Tag: Palestine

  • Des bikers manifestent pour le peuple palestinien

    Des bikers manifestent pour le peuple palestinien

    La traditionnelle manifestation en soutien à Gaza, qui se déroule habituellement tous les samedis au départ de la porte d’Aix à Marseille, a pris une tournure inédite ce week-end.

    Car si le cortège s’est élancé dans les rues de la cité phocéenne comme à l’accoutumée, au son de « Gaza, Marseille est avec toi », il a cette fois pris la direction du Mucem. Lieu où il a retrouvé une véritable nuée de motards arborant des drapeaux palestiniens. Ces derniers étaient plus d’une centaine et réunis sous la bannière des Samuraï Riders, un collectif de motards habitués aux actions de solidarité regroupant des aficionados de moto venus des quatre coins de la France mais aussi de Belgique.

    Chaîne humaine et impressionnant défilé

    Sous la houlette du collectif à l’origine de cette manifestation inédite, Union pour la Palestine Marseille (UPM), la jonction des deux cortèges a permis de faire une chaîne humaine reproduisant l’inscription « Free Palestine ». Les manifestants ont également observé une minute de silence en hommage « aux enfants tués à Gaza et en Cisjordanie ». « On compte la mort d’un enfant par jour là-bas. Pendant que nous préparons la rentrée scolaire de nos enfants, ils préparent des enterrements et le deuil de l’autre côté de la Méditerranée », dénonce Fadela, coordinatrice d’UPM.

    Après quelques prises de parole, la nuée de motards a finalement pris la route en direction du Vieux-Port avant de prendre la Corniche et de finir à la Pointe Rouge. Et autant dire que leurs moteurs ont rugi tout le long trajet, qui s’est fait à grands coups de klaxons. De quoi redonner de la visibilité, et avec la manière, à la cause palestinienne.

  • [Entretien] Alban Desoutter : « La liberté d’expression doit prévaloir pour tous »

    [Entretien] Alban Desoutter : « La liberté d’expression doit prévaloir pour tous »

    La Marseillaise : Pourquoi la sanction contre Julien Thery vous semble-t-elle injuste ?

    Alban Desoutter : Il a relayé un texte critique d’une tribune pro-Israël parue dans Le Figaro en appelant au boycott d’une liste de personnalités signataires. Chaque fois qu’on s’en prend à des relais de l’État d’Israël, il y a cette accusation bien rodée et assumée d’une assimilation à de l’antisémitisme. C’est l’argument numéro 1 utilisé contre des associations ou LFI.

    Tout de même prétendre que Yvan Attal, Michel Boujenah ou Arthur seraient des « génocidaires » parce qu’ils se font des relais de l’État d’Israël, semble disproportionné, non ?

    A.D. : On peut discuter sur le fait qu’il puisse y avoir des complicités et les relais chez les personnalités mais cela fait partie du débat même si les termes peuvent sembler polémiques. Les plus outranciers sont les partisans de l’État d’Israël. Enrico Macias a appelé à éliminer physiquement les militants de LFI [à la TV avant d’être repris et de se rétracter, Ndlr.]. À Lyon II, quelqu’un a eu des positions pour le nettoyage ethnique de la Palestine et a reçu le soutien de L. Wauquiez au nom de la liberté d’enseigner après que son cours a été perturbé par des étudiants. Il n’y a eu aucune sanction. Il y a deux poids deux mesures. L. Wauquiez a même utilisé sa position de président du Conseil régional pour faire un chantage à la subvention. Or, quand J. Thery utilise sa liberté d’expression dans le cadre d’un canal privé sur les réseaux sociaux, indépendamment de ses activités universitaires, là on le sanctionne.

    C’est pour cela que vous dénoncez une « ingérence politique » ?

