, l’histoire… Qu’est-ce qui rend possible cette rencontre ?

    R.P. : Quand il souffre, l’être est dans toute son humanité. Il perd toute son arrogance et c’est à ce moment-là que la relation médecin-malade est la plus pure. Plus besoin de parler, en un regard, on se comprend.

    Lorsque vous revenez en France après une mission, ressentez-vous un décalage entre la réalité vécue sur le terrain et la manière dont les conflits sont perçus ici ?

    R.P. : Effectivement, les gens ne s’imaginent pas justement les horreurs vécues ailleurs, car ils sont pris par leurs propres problèmes quotidiens. Or, il n’y a pas de distinction entre la misère internationale et celle plus locale. Donc, la situation d’un sans domicile fixe fait autant appel à votre humanité que celle du blessé de guerre.

    Que souhaitez-vous que les lecteurs retiennent de votre ouvrage ?

    R.P. : Je veux que le lecteur se pose la question : « Quel monde je veux pour demain ? » Et s’il conclut qu’il souhaite un monde différent, alors il doit s’engager et donc agir concrètement. Mais pour ça, il doit accepter de prendre des risques.

    Que peut-on faire concrètement pour soutenir les populations touchées par les conflits ?

    R.P. : On ne doit plus être indifférent face à la situation actuelle. Nos dirigeants accordent un budget colossal à la défense, mais aucun pour la défense de la paix. Or, si on prenait, ne serait ce, qu’1% du budget alloué à la défense, cela représenterait déjà 500 millions d’euros. Une somme qu’on pourrait accorder alors à la sensibilisation pour la paix ou à l’éducation à l’interculturalité, par exemple.

    Comment transmettre aux jeunes générations ce sens de l’engagement et de la responsabilité collective ?

    R.P. : Les images, dorénavant retransmises en temps réel, doivent nous aider à agir. On doit vouloir autre chose, espérer autre chose. Le XXe siècle nous a donné une leçon sur ce qu’est la confrontation, avec une violence à son paroxysme. Donc le XXIe siècle doit être celui de la conciliation. Or, on est entrés dans ce XXIe siècle avec des hommes, des dirigeants, qui ont conservé la mentalité du XXe siècle. Cette situation doit alerter la jeunesse : ne vous laissez pas imposer ce discours par ces hommes de la confrontation ! On doit faire taire ces voix.

    Quelle leçon majeure retirez-vous de votre parcours dans la médecine de guerre ?

    R.P. : La guerre devrait être déclarée hors la loi. Cette interdiction devrait même être inscrite dans la Constitution. Certes, on doit conserver le droit de se défendre, mais on doit abroger celui de décider de faire la guerre.

    On a appris la semaine passée l’arrestation de Lina Attalah, rédactrice en chef du média indépendant égyptien « Mada Masr », qui devait participer aux Nouvelles rencontres d’Averroès. Selon vous, que traduit cet événement concernant la liberté d’expression ?

    R.P. : Le but, aujourd’hui, est de terrifier les populations pour ensuite mieux les museler. Avec des actions pareilles, les hommes au pouvoir conservent des états de guerre bien plus lucratifs que l’état de paix. Par exemple, pour la France, qui est un des premiers pays producteurs d’armes au monde, l’état de guerre lui ramène de nombreux acheteurs prêts à payer le prix fort pour se défendre face à l’adversaire. C’est un système révoltant.

    « Va où l’humanité te porte. Un médecin dans la guerre », 304 pages, éditions Tallandier
  • La préparation de la flottille pour Gaza en photos

    La préparation de la flottille pour Gaza en photos

    Pendant des semaines, dans le port de l’Estaque, une centaine de personnes se sont unies pour lutter contre l’isolement du peuple palestinien. « Je voulais montrer l’effervescence et l’intelligence collective que j’ai pu observer là-bas », explique Hermine Roquet. Invitée dans le cadre d’une résidence culinaire organisée par une cheffe militante au bar-restaurant Le Plan de A à Z (117 la Canebière), la photographe y présente, depuis le 28 octobre et jusqu’au 4 novembre, ses clichés argentiques. Quelques semaines avant le départ, depuis Marseille, des 19 bateaux de la flottille Thousand Madleens to Gaza, elle avait rejoint ce vaste chantier préparatoire, où marins marseillais, habitants de l’Estaque et militants venus de différents horizons avaient uni leurs forces.

