Des gens du voyage expulsés de leur aire d’accueil à Manosque

Un important dispositif policier a été déployé mardi matin pour expulser les gens du voyage résidant dans des caravanes sur une parcelle du quartier de la Loubière à Manosque, occupé depuis plusieurs mois. Le maire de Manosque, Camille Galtier (DVD), demandait son évacuation sans relâche. Il avait fait fermer la déchetterie mitoyenne depuis le 23 janvier en vue de l’expulsion. Le campement avait été au cœur du débat pendant les élections municipales, le candidat UDR-RN proposant d’aller à la rencontre des habitants du terrain communal.

La Ville de Manosque et DLVAgglo (Durance Luberon Verdon Agglomération) avaient saisi le tribunal administratif et le tribunal judiciaire pour
« faire cesser l’occupation illicite de plusieurs parcelles situées à la Loubière », le 12 janvier. C’est une de ces parcelles qui a été évacuée mardi matin par des policiers et des CRS.

« À la demande du maire de Manosque, l’État a prêté son concours à l’exécution de la décision du président du tribunal judiciaire de Digne-les-Bains rendue le 29 janvier 2026 ordonnant l’expulsion des occupants sans droit ni titre du terrain appartenant à la commune », a expliqué la préfecture dans un communiqué diffusé mardi. « Cette occupation illicite s’était progressivement développée dans des conditions précaires, insalubres et dangereuses, notamment en raison de branchements électriques sauvages », précise-t-elle.

Une aire d’accueil

pour 90 jours seulement

« En amont de l’intervention, les effectifs de la circonscription de police nationale de Manosque s’étaient présentés à plusieurs reprises sur le site afin d’avertir les occupants de l’imminence de leur expulsion et de les inviter à quitter les lieux », ajoute la préfecture. Les habitants n’étaient ainsi pas sur place au moment de l’expulsion.

« Cette situation d’occupation illicite était inacceptable pour l’ensemble des citoyens qui respectent les lois de la République », a lancé en réaction le maire de Manosque, Camille Galtier. « La ville de Manosque tient à rappeler qu’elle reste en attente de la décision du Conseil d’État concernant la parcelle CB 37 suite aux décisions contradictoires du tribunal judiciaire et tribunal administratif. Une fois l’expulsion actée par le Conseil d’État, le même processus sera engagé par la Ville de Manosque », a-t-il ajouté. Les gens du voyage sont autorisés à rester seulement 90 jours maximum sur ce type d’aires d’accueil permanentes. « Une aire permanente est dite permanente dans sa fonction d’accueil, mais elle est destinée aux gens du voyage de passage. Elle n’a ni pour vocation ni pour finalité d’offrir des terrains publics viabilisés à des populations sédentarisées. Accepter une telle interprétation reviendrait à détourner l’esprit même du schéma départemental d’accueil et à créer une distorsion manifeste d’équité au détriment des contribuables manosquins », affirment la DLVA et la Ville de Manosque.

La Ligue des droits de l’Homme 04 appelait, elle, à créer une nouvelle aire permanente pour régulariser la situation.

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