    A.D. : On a un vrai problème. L’université n’est pas un forum citoyen. Les sections disciplinaires ne sont pas la démocratie participative où chacun – notamment les partisans du gouvernement israélien ou de Trump – va venir dicter à la présidence ce qu’elle doit faire. Celle-ci a cédé à la pression de L. Wauquiez avec son chantage à la subvention. La liberté d’expression doit prévaloir pour tous. Les sanctions ne peuvent intervenir que dans le cadre d’un cours où un enseignant utiliserait sa position pour tenir des thèses anti-républicaines, négationnistes ou racistes. Je ne défends pas la publication de Julien Thery. Je dénonce le fait que sa sanction est disproportionnée et sous pression extérieure. Il peut faire appel auprès du Cneser. Son cas n’est pas isolé. Il y a eu une vague de répression interne dans les universités qui ont toujours eu une tradition de liberté. J’ai moi-même en tant que chercheur subi une sanction déguisée sur mon avancement pour mes prises de position syndicales.

  • À Marseille, des manifestants réclament le déjumelage avec la ville d’Haïfa

    À Marseille, des manifestants réclament le déjumelage avec la ville d’Haïfa

    « On ne s’arrêtera pas, on n’a pas le droit de baisser les bras », souffle Catherine, de l’Union juive Française pour la paix (UJFP). Au-dessus d’elle flotte une banderole sur laquelle est écrit en lettres rouges « arrêtez le génocide et les coupables ». L’organisation qui se définit comme « juive laïque, universaliste et antisioniste » est présente à chacune des manifestations organisées par le collectif l’Union pour la Palestine Marseille (UPM), dont elle est membre.

    Ainsi, chaque week-end depuis l’attaque du 7 octobre 2023 et le début de l’offensive israélienne sur la bande de Gaza, ces militants défilent dans le centre-ville de Marseille, sensibilisant la population sur le massacre du peuple palestinien. Ce samedi en fin d’après-midi, ils sont une cinquantaine à déambuler au départ de porte d’Aix.

    Micro en main Younès de l’UPM cible, dans son discours, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot : « Pourquoi ces 5 500 français engagés au sein de l’armée génocidaire ne sont-ils pas jugés ? », interroge-t-il. Le nombre de ressortissants français qui combattent au sein de Tsahal est estimé entre 4 185 et 6 464 soldats. Des organisations telles que la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), ont demandé l’ouverture d’informations judiciaires contre certains d’entre eux, restées lettres mortes à ce jour.

    « Ne nous regardez pas, rejoignez-nous », ont ensuite scandé les manifestants sur le cours Belsunce. Un appel qui a trouvé son écho à quelques mètres de là, aux pieds de la Canebière, où quelques passants se joignent à la protestation. Ils crient « de Marseille à Gaza, résistance, résistance ». Arrivés sur le Vieux-Port des affiches « Stop au jumelage Marseille Haïfa » sont distribuées.

    « À Haïfa ville jumelle de Marseille depuis 1958, les citoyens palestiniens d’Israël vivent sous un régime d’appartheid », clame Sabrina. Puis, le maire DVG de Marseille, Benoît Payan, est pointé du doigt pour avoir annoncé le jour de la reconnaissance par la France de l’Etat de Palestine, le jumelage avec la ville de Bethléem, en Cisjordanie, « mais depuis, rien. Aucune délibération actée, aucune mise en œuvre. Ce jumelage n’existe que dans un communiqué de presse », pousse-t-elle.

  • Veillée pour la Palestine à Marseille

    Veillée pour la Palestine à Marseille

    Ces Palestiniens étaient réfugiés dans le camp de Tall el-Zaatar à Beyrouth au Liban. Après plus de cinquante jours de siège, le camp est pris d’assaut et, suite aux massacres, a été complètement rasé.

    Le portrait de Barghouti

    Un demi-siècle après cette tuerie de masse, les Palestiniens subissent aujourd’hui l’oppression et l’arbitraire du gouvernement israélien. Samedi soir, après une manifestation partie de la Porte d’Aix, une veillée s’est tenue sous l’ombrière au Vieux-Port.

    Exigences principales : la fin du génocide des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie occupée, la levée du blocus et un cessez-le-feu permanent. Le portrait de Marwan Barghouti, responsable palestinien emprisonné depuis 2022 dans les geôles d’Israël, était accroché sous l’ombrière. Il symbolise l’espoir d’un règlement politique à cette guerre ignoble avec la création d’un État palestinien souverain, comme le stipule le droit international.

    F.V.