    Décoration des voiles selon une technique traditionnelle palestinienne, tri de denrées alimentaires, réparation de coques ou encore raccommodage de filets de pêche : ses photographies mettent en lumière les gestes de ceux qui ont pris part à cette aventure collective. La photographe entend aussi retranscrire l’esprit de communauté dont elle a été témoin : « Je pense que cela montre que grâce à l’écoute, l’entraide, la disponibilité, plein de personnes qui font de petites choses peuvent vraiment faire bouger les lignes. » Avant de préciser l’objectif de cette exposition : « Le but, c’est de continuer de visibiliser la cause palestinienne et de remémorer un événement qui a laissé une trace importante dans la mémoire de nombreux Marseillais. »

    Tous les bénéfices tirés de la résidence culinaire et de la vente des photos seront redistribués à la solidarité alimentaire en Palestine.

  • « Le droit international permet de qualifier les crimes »

    « Le droit international permet de qualifier les crimes »

    La Marseillaise : Sur quelle partie
    de la Méditerranée portent vos rec
    herches ?

    Jérôme Heurtaux : J’ai travaillé sur des contextes de changement de régime, en commençant par l’Europe centrale, qui m’ont conduit en Tunisie au moment du printemps arabe. Depuis 2011-2012, j’ai réorienté mes recherches vers cette région. Je les ai élargies récemment à l’occasion de la guerre menée contre Gaza, après le 7 Octobre 2023, dans un travail sur le droit international et les zones de conflit. J’ai publié, l’an dernier, Le droit international est-il mort à Gaza ?*. Cet ouvrage interroge les limites du droit international et son impuissance à empêcher la survenue de la guerre et que des crimes internationaux y soient commis, mais aussi à ne pas permettre non plus une reddition des comptes à travers des poursuites judiciaires contre les criminels supposés.

    C’est ce qui vous a poussé à écrire
    sur le sujet
     ?

    J.H. : Si j’ai écrit ce livre, c’est bien parce que j’ai constaté que les crimes commis le 7 Octobre 2023 par les groupes armés palestiniens suscitaient une indignation légitime, dans le public, dans les médias et dans la classe politique française. Mais paradoxalement, les crimes commis par Israël à Gaza suscitaient plutôt des formes de minoration, de justification et de légitimation parfois, de la part de toute une série de gens, de commentateurs. Cette espèce d’unilatéralisme explicatif, ce « va t’en guerre isme » sans limite qui s’est propagé dans toute la classe politico-médiatique française et jusque dans les universités, m’a profondément blessé. Ce travail m’a conduit à dépasser le simple constat d’une impuissance du droit pour envisager d’autres potentialités du droit international.

    Quelles sont ces potentialités ?

    J.H. : Le droit international n’empêche pas que des crimes soient commis, mais il permet, dès lors que les acteurs pertinents le mobilisent, de nommer et qualifier les crimes en mobilisant des catégories juridiques universelles, que tout le monde comprend. Cette capacité du droit à qualifier permet précisément de s’en indigner. Le droit alimente donc les mobilisations contre la manière dont la guerre est menée, par exemple, et qui mettent la lumière sur les crimes commis. On pourrait dire aussi que le droit permet d’entrevoir des horizons judiciaires et, dès lors, de susciter des demandes de justice. C’est le cas de Gaza depuis le 7 octobre 2023. Depuis deux 2 ans et demi, des procédures, des associations, des individus et même une juridiction internationale comme la Cour pénale internationale cherchent à poursuivre des criminels de guerre. Je rappelle ici que le Premier ministre actuel, Benjamin Netanyahou, et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, font l’objet de mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Il y a beaucoup de procédures qui ne sont peut-être pas encore validées : des dépôts de plaintes sont faits auprès des justices nationales, au nom de la compétence universelle des tribunaux, pour poursuivre des soldats israéliens ou des binationaux. Il y a tout de même une amorce de justice qui est en train de se mettre en place et tout ça constitue les potentialités, les ressources que le droit international autorise.

    Comment comprenez-vous la thématique de la table ronde : « Quand la puissance s’affranchit du droit » ?

    J.H. : Cette table ronde est la résultante d’une situation internationale qui a des résonances nationales. Le droit international est fondamentalement nié, cloué au pilori par de grandes puissances, mais aussi en partie par leurs alliés moins puissants. Cela crée un contexte assez inédit de disqualification du droit international. La « puissance » dont il est question désigne celle incarnée par les empires d’aujourd’hui : les États-Unis, la Russie ou la Chine, parfois soutenus par des États qui sont d’ailleurs dépendants de ces grands empires. Je crois que la question posée est : comment le droit peut-il à nouveau être au cœur des rapports de force internationaux, être la grammaire des conflits et des post conflits, et comment peut-il s’affranchir de la puissance ? Je répondrai à partir d’un regard de sociologue politiste qui voit comment le droit est saisi concrètement par les acteurs. J’évoquerai ce que j’appelle les effets collatéraux du droit international, c’est-à-dire ces multiples effets inattendus, ambivalents, incertains, mais pour autant puissants, lorsqu’il est saisi par la société civile, les États dominés dans l’ordre international, les juristes internationalistes et l’opinion publique.