  • [Entretien] Christine Hernandez, PCF : « Chaque olivier plantéest un acte de résistance »

    [Entretien] Christine Hernandez, PCF : « Chaque olivier plantéest un acte de résistance »

    La Marseillaise : Comment est née la campagne du PCF « Un million d’oliviers pour la paix en Palestine », dont vous êtes la coordinatrice ?

    Christine Hernandez : La campagne est née au mois d’avril 2025, à l’initiative du Parti communiste (PC) du Val-de-Marne, à l’occasion de la Journée internationale de la Terre. La fédération souhaitait s’engager pour la Palestine, mais dans le cadre d’un projet concret de solidarité politique et financière, tout en menant une bataille politique pour l’existence d’un État libre et souverain en Palestine. Le PC du Val-de-Marne avait déjà fait une campagne de solidarité, appelée « Urgence Gaza, Urgence Palestine », qui avait récolté plus de 25 000 euros.

    Cette fois, l’idée était de créer une nouvelle campagne pour la Cisjordanie occupée, où existe une grave problématique de spoliation de la terre, de colonisation et d’annexion. Est donc venue l’idée d’une campagne de plantation, pour défendre une réappropriation des terres, devenue nationale en mai 2025.

    Le choix des oliviers est très symbolique…

    C.H. : L’olivier, en plus d’être un symbole culturel de l’identité palestinienne [pour son lien avec la terre, son ancienneté et sa longévité, Ndlr], représente aussi la paix, comme l’a défendu Yasser Arafat [leader de l’Organisation de libération de la Palestine entre 1969 et 2004 et président de l’Autorité nationale palestinienne de 1996 à 2004], dans son discours devant l’ONU en 1974.

    L’olivier est par ailleurs la cible de la colonisation israélienne depuis toujours. Depuis 1948 [année de création de l’État d’Israël, qui débouche sur la première guerre Israélo-Arabe, Ndlr], avec les expulsions et les accaparations de terres, mais surtout depuis la guerre des Six jours de 1967 [depuis laquelle une grande partie de la Cisjordanie est occupée par Israël, illégalement au regard du droit international, Ndlr]. Au total, un million d’oliviers ont été arrachés depuis le début de l’occupation militaire israélienne en 1967, dont 50 000 après le 7 octobre 2023.

    Les colons les brûlent, les détruisent ou les arrachent pour que les Palestiniens ne puissent plus vivre de leur production agricole.

    La campagne permet donc à la fois de soutenir les agriculteurs, de contribuer au maintien d’une souveraineté alimentaire, puisqu’on fait tout avec l’huile d’olive, mais participe aussi du maintien de l’existence d’un État de Palestine. En effet, planter permet de protéger les terres de la spoliation et de l’occupation militaire. Chaque olivier planté est donc un acte de résistance.

    Quel est pour l’instant le bilan
    de la campagne, lancée il y a plus d’un an
     ?

    C.H. : Depuis le début de l’opération, des communiqués de presse ont été diffusés partout en France, les fédérations se sont investies, des ventes militantes se sont également organisées dans les marchés ou lors d’événements politiques du parti. Cette mobilisation nous a permis d’obtenir, à ce jour, 54 000 euros et de planter plus de 11 000 oliviers en Palestine. 366 familles ont pu en bénéficier. Nous avons désormais un nouvel objectif de 100 000 euros pour poursuivre notre action.

    Une délégation du parti, rassemblant de nombreuses fédérations, s’est rendue en Cisjordanie du 10 au 22 juillet, dans le cadre de la campagne. Avez-vous pu constater ses impacts sur le terrain ?

    C.H. : Nous avons visité plusieurs villages de Cisjordanie occupée, notamment Sebastia, un village agricole situé au nord de Naplouse et qui a vu ses terres complètement confisquées. Grâce à cette campagne, des oliviers ont pu être réimplantés là où d’autres avaient été arrachés. Nous sommes donc directement allés voir les plantations. Certains oliviers ont été plantés dans des endroits très protégés, en dehors de la colonisation, d’autres plus près des zones occupées. Nous tentons en fait de répondre à deux problématiques. D’abord, celle des attaques faites aux agriculteurs, qui voient leurs arbres arrachés et qu’il faut donc remplacer. Ensuite, celle induite par la loi israélienne sur la propriété des absents, qui permet aux colons de s’approprier les terres non-exploitées, d’où l’importance de replanter partout.