    D’où l’intérêt d’intervenir dans un tel festival, à Marseille…

    J.H. : On organise des tables rondes sur le droit international lors d’un festival aussi prestigieux que celui d’Averroès, des émissions de radio et de télévision sur le droit international… Des jeunes, aujourd’hui, savent ce qu’est le droit international parce qu’ils se mobilisent pour la Palestine ou pour l’Ukraine. Il y a une sorte d’actualité du droit international qui me rend assez optimiste : c’est un langage vivant. Si personne n’en parle, ça devient une langue morte. Vous allez me dire, un langage, c’est bien, ça sert à parler, mais ça n’empêche pas les guerres. Mais le fait même de désigner les crimes, les criminels, les responsables, le fait même qu’il y ait des règles internationales que chacun est capable de reconnaître, ça n’est pas tout à fait anodin. La Méditerranée est un des cœurs de la dialectique du droit international. C’est l’endroit où on en a certainement le plus besoin et on l’utilise. C’est un lieu central de circulation, d’échanges. C’est un épicentre des tensions mondiales. C’est aussi un des lieux de la tragédie du droit international, puisque c’est l’espace où les droits de la personne sont sans doute les moins respectés : des dizaines de milliers de migrants meurent dans cette mer. C’est le lieu idoine pour évoquer ces questions, constater l’état extrêmement critique de la situation et échanger sur des solutions avec la volonté d’esquisser un avenir plus souhaitable.

    Dimanche à 11h au Théâtre de l’Odéon
    à Marseille. Entrée libre,
    réservation conseillée

    * « Le droit international est-il mort à Gaza ? », Riveneuve(2025), 250 pages, 12,50 euros

  • [Rencontres d’Averroès] Ahmad Ashour témoigne pour préserver l’histoire gazaouie

    [Rencontres d’Averroès] Ahmad Ashour témoigne pour préserver l’histoire gazaouie

    Exilé en France depuis juillet 2025, Ahmad Ashour poursuit ses recherches dans le cadre du programme Pause. À travers ce dispositif, il veut « témoigner de la situation injuste et génocidaire que subit Gaza ». Il explique que « si le monde subit actuellement divers conflits, le cas de Gaza est spécial, c’est comme un camp de concentration ». En effet, si lui a pu s’extirper de Gaza grâce au programme Pause, il précise qu’en réalité, « il est impossible de quitter Gaza […] à cause du blocus géré par les Israéliens ». Selon lui, « environ 2 millions de Gazaouis sont actuellement retenus », contre leur gré.

    La culture menacée

    À côté des conditions de vie qu’entend dénoncer Ahmad Ashour, ce dernier souhaite également « témoigner pour préserver la culture, la mémoire et l’histoire palestinienne » qu’il juge en péril face au « déracinement qu’introduit l’occupation israélienne ». Il estime alors « nécessaire » l’expression de la culture gazaouie à l’internationale à travers notamment l’art, la musique ou encore l’écriture.

    Ces formes d’expression permettraient, à ses yeux, la « subsistance et la reconnaissance de l’identité palestinienne ». Il souligne également l’importance des « manifestations étudiantes actuelles [qui] défendent la cause palestinienne [car] pour ceux restés à Gaza, ce soutien est porteur d’espoir ». Ahmad Ashour conclut : « Témoigner permet de relier le passé au présent ».

    Table ronde « Habiter l’entre-deux », ce vendredi à 16h30 au théâtre Odéon, à Marseille. Entrée libre, réservation conseillée : nouvellesrencontresaverroes.com

  • Laure Lavalette a l’indignation sélective

    Laure Lavalette a l’indignation sélective

    Rien d’obsessionnel, bien sûr, dans la traque des frasques de Laure Lavalette sur les réseaux sociaux, mais une juste mise en lumière de l’idéologie qui se cache derrière les sourires télévisuels.

    « Impossible de traverser la ville sans être témoin, depuis des mois, en réalité depuis la réélection de Josée Massi avec le soutien de LFI, d’un véritable saccage du mobilier urbain de Toulon », lance-t-elle donc, le 6 octobre, depuis son compte Facebook. En cause, quelques inscriptions et des autocollants. Dans le viseur de l’élue d’extrême droite : les antifascistes.