    L’idée était aussi de contribuer à l’émergence de jumelages entre communes françaises
    et palestiniennes…

    C.H : Développer les coopérations entre villes françaises et palestiniennes était en effet un axe important que devait porter la délégation. L’objectif est de pérenniser ces coopérations sur la base, par exemple, de l’agriculture, de la jeunesse ou d’autres formes d’échanges. L’idée est de légitimer notre solidarité internationale et de l’inscrire dans la durabilité. La reconnaissance de l’État de Palestine par Emmanuel Macron n’a été suivie d’aucun acte politique fort. Pourtant, elle est insuffisante. Les jumelages permettent de légitimer institutionnellement toutes les relations avec les villes palestiniennes et c’est en ce sens qu’ils sont importants. Un jumelage pourrait d’ailleurs se concrétiser avec Sebastia.

    Vous avez aussi rencontré des acteurs locaux de la résistance…

    C.H. : Nous avons rencontré l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), au sein de laquelle figure le Parti du peuple palestinien, qui correspond au Parti communiste palestinien. La campagne a été saluée comme étant un espoir pour le peuple palestinien. Les Palestiniens sont unanimes. Aujourd’hui, le constat est très aggravé. Mais cette campagne suscite un espoir. Elle permet de protéger la terre. Une chose est sûre, les Palestiniens cultivent l’espoir de rester sur leur terre. Et ils ont besoin, pour ça, d’une réelle solidarité internationale. La campagne permet d’y contribuer. L’olivier, c’est la paix, c’est l’espoir.

    Lien pour la cagnotte sur Hello asso ou
    sur le site du PCF.

    Une délégation du Parti communiste français (PCF), rassemblant plusieurs fédérations, s’est rendue en Cisjordanie, du 10 au 22 juillet, dans le cadre d’une campagne intitulée « Un million d’oliviers pour la paix en Palestine ». L’initiative, lancée en 2025 par les communistes du Val-de-Marne, avant d’être reprise au niveau national, est menée en collaboration avec l’Association des agronomes arabes (AAA), basée à Ramallah. Son objectif : apporter un soutien concret au peuple palestinien face à l’occupation et la colonisation israélienne. Pour l’heure, 54 000 euros ont été récoltés et plus de 11 000 oliviers, symboles de l’identité palestinienne, ont été plantés.

  • Une délégation du PCF s’est rendue en Palestine

    Une délégation du PCF s’est rendue en Palestine

    Pour Sylvain André, le voyage en Palestine n’était pas une première. Le maire communiste avait déjà participé à un périple organisé par l’Association France-Palestine solidarité en 2014 où il avait déjà pu mesurer la colonisation de la Cisjordanie par Israël. « À l’époque, j’avais visité plus de villages et la situation était déjà dramatique. Mais la situation s’est profondément aggravée. Il y a eu plus de créations de colonies en trois ans que depuis 1967. Ce chiffre a été confirmé par le vice-consul de France », explique l’élu gardois qui représentait la Coopérative des élus communistes, républicains et citoyens.

    Pendant cinq jours, Sylvain André a en effet accompagné une délégation du PCF composée notamment de Vincent Boulet, responsable du secteur international du PCF et de la sénatrice Silvana Silvani. Ils ont ainsi visité Ramallah, Jérusalem et Naplouse où ils ont rencontré des dirigeants de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le comité pour la libération de Marwan Barghouti (incarcéré depuis 2004 qui a de nouveau subi des violences ces derniers jours), le président du syndicat des journalistes palestiniens, d’anciens compagnons de route de Yasser Arafat, le secrétaire général du Parti du peuple palestinien (PPP), un responsable du Fatah, un député du PC israélien et même le consul et vice-consul de France avec qui ils ont fêté le 14 juillet. Une gerbe du PCF a également été déposée au mausolée de Yasser Arafat.