    Ces derniers viennent de réagir par une vidéo, rappelant à celle qui cherche à faire passer des tags de soutien aux victimes de Gaza ou des stickers LFI pour le comble de l’horreur qu’« elle est beaucoup, mais beaucoup moins dérangée quand les groupuscules fascistes salissent encore les murs de la ville ».

    Le Rassemblement antifasciste varois (RAV) s’interroge ensuite sur le fait que la députée RN n’ait publié que « trois photos ridicules de tags minuscules alors qu’elle se plaint d’en voir partout ». « Sûrement pour ne pas qu’on puisse voir que beaucoup […] recouvrent en réalité ceux des groupuscules fascistes et ne sont donc qu’une riposte populaire à leur idéologie », avancent les militants, en se félicitant de voir que dans le Port du Levant, l’ultradroite est entrain de « perdre l’affrontement culturel » face à eux, qui gagnent des adeptes, affirment-ils.

    Et de mettre particulièrement en avant ce qu’ils considèrent comme l’indignation sélective de Laure Lavalette. Aucune réaction, en effet, lorsque des militants d’ultradroite ont agressé deux mineurs et brisé la mâchoire de l’un d’entre eux en raison de sa couleur de peau. Ni lorsqu’ils s’en sont pris à une personne porteuse d’un handicap et ont effectué des saluts nazis lors d’une manifestation de soutien à la Palestine.

    Affinité élective ?

    Pas davantage, d’ailleurs, lorsque nous avons dénoncé dans nos colonnes l’agression à son domicile d’un jeune militant de gauche, en amont de la campagne municipale, après avoir été suivi au retour d’une manifestation.

    La même exigence de « propreté » ne s’applique donc pas à tous les messages inscrits sur les murs de la cité. En dénonçant certains graffitis et en ciblant un seul côté de l’échiquier politique, tout en occultant ceux porteurs de slogans nationalistes radicaux, d’inscriptions racistes et autres autocollants montrant sans ambiguïté un personnage le bras tendu en salut hitlérien, Laure Lavalette met au jour une affinité élective que son parcours tend à révéler lorsqu’on prend la peine de s’y pencher.

    Comme lorsqu’elle rendait hommage sur les réseaux sociaux à Jean Bastien-Thiry, figure de l’Organisation armée secrète (OAS), impliquée dans l’attentat du Petit-Clamart en 1962, qui visait à assassiner le général de Gaulle, présenté par ses soins comme un « héros français et chrétien », comme l’a révélé le média d’investigation Les Jours.

    Ou encore, lorsqu’en 2025, l’élue du parti à la flamme jette en pâture à la fachosphère une enseignante en droit public de l’Université de Toulon qui commentait un tract de la Cocarde étudiante : un groupuscule d’extrême droite violent. On pourrait ajouter son engagement en 2014 en faveur de l’abrogation, à terme, de la loi sur l’avortement. Mais est-ce bien utile pour comprendre qui est vraiment le personnage ?

  • « Naza », le film-événement sur les dessous d’un génocide à Gaza

    « Naza », le film-événement sur les dessous d’un génocide à Gaza

    Événement cinématographique et politique, Naza, film réalisé par deux journalistes israéliens, Yuval Abraham et Rachel Szor, sort enfin sur les écrans en France. C’est peu dire qu’il fait débat. Il est même devenu une affaire d’État en Israël. Les deux journalistes sont voués aux gémonies par Benyamin Netanyahou et son gouvernement d’extrême droite, montrés du doigt, voire pourchassés par l’armée.

    Le documentaire est coproduit par le quotidien britannique The Guardian et le cinéaste Jonathan Glazer, auteur de La Zone d’intérêt (la vie d’une famille allemande pendant la guerre dont le père dirige le camp de concentration d’Auschwitz). Une standing ovation de 25 mn a salué la remise du Prix du jury de la Mostra de Venise qui lui a été décerné. Un documentaire visible en France pendant deux jours (sur YouTube fin novembre), car un visa d’exploitation classique n’aurait pas permis une mise en ligne rapide en vertu de la chronologie des médias.

    Témoignages

    On comprend que les tenants de la guerre génocidaire menée depuis trois ans contre les Palestiniens de la bande de Gaza n’apprécient guère que certains secrets soient révélés au grand jour. Naza (nezek agavi en hébreu) est le terme utilisé pour désigner les « dommages collatéraux ». Autrement dit le nombre de civils dont la mort est jugée acceptable pour éliminer un cadre du Hamas.