    « Le génocide continue »

    Tous ont confirmé l’accélération de la colonisation en Cisjordanie. « En plus, ce sont des colons particulièrement agressifs et violents. Il y a des bagarres avec les Palestiniens, ça peut aller jusqu’au drame, c’est arrivé plusieurs fois. Et ils sont toujours protégés par l’armée israélienne qui harcèle régulièrement les Palestiniens. Il y a plus de 800 checkpoints en Cisjordanie, qu’Israël ferme pour un oui ou pour un non », précise Sylvain André qui a également évoqué à plusieurs reprises la situation toujours dramatique à Gaza : « Les journalistes internationaux ne sont toujours pas autorisés à rentrer à Gaza et pendant ce temps, Israël en profite pour nettoyer toutes les preuves de crimes contre l’humanité. Le génocide continue. On n’en parle plus mais il y a encore beaucoup de morts. La situation sanitaire est catastrophique : beaucoup d’hôpitaux ont été touchés et le système d’assainissement a été détruit. Aujourd’hui, il y a des rats partout, des maladies reviennent… La gale est présente. »

    Ce voyage devait également renforcer l’alliance entre le PCF et l’OLP qui avait été signée par Fabien Roussel il y a plus d’un an. « L’idée c’est de pouvoir continuer à développer des coopérations avec les collectivités territoriales et des échanges de jeunes notamment autour du sport qui peut être un bon vecteur », conclut Sylvain André qui souhaite aussi que la population fasse pression sur l’État français pour qu’il engage des sanctions contre l’État d’Israël.

  • [Chroniques méditerranéennes] Regard sur l’Espagne : de la communion nationale à l’indignité régionale

    [Chroniques méditerranéennes] Regard sur l’Espagne : de la communion nationale à l’indignité régionale

    La victoire de l’Espagne remportant la Coupe du Monde de football avec une équipe de jeunes, au jeu rigoureux et collectif, représentative d’une Espagne métissée, diverse, fraternelle, solidaire et cette victoire fêtée par tout un peuple heureux de communier, de se rassembler, laissant au vestiaire les différences, les animosités, l’individualisme, et sur la touche le racisme, donne de l’espoir à ceux qui désespèrent de l’être humain et déplorent la dérive vers un monde guerrier et fascisant.

    Ça, c’était en début de semaine. Mercredi, à peine trois jours plus tard, les tenants de la haine, les disciples de Trump, les propagateurs d’une idéologie nauséabonde, les champions de l’exclusion et du racisme qui jouent dans la même équipe que Marine le Pen et Jordan Bardella, se sont illustrés au parlement de la communauté autonome de Valencia en faisant voter, une première en Espagne depuis Franco, une loi régionale, indigne, de « Priorité nationale ».

    La droite (Parti Populaire) et l’extrême droite (Vox) votent donc la « priorité nationale » et les budgets qui vont avec dans cette communauté de 5,4 millions d’habitants. L’extrême droite dans toutes les régions où elle participe à l’exécutif essaye de faire adopter cette loi, alors qu’elle n’y parvient pas au niveau national. C’est donc par le biais des régions, que ce parti pro franquiste instille son poison raciste, et donc la communauté valencienne aura le triste privilège de mettre en place cette politique d’exclusion d’une partie de la population. Une région qui devient première au classement des champions de l’indignité régionale. Cette loi de « priorité nationale » défendue par Vox concerne notamment l’accès au logement et les aides sociales. Avec ces budgets votés ce mercredi c’est la troisième fois que votent ensemble la majorité constituée par le Parti Populaire et Vox depuis 2023. Voilà qui, après l’euphorie de cette belle fête autour de cette jeune et belle équipe d’Espagne, a de quoi rappeler la réalité politique du pays. D’une part une Espagne exemplaire en Europe, parce que progressiste et le démontrant en portant une politique volontariste, en faveur des migrants et des Palestiniens, une politique sociale dans le pays avec des avancées certes insuffisantes mais qui n’ont jamais été aussi loin, une Espagne qui refuse à Trump l’usage de ses bases pour bombarder les populations civiles en Iran, et d’autre part une droite et extrême droite qui mine le terrain de la démocratie, un PP qui jure qu’il ne s’alliera pas avec Vox pour gouverner au plan national, mais qui use de l’autonomie des régions pour expérimenter une alliance droite extrême droite déjà en place. Alors pour revenir à cet événement sportif, cette victoire, qui a enthousiasmé toute l’Espagne et bien au-delà, on se prend à rêver d’un monde sans guerres, humain et solidaire, je partage ce commentaire que j’ai relevé sur les réseaux sociaux après le match de la finale : « Ce soir, beaucoup de citoyens à travers le monde n’ont pas seulement vu onze joueurs en maillot rouge soulever une coupe : ils ont vu un symbole, une revanche, un petit moment où le récit du monde semblait pencher du côté des justes. » Mais aussi on a pu voir un grossier personnage, président des États-Unis déçu de la défaite de l’Argentine qui a voulu s’imposer sur la photo de l’équipe espagnole triomphante. Insupportable pour ce va-t’en guerre, obligé de remettre des médailles aux joueurs de l’équipe d’un pays qu’il ne supporte pas.