    Sur le toit d’un immeuble de Tel Aviv, de nuit, vingt-quatre militaires israéliens, certains de la fameuse unité 8 200, responsable du renseignement d’origine électromagnétique et du décryptage de codes, sont interrogés par Yuval Abraham. Les visages et voix ont été numériquement modifiés. Le documentaire de 77 minutes examine technologie, systèmes de renseignement et processus décisionnels derrière les frappes aériennes israéliennes à Gaza. L’un d’eux affirme même que l’approbation a été donnée pour une attaque censée tuer 500 civils afin de tuer un seul membre du Hamas.

    Le film est intelligemment bâti. Pour les réalisateurs, il s’agit aussi de questionner voire de confronter la société israélienne elle-même. Des toits, la caméra zoome sur les appartements alentour, là où, dans de confortables logements, les Israéliens « vivent » la guerre via les écrans télévisés. Mises bout à bout, ces scènes dressent le portrait d’un système où le génocide serait accepté, drapé du mot « vengeance » sans que sa vérité profonde ne soit interrogée.

    Le chef d’état-major, Eyal Zamir, a qualifié le film de tissu de calomnies sanguinaires et a ordonné une enquête juridique pour identifier ses sources au sein de l’armée et des services de renseignement. Le ministre israélien de la Culture, Miki Zohar, a annoncé son intention d’engager une procédure pour révoquer la citoyenneté israélienne d’Abraham et de Szor, les accusant de « trahison envers l’État ». Il a qualifié le documentaire d’« ignoble » et a affirmé que les cinéastes étaient prêts à « nuire à leur patrie pour s’attirer les applaudissements d’antisémites du monde entier ». Quant à Benyamin Netanyahou, il affirme qu’il s’agit d’« une incitation mondiale à l’antisémitisme ». Le chef du gouvernement israélien, poursuivi par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, a prévenu : « Nous les frapperons au portefeuille et nous nous en prendrons également à leur citoyenneté, ils n’ont pas leur place parmi nous. »

    Yuval Abraham rappelle que Naza a été conçu « pour susciter un débat public sur les actes du gouvernement à Gaza, le massacre de plus de 73 000 êtres humains, dont la plupart sont des civils, la normalisation de la guerre d’extermination, de l’idée qu’”il n’y a pas d’innocents“. »

    « Naza » (1h17) : sortie les 12 et 13 octobre. En Paca, le film est projeté dans plusieurs salles notamment aux Variétés à Marseille (mardi à 17h45 et 19h45), ainsi que dans des cinémas Pathé

  • À Montpellier, le cri d’alerte d’un militant pacifique palestinien

    À Montpellier, le cri d’alerte d’un militant pacifique palestinien

    Il devait être accompagné de Mahmoud Zwahre. Son homologue militant et chercheur ayant dû rentrer précipitamment en Palestine en raison du décès de son neveu, Mohammed Khatib a livré seul son témoignage, mercredi 9 septembre, salle Pelloutier à Montpellier. La veille face à la presse locale, ce militant cofondateur du Comité de coordination de la lutte populaire (PSCC) avait donné un premier récit glaçant.

    En compagnie de militants de l’AFPS 34, il décrit les deux stratégies distinctes de l’État d’Israël. D’un côté, la « terreur à Gaza » où les frappes de l’armée israélienne se poursuivent malgré l’accord de cessez-le-feu, ce qui a déjà coûté la vie au moins 73 600 civils (hors disparus). « 74 200 enfants de moins de 5 ans ont besoin d’un traitement, 24 600 femmes enceintes souffrent de malnutrition aiguë. C’est orchestré car seuls 200 camions par jour entrent à Gaza au lieu des 600 autorisés », dénonce Évelyne Duval (AFPS).

    De l’autre côté, en Cisjordanie, M. Khatib pointe une logique de « transplantation méthodique » des populations. « L’armée israélienne n’intervient pas directement, si ce n’est pour faciliter aux colons israéliens l’accès aux terres occupées. » Une opération de longue haleine destinée selon lui à « anéantir les conditions de vie des Palestiniens et les pousser à l’exil ». Du côté d’Al Maghayer, à l’est de Ramallah, 27 communautés ont été détruites, assure-t-il.