    Finalement, Trump fut « exfiltré » du champ des caméras, la fête a pu continuer pour les champions heureusement débarrassés de l’intrus. Encore une belle image porteuse d’espérance.

  • Face aux « risques », le concert d’Amir annulé aux Terrasses

    Face aux « risques », le concert d’Amir annulé aux Terrasses

    « Un « impératif de sécurité » invoqué pour annuler le concert du chanteur franco-israélien, Amir. Prévu ce 26 juillet sur aux Terrasses du Port, cet événement gratuit n’aura finalement pas lieu. « Compte tenu de l’affluence attendue et des risques identifiés, les conditions n’étaient pas réunies pour assurer le maintien de cette animation destinée à un public familial », détaille Alice Moreau, directrice de l’agence organisatrice.

    Cette annulation survient à la suite d’appels au boycott de l’événement par plusieurs collectifs pro-palestiniens. En cause, selon eux, les positions politiques d’Amir. : « Cet artiste soutient activement l’armée et la politique israéliennes. Il a notamment participé à des événements dans des colonies en territoire palestinien occupé », dénonce l’Union pour la Palestine Marseille (UPM), dans un communiqué.

    À l’inverse, d’autres organisations s’opposent à cette annulation et se disent « inquiètes ». Parmi elles, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) « refuse que l’identité franco-israélienne d’un artiste puisse devenir un motif de mise à l’index. La culture ne doit jamais céder devant la volonté d’exclusion ».

    De son côté, l’UPM « se félicite » de l’annulation du concert et rappelle la démarche « exclusivement pacifique » de son action.

  • Après le congrès de Lille, les communistes avancent vers 2027

    Après le congrès de Lille, les communistes avancent vers 2027

    À travers les gradins du Grand Palais de Lille ce dimanche matin, les applaudissements des près de 700 congressistes viennent saluer les résultats des derniers votes. Avec 70,1% des voix, les délégués des fédérations du Parti communiste français ont désigné, au terme de leur 40e congrès, une nouvelle direction plus resserrée, renouvelée pour un tiers, sans qu’aucune autre liste concurrente n’ait été déposée. Avec ce vote, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a ainsi été renouvelé dans ses fonctions, huit ans après le congrès d’Ivry-sur-Seine qui l’avait propulsé à sa tête.

    La veille, au terme de deux jours du débat et quelque 5 834 amendements déposés et débattus depuis les congrès de sections jusqu’au congrès national à Lille, les orientations futures des communistes avaient été approuvées avec 73,7% des voix des congressistes. Parmi celles-ci, le principe d’un processus de transition socialiste vers le communisme, qui avait été abandonné lors du 29e congrès en 1996, débattu lors de la première journée vendredi soir, ou encore les campagnes futures à mener, sur la défense de l’industrie et des services publics, sur la solidarité internationale marquée par le déplacement de 27 délégations de partis socialistes ou communistes de tous les continents à l’occasion de ce congrès, ou encore sur la défense du plan climat présenté par le parti.

    Surtout, les débats, samedi après-midi, ont été l’occasion d’échanger sur la légitimité d’une candidature communiste pour la présidentielle et sur la préparation des législatives, rejetant le principe d’une clause de revoyure au début de l’année 2027, « une épée de Damoclès et deux boulets accrochés à mes pieds », déplorait Fabien Roussel. Après la présentation du bilan financier et l’élection de la nouvelle direction dimanche matin, ce débat s’est concrétisé par la réunion d’une conférence nationale : à 65,5%, et sous les applaudissements des participants, le principe d’une candidature communiste emmenée par Fabien Roussel a été approuvé. Elle doit désormais être approuvée par les militants, lors d’un vote de tous les adhérents, le 6 septembre prochain.