    Le militant raconte comment les colons armés s’en prennent à des Palestiniens isolés, notamment des paysans dans des fermes qu’ils s’approprient. « Ils attaquent les maisons, en portant des coups, parfois en assassinant, choisissent un terrain et font du pâturage. » Afin de coordonner les déplacements des colons, des routes interdites aux Palestiniens ont été construites entre les villages occupés. En octobre, débutera la cueillette des olives. Mohammed redoute le « châtiment des colons » et de nouveaux « morts » car « les Palestiniens ne renonceront jamais à leurs vergers ». C’est pourquoi il appelle les militants internationaux à se mobiliser. « Quand ils sont présents aux côtés des familles, les colons ne se comportent pas pareil. »

    Dans les villes, les populations sont peu à peu confinées. Et la violence fait là aussi son apparition. « L’ambassadeur des USA prétend que ce sont des opérations isolées alors qu’il s’agit d’une stratégie au plus haut sommet de l’État. Le but est d’annexer les terres et changer le statut juridique de la Cisjordanie. »

    De sombres projets contre lesquels résistent les militants non armés du PSCC. Depuis son village de Bil’in, Mohammed et les siens organisent régulièrement des manifestations culturelles, parfois sous les traits de personnages d’Avatar pour dire la résistance non violente. Dès 2004, c’est elle qui avait permis la conservation de villages que l’édification d’un mur d’apartheid devait confisquer au profit d’Israël, la Cour suprême israélienne ayant donné raison à ce village frontalier. Aujourd’hui, le PSCC mène des actions de reconstruction et d’entraide appelées « Faz3a ». « On essaie d’amener l’eau, l’électricité, d’éviter les démolitions de maisons », explique-t-il.

    S’il n’attend pas grand-chose des élections législatives israéliennes du 27 octobre, il est convaincu que « le départ du gouvernement d’extrême droite de B. Netanyahou faciliterait les procédures ». Car depuis le 7 octobre 2023, Israël ne reconnaît plus le droit international. Pourtant condamnée par la Cour internationale de justice et rappelé à l’ordre par l’ONU, « elle ne rend plus de comptes », grâce à la protection américaine de l’allié Donald Trump.

    Voilà pourquoi, en plus de leur courage, les militants du PSCC comptent sur un sursaut de la communauté internationale, dont la France. « L’Europe est incapable de prendre des décisions, elle doit réagir ». De son côté, Mohammed ne lâchera pas. « Il y aura des martyrs mais notre maintien sur le territoire est notre outil de résistance. » Et Robert Kissous (AFPS 34) de conclure : « En 3 ans, plus d’un millier de Palestiniens ont été tués en Cisjordanie. Il faut empêcher ce nettoyage ethnique, retrouver la possibilité d’un État palestinien et le droit du peuple à s’autodéterminer. »

  • « Toutes les tensions au Moyen-Orient mènent à la Palestine »

    « Toutes les tensions au Moyen-Orient mènent à la Palestine »

    La Marseillaise : Pourquoi cette région du monde qu’est le Moyen-Orient est-elle si souvent à feu et à sang ?

    Pierre Barbancey : Les grandes puissances occidentales n’ont jamais voulu comprendre une chose essentielle : sans résolution de la question palestinienne, c’est-à-dire le droit du peuple a son autodétermination, il n’y a pas de paix possible au Moyen-Orient. C’est ce qu’on voit dans l’actualité : toutes les tensions, tous les chemins mènent à la Palestine. Deux acteurs que sont les États-Unis et Israël se tiennent la main dans ce contexte, chacun avec ses buts propres, mais ils se retrouvent sur ce parcours.

    Quels sont les intérêts communs des États-Unis et d’Israël ?

    P.B. : Les États-Unis veulent la stabilité au Moyen-Orient par intérêt économique face à la Chine. Cette région leur est essentielle : 20% du pétrole et gaz mondial y transitent par le détroit d’Ormuz. C’est énorme. Les États-Unis ont besoin d’alliés, quel que soit le régime, qui travaillent sur une même longueur d’onde politique et économique. Cela passe par faire tomber les dirigeants des pays qui ne sont pas en phase avec eux, comme en Irak, en Syrie, en Libye, ou maintenant l’Iran, et on peut craindre pour l’Algérie. Ça vaut aussi pour les organisations et les milices comme le Hezbollah ou les Houthis. Dans ce jeu d’alliances, Washington est obligé de composer avec ceux qui refusent les accords diplomatiques avec Israël. Et depuis la chute de Saddam Hussein [Irak], la place du leadership régional est à prendre, on voit l’Iran et l’Arabie saoudite s’y essayer, comme la Turquie qui est un pays musulman non arabe. Israël postule aussi à ce titre, et c’est là qu’on voit les intérêts israéliens et états-uniens se retrouver.

    Comment Israël agit-il pour prendre ce leadership régional ?

    P.B. : Netanyahou applique le concept du Grand Israël : donc génocide à Gaza et nettoyage ethnique en Cisjordanie. Ses colons ne sont pas juste des terroristes isolés mais rentrent dans le cadre de la stratégie du gouvernement israélien. Cela déborde sur le Liban et la Syrie, car au lendemain de la chute de Bachar al Assad [Syrie], Israël a avancé sur le plateau du Golan occupé depuis 1967, et a repris depuis quelques jours. Ça rejoint la volonté des États-Unis de faire tomber les opposants pour mettre en place des régimes affaiblis, comme en Syrie, tandis que Trump fait d’Erdogan [Turquie] son grand ami. La Palestine est reléguée à l’arrière-plan, bien que revenue sur le devant depuis le 7 octobre avec plus de 70 000 morts recensés, plus d’un millier de Palestiniens tués en Cisjordanie, et des milliers sont dans les geôles israéliennes.

    Ce tableau traduit-il une nouvelle polarisation mondiale ?

    P.B. : Tout est lié, quand on parle énergie, pétrole et gaz. Depuis la disparition de l’URSS, il n’y a plus de guerre froide. Il y a des guerres d’influence, mais la nouveauté est qu’on peut retrouver des pays alliés sur une question mais pas sur une autre, les camps ne sont pas figés. Les Européens et les États-Unis ne veulent plus dépendre du gaz russe, il leur faut passer par le Golfe. C’était au cœur des discussions du sommet du G20 en Inde en 2023, où ils ont défini ces nouvelles routes, en concurrence avec la Route de la soie chinoise. Netanyahu y a présenté le nouveau Moyen-Orient, sans la Palestine, et la nouvelle voie qu’il a montré passe… par Israël. De l’autre côté, l’Iran fournissait des drones à la Russie, et malgré les embargos, la Chine continue de s’y approvisionner, dans un bras de fer avec Trump. La stratégie de guerre commerciale a été présentée comme alternative à la guerre létale, Trump parlait de 6 semaines, on en est à 3 mois. Depuis quelques jours les affrontements ont repris, prennent de l’ampleur, et touchent les civils iraniens. Et bientôt certainement la Jordanie.

    Assiste-t-on à un élargissement des conflits au niveau mondial ?

    P.B. : Dans un tel contexte, ces nouveaux paramètres amènent de nouveaux comportements, de nouvelles alliances, et tout n’est pas linéaire au fond. Jusqu’où cela peut aller ? Il y a des peuples derrière ces calculs, mais on leur demande assez peu ce qu’ils pensent.

  • Des bikers manifestent pour le peuple palestinien

    Des bikers manifestent pour le peuple palestinien

    La traditionnelle manifestation en soutien à Gaza, qui se déroule habituellement tous les samedis au départ de la porte d’Aix à Marseille, a pris une tournure inédite ce week-end.

    Car si le cortège s’est élancé dans les rues de la cité phocéenne comme à l’accoutumée, au son de « Gaza, Marseille est avec toi », il a cette fois pris la direction du Mucem. Lieu où il a retrouvé une véritable nuée de motards arborant des drapeaux palestiniens. Ces derniers étaient plus d’une centaine et réunis sous la bannière des Samuraï Riders, un collectif de motards habitués aux actions de solidarité regroupant des aficionados de moto venus des quatre coins de la France mais aussi de Belgique.

    Chaîne humaine et impressionnant défilé

    Sous la houlette du collectif à l’origine de cette manifestation inédite, Union pour la Palestine Marseille (UPM), la jonction des deux cortèges a permis de faire une chaîne humaine reproduisant l’inscription « Free Palestine ». Les manifestants ont également observé une minute de silence en hommage « aux enfants tués à Gaza et en Cisjordanie ». « On compte la mort d’un enfant par jour là-bas. Pendant que nous préparons la rentrée scolaire de nos enfants, ils préparent des enterrements et le deuil de l’autre côté de la Méditerranée », dénonce Fadela, coordinatrice d’UPM.

    Après quelques prises de parole, la nuée de motards a finalement pris la route en direction du Vieux-Port avant de prendre la Corniche et de finir à la Pointe Rouge. Et autant dire que leurs moteurs ont rugi tout le long trajet, qui s’est fait à grands coups de klaxons. De quoi redonner de la visibilité, et avec la manière, à la cause palestinienne.