    « Le parti d’une vie meilleure »

    Alors, arborant le maillot à pois rouges, après le lancement du Tour de France, Fabien Roussel souriait largement au moment de clôturer ces trois jours de congrès. « Il y a des cols à monter et tout ce que je nous souhaite, c’est de le porter ce maillot dans les mois qui viennent ! Et parce que le cyclisme est un sport d’équipe, nous allons les monter ensemble ces cols », promettait-il. Espérant contribuer à une victoire de la gauche, en s’adressant en premier lieu aux abstentionnistes.

    Pour cela, il tire à boulets rouges sur la droite lestée d’un bilan de dix ans de macronisme, sur les « oligarques corrompus » à la tête de l’économie. « Une poignée de milliardaires à la tête d’empires exploitent autant les hommes que les moyens de l’état qu’ils détournent, avec la servilité des gouvernements successifs qui se sont transformés en conseil d’administration de leurs propres intérêts », chargeait-il. Alors lui veut « prendre le parti de rendre la vie meilleure », en insistant sur les projets de réindustrialisation écologique du pays, en menant la bataille pour l’augmentation des salaires, en défendant l’égalité des droits. Face aux vociférations de Donald Trump contre la menace communiste, il sourit : « Mon cher Donald, les communistes sont là et candidats à l’élection présidentielle avec le socialisme au programme ! »

    Après les échanges avec les délégations internationales tout au long du congrès, dans la ligne des engagements contre l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1990, il veut faire un sermen : « De gagner le combat contre le régime d’apartheid imposé par l’extrême droite israélienne, récupérer toutes les terres accaparées par la colonisation, libérer Marwan Barghouti et libérer la Palestine ! »

    Mais pour mener ces batailles, il appelle à renforcer les rangs du PCF, dont l’érosion militante a été ralentie grâce à 7 800 nouvelles adhésions. En fixant comme objectif de ne perdre aucun nouvel adhérent les trois prochaines années.

  • L’internationalisme à l’honneur, de la Palestine à Cuba

    L’internationalisme à l’honneur, de la Palestine à Cuba

    La salle entière se lève pour applaudir les délégations venues du Proche-Orient ou de Cuba. Avant l’ouverture des travaux de leur 40e congrès, dans le Grand Théâtre de Lille, les communistes français ont largement mis à l’honneur la solidarité internationale, en réponse à la multiplication des conflits dans le monde. Tandis que le militant de l’Organisation de libération de la Palestine, Qassem Awad, saluait « le partenariat historique qui nous unit au Parti communiste français » ainsi que l’envoi d’une nouvelle délégation en Palestine, Fadwa Khader, du Parti du peuple palestinien, rappelait : « Pour le peuple palestinien, cette solidarité n’est pas un principe abstrait, c’est une bouée de sauvetage. » En soulignant que « la lutte pour la Palestine est indissociable de la lutte mondiale contre le colonialisme, l’oppression, l’exploitation, l’impérialisme et toutes les formes d’injustice ».

    Pour le Parti Tudeh d’Iran, Navid Shomali dénonçait pour sa part l’attaque conjointe des États-Unis et d’Israël, en violation de la charte de l’ONU. Et de lancer : « L’abjecte réalité est que les véritables foyers de terrorisme et de déstabilisation au Moyen-Orient se trouvent à Tel-Aviv et à Washington. »

    Dirigeante du Parti communiste israélien, Reem Hazan partageait l’objectif de « nous débarrasser des fascistes au pouvoir », à l’approche des prochaines échéances électorales, en octobre. « Ne nous y trompons pas : c’est le système qui doit être démantelé – le système d’occupation, d’apartheid, de suprématie ethnique et d’aspirations à l’expansion impérialiste », appuie-t-elle.

    Ambassadeur de Cuba en France pour encore quelques jours, Otto Vaillant Frias a lui aussi lancé un appel à la solidarité, face aux menaces états-uniennes et à un bloc « archaïque, médiéval, qui doit arrêter ». « Nous voulons la paix, nous aimons la paix, mais nous serons prêts à défendre notre patrie à n’importe quel prix », avertit-il, sous les acclamations.