  • [Portrait] Christoph Wiesner, directeur des Rencontres Photographiques d’Arles

    [Portrait] Christoph Wiesner, directeur des Rencontres Photographiques d’Arles

    Pour fendre les conventions et l’armure d’une conversation, obtenir des détails un tant soit peu inédits, la tâche de l’intervieweur-portraitiste est quelquefois laborieuse. Les appartenances profondes de ce profil franco-allemand échappent aux définitions. Le personnage public de Christoph Weisner affiche la robustesse et la bonne humeur d’un cycliste d’autrefois, par exemple Rudi Altig ; il incarne tout aussi bien le retrait et l’élégance d’un cousin de Max Ernst. L’impeccable culture de cet ancien étudiant de l’École du Louvre qui cite dans ses éditoriaux Edouard Glissant, Didi-Hubermann ou Pasolini, n’est pas intimidante. Il ne reçoit pas dans son bureau de directeur, préfère retrouver ses interlocuteurs sous les platanes, rue du Docteur Fanton, dans la cour intérieure du bâtiment des Rencontres.

    À côté des thématiques des récentes années – écologie, minorités sexuelles, post-colonialisme – et des noms déjà connus, souvent féminins, mis à l’honneur pendant les Rencontres qu’il a dirigées
    – Berenice Abbott, Sophie Calle, Nan Goldin, Lee Miller, Sabine Weiss – quelques indices singuliers surviennent quand il évoque ses expériences arlésiennes les plus marquantes. En sus des joies qu’il vient d’éprouver en demandant à Harry Gruyaert de redistribuer autrement la magie de ses vues urbaines ou bien en convainquant, au terme de trois séjours à New York, une photographe de 93 ans, Martine Barrat pour qu’elle réalise ce qui risque d’être son ultime grande exposition, Christoph Wiesner pointe parmi ses plus vives émotions une soirée de juillet 2024 pendant laquelle la photographe japonaise Ishiuchi Miyako recevait le Prix Women in motion. 77 ans sobrement assumés, cette dame s’était habillée avec le kimono traditionnel d’une amie de sa mère, victime de l’explosion atomique d’Hiroshima. Tandis qu’en bande passante, on apercevait les lumineuses polychromies de ses photos qui remémorent les empreintes et les plis des vêtements déposés au Mémorial de la Paix, une interprète traduisait ses commentaires. Avec la force de ses images, Miyako faisait comprendre que le présent d’une photographie révèle souvent les deuils et l’irréversible distance qui nous séparent du passé. Simultanément l’infime tremblement ou bien la surface d’une photo rendent visible la remontée de traces et d’indices proches de l’invisible.

    Les charges de travail de cet homme-orchestre sont complexes. Avec un simple claquement de doigts, on ne peut pas demander à Christoph Wiesner d’avoir la capacité d’invention du beaucoup plus jeune Festival du Dessin d’Arles de Fréderic Pajak dont l’équipe vient d’enregistrer en avril-mai, loin des chaleurs de l’été, à l’occasion de sa quatrième édition, un merveilleux et fervent succès. Dans une institution comme les Rencontres d’Arles, les héritages sont contraignants, le comptage des billets d’entrée (175 000 visiteurs, l’an dernier) est déterminant. Les recettes du Festival équilibrent la moitié du budget: la seconde moitié, ce sont pour 20% les mécènes, et puis 30% de subventions. Depuis 2013, les voies tracées par l’ancien directeur François Hébel et son scénographe Olivier Etcheverry sont reconduites; la juxtaposition des 47 expositions d’une programmation polyphonique susceptible de cocher la plupart des cases de l’air du temps, n’est pas foncièrement cohérente.

    Des Rencontres qui n’oublient pas les urgences du présent

    La cible principale reste le maintien d’une plate-forme qui, depuis les miracles survenus dès 1970 grâce aux tenaces intuitions de Lucien Clergue, Jean-Maurice Rouquette et Michel Tournier, aura fait d’une sous-préfecture de 52 000 habitants la capitale mondiale de la photo. Le pôle d’attraction majeur, ce sont les Rencontres professionnelles de la première semaine qui dénombrent cette année grand public compris, les passages de 22 000 passionnés, artistes, collectionneurs ou bien éditeurs. Qu’ils reviennent et se renouvellent est l’espoir de l’équipe des Rencontres qui ne pourra pas offrir en 2027 à la curiosité d’un public averti uniquement quelques lucioles, des relectures ainsi que la restitution d’un incontournable Bicentenaire de la Photographie. La guerre en Ukraine et le génocide de Gaza pourraient révéler une nouvelle génération de photographes. Sans trop d’illusions on forme des vœux pour que surgissent des créateurs qu’Arles découvrirait: ils seraient les équivalents inattendus d’Edward Weston, de Duane Michaels ou bien de Martin Parr.